Rapport de l’ONU sur la situation actuelle des civils ayant fui l’enclave syrienne d’Afrin

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AFRIN – ROJAVA – On estime que 137 070 personnes continuent d’être déplacées du district d’Afrin vers les régions de Tall Refaat, Nabul, Zahraa et Fafin en raison de l’offensive militaire turque à Afrin qui a commencé le 20 janvier.

La plupart des personnes déplacées sont hébergées dans des logements collectifs improvisés, comme les écoles et les mosquées, qui souffrent de surpeuplement et de manque d’intimité, exposant la population à divers risques.

Beaucoup de personnes déplacées qui s’abritent actuellement dans des maisons abandonnées n’ont qu’une autorisation verbale des autorités pour utiliser ces maisons, ce qui peut créer des problèmes de logement, de terrain et de propriété dans un avenir proche.

Les personnes déplacées sont confrontées à des limitations dans leur liberté de mouvement. De nombreuses personnes déplacées ont indiqué qu’elles préféreraient chercher la sécurité et l’accès aux services à Alep, où certaines ont des parents ou des biens, et d’autres préféreraient retourner à Afrin, souvent en raison de préoccupations concernant la perte de leurs biens, mais les différentes parties continuent de restreindre la liberté de mouvement des personnes déplacées.

Certains incidents isolés ou mouvements de retour ont été signalés, mais principalement par des voies informelles, car l’accès à partir de toutes les routes principales menant à Afrin est bloqué.

L’utilisation de routes est toutefois coûteuse et dangereuse pour les personnes déplacées, d’autant plus que les routes semblent être contaminées par des engins explosifs et qu’une personne blessée a été signalée au cours des derniers jours.

Les restrictions de déplacement ont également des répercussions sur les malades et les blessés, car selon le mécanisme d’aiguillage médical actuel pour les cas d’urgence, il faut encore 10 à 15 jours pour que les patients reçoivent l’autorisation de Damas afin de procéder à une évacuation.

A ce jour, 72 patients gravement malades ou blessés ont été évacués vers la ville d’Alep pour y être soignés, mais beaucoup plus de patients dans les zones déplacées ne peuvent actuellement pas accéder à des services de soins de santé en raison d’un manque d’établissements de soins spécialisés.
Cela comprend les patients souffrant d’affections telles que les traumatismes, les amputations, le cancer et les nourrissons atteints de malformations congénitales.

L’Organisation des Nations Unies lance un appel aux autorités concernées pour qu’elles veillent à ce que toutes les personnes déplacées jouissent du droit à la liberté de mouvement et au choix du lieu de destination, qu’il s’agisse de rechercher la sécurité, un abri, un traitement médical ou de retourner chez elles.

L’ONU rappelle également à toutes les parties au conflit de respecter les obligations qui leur incombent en vertu des principes du droit international humanitaire et des droits de l’homme, notamment le droit des personnes déplacées de retourner dans leur région d’origine, si elles le souhaitent, sans crainte de représailles ou de discrimination, et de reprendre possession des biens et des biens laissés sur place. Les biens et les avoirs ne peuvent être pillés ou pillés, et les autorités compétentes doivent garantir leur préservation.

Bien que l’accès des Nations Unies aux sites de déplacés à l’extérieur du district d’Afrin s’est amélioré au cours de la semaine dernière, un accès plus régulier est nécessaire pour s’assurer que les équipes humanitaires peuvent toujours atteindre les personnes dans le besoin, surveiller la fourniture de l’assistance et soutenir la capacité des ONG nationales travaillant avec le SARC dans la zone de Tall Refaat, Nabul et Zahraaa.

Les ONG continueraient d’éprouver des difficultés financières à déployer des volontaires et à transporter des biens à la population touchée, ce qui ralentit l’acheminement et la distribution de l’aide nécessaire.

Les quelque 15 000 personnes déplacées à Kafr Naseh et Fafin auraient vu une légère amélioration en ce qui concerne la fourniture de l’aide humanitaire, après avoir été largement sous-desservies la semaine précédente.

Quelque 500 tentes ont été érigées et les personnes déplacées sont actuellement enregistrées par les autorités locales, mais certaines d’entre elles n’ont pas encore été réinstallées dans le camp et continuent de rester à l’air libre ou dans leur propre voiture à proximité du camp nouvellement érigé.

Des cliniques mobiles se rendent régulièrement dans la région de Fafin, et le KRC a érigé un point médical dans le camp, mais l’évacuation des cas médicaux plus graves est actuellement entravée par l’absence d’un système d’aiguillage dans la région.

D’une manière générale, la fourniture d’une assistance vitale continue d’être entravée par le manque de capacités décrit précédemment et par un manque de financement durable. Comme indiqué précédemment, l’ONU et ses partenaires à Damas font face à un déficit de financement de 73 millions de dollars pour fournir une assistance vitale et des services de protection à tous ceux qui ont été déplacés du district d’Afrin et lancent un appel urgent pour obtenir des fonds supplémentaires.

En ce qui concerne l’assistance à la population touchée dans le district d’Afrin par le biais de la modalité transfrontalière, les agences des Nations Unies ont envoyé une aide alimentaire pour 20 360 personnes, des articles d’IFN/vêtements pour 3 425, une assistance sanitaire pour 6 490 personnes et des articles de WASH/Santé pour 70 000 personnes entre le 2 et le 4 avril.

Ces fournitures sont distribuées par l’intermédiaire des ONG syriennes présentes dans le district d’Afrin.

Article d’origine : http://theregion.org/article/13249-current-situation-of-civilians-fled-syrian-enclave-afrin-un-report

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