IRAK / KURDISTAN – Depuis le début des frappes conjointes américano-israéliennes contre l’Iran le 28 février 2026, le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) et ses groupes affiliés en Irak ont lancé au moins 474 attaques contre la région du Kurdistan irakien. Ces attaques ont visé le consulat et les bases militaires américaines, les quartiers généraux des partis d’opposition kurdes iraniens, les bases des Peshmergas du Gouvernement régional du Kurdistan (GRK), des champs pétroliers, des tours de télécommunications, des habitations résidentielles, des espaces publics ainsi que plusieurs institutions civiles et non gouvernementales.
Les Équipes de Pacification Communautaire – Kurdistan Irakien (CPT-IK) ont documenté, vérifié et analysé ces incidents ainsi que leurs répercussions sur les populations civiles.
Nombre et répartition des attaques
Au 27 mars 2026, 474 attaques avaient été recensées dans la région du Kurdistan irakien :
179 menées directement par le CGRI ;
295 attribuées à des groupes armés affiliés à l’Iran opérant depuis le territoire irakien.
Répartition par gouvernorat :
Erbil : 370 attaques (78,06 %)
Souleimaniye : 90 attaques (18,99 %)
Duhok : 11 attaques (2,32 %)
Halabja : 3 attaques (0,63 %)
Bien que le CGRI et ses alliés affirment cibler exclusivement des sites militaires américains ou des groupes armés, les données du CPT-IK montrent que de nombreuses attaques ont touché des zones résidentielles civiles, des institutions officielles du Gouvernement régional du Kurdistan et des bases des Peshmergas, sans lien direct avec le conflit américano-israélien contre l’Iran.
Répartition des cibles
Sites consulaires et militaires américains : 181 attaques (38,19 %)
Quartiers généraux des partis d’opposition kurdes iraniens : 121 attaques (25,53 %)
Zones civiles, institutions civiles du GRK et bases des Peshmergas : 172 attaques (36,29 %)
Les attaques dans les gouvernorats d’Erbil et de Duhok ont été majoritairement menées par des milices pro-iraniennes basées en Irak, tandis que celles visant Souleimaniye ont été largement attribuées au CGRI directement.
Types d’attaques
Sur les 474 attaques :
359 impliquaient des drones suicides (75,74 %)
104 des missiles balistiques ou de croisière (21,94 %)
10 des tirs d’artillerie (2,11 %)
1 tir d’arme à feu (0,21 %)
Sur l’ensemble des attaques par drones et missiles, 228 ont été interceptées par les systèmes de défense aérienne ou se sont écrasées avant d’atteindre leur cible (taux d’échec d’environ 60,76 %).
Bilan humain et matériel
Jusqu’au 27 mars 2026, ces attaques ont causé 14 morts et 90 blessés, soit un total de 104 victimes.
Le 28 mars, environ 37 attaques supplémentaires ont été signalées, faisant au moins 3 blessés de plus. Le CPT-IK poursuit la vérification de ces incidents.
Bilan global du 28 février au 29 mars 2026 :
14 morts et 93 blessés (dont 19 civils blessés).
Au-delà des victimes humaines, les attaques ont endommagé ou détruit au moins :
46 habitations civiles
32 véhicules civils
La menace persistante a également entraîné la suspension des cours dans de nombreuses écoles, instituts et universités de la région.
Observations
Le CPT-IK exprime sa profonde inquiétude face à l’extension du conflit vers des zones purement civiles. Le ciblage répété de quartiers résidentiels, de la résidence du Président de la région du Kurdistan, d’institutions officielles du GRK et d’entreprises privées démontre un risque croissant d’escalade et d’impact humanitaire sur les populations kurdes irakiennes, qui ne sont pas partie prenante à ce conflit.
Recommandations
Le CPT-IK condamne fermement toutes les attaques visant des civils et des infrastructures non militaires, quelle que soit l’origine ;
Exige la cessation immédiate des frappes contre le territoire irakien et la région du Kurdistan ;
Appelle à la protection prioritaire des vies civiles et à l’indemnisation rapide et équitable des victimes ;
Demande au gouvernement fédéral irakien d’assumer pleinement ses responsabilités : intensifier les efforts diplomatiques pour protéger l’intégrité du territoire irakien, désarmer ou contrôler les groupes armés opérant illégalement depuis le sol irakien, et poursuivre en justice les responsables de ces attaques.
La stabilité et la sécurité des populations civiles du Kurdistan irakien doivent être préservées. Toute escalade supplémentaire ne fera qu’aggraver la souffrance humaine dans une région déjà profondément marquée par des décennies de conflits.




