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ROJAVA. En mars, 13 Kurdes tués à Alep et à Afrin
ROJAVA. Explosion mortelle à Hassaké
1991 : La tragédie kurde qui accoucha de l’autonomie
IRAK / KURDISTAN – Le 31 mars 1991, suite à la violente répression de l’insurrection kurde par le régime de Saddam Hussein, près de deux millions de Kurdes irakiens furent contraints à un exode massif. Abandonnant leurs villes et leurs biens, ils fuirent à pied vers les régions montagneuses séparant le Kurdistan entre l’Irak, l’Iran et la Turquie.
Ce drame, l’un des plus grands déplacements de population de l’histoire moderne, est resté dans les mémoires sous le nom d’« Exode des millions ». Des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants périrent de froid glacial, de faim, d’épuisement et de maladies au cours de cette marche forcée de centaines de kilomètres à travers des terrains escarpés.
Cet exode survenait après le génocide des Kurdes à travers la campagne d’Anfal (1988), les bombardements chimiques (notamment à Halabja) et les exécutions de masse avaient déjà décimé la population kurde. Face à la contre-offensive des forces irakiennes, la peur d’un nouveau génocide provoqua ce départ chaotique et désespéré.
Les images insoutenables diffusées par les médias internationaux choquèrent l’opinion publique mondiale et firent monter une forte pression sur les chancelleries. Le 5 avril 1991, le Conseil de sécurité de l’ONU adopta la Résolution 688, qui condamnait la répression contre la population civile irakienne, notamment kurde, et ouvrait la voie à une intervention humanitaire.
La France joua un rôle déterminant dans cette mobilisation. Danielle Mitterrand, épouse du président François Mitterrand et présidente de France Libertés, s’imposa comme une voix puissante en faveur de la cause kurde. Soutenus par des efforts diplomatiques impliquant notamment le secrétaire d’État américain James Baker, ces initiatives aboutirent à la création d’une zone de sécurité et d’une exclusion aérienne au nord du 36e parallèle. Cette mesure protégea les civils et permit le retour progressif des réfugiés, malgré le pillage et la destruction de leurs villes.
Au-delà de son aspect militaire, cette zone de protection constitua un tournant historique. Elle offrit aux Kurdes un espace pour s’organiser librement, à l’abri des menaces du régime baasiste. Elle ouvrit la voie aux premières élections parlementaires du 19 mai 1992 et à la formation du premier gouvernement de la Région du Kurdistan.
Trente-cinq ans plus tard, l’Exode de deux millions de Kurdes reste un symbole puissant de sacrifice, de souffrance et de résilience. D’une tragédie humaine, il s’est transformé en levier politique décisif : il a contribué à la reconnaissance internationale des droits du peuple kurde et posé les fondations de la Région du Kurdistan en tant qu’entité constitutionnelle et autonome au sein de l’Irak d’aujourd’hui.
Pour les Kurdes de Syrie, l’école en langue maternelle est un droit non négociable
TURQUIE. Un journaliste kurde lauréat du Prix Metin Göktepe
TURQUIE / KURDISTAN – Le prix Metin Göktepe pour la meilleure photographie a été décerné au journaliste kurde Adnan Bilen, de l’agence de presse Mezopotamya (MA), pour son cliché intitulé « Témoignage sous les bottes ».
Prise fin janvier 2026 à Van lors d’une manifestation contre l’offensive du gouvernement de transition syrien au Rojava, cette image puissante montre Emrah Kertiş, représentant de la Fondation turque des droits de l’homme (TIHV), plaqué au sol et maîtrisé par des policiers turcs.
Le prix Metin Göktepe, créé en hommage au journaliste kurde assassiné en 1996, récompense chaque année le journalisme d’investigation, le courage et le professionnalisme, particulièrement chez les jeunes reporters. Le jury, composé de journalistes renommés, a sélectionné les lauréats parmi un grand nombre de candidatures de qualité.
Autres prix notables :
En catégorie Texte : Hazar Dost (Aposto) et Cengiz Anıl Bölükbaş (T24), avec plusieurs prix spéciaux pour des enquêtes sur les violences policières, les conditions de détention et les dégradations environnementales.
En catégorie Vidéo : Emre Şimşek (T24) pour son enquête sur la mort du journaliste Hakan Tosun à Istanbul, avec un prix spécial pour un reportage sur les conditions de vie à Şilivri.
En journalisme local : Akın Bodur pour un reportage sur les barrières linguistiques dans le système de santé de Hatay après le séisme de 2023.
Un prix spécial « Journalistes emprisonnés et journalisme menacé » a également été décerné, soulignant la répression croissante contre la presse en Turquie. Il a été remis à Fadime Göktepe, mère de Metin Göktepe, qui a déclaré avec émotion : « Vous êtes tous Metin. »
La cérémonie de remise des prix se tiendra le 10 avril 2026, jour anniversaire de la naissance de Metin Göktepe.
Qui était Metin Göktepe ?
Metin Göktepe était un jeune journaliste kurde alévi originaire de Sivas. En seulement trois ans de carrière, il couvrait les sujets les plus sensibles : la résistance dans les prisons, la misère des bidonvilles d’Istanbul et les veillées des Mères du samedi à Galatasaray.
Le 8 janvier 1996, alors qu’il filmait les funérailles de prisonniers politiques tués lors d’une mutinerie à la prison d’Ümraniye, il a été arrêté avec plus d’un millier de personnes. Entassé dans un gymnase à Eyüp, il a été battu à mort par des policiers. Son corps a été retrouvé peu après.
Les autorités ont d’abord nié son arrestation, puis affirmé qu’il était « tombé d’un mur ». Après une autopsie prouvant un décès par traumatisme crânien et multiples coups, flics policiers ont été condamnés – une première en Turquie pour le meurtre d’un journaliste. Ils ont toutefois bénéficié d’une amnistie après seulement un an et huit mois de détention.
Aujourd’hui, le prix qui porte son nom continue de symboliser la lutte pour une presse libre face à l’impunité et à la répression.
ROJAVA. Célébrations d’Akitu à l’ombre des gangs de Damas
SYRIE / ROJAVA – Les Syriaques et les Assyriens célèbrent le festival d’Akitu sur la place de Qamishlo, dans le nord-est de la Syrie (Rojava). Ce rituel millénaire, héritier direct des traditions sumériennes, babyloniennes et assyriennes, est considéré comme le plus ancien festival connu de l’humanité. Chaque 1er avril, il marque le Nouvel An assyro-babylonien et symbolise le renouveau de la nature et de la vie.
Dans les zones contrôlées par les groupes djihadistes ou par le nouveau pouvoir de Damas, les minorités ethniques et religieuses — chrétiens, yézidis, alaouites ou autres — font face à des massacres et des pressions pour se conformer à une interprétation rigoriste de l’islam. À l’inverse, les régions administrées par les Kurdes et leurs alliés (Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie) restent, pour l’instant, un espace de liberté religieuse réelle, où Assyriens, Syriacs, Arabes, Kurdes et autres communautés peuvent pratiquer leur foi et célébrer leurs traditions en public sans crainte immédiate.
Pourtant, cet îlot de pluralisme est fragile. Les zones de Qamishlo, Hassaké et Kobanê sont aujourd’hui encerclées ou sous forte pression : d’un côté, les forces et milices liées à Damas ; de l’autre, les groupes soutenus par la Turquie. Les accords de cessez-le-feu et les déploiements récents de troupes gouvernementales syriennes dans ces villes laissent planer une incertitude lourde. Jusqu’à quand cette coexistence pacifique et cette liberté de culte pourront-elles résister aux vents contraires de l’extrémisme et des ambitions régionales ?
La célébration d’Akitu à Qamishlo n’est pas seulement une fête culturelle : elle est le symbole vivant d’une Syrie plurielle qui lutte pour survivre.
SYRIE. Trois cadres des YPJ à Damas pour sauver les unités féminines
SYRIE. Charnier près d’Alep : les Kurdes exigent une enquête internationale
SYRIE / ROJAVA – Plusieurs mois après les violentes attaques lancées le 6 janvier 2026 contre les quartiers kurdes d’Achrafiyah et de Sheikh Maqsoud à Alep mais aussi à Raqqa et ses environs, les témoignages de crimes contre l’humanité se multiplient. Des milliers de Kurdes auraient disparu depuis le début de l’offensive, tandis que des sources locales signalent la découverte d’une fosse commune contenant plus de 270 corps dans la région de Naqqarin, à l’est d’Alep.
Aucune enquête indépendante n’a encore pu être menée sur place.
Une offensive ciblée et ses conséquences
L’offensive menée par les forces du gouvernement de transition syrien, soutenu par la Turquie, a rapidement débordé d’Alep vers d’autres régions du nord et de l’est du pays. Selon de nombreuses sources kurdes, ces attaques visaient spécifiquement la population kurde et les institutions de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES).
Des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées, des centaines auraient été tuées et un nombre indéterminé reste porté disparu.
Des chiffres imprécis et des rapports contradictoires
Évaluer le nombre exact de disparus s’avère particulièrement difficile en raison de chiffres variables selon les sources. Le commandant en chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi, avait évoqué la détention de 1 070 personnes, civils et combattants confondus, par les forces du gouvernement de transition. Dans le cadre d’un accord conclu avec Damas, environ 300 prisonniers ont été libérés le 19 mars. Cependant, une partie d’entre eux était déjà détenue avant les événements de janvier, ce qui ne permet pas d’éclaircir le sort des personnes enlevées pendant l’offensive.
Nesrîn Silêman, membre de l’Association des personnes déplacées d’Afrin, évoque un bilan bien plus lourd : environ 3 000 personnes dont le sort demeure inconnu. Ce chiffre est également repris dans le rapport de Franziska Stier, membre du Grand Conseil de Bâle-Ville et secrétaire générale du parti BastA!, qui a participé à une délégation au Rojava début février 2026.
Dans une interview accordée au journal Yeni Özgür Politika, Nesrîn Silêman résume la situation avec gravité : « Nous ne savons pas où ils sont. Nous ignorons ce qui leur est arrivé. »
Des conditions de fuite chaotiques et dangereuses
Selon les témoignages recueillis, les attaques sur Achrafiyah et Sheikh Maqsoud se sont déroulées dans des conditions rendant toute évacuation ordonnée quasiment impossible. Les communications téléphoniques et internet ont été coupées dès les premiers jours, plongeant les habitants dans l’isolement.
« Les attaques ont duré huit jours et ont été d’une grande intensité », explique Nesrîn Silêman. De nombreuses familles ont fui de nuit, souvent sans préparation, en direction d’Afrin ou d’autres régions. Pour beaucoup, les routes elles-mêmes sont devenues des pièges.
Enlèvements sur les axes de fuite
De nombreux civils en fuite auraient été interceptés aux barrages routiers ou lors d’embuscades tendus par des milices armées. « Beaucoup des nôtres ont été capturés en chemin, emmenés de force ou enlevés », rapporte Silêman. Certaines personnes ont ensuite été arrêtées dans les lieux où elles avaient trouvé refuge, y compris dans des zones plus éloignées comme Tabqa ou Raqqa, où les lignes de front ont continué d’évoluer rapidement.
Une zone de contrôle fragmenté
Dans des régions comme Raqqa et Deir ez-Zor, anciennement sous administration autonome, la situation reste confuse. Différentes milices y exercent une influence parallèle, malgré les revendications d’autorité du gouvernement de transition. Cet éclatement du contrôle territorial rend extrêmement difficile toute collecte d’informations fiable et limite fortement l’accès des observateurs indépendants.
Des enlèvements à dimension économique
Au-delà des motivations politiques, plusieurs témoignages fait état d’une dimension financière. Des familles de disparus ont été contactées par téléphone et sommées de verser des rançons sous peine de mort. Dans certains cas, la restitution de corps a même été conditionnée au paiement d’une somme d’argent. « Notre peuple est instrumentalisé pour l’extorsion », dénonce Nesrîn Silêman.
Exécutions et violences extrêmes
Des témoins rapportent des exécutions sommaires immédiatement après des captures, ainsi que des cas de violences extrêmes, y compris des corps brûlés. Ces témoignages, bien que récurrents, n’ont pas encore fait l’objet d’une enquête indépendante.
La fosse commune de Naqqarin : une découverte alarmante
Les informations les plus préoccupantes concernent une fosse commune dans la région de Naqqarin (ou Nakarin), située à l’est d’Alep, le long de l’autoroute M4 en direction d’al-Bab. Selon des témoignages relayés par Nesrîn Silêman, plus de 270 corps y auraient été découverts dans un canal.
Une famille d’Afrin, partie à la recherche d’un proche, aurait localisé le site. Des témoins oculaires affirment que des détenus y étaient rassemblés avant d’être exécutés. Certains corps présenteraient des traces de violences extrêmes. La zone, proche des itinéraires de fuite des quartiers kurdes d’Alep, correspond géographiquement aux déplacements signalés.
Aucune enquête indépendante n’a pu être menée à ce jour en raison de l’insécurité et des restrictions d’accès. Les sources locales estiment que le bilan réel pourrait être plus élevé et que d’autres sites pourraient exister.
Un appel pressant à une enquête internationale
Face à l’ampleur des disparitions et au manque de transparence, les organisations kurdes appellent à la mise en place d’une commission d’enquête indépendante, impliquant notamment les Nations unies et l’Union européenne. « Si une telle commission est créée, nous sommes prêts à la soutenir par tous les moyens », assure Nesrîn Silêman.
L’Union européenne face à un dilemme
Malgré ces signalements, l’UE a annoncé une aide financière de 620 millions d’euros au gouvernement de transition, notamment pour l’aide humanitaire et la reconstruction. Le Parlement européen a toutefois adopté une résolution soulignant que les violences contre les civils pourraient constituer des crimes de guerre et appelant à la protection des droits de la population kurde.
Le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) affirme suivre la situation de près et avoir rappelé à toutes les parties l’obligation de protéger les civils et de respecter le droit international humanitaire. Il insiste sur la mise en œuvre de l’accord entre Damas et les FDS, tout en réaffirmant que le plein respect des droits du peuple kurde est essentiel.
Un fossé persistant entre diplomatie et réalité du terrain
Plusieurs mois après les événements de janvier 2026, le sort de milliers de personnes reste entouré d’incertitude. Pour les familles, cette absence d’information génère une souffrance continue, oscillant entre espoir et angoisse.
Sans enquête indépendante crédible, les questions centrales demeurent sans réponse : où sont les disparus ? Combien ont été tués ? Quelles responsabilités exactes portent les différents acteurs ?
La découverte présumée de la fosse commune de Naqqarin ne fait que renforcer l’urgence d’une clarification internationale sur ces événements.
SYRIE. Pourquoi les femmes kurdes capturées par Damas ne sont pas libérées ?
Alors que près de 300 prisonniers ont été libérés mi-mars, la plupart étaient déjà détenus avant les offensives du 6 janvier. Le sort de plusieurs milliers de civils kurdes enlevés pendant l’offensive – dont de nombreuses femmes – demeure inconnu. Des sources locales font état de disparitions forcées massives, d’enlèvements sur les routes de fuite, d’extorsions via rançons, et même d’exécutions sommaires.
Des témoignages alarmants évoquent une fosse commune contenant plus de 270 corps dans la région de Naqqarin (est d’Alep), sans qu’aucune enquête indépendante n’ait pu être menée à ce jour.
Nesrîn Silêman souligne l’ampleur du drame : « Nous ignorons où ils sont. Nous ne savons pas s’ils sont encore en vie ou s’ils ont été tués. » Les négociations d’échange s’avèrent lentes, sélectives et inefficaces pour les milliers de disparus non enregistrés.
En un mois, le Kurdistan irakien ciblé par 474 attaques qui ont fait 14 morts et 93 blessés
IRAK / KURDISTAN – Depuis le début des frappes conjointes américano-israéliennes contre l’Iran le 28 février 2026, le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) et ses groupes affiliés en Irak ont lancé au moins 474 attaques contre la région du Kurdistan irakien. Ces attaques ont visé le consulat et les bases militaires américaines, les quartiers généraux des partis d’opposition kurdes iraniens, les bases des Peshmergas du Gouvernement régional du Kurdistan (GRK), des champs pétroliers, des tours de télécommunications, des habitations résidentielles, des espaces publics ainsi que plusieurs institutions civiles et non gouvernementales.
Les Équipes de Pacification Communautaire – Kurdistan Irakien (CPT-IK) ont documenté, vérifié et analysé ces incidents ainsi que leurs répercussions sur les populations civiles.
Nombre et répartition des attaques
Au 27 mars 2026, 474 attaques avaient été recensées dans la région du Kurdistan irakien :
179 menées directement par le CGRI ;
295 attribuées à des groupes armés affiliés à l’Iran opérant depuis le territoire irakien.
Répartition par gouvernorat :
Erbil : 370 attaques (78,06 %)
Souleimaniye : 90 attaques (18,99 %)
Duhok : 11 attaques (2,32 %)
Halabja : 3 attaques (0,63 %)
Bien que le CGRI et ses alliés affirment cibler exclusivement des sites militaires américains ou des groupes armés, les données du CPT-IK montrent que de nombreuses attaques ont touché des zones résidentielles civiles, des institutions officielles du Gouvernement régional du Kurdistan et des bases des Peshmergas, sans lien direct avec le conflit américano-israélien contre l’Iran.
Répartition des cibles
Sites consulaires et militaires américains : 181 attaques (38,19 %)
Quartiers généraux des partis d’opposition kurdes iraniens : 121 attaques (25,53 %)
Zones civiles, institutions civiles du GRK et bases des Peshmergas : 172 attaques (36,29 %)
Les attaques dans les gouvernorats d’Erbil et de Duhok ont été majoritairement menées par des milices pro-iraniennes basées en Irak, tandis que celles visant Souleimaniye ont été largement attribuées au CGRI directement.
Types d’attaques
Sur les 474 attaques :
359 impliquaient des drones suicides (75,74 %)
104 des missiles balistiques ou de croisière (21,94 %)
10 des tirs d’artillerie (2,11 %)
1 tir d’arme à feu (0,21 %)
Sur l’ensemble des attaques par drones et missiles, 228 ont été interceptées par les systèmes de défense aérienne ou se sont écrasées avant d’atteindre leur cible (taux d’échec d’environ 60,76 %).
Bilan humain et matériel
Jusqu’au 27 mars 2026, ces attaques ont causé 14 morts et 90 blessés, soit un total de 104 victimes.
Le 28 mars, environ 37 attaques supplémentaires ont été signalées, faisant au moins 3 blessés de plus. Le CPT-IK poursuit la vérification de ces incidents.
Bilan global du 28 février au 29 mars 2026 :
14 morts et 93 blessés (dont 19 civils blessés).
Au-delà des victimes humaines, les attaques ont endommagé ou détruit au moins :
46 habitations civiles
32 véhicules civils
La menace persistante a également entraîné la suspension des cours dans de nombreuses écoles, instituts et universités de la région.
Observations
Le CPT-IK exprime sa profonde inquiétude face à l’extension du conflit vers des zones purement civiles. Le ciblage répété de quartiers résidentiels, de la résidence du Président de la région du Kurdistan, d’institutions officielles du GRK et d’entreprises privées démontre un risque croissant d’escalade et d’impact humanitaire sur les populations kurdes irakiennes, qui ne sont pas partie prenante à ce conflit.
Recommandations
Le CPT-IK condamne fermement toutes les attaques visant des civils et des infrastructures non militaires, quelle que soit l’origine ;
Exige la cessation immédiate des frappes contre le territoire irakien et la région du Kurdistan ;
Appelle à la protection prioritaire des vies civiles et à l’indemnisation rapide et équitable des victimes ;
Demande au gouvernement fédéral irakien d’assumer pleinement ses responsabilités : intensifier les efforts diplomatiques pour protéger l’intégrité du territoire irakien, désarmer ou contrôler les groupes armés opérant illégalement depuis le sol irakien, et poursuivre en justice les responsables de ces attaques.
La stabilité et la sécurité des populations civiles du Kurdistan irakien doivent être préservées. Toute escalade supplémentaire ne fera qu’aggraver la souffrance humaine dans une région déjà profondément marquée par des décennies de conflits.