
L’Université de Turin accueille une conférence sur les études kurdes

IRAN. Suicides et morts suspectes de détenus libérés
Alors que la guerre israélo-américaine contre l’Iran entre dans sa troisième semaine, des dizaines de milliers de manifestants et militants arrêtés lors de la répression des manifestations populaires de janvier 2026 restent incarcérés dans des conditions extrêmement dures. Cellules surpeuplées, privation de nourriture et d’eau, impossibilité de communiquer avec les familles et violences des forces de sécurité : les témoignages font état de traitements dégradants.
Pourtant, pour beaucoup de prisonniers politiques, le danger ne s’arrête pas aux portes de la prison. Depuis des décennies en Iran, un schéma inquiétant se répète : après leur libération, d’anciens détenus sont souvent soumis à un harcèlement incessant, une surveillance permanente et des pressions économiques et sociales. Nombre d’entre eux meurent dans des circonstances suspectes ou se suicident dans les jours ou les semaines qui suivent leur sortie. Les autorités iraniennes attribuent systématiquement ces décès à des « suicides », des overdoses ou des troubles mentaux.
Les experts soulignent que le suicide et l’effondrement psychologique surviennent souvent après la période de violence directe, lorsque l’individu se retrouve confronté au vide : perte d’emploi, confiscation de biens, absence de soutien social et peur constante. La psychologue clinicienne Moloud Soleimani explique que l’incertitude fabriquée par l’État devient elle-même un outil de répression.
Des décès aux causes contestées
L’opacité entoure systématiquement ces affaires. Les familles rapportent des signes de torture antérieure, mais sont souvent intimidées pour qu’elles gardent le silence. La frontière entre suicide, séquelles de maltraitance et homicide reste volontairement floue.
Yalda Aghafazli, étudiante en art de 19 ans et figure du mouvement « Jin, Jiyan, Azadi » de 2022, a été arrêtée le 26 octobre 2022. Détenue à Evin et Qarchak, elle a subi des violences physiques et entamé une grève de la faim. Libérée le 9 novembre, elle a été retrouvée morte deux jours plus tard. Les autorités ont parlé d’overdose, alors qu’aucune drogue n’a été retrouvée et que le rapport médico-légal a conclu à des causes « indéterminées ».
Siavash Bahrami, 25 ans, ancien membre d’un parti politique kurde de Kermanshah (Kirmaşan), a été libéré en mai 2022 et retrouvé mort trois jours plus tard chez son frère. Son corps s’est rapidement décoloré. Les autorités ont évoqué une crise cardiaque, malgré l’absence d’antécédents médicaux. Sa famille soupçonne une injection de substance toxique pendant la détention.
Mansoureh Sagvand, étudiante en droit et ancienne bénévole de la police routière, avait publiquement soutenu les manifestants en 2022. Elle avait confié à des amis : « Je suis constamment menacée de mort par les services de renseignement. S’il m’arrive quoi que ce soit, je veux que tout le monde sache que je ne me suis pas suicidée. » Elle a été retrouvée morte peu après ; les autorités ont parlé de crise cardiaque.
D’autres cas similaires ont été documentés : Mehdi Salmanzadeh (adolescent manifestant de 2019), l’avocate Maryam Arvin (décédée après des injections forcées), ainsi que Ashkan Balouch, Arash Forouzandeh et Sara Tabrizi. Des militants écologistes comme Zahra Beni-Yaqub, Ibrahim Lotfollahi et Kavous Seyyed-Emami ont également connu des fins suspectes au cours des deux dernières décennies.
Les adolescents, particulièrement vulnérables
Les jeunes paient un lourd tribut. Privés de repères dans une société en crise, ils peinent à reconstruire leur identité après les traumatismes de la détention.
Aria Yavari, 19 ans originaire de Bukan (Kurdistan), s’est suicidé en avril 2023 après des menaces persistantes de forces paramilitaires.
Dalia Andam, 15 ans de Sanandaj (Kurdistan), avait été blessée à plusieurs reprises par des balles en caoutchouc et des coups de matraque lors des manifestations de 2022. Après sa libération, elle a subi des intimidations constantes (appels anonymes, convocations menaçantes). Malgré le soutien de sa famille, elle s’est suicidée en décembre 2023.
Arshia Emamgholizadeh, 16 ans de l’Azerbaïdjan oriental, a passé dix jours en détention pour mineurs avec administration forcée de médicaments. Libéré, il s’est donné la mort deux jours après avoir repris ces traitements.
La psychologue Sara Shadabi, qui a accompagné d’anciens prisonniers politiques, insiste sur le fait que dans les régions marginalisées comme le Kurdistan, les cycles de répression aggravent les difficultés identitaires et psychologiques des adolescents.
Ce phénomène n’est pas nouveau, mais il semble s’intensifier avec chaque vague de protestations. En l’absence d’enquêtes indépendantes et face à l’impunité des autorités, ces morts continuent d’alimenter la colère et la défiance envers un système qui réprime même après la libération.
Texte tiré d’un article publié sur le site The AmargiSYRIE. Menaces contre les Kurdes de la région de Raqqa
KURDISTAN. Terres agricoles sacrifiées au pétrole et gaz de schiste
Plus de 100 000 hectares de terres touchées
- environ 60 000 hectares dans le district de Bismil,
- et 45 000 hectares dans les districts de Çınar et Mazıdağı.
- Ministère de la Santé
- Ministère de l’Agriculture et des Forêts
- Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles
- Ministère de l’Environnement, de l’Urbanisation et du Changement climatique
- Combien de décisions de dispense d’évaluation d’impact environnemental (EIE) ont été délivrées pour des projets à Diyarbakır et dans ses environs ?
- Des mesures régulières de la qualité de l’air, de l’eau et des sols sont-elles effectuées dans les zones d’activité, et ces données sont-elles rendues publiques ?
- Quelles mesures techniques ont été mises en place pour empêcher le rejet de métaux lourds contenus dans les eaux usées issues des opérations dans l’environnement ?
- Les populations riveraines ont-elles été correctement informées et associées aux processus décisionnels ?
- Existe-t-il un plan concret de restauration et de réhabilitation des écosystèmes endommagés par ces activités ?
Les Kurdes, premières victimes collatérales de la guerre Iran – USA/Israël
KURDISTAN – Malgré leur absence totale dans le conflit direct opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël, les Kurdes paient un lourd tribut humain dans cette nouvelle guerre régionale. Depuis le début des hostilités en 2026, près de 15 morts et des dizaines de blessés ont été recensés au Kurdistan irakien (principalement parmi les Peshmerga et des civils touchés par des frappes iraniennes ou de milices pro-iraniennes). Du côté iranien, dans le Rojhilat (Kurdistan oriental), les bilans font état de centaines de victimes kurdes, avec notamment plus de 110 morts et près de 970 blessés rien que dans la province du Kurdistan iranien selon des sources officielles locales, suite aux frappes américano-israéliennes sur des zones à forte présence kurde.
Les Kurdes ne sont pas belligérants dans cette guerre. Ils n’appartiennent à aucune coalition, ni à l’OTAN ni à d’autres structures internationales qui, paradoxalement, soutiennent ou tolèrent les États qui les oppriment. Pourtant, ils se retrouvent une fois de plus pris entre deux feux : frappés d’un côté par les missiles iraniens et les milices chiites en Irak, et de l’autre par les bombardements sur les infrastructures sécuritaires du Rojhilat.
Ce statut de victimes collatérales n’est pas nouveau. Depuis plus d’un siècle, le peuple kurde est colonisé, divisé et massacré sur ses propres terres par les États-nations turc, perse et arabe (Turquie, Iran, Syrie, Irak). Refusant l’assimilation forcée, les Kurdes réclament simplement le droit élémentaire à l’autogouvernement, à la préservation de leur langue, de leur culture et de leur patrimoine. Au lieu d’un soutien international clair à cette lutte légitime, ils sont régulièrement accusés d’être des « collaborateurs », des « séparatistes » ou des « agents de l’Occident ».
Cette perversion du récit historique est particulièrement visible aujourd’hui : tandis que la Turquie bénéficie d’un soutien occidental au sein de l’OTAN et que la Syrie voit son autonomie kurde (le Rojava) progressivement démantelée, les Kurdes restent exclus des mécanismes internationaux censés protéger les droits des peuples.
Il est temps d’arrêter cette hypocrisie et d’admettre une évidence historique : la décolonisation du Kurdistan est indispensable pour empêcher la disparition progressive du peuple kurde, menacé d’assimilation forcée et, à terme, de génocide culturel et physique. Sans reconnaissance de leur droit à l’autodétermination, les Kurdes continueront d’être sacrifiés sur l’autel des grands équilibres géopolitiques.
TURQUIE. Le corps d’un Kurde assassiné gît au sol depuis 4 jours
D’après les informations recueillies, le corps de Fehim Tosun, abattu à la frontière iranienne dans le quartier d’Elbês, district d’Elbak (Başkale), province de Van, git sur place depuis quatre jours. Un procureur et un démineur devraient se rendre sur les lieux pour récupérer le corps, tandis que la famille de Tosun et les riverains attendent toujours.
Les proches de Fehim Tosun et les habitants du quartier d’Elbês attendent depuis plusieurs jours que les autorités interviennent pour retirer le corps de l’endroit où il se trouve. En vain.
Les riverains ont déclaré que le fait que le corps soit toujours sur place a accentué la douleur de la famille.
Les villageois ont indiqué que le corps n’avait pu être récupéré en raison des fortes chutes de neige et des tempêtes qui frappent la région. Néanmoins, la famille et les villageois exigent que le corps soit retiré des lieux au plus vite et que les formalités funéraires soient accomplies. ROJAVA. Dékurdification en cours dans la campagne de Kobanê
Plans turcs pour dékurdifier le Nord de la Syrie
TURQUIE. En un an, la violence a augmenté de 75 %
Signaux contradictoires : Les États-Unis vont-ils lancer une guerre terrestre contre l’Iran ou non ?
- Environ 1 000 à 3 000 soldats de la 82nd Airborne Division (force de réaction rapide) sont en cours de déploiement ou de préparation vers le Moyen-Orient.
- Deux unités de Marines (environ 4 500 à 5 000 hommes) avec des navires amphibies (USS Boxer, USS Tripoli) convergent vers le Golfe.
- Ces forces pourraient servir à sécuriser le détroit d’Ormuz, protéger le trafic maritime ou, dans un scénario plus offensif, saisir des sites stratégiques comme l’île de Kharg (principale plateforme d’exportation pétrolière iranienne).
- Côté dur : menaces de frapper « beaucoup plus fort » les infrastructures énergétiques, ultimatum sur le détroit d’Ormuz, rejet d’un cessez-le-feu tant que l’Iran n’accepte pas une capitulation quasi totale.
- Côté diplomatie : il affirme que « la guerre est gagnée », que l’Iran « veut désespérément un accord », qu’un plan de paix en 15 points a été transmis (via intermédiaires comme le Pakistan), et qu’il a reporté des frappes pour laisser du temps aux discussions.
- Russie : condamnation diplomatique forte, partage probable de renseignements (images satellites), coopération militaire antérieure (drones, défense). Moscou voit un intérêt à affaiblir les États-Unis, mais évite toute implication directe qui risquerait une confrontation plus large.
- Chine : critiques diplomatiques, achat continu de pétrole iranien, possible soutien technique (radars). Pékin condamne les frappes mais priorise la stabilité énergétique et son économie. Ni l’un ni l’autre ne semble prêt à une intervention militaire ouverte pour sauver le régime iranien.
- Un accord négocié via intermédiaires (Pakistan, Turquie, Égypte) si l’Iran accepte des concessions majeures.
- Une escalade limitée (opérations au sol ciblées pour rouvrir le détroit d’Ormuz ou sécuriser des sites stratégiques).
- Une guerre d’usure prolongée, avec risques économiques mondiaux (hausse du pétrole).