KURDISTAN – Le collectif des femmes musiciennes, Hunera Mizgîn a rendu hommage à l’artiste Merziye Rezazî à l’occasion du 20e anniversaire de sa mort.
Hunera Mizgîn a rendu hommage à l’artiste Merziye Rezazî à l’occasion du 20ème anniversaire de sa mort. Dans un communiqué, Hunera Mizgîn a rappelé que « l’artiste Merziye Rezazî est décédée le 18 septembre 2005. Elle a consacré sa vie à la révolution des femmes, à la lutte pour la liberté du Kurdistan et à l’art ».Hunera Mizgîn a déclaré qu’elles s’étaient inspirées de sa vie et avaient pris exemple sur elle. Merziye Rezazî est devenue enseignante. Elle a éduqué les enfants kurdes dans leur culture, contre l’assimilation. Avec ses chansons, elle est devenue la voix de la révolution. Quand cela était nécessaire, elle est devenue révolutionnaire et s’est rendue dans les montagnes du Kurdistan. Elle a parfois été militante pour les droits des femmes. Village, ville, montagne, vallée, grotte ou dans les rues d’Europe. Peu importe. Elle s’est battue sur tous les terrains, fidèle à sa cause et à ses rêves.Hunera Mizgîn a souligné que les rêves de Merziye Rezazî n’ont pas été vains : « Aujourd’hui, au Rojava, au Rojhilat, à Şengal et dans les zones de défense de Medya, des femmes révolutionnaires portent haut le drapeau de la lutte pour la liberté des femmes. De même, dans les prisons d’Iran et de Turquie, les femmes résistent à l’occupation et à l’oppression. Partout au pays, les femmes kurdes sont également à la pointe de l’art. Oui, cela fait 20 ans que nous disons adieu à cette combattante pour les droits des femmes. Nous commémorons l’artiste immortelle Merziye Rezazî avec respect et nous disons : nous marchons sur vos traces et nous continuerons à le faire. » (ANF)
MARSEILLE – L’assemblée Démocratique Kurde de Marseille, la cantine La Colorada Marsella, Mut Vitz 13, et le CIMK – Collectif Internationaliste Marseille-Kurdistan, en coopération avec le réseau Serhildan, coorganisent une exposition photographique de Mauricio Centurión & Simon Clement sur le Rojava et les Chiapas à partir du 21 septembre 2025.
Utopies Vivantes : expositions Rojava/Chiapasexpo Rojava Chiapas programme
★Double regard sur les processus révolutionnaires en cours au Rojava et au Chiapas★ Une exposition photographique de Mauricio Centurión & Simon Clement
► Simon Clement et Mauricio Centurión ne se connaissent pas, mais leur parcours de photographe-militants se croisent sur deux continents où des expériences d’autodétermination et de démocratie directe des plus inspirantes de ce XXIe siècle sont en cours. Leur travail de documentation à pour but de briser les narratifs en rendant justice à des sujets politiques qui manquent cruellement de couverture médiatique. L’expo est une mise en scène vivante d’un esprit de lutte révolutionnaire et internationaliste qui nous invite à nous nourrir de mondes où des alternatives sont possibles.
► Mauricio propose un travail sensible où chaque cliché révèle une atmosphère puissante, il travaille le grain des photos à l’argentique. À l’inverse, le travail de Simon regorge de couleurs vives, son objectif est plus didactique, journalistique et montre l’évidence. Le point commun entre les artistes : il s’agit de portraits. Des portraits singuliers qui, par les regards, les postures ou les mises en scène subtiles, suggèrent des histoires que vous ne manquerez pas de vous raconter.
Venez découvrir l’expo qui uni les expériences révolutionnaires des zapatistes du Chiapas et des peuples du Rojava !
Cette exposition et les événements associés sont co-organisés par La Colorada, Mut Vitz 13, l’assemblée Démocratique Kurde de Marseille et le CIMK – Collectif Internationaliste Marseille-Kurdistan, en coopération avec le réseau Serhildan.
Calendrier
★ La Première le 21 sept. 2025 au 5e Festival culturel kurde Sinan Dersim à partir de 13h au parc de la Ravelle 13013 Métro n°1 – La Rose Bus n°2 et n°144 – La Ravelle
★ La suite de l’expo du 26 au 30 sept. à La Colorada 76 rue Consolat 13001 Métro n°1 – Réformé Canebière Tram n°2 – National
Le 26.09 : Vernissage à partir de 19h jusque 21h La Colorada
Le 27.09 : à partir de midi jusque 15h à La Colorada suivi ensuite d’une discussion à 17h à Mille Babords avec Mut Vitz 13 61 rue Consolat 13001 Métro n°1 – Réformé Canebière Tram n°2 – National
MARSEILLE – L’Assemblée Démocratique du Peuple Kurde de Marseille prépare le 5ème Festival Culturel Kurde dédié à la mémoire de Sinan Dersim (Dalokay Sanli), un commandant kurde tombé martyr en 2020 au Kurdistan. RDV le 21 septembre 2025 au au Parc de la Ravelle.Programme du festival Sinan Dersim
Le 21 septembre 2025, l’Assemblée Démocratique Kurde de Marseille vous invite à participer à son 5ème Festival Culturel, au Parc de la Ravelle. RDV dès 12 heures.
Dimanche 21 septembre 2025 à partir de 12h, l’Assemblée Démocratique Kurde de Marseille vous invite à participer à son 5ème Festival Culturel, au Parc de la Ravelle.
Au programme : des concerts avec des artistes des quatre coins du Kurdistan, atelier de broderie, des jeux pour les enfants, une exposition photo Rojava-Chiapas, des prises de paroles, des spécialités culinaires, culturelles. Et biensur des danses !
Venez découvrir la richesse et la diversité culturelle du peuple kurde et partageons cette journée ensemble dans un esprit de solidarité entre tous les peuples en lutte !
TURQUIE / KURDISTAN – Aujourd’hui, le peuple kurde rend hommage à Musa Anter (Apê Musa), journaliste et écrivain kurde assassiné par des paramilitaires turcs à Diyarbakir (Amed) le 20 septembre 1992 et dont le crime est resté impuni.
Qui était Musa Anter
Musa Anter, né en 1920 à Nusaybin, était un écrivain, poète, journaliste et activiste kurde persécuté pendant des décennies par le régime fasciste turc pour avoir milité contre le colonialisme turc au Kurdistan. Une des ses phrases les plus célèbres « Si ma langue maternelle secoue les fondations de votre État, cela signifie probablement que vous avez construit votre État sur mes terres », dénonçait l’interdiction de la langue kurde par l’État turc.
Musa Anter, alias Apê Musa (littéralement «oncle Musa» en kurde), qui a écrit des articles dans le quotidien Ozgur Gundem et l’hebdomadaire Yeni Ulke, a été tué par balle à Diyarbakir (Amed).
Attirés hors de leur hôtel par un appel téléphonique qui lui demandait de l’aider à régler un litige foncier, Anter et un ami sont partis en taxi avec un inconnu, décrit comme âgé de 25 à 30 ans. Lorsqu’ils ont commencé à soupçonner qu’un piège leur était tendu, ils ont exigé de sortir du taxi. L’homme qui les accompagnait est également sorti et, les ayant précédés, a commencé à leur tirer dessus avec une arme à feu.
Anter a été touché par quatre balles et est décédé peu après. Son ami, touché par deux balles, a été grièvement blessé. Amnesty International a indiqué qu’un pistolet de 9 mm à 14 coups a été utilisé lors de l’attaque, qui s’est produite, selon l’organisation, à la périphérie de la ville, près d’un commissariat de police et d’un poste de contrôle routier.
Anter, qui ne vivait pas à Diyarbakır, était de passage dans la ville pour signer des livres lors d’un festival culturel. Un groupe jusqu’alors inconnu, Boz-Ok, a revendiqué la responsabilité du meurtre, mais les rédacteurs de Yeni Ülke et Özgür Gündem ont démenti cette accusation, accusant l’État et les contre-guérilleros.
Né en 1920 dans le village de Zivingê, dans la province de Nusaybin, Anter a vécu au cours de sa vie de nombreuses expériences que d’autres ne connaissent que par ouï-dire. Il a vécu les années de fondation de la République turque, le soulèvement de Cheikh Saïd et le génocide de Dersim alors qu’il était écolier, et la Seconde Guerre mondiale alors qu’il était étudiant.
Il fut l’un des protagonistes du bref printemps du mouvement national kurde à la fin des années 1950 ; lors du « Procès des 49 », il fut accusé de propagande kurde et de séparatisme. Le fond de son œuvre était son poème Qimil (Charançon), qu’il avait publié en kurde dans la revue Ileri Yurt en août 1959. La revue, basée à Amed (Diyarbakir), était à nouveau la première revue depuis des décennies à traiter de la question kurde. Musa Anter en était le rédacteur en chef.
Abdülkadir Aygan, un ancien militant du PKK devenu informateur et recruté par le JITEM (le service de renseignement et de lutte contre le terrorisme de la gendarmerie turque), a déclaré avoir fait partie d’une unité du JITEM, avec un « Hamit » de Şırnak, qui avait assassiné Musa Anter.
La Turquie a été reconnue coupable du meurtre d’Anter en 2006 par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) et condamnée à une amende de 28 500 euros.
En 2009, 17 ans après le meurtre, les procureurs turcs ont rouvert le dossier après l’interrogatoire de Aygan en 2004, au cours duquel il avait avoué avoir été impliqué dans le meurtre d’Anter. En 2010, l’affaire a été fusionnée avec deux autres procès impliquant plusieurs membres présumés du JITEM, dont Aygan, comme accusés. Le procès fusionné a commencé à être connu sous le nom de « procès JITEM principal » (car il y en avait d’autres). L’armée turque a confirmé l’existence officieuse du JITEM en tant qu’unité de renseignement temporaire de 1988 à 1990, qui a été officialisée avant d’être dissoute en 2001, selon un mémo du procès.
Hamit Yıldırım, qu’Aygan accusait d’être le tireur, a été arrêté en Turquie en 2012 mais libéré en 2017, lorsque la limite légale pour qu’une personne soit détenue sans condamnation a été atteinte.
Le procès a été transféré de Diyarbakır à Ankara en 2015 pour des raisons de sécurité.
L’affaire du meurtre d’Anter, ou le « procès principal JİTEM », a été abandonnée par le sixième tribunal des crimes graves d’Ankara le 21 septembre 2022, en raison du délai de prescription.
*JİTEM : Organisation de renseignement de gendarmerie turque (Jandarma İstihbarat ve Terörle Mücadele ou Jandarma İstihbarat Teşkilatı – JİTEM), était actif surtout dans dans les années 1990.
SYRIE / ROJAVA – Des milliers d’habitants du canton de l’Euphrate ont manifesté dans la ville kurde de Kobanê pour exprimer leur soutien continu et indéfectible aux Forces démocratiques syriennes (FDS) et leur engagement envers l’administration autonome du Rojava / Syrie du Nord et d’Est.
Une foule composée de toutes les composantes du canton de l’Euphrate ont manifesté à Kobanê en réaffirmant le soutien continu des habitants de la région aux FDS et l’adhésion au projet de l’administration autonome comme solution fondamentale à la crise syrienne.La marche a débuté sur la place de la Femme libre dans la ville de Kobani, où les participants portaient des photos du leader Abdullah Öcalan à côté des drapeaux des FDS, tout en scandant des slogans tels que « La résistance, c’est la vie », « Vive la résistance des Forces démocratiques syriennes » et « Pas de vie sans le Leader [Ocalan] ».La marche s’est terminée Place de la Paix, où elle s’est transformée en un rassemblement de masse. L’événement a débuté par une minute de silence, suivie d’un discours de Farhan Haj Issa, coprésident de l’Administration autonome démocratique du canton de l’Euphrate. Il a déclaré : « Nous soutenons les FDS, car elles nous représentent et représentent notre identité », soulignant que les FDS incarnent l’essence des valeurs humaines et incluent toutes les composantes syriennes.Farhan a ajouté que les FDS sont composées de Kurdes, d’Arabes, de Syriaques et d’autres composantes de la société syrienne. « Les Forces démocratiques syriennes livrent bataille pour protéger la Syrie de ses ennemis. Soucieuses de protéger chaque individu et de préserver l’identité humaine, il est de notre devoir de les soutenir de toutes nos forces et de rester à leurs côtés comme des alliés. »Le rassemblement de masse s’est terminé par des slogans « La résistance, c’est la vie » et « Vive la résistance des FDS ». (ANHA)
SYRIE / ROJAVA – Aldar Khalil du parti kurde PYD a répondu à l’affirmation d’Al – Sharaa (Jolani) qui affirmait que les Forces Démocratique Syriens (FDS) ne représentent pas les Kurdes : « Ni le Rojava, ni les régions côtières, ni Soueïda ne vous acceptent, pas plus que les sunnites, les alaouites, les yézidis, les chrétiens, les druzes, les assyriens ou les syriaques. Qui est réellement à vos côtés ? »
Alors, si les peuples de Syrie ne soutiennent pas cet islamiste autoproclamé président syrien, qui le soutient? Voici quelques éléments de réponse rapportés par le journaliste Zeki Bedran :
« Al-Sharaa représente-t-il vraiment l’ensemble du peuple syrien ? Si des élections libres avaient lieu aujourd’hui, quel pourcentage des voix obtiendrait-il ? », s’interroge Zeki Bedran dans cette nouvelle analyse.
Après la fin du régime baasiste en Syrie, la situation de la population n’a guère changé. Le HTC, qui a remplacé le parti baasiste, s’est attaché à construire un système encore plus rétrograde que le système baasiste à parti unique. Il a prétendu reconstruire l’État, mais chaque mesure prise était unilatérale. Il a exclu du processus tous les partis, acteurs politiques et groupes sociaux, à l’exception d’eux-mêmes. Le gouvernement actuel a été entièrement nommé par HTC. Des mois se sont écoulés depuis le changement de pouvoir, et ce sont les massacres commis par HTC qui ont marqué ce processus. Au lieu de s’arrêter et de prendre des mesures après le massacre des Alaouites, il a appliqué des politiques similaires contre les Druzes.Les puissances occidentales ont reconnu Ahmed al-Sharaa comme président de la Syrie et ont accepté l’administration qu’il avait mise en place. Malgré leurs inquiétudes et leurs réserves, elles ont déclaré qu’elles maintiendraient le HTS, prétextant l’absence d’alternative. Cependant, au lieu de se préoccuper de la situation de la population, elles ont privilégié leurs propres intérêts et se sont attachées à établir des équilibres politiques.HTC prétend protéger l’unité de la Syrie. Or, les unités les plus solides reposent sur le volontariat et le consentement du peuple. HTC, quant à lui, poursuit cet objectif par la coercition, contraignant chacun à la soumission et établissant sa domination. Ainsi, au lieu de créer l’unité, il exacerbe l’anxiété, la peur et la méfiance.Les Druzes sont désormais beaucoup plus éloignés de Damas qu’auparavant. Les Alaouites vivent dans un climat de profonde insécurité et de peur. Les régions autonomes étaient prêtes à participer à la construction d’une Syrie démocratique et à partager leurs expériences démocratiques, mais elles aussi ont été exclues. Damas, faisant écho à la rhétorique turque, a continué de qualifier et de cibler les populations de ces régions de « séparatistes ». Des pays comme les États-Unis et la France sont intervenus comme médiateurs pour réconcilier les parties, mais ces initiatives ont été bloquées par la Turquie. Au lieu d’unifier le peuple syrien et de rechercher un compromis avec les différentes forces, HTC a persisté à s’imposer et à suivre sa propre voie.Il a été annoncé qu’Ahmed al-Sharaa participerait à l’Assemblée générale des Nations Unies. Il y parlerait au nom de l’État syrien. Pourtant, peu d’attention est accordée à la nature de la Syrie qui le soutient. Pour présenter son administration comme légitime, il évoquera les élections et tentera de se vendre en déclarant : « Nous avons organisé des élections, notre situation est normale, comme celle des autres États. » Or, en réalité, de telles élections n’existent pas.Nulle part au monde des élections ne se déroulent de cette manière ; de telles pratiques existaient peut-être au début du siècle dernier, mais plus aujourd’hui. Qualifier des personnes de « députés » tout en désignant directement un tiers d’entre eux ne signifie pas qu’ils représentent le peuple, mais qu’ils sont des responsables d’al-Sharaa. Les autres ne sont pas non plus élus par le peuple ; ils sont choisis par des commissions nommées par HTS. (Et il n’est même pas certain qu’une élection aussi douteuse ait lieu.) Les partis politiques et les différentes organisations en Syrie ne peuvent participer aux élections. Il n’existe ni loi électorale ni scrutin. Qualifier cela d’« élection » est impossible. Pourtant, l’ONU, par sa résolution 2254, avait déjà appelé à des élections et à une solution politique en Syrie avec la participation de toutes les parties. Aujourd’hui, cette résolution est ignorée.Comme on peut le constater, la Syrie ne s’est ni redressée ni réunifiée. HTC n’a ni la mentalité ni la pratique nécessaires. Il ne s’est pas opposé ni n’a agi contre la présence militaire turque en Syrie ni contre son intervention libre dans les affaires intérieures syriennes. En réprimant les Druzes, il les a contraints à fuir en Israël. Il tente également de soumettre la région autonome, qui constitue une partie importante du territoire syrien, par la pression et, en cas d’échec, prépare une attaque. Sur ce point, il agit en parfaite harmonie avec la Turquie.L’Administration autonome a ouvert sa porte à toutes les négociations et à tous les efforts en faveur de l’unité et d’une solution pour la Syrie. Elle n’a rejeté aucune proposition et s’est toujours montrée prête à prendre des mesures concrètes. Pourtant, le gouvernement intérimaire de Damas n’a pris aucune mesure concrète à ce jour. Il a plutôt accusé l’Administration autonome de ne pas avoir respecté l’accord du 10 mars.Pourtant, l’accord prévoit la création d’un comité de négociation et la recherche d’un consensus entre les parties sur l’unification. Si la Région autonome doit simplement céder ses structures militaires, administratives et politiques à HTS, quel est l’intérêt d’un accord ou de comités de négociation ? De plus, l’accord inclut des clauses garantissant les droits des Kurdes dans la constitution. Ahmed al-Sharaa en personne l’a signée. Or, la constitution intérimaire annoncée ultérieurement ne comportait aucun article ni aucune garantie de ce type.Ils diffusent désormais leur propagande dans le monde entier, affirmant que « les FDS et l’Administration autonome ne respectent pas l’accord ». Il est donc clair que leur signature n’était qu’un stratagème pour gagner du temps et tromper.Al-Sharaa déclare : « Les FDS ne représentent pas tous les Kurdes. » Il faut alors se demander : al-Sharaa représente-t-il l’ensemble du peuple syrien ? Si des élections libres avaient lieu aujourd’hui, quel pourcentage des voix obtiendrait-il ? Il est certain que les FDS représentent le peuple bien davantage qu’al-Sharaa.Ce n’est pas le langage de la solution ou de la réconciliation. L’exclusion et la marginalisation ne servent à rien. Les Syriens aspirent à vivre ensemble dans un environnement pacifique et démocratique. La solution ne réside pas dans la guerre et l’exclusion, mais dans l’unité. (ANF)
SYRIE / ROJAVA – Tom Barrack, l’envoyé spécial des États-Unis pour la Syrie, aurait limogé plusieurs diplomates américains les plus haut placés en charge de la Syrie en lien avec l’avenir des Kurdes syriens. Barrack défend la soumission des Kurdes du Rojava à al-Sharaa tandis que les diplomates renvoyés auraient défendu l’autonomie des Kurdes.
Reuters a rapporté jeudi que « certains des diplomates américains les plus haut placés en charge de la Syrie » ont été démis de leurs fonctions à la fin de la semaine dernière, citant cinq sources proches du dossier.
Les diplomates travaillaient à la Plateforme régionale syrienne (SRP), selon le média, et tous rendaient compte à Tom Barrack, l’envoyé spécial des États-Unis pour la Syrie.
Une source diplomatique américaine a expliqué que la décision de licencier certains employés s’inscrivait dans le cadre d’une réorganisation de l’équipe, soulignant que la politique américaine en Syrie « ne serait pas affectée » par cette décision. Cependant, des diplomates occidentaux et des sources basées aux États-Unis ont qualifié ces mesures d’« involontaires et soudaines », les liant aux divergences de vues au sein de l’équipe concernant l’avenir des Forces démocratiques syriennes et leurs relations avec le gouvernement de transition syrien.Depuis la fermeture de l’ambassade américaine à Damas en 2012, la Plateforme régionale syrienne d’Istanbul est devenue de facto la mission américaine en Syrie, avec des bureaux dispersés dans la région. Tout changement au sein de son personnel témoigne de l’évolution des priorités de Washington dans le dossier syrien.
SYRIE / ROJAVA – Aujourd’hui, les trois grandes villes du canton de Jazera sous contrôle de l’administration arabo-kurde ont été le théâtre de manifestations de masse exigeant la construction d’une Syrie décentralisée.
Des rassemblements massifs ont eu lieu dans trois grandes villes du canton de Jazira, réunissant des milliers de personnes venues de tout le canton, dont des partis politiques, des tribus arabes et kurdes, ainsi que des organisations politiques et sociales. Ils réclamaient la libération physique du leader Abdullah Öcalan, le droit à l’espoir et la construction d’une Syrie démocratique.Dans la ville de Qamishli, des milliers d’habitants des villes de Qamishli, Amuda, Tal Hamis et Tirbespiyê se sont rassemblés devant le stade des Martyrs du 12 mars pour participer au rassemblement de masse exigeant une Syrie démocratique et pluraliste.Un rassemblement similaire a eu lieu dans la ville de Derik, dans le parc Dijla, avec la participation des habitants des villes de Derik, Girkê Legê, Çil Agha et Tal Kocher, pour affirmer le droit à l’espoir et à la construction de la démocratie.Dans la ville de Hasaka, un rassemblement de masse a eu lieu dans le centre-ville avec la participation des habitants des villes de Hasaka, Tal Tamr, Darbasiyah, Shaddadi, Tal Brak et al-Hol, pour exiger le droit à l’espoir et la liberté physique du leader Abdullah Ocalan. (ANHA)
TURQUIE / KURDISTAN – Un tribunal de Van a ordonné l’interdiction d’accès aux publications sur les réseaux sociaux liées à la mort suspecte de l’étudiante kurde Rojin Kabaiş. Les députés du DEM Parti ont demandé une enquête parlementaire sur cette affaire, soulignant des questions restées sans réponse.
Un tribunal a ordonné l’interdiction d’accès aux publications sur les réseaux sociaux liées à la mort suspecte de Rojin Kabaiş, une étudiante kurde de 21 ans, dont le corps a été retrouvé en octobre de l’année dernière dans la province orientale de Van, plus de deux semaines après sa disparition.Un tribunal de Van a publié une ordonnance ciblant plus de 200 publications et plusieurs comptes sur X. La décision a été prise suite à une demande de l’université Van Yüzüncü Yıl, où Kabaiş était inscrite.Kabaiş a disparu le 27 septembre 2024 après avoir quitté sa résidence universitaire. Son corps a été retrouvé 18 jours plus tard au bord du lac de Van. Les rapports d’autopsie ont indiqué que la cause du décès était une noyade, mais les incertitudes persistent.Invoquant l’échec des enquêtes à aboutir à des conclusions définitives, les députés du Parti de l’égalité des peuples et de la démocratie (DEM Parti) ont présenté le 15 septembre une motion demandant une enquête parlementaire sur cette affaire.Dans la motion, les députés DEM Parti Sinan Çiftyürek, Gülderen Varlı, Gülcan Kaçmaz Sayyiğit, Mahmut Dindar et Zülküf Uçar ont souligné plusieurs problèmes non résolus :
L’omission de divulguer des preuves ADN au public
La distance entre le lieu où Kabaiş a été vue pour la dernière fois et celui où son corps a été retrouvé
L’absence d’images de vidéosurveillance rendues publiques
L’ordonnance de confidentialité placée sur le dossier
Les députés ont fait valoir que ces irrégularités soulèvent des préoccupations plus larges dans un contexte d’augmentation des cas de décès suspects et de violences contre les femmes.« Les incertitudes entourant l’affaire Rojin Kabaiş ont profondément blessé la conscience publique », indique la motion. « L’ordonnance de confidentialité doit être levée et toute négligence ou ingérence potentielle doit être révélée. »Ils ont exhorté le Parlement à prendre des mesures pour clarifier la mort de Kabaiş et pour empêcher que des incidents similaires ne se reproduisent. (Bianet)
IRAN / ROJHILAT – A l’occasion du 3e anniversaire de la mort de Jina Mahsa Amini, le ministère du Renseignement de la ville kurde de Sanandaj (Sînê) a convoqué Nahiyeh Rahimi, 71 ans, mère du manifestant assassiné Ramin Fatehi, la menaçant au sujet des visites au cimetière et des activités de ses proches à l’étranger.
Le Réseau des droits de l’homme du Kurdistan (Kurdistan Human Rights Network – KHRN) a appris que le bureau du ministère du Renseignement à Sanandaj, dans la province du Kurdistan, a convoqué et interrogé la mère du manifestant assassiné Ramin Fatehi à l’occasion du troisième anniversaire de la mort de Jina Amini en détention.
Le 16 septembre, à l’occasion de cet anniversaire, Nahiyeh Rahimi, 71 ans, a été interrogée pendant plusieurs heures après avoir répondu à une convocation téléphonique la veille.
Des sources de KHRN ont déclaré que Rahimi, qui souffre d’une maladie cardiaque, a subi des pressions et des menaces à cause de ses visites sur les tombes de son fils et d’autres manifestants du soulèvement « Jin, Jiyan, Azadi » (Femmes, Vie, Liberté), ainsi que des activités des membres de sa famille à l’étranger.
Cette évolution fait suite à la récente convocation, à l’interrogatoire et aux menaces proférées contre le frère de Ramin, Wrya Fatehi, par le même bureau de sécurité.
Ramin, Wrya et leur sœur Rada ont été arrêtées à Sanandaj les 13 et 14 octobre 2022 lors du soulèvement antigouvernemental Femmes, Vie, Liberté.
Le 21 octobre, une semaine plus tard, les services de renseignements ont informé la famille Fatehi que Ramin s’était « suicidé » en détention. La famille rejette cette affirmation, affirmant qu’il est mort des suites de tortures.
Les forces de sécurité ont enterré son corps la nuit dans le cimetière de Behesht-e Mohammadi sans la présence de la famille.
Rada et Wrya ont ensuite été libérés le 3 novembre 2022 après 21 jours de détention, contre une caution de 20 milliards de rials (près de 20 000 dollars américains).