SYRIE. Jolani demande aux Kurdes de se retirer vers l’est de l’Euphrate 

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SYRIE / ROJAVA – Alors que le sang des Kurdes massacrés à Alep n’a pas encore séché, le régime jihadiste de Damas vient d’ordonner aux forces kurdes de « se retirer vers l’est de l’Euphrate ». Le régime sanguinaire de Damas a publié aujourd’hui un communiqué ordonnant aux Kurdes de quitter les régions entre Alep et l’Euphrate et de replier à l’Est du fleuve, avant de leur demander demain de remettre tous leurs territoire aux gangs turco-jihadistes… En parallèle à ses menaces, les gangs de Damas ont détruit ce matin le pont Umm Tina, au nord de la ville de Deir Hafer – à environs 50 km à l’est d’Alep – sous contrôle des forces arabo-kurdes. Le gouvernement syrien a déclaré « zone militaire fermée » les régions de Deir Hafir et de Maskana, contrôlées par les FDS. Il déploie actuellement des renforts militaires, dont dizaines de drones fournis par la Turquie et pilotés par des officiers ukrainiens, à Deir Hafir. Les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) avaient auparavant mis en garde contre toute escalade militaire.  

IRAN. Le bilan des victimes kurdes s’alourdit

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IRAN / ROJHILAT – L’ONG KHRN rapporte que le bilan des victimes kurde s’alourdit alors que régime iranien a assiégé les villes kurdes au milieu des protestations et coupure d’internet.
Les forces spéciales du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et les unités spéciales des forces de l’ordre ont maintenu une forte présence à Kermanshah alors que les manifestations se poursuivent à travers l’Iran dans un contexte de coupure d’Internet à l’échelle nationale, a appris le Réseau des droits de l’homme du Kurdistan (Kurdistan Human Rights Network, KHRN).
KHRN a confirmé l’identité de six autres citoyens kurdes tués ces derniers jours lors de manifestations à Kermanshah, après avoir été abattus par les forces des Gardiens de la révolution dans plusieurs quartiers de la ville, notamment Elahiyeh, Darreh Drezh, Nowbahar et Rashidi.
Les personnes tuées sont Amir-Ali Heydari, 17 ans ; Navid Salehi, 28 ans, infirmier à l’hôpital Farabi ; BayaT Sobhani, 40 ans, père de deux enfants, originaire du village de Shamshir à Paveh ; ainsi que Sajjad Feyzi, Mohammad Jafari et Erfan Jameh-Shourani.
Un agent de santé de Kermanshah a déclaré à KHRN que les conditions dans les centres médicaux sont « absolument catastrophiques », citant un nombre élevé de décès et affirmant que les familles subissent des pressions de la part des services de sécurité pour garder le silence en échange de la restitution des corps de leurs proches.
Par ailleurs, KHRN a reçu des informations indiquant qu’au moins cinq citoyens kurdes ont été tués lors de manifestations à Téhéran après avoir été abattus par les forces de sécurité.
Ils ont été identifiés comme étant Diyar Abdollahi, 32 ans, de Salmas ; Borhan Seyyedi du village de Yengejeh à Salmas ; Alireza Seydi, 16 ans, d’Abdanan ; Mohammad Zamani, père de deux enfants, d’Eyvan-e Gharb ; et Salam Mirani, père de trois enfants, du village de Cheshmidar à Sarvabad.
Une foule nombreuse a assisté aux funérailles d’Alireza Seydi le 11 janvier, où les forces de sécurité ont ouvert le feu sur les personnes en deuil qui scandaient des slogans antigouvernementaux.
KHRN a également obtenu les noms de plusieurs autres citoyens kurdes tués lors des manifestations à Téhéran et Mashhad. En raison des importantes perturbations d’Internet, la vérification de ces cas est toujours en cours.
Selon les données compilées par KHRN, depuis le début des manifestations, au moins 28 citoyens kurdes ont été tués par les tirs des forces de sécurité à Kuhdasht et Nurabad-e Delfan dans la province du Lorestan, à Malekshahi dans la province d’Ilam, à Kermanshah et Harsin dans la province de Kermanshah, à Téhéran dans la province de Téhéran et à Chenaran dans la province de Razavi Khorasan.

Du discours turc au récit djihadiste : la criminalisation médiatique des Kurdes

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SYRIE / ROJAVA – Le pouvoir d’Al-Qaïda/Daech à Damas a repris mot pour mot le langage de propagande utilisé par l’État turc contre les Kurdes. Une vaste campagne de désinformation est menée pour criminaliser et « terroriser » les revendications légitimes et la résistance d’un peuple pacifique. C’est une méthode bien connue. Mais aujourd’hui, elle est déployée par un appareil médiatique immense et terrifiant.
 
Depuis sa fondation, l’État turc a empoisonné des générations entières par un discours raciste et hostile à l’égard des Kurdes. Le régime de Jolani agit à son tour sous l’influence de cette pensée toxique fournie par l’État turc. De grands médias du monde arabe, tels qu’Al Jazeera, commettent un crime grave en attisant et en légitimant le racisme et les conflits.
 
En parlant « d’opérations » et de « lutte contre le terrorisme », et en utilisant systématiquement le terme PKK à la place des FDS, ces médias cherchent à ancrer profondément dans les esprits une perception de terrorisme et de menace permanente. Une campagne à la fois absurde et tragique est ainsi menée, où des groupes de décapiteurs sont présentés comme des « libérateurs » et comme les représentants d’une prétendue lutte contre le terrorisme.
 
Et malheureusement, un grand nombre de médias internationaux se font également les relais de cette construction discursive et de ce langage de diabolisation.
 
Tout cela montre qu’un terrain propice à de nouvelles attaques est en train d’être rapidement mis en place.
 
Maxime Azadî 

ROJAVA. Kobanê pleure le commandant Ziyad Halab et ses camarades

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SYRIE / ROJAVA – Les dépouilles du commandant kurde Ziyad Halab et des combattants Birûsk et Malek tombés martyrs à Sheikh Maqsoud (Alep) sont inhumés au sanctuaire des martyrs Sehid Dicla, à Kobanê. Le cortège funèbre du commandant martyr Ziyad Halab et des combattants Birûsk et Malek est arrivé au sanctuaire de la martyre Dijla, accompagné d’une foule nombreuse venue du nord et de l’est de la Syrie (Kurdes, Arabes, Syriaques et Arméniens). Le cortège est parti du centre des familles des martyrs pour rejoindre le sanctuaire du martyr Dijla, où s’est déroulée une cérémonie solennelle digne de leurs sacrifices. Des responsables de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie, des dirigeants des Forces démocratiques syriennes et des Forces de sécurité intérieure devraient participer à la cérémonie, ainsi que des représentants d’organisations politiques, féminines, de jeunesse, religieuses, sociales, culturelles et artistiques, en plus des chefs tribaux et des cheikhs. De leur côté, les institutions agissant sous l’égide du Mouvement de la société démocratique dans le canton de l’Euphrate, avec toutes leurs associations et chambres, ont décrété une journée de deuil et leur participation aux funérailles.

SYRIE. Ceux qui ont attaqué les Kurdes d’Alep étaient des gangs de DAECH

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SYRIE / ROJAVA – L’un des combattants qui ont repoussé les attaques des gangs de Damas a déclaré que ceux qui avaient mené les assauts contre les quartiers kurdes d’Alep étaient des mercenaires de l’EI. Banghin Halab, membre des Forces de sécurité intérieure d’Alep, blessé lors de la défense des quartiers de Sheikh Maqsoud, Achrafieh et Bani Zaid contre les attaques des mercenaires du gouvernement intérimaire syrien soutenu par la Turquie, a été interviewé par l’agence ANHA. Banghin Halab a expliqué que les groupes de mercenaires qui ont attaqué les quartiers étaient affiliés à l’État turc et à Daech, ajoutant : « Leur mode opératoire et les symboles sur leurs vêtements étaient ceux de Daech. Nous les connaissons bien, car nous les combattons depuis des années. Ils ont mené l’assaut avec une brutalité extrême. » Il a confirmé que les groupes attaquants n’étaient pas seulement des mercenaires de la soi-disant « Armée nationale », précisant que ce groupe était responsable des pillages, du transport des corps des mercenaires attaquants, du pillage des magasins, du vol de voitures et de l’ouverture forcée de magasins. Il a souligné que plus de 300 corps de membres de ces groupes mercenaires gisaient au sol, mais que cette information était dissimulée au public. Halab a également évoqué les attaques qui ont ciblé l’hôpital Khaled Fajr dans le quartier de Sheikh Maqsoud, déclarant : « Ils ont attaqué l’hôpital avec des chars (…) malgré le grand nombre de blessés à l’intérieur. » Poursuivant son récit au sujet de l’hôpital, il ajouta que les groupes de mercenaires avaient coupé l’approvisionnement en eau, laissant les blessés sans eau à boire, et qu’ils restaient donc sur place, baignés de sang. En conclusion, il a déclaré que les groupes mercenaires n’avaient pas utilisé un seul drone, mais entre six et sept, dont certains étaient des drones suicides, tandis que d’autres appartenaient à l’État turc et étaient connus sous le nom de « Bayraktar ». Il a également souligné la résistance des défenseurs des quartiers assiégés et leur lutte acharnée pendant cette attaque, ainsi que la manière dont les forces sont parvenues à détruire les chars d’assaut. (ANHA)

SYRIE. Un artiste kurde tué, son fils et son gendre kidnappés à Alep

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SYRIE / ROJAVA – L’artiste kurde Mohammad Ali Hassan Habib, originaire d’Afrin, a été tué des suites de blessures lors de bombardements des gangs de Damas sur le quartier de Sheikh Maqsoud à Alep. Son fils et son gendre ont été enlevés au point de contrôle d’al-Awarid, à l’entrée de Sheikh Maqsoud, alors qu’ils transportaient sa dépouille vers Bulbula, dans la campagne d’Afrin sous l’occupation de la Turquie. Le site web « Afrin Now » a annoncé la mort de l’artiste folklorique Mohammad Ali Hassan Habib, originaire d’Afrin et connu sous le nom d’« Abu Ali », après qu’il a succombé à des blessures par éclats d’obus lors de bombardements menés par des mercenaires du gouvernement intérimaire sur la partie ouest du quartier de Sheikh Maqsoud dans la ville d’Alep le samedi 10 janvier 2026. Les sources ont indiqué que le dimanche 11 janvier 2026, les mercenaires ont enlevé deux membres de sa famille alors qu’ils transportaient le corps de Mohammad Habib vers sa ville natale de Bulbula, dans la campagne occupée d’Afrin, au point de contrôle d’al-Awarid à l’entrée de Sheikh Maqsoud. D’après les informations disponibles, les personnes enlevées sont : Qassem Mohammad Habib (22 ans), le fils de l’artiste, et Ramadan Hasko, son gendre, sont portés disparus. Leur sort reste inconnu. (ANHA)

ROJAVA. Les Kurdes mettent Damas en garde contre l’escalade militaire

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SYRIE/ ROJAVA – Les forces arabo-kurdes ont souligné que les déclarations du gouvernement de Damas concernant la situation des régions de Maskana et de Deir Hafer constituent une tentative d’attiser les tensions et de créer des prétextes à une escalade militaire.

Le centre de presse des Forces démocratiques syriennes (FDS) a publié aujourd’hui un communiqué mettant en garde contre les affirmations du gouvernement intérimaire concernant la situation sur le front de Deir Hafer. Voici le communiqué :

« Nos forces surveillent les déclarations trompeuses du ministère de la Défense du gouvernement de Damas concernant la situation sur le terrain aux alentours de Maskana et Deir Hafer. Nous confirmons qu’il n’y a aucun mouvement militaire ni renforcement de troupes de nos forces dans les zones susmentionnées, et que toutes les allégations qui circulent sont sans fondement. 

Au contraire, les mouvements de terrain actuels sont principalement menés par les factions propres au gouvernement de Damas.

La réitération de ces allégations par le ministère de la Défense constitue une tentative de créer des tensions et de fabriquer des prétextes à une escalade. Nous tenons les responsables de ces agissements pleinement tenus pour responsables de toutes les répercussions possibles.

Nous mettons en garde contre la poursuite de cette approche incendiaire et réaffirmons notre engagement en faveur de la désescalade, tout en nous réservant le droit légitime de prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre la zone et protéger les civils. » (ANHA)

ROJAVA. Les femmes dénoncent les massacres d’Alep

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SYRIE / ROJAVA – Les femmes de la région de l’Euphrate ont défilé pour condamner les massacres perpétrés contre les Kurdes de Sheikh Maqsoud, d’Achrafieh et de Bani Zeid, pour saluer leur lutte et leur résistance, et pour dénoncer le silence international qui entoure ces événements. Des centaines de femmes de la région de l’Euphrate ont défilé pour condamner les massacres perpétrés contre les habitants de Sheikh Maqsoud, Achrafieh et Bani Zeid à Alep. Elles ont salué leur résistance et brandi des banderoles où l’on pouvait lire : « L’humanité doit rompre le silence » et « Non au meurtre des femmes et des enfants ». La marche a débuté devant la place des Femmes Libres à Kobani. Les participants portaient des photos du martyr Ziad Halab et des résistants qui ont combattu à ses côtés. Ils scandaient des slogans tels que : « La résistance, c’est la vie », « Non au meurtre des femmes » et « Vive la résistance du cheikh Maqsoud et d’Achrafieh ! ». Arrivés place de la Paix, les manifestants se sont rassemblés en masse, et ont observé une minute de silence. Suad Al-Demir, administratrice du Conseil du Congrès de l’Étoile à Qunaya, à l’ouest de Kobané, a ensuite prononcé un discours louant la résistance du cheikh Maqsoud, d’Ashrafiya et de Bani Zeid, déclarant : « Une épopée d’héroïsme s’est écrite durant la guerre populaire révolutionnaire qui s’est déroulée là-bas. » Suad a expliqué que les habitants de Sheikh Maqsoud et d’Ashrafiya avaient résisté aux attaques les plus féroces perpétrées par les mercenaires du gouvernement intérimaire et de l’État d’occupation turc, ajoutant : « Notre peuple a mené une lutte acharnée contre ces attaques et a fait preuve d’une grande résistance face aux mercenaires. Nous saluons, à notre tour, la résistance de notre peuple et nous le soutiendrons toujours. ». La marche s’est conclue par des slogans tels que « La résistance, c’est la vie » et « Vive la résistance du cheikh Maqsoud et d’Ashrafiya ! ».    

SYRIE. On emmène les femmes kurdes aux mosquées et les hommes vers un lieu inconnu

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SYRIE / ROJAVA – Des gangs affiliés à Damas empêchent les médias et les civils d’entrer dans le quartier kurde de Sheikh Maqsoud, à Alep, où les femmes kurdes sont kidnappées et emmenées dans des  mosquées tandis que les hommes kurdes sont emmenés vers un lieu inconnu. On craint que les hommes soient exécutés en masse tandis que les femmes seront réduites en esclavage, comme on l’a vu à Shengal lors du génocide yézidi ou sur les côtes syriennes pendant  le massacre des Alaouites… Des milices soutenues par la Turquie et alignées sur le gouvernement de transition syrien empêchent les médias et les civils d’accéder au quartier de Sheikh Maqsoud à Alep. Selon certaines sources, de nombreux habitants du quartier ont été enlevés. Des sources locales rapportent que les personnes enlevées ont été emmenées vers des lieux inconnus, ce qui provoque des troubles et de l’inquiétude. Les comités locaux de Sheikh Maqsoud et d’Achrafiyah ont annoncé que près personnes étaient portées disparues. (Il s’agit de chiffres provisoires. Les chiffres définitifs pourraient être bien pires.) Dans les quartiers majoritairement kurdes de Şêxmeqsûd et d’Eşrefiyê à Alep, les signalements d’enlèvements systématiques, d’arrestations arbitraires et de disparitions forcées se multiplient. Les troupes et les milices du soi-disant gouvernement de transition sont mises en cause. Parallèlement, ces groupes empêchent les médias et les ONG d’accéder aux zones touchées. Ce blocus est imposé sous prétexte de « sécurité », tandis que la répression contre la population locale ne cesse de s’intensifier. Les comités de quartier signalent la disparition d’au moins 271 personnes, sans aucun contact depuis samedi. Leurs proches publient sur les réseaux sociaux les noms et photos des disparus, qu’ils soient encore à Shexmeqsud ou qu’ils aient tenté de quitter le quartier. Plusieurs sources ont confirmé à l’agence de presse ANHA que des dizaines d’hommes ont été emmenés vers des lieux inconnus. Quant aux femmes, elles auraient été rassemblées de force dans des mosquées. Les informations faisant état d’assassinats ciblés de civils dans les deux districts alimentent les craintes d’une nouvelle campagne de nettoyage ethnique. Ces quartiers ont été la cible d’atrocités graves perpétrées ces derniers jours par la soi-disant armée syrienne et ses mercenaires pro-turcs ; des massacres ont été signalés. L’administration autonome du nord-est de la Syrie estime à plusieurs centaines le nombre de morts et de blessés. Le bilan exact n’a pas encore pu être établi avec précision, faute d’accès au terrain. Dimanche, le Croissant-Rouge kurde (Heyva Sor a Kurd) a annoncé que trois de ses travailleurs avaient été enlevés par des groupes armés à Alep. L’organisation humanitaire appelle la communauté internationale à faire pression sur le gouvernement autoproclamé de Damas, qu’elle tient pour pleinement responsable de la sécurité de ses équipes. Photo : L’homme tatoué pris en photo par ses bourreaux a été tué sous la torture : on lui a arraché un œil et le coeur, écrasé la gorge …

SYRIE. Elham Ahmad dénonce la désinformation médiatique et des crimes de guerre à Alep

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SYRIE / ROJAVA – La dirigeante kurde syrienne, Elham Ahmad a dénoncé la désinformation médiatique et des crimes de guerre commis dans les quartiers kurdes d’Alep.
Elham Ahmad, coprésident du département des relations étrangères de l’administration autonome démocratique de la région du Nord et de l’Est de la Syrie, a lancé lundi un appel à une intervention immédiate des organisations internationales de défense des droits de l’homme pour enquêter sur les allégations de crimes de guerre et d’enlèvements de masse dans les quartiers d’Alep de Sheikh Maqsud et d’Achrafiyeh.  Cet appel à une enquête internationale intervient alors que des groupes de surveillance font état de la détention de centaines de civils et de la disparition de femmes et d’enfants suite à l’entrée des forces d’opposition dans les districts. Dans un communiqué publié le lundi 12 janvier 2026, Ahmad a qualifié les actions récemment menées contre la population kurde d’Alep de graves violations du droit international.  Elle a notamment cité des rapports faisant état d’« enlèvements et d’exécutions de jeunes, de vols et de pillages de biens civils, ainsi que de mutilations de corps de victimes, combattants et civils ». Se fondant sur ces rapports, la responsable des relations étrangères a affirmé que « les crimes et violations commis contre les Kurdes dans les quartiers de Sheikh Maqsud et d’Achrafiyeh constituent des crimes de guerre ». Ahmad a adressé son appel aux principales instances internationales, citant explicitement Amnesty International et d’autres organisations de défense des droits humains. Elle les a exhortées à « intervenir rapidement pour donner suite au dossier des personnes enlevées et ouvrir une enquête sur les événements survenus dans les deux quartiers ». La responsable a souligné que la structure de gouvernance d’un État ne saurait justifier de tels agissements. « Limiter le port d’armes à l’État ne lui confère pas le droit de recourir à la violence et à l’intimidation contre la population et la société, ni de violer les normes et les droits humains », a-t-elle déclaré. Au-delà des violences physiques, Ahmad a évoqué le rôle des médias dans l’exacerbation du conflit. Elle a appelé les organismes finançant certaines chaînes satellitaires arabes à revoir leur ligne éditoriale concernant la Syrie. Elle a accusé ces médias de « distorsion et de déformation des faits » et d’inciter les Syriens les uns contre les autres en appelant au meurtre de certains groupes de population.  Ahmad a exigé une enquête sur les reportages diffusés par ces chaînes, laissant entendre qu’elles étaient complices de l’exacerbation des tensions sectaires et ethniques. L’urgence de l’appel d’Ahmad coïncide avec les données publiées par l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), qui ont documenté une détérioration de la situation sécuritaire des civils dans les quartiers contestés. Selon l’Observatoire, les forces affiliées au « gouvernement intérimaire » ont détenu plus de 300 civils à Sheikh Maqsud depuis qu’elles ont pris le contrôle de la zone.  L’OSDH a ​​signalé que ces détenus sont maintenus dans des « conditions sévères » et que leur dignité est systématiquement bafouée. Le groupe de surveillance a fourni des détails concernant le comportement des groupes armés opérant dans la région. L’OSDH a ​​noté que des hommes armés affiliés au gouvernement intérimaire s’en prennent aux civils de manière très agressive, proférant des insultes racistes et graves à l’encontre des résidents kurdes, dans le but manifeste de les humilier. Le rapport cite des extraits vidéo diffusés sur les réseaux sociaux qui montreraient des civils rassemblés contre un mur, leur sort ultérieur restant inconnu. Alors que les campagnes d’arrestation se concentraient initialement sur les hommes après la prise de contrôle des quartiers, l’Observatoire a tiré la sonnette d’alarme concernant d’autres groupes démographiques. D’après les informations recueillies dans la région, le sort de centaines de femmes et d’enfants demeure inconnu. L’OSDH a ​​indiqué que des dizaines de personnes sont actuellement portées disparues, ce qui engendre une grande peur et une profonde terreur au sein de leurs familles. L’Observatoire syrien des droits de l’homme a critiqué la communauté internationale pour son manque de réaction face à ces événements. Dans son rapport, l’organisation a souligné que ces actions ne devaient pas être considérées comme des incidents isolés d’indiscipline de la part de combattants individuels. L’OSDH a ​​plutôt qualifié ces événements de faisant partie d’un « plan délibéré visant à intimider les civils » et à provoquer une modification démographique dans les quartiers historiquement kurdes d’Alep.  L’organisme de surveillance a critiqué les institutions internationales pour leur silence face à ce qu’il a qualifié de violations systématiques. La convergence des déclarations de l’Administration autonome et des rapports des observateurs indépendants met en évidence une crise humanitaire qui s’aggrave. La demande d’enquête d’Ahmad vise à faire la lumière sur le sort des disparus et à tenir les auteurs présumés des pillages, mutilations et enlèvements pour responsables. Cependant, alors que les groupes armés continuent de consolider leur contrôle sur Sheikh Maqsud et Achrafiyeh, l’absence de surveillance internationale immédiate demeure une préoccupation majeure tant pour les autorités locales que pour les défenseurs des droits humains.