




Le communiqué a souligné que justice n’a toujours pas été rendue malgré les 32 années écoulées depuis le massacre de Madımak, et a poursuivi :
« Certains meurtriers ont bénéficié de l’impunité, d’autres ont été exfiltrés clandestinement vers l’étranger, les affaires en cours étaient prescrites et les véritables coupables n’ont jamais été traduits en justice. Au contraire, sous l’AKP, les auteurs étaient assignés à des institutions étatiques. Il est impératif que les véritables responsables du massacre de Madımak soient révélés et jugés, que l’hôtel soit transformé en musée de la honte et que tous les traumatismes de la mémoire historique de la communauté alévie soient affrontés afin de construire une Turquie démocratique. Affronter ces massacres est une responsabilité incontournable, non seulement envers le passé, mais aussi envers l’avenir. La solution durable à la polarisation, à la discrimination et aux conflits sociaux que nous connaissons aujourd’hui passe par une confrontation sincère et démocratique avec ces pages historiques douloureuses. »
*Le massacre de Sivas /Madimak (en turc : Madımak Olayı ou Sivas Katliamı)
À Bologne, Làbas a promu une initiative de deux jours dédiée à la collecte de fonds pour le projet Nuovo Cinema Amude, visant à reconstruire le cinéma de la ville d’Amude (Rojava).
Le premier jour, une table ronde animée par Yabasta Bologna a porté sur la récente décision du Tribunal permanent des peuples dans l’affaire Rojava contre Turquie. La discussion a été animée par l’avocate Barbara Spinelli et le juge Giacinto Bisogni, présents à distance. Tous deux ont largement contribué à faire comprendre au public la portée et les implications de la décision, ainsi que l’importance d’en discuter et de faire connaître son contenu. À l’issue de la table ronde, la communauté kurde a organisé un dîner traditionnel, dont l’intégralité des recettes a été reversée au projet de cinéma.
Le deuxième jour a été marqué par la projection du documentaire Naharina, en présence de son réalisateur Ferran Domenech et d’un représentant d’OpenDDB. La discussion qui a suivi la projection a été particulièrement captivante, un public majoritairement jeune posant au réalisateur des questions pertinentes sur les thèmes abordés dans le film.
Un moment fort de la première journée a été l’arrivée d’une délégation d’enfants palestiniens du camp de réfugiés de Chatila, au Liban, chaleureusement accueillis par les applaudissements des participants. Le lendemain, les enfants ont participé à l’événement sportif antiraciste « No Border Cup » et ont également été reçus à la mairie de Bologne.
Les organisateurs de l’initiative ont déclaré : « Nous espérons que ces événements contribueront à sensibiliser les personnes présentes à la lutte kurde et à l’importance de la soutenir, et qu’ils serviront de tremplin pour organiser davantage d’événements visant à soutenir Nuovo Cinema Amude. » (ANF) Le Conseil suprême de la sécurité nationale a affirmé que toute action « en faveur d’Israël » entraînerait la peine capitale pour des infractions floues telles que l’« inimitié à l’égard de Dieu » (moharebeh) ou la « corruption sur terre » (efsad-e fel-arz). Ces infractions aux contours extrêmement vagues ont souvent servi, dans le passé, à justifier des condamnations pour des actes ne constituant en rien des crimes selon les standards internationaux – comme le simple exercice de la liberté d’expression.
Le Parlement iranien est allé encore plus loin : un projet de loi prévoit désormais de rendre automatiquement passible de mort toute accusation de « coopération avec des gouvernements hostiles », notamment Israël et les États-Unis. Ces mesures s’inscrivent dans un durcissement autoritaire généralisé, qui s’est visiblement renforcé ces dernières semaines avec de nouveaux déploiements militaires, couplés à un quasi-total black-out d’internet.
Nous sommes particulièrement inquiets pour les personnes déjà condamnées à mort -à l’issue de procès manifestement iniques pour des affaires distinctes des accusations d’espionnage et de collaboration avec Israël. Parmi celles qui se trouvent actuellement dans le couloir de la mort et qui courent un danger imminent, figurent l’universitaire suédo-iranien Ahmadreza Djalali, détenu depuis 2016 et condamné à mort à l’issue d’un procès fondé sur des « aveux » arrachés sous la torture, ou encore Afshin Ghorbani Meyshani, détenu à la prison centrale d’Ourmia, dans la province de l’Azerbaïdjan occidental ; Rouzbeh Vadi, détenu à la prison d’Evin, dans la province de Téhéran, et Shahin Basami, détenu à la prison d’Adel Abad, dans la province du Fars.