TURQUIE. Zekiye Demir est morte avant de trouver la tombe de son fils tué par l’armée

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TURQUIE / KURDISTAN – Morte hantée par l’espoir de retrouver la dépouille de Turan, disparu de force en 1993, cette mère kurde n’a jamais abandonné son village natal incendié par l’armée turque.

Zekiye Demir, une mère kurde qui a passé plus de trente ans à chercher la tombe de son fils disparu de force, est décédée en laissant derrière elle une vie de résistance silencieuse et une modeste maison d’une seule pièce construite sur les ruines de son village.

Son fils, Turan Demir, a été enlevé en 1993 avec dix autres villageois à Şenyayla, dans le district de Kulp (Diyarbakır/Amed). La même nuit, l’armée turque incendiait le village. La famille, contrainte à l’exil, fut déracinée. Incapable de supporter cette vie loin de sa terre, Zekiye est revenue malgré son âge avancé. Seule, elle a construit une petite maison en terre à côté des ruines de son ancienne demeure. « Je sens ici la présence de ceux que j’ai perdus », confiait-elle.

Jusqu’à ses derniers jours, elle a vécu entre la ville et ce village, passant ses étés à s’occuper seule de ses vaches et de ses poules, cuisinant sur un fourneau en terre, gravissant à pied la colline qu’aucun véhicule n’atteignait. Elle n’a jamais renoncé à chercher la dépouille de son fils.

Dans son dernier entretien, accordé à l’agence ANF peu avant sa mort, elle déclarait :

« C’est notre terre. Quoi qu’il arrive, je ne pourrai jamais l’abandonner. »

Un drame qui dépasse une seule famille

Zekiye Demir racontait avec une douleur intacte la nuit du drame :

« Ils ont d’abord tué mon fils, puis ils ont incendié notre village. Ils ont brûlé nos maisons, nos vergers et nos animaux. Nous avons tout perdu. Mon fils revenait de Muş quand l’État a tendu une embuscade dans la vallée. Nous avons entendu les explosions et les coups de feu… »

Avec d’autres familles de disparus, elle a cherché pendant des années une réponse. Les ossements de Turan Demir et d’Ümit Taş, âgé de 12 ans, ont été retrouvés en 2004. Identifiés par ADN à 99,9 %, les restes ont ensuite disparu. L’affaire a traîné pendant des décennies.

En 2001, la Cour européenne des droits de l’homme avait condamné la Turquie pour la disparition forcée des 11 villageois et pour n’avoir mené aucune enquête efficace. Malgré des preuves, des témoignages et un mandat d’arrêt émis contre le général de brigade Yavuz Ertürk, principal responsable des opérations, ce dernier a finalement été acquitté. L’affaire a été classée pour prescription.

Une vie de résistance

Zekiye Demir n’a jamais oublié. Ni l’incendie de son village, ni la dernière fois qu’elle a vu son fils, ni le silence de l’État.

« Ces montagnes sont désormais couvertes de postes militaires. Tant de personnes ont été tuées ou ont disparu… Cette oppression doit cesser », lançait-elle dans son dernier témoignage.

Par son refus obstiné de quitter sa terre, Zekiye Demir est devenue le symbole vivant de la mémoire kurde face aux disparitions forcées et aux destructions des années 1990.

Elle s’est éteinte en emportant avec elle un espoir jamais réalisé : reposer un jour aux côtés de son fils.

KJAR : Zilan est le symbole de la volonté d’une femme libre

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KURDISTAN – À l’occasion du 30e anniversaire du martyre de la combattante kurde Zeynep Kınacı (Zilan), la Société des Femmes Libres du Kurdistan Oriental (KJAR) a rendu hommage à sa mémoire à travers une déclaration puissante.

« Nous, les femmes unies par une seule voix, sommes capables de réaliser les rêves et les aspirations de tous ceux et celles qui ont donné leur vie pour la liberté. Nous y parviendrons par l’action collective et une résistance organisée », affirme la KJAR.

Le communiqué poursuit :

« Tout au long de l’histoire du mouvement de libération, de nombreuses femmes et hommes ont fait preuve d’un courage et d’une détermination exceptionnels dans les conditions les plus difficiles. Ils ont sacrifié leur vie pour la liberté des femmes et la construction d’une société démocratique.

Face à l’État-nation et à sa mentalité patriarcale autoritaire, des femmes se sont levées avec dignité. L’action révolutionnaire de la camarade Zilan (Zeynep Kınacı) incarne cette résistance. Bien plus qu’une opération isolée, son geste était l’expression d’une idéologie profonde et d’une foi inébranlable dans le socialisme et la liberté. »

Des milliers de Zilan ont suivi

Depuis son martyre, des centaines de femmes ont embrassé son chemin. Parmi elles, la camarade Latife Selamet (Zilan Popule), qui a fait du manifeste de liberté de Zilan son propre guide. Avec un esprit apoïste, elle a rejoint les rangs de la guérilla et est tombée en martyre à Marivan, après avoir résisté avec acharnement à une embuscade des forces du régime iranien.

Comme Zilan et de nombreuses autres combattantes, Zilan Popule n’a jamais plié face aux régimes dictatoriaux et misogynes. Par son sacrifice, elle a ravivé sur cette terre ancestrale l’esprit d’une vie communautaire fondée sur l’éthique, l’égalité et la liberté.

Les femmes révolutionnaires ont fait de la lignée du Leader Apo leur idéal suprême. Elles ont transformé cette philosophie de la vie libre, et particulièrement de la femme libre, en une source inépuisable de force et de moral pour la résistance.

Zilan Popule, à Marivan, a particulièrement œuvré à l’éducation et à l’organisation des femmes, des montagnes aux villages et aux villes. Convaincue qu’aucune société ne peut être libre sans l’émancipation de ses femmes, elle a ouvert la voie à une lutte acharnée et continue dans la région.

En commémorant aujourd’hui Zeynep Kınacı et Zilan Popule, la KJAR réaffirme l’importance cruciale des organisations de femmes en cette période historique. À travers l’Académie « Shehid Zilan Popule », elle poursuit son travail d’éducation, de sensibilisation et d’organisation des femmes kurdes.

« La résistance, c’est la vie. Femme, Vie, Liberté. »

Tal Aran : les récents raids ravivent la mémoire douloureuse des Kurdes de Syrie

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SYRIE / ROJAVA – Les récents raids menés par les forces de sécurité du gouvernement intérimaire syrien à Tal Aran et Tal Hasel ont ravivé une mémoire collective kurde déjà lourdement chargée. Attaques ciblées, perquisitions musclées, enlèvements de jeunes et agressions contre des femmes kurdes : pour beaucoup d’habitants, ces scènes rappellent les heures les plus sombres de leur histoire récente.

Mardi, les forces de sécurité ont déployé une importante opération dans la région, mobilisant selon des sources locales plus de 200 véhicules, dont des motos équipées de mitrailleuses. Un cordon de sécurité a été établi autour de Tal Aran, bloquant entrées et sorties de la ville. Plusieurs jeunes hommes kurdes ont été arrêtés et au moins une femme, Nazha Hamki, a été blessée après avoir filmé les opérations et exigé la présentation d’un mandat.

Ces événements interviennent dans un contexte de fortes tensions et ravivent des traumatismes anciens. Les Kurdes de Tal Aran et Tal Hasel, deux des plus anciennes localités kurdes de la campagne d’Alep, ont successivement subi :

Sous le régime baasiste : des décennies de marginalisation, d’arabisation forcée, de privation de services et de répression culturelle.

En juillet 2013 : le massacre perpétré par Jabhat al-Nosra (aujourd’hui intégré au gouvernement intérimaire syrien). En l’espace de quelques jours, une cinquantaine de civils kurdes – dont des femmes, des enfants et des personnes âgées – ont été tués. Des exécutions sommaires, des enlèvements et des pillages massifs ont été documentés, contraignant des milliers d’habitants à fuir.

Aujourd’hui, ces mêmes bourgs, encore marqués par les cicatrices de 2013, voient resurgir la peur. Les habitants ont organisé des manifestations spontanées mardi soir, exigeant la libération des personnes détenues et l’ouverture d’une enquête indépendante sur les violations commises lors des raids.

Un silence assourdissant

À l’heure actuelle, le gouvernement intérimaire syrien n’a publié aucune déclaration officielle justifiant l’ampleur de l’opération ni répondu aux accusations de violences contre des civils.

Tal Aran et Tal Hasel, situées au sud-est d’Alep, symbolisent aujourd’hui la fragilité de la coexistence dans le nord de la Syrie. Pour les militants kurdes et de nombreux habitants, ces raids ne sont pas de simples opérations de sécurité : ils constituent une nouvelle page d’un long cahier de doléances kurdes qui s’étend sur plus de soixante ans.

ROJAVA. Les gangs de Damas blessent une femme kurde à Tal Aran

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SYRIE / ROJAVA – Les forces affiliées à Damas intensifient leur répression contre les populations kurdes. Ce mardi, plus de 200 véhicules ont été déployés lors de vastes opérations dans les localités de Tal Aran et Tal Hasel, dans la campagne d’Alep.

Au moins 10 jeunes Kurdes ont été arrêtés, accusés d’appartenir à des « forces résiduelles ». Des vidéos choc montrent des scènes de chaos : des femmes hurlent, supplient de ne pas être frappées, tandis que les miliciens s’en prennent violemment aux habitants, y compris aux femmes et aux jeunes.

Une femme passée à tabac pour avoir filmé

Nazha Hamki, citoyenne kurde, a été violemment agressée par les forces de sécurité du gouvernement intérimaire syrien. Alors qu’elle filmait les perquisitions à Tal Aran, elle a exigé la présentation d’un mandat d’arrêt. En réponse, elle a été rouée de coups. Blessée, elle a été transférée à l’hôpital local.

Ces raids brutaux s’inscrivent dans une vague d’opérations récentes menées par les forces de Damas dans les zones kurdes, alimentant la peur et la colère au sein de la population.

ROJAVA. L’occupant turc convoque des élèves à Afrin à cause des symboles kurdes

SYRIE / ROJAVA. Des sources locales rapportent que le service de sécurité de la faculté d’éducation de l’Université de Gaziantep, à Afrin, a interrogé des diplômés kurdes et leurs familles après la cérémonie de remise des diplômes, en raison de la présence de symboles kurdes, dont le drapeau du Kurdistan.

L’antenne d’Afrin de l’Université de Gaziantep, établie dans le canton kurde d’Afrin après son invasion par la Turquie en mars 2018, a émis une décision interne convoquant plusieurs étudiants kurdes et leurs proches pour un interrogatoire, plusieurs jours après la cérémonie. La raison invoquée : le port de symboles kurdes par certains diplômés.

Selon les familles concernées, les convocations ont été transmises via les groupes de communication de l’université, sans aucune explication officielle. À ce jour, ni l’administration locale d’Afrin, rattachée au gouvernement intérimaire syrien, ni les autorités de sécurité n’ont communiqué sur la nature exacte de ces mesures ni sur leur fondement juridique.

La cérémonie s’est déroulée avec la levée des drapeaux des États colonialistes turc et syrien, conformément au protocole imposé. Les questions de sécurité sur le terrain étaient gérées par les forces affiliées à l’administration mise en place par l’occupation turque.

Cette affaire a provoqué une vive inquiétude au sein de la population. De nombreuses familles craignent que les diplômes de leurs enfants ne soient retirés ou que les diplômés soient déférés aux services de sécurité sur la base d’accusations jugées infondées. Elles s’interrogent également sur l’absence d’explication officielle concernant l’imposition du drapeau turc sur le sol syrien et le silence du gouvernement intérimaire.

Aucune disposition légale officielle ne criminalise l’affichage de symboles kurdes dans les zones kurdes.

Ce climat de répression intervient alors que l’accord du 29 janvier entre le gouvernement intérimaire syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS) prévoit des garanties pour la spécificité des régions kurdes. Par ailleurs, le décret n° 13 du Premier ministre Ahmad al-Sharaa reconnaît les Kurdes comme une composante essentielle de la société syrienne, interdit toute discrimination ethnique et garantit la protection de la diversité culturelle.

Rappelons que la faculté d’éducation d’Afrin, rattachée à l’Université de Gaziantep, a été ouverte en 2019, un an après la prise de contrôle de la ville par l’armée turque et ses groupes affiliés.

Construction d’une tribune de 800 places au pied de glaciers vieux de 20 000 ans !

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TURQUIE / KURDISTAN – Les finales de la Super League de lutte se tiennent cette année sur le plateau et dans la vallée de Spîxane, dans la province kurde de Hakkari (Colemêrg). La construction d’une tribune de 800 places dans la vallée menace de causer des dommages irréversibles à l’écosystème extrêmement fragile de la région.

Parmi les joyaux naturels de Colemêrg, le plateau et la vallée de Spîxane (également appelée vallée du Ciel et de l’Enfer), situés à environ 45 km du centre-ville, au pied du mont Cîlo et à près de 3 500 mètres d’altitude, figurent parmi les sites les plus spectaculaires et les mieux préservés de la région.

Une partie de la vallée abrite des glaciers vieux de 20 000 ans, tandis que l’autre se distingue par une grande biodiversité : espèces florales rares, plantes endémiques et vastes pâturages alpins. Le Çiyayê Reşko (4 132 mètres), deuxième plus haut sommet du Kurdistan, domine cet écosystème unique.

Des experts ont déjà constaté une fonte accélérée des glaciers due à l’afflux récent de visiteurs. Longtemps interdite d’accès pour des raisons de sécurité, la vallée et son plateau accueillent désormais les finales de la Super League de lutte libre et gréco-romaine (saison 2025-2026), organisées conjointement par le ministère de la Jeunesse et des Sports, le gouvernorat de Hakkari et la Fédération turque de lutte.

Pour l’occasion, une tribune d’environ 800 places a été construite directement dans la vallée. L’organisation d’un événement de cette ampleur représente une menace majeure pour les glaciers et l’ensemble des espèces vivantes.

Des études scientifiques montrent que les glaciers de la région reculent déjà sous l’effet du changement climatique. L’intense activité humaine, les structures temporaires, l’empreinte carbone, le bruit et la pression environnementale supplémentaire risquent d’aggraver considérablement cette situation et d’altérer durablement cet écosystème d’une grande fragilité.

Zana Farqînî : La résistance par la langue face à l’assimilation du peuple kurde

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TURQUIE / KURDISTAN – Le linguiste Zana Farqînî a attiré l’attention sur la lutte contre les politiques d’assimilation, en déclarant : « Toute personne jouant un rôle de premier plan dans la société a la responsabilité de préserver et de développer la langue kurde. »

Dans le cadre des mesures juridiques attendues suite à l’« Appel à la paix et à une société démocratique » du leader kurde Abdullah Öcalan, la reconnaissance officielle de la langue kurde reste une revendication centrale. Alors que la résistance aux politiques d’assimilation visant la langue et la culture kurdes se poursuit, le linguiste Zana Farqînî a souligné l’importance de faire du kurde la langue de l’éducation et de la vie quotidienne.

« La société est coupée de ses racines »

Dans une interview accordée à l’agence Mezopotamya (MA), Zana Farqînî a rappelé que chaque nation se définit par sa langue, qui constitue l’élément fondamental de la création et de la préservation de la culture. Il a ajouté que les gouvernements conscients de cette réalité ciblent souvent en premier lieu la langue.

Farqînî a expliqué que l’assimilation ne se limite pas à l’interdiction d’une langue : « L’assimilation est un processus qui va de l’oubli de la langue à l’endoctrinement. Ainsi, une autre identité est imposée aux sociétés, les coupant de leurs racines. Dès lors qu’une société oublie sa langue, ses membres peuvent facilement adopter une identité différente. »

« La langue kurde doit être présente dans tous les aspects de la vie quotidienne »

Le linguiste a constaté que la langue kurde « disparaît comme la neige sous la pluie », un phénomène visible notamment à travers le nombre de plus en plus faible de jeunes qui la parlent couramment.

Il a observé que le kurde est encore principalement parlé par les générations plus âgées, mais que même ces locuteurs l’utilisent souvent uniquement pour la communication quotidienne et peinent à l’écrire, à débattre ou à s’exprimer pleinement dans leur langue maternelle.

« C’est pourquoi, a-t-il déclaré, toute personne exerçant une fonction de direction au sein de la société a la responsabilité de préserver et de développer le kurde. La langue doit être présente dans tous les aspects de la vie quotidienne pour survivre. Parallèlement, tous les parents devraient parler kurde avec leurs enfants à la maison et protéger leur langue. C’est là un volet essentiel de ce combat. »

Il a insisté sur la nécessité pour chacun de contribuer activement à l’obtention d’un statut officiel pour la langue kurde : « Plutôt que d’attendre passivement que le kurde devienne une langue d’enseignement, nous devons résister activement à l’assimilation. Nous devons également reconnaître que tant que le kurde ne sera pas une langue d’enseignement, la véritable libération de notre peuple sera impossible. »

« Nous soutenons la richesse et la diversité linguistiques »

Farqînî a rappelé aux politiciens et aux dirigeants communautaires leurs responsabilités, soulignant que la société kurde est organisée et politiquement consciente.

Il a regretté que parler kurde ait été marginalisé et a ajouté :

« Nous ne sommes pas contre l’apprentissage d’autres langues. Au contraire, nous soutenons la richesse et la diversité linguistiques. Cependant, apprendre une autre langue ne doit jamais signifier abandonner sa propre langue et sa propre culture. Nous devons veiller à ce que les autres langues n’absorbent pas progressivement notre langue maternelle et nous ne devons pas permettre aux langues étrangères de remplacer la nôtre au sein de nos foyers. »

Le linguiste kurde a conclu en soulignant que « une langue qui n’est plus parlée perd son vocabulaire, et lorsqu’elle ne peut plus résister à la domination d’une autre langue, ses locuteurs finissent par l’abandonner. Dès lors, ils commencent à croire que leur propre langue n’a plus aucune utilité. C’est précisément ce que cherchent à obtenir ceux qui prônent l’assimilation, et c’est l’un des piliers les plus importants de cette politique. Par conséquent, il est essentiel que le peuple kurde mène sa cause et son combat dans sa propre langue. »

Farqînî a enfin appelé à une résistance déterminée contre les politiques d’assimilation afin de préserver la langue kurde pour les générations futures.

IRAN. Forces coloniales perses attaquées à Paveh

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IRAN / ROJHILAT – Un groupe armé kurde a attaqué les forces coloniales perses dans la province kurde de Kirmaşan, tuant deux membres des pasdarans et blessant deux autres. Au moins deux membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), connu chez les Kurdes sous le nom de Jash, ont été tués et deux autres grièvement blessés dans la ville de Paveh, province de Kermanshah (Kirmaşan), lors d’une attaque revendiquée par un groupe nouvellement formé se faisant appeler « Xori Hiwa » (Soleil de l’espoir).
Logo du groupe Xori Hiwa
D’après les informations recueillies par l’organisation Hengaw pour les droits humains, l’attaque a eu lieu le lundi 29 juin 2026 au soir, dans le quartier de Mirabad à Paveh. Les deux membres des Gardiens de la révolution tués ont été identifiés comme étant Khaled Khaledi et Borhan Karisani. Deux autres membres des Gardiens de la révolution, Kamil Shabrang, alias Kamil Hajiji, et Kamal Abdi, ont été grièvement blessés. Hengaw a appris que Hajiji se trouve dans le coma. Dans un communiqué officiel, le groupe « Xori Hiwa » a revendiqué l’attentat. Il a affirmé que Khaledi avait joué un rôle prépondérant dans la répression et le meurtre de manifestants à Javanrud lors du mouvement Femme, Vie, Liberté (Jin, Jiyan, Azadi).

IRAN. Un manifestant kurde condamné à 10 ans de prison

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IRAN / ROJHILAT – Une cour d’appel de Téhéran a confirmé la peine de 10 ans de prison infligée à Rebwar Marabi, un civil kurde arrêté lors des manifestations populaires de l’hiver dernier.

La 36e chambre de la Cour d’appel de la province de Téhéran, située au complexe judiciaire Shahid Soleimani, a récemment confirmé la peine de Marabi, en suspendant quatre ans de celle-ci pendant cinq ans, a appris le Réseau des droits de l’homme du Kurdistan (KHRN).

Marabi a été arrêté à Téhéran lors des manifestations de décembre 2025-janvier 2026 et transféré au pénitencier central du Grand Téhéran.

En février, la 28e chambre du tribunal révolutionnaire islamique de Téhéran, présidée par le juge Mohammad-Reza Amouzad, l’a condamné à 10 ans de prison pour « rassemblement et collusion dans l’intention de commettre des crimes contre la sécurité nationale ».

Il a été libéré sous caution provisoire après avoir fait appel de sa condamnation.

Marabi est originaire du village de Marab, à Kamyaran (dans la province du Kurdistan), et vit à Téhéran où il travaille comme chef cuisinier dans un restaurant depuis plusieurs années.

IRAN. Combats entre les forces kurdes et l’occupant perse

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IRAN / KURDISTAN – Deux combattants des Unités de défense du Kurdistan de l’Est (YRK) blessés lors des affrontements dans la région kurde de Şarstên ont été évacués vers des zones sécurisées grâce à l’aide de la population civile.

De violents combats se poursuivent pour un deuxième jour consécutif dans la région de Şarstên, située sur la route reliant Mahabad à Piranshahr, dans la province du Kurdistan iranien. Les forces colonialistes iraniennes, principalement les Pasdaran (IRGC), y mènent une opération militaire d’envergure contre les positions des Unités de défense du Kurdistan de l’Est (YRK), branche armée du Parti pour une vie libre au Kurdistan (en kurde : Partiya Jiyana Azad a Kurdistanê).

Selon des sources locales et des comptes proches de la résistance kurde, les forces iraniennes ont déployé un arsenal lourd : plus de 200 roquettes Katioucha tirées depuis des positions proches de la mine Valizadeh, appuyées par des drones de reconnaissance et des frappes d’artillerie. Les affrontements se concentrent autour des zones de Şarstên, Doli Qeleweran et Mamşal. La région reste placée sous un contrôle militaire étroit.

Évacuation des blessés et solidarité locale

Deux combattants YRK blessés ont pu être exfiltrés de la zone de Sherstin (Şarstên) vers des lieux sûrs pour recevoir des soins médicaux. Cette évacuation a été rendue possible grâce à la participation active des résidents locaux.

Cet acte de solidarité est salué par les milieux kurdes comme un exemple du soutien populaire dont bénéficient les forces de résistance. Il illustre, selon eux, la détermination du peuple kurde à protéger ses combattants au péril de sa propre sécurité.

Bilan des combats

Les sources proches des YRK rapportent que les combattants kurdes ont opposé une résistance acharnée malgré l’intensité des attaques. Ils auraient abattu au moins un drone de surveillance iranien (certains témoignages font état de trois). Du côté iranien, plusieurs membres des Pasdaran, dont des commandants, auraient été tués ou blessés, bien que ces informations n’aient pas été confirmées de manière indépendante par Téhéran.

Les combats restent en cours et leur issue est encore incertaine. Les autorités iraniennes n’ont pour l’instant pas communiqué officiellement sur cette opération.

Contexte

Ces affrontements s’inscrivent dans une longue série de tensions entre la République islamique d’Iran et les groupes armés kurdes d’opposition dans l’Est du Kurdistan (Rojhilat). Les YRK, considérés comme la branche militaire du PJAK, mènent régulièrement des actions contre les forces iraniennes, souvent en réaction à la répression des manifestations ou aux opérations militaires iraniennes dans la région.

Toutes les forces kurdes et la jeunesse révolutionnaire sont appelées par les milieux de la résistance à rejoindre et à soutenir la lutte armée et les opérations du Front de libération du Kurdistan.