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ROJAVA. Kobanê étranglée par le siège militaire et l’embargo
SYRIE. Les gangs armés exécutent 4 jeunes Kurdes à Raqqa
PETITION. « Appel à la mobilisation générale pour défendre le Rojava en Syrie ! »
Je signe la tribune de soutien « Appel à la mobilisation générale pour défendre le Rojava en Syrie ! »
Depuis la Fondation Danielle Mitterrand, nous appelons toutes les personnalités publiques (élu.es, universitaires, artistes, responsables associatifs, etc.) à se mobiliser et signer cette tribune de soutien en urgence pour défendre le Rojava en Syrie face aux attaques en cours.
Merci de remplir le formulaire ici jusqu’à jeudi 22 janvier à 20h : https://framaforms.org/je-signe-la-tribune-de-soutien-aux-kurdes-de-syrie-1768923163
Le 6 janvier dernier, les forces armées du Gouvernement syrien de transition (GST, présidé par Ahmed al-Charaa) attaquaient, à l’aide de drones, tanks et équipements d’artillerie les deux quartiers à majorité kurde d’Alep : Cheikh Maqsoud et Ashrafiyeh. Les habitant·es ont été sommés d’évacuer et les forces armées kurdes qui les défendaient enjointes à se rendre. Les conseils civils du quartier et les combattants kurdes ont décidé de résister mais ont été forcés à déposer les armes le 11 janvier face à la brutalité des attaques. Deux jours plus tard, soutenu militairement par la Turquie, le gouvernement syrien lançait une nouvelle offensive directement contre les territoires de l’AADNES (Administration autonome démocratique du nord et de l’est de la Syrie). Malgré plusieurs tentatives d’instauration de cessez-le-feu, les attaques n’ont pas diminué mais se sont au contraire intensifiées et étendues aux villes et régions de Tabqa, Raqqa et Deir-ez-Zor. Suite à la défection de nombreuses tribus arabes participant aux Forces démocratiques syriennes (FDS), ces territoires ont été saisis par les forces gouvernementales depuis dimanche. En deux semaines, plusieurs dizaines de civils ont été tués dans les attaques, des maisons et infrastructures civiles comme l’hôpital de Cheikh Maqsoud prises pour cible et des dizaines de milliers de personnes, majoritairement Kurdes, déplacées de force. Les exactions commises par les forces gouvernementales dont nous avons eu connaissance sont d’une brutalité et d’une violence inouïes. De nombreuses vidéos montrent les arrestations et humiliations de combattants et combattantes ainsi que de multiples civils. Plusieurs civils et des combattants ont été assassinées de sang froid ou décapités par les milices islamistes, en violation des lois internationales régissant la guerre. Ce déploiement de violence est intervenu après l’interruption brutale des négociations entre l’AADNES (Administration autonome du nord et de l’Est de la Syrie) et ses forces armées, les FDS (Forces démocratiques syriennes) d’un côté et le gouvernement syrien de transition (GST) présidé par Ahmed al-Charaa. Engagées depuis le 10 mars, ces discussions visaient pour le GST à l’intégration des structures politiques et militaires de l’AADNES au sein de l’Etat syrien. Si les représentants de l’AADNES ont réaffirmé leur attachement à l’unité du pays dans le cadre d’une Syrie décentralisée, le gouvernement n’a avancé sur aucun des points majeurs des accords préliminaires : décentralisation politique et préservation de certaines structures politiques propres, droits politiques pour les minorités, retour sécurisé des déplacés internes dans leurs régions d’origine occupées par la Turquie en 2018 et 2019. Ce lundi soir a été marquée par l’échec des négociations entre les FDS et le Gouvernement syrien de transition. C’est donc une guerre totale qui s’ouvre entre les forces de l’AADNES et les forces du GST. Les cantons de Kobané et de Djézireh, historiquement kurdes, sont maintenant assiégés. Ils ont été isolés l’un de l’autre suite à des offensives menées par les milices alliées à la Turquie depuis le territoire occupé de Serekaniye et Tal Abyad. L’électricité et l’eau sont coupées à Kobanê, mettant en péril les conditions de vie de 250 000 personnes. Des risques de nettoyage ethnique et de cycles de représailles sont extrêmement élevés. A Sheddadi, Tabqa et Raqqa, des prisons enfermant notamment des prisonniers de l’Etat islamique ou d’autres groupes islamistes violents ont été ouvertes et des centaines d’anciens combattants sont maintenant en liberté. A Hassaké, de lourde menaces pèsent sur la prison qui détient plus de 5000 membres de l’EI, dont ses éléments les plus importants. Une tentative d’évasion coordonnée avait déjà été déjouée en 2022. Sous l’obligation de défendre leurs villes assiégées, les FDS viennent d’annoncer leur retrait du camp de déplacés de Al Hol, une poudrière où 30 000 familles reliées à l’EI sont enfermées depuis des années. Alors que les FDS ont perdu près de 11 000 personnes lors de la guerre contre Daech depuis 2014, la Coalition internationale les trahit une fois de plus dans l’indifférence et l’hypocrisie. Ces violences ne sont malheureusement pas nouvelles. Malgré les promesses faites aux Occidentaux d’un gouvernement « inclusif », le pouvoir et ses forces sécuritaires saisissent le moindre prétexte pour pratiquer des politiques de représailles à l’encontre des communautés minorisées, constituant de possibles crimes contre l’humanité. En mars, des massacres ont visé les communautés Alaouites aux alentours de Tartous suite à un soulèvement d’ancien cadres du régime Assad. En juillet, l’instrumentalisation de conflits locaux historiques complexes avec les populations bédouines et druzes a mené à un massacre. Des communautés druzes ont été assiégées à Soueida et même bombardées par le gouvernement. Un attentat a été commis contre une église de Damas. Dans le même temps, Al Charaa a annoncé l’intégration de combattants djihadistes dans l’armée régulière. Autant de faits qui révèlent l’instabilité et les véritables intentions politiques de ce gouvernement de transition, dans un pays ravagé où les habitant·es aspirent pourtant à vivre, ensemble, en paix. Après 14 ans de guerre, 500 000 personnes massacrées, 10 millions d’habitant·es déplacé·es, la chute du dictateur Bachar el Assad aurait pu laisser espérer la naissance d’une « nouvelle » Syrie, fidèle aux idéaux de la Révolution syrienne. Il n’en est rien. Avant même les violences ciblées, la politique intérieure menée par Ahmed Al Charaa a durement frappé la population dans son ensemble : la hausse brutale du prix du pain et des transports, la privatisation accélérée de secteurs vitaux comme le port de Lattaquié, tandis que les syndicats et associations sont placés sous tutelle directe du pouvoir. Autant de mesures qui éloignent la Syrie des idéaux de justice et de dignité de la Révolution, et plongent l’ensemble des Syriens dans une insécurité sociale et politique accrue. Malgré ces faits, l’Union européenne vient de signer un chèque de 620 millions d’euros au gouvernement syrien pour la reconstruction du pays. Ces actes incarnent une diplomatie où les droits humains et les aspirations des peuples sont sacrifiés sur l’autel des intérêts économiques et géopolitiques. La Syrie représente une manne pétrolière, un nouveau marché pour la France et les autres puissances occidentales. C’est aussi un partenaire stratégique pour le gouvernement israélien responsable de génocide selon la commission d’enquête du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, avec qui des accords ont été conclus à Paris début janvier sous la supervision des USA. Il est essentiel de le dire clairement : ce qui se joue aujourd’hui en Syrie n’est pas un affrontement communautaire ou religieux, comme trop souvent présenté dans les discours médiatiques et politiques. Il s’agit de visions et projets politiques qui s’opposent pour l’avenir de la Syrie. D’un côté, le gouvernement d’Ahmed-Al-Charaa défend une Syrie centraliste, conservant le nom de « République arabe syrienne » et fondant le droit sur l’Islam. De l’autre, les puissances étrangères semblent s’accorder sur une Syrie fractionnée, aux communautés divisées en zones d’influences : Israël au sud, bien au-delà du Golan déjà occupé, la Turquie au nord-est, les Etats-Unis à l’Est de l’Euphrate, la Russie sur la côte alaouite et le reste de la Syrie au gouvernement central et soumis aux intérêts turcs et occidentaux. Pourtant, une autre voie existe : celle d’une Syrie décentralisée, démocratique, respectueuse des droits des femmes et des minorités culturelles et religieuses. Depuis un an, à travers tout le pays, des femmes et des hommes de différentes régions et communautés s’organisent pour se défendre, se soutenir et reconstruire, en s’appuyant notamment sur les expériences d’auto-défense et d’émancipation menées dans le Nord-Est syrien, ainsi que sur plus de 50 ans de résistance au quotidien à un régime totalitaire ayant massacré son propre peuple. Ce sont notamment les femmes, premières victimes civiles des conflits et de la guerre, qui s’engagent dans la reconstruction, et qui montrent qu’un autre avenir est possible. Nous refusons que nos dirigeants choisissent le parti d’un pouvoir autoritaire et sanguinaire, au mépris de celles et ceux qui veulent bâtir une Syrie libre et égalitaire. Dans le nord-est syrien, la mobilisation générale a été décrétée lundi soir, et suite aux appels à soutien, des Kurdes des quatre parties du Kurdistan occupé affluent aujourd’hui pour soutenir leur peuple, les acquis de sa révolution ainsi que la possibilité d’une Syrie démocratique. Mardi matin, plusieurs centaines de jeunes venant de Turquie ont réussi à passer la frontière. Partout en France, nos actions parlementaires, politiques, syndicales et culturelles doivent se renforcer afin de soutenir cet espoir et la population kurde attaquée à Djézireh et Kobané. La communauté internationale doit prendre une position ferme pour protéger les populations, défendre les droits et les territoires des kurdes de Syrie, défendre l’autonomie des institutions civiles, politiques et militaires de l’AANES dans les régions de Kobanê et Djezireh, le retour de tous les déplacés dans les régions occupées par les milices soutenues par la Turquie, ainsi que la coexistence pacifique et l’autodétermination de tous les peuples qui composent la Syrie. PREMIER.ES SIGNATAIRES :- Corinne Morel-Darleux, écrivaine et administratrice de la Fondation Danielle Mitterrand
- Geneviève Azam, économiste et administratrice de la Fondation Danielle Mitterrand
- Jacqueline Madrelle, vice-présidente de la Fondation Danielle Mitterrand
- Zerin Bataray, avocate
- Rémi Féraud, sénateur de Paris
- Geneviève Garrigos, conseillère de Paris
- Barbara Glowcewski, directrice de recherche émérite, CNRS
- Noël Mamère, ancien député et maire
- Thomas Portes, député
SYRIE. Damas et Ankara propagent l’idée qu’il n’y a pas de Kurdes en Syrie

SYRIE. Les gardes kurdes de la prison d’al-Aqtan assiégés par les gangs de Damas
SHENGAL. Les Yézidis pétrifiés par le retour de DAECH
Le massacre des Kurdes syriens décidé en haut lieu
SYRIE. Images insoutenables du génocide kurde
Ce terroriste d’al-Shara (Jolani) a coupé la tresse d’une combattante kurde des YPJ tuée et la montre à son ami tel un trophée.
Deux combattantes capturées à Deir ez-Zor exhibées comme des butins de guerre
À Deir ez-Zor, deux combattantes des YPJ ont été enlevées par des milices du soi-disant Gouvernement fédéral de transition syrien.
Les femmes kidnappées à Deir ez-Zor sont Amara Intiqam et Narîn Axîn, deux combattantes des YPJ. Toutes deux luttaient contre des cellules djihadistes et participaient à la défense de la région lorsqu’elles ont été capturées par les islamistes. La personne présente dans la vidéo déclare : « Je t’ai apporté deux cadeaux, Abo Mujahed. »
Des images insoutenables des Kurdes suppliciés par les gangs turco-djihadistes circulent sur les réseaux sociaux, malgré l’interdiction formelle de le faire imposée par le gouvernement d’al-Sharaa (Jolani). Maintenant, imaginez le nombre de Kurdes torturés et exécutés brutalement sans que cela soit filmé…
Les gangs de Damas, Turquie et de DAECH / ISIS ont commis / commettent d’innombrables crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans leur guerre d’anéantissement du peuple kurde. La plupart de ces crimes sont documentés mais la communauté internationale préfère fermer les yeux. Jusqu’à quand ?
ROJAVA. L’étau se resserre autour de Kobanê
Abandon des Kurdes en Syrie : «N’y aurait-il plus en nous, Français, une seule once de lucidité et d’honneur ?»
Abandon des Kurdes en Syrie : « N’y aurait-il plus en nous, Français, une seule once de lucidité et d’honneur ? »
Citoyens français, nous sommes partis en Syrie entre 2015 et 2019 en tant que volontaires pour rejoindre les unités combattantes kurdes du YPG/YPJ, fer de lance des unités arabo-kurdes des Forces Démocratique Syriennes (FDS) dans la lutte contre Daech.
Il y a tout juste un an, le 14 décembre 2024, nous publiions sur le site de ce journal une tribune visant à alerter les Français et leurs dirigeants de la menace que représentait la prise de pouvoir du territoire syrien par Al- Charaa, dit Al Joulani, ancien chef des groupes djihadistes Al Nosra et Hayat Tahrir al-Cham. Nous faisions part de trois grandes craintes : la première, que les minorités locales, kurdes notamment, subissent un nettoyage ethnique total ; la seconde, que les combattants de Daech, qui partagent les valeurs des djihadistes de HTS, soient libérés des camps dans lesquels les Kurdes, jusqu’alors, les tenaient enfermés ; la troisième, c’est que le djihad, aidé par la Turquie, revienne en force dans cette partie du Moyen-Orient et, qu’à terme, recommencent les horreurs que nous avons connues au Bataclan – puisque cet attentat et tant d’autres ont été commandités depuis la Syrie.
Depuis quelques jours l’actualité, hélas, nous donne raison : des milliers de civils se pressent aux frontières ; d’autres sont massacrés avec une barbarie bien reconnaissable ; les anciens combattants de Daech et leurs familles sortent par milliers des camps de Shedadeh, Al Aqtan et Al Hol ; et ce n’est qu’une question de temps avant que cette victoire du terrorisme ne galvanise les islamistes de France.
Nous aimons notre pays. Plus que nous-mêmes, peut-être. C’est en grande partie pour lui que nous avons décidé de rejoindre les unités YPG/YPJ pour combattre, au péril de notre vie, notre ennemi commun : Daech. Pourtant, aujourd’hui, les mots nous manquent pour dire notre honte – oui, notre honte. Celle de voir la France abandonner ses alliés, dont elle partage les valeurs de démocratie, de tolérance et de liberté, aux mains des djihadistes – c’est-à-dire de gens qui haïssent l’Occident, et particulièrement la France, jusqu’au plus profond de leurs tripes.
Tous les malheurs du monde déferlent en ce moment sur les Kurdes, les Arabes non islamistes, les Syriaques, les Alaouites, les Druzes, et les Yézidis de Syrie. Et nous, Français, baissons les yeux. N’y aurait-il plus en nous une seule once de lucidité et d’honneur ? La détermination d’Al Joulani, elle, est totale : soutenu par la Turquie, il avance, cruel et conquérant. Les Kurdes, eux, sont livrés à eux-mêmes. Certes, ils savaient que les Etats-Unis, un jour, les abandonneraient. Mais ils comptaient sur la France – comme nous comptions sur elle.
Il y a trois jours, une statue de combattante YPJ de la ville de Tabqa était fracassée sur le sol par des islamistes. Triste symbole. Il y a dix ans, les yapajas étaient nos héroïnes : celles qui avaient défendu Kobané, le « Stalingrad » de la lutte contre le djihadisme.
Les avons-nous oubliés, elles et leurs camarades du YPG ?
Le temps est compté, pour nos amis. Ils le savent, et sont prêts à mourir pour ce en quoi ils ont toujours cru.
Mais il reste un espoir : celui que la France retrouve la mémoire.
Et son courage.
Signataires : Jean « Soresh » ; Katell « Kewê » ; Michel « Baba Sidar » ; Olivier « Tekosher » ; William « Roj »