IRAN. Un écologiste kurde arrêté à Sanandaj

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IRAN / ROJHILAT – Awat Karami, un écologiste kurde de Sanandaj (Sîne), dans la province du Kurdistan, a été arrêté par les forces iraniennes et emmené dans un lieu tenu secret. En 2019, il avait été condamné à 40 mois de prison pour « atteinte à la sécurité nationale ». Le Réseau des droits de l’homme du Kurdistan (KHRN) a rapporté que les forces de sécurité iraniennes ont perquisitionné le domicile familial du militant écologiste kurde Awat Karami à Negel le soir du 9 août, l’arrêtant violemment et sans mandat. Malgré les visites répétées et les efforts de sa famille pour obtenir des informations sur sa situation, les autorités sécuritaires et judiciaires continuent de refuser de répondre ou de fournir la moindre explication. Aucune information n’est encore disponible concernant les raisons de l’arrestation de Karami ni les charges retenues contre lui. Karami est une militante écologiste bien connue qui a joué un rôle actif dans la lutte contre les incendies de forêt dans la région du Zagros et dans diverses campagnes environnementales. Les forces du ministère du Renseignement l’avaient arrêté à Negel le 16 janvier 2019. Après des mois d’interrogatoire au centre de détention du ministère et au centre de détention de Shahramfar géré par l’organisation de renseignement du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) à Sanandaj, il a été libéré provisoirement sous caution en juin 2019. Accusé de coopération avec le Parti de la vie libre du Kurdistan (PJAK), la première chambre du tribunal révolutionnaire islamique de Sanandaj l’a ensuite condamné à 40 mois de prison pour « atteinte à la sécurité nationale ».

La sécheresse s’intensifie au Kurdistan : terres arides, villages désertés

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TURQUIE / KURDISTAN – [Dans les régions kurdes de Turquie], le concours des réseaux d’irrigation incomplets du GAP, de l’utilisation excessive et incontrôlée des eaux souterraines, des politiques de barrages qui modifient les régimes fluviaux et des restrictions liées à la « sécurité » produit une situation qui dépasse largement le cadre d’une simple crise agricole.

Alors que les effets de la crise climatique se propagent à travers le monde, au Kurdistan cette crise déborde le cadre purement naturel et se traduit directement par une dévastation politique et sociale. Contrairement aux promesses de « prospérité » brandies pendant des décennies dans le cadre du Projet d’Anatolie du Sud-Est (GAP), les politiques de barrages axées sur la « sécurité », les canaux d’irrigation inachevés et la consommation incontrôlée des eaux souterraines précipitent progressivement la région vers le désastre.

D’Amed (Diyarbakır) à Urfa, de Mardin à Şırnak, les agriculteurs des plaines les plus fertiles du Kurdistan ne sont plus confrontés à une simple sécheresse météorologique, mais à une grave crise hydrologique. Les ressources en eau s’épuisent, les terres agricoles sont abandonnées sous le poids de l’endettement et de la pénurie d’eau, et des villages sont à nouveau contraints à l’exode. Dans ces régions où l’eau est devenue un instrument de contrôle et de politique, la situation ne se limite pas à une baisse de la production agricole : elle témoigne aussi du déracinement d’un peuple privé de sa terre, de sa mémoire et de son lieu de vie.

Dans les plaines qui s’étendent d’Amed à Urfa, de Mardin à Şırnak, les agriculteurs ne lèvent plus les yeux au ciel : ils scrutent la profondeur de leurs puits. Sur ces terres, considérées comme le cœur agricole du Kurdistan, la sécheresse a engendré une crise exacerbée par le prélèvement excessif d’eau souterraine et la politique de barrages de l’État. Les conséquences sont claires : récoltes en baisse, endettement croissant des producteurs et exode rural de milliers de familles.

Puits plus profonds, eaux qui se retirent

Dans une grande partie de la région, l’irrigation agricole ne dépend plus des précipitations ni des eaux de surface, mais du pompage des eaux souterraines. À Amed, Urfa, Mardin, Batman, Siirt et Şırnak, des années de surexploitation ont enfoncé la nappe phréatique toujours plus profondément. Les agriculteurs doivent chaque année abaisser davantage leurs pompes pour atteindre l’eau. Cette pratique alourdit les coûts et accentue la pression sur les ressources souterraines.

Ces régions ne subissent pas seulement une sécheresse météorologique : elles basculent vers un stade plus persistant et dangereux, la sécheresse hydrologique. Celle-ci se manifeste par une baisse significative du niveau d’eau dans les réserves de surface et souterraines – lacs, rivières, réservoirs et nappes phréatiques – due à la diminution des précipitations. Comme celles-ci ne permettent plus un réapprovisionnement suffisant des nappes et des cours d’eau, le pompage traditionnel pour l’irrigation devient de plus en plus insoutenable.

L’écart entre les promesses du GAP et la réalité des plaines

Dans le cadre du Projet d’Anatolie du Sud-Est (GAP), il était prévu de construire 22 barrages et 19 centrales hydroélectriques et d’irriguer 1,8 million d’hectares. Malgré des décennies de travaux, une grande partie des réseaux d’irrigation reste inachevée. Les canaux couvrant 47 000 hectares à Urfa, 26 000 hectares à Mardin et 76 000 hectares à Amed, pourtant achevés, attendent toujours leur mise en service et figurent depuis des années parmi les investissements jugés « urgents » par les autorités.

Tant que ces canaux resteront hors service, les mêmes régions continueront d’être irriguées par les eaux souterraines. D’un côté, l’environnement naturel du Kurdistan est dévasté par les barrages ; de l’autre, les agriculteurs sont pénalisés, tandis que les ouvrages construits servent surtout à générer des revenus pour le Trésor public.

Les critiques émanant de cercles proches du peuple kurde et d’organisations écologistes visent le projet lui-même. Selon elles, dès sa conception, le GAP s’est transformé en un projet énergétique et sécuritaire qui a ignoré les espaces de vie, l’histoire et l’environnement naturel des Kurdes. Le barrage d’Ilısu, responsable de l’inondation du site d’Hasankeyf, vieux de 12 000 ans, est au cœur de ces critiques. Ces groupes affirment que les barrages n’ont pas apporté la prospérité promise aux agriculteurs, mais une dépendance accrue à l’agriculture pluviale. Ils soulignent également que la chaîne de barrages le long du Tigre retarde le débit du fleuve, perturbe son cycle naturel de renouvellement et réduit encore la quantité d’eau atteignant les terres agricoles en période de sécheresse.

Les récoltes diminuent, la dette augmente

Le Kurdistan représente plus de la moitié de la production cotonnière turque, un quart de sa production de maïs et une part importante de sa production de blé. Pourtant, la succession de sécheresses est devenue l’un des principaux facteurs de la baisse des rendements. La hausse des coûts d’irrigation pèse particulièrement sur les petits et moyens exploitants. Alors que les frais de forage, d’électricité et de diesel continuent d’augmenter, les revenus des récoltes ne suivent pas. Certains agriculteurs se tournent vers des cultures moins gourmandes en eau ; d’autres louent leurs terres ou abandonnent complètement l’agriculture.

Les pluies printanières occasionnelles apportent un soulagement temporaire, mais ne résolvent pas le problème structurel. Une seule saison abondante ne peut compenser les dégâts infligés aux réserves d’eau souterraine par des années de sécheresse consécutives. Face aux effets du changement climatique, le Kurdistan se trouve aujourd’hui à un tournant critique où des risques similaires devraient persister dans les années à venir.

La rareté de l’eau provoque des migrations

Face à la baisse des revenus agricoles, une vague migratoire se poursuit des zones rurales vers les villes, puis vers l’ouest de la Turquie. Les familles incapables de cultiver leurs terres en raison du manque d’eau se déplacent d’abord vers les chefs-lieux de district, puis vers Amed, Mardin ou des provinces plus éloignées. Cette migration s’ajoute aux déplacements de population qui ont débuté dans la région avec l’évacuation forcée de villages il y a trente ans. Selon les organisations environnementales, les migrations actuelles, motivées par le manque d’eau, se déroulent sur des terres qui portent encore les stigmates des déplacements forcés passés.

Des organisations actives dans la région, comme le Mouvement écologique de Mésopotamie, affirment que les barrages, la destruction des forêts et les restrictions liées à la sécurité ont contribué à rendre les villages de plus en plus inhabitables. L’idée que ce processus n’est pas seulement un problème environnemental, mais qu’il est directement lié à la dépossession du peuple kurde et à l’effacement de sa mémoire culturelle, gagne du terrain.

Dimension transfrontalière

L’impact des politiques de barrages au Kurdistan ne s’arrête pas aux frontières turques. La diminution du débit du Tigre et de l’Euphrate vers l’Irak et la Syrie aggrave également les crises agricoles dans ces pays. Les agriculteurs d’autres régions du Kurdistan sont ainsi touchés par la pénurie d’eau. Les autorités irakiennes et les agriculteurs kurdes affirment que cette réduction du débit est principalement due aux barrages construits du côté turc.

La politique de l’eau

La situation au Kurdistan comporte une dimension politique qui ne peut s’expliquer par le seul changement climatique. Les agriculteurs et les organisations de la société civile soulignent que la sécheresse n’est pas une simple catastrophe naturelle, mais le résultat de décennies de politiques d’aménagement du territoire et de gestion de l’eau.

Lorsque les réseaux d’irrigation incomplets, l’exploitation excessive et incontrôlée des eaux souterraines, les politiques de barrages qui modifient le régime des rivières et les restrictions liées à la sécurité se conjuguent, la situation qui en résulte dépasse le cadre d’une crise agricole. Elle devient le récit d’un peuple coupé de sa terre, de son eau et de ses villages. (ANF)

Qamishlo pleure deux héros tombés face aux gangs islamistes

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SYRIE / ROJAVA – Qamishlo a rendu un dernier hommage ce jeudi 13 août 2026 à deux combattants kurdes intégrés dans l’armée syrienne, tués lors d’une attaque armée menée par des gangs islamistes survenue deux jours plus tôt.

Les deux militaires, identifiés comme Artish Hassan (ou Artesh Hassan) et Shaheen Suleiman (ou Shahin Suleiman), appartenaient à la Brigade de Qamishlo (Liwaa Al-Qamishli). Cette unité fait partie de la 60ᵉ Division des forces du ministère de la Défense syrien et est composée d’anciens combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS) récemment intégrés dans les institutions de l’État dans le cadre d’un processus d’intégration lancé après un accord du 29 janvier 2026.

Selon les sources militaires et de sécurité, l’attaque a eu lieu dans la soirée du mardi 11 août dans le village de Tawil Harb (également orthographié Taweil Harb ou Tawill Harb), au sud de Qamishlo, dans la province d’Al-Hasakah. Des hommes armés circulant à moto ont ouvert le feu et tiré des roquettes RPG contre un poste de la brigade. Deux combattants ont été tués et deux autres blessés. Les assaillants ont ensuite pris la fuite. Les autorités décrivent les auteurs comme un « groupe hors-la-loi » ; certains rapports mentionnent une possible provenance de zones où opèrent des gangs islamistes, sans qu’aucun groupe n’ait officiellement revendiqué l’attaque.

Les forces sur place ont riposté et des opérations de poursuite des responsables sont en cours. Le directeur des médias militaires de la région orientale, Halezwâr Metanî (ou Halzwar Mitani), a confirmé les faits et indiqué que les mesures nécessaires étaient prises.

Ce jeudi, une cérémonie funéraire solennelle s’est déroulée à Qamishlo en présence d’une large foule, de représentants militaires et politiques. La population locale a massivement participé pour exprimer son respect envers les disparus.

Samir Oso, vice-ministre syrien de la Défense pour la région orientale, a condamné l’attaque terroriste. Dans un message publié ce jeudi, il a déclaré : « Nous avions espéré que la région entre dans une phase où les larmes des mères se tariraient, mais cette attaque terroriste a ramené le chagrin dans le cœur de nos mères. » Il a promis de poursuivre tous les responsables jusqu’à ce qu’ils soient traduits en justice afin de rétablir la sécurité et la stabilité, tout en présentant ses condoléances aux familles et en souhaitant un prompt rétablissement aux blessés.

Cet incident constitue l’une des premières attaques de ce type visant des combattants ex-FDS intégrés dans l’armée syrienne depuis le début du processus d’intégration. Il survient dans un contexte de tensions locales, notamment liées aux retours de déplacés et à des frictions tribales dans la région.

Bruxelles accueille la 10ᵉ semaine culturelle du Kurdistan

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BELGIQUE – La 10ᵉ édition de la Semaine culturelle du Kurdistan se tiendra du 21 au 23 août 2026 sur la Place d’Espagne (Spanjeplein) à Bruxelles. (Entrée libre)

Elle est organisée par le Congrès national du Kurdistan (KNK), Nav-bel (organisation de la communauté kurde de Belgique), l’Institut kurde de Bruxelles et d’autres partenaires. L’événement vise à favoriser la compréhension mutuelle et les échanges culturels entre les communautés en Belgique, tout en faisant découvrir la richesse de la culture kurde (musique, danse, théâtre, folklore, gastronomie, etc.) à un large public.

Programme 

Vendredi 21 août à 15h : début par un défilé festif de folklore kurde, de la Place de la Bourse à la Place d’Espagne.

Les jours suivants : concerts, spectacles de danse, présentations culturelles et dégustation de plats et douceurs typiquement kurdes sur la Place d’Espagne.

Le programme détaillé est encore en cours d’annonce (ou disponible via brochure/QR code sur les affiches des organisateurs). Pour les dernières infos et le programme actualisé, suivez le compte officiel @KurdCultWeekBE sur X (Twitter), qui partage déjà les affiches et les détails de l’ouverture.

TURQUIE. Libération d’une otage kurde détenue pendant 30 ans

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TURQUIE / KURDISTAN – Sonay Mengütay (52 ans), prisonnière politique kurde qui a été tenue en otage 30 ans, vient de retrouver sa libérté. Sonay Mengütay, 52 ans, qui avait passé 30 ans derrière les barreaux, a été libérée d’une prison de Kocaeli. Accueillie par sa famille et des représentants de partis politiques à sa sortie de prison, Sonay Mengütay a déclaré : « Nous sommes tous acteurs de ce processus. » Sonay Mengütay, arrêtée à Erzurum en 1996 et détenue dans diverses prisons durant toute sa détention, a été accueillie avec des fleurs devant la prison par sa famille, des représentants de l’Association Marmara d’assistance et de solidarité avec les familles de prisonniers et de condamnés (MATUHAYDER), du Mouvement des femmes libres (Tevgera Jinên Azad, TJA) et du parti DEM après sa libération. Accueillie par des acclamations et le slogan « Jin, jiyan, azadî » (Femmes, vie, liberté), Sonay Mengütay a déclaré : « 30 ans dédiés à notre peuple. » Tout en exprimant sa joie d’être libérée, Sonay Mengütay a également ressenti une pointe de tristesse à l’idée de laisser ses amis en prison. Concernant le processus de paix en cours, elle a déclaré : « Nous participons tous à ce processus. Nous sommes prêts à faire tout notre possible. » Sonay Mengütay a déclaré espérer que ses autres camarades en prison seraient également libérés prochainement.

Une activiste allemande violée par un fonctionnaire en Turquie

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ALLEMAGNE – L’activiste allemande Paula Maier a déclaré avoir été violée par un fonctionnaire turc alors qu’elle était détenue dans un centre de rétention (Geri Gönderme Merkezi) à Istanbul en janvier 2026.

Paula Maier faisait partie d’une délégation internationale de 16 personnes qui s’était rendue en au Kurdistan du Nord sous l’occupation de la Turquie pour protester contre des attaques visant les Kurdes du Rojava (dans le Nord de la Syrie). Les membres de cette délégation ont également dénoncé des violences physiques et psychologiques, des privations de sommeil, des insultes et des menaces pendant leur détention. Le Mouvement des femmes kurdes d’Europe (Tevgera Jinên Kurd a li Ewropayê – TJK-E) a condamné fermement l’arrestation et l’agression sexuelle de la militante Paula Maier en Turquie. Dans un communiqué publié aujourd’hui, TJK-E a déclaré :   « La mentalité masculine qui fait la guerre aux femmes s’est manifestée le plus clairement à travers l’histoire dans le traitement de l’honneur et du corps des femmes. La domination sur les femmes s’établit par la violence, le féminicide, le viol et les agressions psychologiques ; on cherche à contrôler la vie, la volonté et le corps des femmes.  L’arrestation et l’agression sexuelle de la militante Paula Maier, membre d’une délégation internationale protestant contre les attaques au Rojava, dans un centre de rétention à Istanbul, illustrent la persistance d’une pensée patriarcale au sein de l’appareil d’État. Cette situation ne saurait être considérée comme un simple incident isolé ; elle doit être analysée dans le contexte systémique des violences et de l’oppression faites aux femmes. En tant que TJK-E, nous luttons depuis des années contre cette mentalité et nous exprimons clairement notre opposition à la mentalité de pouvoir et de domination de l’État patriarcal. Nous exigeons que tous les aspects des événements soient élucidés par la loi, que les responsables soient traduits en justice et que les mesures légales nécessaires soient prises. Une approche qui consiste à se dérober à ses responsabilités en impliquant les mécanismes étatiques dans les violences faites aux femmes est inacceptable. Le recours à ces mécanismes ne doit pas servir à dissimuler les faits ni à protéger les auteurs. Au contraire, il incombe à l’État de faire toute la lumière sur ces incidents et de veiller à ce que les responsables soient traduits en justice. Les génocides et les politiques violentes perpétrés contre les femmes au XXIe siècle sont le fruit des efforts d’un système dominé par les hommes pour préserver sa propre existence. Nous devons intensifier notre lutte pour mettre fin à cette guerre menée contre les droits, la liberté et la volonté des femmes. La condamnation des auteurs et des responsables, conformément à la loi, sera un indicateur fondamental de l’avènement de la justice et de la révélation de la vérité. Ce système, qui s’attaque à la vie, à la liberté et à la dignité de milliers de femmes et qui établit une domination sur leurs corps et leur volonté, s’effondrera sans aucun doute un jour. Au XXIe siècle, la lutte des femmes, fondée sur la libération féminine, se renforcera face au système patriarcal et dominant. Grâce à la lutte des femmes organisées, les voix de celles qui nous ont été arrachées et réduites au silence se feront à nouveau entendre ; justice et vérité triompheront. En tant que TJK-E, nous déclarons une fois de plus que nous poursuivrons résolument notre lutte contre toutes les formes de violence à l’égard des femmes, les féminicides et la mentalité patriarcale d’État. »

TURQUIE. Arrestation d’une musicienne kurde de France

TURQUIE / KURDISTAN – La musicienne kurde Nuarîn a été arrêtée dès son arrivée en Turquie. L’artiste, qui réside en France depuis onze ans, a été placée en garde à vue mardi à son entrée à l’aéroport de Çukurova, près de Mersin, et se trouve depuis en détention.

Aucune information n’a encore été communiquée sur les motifs de son arrestation. Une ordonnance de confidentialité a été prononcée sur le dossier d’enquête, de sorte que les charges retenues contre elle n’ont pas été rendues publiques.

Originaire du district de Nusaybin, dans la province de Mardin, Nuarîn a commencé sa carrière musicale en 2004 au Centre culturel de Mésopotamie (NÇM) à Mersin. Elle s’est d’abord produite avec le groupe Koma Nuarîn, qui portait son nom. Après la dissolution du groupe, elle a poursuivi sa carrière en solo sous le nom de Nuarîn à partir de 2008. Installée en région parisienne depuis plusieurs années, elle continue d’y mener son activité artistique.

TURQUIE. Question kurde. La loi-cadre critiquée par la KGD

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Le Parlement turc a récemment adopté à une large majorité la loi dite « visant à renforcer la solidarité nationale et la cohésion sociale ».

Pour la Communauté kurde d’Allemagne (Kurdische Gemeinde Deutschland, KGD), ce développement n’est pas surprenant. Cette loi demeure cependant à des lieues d’une solution politique à la question kurde.

Elle régit avant tout le désarmement et les conséquences de la dissolution du PKK, ainsi que des dispositions pénales et conditionnelles applicables aux personnes qui déposent les armes. Elle ne contient toutefois aucune solution politique ou juridique substantielle à la question kurde. Celle-ci se trouve ainsi réduite à un simple problème de terrorisme. Toute reconnaissance des Kurdes en tant que peuple distinct, de même que toute déclaration relative à leurs droits nationaux, démocratiques ou collectifs, fait complètement défaut.

Des réformes démocratiques sont également absentes. Ni la liberté d’opinion et d’organisation, ni les droits culturels et politiques des Kurdes ne sont prévus, pas plus qu’une libération inconditionnelle des prisonniers politiques.

La Communauté kurde d’Allemagne soutient expressément la pose des armes par le PKK et s’engage en faveur d’une voie civile, politique et démocratique. Elle rejette néanmoins que la reconnaissance des droits kurdes soit subordonnée au désarmement.

Le désarmement seul ne constitue pas une solution à la question kurde. Sans reconnaissance des Kurdes en tant que peuple, ainsi que de leurs droits nationaux, démocratiques, culturels et politiques, il ne peut, selon la KGD, y avoir de véritable processus de paix ni de solution durable en Turquie.

   

IRAN. Un religieux pro-Iran menace de massacre les Yézidis

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IRAN / ROJHILAT – L’organisation Hengaw pour les droits humains condamne fermement les récentes déclarations de Ramin Salehzadeh, un religieux de Baneh affilié à la République islamique d’Iran. Dans une vidéo diffusée publiquement, Salehzadeh menace explicitement de tuer les Yézidis (Êzdî) et appelle à la violence contre cette communauté. Hengaw met en garde contre les conséquences dangereuses de ces déclarations et le risque d’une répétition du génocide yézidi au Kurdistan. Les propos choquants de Salehzadeh, reproduits ci-dessous, ne menacent pas seulement les Yézidis, mais constituent un appel à leur génocide : « Yézidis, nous vous considérons comme des infidèles. Yézidis, nous vous considérons comme impurs. Yézidis, nous vous considérons comme impurs. Par Dieu, si l’occasion se présente, nous ne vous laisserons pas vivre un seul instant sur cette terre », a-t-il déclaré. « Voici notre religion. Nous ne la cachons à personne, nous ne nous dissimulons pas, nous ne craignons personne et aucune crainte n’habite nos cœurs. Nous ne mourrons qu’une fois, alors que cette mort soit sur le chemin de Dieu. Nous ne mourons qu’une fois, et des deux jours que Dieu nous a accordés, que les deux soient consacrés à la religion de Dieu. Que les deux soient consacrés à un seul commandement du Messager de Dieu », a ajouté Salehzadeh. Hengaw souligne que ces déclarations ne sauraient se justifier par de simples désaccords religieux ou par la liberté d’expression. Menacer directement de mort une communauté entière, surtout lorsque cette menace émane d’une personne jouissant d’une influence et d’une notoriété religieuses, constitue une incitation manifeste au génocide et une menace directe pour la vie et la sécurité des membres de cette communauté. La gravité de ces menaces est d’autant plus grande lorsqu’on les considère dans le contexte de l’histoire de la communauté yézidie. En 2014, cette communauté a été victime de l’un des génocides les plus atroces des temps modernes. S’appuyant sur une propagande haineuse et des interprétations religieuses extrémistes, Daech a tué des milliers de Yézidis, réduit en esclavage de nombreuses femmes et enfants et forcé des dizaines de milliers de personnes à se déplacer. Le génocide yézidi a démontré que les discours de haine, la déshumanisation et les menaces de violence contre une communauté religieuse peuvent, lorsqu’ils sont banalisés, conduire à des atrocités de masse et à un génocide organisé. Hengaw met donc en garde contre toute tentative de normaliser de tels propos ou de créer les conditions propices à un nouveau génocide des Yézidis. La communauté yézidie est une composante historique, autochtone et indissociable de la société kurde. Aucun individu, mouvement religieux ou institution politique n’a le droit d’imposer des critères religieux pour priver les Yézidis de leur droit à la vie, à la sécurité et à la dignité humaine. Étant donné que Salehzadeh est considéré comme membre des services de renseignement régionaux, Hengaw dénonce également l’inaction des autorités, la discrimination structurelle à l’encontre des minorités religieuses et le lien étroit entre cette discrimination et l’oppression fondée sur l’appartenance ethnique et nationale en Iran. Hengaw affirme qu’en ne réprimant pas les discours de haine et l’incitation au génocide, la République islamique d’Iran porte une responsabilité directe quant à la vie et à la sécurité de la communauté yézidie et des minorités religieuses, ethniques et nationales d’Iran, notamment les adeptes de la religion yarsan. Hengaw appelle expressément les organes de défense des droits humains et les organisations internationales à suivre avec une extrême urgence la situation particulière et vulnérable du peuple du Kurdistan, notamment le risque de génocide et les menaces qui pèsent sur la communauté yézidie. Le génocide yézidi a démontré qu’une réponse internationale tardive face à l’escalade de la haine peut avoir des conséquences irréparables. Hengaw appelle également les chefs religieux, les institutions de la société civile et les militants sociaux et politiques du Kurdistan à ne pas rester silencieux face à ces graves menaces et à affirmer explicitement le droit égal des Yézidis à la sécurité, à la dignité, à l’identité et à une vie de liberté. En particulier, l’Organisation Hengaw pour les droits humains exhorte les partis politiques kurdes à prendre une position claire et ferme contre les menaces de génocide visant les Yézidis au Kurdistan iranien. Le Kurdistan est la terre commune de toutes ses communautés historiques et incarne la diversité des identités qui la composent. Défendre la sécurité et le droit à la vie des Yézidis, c’est défendre les principes de coexistence et la diversité historique du Kurdistan. Tout en condamnant fermement ces menaces, l’organisation Hengaw pour les droits humains affirme qu’elle documentera et poursuivra avec la plus grande urgence les cas d’incitation au génocide et à la violence contre la communauté yézidie. Hengaw appelle la communauté internationale à ne pas rester indifférente face à cette tendance alarmante.

KURDISTAN. Agissement colonial à Kirkouk

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IRAK / KURDISTAN – Les forces de l’armée irakienne creusent une tranchée de sécurité à travers des champs du village de Topzawa, dans la province à majorité kurde de Kirkouk. Les agriculteurs kurdes signalent que les travaux ont endommagé plus de 49 acres (environ 200 dounams) de champs, détruisant leurs récoltes, systèmes d’irrigation et limitant l’accès à leurs parcelles.

Les agriculteurs ont déclaré au correspondant de Kurdistan24 à Kirkouk, Soran Kamaran, que les fouilles avaient causé des dégâts importants. Ils contestent fermement l’affirmation de l’armée selon laquelle les terres touchées appartiendraient au ministère irakien de la Défense.

Le différend portait initialement sur environ 3 acres (12 dounams). Les agriculteurs signalent cependant que les travaux se sont considérablement étendus, traversant des terres agricoles et affectant des propriétés totalisant plus de 49 acres (200 dounams).

Les agriculteurs invoquent des titres de propriété

Les agriculteurs concernés déclarent disposer de titres fonciers et d’actes officiels, connus localement sous le nom de « titres noirs » (Tapuy Rash), qui attestent de leur propriété.

Les agriculteurs déclarent avoir demandé une protection juridique pour leurs propriétés. Ils accusent les autorités de faire fi des décisions de justice et des documents étayant leurs revendications de propriété.

Une tranchée de sécurité à l’origine du conflit

L’armée irakienne est entrée dans la zone avec des engins lourds pour creuser ce que les habitants présentent comme une tranchée de sécurité destinée à renforcer la protection autour de Kirkouk. Selon les agriculteurs, les autorités militaires leur ont ensuite indiqué que les terres concernées appartenaient au ministère de la Défense.

Les travaux d’excavation ont créé d’importants talus de terre et traversé des parcelles, rendant certaines parties des terres agricoles inaccessibles à leurs propriétaires. Les dégâts ne se limitent pas à la perte de terres cultivées : les systèmes d’irrigation et les récoltes ont également été détruits.

Un litige foncier dans un contexte sensible

L’affrontement de Topzawa s’inscrit dans un long historique de conflits fonciers et de litiges relatifs à la propriété agricole à Kirkouk. Dans cette province disputée, des revendications concurrentes et des décisions administratives ont à maintes reprises affecté les agriculteurs locaux, en particulier les Kurdes.

Pour les agriculteurs concernés, le problème est à la fois juridique et économique. Ils disent posséder des documents délivrés par l’État attestant de leur propriété, alors qu’ils subissent la destruction de terres qui assurent la subsistance de leurs familles.

Ils demandent l’arrêt immédiat des fouilles, la reconnaissance de leurs droits de propriété et l’octroi d’une indemnisation pour les pertes agricoles déjà subies. Ils restent également préoccupés par le risque que la poursuite des travaux cause des dommages supplémentaires.

Pour l’instant, le différend reste non résolu. Les agriculteurs insistent pour que leurs titres de propriété et les décisions de justice soient respectés, et que toute mesure de sécurité ne se fasse pas au détriment de leurs propriétés agricoles privées légalement enregistrées.