- une intégration progressive et phasée des FDS dans l’armée syrienne (création de brigades spécifiques, transfert de lourds armements) ;
- la remise au pouvoir central des frontières, des champs pétroliers, des postes-frontières et des prisons abritant des djihadistes de l’État islamique ;
- des avancées sur les droits kurdes : reconnaissance du kurde comme langue nationale (décret n°13 du 16 janvier 2026), octroi de la citoyenneté aux apatrides, enseignement du kurde dans les écoles, reconnaissance de Newruz (nouvel-an kurde) comme fête nationale.
SYRIE. Damas rejoue la carte de l’« armée tribale » contre les Kurdes alors que les accords restent lettre morte
#IRANWAR. Damas déploie ses gangs face à Ninive au cœur des tensions
Le Kurdistan n’est pas une invention moderne : Témoignage de Matthieu d’Édesse et partition coloniale
ROJAVA. Les gangs de Damas kidnappent trois Kurdes près de Kobanê
Un incident emblématique des persécutions en cours
Avant de se retirer des villages entourant Kobanê, des factions affiliées au gouvernement intérimaire syrien, dirigé par Ahmed al-Charaa, ont arrêté trois jeunes hommes de la famille Barkal dans le village de Jakhr, situé au sud-est de Kobanê. Les détenus, identifiés comme Ismail Muhammad Haj Barkal (né en 1971), Salman Mustafa Haj Barkal (né en 1981) et Saleh Muhammad Haj Barkal (né en 1988), ont été emmenés vers une destination inconnue à 17 heures locales. Selon des sources locales bien informées, une entité se présentant comme la Direction générale de la sécurité est responsable de ces arrestations, qui ont eu lieu dans un village au sud de l’autoroute internationale M4.
À ce jour, leur sort reste inconnu, alimentant l’angoisse des familles et des communautés locales qui exigent leur libération immédiate.
Cet enlèvement n’est pas isolé. Des témoignages rapportent que des mères kurdes reçoivent des appels menaçants de soldats affiliés à Damas, affirmant avoir exécuté leurs fils et jeté leurs corps aux chiens, comme dans un cas récent où une femme a été contactée via le téléphone de son enfant capturé.
Ces actes s’ajoutent à une vague de saisies de biens, d’arrestations arbitraires et d’exactions documentées contre les Kurdes, particulièrement dans les zones autrefois autonomes comme Afrîn, occupée par des forces pro-turques.
Les menaces globales pesant sur les Kurdes au Rojava et en Syrie
Le Rojava, région autonome kurde du nord-est syrien établie pendant la guerre civile, fait face à une offensive multiforme qui menace son existence même. Depuis janvier 2026, le gouvernement de transition syrien a lancé une campagne militaire qui a abouti à la reprise des provinces de Raqqa et Deir ez-Zor, forçant les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, à se replier vers des bastions comme Kobanê et Hassaké.
Cet accord du 30 janvier 2026, imposé sous la pression, acte la fin du rêve d’autonomie kurde en intégrant les FDS à l’armée syrienne et en restaurant l’autorité centrale de Damas sur le Nord-Est, y compris sur les ressources pétrolières vitales.
Les menaces sont multiples :
Offensives militaires et sièges : Kobanê, symbole de la résistance kurde contre l’État islamique (EI), est assiégée par des gangs affiliés à Damas et à la Turquie, privant les civils d’eau potable, de nourriture, de médicaments et transformant les écoles en abris pour réfugiés.
Des centaines de milliers de Kurdes ont été déplacés, blessés ou tués lors d’attaques ciblant civils et infrastructures.
Soutien turc et nettoyage ethnique : La Turquie, percevant l’autonomie kurde au Rojava comme une menace existentielle, soutient , voire dirige, ces opérations pour affaiblir les Kurdes. Des rapports indiquent un risque de génocide, avec des exactions par des milices pro-turques, incluant la libération potentielle de milliers de djihadistes détenus par les Kurdes.
Abandon international : Les Kurdes, autrefois alliés des Occidentaux contre l’EI, sont lâchés par les États-Unis, la France et d’autres, qui priorisent la stabilité régionale au détriment des minorités. Cet abandon ravive les craintes de massacres, similaires à ceux contre les Alaouites et Druzes en 2025.
Violences sectaires et humanitaires : En Syrie en général, les Kurdes font face à une répression accrue, avec des arrestations massives et des disparitions forcées. Des familles manifestent pour la libération d’otages capturés en janvier et février 2026, soulignant une crise humanitaire où des milliers sont en danger de mort imminente.
Ces événements marquent une défaite majeure pour le mouvement kurde, qui a sacrifié des milliers de vies contre l’EI, seulement pour voir son projet pluraliste et féministe écrasé par un régime soutenu par des puissances régionales et internationales.
Face à ces menaces, des appels internationaux et locaux se multiplient pour défendre le Rojava et protéger les Kurdes. Des manifestations de familles kurdes exigent la libération des otages, tandis que des observateurs avertissent d’un risque de violence sectaire effroyable si la transition syrienne ne garantit pas les droits de tous les peuples qui ne sont pas arabe et sunnites (hormis les mercenaires djihadistes ramenés d’autres régions du monde). KURDISTAN. L’Iran a ciblé un hôtel à Erbil
- les infrastructures énergétiques (champs pétroliers et gaziers),
- les bases des forces américaines stationnées dans la région,
- ou encore certaines factions kurdes.
ROJAVA. Les familles kurdes exigent la libération des otages
- La libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers civils et combattants kurdes détenus arbitrairement ;
- L’application effective des conventions internationales sur les droits humains et les prisonniers de guerre ;
- L’ouverture d’enquêtes indépendantes par des commissions internationales (ONU, Croix-Rouge) sur les conditions de détention, les tortures et les exécutions extrajudiciaires ;
- L’élucidation du sort des disparus et la restitution des corps aux familles pour des funérailles dignes.
Revendiquer l’unification du Kurdistan n’est pas du « séparatisme » !
- Au XVIIe siècle, le traité de Qasr-e Shirin (1639) entre l’Empire ottoman et l’Empire safavide (persan) trace une première ligne de partage approximative, coupant le Kurdistan en deux zones d’influence ottomane et persane.
- Après la Première Guerre mondiale, l’effondrement de l’Empire ottoman ouvre une fenêtre historique. Le traité de Sèvres (1920) prévoit explicitement un Kurdistan indépendant ou autonome (articles 62-64). Mais Mustafa Kemal Atatürk, à la tête du mouvement national turc, rejette ce traité. Le traité de Lausanne (1923) l’annule purement et simplement : aucune mention du Kurdistan, et les territoires kurdes ottomans sont intégrés à la nouvelle République de Turquie.
- Parallèlement, les accords secrets Sykes-Picot (1916) entre la France et le Royaume-Uni découpent les territoires arabes ottomans (Syrie, Irak, Liban, Palestine), intégrant les régions kurdes du sud (actuel Kurdistan irakien et syrien) dans des mandats britanniques et français. Ces frontières artificielles, dictées par les intérêts coloniaux (pétrole de Mossoul, contrôle stratégique), ignorent totalement les réalités ethniques.
- Kurdistan du Nord (sous l’occupation de la Turquie) : environ 15-20 millions de Kurdes, assimilés de force sous le label « Turcs des montagnes ».
- Kurdistan du Sud (sous l’occupation d’Irak) : région autonome depuis 1991, avec un gouvernement régional (KRG) et un référendum d’indépendance en 2017 (92 % pour le « oui », mais bloqué internationalement).
- Kurdistan de l’Est (ou Rojhilat, sous l’occupation iranienne) : réprimé sous la République islamique, avec des soulèvements récurrents (comme après la mort de Jina Mahsa Amini en 2022).
- Kurdistan de l’Ouest (ou Rojava, sous l’occupation syrienne) : administration autonome depuis 2012, modèle démocratique confédéral, mais menacée par les invasions turques.
- Les Kurdes ne cherchent pas à se séparer d’une entité homogène qu’ils auraient quittée ; ils demandent la réunification d’un peuple et d’un territoire artificiellement divisé par des puissances extérieures et par les nationalismes étatiques post-ottomans.
- C’est une forme classique d’irrédentisme (revendication de territoires « non-rédemptés » ou « perdus »), comparable à d’autres cas historiques (comme l’Alsace-Lorraine pour la France après 1871, ou certaines revendications pan-arabes ou pan-iraniennes).
- Les États turc, persan et arabe (dans leurs versions nationalistes) ont intégré des territoires kurdes majoritaires par la force ou par des traités coloniaux, puis imposé une assimilation culturelle (interdiction de la langue kurde à certaines époques, déportations, etc.). Ils sont donc les « séparatistes » au sens où ils ont séparé une nation préexistante.
- La géopolitique régionale (opposition farouche de la Turquie, l’Iran et souvent l’Irak).
- Le manque d’unité kurde interne (divisions entre partis comme KDP, PKK, PYD).
- L’absence de soutien international fort (les puissances occidentales préfèrent des alliés kurdes tactiques contre Daech ou l’Iran, sans reconnaître un État indépendant).
Qui sont les Kurdes ? demandent les Américains
1. Au Bashur (Kurdistan d’Irak) : L’effondrement brutal
Pour les Kurdes d’Irak, les conséquences furent immédiates et catastrophiques.
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L’arrêt du soutien logistique : Du jour au lendemain, le Chah a fermé la frontière et coupé l’approvisionnement en munitions et en vivres. La CIA, qui finançait également le mouvement via l’Iran, a cessé toute aide.
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L’effondrement de la révolte (Aylul) : La résistance de Mustafa Barzani, qui contrôlait de vastes zones, s’est écroulée en moins de deux semaines. Le mouvement a dû ordonner l’arrêt des combats pour éviter un massacre total.
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Déportations et Arabisation : Libéré de la menace militaire kurde, Saddam Hussein a intensifié sa politique de « ceinture arabe », déportant des milliers de Kurdes vers le sud de l’Irak et remplaçant les populations locales par des colons arabes, notamment autour de Kirkouk.
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Scission politique : L’échec de 1975 a provoqué une rupture majeure dans le mouvement kurde, menant à la création de l’UPK (Union Patriotique du Kurdistan) par Jalal Talabani en 1975, marquant le début d’une rivalité historique avec le PDK.
2. Au Rojhilat (Kurdistan d’Iran) : Le gel et la surveillance
Contrairement au Bashur, il n’y avait pas de conflit armé de grande ampleur au Rojhilat en 1975, mais l’accord a verrouillé la région.
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L’Irak s’est engagé à ne plus soutenir les groupes d’opposition iraniens (dont les Kurdes du PDKI). Le Chah a pu ainsi concentrer la redoutable SAVAK (police secrète) sur la surveillance interne du Rojhilat.
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Plus de 100 000 Kurdes du Bashur ont fui vers l’Iran. Le Chah les a parqués dans des camps sous contrôle militaire, craignant que leur idéologie nationaliste ne « contamine » les Kurdes d’Iran.
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La trahison du Chah a poussé une partie de l’intelligentsia kurde d’Iran à se détourner de la diplomatie régionale et à se rapprocher des mouvements de gauche clandestins, ce qui préparera le terrain pour la révolte de 1979.
#IRANWAR. Le Kurdistan agressé de toute part
KURDISTAN – Le Kurdistan agressé de toute part incarne une nouvelle tragédie dans une histoire déjà trop longue de promesses trahies et de pressions écrasantes.
En ce début mars 2026, alors que la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran fait rage depuis plusieurs jours, la Région autonome du Kurdistan irakien se retrouve une fois de plus au cœur d’un étau mortel. D’un côté, l’Iran – via ses Gardiens de la Révolution et ses proxies – multiplie les frappes de missiles et de drones sur Erbil et ses environs, ciblant explicitement les bases et quartiers généraux de groupes kurdes iraniens exilés (Komala, PDKI, PAK et autres). Téhéran justifie ces attaques en accusant ces mouvements d’être des « séparatistes terroristes » soutenus par les « ennemis américain et sioniste », et en affirmant vouloir empêcher toute incursion transfrontalière. Des dizaines de ces bombardements ont déjà eu lieu depuis fin février, touchant parfois des zones civiles et semant la peur dans une population qui n’a rien demandé. De l’autre côté, les États-Unis – sous la présidence Trump – exercent une pression croissante sur les autorités kurdes irakiennes (KRG) pour qu’elles s’alignent plus activement dans le conflit contre l’Iran. Des appels directs ont été rapportés entre Donald Trump et des leaders comme Masoud Barzani ou Bafel Talabani. Washington et la CIA explorent ouvertement l’idée d’armer et de soutenir des groupes kurdes iraniens basés en Irak pour ouvrir un nouveau front terrestre, étirer les forces iraniennes et peut-être déclencher une révolte interne. Certains rapports évoquent même un possible soutien logistique ou aérien américain à une telle opération. Le résultat ? Les Kurdes d’Irak se retrouvent coincés entre deux feux : les représailles iraniennes qui les bombardent pour les punir d’abriter (ou de tolérer) des opposants iraniens, et les demandes américaines qui les somment de choisir un camp – au risque de perdre leur fragile autonomie, leur stabilité relative et les acquis arrachés depuis 1991. Les autorités kurdes irakiennes, par la voix de Masrour Barzani notamment, ont tenté de proclamer une neutralité, mais dans ce genre de guerre régionale, la neutralité n’existe presque plus.On empêche les Kurdes d’avoir leur libre arbitre, comme toujours…
Cette situation n’est pas nouvelle. Elle répète un schéma tragique : les Kurdes sont courtisés quand ils peuvent servir d’alliés tactiques contre un ennemi commun (Saddam hier, Daech plus récemment, Téhéran aujourd’hui), puis abandonnés ou punis quand les priorités géopolitiques changent. Leur aspiration à l’autodétermination – ou même simplement à la sécurité – est systématiquement instrumentalisée, jamais réellement respectée. Aujourd’hui, le Kurdistan irakien paie le prix de sa position géographique stratégique, de ses ressources pétrolières et de son rôle de refuge pour les opposants kurdes iraniens. Mais au fond, ce sont les civils kurdes – à Erbil, Sulaymaniyah ou ailleurs – qui subissent les conséquences : sirènes, explosions, infrastructures touchées, avenir incertain. Le hashtag #IranWar résume une escalade où les grandes puissances jouent aux échecs avec des peuples entiers. Pour les Kurdes, c’est une énième démonstration que leur sort dépend rarement d’eux-mêmes, mais presque toujours des calculs et des rivalités des autres. Espérons que cette fois, la voix kurde – trop souvent réduite au rôle de pion – parviendra à s’imposer comme sujet et non comme simple objet de la géopolitique régionale.#IranWar. Plus de 125 cibles frappés au Rojhilat

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Kermanshah : 35
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Kurdistan : 30
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Azerbaïdjan occidental : 35
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Ilam : 25
Principaux types de cibles
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bases militaires
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bases frontalières et points de contrôle
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Infrastructure logistique
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Centres de sécurité et de police
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Systèmes radar
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Postes de police et de sécurité