La laïcité en Syrie. Les défis de la lutte contre le sectarisme

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« La survie de la Syrie repose sur un impératif singulier : rejeter la logique coloniale du « diviser pour régner » et reprendre le contrôle de son destin. L’alternative n’est pas seulement l’effondrement de l’État, mais l’annihilation d’une civilisation », écrit l’écrivain syrien Diaa Iskandar dans les colonnes du site d’information kurde Hawars News (ANHA) alors que le pouvoir central syrien se retrouve entre les mains d’islamistes soutenus par des régimes criminels turc et qatari notamment et qui menacent de nombreux peuples et minorités religieuses du pays. Il appelle les Syriens à ne pas tomber dans le piège du sectarisme et à œuvrer pour un État laïque s’ils ne veulent pas assister à l’effondrement civilisationnel. Voici l’intégralité du texte Diaa Iskandar : La laïcité en Syrie. Les défis de la lutte contre le sectarisme Dans le paysage géopolitique moderne, une question urgente se pose : pourquoi l’Occident a-t-il consacré la laïcité comme doctrine immuable, pierre angulaire de son ascension et de sa prospérité, tout en empêchant activement les nations de sa sphère d’adopter ce paradigme ? La réponse réside dans un calcul de puissance brutal. À travers son propre prisme historique, l’Occident reconnaît la laïcité comme le catalyseur qui l’a libéré des griffes de la guerre perpétuelle et de la stagnation intellectuelle – des forces qui ont autrefois étouffé l’Europe pendant des siècles. Pourtant, ce même modèle est délibérément refusé aux États candidats, car son adoption universelle menace d’éroder l’hégémonie de l’Occident. La laïcité, aux yeux de l’Occident, n’est pas seulement un cadre de gouvernance, mais un atout stratégique – un atout qui préserve sa suprématie et perpétue une hiérarchie mondiale où il règne sans contestation en tant que dirigeant, arbitre et extracteur de richesses.  La duplicité de l’Occident se manifeste dans l’imposition de régimes sectaires de partage du pouvoir dans des États fracturés. Après 15 ans de guerre civile au Liban, les accords de Taëf de 1989 ont enraciné un système confessionnel qui a renforcé les divisions communautaires. Vingt ans plus tard, l’invasion de l’Irak par les États-Unis a donné naissance à une structure de quotas ethno-sectaires tout aussi toxique. Il suffit aux observateurs de jeter un coup d’œil au dysfonctionnement et à la stagnation institutionnalisés dans les deux pays pour comprendre le véritable objectif de l’Occident : cultiver une fragilité perpétuelle, assurer la dépendance et exclure les modèles rivaux de cohésion.  Pour comprendre ce paradoxe, il faut revenir sur le baptême du feu de l’Europe. La guerre de Trente Ans, au XVIIe siècle, un tourbillon de vendettas entre catholiques et protestants, a dévasté l’Allemagne, massacrant plus de la moitié de sa population. Les guerres de religion en France, qui ont duré quatre décennies, ont fait des millions de victimes. Au total, ces conflits ont anéanti 40 % de la population européenne, et leur origine remonte à la Réforme protestante de Martin Luther. Sa dénonciation de l’orthodoxie catholique, notamment de la vénalité des indulgences et de la corruption du clergé, a brisé l’unité de la chrétienté.  L’Église catholique, alors un Léviathan théocratique, a riposté avec l’Inquisition : un règne de terreur destiné à étouffer la dissidence. Les hérétiques, les apostats et les libres penseurs ont été exterminés au moyen d’innovations grotesques – le bûcher, la noyade, la strangulation et les pendaisons collectives – toutes sanctifiées comme des outils destinés à préserver la domination ecclésiastique.  Aujourd’hui, alors que la Syrie est aux prises avec le spectre du sectarisme, la trajectoire historique de l’Occident nous offre une leçon de prudence. Son passage des guerres de religion fratricides à l’État laïc a eu un coût apocalyptique – un coût qu’il évite aujourd’hui en exportant la division. Pour les nations qui cherchent à s’émanciper des conflits identitaires, la voie à suivre exige non seulement de démanteler les architectures sectaires imposées, mais aussi de résister à un ordre mondial qui se nourrit de leur désintégration. La tradition intellectuelle occidentale a convergé vers une révélation cardinale : la confusion entre pouvoir ecclésiastique et pouvoir temporel avait été à l’origine des périodes les plus sombres de l’Europe – guerres intestines, atrophie intellectuelle et oppression systémique. L’emprise étouffante de l’Église, qui s’immisce dans les moindres détails, de la gouvernance à la recherche scientifique, a nécessité une rupture radicale. C’est ainsi qu’est née la laïcité : la séparation chirurgicale de la religion de l’exercice de l’État, de la pédagogie, de la science et du discours politique. Cette émancipation doctrinale a propulsé l’Occident dans une ère d’innovation et d’hégémonie sans précédent.  Alors que le système politique syrien fracturé doit faire face à ses propres difficultés confessionnelles, une question cruciale se pose : les forces démocratiques naissantes du pays, aussi fragmentées soient-elles, pourront-elles trouver la cohérence nécessaire pour asseoir une gouvernance laïque et contrer ainsi l’influence croissante des factions salafistes-djihadistes comme Hayat Tahrir al-Sham ? Ou les exigences de la guerre civile, aggravées par les interférences extérieures et les schismes internes, vont-elles condamner un tel projet à une impasse prolongée, laissant la Syrie engluée dans une désintégration perpétuelle ?  La normalisation accélérée des humiliations sectaires – des exécutions sommaires à la déshumanisation systémique – trahit un projet sinistre : conditionner les communautés minoritaires à accepter les quotas ethno-sectaires formalisés dans la future constitution syrienne. Cela reflète la stratégie de l’Occident après les conflits en Bosnie, en Irak et au Liban, où des cadres confessionnels conçus de l’extérieur ont ancré la division sous couvert de « stabilité » En outre, les récents décrets unilatéraux des autorités militaires – nommant Ahmed al-Shar comme président provisoire, dissolvant le parti Baas et ses factions satellites, suspendant la constitution de 2012, démantelant le parlement et l’armée, prolongeant le mandat du gouvernement intérimaire et reportant sine die le dialogue national – révèlent une usurpation éhontée des processus souverains. De telles mesures outrepassent non seulement les normes juridiques, mais accélèrent la balkanisation de l’État syrien.  Le régime de Damas et ses soutiens sont désormais confrontés à un ultimatum historique. Si les provocations sectaires et les décrets extrajudiciaires persistent, la Syrie risque de sombrer dans un abîme de massacres intercommunautaires, de fragmentation irréversible et de chaos sans État – une éradication définitive de l’ordre mondial moderne.  Les factions nationalistes et les dirigeants pragmatiques ont un mandat urgent : enrayer cette dérive en démantelant les paradigmes confessionnels et en forgeant un pacte civique ancré dans la citoyenneté, et non dans la secte. La marge de manœuvre pour changer de cap se réduit de jour en jour. Si la démagogie tribaliste ne parvient pas à transcender, la Syrie sera reléguée aux annales des États en faillite, vestige de la realpolitik du XXIe siècle.  La survie de la Syrie repose sur un impératif singulier : rejeter la logique coloniale du « diviser pour régner » et reprendre le contrôle de son destin. L’alternative n’est pas seulement l’effondrement de l’État, mais l’annihilation d’une civilisation.

KURDISTAN. Un drone s’écrase près d’un camp de réfugiés kurdes d’Iran

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IRAK / KURDISTAN – Cet après-midi, un drone (iranien?) chargé d’explosifs s’est écrasé près d’un camp d’Erbil (Hewler) abritant des réfugiés kurde d’Iran. Étant donnée que par le passé l’Iran a bombardé plusieurs fois ces réfugiés ayant fui la barbarie des mollahs iraniens et installés au Kurdistan irakien, on soupçonne fortement l’Iran d’avoir envoyé le drone qui s’est écrasé avant toucher son cible. Un camp de réfugiés de la province d’Erbil abritant des réfugiés des régions kurdes de l’ouest de l’Iran (Rojhelat) a été pris pour cible par un drone suicide mais n’a causé aucun dégât matériel ni aucune victime, a indiqué la direction de la lutte contre le terrorisme de la région du Kurdistan.  « Selon les informations de la lutte contre le terrorisme du Kurdistan, ce soir jeudi 30 janvier 2025, à 17h40, un drone chargé d’explosifs a été dirigé contre le camp de réfugiés du Kurdistan oriental au pied du mont Korek à la frontière de la province d’Erbil. Le drone a raté sa cible, s’est écrasé et est tombé, sans faire de victimes ni de dégâts matériels », a indiqué la Direction générale de la lutte anti-terroriste (CTD) basée à Erbil dans un message Facebook.  Pendant ce temps, Khidr Beg, un haut commandant du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (KDPI), a déclaré à Rudaw que « à environ 5 à 6 kilomètres du camp de réfugiés du Kurdistan oriental, une forte explosion a été entendue, mais nous ne savons pas encore s’il s’agissait d’un drone ou non ». Il a ajouté qu’ils « n’ont pas clarifié l’incident et ne peuvent accuser aucun pays d’avoir mené l’attaque ». Le camp est situé près du sous-district de Khalidan.  Une source de sécurité de Khalifan a déclaré à Rudaw sous couvert d’anonymat que « nous n’avons pas encore reçu d’informations officielles à ce sujet et avons commencé à enquêter sur l’incident ». Un accord de sécurité a été signé entre l’Iran et l’Irak en mars 2023 pour désarmer les groupes d’opposition kurdes et de sécuriser les régions frontalières. L’Iran avait menacé de recourir à une action militaire si Bagdad ne respectait pas l’accord. En septembre de la même année, Bagdad a annoncé avoir désarmé les groupes kurdes en exil à la frontière et que les bureaux précédemment utilisés par les groupes avaient été évacués. (Rudaw) 

Isolement d’Imrali. Une avocate kurde rencontre des responsables du CPT et du Conseil de l’Europe

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Raziye Öztürk, membre du cabinet d’avocats Asrin a rencontré des responsales du Comité pour la prévention de la torture (CPT), des parlementaires du Conseil de l’Europe, de hauts fonctionnaires et divers groupes du conseil et a exigé des mesures contre l’isolement imposé au chef de la guérilla kurde sur l’île prison d’İmralı. Raziye Öztürk, l’une des avocates du cabinet Asrın, basé à Istanbul, qui représente le leader kurde Abdullah Öcalan et ses codétenus dans la prison de l’île d’İmralı en Turquie, est à Strasbourg pour des entretiens officiels. L’avocate a rencontré jeudi des parlementaires, des hauts fonctionnaires et divers groupes du Conseil de l’Europe. Au cours de la journée, Öztürk a également rencontré des représentants du CPT (Comité pour la prévention de la torture). Elle était accompagnée du représentant du parti DEM auprès du Conseil de l’Europe, Fayik Yağızay. Öztürk a rendu compte des sanctions disciplinaires, de l’interdiction de visite d’avocat, de l’isolement et d’autres pratiques illégales imposées à Öcalan et a remis au CPT un dossier sur les violations des droits à İmralı au cours de l’année écoulée. Lors de la réunion avec les autorités, Öztürk a déclaré que la Turquie n’avait pas respecté les recommandations et suggestions du CPT et a appelé ce dernier à prendre des mesures efficaces et à remplir ses devoirs contre les violations subies par Öcalan en isolement. (ANF)

Varisheh Moradi: « La résistance, c’est la vie »

IRAN – Dans une lettre envoyée depuis la prison d’Evin, activiste kurde condamnée à mort, Varisheh Moradi déclare que son cas représente une lutte plus large contre la répression de l’État en Iran et ajoute : « Je veux renverser le destin qui se répète toujours. La résistance, c’est la vie » (le célèbre slogan kurde « Berxwedan Jiyan e ». Dans une lettre envoyée depuis la prison d’Evin à Téhéran, la travailleuse humanitaire iranienne Varisheh Moradi, condamnée à mort, a déclaré que son cas représente une lutte plus large contre la répression de l’État en Iran. « Pour nous, les femmes combattantes emprisonnées, cette sentence ne concerne pas seulement moi et mes codétenues : elle représente un verdict contre une société entière », écrit Moradi. Bien qu’elle soit condamnée à mort, la lettre de Moradi suscite une certaine résistance, soulignant le soutien national et international croissant en faveur de l’abolition de la peine de mort en Iran. Elle a souligné que les récentes frappes au Kurdistan témoignent d’une résistance civile généralisée contre le régime. « La société nous soutient, et cette solidarité est une expression puissante de la lutte civile en cours contre la tyrannie du régime en Iran », écrit Moradi. Moradi a été condamnée à mort en novembre par le tribunal révolutionnaire de Téhéran pour « rébellion armée ». Ses ennuis judiciaires ont commencé le 1er août 2023, lorsque les forces de sécurité du renseignement l’ont enlevée alors qu’elle voyageait de Marivan à Sanandaj. Selon l’organisation de défense des droits humains, Hengaw, Moradi a subi de graves tortures au centre de détention du département du renseignement de Sanandaj, notamment au cours d’un incident au cours duquel elle aurait vomi du sang et perdu connaissance. Après avoir passé cinq mois en isolement dans le quartier 209 de la prison d’Evin, contrôlé par le ministère du Renseignement, Moradi a été transférée dans le quartier des femmes en décembre 2023. Voici sa lettre : « J’ai été condamnée à mort, et nous aussi. Pour nous, les femmes combattantes emprisonnées, cette sentence ne concerne pas seulement moi et mes codétenues : elle représente un verdict contre toute une société. C’est le rêve du régime pour nous tous : supprimer (lire : exécuter) toute la communauté. Mais, sans aucun doute, il rencontrera une résistance. Le soutien national et international à l’abolition de la peine de mort s’est accru et nous a apporté un soutien considérable. Nous n’avons pas cédé aux accusations et aux pressions infondées imposées par l’appareil de sécurité, et nous avons résisté. La société nous soutient, et cette solidarité est une puissante expression de la lutte civile en cours contre la tyrannie du régime en Iran. La récente grève du peuple du Kurdistan est un autre exemple de cette résistance commune, et elle mérite d’être saluée. En prison, parce que la lutte est active et de première ligne, et parce qu’elle concerne directement tout le monde, les questions de fond prennent naturellement le pas sur des questions comme les appartenances politiques ou nationales, qui occupent une place secondaire. Il s’agit d’une véritable résistance contre les tentatives de marginalisation des questions fondamentales des détenus. Une résistance remarquable se poursuit contre le déni et la violation des droits humains dans les prisons iraniennes. Nous, les femmes, avons entrepris cette résistance, d’une part en raison de l’oppression aggravée à laquelle nous sommes confrontées dans le système patriarcal et misogyne actuel, et d’autre part en raison de notre détermination inébranlable à obtenir la liberté. Chaque mardi, la campagne « Non aux exécutions » se déroule dans plusieurs prisons iraniennes, un acte fédérateur qui met en lumière l’essence fondamentale et humaine de notre lutte. Il s’agit d’une revendication collective visant à mettre en avant le droit à la vie et à demander l’abolition de la peine de mort en Iran. Ces « mardis non aux exécutions » représentent la solidarité humaine contre les exécutions commanditées par l’État, qui sont utilisées comme un outil pour instiller la peur et la terreur dans la société. Cette oppression est le résultat d’un système débridé qui a pour objectif de mener le monde vers la destruction et d’éroder l’essence même de l’humanité. L’humanité, le cœur de notre existence commune, est ce pour quoi nous luttons. Notre lutte n’est pas seulement la nôtre : elle est menée au nom de toute l’humanité, de toute la société et pour la défense de notre nature collective. En tant que « femmes combattantes emprisonnées », notre rôle nous donne la force de parler des revendications de toute une société. Adopter une position de principe donne aux chercheuses de vérité sociale le pouvoir de lutter pour elle. C’est cette « vie libre » qui doit remplacer la « fausse vie », que nous devons transformer et nous l’avons transformée. Le système patriarcal qui domine le monde, dans toutes ses dimensions, est fondamentalement en contradiction avec l’essence de l’existence humaine et avec l’humanité elle-même. Il constitue, par essence, un défi à la vie. Nous avons redéfini ce système, nous libérant de ses interprétations sexistes, classistes et dogmatiques, pour nous concentrer plutôt sur la vérité de son existence. Depuis des millénaires, ce système s’est écarté du chemin de l’humanité, s’attaquant aux femmes – et, par extension, à la vie elle-même – avant de soumettre les hommes et plus tard d’agresser la nature. Le but ultime de ce système ? Le profit maximum. Une cupidité alimentée par un esprit déformé. Et quelle est la réponse ? Sans aucun doute, la résistance. C’est là que réside le point de divergence : certains s’intègrent au système, cherchent à obtenir leur part et justifient son existence, tandis que les esprits libres et les libertaires s’opposent et tentent de corriger le cours des choses. Tout au long de l’histoire, ces assoiffés de liberté ont cru en une vie en harmonie avec la nature, mère de toute vie. Ils ont adapté leurs croyances aux conditions de leur époque et au pouvoir auquel ils étaient confrontés, luttant avec détermination pour atteindre leur but ultime : une vie humaine. Une vie bonne, vraie, belle et libre. Nos prédécesseurs, chacun dans leur domaine intellectuel, ont cherché à définir le problème et à lutter pour le résoudre. Ils ont parfois fait face à l’oppression par la foi, parfois par le raisonnement philosophique, parfois par l’expression littéraire, et parfois par des arguments fondés sur la classe sociale. Dans tout cela, les femmes ont toujours été présentes, toujours parmi les opprimées, toujours parmi les victimes. Pourtant, elles ont rarement été le sujet central de ces luttes – elles n’étaient qu’une partie périphérique du récit de l’oppression, plutôt que ses principales victimes. Aujourd’hui, nous avons laissé derrière nous les vieux paradigmes. Nous pensons que le défi le plus crucial de la vie contemporaine est la question du genre à laquelle nous sommes confrontés. Ce n’est qu’une fois que l’inégalité entre les sexes sera résolue que d’autres défis auront une chance d’être relevés. Le système épistémologique dominant s’efforce sans relâche de déformer et de détourner le problème central et d’éviter les vraies solutions. Mais ce siècle est le siècle des femmes, et les femmes ont acquis la force intellectuelle et pratique de lutter pour leurs droits. Les progrès de la technologie et de la science sont également devenus des alliés de tous les combattants de la liberté, y compris les femmes. Les femmes, armées de nouvelles connaissances scientifiques et d’une volonté forgée par le besoin de libération et de liberté, ont fait des progrès considérables dans la lutte pour l’égalité. Des efforts des femmes penseuses, scientifiques, écrivaines et artistes aux femmes ordinaires qui tentent de vivre dans la dignité et de ne pas être considérées comme des marchandises. Ces gains collectifs constituent une base solide pour faire avancer la liberté. Les femmes kurdes ne sont pas en reste dans cette lutte. S’appuyant sur leur riche héritage culturel et social, elles ont participé à cette « lutte pour la vie » et ont contribué à enrichir la résistance et la solidarité. Aujourd’hui, les femmes kurdes sont devenues des symboles de la lutte et de l’effort féminins. Le 26 janvier marque l’anniversaire de la libération de Kobané des forces de l’EI, un événement largement reconnu comme « le début de la fin de l’EI ». L’aube qui a suivi cette obscurité a apporté les premiers rayons de lumière. Les femmes kurdes, au vu et au su du monde, ont participé à cette guerre et ont défié le paradigme patriarcal. Elles sont allées encore plus loin et sont devenues les commandantes du combat. Elles se sont battues comme des phares de lumière et d’espoir contre l’obscurité et l’oppression et ont montré la puissance de la lutte déterminante du siècle – le « défi des femmes ». J’ai personnellement participé à la guerre de Kobané pendant cette période et j’ai subi des blessures qui me font encore souffrir aujourd’hui. Cette douleur me rappelle constamment le prix que j’ai payé pour l’humanité. Peut-être que cela satisfait un peu ma conscience de savoir que j’ai, dans une certaine mesure, rempli mon devoir envers l’humanité. Je suis un camarade de ceux qui, après une vie de lutte, ont dit au moment de leur martyre : « Écrivez sur ma pierre tombale que j’ai quitté ce monde en étant encore redevable à mon peuple. » D’eux, j’ai appris que lutter pour la vérité et l’humanité est une dette que chacun de nous doit payer, sans rien attendre en retour. Chaque fois que la victoire de Kobané est célébrée, la joie et la fierté qui naissent de cette attitude digne renouvellent ma détermination. L’une des accusations portées contre moi aujourd’hui est d’avoir résisté aux ténèbres. Je suis l’ami de ceux qui ont sauvé l’humanité. Cette vérité simple mais profonde met en évidence de quel côté se trouvent ceux qui m’accusent. Le système patriarcal ne peut tolérer la résistance des femmes, et encore moins leur victoire et leurs célébrations contre une force obscure et anti-humaine. Nous avons été les premières à reconnaître le danger qui menaçait l’humanité et nous y avons fait face sans hésitation, ce qui a permis à l’humanité de remporter une victoire significative. Aujourd’hui, elles cherchent à se venger de leur défaite de diverses manières. Ce moment est particulièrement significatif car il coïncide avec la conclusion du centenaire des plans conçus pour notre région. Nous sommes les héritiers blessés de Sykes-Picot, les enfants d’un peuple qui a subi jusqu’au plus profond de lui-même l’oppression de Lausanne. Nous avons été pendus à des cordes, tués par toutes sortes d’armes, soumis à des attaques chimiques et avons vécu le génocide dans tous les recoins de notre patrie fragmentée. Et maintenant, accablés par une multitude de problèmes politiques et sociaux, nous sommes entrés dans l’ère de la technologie et de l’intelligence artificielle. Mais nous sommes résolus à ce que, dans ce siècle, non seulement nous prévenions le génocide physique, mais nous définissions aussi le « génocide culturel » et le combattions de toutes nos forces. « Femme, vie, liberté » est notre slogan et une manifestation symbolique de notre paradigme idéologique – un paradigme qui aborde directement les questions fondamentales du monde et de l’humanité d’aujourd’hui. Ce paradigme refuse de se limiter aux frontières nationalistes, sexistes ou de classe. Il cherche à aborder les problèmes de manière globale et avec une perspective élargie. De nombreux problèmes étant devenus mondiaux, la mondialisation de la lutte est l’approche la plus logique. Certains problèmes sont communs à toute l’humanité, il est donc naturel que notre combat soit fondé sur des valeurs communes. Femme, Vie, Liberté reflète les aspirations universelles de la plupart des habitants de cette planète : une vie libre et démocratique. C’est pourquoi le monde soutient les femmes emprisonnées. Le monde, témoin de notre combat pour les valeurs universelles, est à nos côtés. Et nous, à notre tour, continuerons à avancer sur cette voie. La région est en train de se remodeler. De nombreuses forces dessinent la carte politique et sociale de la région. L’absence de volonté populaire dans cette nouvelle configuration est flagrante. Maintenant que les forces populaires ont gagné en force et sont en mesure de s’exprimer, il faut renforcer ce front : le front de la société et du peuple. La région est empêtrée dans de nombreuses compétitions et conflits, et parallèlement à cela, d’importantes stratégies sont proposées. Il est essentiel que cette lutte passe également par la recherche de solutions aux problèmes sociétaux. Notre problème n’est pas personnel. Être emprisonné et risquer la peine de mort sur le chemin de la lutte politique et sociale fait partie intégrante du parcours. Par conséquent, nos réflexions et nos actions concernant la résolution des problèmes politiques et sociaux s’inscrivent dans ce contexte. C’est ainsi que nous donnons un sens à notre vie. Nous quittons le moule individualiste pour nous fondre dans le collectif, en poursuivant un objectif collectif. Le concept de « nation démocratique » est la thèse et la doctrine qui incarnent tous ces objectifs. Dans le cadre de cette solution, les besoins de toutes les personnes et de toutes les classes sociales sont satisfaits. C’est une solution qui profite à tous et ne nuit à personne. C’est la voie par laquelle nous pouvons donner un sens à la vie. Je crois que la vie ne doit pas être vécue avec un sens ou une transcendance. De nombreux projets visant à donner un sens à la vie ont fait l’objet d’attaques hostiles et les pionniers de ces efforts ont sacrifié leur vie pour atteindre leurs objectifs. Cependant, ces sacrifices n’ont pas instillé la peur mais ont plutôt créé l’espoir de continuer la lutte et la vie. Moi aussi, j’ai emprunté ce chemin et j’ai fait face à ma situation actuelle. Lors de mon interrogatoire, le même interrogateur qui avait interrogé Farzad Kamangar s’est assis devant moi et m’a dit qu’il y a 15 ans, Farzad était resté assis au même endroit mais n’avait rien pu faire et s’était créé la mort. Je lui ai dit que si je suis assis ici aujourd’hui, c’est le résultat des efforts et de la lutte de Farzad. Farzad, par sa mort, a tracé pour nous le chemin d’une « vie qui a du sens ». Il nous a redonné la vie. Si un Farzad a été pendu, des centaines d’autres ont suivi son chemin. Car Farzad, Shirin, Farhad, Soran et nous tous croyons que chaque pas sur le chemin de la liberté peut être une épreuve, et qu’en sacrifiant notre vie pour la liberté, nous sortons victorieux de cette épreuve. Aujourd’hui, je pense plus à notre lutte qu’à ma condamnation, à mon peuple, au peuple et aux jours qui attendent notre région. La lutte est notre préoccupation principale, et notre condamnation n’en est qu’une partie. Le soutien que nous apportons et l’opposition à notre condamnation font partie de la lutte précieuse que l’humanité mène pour une vie humaine, noble, belle, juste et libre. Sur ce chemin, le principe directeur de ma lutte est le suivant : « Je veux renverser le destin qui se répète toujours dans les pièces tragiques de la vie en faveur de la liberté. Dans cette pièce intitulée Vérité, qui ne peut être achevée que par la lutte, le destin échouera cette fois-ci. » Femme, vie, liberté La résistance, c’est la vie Une prisonnière condamnée à mort – Quartier pour femmes de Varisheh Moradi, prison d’Evin 28 janvier 2025 Via Iran Wire

Nord-est de la Syrie : Un crime de guerre apparent commis par les forces soutenues par la Turquie (HRW)

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SYRIE / ROJAVA – L’ONG de défense des droits humains, Human Rights Watch (HRW) dénonce le ciblage d’une ambulance du Croissant rouge kurde Heyva Sor par des mercenaires de la Turquie survenu le 18 janvier dernier dans le Nord-Est de la Syrie et demande à Ankara d’enquêter sur cette attaque afin de « s’assurer que les responsables soient tenus de rendre des comptes ».
Ambulances du Croissant Rouge kurde ciblées par les forces turco-jihadistes au Rojava
Voici le communiqué du HRW concernant le ciblage d’une ambulance du Croissant kurde par des gangs de la Turquie : Nord-est de la Syrie : Un crime de guerre apparent commis par les forces soutenues par la Turquie (HRW) Ankara devrait enquêter sur cet incident et s’assurer que les responsables soient tenus de rendre des comptes Une frappe de drone menée par la coalition Turquie – Armée nationale syrienne (ANS) qui a touché une ambulance du Croissant-Rouge kurde le 18 janvier dans le nord de la Syrie était un crime de guerre apparent, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Cette frappe a touché une ambulance qui transportait un civil blessé par une précédente frappe de drone menée le même jour contre des manifestants sur le site du barrage de Tichrine, ont déclaré des témoins. Les deux attaques du 18 janvier ont tué six civils, dont un acteur kurde bien connu, et en ont blessé au moins 16 autres, selon l’agence de presse ANF News. Un compte affilié au groupe armé ANS a publié une vidéo filmée par une caméra de drone, et montrant la première attaque menée contre des personnes sur le site du barrage ; Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer si les frappes du drone avaient été menées par les forces armées turques ou par l’ANS. Des manifestants s’étaient rassemblés à proximité du barrage de Tichrine, afin de dissuader la coalition Turquie-ANS de poursuivre ses attaques dans cette zone, par crainte d’un effondrement du barrage. Au moins quatre attaques menées en janvier par la coalition Turquie-ANS près de ce site ont touché des manifestants, tuant 20 personnes et en blessant plus de 120, selon les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les autorités kurdes et soutenues par les États-Unis. « Les forces de l’ANS et les forces turques ont démontré une tendance claire et inquiétante à mener des attaques illégales contre des civils et des biens civils, et semblent même les célébrer », a déclaré Hiba Zayadin, chercheuse senior sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Human Rights Watch. « La Turquie, en tant que principal pays soutenant l’ANS, a l’obligation de mettre fin aux abus commis par ce groupe armé si elle veut éviter le risque de se rendre complice de ses crimes. » Human Rights Watch a mené des entretiens avec deux personnes ayant participé à la manifestation du 18 janvier, ainsi qu’avec le chauffeur de l’ambulance. Human Rights Watch a aussi vérifié des vidéos de l’attaque contre la manifestation sur le site du barrage, qui a été menée entre 13 et 14 heures ce jour-là, et de ses répercussions. Human Rights Watch n’a pu identifier aucune cible militaire ou arme visible à proximité immédiate de la manifestation, s’appuyant sur l’examen et la vérification de trois vidéos, et sur des déclarations de témoins. « Nous sommes allés au barrage de Tichrine de manière pacifique pour protester contre l’agression par la Turquie et ses factions affiliées, pour protéger notre terre et pour exiger la fin des attaques contre l’eau, l’électricité et les infrastructures », a déclaré à Human Rights Watch Armanj Mohammed, un habitant de la ville de Qamishli âgé de 37 ans. « Nous chantions des chansons kurdes et dansions ; des femmes, des enfants et des personnes âgées se trouvaient parmi nous. Il n’y avait aucune présence militaire ou des FDS sur le site de la manifestation. » Les manifestants se trouvaient à environ cinq kilomètres de la ligne de front. Des images de drone publiées par une chaîne Telegram affiliée à l’ANS le 22 janvier, vérifiées par Human Rights Watch, montrent deux petites munitions larguées par avion explosant dans une foule d’hommes et de femmes au barrage de Tichrine, où ils manifestaient et exécutaient une danse kurde traditionnelle en rang. Une légende dit : « Le drone armé adresse ses félicitations et ses bénédictions aux célébrations des FDS au barrage de Tichrine. » Des vidéos de l’attaque publiées sur les réseaux sociaux le 18 janvier et après montrent des manifestants non armés se précipitant pour venir en aide aux personnes blessées ou apparemment mortes. « La scène était terrifiante et indescriptible », a déclaré Jiyan Khalil, journaliste et présentatrice de JinTV qui filmait la manifestation. « Il n’y a eu aucun avertissement préalable avant le bombardement. L’attaque a été extrêmement brutale et a directement visé les civils deux fois de suite. » Le gouvernement turc a accusé les FDS et les Unités de protection du peuple (YPG) d’avoir utilisé des civils comme boucliers humains dans la zone du barrage de Tichrine. Human Rights Watch a mené un entretien avec l’un des chauffeurs des ambulances du Croissant-Rouge kurde qui se sont dirigées vers le site du barrage après l’attaque. Il a déclaré : « Alors que nous étions en route vers le barrage et étions près du village de Huriya, à environ 30 kilomètres du barrage, [les passagers d’]une voiture civile nous ont fait signe de nous arrêter. Ils nous ont dit qu’ils transportaient une fille blessée. » Le chauffeur a alors transféré cette fille, qui, selon lui, avait une blessure abdominale suite à l’attaque du barrage de Tichrine, dans l’ambulance. « Peu de temps après que je sois remonté dans l’ambulance, nous avons été frappés par une attaque de drone. L’explosion a causé l’ouverture des portes de l’ambulance, et a brisé ces portes et les fenêtres. » Le chauffeur a déclaré à Human Rights Watch que son collègue avait été légèrement blessé par un fragment de métal à la main. « La deuxième ambulance est arrivée sur les lieux et la fille blessée a été transportée aux urgences, ou nous sommes tous allés. Heureusement, nous étions alors tous en sécurité. » Deux photographies publiées sur Telegram le 18 janvier montrent les conséquences de l’attaque contre l’ambulance, qui semblait endommagée et arrêtée au milieu de la route, les portes entrouvertes. L’ambulance était clairement signalée comme telle, et aurait dû être visible depuis le ciel. Human Rights Watch n’a pas pu vérifier l’emplacement exact des photographies, qui auraient été prises sur une route entre le barrage de Tichrine et la ville de Tabqa. Depuis décembre 2024, le barrage de Tichrine est devenu un « épicentre » des combats entre la coalition Turquie-ANS et les FDS. Le barrage ne fonctionne plus depuis le 10 décembre, lorsqu’il a été endommagé lors d’affrontements. Ceci prive plus de 413 000 personnes d’eau et d’électricité dans les régions de Manbij et Kobani, selon Northeast Syria (NES) NGO Forum, une coalition d’organisations internationales opérant dans le nord-est de la Syrie. Des réparations urgentes sont nécessaires pour rétablir les services essentiels, et protéger les moyens de subsistance des habitants. Le Comité international de la Croix-Rouge a averti qu’en cas de rupture du barrage et de déversement soudain de l’eau stockée, « la destruction et les conséquences humanitaires […] seraient dévastatrices, et pourraient causer des dommages importants à l’environnement ». Depuis fin octobre 2023, les frappes turques sur les zones contrôlées par les Kurdes dans le nord-est de la Syrie ont entraîné des coupures d’eau et d’électricité pour des millions de personnes. Les frappes répétées sur les infrastructures civiles ont gravement endommagé de nombreuses installations essentielles – notamment des centrales hydrauliques et électriques, des installations pétrolières et des usines à gaz – et entravé ainsi le fonctionnement d’hôpitaux, de boulangeries et de centres d’approvisionnement en eau. Les forces armées turques et le groupe armé ANS ont un bilan déplorable en matière de droits humains dans les zones du nord de la Syrie qui se trouvent sous occupation turque. Human Rights Watch a constaté que des factions de l’ANS, ainsi que des membres des forces armées turques et des agences de renseignement turques ont commis de nombreux abus : enlèvements, arrestations arbitraires et détention de personnes, dont des enfants ; violences sexuelles et actes de torture dans un contexte d’impunité ; pillage, vol de terres et de logements, et actes d’extorsion. Le droit international humanitaire (DIH), qui rassemble les lois de la guerre, impose aux parties belligérantes de recueillir et de soigner les blessés et les malades. Les ambulances, comme les hôpitaux, bénéficient d’une protection spéciale. Elles ne peuvent être prises pour cible si elles sont utilisées pour prodiguer des soins médicaux de quelque nature que ce soit, y compris pour soigner des combattants ennemis. Les ambulances et autres moyens de transport médical doivent pouvoir fonctionner et être protégés en toutes circonstances. Les structures telles que les barrages sont également protégées en vertu du DIH. Le DIH stipule que des « précautions particulières » doivent être prises à l’égard de barrages et de certaines autres installations, « afin d’éviter la libération de forces dangereuses » comme le déversement d’eaux de crue, et ainsi de « causer des pertes sévères dans la population civile ». Même si un barrage est utilisé pour des opérations militaires ou à proximité de celles-ci, les attaques doivent être proportionnées et toutes les précautions possibles doivent être prises pour éviter des dommages accidentels excessifs, comme des pertes en vies humaines ou blessures parmi les civils. Un passage sûr doit être assuré afin de permettre aux services médicaux d’urgence de procéder à l’évacuation des blessés, et à des techniciens d’effectuer les réparations essentielles. « Il est peu probable que la frappe contre une ambulance transportant des civils blessés sur une route ouverte ait été un accident », a observé Hina Zayadin. « Cet acte s’apparente à un crime de guerre, et la coalition Turquie-ANS devrait être tenue responsable. »

TURQUIE. L’État bafoue le droit de vote des électeurs en usurpant les municipalités d’opposition

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TURQUIE / KURDISTAN – En moins d’un an, le régime turc a confisqué 8 municipalités kurdes et une municipalité remportée par le parti CHP. L’Association des avocats pour la liberté (ÖHD) a partagé son rapport sur 9 municipalités mises sous tutelle de l’État après la destitution de maires démocratiquement élus. Le rapport souligne que la nomination d’administrateurs (kayyim ou kayyum) dans les municipalités constitue une usurpation de la volonté du peuple et une violation du droit de vote de 1 777 120 électeurs au total. Le rapport note que le ministère turc de l’Intérieur a nommé pour la première fois un administrateur pour la municipalité kurde de Hakkari le 3 juin 2024, suivi des municipalités d’Istanbul/Esenyurt et des municipalités kurdes de Mardin, Batman, Halfeti, Dersim, Ovacık, Bahçesaray et Akdeniz. Le rapport souligne que les commissions juridiques du CHP (Parti républicain du peuple) et du DEM (Parti de l’égalité et des peuples et de la démocratie) ont déposé une plainte demandant un « sursis d’exécution » dans le cadre des procédures judiciaires concernant les nominations des administrateurs. D’autre part, le montant total de la dette laissée par la période précédente était de 8 milliards 700 millions livres turques (TL), tandis que la charge de la dette laissée au parti DEM par les administrateurs a atteint 24 milliards 727 millions TL. Le rapport indique que dans les villes où des administrateurs municipaux ont été nommés, les manifestations ont été violemment réprimées par la police et des interdictions ont été imposées par les bureaux du gouverneur. Des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc et des canons à eau ont été utilisés lors des répressions policières et les manifestants ont été menottés dans le dos. Le rapport comprend les données suivantes sur les personnes détenues et emprisonnées à la suite de la nomination de mandataires et de manifestations de protestation : – Batman : 219 détenus, 37 emprisonnés – Halfeti : 27 détenus, 12 emprisonnés – Mardin : 41 détenus, 9 emprisonnés – Dersim : 29 détenus, 11 emprisonnés – Hakkari : 26 détenus – Mersin (municipalité d’Akdeniz) : 16 personnes emprisonnées, dont 2 co-maires et 3 conseillers – Istanbul : 25 personnes arrêtées, 17 emprisonnées L’ÖHD a déclaré que les pratiques d’administrateurs constituent une violation des droits de l’homme contre la volonté du peuple et a appelé à la fin immédiate de ces pratiques illégales et injustes. (ANF)

ROJAVA. La population exhorte la communauté internationale à stopper les massacres commis par la Turquie

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SYRIE / ROJAVA – Lors de deux manifestations distinctes, les habitants de Raqqa et de Tabqa ont réaffirmé leur soutien aux Forces démocratiques syriennes (FDS), qu’ils décrivent comme un bouclier protecteur contre les attaques répétées de l’occupation turque qui menacent leur sécurité. Ils ont appelé les organisations internationales et les organismes de défense des droits humains à poursuivre la Turquie pour les massacres qu’elle commet contre les civils dans les régions arabo-kurdes du pays.

Des centaines d’habitants de Raqqa, dont des membres d’institutions civiles et militaires, du Parti de la future Syrie, du Conseil de rassemblement des femmes de Zénobie, du Parti de l’union démocratique, ainsi que des anciens et des dignitaires tribaux, ont pris part à une manifestation de masse condamnant les crimes de l’État turc à Kobani, Serrin et Ain Issa.

Les manifestants se sont rassemblés devant le parc Hevrin, dans le sud de Raqqa, portant des photos des martyrs de la résistance au barrage de Tishrin et des banderoles documentant les crimes de l’occupation turque.

La marche s’est dirigée vers le vieux pont de Raqqa, les participants agitant des drapeaux des FDS et le drapeau de la révolution syrienne tout en scandant des slogans tels que : « Non à l’occupation turque », « À bas le fascisme turc », « À bas le tyran Erdogan », « Non au meurtre d’enfants », « Vive les Forces démocratiques syriennes » et « Vive la résistance au barrage de Tishrin ».

En arrivant à la ferme de Kasrah Faraj, les manifestants ont observé une minute de silence. Jihad Hassan, coprésident de la Confédération des sociétés démocratiques, a ensuite prononcé un discours condamnant les attaques et les massacres perpétrés par l’occupation contre les civils.

Il a souligné que « ces crimes constituent une violation flagrante du droit international et leurs auteurs doivent être tenus responsables ».

Jihad Hassan a également salué « la résistance au barrage de Tishreen et la résilience héroïque des Forces démocratiques syriennes face à ces agressions ».

Après lui, Kawthar Al-Kabaa, coprésidente du Conseil populaire du quartier Andalus, a parlé de l’importance de la résistance et de la défense de la patrie, libérée grâce au sang des martyrs.

Elle a dénoncé les attaques visant les civils à Kobanêi, Afrin et Al-Karama, les qualifiant de grave escalade contre le nord-est de la Syrie.

La manifestation s’est terminée par des chants : « Nous sommes tous des FDS » et « Vive les Forces démocratiques syriennes ».

Tabqa

De même, le Conseil des familles des martyrs de Tabqa a organisé aujourd’hui une manifestation de masse pour dénoncer les massacres commis par l’occupation turque.

Des centaines d’habitants, dont des personnes déplacées d’Afrin et de Shahba, ainsi que des représentants de l’Administration autonome et de ses organes et conseils affiliés, du Conseil du Parti de la future Syrie et du Conseil de rassemblement des femmes de Zenobia, ont participé à la marche, qui est partie du parc Martyr Hevrin Khalaf dans le troisième quartier du centre-ville de Tabqa.

Les manifestants portaient des drapeaux des FDS et des photos de martyrs tout en scandant des slogans louant la résistance et condamnant les attaques de l’occupation turque.

A leur arrivée au Conseil des familles des martyrs, dans le centre-ville, ils ont observé une minute de silence en l’honneur des martyrs. Mahmoud Al-Sayel, co-président du Conseil des familles des martyrs, s’est ensuite adressé à la foule, déclarant que « l’État turc poursuit son agression contre le nord et l’est de la Syrie dans une série de crimes odieux contre les Syriens ».

Al-Sayel a souligné la résistance des FDS dans la défense du barrage de Tishrin, la décrivant comme une épopée de lutte populaire.

Nour Al-Hafni, membre du Conseil de rassemblement des femmes de Zenobia, a également condamné « la brutalité et les crimes de l’État d’occupation turc » et a exhorté les puissances internationales à mettre fin à leur silence injustifié et à prendre des mesures pour mettre fin à l’agression. Elle a réaffirmé leur soutien aux FDS en tant que bouclier protecteur contre les menaces.

La manifestation s’est terminée sur le slogan : « Vive la résistance des Forces démocratiques syriennes ». (ANHA)

Les habitants de Raqqa et Tabqa appellent les forces internationales à demander des comptes à l'occupation turque
Les habitants de Raqqa et Tabqa appellent les forces internationales à demander des comptes à l'occupation turque
Les habitants de Raqqa et Tabqa appellent les forces internationales à demander des comptes à l'occupation turque
Les habitants de Raqqa et Tabqa appellent les forces internationales à demander des comptes à l'occupation turque
Les habitants de Raqqa et Tabqa appellent les forces internationales à demander des comptes à l'occupation turque
Les habitants de Raqqa et Tabqa appellent les forces internationales à demander des comptes à l'occupation turque
Les habitants de Raqqa et Tabqa appellent les forces internationales à demander des comptes à l'occupation turque
Les habitants de Raqqa et Tabqa appellent les forces internationales à demander des comptes à l'occupation turque
Les habitants de Raqqa et Tabqa appellent les forces internationales à demander des comptes à l'occupation turque

7 juges désignés par le Tribunal populaire permanent pour la session « Rojava vs Turquie »

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BRUXELLES – Le Tribunal permanent des peuples (TPP) se réunira début février à Bruxelles pour juger les crimes commis par la Turquie dans sa guerre ciblant les Kurdes du Rojava / Nord -Est de la Syrie. TPP vient de dévoiler les noms de sept juges qui siégeront à la session « Rojava vs Turquie » à Bruxelles du 5 au 6 février prochain. Le Tribunal permanent des peuples (TPP) se réunira les 5 et 6 février 2025 à la Vrije Universiteit Brussel (VUB) à Bruxelles, en Belgique, pour examiner les allégations de graves violations des droits humains et de crimes de guerre commis par la Turquie et ses forces alliées dans le nord et l’est de la Syrie, connus sous le nom de Rojava. Le Tribunal évaluera les accusations, notamment de déplacement forcé, d’utilisation d’armes interdites, d’assassinats ciblés [y compris ceux ciblant des femmes politiques, dont Havrin Khalaf], de torture et de destruction du patrimoine culturel. Voici les juges sélectionnés pour la session « Rojava vs Turquie » : Giacinto Bisogni (Italie)           Magistrat depuis 1981 et à la Cour de cassation depuis 2002. Il travaille sur des questions de droit international et européen depuis 1997, collaborant avec la Commission européenne sur des projets de codification civile européenne. Il est l’auteur de nombreux essais et commentaires sur la protection des droits fondamentaux. Il a travaillé au service juridique de la Commission européenne de 1999 à 2022. Actuellement, il collabore en permanence avec diverses universités, notamment avec le département de droit et d’anthropologie de l’Institut Max Planck. Domenico Gallo (Italie)         Ancien Président de section de la Cour de cassation, il entre dans la magistrature en 1977, participe activement à la vie de l’actuelle « magistrature démocratique » et de l’Association européenne des magistrats « MEDEL ». En septembre 1994, il est élu sénateur. À la fin de la législature, en 1996, il réintègre le système judiciaire, où il exercera ses fonctions jusqu’au 31 décembre 2021. Il a édité de nombreuses publications sur des sujets liés aux questions institutionnelles et aux droits de l’homme. Parmi ceux-ci :  Da Sudditi a Cittadini – il percorso della Democrazia , Edizioni Gruppo Abele (2013) ;  Ventisei Madonne nere , Delta Tre Edizioni (2019) ;  Il Mondo che verrà , Delta Tre Edizioni (2022) et  Guerra Ucraina , Delta Tre Edizioni (2023),  Guerre , Delta Tre Edizioni (2024). José Elías Esteve Molto (Espagne)       Maître de conférences en droit international public et relations internationales. Directeur du Master en droits de l’homme, démocratie et justice internationale (2019-2023) et secrétaire de l’Institut des droits de l’homme de l’Université de Valence (2012-2021). Il est actuellement responsable du Département des droits de l’homme internationaux de la Clinique juridique de la Faculté de droit de cette université. Avocat enquêteur dans les plaintes liées aux crimes internationaux commis au Tibet et en Birmanie devant les tribunaux espagnols par le biais de la compétence universelle. Il a publié des dizaines d’articles dans des revues et des chapitres de livres sur des sujets liés aux crimes internationaux, au droit international humanitaire, aux entreprises et aux droits de l’homme en concentrant son attention sur des cas tels que la catastrophe de l’Union Carbide à Bhopal. Tsarine Golda S. Musni (Philippines)         Avocate des droits de l’homme et membre de l’Union des avocats du peuple de Mindanao (UPLM). Elle concentre son travail sur la défense des droits fonciers des paysans et des communautés indigènes de Mindanao contre les entreprises d’extraction et les politiques gouvernementales qui entraînent le déplacement, la destruction des moyens de subsistance, le pillage de l’environnement et même les meurtres et les disparitions forcées de dirigeants et de membres des communautés. Elle est également active dans les campagnes pour des pourparlers de paix entre le gouvernement des Philippines et le Parti communiste des Philippines –  Front démocratique national pour  résoudre le conflit armé en cours dans le pays. Pour ses actions, elle a été victime du phénomène de marquage rouge qui criminalise, stigmatise et menace ceux qui défendent les droits de l’homme, ceux qui critiquent le gouvernement et ceux qui appellent à une paix juste et durable aux Philippines. En raison de la persécution intensifiée à son encontre, elle a dû fuir son pays pour sa sécurité. Gabrielle Lefèvre (Belgique)             Journaliste belge depuis 1972 : à La Cité jusqu’en 1995, puis au Soir jusqu’en 2009. Chroniqueur au site d’information alternative www.entreleslignes.be depuis 2009. Spécialiste de la coopération au développement, des questions sociales dont les migrations, la pauvreté et le mal-logement. Membre non magistrat du Conseil supérieur de la justice belge, représentant la presse, de 2008 à 2012. Membre de diverses instances professionnelles du journalisme, dont la Commission d’agrément au titre de journaliste professionnel et membre fondateur du Conseil de déontologie journalistique. Membre de la Fondation Henri La Fontaine, dédiée au pacifisme. Ancien président et membre du conseil d’administration de la Fondation Pro Renovassistance, dédiée au logement des plus démunis, à Bruxelles, et auteur de plusieurs ouvrages. Rashida Manjoo (Afrique du Sud)       Professeure émérite à l’Université du Cap, en Afrique du Sud, où elle a enseigné pendant de nombreuses années à la Faculté de droit et a dirigé le programme de maîtrise en droits de l’homme. Entre 2009 et 2015, elle a occupé le poste de Rapporteure spéciale des Nations Unies sur la violence contre les femmes, ses causes et ses conséquences. Son travail à l’ONU a consisté à surveiller et à rendre compte du respect par les États de leurs mesures de lutte et de prévention de la violence contre les femmes, de ses causes et de ses conséquences, tant en général que dans différents contextes nationaux. La professeure Manjoo est l’ancienne commissaire parlementaire de la Commission pour l’égalité des sexes, une institution créée par la Constitution de l’Afrique du Sud, avec pour mandat de superviser la promotion et la protection de l’égalité des sexes et des droits des femmes. Elle a également participé à la formation au contexte social pour les juges et les avocats, où elle a conçu à la fois le contenu et la méthodologie. Frances Webber (Royaume-Uni)         Ancienne avocate spécialisée dans le droit de l’immigration, des réfugiés et des droits de l’homme jusqu’à sa retraite en 2008, elle a été avocate junior pour Amnesty International dans l’affaire d’extradition de Pinochet de 1998-1999. Elle est administratrice de l’Institute of Race Relations, dont elle a été vice-présidente pendant de nombreuses années, et vice-présidente honoraire de la  Haldane Society of Socialist Lawyers . Elle a coédité  Immigration Law and Practice de Macdonald  (5e et 6e éditions, 2001 et 2005) et  British Nationality, Immigration and Asylum de Halsbury  (4e édition, réédition 2002), et est l’auteur de  Borderline justice: the fight for refugee and migrant rights  (Pluto, 2012).  Après sa retraite, elle a donné des conférences à Warwick et Birkbeck (Université de Londres) pendant quelques années, et elle a beaucoup parlé et écrit sur les questions de migration et de droits de l’homme. (ANF)

SYRIE. Des assassins des Kurdes paradent à Damas

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SYRIE – Hier, Abou Hatem Shaqra (Ahmad al-Hais), qui figure sur la liste des personnes sanctionnées par les États-Unis, a pris la parole lors de l’intronisation d’Ahmad al-Sharaa à la présidence de la Syrie. Shaqra a été sanctionné par les Etats-Unis pour des crimes tels que le « trafic de femmes et d’enfants yazidis » et la milice Ahrar al-Sharqiya affiliée à l’Armée nationale syrienne sous commandement de la Turquie pour le meurtre brutal de la politicienne kurde Hevrin Khalaf lors de l’invasion turque de 2019. Soad Mustafa, la mère de Hevrin Khalaf, a exprimé son indignation face à la participation du meurtrier de sa fille à la conférence et exigé qu’il soit poursuivi pour ses crimes.
A gauche, Abou Hatem Shaqra avec le grade du corps et le chauffeur d’Havrin Calaf qu’il a décapité, à droite avec Al-Charaa et lors de son discours d’hier à Damas
En plus de Abou Hatem Shaqra, de nombreux jihadistes ayant combattu les Kurdes de Syrie pour le compte de la Turquie étaient invités à Damas pour l’intronisation du chef jihadiste Ahmed Al-Charaa, alias Abou Mohammed al-Joulani, en tant que président par intérim de la Syrie. Ahmad Ihsan Fayad Al-Hayes, alias Abou Hatem Shaqra, a assisté mercredi à Damas à la « Conférence de la victoire », au cours de laquelle Abou Muhammad al-Jolani (Ahmad al-Sharaa) s’est autoproclamé chef de la période de transition en Syrie. Hevrin Khalaf, secrétaire générale du parti « Avenir de la Syrie », a été violée et assassinée le 12 octobre 2019, avec son chauffeur, Farhad Ramadan, sur l’autoroute internationale M4. Son corps a été mutilé par des mercenaires de l’occupation turque dirigés par Abu Hatim Shaqra lors de l’invasion turque de Serê Kaniyê et Girê Spî/Tal Abyad. La faction Ahrar al-Sharqiya a participé à l’invasion d’Afrin par la Turquie en 2018, imposant le hijab aux femmes et appliquant son idéologie extrémiste. Des affiches appelant les femmes à porter le hijab sont toujours visibles sur les murs d’Afrin. En juillet 2018, Human Rights Watch a signalé qu’Ahrar al-Sharqiya avait commis des pillages et des destructions de biens civils, selon l’Agence de presse des femmes (NUJINHA). Amnesty International a également publié un rapport en août 2018 confirmant qu’Ahrar al-Sharqiya était impliqué dans des enlèvements, des détentions arbitraires et des saisies de terres. Depuis 2018, Ahrar al-Sharqiya gère des prisons de torture à Alep, où des centaines de personnes ont été exécutées. Le groupe a également enlevé des hommes d’affaires d’Idlib et d’Alep, exigeant une rançon pour leur libération. Il convient de noter que Hevrin Khalaf était une politicienne et militante kurde dont le martyre a suscité l’indignation locale et internationale en raison de la brutalité du crime commis de sang-froid par les mercenaires turcs. Hevrin Khalaf a joué un rôle clé dans la création de l’Administration autonome démocratique dans la région du nord et de l’est de la Syrie en 2014 grâce à son engagement dans le travail communautaire et politique. Elle a été active dans les institutions de l’administration et a joué un rôle essentiel dans leur développement. Elle a fondé la Fondation pour la science et la libre pensée en 2012 et a été l’une des cofondatrices du Bureau de formation sociale et académique. En outre, elle a été directrice adjointe de l’organisme énergétique du canton de Jazera en 2015 avant d’en devenir la coprésidente en 2016.

ROJAVA. En 21 jours, 40 civils tués et 250 autres blessés par des attaques turques

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SYRIE / ROJAVA – Au cours des trois dernières semaines, 40 civils ont été tués, 250 autres blessés par les frappes turques ciblant les zones civiles du Nord de la Syrie contrôlée par les forces arabo-kurdes. Depuis 8 janvier 2025, les frappes aériennes turques ciblant le nord de la Syrie ont causé la mort d’au moins 40 civils tandis qu’environ 250 autres ont été blessés, a révélé mercredi l’Autorité sanitaire de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES). Le rapport fait suite à une vague d’attaques de drones turcs sur plusieurs zones civiles, notamment des marchés et des quartiers résidentiels, provoquant de nombreuses victimes et destructions.

Dernières frappes contre des civils

Selon les autorités sanitaires, des drones turcs ont ciblé mardi un marché très fréquenté de la ville de Sirrin, tuant 12 civils, dont deux enfants, et en blessant 13 autres. Un enfant reste dans un état critique. Outre Sirrin, d’autres attaques de drones turcs ont touché des civils à différents endroits, entraînant la mort de trois autres civils, dont un enfant, et en blessant 11 autres. Parmi les blessés figurent quatre enfants et trois femmes. Le bilan combiné des attaques turques à Sirrin et Zarkan s’élève désormais à 15 morts et 24 blessés.

Escalade des attaques depuis début janvier

Depuis le 8 janvier, au moins 24 civils ont été tués près du barrage de Tishreen, et 221 autres blessés. Les frappes ont eu de graves répercussions sur les infrastructures civiles, forçant des milliers de personnes à fuir leurs foyers sous les bombardements incessants.

Appels à une intervention internationale

L’Autorité sanitaire a appelé d’urgence la communauté internationale, les organisations de défense des droits de l’homme et les groupes humanitaires à intervenir et à mettre un terme à ce qu’elle décrit comme des « crimes continus contre les habitants du nord et de l’est de la Syrie ». Les opérations militaires turques dans le nord de la Syrie se sont intensifiées ces dernières semaines, ciblant non seulement des positions militaires mais aussi des zones peuplées de civils. Les responsables locaux préviennent que ces attaques menacent la stabilité régionale et aggravent la crise humanitaire. (North Press Agency)