Les gangs : l’arme secrète de la guerre spéciale turque contre les quartiers révolutionnaires

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TURQUIE / KURDISTAN – Derrière les « gangs de nouvelle génération » se cache une stratégie vieille de décennies pour corrompre, diviser et expulser les communautés kurdes, alévies et progressistes.

Les « gangs de motards » ou « gangs de nouvelle génération », présentés comme un phénomène récent et soudain, existent en réalité depuis la fin des années 1990. Ils servent depuis longtemps d’instrument de guerre spéciale de l’État turc au Kurdistan et dans les quartiers sensibles d’Istanbul.

Contrairement à l’image médiatique, ces bandes ne sont pas venues de l’extérieur : elles ont été formées par des jeunes du quartier lui-même, souvent avec le soutien tacite ou actif de l’appareil sécuritaire. Leur objectif ? Corrompre la jeunesse, saper l’influence révolutionnaire, modifier la composition démographique et préparer la gentrification forcée des zones populaires.

Comment les gangs sont-ils apparus ?

Jusqu’au milieu des années 1990, les quartiers à forte identité révolutionnaire, kurde ou alévie (Gazi, 1er Mai, Okmeydanı…) bénéficiaient d’une organisation collective solide malgré la pauvreté et la négligence étatique. Après le massacre de Gazi en 1995 et les vagues de répression qui ont suivi, l’État a changé de méthode : moins de tanks, plus de guerre sociale.

La police a d’abord laissé exploser les vols tout en refusant d’intervenir, renvoyant les habitants vers « les révolutionnaires ». Dans ce vide sécuritaire, des bandes locales sont apparues, présentées comme des « groupes de protection du quartier ». L’exemple le plus emblématique reste le gang d’Arap Emrah à Gazi. En surface, elles faisaient cesser les vols ; en réalité, elles marquaient le début d’une stratégie de pourrissement social.

L’État a simultanément lancé une rhétorique raciste (« bandes kurdes », « bandes alévies ») pour isoler ces quartiers et discréditer leurs habitants.

Des « gangs nouvelle génération » à la guerre sociale

À partir du début des années 2000, avec l’expansion d’Istanbul et la volonté de l’État de chasser les populations pauvres du centre-ville, une nouvelle phase s’est ouverte. D’anciens militants révolutionnaires déçus ou retournés ont été utilisés pour créer des structures plus sophistiquées.

L’apparition massive de bars « folkloriques turcs », la diffusion de la drogue, la prolifération des armes et la modification démographique (installation de populations turques et sunnites dans des quartiers kurdes ou alévies) faisaient partie du même plan : briser le tissu social, affaiblir les liens communautaires et révolutionnaires.

Les médias ont systématiquement criminalisé ces quartiers en les qualifiant de « plus dangereux de Turquie », facilitant ensuite les opérations de transformation urbaine (gentrification) qui visent à expulser les pauvres vers la périphérie.

La réapparition après 2016

La tentative de coup d’État de juillet 2016 a offert une nouvelle opportunité à l’appareil de guerre spéciale. Alors que la répression s’intensifiait contre les structures révolutionnaires (arrestations massives, harcèlement policier), les gangs ont retrouvé de l’espace.

Les paris illégaux ont servi d’entrée en matière : une source de revenus rapide pour les jeunes désœuvrés, gérée par d’anciens éléments issus des milieux révolutionnaires. De là sont nés des groupes comme les Daltons ou les Casper, qui ont commencé par se présenter comme des « protecteurs du quartier » avant de plonger dans le trafic de drogue, la prostitution et l’extorsion.

Ces gangs utilisent souvent une organisation en cellules discrètes : les membres ne se connaissent pas tous, et le chef reste lointain. Le recrutement se fait via les réseaux sociaux, les séries télévisées glorifiant les « gangs de quartier », et le discours de la « protection » face à la drogue et aux « étrangers » – un discours hypocrite, car ces mêmes gangs finissent par contrôler ou tolérer les trafics.

Le vrai visage de la stratégie

Des témoignages d’anciens membres montrent le mécanisme :

  1. On approche les jeunes pauvres en leur offrant argent, armes et un sentiment d’appartenance.

  2. On commence par « protéger le quartier » contre les dealers extérieurs.

  3. On finit par devenir soi-même le vecteur de la dégradation sociale et par dénoncer les révolutionnaires à la police.

L’objectif final est clair :

  • Couper la jeunesse kurde et progressiste du Mouvement de libération.

  • Rendre les quartiers invivables pour justifier leur destruction et leur reconstruction au profit d’autres populations.

  • Transformer les habitants en informateurs par peur des gangs.

Réduire ces phénomènes à un simple problème de « criminalité juvénile » ou de « gangs de nouvelle génération » revient à ignorer leur dimension stratégique. Il ne s’agit pas de délinquance spontanée, mais d’une pratique délibérée de guerre spéciale visant à détruire de l’intérieur les bastions de la résistance populaire.

Les gangs ne sont pas une fatalité. Ils sont l’outil d’une politique d’État qui préfère corrompre et diviser plutôt que d’affronter ouvertement la volonté populaire. (Via ANF)

IRAN. Rafles massives des Kurdes du Rojhelat

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IRAN / ROJHILAT – Le Réseau des droits de l’homme du Kurdistan (KHRN) a dénoncé une nouvelle vague d’arrestations arbitraires visant des civils kurdes en Iran. Ces opérations interviennent dans un contexte de fortes tensions régionales, marquées par près d’un mois de confrontations militaires entre l’Iran, les États-Unis et Israël.

Selon le KHRN, cité par l’agence de presse Rudaw, les autorités iraniennes ont lancé une campagne de mesures « préventives » à l’encontre des citoyens kurdes, notamment dans les villes de Saqqez et Mahabad.

Le 26 mars, Kiyanûş Adilpûr a été arrêté à Saqqez par des agents du ministère du Renseignement. L’opération s’est déroulée sans mandat judiciaire. Les forces de sécurité ont perquisitionné violemment son domicile, confisqué son téléphone portable et emmené ses enfants pendant l’intervention. Il a ensuite été transféré vers un lieu tenu secret.

Le 27 mars, un sort similaire a frappé Şiwane Elîzade à Mahabad. Les services de renseignement ont fait irruption à son domicile sans autorisation judiciaire et l’ont arrêté de force.

Le Réseau des droits de l’homme du Kurdistan indique que, depuis le début de l’escalade entre l’Iran et les États-Unis/Israël, plus de dix citoyens kurdes ont été arrêtés par les services de renseignement iraniens dans la région.

Ces arrestations s’inscrivent dans un climat de répression accrue en territoire kurde (Rojhelat), où les autorités multiplient les opérations de sécurité face aux craintes de déstabilisation interne.

ALLEMAGNE. Un Kurde allemand élu maire en Bavière

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ALLEMAGNE – Un jeune homme d’origine kurde a remporté une victoire retentissante lors des élections locales en Bavière, en Allemagne. Abuzer Erdogan, candidat du Parti social-démocrate (SPD), a été élu maire (Oberbürgermeister) de la ville de Rosenheim.

Avec 53,4 % des voix, il a battu le candidat sortant du Parti chrétien-social (CSU), Andreas März, qui détenait la mairie depuis de nombreuses années. Cette défaite met fin à près de 65 ans de domination de la CSU dans cette ville du sud de la Bavière, traditionnellement considérée comme un bastion conservateur.

Le succès d’Abuzer Erdogan (orthographié également Abuzar Erdogan) a suscité un large écho dans les médias et l’opinion publique allemande. Malgré une campagne agressive de la CSU — qui a notamment distribué des dons aux électeurs —, le jeune candidat SPD a remporté une majorité claire.

Né en Allemagne en 1993, Abuzer Erdogan est le fils de parents originaires du Kurdistan du Nord (plus précisément de la région de Maraş – Elbistan). Juriste de formation, il s’engage en politique depuis l’âge de 19 ans. Il a déjà été candidat au Bundestag et siège au conseil municipal de Rosenheim, où il préside le groupe SPD.

Dans une interview accordée à Rudaw Media Network, il a confirmé sa victoire et exprimé sa fierté.

Les médias allemands l’ont rapidement surnommé « le Zohran Mamdani allemand », en référence au jeune politicien américain d’origine immigrée. Son parcours incarne une belle réussite de l’intégration et montre que des personnes issues de l’immigration peuvent accéder aux plus hautes fonctions politiques en Allemagne.

Abuzer Erdogan prendra officiellement ses fonctions en mai 2026. Il se présente comme un maire « pour tous », au-delà des clivages partisans.

Une scientifique kurde à la pointe de la robotique en Allemagne

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SCIENCE – À Hanovre, en Allemagne, la chercheuse kurde Rojin Muftizadeh dirige un projet de robotique ambitieux à l’Université Leibniz.

Son objectif : développer des algorithmes avancés permettant aux robots de se déplacer de manière totalement autonome, afin de les rendre utiles dans le secteur de la construction.

Rojin travaille notamment avec un robot quadrupède baptisé GeoPawe. Ce nom combine « geo » (géographie) et « paw » (patte en anglais), en référence à la patte d’un chien. Bien que le grand public l’appelle souvent « robot-chien », les scientifiques préfèrent le terme plus précis de « robot à quatre pattes ».

Un robot inspiré du monde animal

« La conception de ce robot s’inspire des animaux », explique Rojin Muftizadeh. « Notre objectif est de le rendre intelligent : il doit être capable de franchir des obstacles de manière autonome, de créer des cartes de son environnement et de s’adapter à différentes tâches. »

Son travail se concentre principalement sur les systèmes de navigation. Elle développe des algorithmes sophistiqués qui permettent au robot d’analyser son environnement grâce à divers capteurs et de fusionner ces données en temps réel.

Une application concrète dans la construction

À long terme, Rojin souhaite déployer ces robots sur les chantiers de construction :

« Ils pourront effectuer des contrôles de qualité, vérifier la conformité des murs et détecter d’éventuels défauts de construction. Pour cela, il faut des algorithmes très avancés capables d’intégrer les informations provenant de multiples capteurs. »

Intelligence artificielle : entre craintes et confiance

Face aux inquiétudes du public concernant l’intelligence artificielle, Rojin Muftizadeh reste mesurée :

« Personnellement, je n’ai pas peur de l’IA. Je crois que lorsque des experts maîtrisent parfaitement le système et en gardent le contrôle, celui-ci reste sûr. L’intelligence artificielle et les humains doivent collaborer. Je ne pense pas qu’il y aura un jour où ces robots échapperont totalement au contrôle humain. »

Parcours d’une chercheuse en diaspora

Rojin Muftizadeh vit en Allemagne depuis 2016. Après un master, elle a entamé un doctorat en 2019, qu’elle a soutenu en 2023. Elle poursuit aujourd’hui ses recherches en tant que postdoctorante.

Au quotidien, elle travaille 8 à 9 heures par jour à l’université, où elle encadre des étudiants en master et en doctorat. Elle occupe également le poste de responsable de l’égalité au sein de son groupe de recherche, afin de garantir le respect des droits de chacun.

« Peu importe la charge de travail, j’essaie de maintenir un bon équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle », conclut-elle.

Le Kurdistan ciblé par plus de 450 frappes iraniennes depuis fin février

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IRAK / KURDISTAN – Le Kurdistan d’Irak a été la cible de plus de 450 drones et missiles depuis le début du conflit régional le 28 février 2026. Ces attaques, menées par l’Iran et des milices chiites irakiennes pro-Téhéran, ont fait au moins 14 morts et 85 blessés, signale l’agence de presse kurde Rudaw.

La province d’Erbil a été la plus touchée, avec 354 frappes enregistrées, contre 90 à Souleimaniye et un nombre plus limité à Dohouk et Halabja. La majorité des engins ont été interceptés par les systèmes de défense aérienne, mais les débris et les impacts ont causé des pertes humaines et des dommages matériels.

  Répartition des attaques par province D’après les statistiques, la province la plus touchée est Erbil : Erbil et ses environs :  358 drones et missiles. Souleimaniye :  93 drones et missiles. Duhok :  7 drones. Halabja :  2 drones. Ces trois derniers jours, le nombre d’attaques contre la région du Kurdistan a légèrement diminué par rapport aux semaines précédentes. Attaques récentes Erbil : Une attaque de drone a été menée aujourd’hui vers 10h30, mais le drone a été abattu en vol par le système de défense. Khalifan :  La nuit dernière, deux drones se sont écrasés près des villages de Doli Biyaw et aucun blessé n’a été signalé. Souleimaniye :  Aux premières heures du 27 mars, un drone s’est écrasé dans la ville et a pris feu. Halabja :  Trois explosions ont été entendues à Hewraman, mais les autorités locales ont déclaré que le bruit était dû à des bombardements dans l’est du Kurdistan. Statistiques des morts et des blessés Quatorze personnes ont été tués depuis le 28 février.
  • Six soldats peshmergas du commandement de la Première Région ont été tués à Khalifan.
  • Un agent de sécurité a été tué à l’aéroport d’Erbil.
  • Six combattants peshmergas des partis du Kurdistan oriental sont tombés en martyrs à Hewler, Sulaymaniyah et Bashiqa.
  • Un commandant français
Parmi les 85 blessés, 13 sont des civils. On compte parmi eux 30 Peshmergas du Premier Commandement Régional, 3 membres des forces de sécurité, des gardes spéciaux de l’ONU à Souleimaniye, des membres des Forces de Défense Civile du régime de Khalifa Haftar et 5 soldats français. Zones bombardées Hewler :  Spilk, Mela Qere, Karezan, Kaniya Qirjalê, Dream City, Kesnezan, Pirzin, Fermamberan, Gezne, Behirke, Enkawa, Xelifan, Hewler Airport, Degele, Choman et Soran. Sulaymaniyah :  Margepan, Qalawe, quartier de Beranan, à 60 mètres de Shaqama, les villages de Zirgwez et Zirgwezele, Surdash, Kifri, Tasluje et le mont Zimnako. Duhok et Halabja :  le champ pétrolier de Sersing, le camp de Bacid Kandal, les environs d’Acre et de Berdereş, ainsi que le mont Şinru. Les attaques contre la région du Kurdistan se poursuivent sans interruption depuis le premier jour de la guerre (28 février).

Syrie : Le PYD exige l’inclusion de toutes les composantes dans le comité constitutionnel et la reconnaissance des droits kurdes

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SYRIE / ROJAVA – Dans une déclaration à l’agence de presse ANHA, Suleiman Arab, coprésident du bureau des relations publiques du Parti de l’Union démocratique (PYD), a insisté sur la nécessité d’inclure toutes les composantes de la société syrienne dans le futur comité chargé d’élaborer la nouvelle constitution. Il a particulièrement souligné la présence indispensable de représentants kurdes et de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES).

« L’élaboration d’une nouvelle constitution syrienne doit reposer sur un comité représentatif de l’ensemble des Syriens, y compris les représentants de l’Administration autonome », a-t-il déclaré.

Arab a rappelé que la déclaration constitutionnelle promulguée après la chute du régime baasiste reste temporaire et largement insuffisante. Selon lui, la Syrie traverse actuellement une phase de transition qui doit aboutir à la construction d’un nouvel État plus inclusif. Il a critiqué le texte actuel et appelé à sa révision approfondie.

Reconnaissance constitutionnelle des droits kurdes

Le responsable kurde a insisté sur la reconnaissance constitutionnelle et juridique des droits du peuple kurde et des autres composantes ethniques et religieuses de Syrie. Il a ajouté que les institutions et les acquis réalisés dans la région du Nord-Est doivent être protégés et intégrés dans la future constitution.

« Il est essentiel que le peuple kurde et toutes ses composantes bénéficient d’une reconnaissance pleine dans la nouvelle constitution syrienne. De même, les acquis et les institutions de la région doivent être reconnus constitutionnellement », a-t-il affirmé.

Suleiman Arab s’est appuyé sur l’accord du 29 janvier conclu entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le gouvernement syrien intérimaire, qu’il considère comme une base solide pour avancer vers cette reconnaissance. Cependant, il a rappelé que cet accord impose la formation d’un comité incluant des représentants kurdes et de l’Administration autonome.

Langue kurde et héritage historique

Il a particulièrement insisté sur la reconnaissance de la langue kurde comme langue officielle de la nouvelle Syrie, au même titre que l’arabe. « La langue kurde est une langue autochtone. Elle doit devenir une langue officielle et être utilisée comme langue d’enseignement dans les écoles, universités et instituts », a-t-il déclaré.

Arab a qualifié le décret n° 13 sur les droits des Kurdes, promulgué par le chef du gouvernement intérimaire, de « pas positif, mais très insuffisant ». Selon lui, de nombreuses dispositions de ce décret doivent être consolidées et inscrites de manière permanente dans la constitution.

Il a également exigé que les politiques discriminatoires du passé, telles que la « ceinture arabe », ainsi que les violations des droits du peuple kurde, soient officiellement reconnues et réparées par la loi et la nouvelle constitution.

Appel à l’unité kurde et à la mobilisation politique

Pour conclure, Suleiman Arab a annoncé que le PYD et d’autres forces politiques kurdes déploieront de grands efforts pour obtenir une reconnaissance pleine et effective des droits kurdes dans la nouvelle Syrie.

« Protéger les droits du peuple kurde exige une lutte large, ciblée et légale. Il est essentiel de construire une vision kurde unifiée afin de présenter collectivement et clairement nos revendications aux autorités de Damas », a-t-il souligné.

La Turquie bloque le compte X d’un journaliste kurde travaillant pour l’AFP

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TURQUIE / KURDISTAN – Les autorités turques ont bloqué l’accès au compte X du correspondant de l’Agence France-Presse (AFP), Mahmut Bozarslan, journaliste couvrant l’actualité des régions kurdes. Le compte de Bozarslan, qui réalise des reportages depuis Diyarbakır, la plus grande ville kurde, a été bloqué pour des raisons de protection de la sécurité nationale et de l’ordre public, selon EngelliWeb, une plateforme qui surveille la censure en ligne en Turquie. « Je n’ai aucune idée des raisons qui ont conduit à ce blocage », a déclaré Bozarslan. Les récents reportages de Bozarslan comprenaient la couverture des célébrations de Newroz le 21 mars, la fête annuelle marquant le nouvel an kurde, qui revêt une importance politique pour les Kurdes de Turquie. Reporters sans frontières (RSF) a condamné cette mesure et l’a qualifiée de censure. Ce blocage intervient alors qu’Ankara est engagée depuis octobre 2024 dans des pourparlers visant à mettre fin à son long conflit avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe militant hors-la-loi qui mène une insurrection contre l’État turc depuis plus de quatre décennies. Les efforts de paix ont pris de l’ampleur en 2025 lorsque Abdullah Öcalan, fondateur emprisonné du PKK, a appelé le groupe à se dissoudre et a exhorté ses partisans à poursuivre la cause kurde par la voie démocratique.  La question kurde, un terme omniprésent dans le discours public turc, désigne la revendication de l’égalité des droits par la population kurde du pays et sa lutte pour la reconnaissance. Cette mesure fait suite à des restrictions plus générales imposées aux réseaux sociaux en Turquie. En mars 2025, lors des manifestations qui ont éclaté après l’arrestation du maire d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu, X a déclaré que les autorités turques avaient ordonné le blocage de plus de 700 comptes, dont ceux de journalistes, de personnalités politiques et d’étudiants. X avait critiqué ces mesures radicales à l’époque, mais s’y était conformé en limitant l’accès aux comptes situés en Turquie.

SYRIE. Pogrom anti-chrétien dans la région de Hama

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SYRIE – Magasins pillés, femmes et hommes agressés, coups de feu et menaces de mort… après le massacre des Alaouites, des Druzes et des Kurdes, ce soir les gangs de Damas attaquent les Chrétiens d’Al-Sqaylabiyah, dans la campagne de Hama.

Dans la campagne de Hama, la ville à majorité chrétienne d’Al-Sqaylabiyah subit une vague de violence orchestrée par les milices affiliées au régime de Damas. Ces groupes s’en prennent violemment aux habitants, saccageant des commerces, tirant des coups de feu et agressant physiquement des hommes et des femmes.

Le prétexte invoqué par ces agresseurs est la mixité sociale dans les restaurants locaux. Qualifiant les civils de mécréants, ces gangs imposent un climat de terreur idéologique sous couvert de moralité. Ces actes de vandalisme et ces agressions ciblées illustrent la menace persistante que font peser ces groupes radicaux sur les minorités religieuses en Syrie.

Cette situation critique rappelle l’urgence de protéger les populations civiles contre l’arbitraire et la violence des fanatiques qui agissent en toute impunité dans les zones sous contrôle gouvernemental.

Écocide à Adıyaman : les carrières et mines ravagent le Kurdistan du Nord

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TURQUIE / KURDISTAN — Dans la province kurde d’Adıyaman, durement frappée par le séisme dévastateur de 2023, la destruction environnementale s’accélère de manière alarmante en raison de l’expansion incontrôlée des carrières et des projets miniers.

Sur les quelque 27 kilomètres séparant le centre-ville du district de Çelikhan, pas moins de sept carrières et une mine de cuivre exploitée par la société Eti Bakır défigurent déjà le paysage. Ces sites d’extraction se multiplient à proximité immédiate de zones archéologiques et historiques majeures, dont l’ancienne cité de Perrhe (royaume de Commagène), un complexe de fontaines romaines et plusieurs chantiers de fouilles.

Des entreprises proches du pouvoir, telles que Derviş Çalı, Giba, Akdaş Madencilik et surtout Eti Bakır, sont à l’origine de cette intensification. À elle seule, l’usine d’Eti Bakır à Adıyaman (en kurde : Semsur) produit environ 159 000 tonnes de concentré de cuivre par an, contribuant directement à la dégradation accélérée de l’environnement.

Conséquences dramatiques sur l’écosystème et les populations

L’extraction intensive génère d’épais nuages de poussière qui recouvrent les terres agricoles, entravent la photosynthèse et font chuter les rendements, notamment dans la culture du tabac. Les pâturages sont contaminés, les dynamitages altèrent la structure des sols et perturbent les nappes phréatiques. De nombreuses sources d’eau s’assèchent ou changent de cours.

Les cours d’eau ne sont pas épargnés : la pollution est visible à l’œil nu dans le ruisseau Kanîya Mîr. Les habitants signalent une recrudescence de problèmes de santé respiratoires — toux chronique, irritations oculaires et nasales, sensation d’oppression thoracique — ainsi que d’autres affections liées à la poussière et à la contamination.

Les explosions répétées provoquent des secousses ressenties dans les villages environnants, augmentant le risque de glissements de terrain dans une région encore traumatisée par le séisme. Le trafic incessant de poids lourds aggrave la pollution atmosphérique et sonore, tandis que la perte de pâturages menace la survie du bétail et des moyens de subsistance traditionnels.

Face à cette destruction systématique de leur cadre de vie, les critiques et la colère des habitants ne cessent de grandir. (ANF)

ROJAVA. Newroz attaqué : Les médias syriens légitiment la haine anti-kurde

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SYRIE / ROJAVA – Un collectif de journalistes de la région d’Afrin a publié une déclaration condamnant la couverture médiatique officielle et gouvernementale biaisée des attaques antikurdes survenues lors des célébrations du Newroz les 20 et 21 mars 2026.

Alors que les familles kurdes célébraient leur fête traditionnelle, elles ont été la cible d’attaques physiques et d’insultes visant leurs symboles nationaux, notamment le drapeau du Kurdistan, à Afrin, sur la route Alep-Afrin et dans la ville d’Alep.

Dans leur communiqué, les signataires affirment sans détour : « En tant que journalistes et militants des médias, nous affirmons que cette couverture ne reflète pas la réalité, ignore les violations documentées et contribue à légitimer l’incitation à la haine et les discours haineux au lieu de les combattre. »

Les principaux reproches adressés aux autorités et médias officiels

Le collectif dénonce plusieurs points particulièrement graves :

Silence complice des institutions locales : Le Centre des médias d’Afrin et la Direction des médias locale, affiliés à l’administration, ont délibérément passé sous silence les agressions contre les civils kurdes et les atteintes au drapeau kurde. À l’inverse, ils ont couvert les agissements de groupes radicaux infiltrés dans le centre-ville en les présentant faussement comme de simples « résidents d’Afrin ».

Désinformation des médias d’État : La chaîne Al-Ikhbariya et l’agence officielle SANA ont ignoré les attaques anti-kurdes et les ont qualifiées de « manifestations populaires ». Elles ont justifié ces violences en les reliant à l’abaissement du drapeau syrien à Kobané, alors que les agressions à Afrin avaient commencé avant cet incident, inversant ainsi la chronologie des faits.

Complaisance d’un responsable officiel : Le 21 mars 2026, Moataz Khattab, directeur des relations avec les médias du gouvernorat d’Alep, se trouvait dans le centre-ville d’Afrin et y a publié une vidéo. Il n’a à aucun moment évoqué les violations commises sous les yeux des forces de sécurité, préférant présenter les groupes incitateurs comme l’expression d’une « colère populaire ».

Soutien politique aux agresseurs : Dans sa déclaration du 21 mars, le gouverneur d’Alep, Azzam Gharib, n’a fait aucune mention des attaques contre les civils kurdes ni des insultes au drapeau kurde. Il a au contraire remercié les groupes incitateurs pour leurs « fortes émotions ».

Un appel à la responsabilité

Les signataires rappellent aux autorités et aux médias officiels leurs obligations professionnelles et éthiques : « Nous appelons les autorités compétentes et les médias officiels à respecter leurs responsabilités, à transmettre la vérité telle qu’elle est et à s’abstenir de toute rhétorique ou couverture susceptible d’attiser les tensions ethniques ou de justifier de nouvelles violations des droits humains. »

Cette déclaration met en lumière une double peine pour la population kurde d’Afrin : la violence subie sur le terrain et l’effacement systématique de cette violence dans le récit officiel syrien. En minimisant ou en justifiant les agressions, les médias et responsables gouvernementaux ne font qu’alimenter un climat de haine et d’impunité dans une région déjà profondément fragilisée.