Le génocide de Dersim, 81 ans après, ni pardon, ni oubli

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TURQUIE / BAKUR – Le 4 mai marque le début du génocide de Dersim de 1938. Entre 1937 et 1938, l’Etat turc a massacré des dizaines de milliers de Kurdes à Dersim, ceux qui ont survécu ont été chassés, Dersim a été dépeuplé. La raison de ces actes barbares était que les victimes étaient des Kurdes alévis.

81 ans se sont écoulés depuis le génocide de Dersim, et pourtant la Turquie n’est pas prête à reconnaître ce génocide comme beaucoup d’autres massacres kurdes qu’elle a commis. Les responsables de la mort de milliers de personnes n’ont jamais été jugés. Les familles brisées n’ont jamais pu découvrir leur passé.

 
Des milliers de personnes n’ont toujours pas reçu de nouvelles de leur famille et de leurs amis. On ignore où se trouvent les enfants kurdes enlevés par le gouvernement turc à l’époque. Beaucoup d’autres pays du monde qui ont connu des expériences similaires et ont commis un génocide contre leurs peuples ont reconnu l’injustice et la tristesse qu’ils ont causées et ils ont présenté des excuses officielles.
 
Cependant, la Turquie continue d’être dans la négation et déclare que le génocide des Kurdes de Dersim « n’a pas eu lieu » comme elle le fait avec le génocide des Arméniens de 1915.
 
La campagne militaire turque contre Dersim a été mise en oeuvre en réponse à un incident relativement mineur, et il semblerait que l’armée attendait une raison directe pour punir les tribus kurdes-alévies. Un jour de mars 1937, un pont stratégique en bois fut brûlé et les lignes téléphoniques coupées. Seyyit Riza et les tribus qui lui étaient fidèles étaient soupçonnés d’être derrière cet acte de sabotage. L’armée a peut-être cru que c’était le début de la rébellion attendue. Une source turque mentionne qu’il y a eu à peu près au même moment un autre incident mineur ailleurs au Kurdistan et suggère une coordination par des nationalistes kurdes.
 
Les premières troupes, envoyées pour arrêter les suspects, ont été arrêtées par des membres de tribus armés. Les affrontements n’ont pas tardé à s’intensifier. Quand les tribus ont refusé de livrer leurs chefs, une grande campagne a été organisée. Les opérations militaires visant à maîtriser la région durèrent tout au long de l’été 1937. En septembre, Seyyit Riza et ses plus proches collaborateurs se sont rendus, mais le printemps suivant, les opérations ont repris avec encore plus de force. Ils ont été d’une violence et d’une brutalité sans précédent.
 
Le nombre de personnes abattues varie entre 12 000, selon les chiffres officiels, et 70-90 000 selon les habitants de Dersim. Plus de 10 000 personnes ont été exilées.
 

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