Un département de langue kurde inauguré à l’Université de Pékin

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CHINE – Un département de langue kurde vient d’être inauguré à l’Université de Pékin, capitale de la Chine, dans le cadre d’une coopération étroite avec l’Université Salahaddin d’Erbil. Ce nouveau cursus proposera un enseignement dans les dialectes sorani et kurmandji.

Dans un communiqué publié ce mardi 18 août, l’Université Salahaddin d’Erbil annonce qu’elle est le principal coordinateur et partenaire de cette ouverture. « L’Université Salahaddin d’Erbil est le principal coordinateur et partenaire de l’ouverture du département de langue kurde au sein de l’Université de Pékin en Chine », précise le texte.

Interrogé par Rudaw, le porte-parole de l’université, Saman Abdullah, a indiqué que le département s’adresse prioritairement aux étudiants chinois. « Le département accueillera ses premiers étudiants cette année. Dans un premier temps, un quota de 10 à 20 étudiants est prévu », a-t-il déclaré.

Selon lui, cette initiative constituera « un pont entre la région du Kurdistan et la Chine ». Elle permettra de renforcer les liens académiques et culturels entre les deux régions.

Concernant le programme, Saman Abdullah a détaillé : « Les étudiants admis au programme de langue kurde en Chine étudieront le sorani pendant les trois premières années de leur cursus, puis le kurmandji pendant la quatrième et dernière année. Notre objectif principal est de garantir que les étudiants diplômés maîtrisent parfaitement les différents dialectes et la richesse de la langue kurde. »

À noter que l’Université Salahaddin d’Erbil abrite le seul département de langue chinoise d’Irak et de la région du Kurdistan. Celui-ci compte actuellement 100 étudiants inscrits et diplômera cette année sa troisième promotion.

Cette double coopération linguistique illustre le développement des échanges universitaires entre Erbil et Pékin.

Le processus de paix turco-kurde « ardu mais tout est possible »

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PARIS – Alors que le processus de paix engagé entre la Turquie et le Mouvement kurde se poursuit, André Métayer de l’association Amitiés kurdes de Bretagne écrit que « les intérêts, même contradictoires, des uns et des autres rendent possibles des accords « historiques » en faveur de la reconnaissance du peuple kurde, de ses droits politiques et culturels ». Dans un article publié le 17 août 2026 sur le site Amitiés kurdes de Bretagne, Métayer revient sur l’actuel processus de paix turco-kurde. André Métayer déclare notamment que :

« Dans ce jeu complexe, l’Etat turc joue une grosse partie, mais n’a pas toutes les cartes en main. Les Kurdes sont comme dans une combinaison bien connue des joueurs d’échecs : ” le pion imprenable”, cette pièce, cernée de toute part, est isolée, attaquable, prenable mais le joueur qui l’élimine perd la partie.

Autrement dit, aujourd’hui, les partis de gouvernement, hostiles aux Kurdes, ont besoin de s’en faire des alliés ou du moins de les neutraliser, à défaut de pouvoir les anéantir. Le CHP, laïc et nationaliste, principal parti d’opposition, a aussi besoin des voix kurdes. Les ambitions régionales et internationales de la Turquie ont besoin d’une paix durable avec les Kurdes. 

Personne n’est naïf, mais les intérêts, même contradictoires, des uns et des autres rendent possibles des accords ‘’historiques’’ en faveur de la reconnaissance du peuple kurde, de ses droits politiques et culturels. La reconnaissance de la langue kurde comme langue officielle est posée. Le Président Recep Tayyip Erdoğan a la chance d’avoir en face de lui, en la personne d’Abdullah Öcalan, un négociateur charismatique qui a la confiance de tout un peuple. Saisira-t-il cette chance ? Les Kurdes ont leur ‘’Mandela’’. Erdoğan sera-t-il le Klerk d’une Turquie qui aura ‘’renforcé la solidarité nationale et la cohésion sociale’’ ? »

Sherko Bekas, le patriarcat et la politique du jugement du passé

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Dans une récente interview télévisée, Nasrin Ahmed Mirza, l’épouse du regretté poète kurde Sherko Bekas (1940-2013), a déclaré qu’elle était en dernière année d’études à l’Institut des Beaux-Arts lorsqu’elle a épousé Bekas. Elle a expliqué que ce dernier lui avait demandé d’abandonner ses études car il souhaitait une épouse qui resterait à la maison pour élever les enfants et s’occuper du foyer.

Sa déclaration a déclenché une vague de critiques sur les réseaux sociaux, d’autant plus que Bekas avait consacré une grande partie de sa vie littéraire et politique à la défense des droits, de la liberté et de l’égalité des femmes. Ces critiques provenaient principalement de militantes féministes, mais aussi d’hommes qui accusaient le poète d’appliquer un double standard : soutenir la liberté des femmes dans sa poésie et sa vie publique tout en restreignant l’éducation et la vie professionnelle de sa propre épouse.

Dans un échange de commentaires sur la page Facebook de Texti Edebi (Texte Littéraire), un homme a écrit : « Rares sont les poètes qui parviennent à faire concorder leurs actes quotidiens avec leurs écrits. La plupart écrivent sous le slogan « Femme, Vie, Liberté », mais ce slogan ne semble s’appliquer qu’en dehors de leur foyer et de leur famille. Ils emprisonnent leurs propres femmes et filles, tout en demandant aux femmes et aux filles des autres d’abattre les murs de leurs prisons. »

Certains, comme Hema Niazi de Kurdipedia.org, affirment que Bekas n’était pas un intellectuel. Il était sans aucun doute un grand poète, soutiennent-ils, mais pas un homme des Lumières.

Midya Begard, une actrice kurde de renom, a proposé une perspective différente : « Il ne faut pas juger le passé à l’aune du présent. Nombre de critiques ne tiennent pas compte du contexte et des conditions sociales de l’époque, notamment en ce qui concerne les Kurdes. »

D’autres commentaires allaient plus loin, généralisant sur la relation entre les intellectuels masculins et l’émancipation des femmes. Ils présentaient la défense de l’égalité par les hommes comme intrinsèquement compromise par la pensée patriarcale, arguant que les femmes devaient s’instruire et s’émanciper elles-mêmes plutôt que de faire confiance aux hommes ou de laisser l’amour et les relations dicter leurs choix.

Alors que le débat se polarisait et prenait une tournure sensationnaliste, le musée Sherko Bekas est intervenu pour dénoncer ce qu’il a qualifié d’attaque organisée sur les réseaux sociaux contre le poète. Le musée a soutenu que la position de Bekas ne devait pas être interprétée comme signifiant que son épouse était incapable d’étudier ou de travailler, ou qu’elle n’en avait pas le droit. Il a plutôt affirmé qu’à ce stade de leur vie, la responsabilité de la gestion du foyer et des décisions familiales lui incombait, et qu’elle avait assumé cette responsabilité.

Le musée a également rejeté toute comparaison entre la position de Bekas et certaines interprétations religieuses qui enferment les femmes dans des cadres restrictive. Selon lui, une telle comparaison est trompeuse : la première est présentée comme une question de partenariat et de responsabilité familiale, tandis que la seconde repose sur une limitation de la liberté des femmes.

Cette controverse est révélatrice car elle soulève une question bien plus vaste sur la manière dont la société kurde contemporaine interprète son passé. Elle met également en lumière un conflit culturel émergent entre deux tendances de plus en plus polarisées. D’un côté, une insistance croissante sur la justice sociale, l’égalité, les droits des femmes et la réévaluation des traditions patriarcales. De l’autre, une réaction de plus en plus marquée par l’islam politique, les valeurs sociales traditionnelles et l’opposition à ce qui est perçu comme un agenda culturel occidental.

Ce débat kurde émergent peut-il être appréhendé à travers le prisme du « wokisme » ? Peut-être, mais avec prudence. Le terme lui-même est deeply controversé. Ses détracteurs l’emploient pour décrire une tendance idéologique à appliquer rétrospectivement des catégories morales contemporaines, à ignorer le contexte historique et à réduire des individus et des sociétés complexes à la dichotomie oppresseur/opprimé. Ses défenseurs, au contraire, y voient une vigilance nécessaire face aux formes d’oppression que les États et les sociétés ont historiquement normalisées ou ignorées, et qui persistent en raison des traumatismes et des injustices intergénérationnels.

Bien que le « wokisme » n’ait pas fait l’objet de nombreuses théorisations dans le discours intellectuel et politique kurde, notamment au Kurdistan du Sud (Kurdistan irakien), sa manifestation locale présente des caractéristiques distinctives. Il a été abordé superficiellement, comme une pathologie. Il est parfois lié à l’opposition à la religion, en particulier à l’islam, et aux tentatives de réinterpréter l’histoire kurde à travers l’idée d’une identité kurde préexistante à l’islam, ensuite réprimée ou transformée par la domination islamique. L’expérience historique des Kurdes sous les empires arabe et islamique est fréquemment invoquée dans ce récit. Pour certains commentateurs kurdes, l’attaque de Daech contre Sinjar et la persécution et l’esclavage des Yézidis ont renforcé la perception d’un islam intrinsèquement oppressif, destructeur et hostile aux femmes.

Le genre occupe une place prépondérante dans ce discours. Les discussions sur les droits des femmes sont de plus en plus inextricablement liées aux débats sur l’homosexualité, les identités queer et les droits des personnes LGBT. Le concept de « genre » est par conséquent devenu un enjeu politique majeur. Dans certains espaces publics et politiques, il est même devenu difficile d’employer ouvertement cette terminologie, car le discours sur le genre est parfois perçu comme un projet culturel étranger visant à saper les valeurs familiales et sociales kurdes. Les militantes pour les droits des femmes peuvent ainsi se retrouver prises entre deux feux, exposées à des attaques sur les réseaux sociaux, à la stigmatisation publique et à des formes symboliques de censure.

Cette polarisation est particulièrement problématique lorsqu’on l’applique à l’histoire du Kurdistan irakien. On ne peut analyser la région à travers le prisme des catégories conceptuelles occidentales contemporaines sans tenir compte des conditions historiques exceptionnelles qui ont façonné la société kurde.

Le Kurdistan irakien a connu quatre décennies de dictature, de résistance armée, de guerres, de déplacements forcés, de campagnes génocidaires, de soulèvements populaires et, finalement, de violents conflits internes. Ces expériences ont profondément marqué les structures familiales, les relations entre les sexes, les identités politiques et les conceptions de l’égalité et de l’ordre social.

C’est dans ce contexte plus large qu’il convient de comprendre la controverse entourant Sherko Bekas.

Bekas n’était pas qu’un simple poète. Il fut l’un des intellectuels kurdes les plus éminents de sa génération, ancien député et ministre de la Culture (1992-1993). Il prit progressivement ses distances avec les mouvements politiques nationalistes, critiquant leurs conflits internes, les restrictions à la liberté d’expression, les attitudes patriarcales et les violences faites aux femmes. Dans son recueil Maintenant une fille est ma patrie (2011), il associait explicitement les femmes à sa patrie, remettant en question les conventions sociales, le nationalisme masculin et le patriarcat kurde. Durant les dernières décennies de sa vie, il soutint les groupes de défense des droits des femmes, participa à leurs manifestations et utilisa sa poésie pour dénoncer les violences et les discriminations faites aux femmes.

La vie de Bekas comportait également une contradiction essentielle à la compréhension de son développement intellectuel. Fait important, il l’a lui-même reconnue lors de mes derniers entretiens avec lui et, finalement, lors de notre dernière rencontre à Souleimaniye.

La dernière fois que je l’ai rencontré, en compagnie de la professeure émérite Gill Hague, nous étions en train de finaliser la création du tout premier Centre d’études de genre à l’Université de Souleimaniye. C’était fin 2011, après la publication de son ouvrage Now a Girl is My Homeland.

Nous nous sommes rencontrés dans un restaurant, et lors de notre discussion sur l’égalité des sexes et les droits des femmes, il a reconnu être, selon ses propres termes, « un homme de son temps ». Il a admis que lorsqu’il a épousé Nasrin en 1969, il avait été façonné par les normes patriarcales de la société dans laquelle il vivait. Il a ouvertement reconnu avoir empêché sa femme de terminer ses études et de faire carrière, et s’attendre à ce qu’elle devienne femme au foyer. Il a lui-même reconnu cette contradiction lors de mes derniers entretiens avec lui.

Cet aveu est crucial. Son absence dans le débat actuel sur les réseaux sociaux a réduit la discussion à deux positions opposées : soit Bekas était un hypocrite, dont le comportement envers sa femme invalide son discours et son plaidoyer pour la liberté des femmes, soit il était simplement un produit de son contexte historique et ne devrait donc pas être jugé selon les normes contemporaines.

Aucune de ces positions, cependant, ne rend pleinement compte de la complexité de son parcours intellectuel.

Le contexte historique est important, mais il ne saurait justifier un tel comportement. Comprendre pourquoi un homme s’est comporté selon les normes patriarcales de sa société ne revient pas à dire que ces normes étaient pour autant acceptables. Par ailleurs, juger une figure historique exclusivement à l’aune des critères moraux contemporains peut occulter précisément le processus par lequel s’opère le changement social et intellectuel.

Le témoignage de Bekas lui-même révèle une réalité plus complexe. Il ne se présentait pas comme un visionnaire. Au contraire, il reconnaissait avoir participé, à une époque, aux structures patriarcales mêmes qu’il critiquait par la suite. Son plaidoyer ultérieur pour les droits des femmes dans sa poésie peut donc être interprété non comme une simple preuve d’hypocrisie, mais comme le signe d’une transformation intellectuelle.

Cela ne l’absout pas. Sa poésie, son militantisme politique et ses prises de position ultérieures ne sauraient effacer le vécu de sa femme. Mais son comportement passé ne saurait non plus invalider d’emblée tout ce qu’il a écrit et défendu par la suite. Une analyse pertinente doit prendre en compte ces deux aspects.

C’est précisément là que le débat actuel échoue. Les réseaux sociaux encouragent les dichotomies morales : héros ou hypocrite, progressiste ou rétrograde, victime ou oppresseur. Or, les réalités intellectuelles et sociales se conforment rarement à ces catégories rigides. Les individus peuvent reproduire les structures de leur époque tout en développant des idées qui les remettent en question. Ils peuvent être façonnés par le patriarcat et, plus tard, en devenir des critiques. Ils peuvent être incohérents, évoluer, regretter, apprendre et se contredire.

Comprendre ces complexités est essentiel pour faire progresser le débat kurde. C’est précisément cette conviction qui a guidé mon engagement dans les études de genre et la création de centres d’études de genre en 2009-2010. L’objectif n’était pas d’importer des théories occidentales abstraites dans la société kurde, ni de nier la réalité de l’oppression des femmes. Il s’agissait plutôt de créer un espace où les relations de genre et les expériences des femmes pourraient être examinées de manière critique dans le contexte historique, culturel et politique spécifique du Kurdistan.

Cependant, lorsque de telles questions sont abordées à travers un cadre radicalisé de plus en plus binaire et centré sur les médias sociaux, sans une attention suffisante à la complexité de la société kurde d’après-guerre, il peut en résulter une réaction violente plutôt qu’une véritable transformation sociale.

La question n’est donc pas de savoir si Sherko Bekas doit être jugé par le tribunal actuel. Il ne s’agit pas non plus de savoir si son contexte historique doit le soustraire à la critique. La question essentielle est de savoir ce que ses contradictions nous révèlent sur la transformation même de la société kurde.

La controverse autour de Sherko Bekas devrait donc inciter à un dialogue plus approfondi sur l’histoire kurde, le patriarcat et l’évolution sociale. Il ne s’agit ni de sanctifier le passé, ni de l’effacer. Il nous faut comprendre comment les individus ont été façonnés par leur époque, comment ils ont remis en question les normes qui les ont endoctrinés et comment le changement naît souvent de la prise de conscience de ses propres contradictions.

Ceci est particulièrement important au Kurdistan irakien, où la transformation sociale est indissociable d’une histoire marquée par la dictature, la guerre, les déplacements de population, le génocide, la lutte armée et les conflits internes. On ne peut attendre d’une société issue de telles expériences qu’elle aborde les questions de genre, de religion, d’identité et de liberté de la même manière que des sociétés aux trajectoires historiques très différentes.

La leçon la plus importante du débat autour de Sherko Bekas n’est pas de savoir s’il était un hypocrite ou un héros. Elle réside plutôt dans le fait que l’histoire de l’émancipation est rarement écrite par des personnes parfaitement émancipées dès le départ. Comprendre cette complexité n’excuse pas l’injustice ; cela nous permet de comprendre comment les individus et les sociétés évoluent et pourquoi les tentatives d’imposer ce changement par des dichotomies idéologiques peuvent engendrer le contrecoup même qu’elles cherchent à combattre.

Par Nazand Begikhani*

Article original ( en anglais) à lire sur le site The Amargi : « Sherko Bekas, patriarchy, and the politics of judging the past« 

*Nazand Begikhani (titulaire d’une maîtrise et d’un doctorat de l’Université de la Sorbonne) est une poétesse kurde exilée, chercheuse spécialisée dans les violences sexuelles et sexistes, et militante des droits humains.

Abdi condamne l’attaque de drone ciblant le bureau du 1er ministre du Kurdistan

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SYRIE / ROJAVA – Mazloum Abdi, commandant général des Forces démocratiques syriennes (FDS), a condamné l’attaque au drone visant le bureau du Premier ministre de la région du Kurdistan (Masrour Barzani) et a exprimé sa solidarité avec le gouvernement et le peuple kurde.

L’attaque a eu lieu dans la nuit du 16 au 17 août 2026 dans le district de Pirmam (gouvernorat d’Erbil/Hewlêr). Selon le service antiterroriste de la région du Kurdistan, deux drones explosifs de type Hadid-110 ont ciblé le bureau privé du Premier ministre et la résidence du directeur de l’agence Parastin (renseignements/sécurité). Les autorités kurdes indiquent que les drones provenaient du côté iranien de la frontière. Aucune victime n’a été signalée.

Dans un message sur X, Mazloum Abdi a qualifié ce ciblage d’« acte inacceptable et contraire à l’éthique », y voyant une attaque contre la volonté du peuple de la région du Kurdistan et contre une institution essentielle de l’État irakien. Il a réaffirmé sa solidarité avec le gouvernement et le peuple de la région et son rejet des attaques contre les institutions officielles.

Des réactions similaires sont venues d’autres responsables (dont le Premier ministre Masrour Barzani lui-même, le Parlement irakien, Qubad Talabani, PYD, etc.), qui condamnent l’attaque comme une violation de la souveraineté irakienne et une escalade dangereuse. L’Iran n’a pas revendiqué l’opération selon les informations disponibles.

Ce type d’incidents s’inscrit dans un contexte de tensions régionales récurrentes, avec des frappes de drones et missiles visant périodiquement des sites dans la région du Kurdistan.

Reprise des cours de langue à l’Institut kurde de Paris

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PARIS – L’Institut kurde de Paris propose des cours pratiques de kurde (dialectes kurmancî et soranî) ouverts aux étudiants, chercheurs, journalistes et à toute personne souhaitant s’initier à la langue.

Dialectes enseignés :

  • Kurmancî

  • Soranî

Début des cours :

  • Semaine du 14 au 18 septembre 2026.

Préinscription : Deux adresses e-mail sont disponibles selon le dialecte :

  • Kurmanci : cours@fikp.org

  • Sorani : courssorani@fikp.org

Informations à indiquer dans le mail :

  • Nom et prénom

  • Numéro de téléphone

  • Type de cours (présentiel ou distanciel / collectif ou individuel)

  • Dialecte (kurmanci ou sorani)

  • Niveau (débutant ou intermédiaire)

Vous recevrez un accusé de réception, puis un second e-mail (une fois les classes organisées) pour finaliser l’inscription du 7 au 11 septembre 2026 (en présentiel ou en ligne).

Pour les non-débutants, une évaluation de niveau aura lieu début septembre afin de constituer les groupes.

Renseignements et horaires : Consultez la rubrique « Cours de langues » sur le site de l’Institut kurde ou contactez la réception au 01 48 24 64 64.

IRAN. Les forces iraniennes tuent un autre kolbar kurde à Baneh

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IRAN / ROJHILAT – Les forces iraniennes ont abattu deux kolbars kurdes à trois jours d’intervalle dans la région frontalière de Baneh. Les forces frontalières iraniennes ont abattu Musa Zibapour, un kolbar kurde de Piranshahr et père de trois enfants, dans les hautes terres frontalières de Baneh. Selon les informations reçues par l’Organisation Hengaw pour les droits humains, les forces du Régiment frontalier stationnées dans la zone frontalière de Hengezhal ont ouvert le feu sur un groupe de kolbars (transporteurs de marchandise entre les régions du Kurdistan divisées par les frontières coloniales perses, turques et arabes) vers 16 heures le jeudi 13 août 2026, tuant Zibapour. Des sources de Hengaw ont indiqué que sa dépouille n’avait pas encore été remise à sa famille. Zibapour avait déjà été grièvement blessé le 14 juillet 2021, lorsque les forces iraniennes avaient ouvert le feu sur un groupe de kolbars dans la zone frontalière de Mashkan à Piranshahr.

IRAN. Un écologiste kurde arrêté à Sanandaj

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IRAN / ROJHILAT – Awat Karami, un écologiste kurde de Sanandaj (Sîne), dans la province du Kurdistan, a été arrêté par les forces iraniennes et emmené dans un lieu tenu secret. En 2019, il avait été condamné à 40 mois de prison pour « atteinte à la sécurité nationale ». Le Réseau des droits de l’homme du Kurdistan (KHRN) a rapporté que les forces de sécurité iraniennes ont perquisitionné le domicile familial du militant écologiste kurde Awat Karami à Negel le soir du 9 août, l’arrêtant violemment et sans mandat. Malgré les visites répétées et les efforts de sa famille pour obtenir des informations sur sa situation, les autorités sécuritaires et judiciaires continuent de refuser de répondre ou de fournir la moindre explication. Aucune information n’est encore disponible concernant les raisons de l’arrestation de Karami ni les charges retenues contre lui. Karami est une militante écologiste bien connue qui a joué un rôle actif dans la lutte contre les incendies de forêt dans la région du Zagros et dans diverses campagnes environnementales. Les forces du ministère du Renseignement l’avaient arrêté à Negel le 16 janvier 2019. Après des mois d’interrogatoire au centre de détention du ministère et au centre de détention de Shahramfar géré par l’organisation de renseignement du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) à Sanandaj, il a été libéré provisoirement sous caution en juin 2019. Accusé de coopération avec le Parti de la vie libre du Kurdistan (PJAK), la première chambre du tribunal révolutionnaire islamique de Sanandaj l’a ensuite condamné à 40 mois de prison pour « atteinte à la sécurité nationale ».

La sécheresse s’intensifie au Kurdistan : terres arides, villages désertés

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TURQUIE / KURDISTAN – [Dans les régions kurdes de Turquie], le concours des réseaux d’irrigation incomplets du GAP, de l’utilisation excessive et incontrôlée des eaux souterraines, des politiques de barrages qui modifient les régimes fluviaux et des restrictions liées à la « sécurité » produit une situation qui dépasse largement le cadre d’une simple crise agricole.

Alors que les effets de la crise climatique se propagent à travers le monde, au Kurdistan cette crise déborde le cadre purement naturel et se traduit directement par une dévastation politique et sociale. Contrairement aux promesses de « prospérité » brandies pendant des décennies dans le cadre du Projet d’Anatolie du Sud-Est (GAP), les politiques de barrages axées sur la « sécurité », les canaux d’irrigation inachevés et la consommation incontrôlée des eaux souterraines précipitent progressivement la région vers le désastre.

D’Amed (Diyarbakır) à Urfa, de Mardin à Şırnak, les agriculteurs des plaines les plus fertiles du Kurdistan ne sont plus confrontés à une simple sécheresse météorologique, mais à une grave crise hydrologique. Les ressources en eau s’épuisent, les terres agricoles sont abandonnées sous le poids de l’endettement et de la pénurie d’eau, et des villages sont à nouveau contraints à l’exode. Dans ces régions où l’eau est devenue un instrument de contrôle et de politique, la situation ne se limite pas à une baisse de la production agricole : elle témoigne aussi du déracinement d’un peuple privé de sa terre, de sa mémoire et de son lieu de vie.

Dans les plaines qui s’étendent d’Amed à Urfa, de Mardin à Şırnak, les agriculteurs ne lèvent plus les yeux au ciel : ils scrutent la profondeur de leurs puits. Sur ces terres, considérées comme le cœur agricole du Kurdistan, la sécheresse a engendré une crise exacerbée par le prélèvement excessif d’eau souterraine et la politique de barrages de l’État. Les conséquences sont claires : récoltes en baisse, endettement croissant des producteurs et exode rural de milliers de familles.

Puits plus profonds, eaux qui se retirent

Dans une grande partie de la région, l’irrigation agricole ne dépend plus des précipitations ni des eaux de surface, mais du pompage des eaux souterraines. À Amed, Urfa, Mardin, Batman, Siirt et Şırnak, des années de surexploitation ont enfoncé la nappe phréatique toujours plus profondément. Les agriculteurs doivent chaque année abaisser davantage leurs pompes pour atteindre l’eau. Cette pratique alourdit les coûts et accentue la pression sur les ressources souterraines.

Ces régions ne subissent pas seulement une sécheresse météorologique : elles basculent vers un stade plus persistant et dangereux, la sécheresse hydrologique. Celle-ci se manifeste par une baisse significative du niveau d’eau dans les réserves de surface et souterraines – lacs, rivières, réservoirs et nappes phréatiques – due à la diminution des précipitations. Comme celles-ci ne permettent plus un réapprovisionnement suffisant des nappes et des cours d’eau, le pompage traditionnel pour l’irrigation devient de plus en plus insoutenable.

L’écart entre les promesses du GAP et la réalité des plaines

Dans le cadre du Projet d’Anatolie du Sud-Est (GAP), il était prévu de construire 22 barrages et 19 centrales hydroélectriques et d’irriguer 1,8 million d’hectares. Malgré des décennies de travaux, une grande partie des réseaux d’irrigation reste inachevée. Les canaux couvrant 47 000 hectares à Urfa, 26 000 hectares à Mardin et 76 000 hectares à Amed, pourtant achevés, attendent toujours leur mise en service et figurent depuis des années parmi les investissements jugés « urgents » par les autorités.

Tant que ces canaux resteront hors service, les mêmes régions continueront d’être irriguées par les eaux souterraines. D’un côté, l’environnement naturel du Kurdistan est dévasté par les barrages ; de l’autre, les agriculteurs sont pénalisés, tandis que les ouvrages construits servent surtout à générer des revenus pour le Trésor public.

Les critiques émanant de cercles proches du peuple kurde et d’organisations écologistes visent le projet lui-même. Selon elles, dès sa conception, le GAP s’est transformé en un projet énergétique et sécuritaire qui a ignoré les espaces de vie, l’histoire et l’environnement naturel des Kurdes. Le barrage d’Ilısu, responsable de l’inondation du site d’Hasankeyf, vieux de 12 000 ans, est au cœur de ces critiques. Ces groupes affirment que les barrages n’ont pas apporté la prospérité promise aux agriculteurs, mais une dépendance accrue à l’agriculture pluviale. Ils soulignent également que la chaîne de barrages le long du Tigre retarde le débit du fleuve, perturbe son cycle naturel de renouvellement et réduit encore la quantité d’eau atteignant les terres agricoles en période de sécheresse.

Les récoltes diminuent, la dette augmente

Le Kurdistan représente plus de la moitié de la production cotonnière turque, un quart de sa production de maïs et une part importante de sa production de blé. Pourtant, la succession de sécheresses est devenue l’un des principaux facteurs de la baisse des rendements. La hausse des coûts d’irrigation pèse particulièrement sur les petits et moyens exploitants. Alors que les frais de forage, d’électricité et de diesel continuent d’augmenter, les revenus des récoltes ne suivent pas. Certains agriculteurs se tournent vers des cultures moins gourmandes en eau ; d’autres louent leurs terres ou abandonnent complètement l’agriculture.

Les pluies printanières occasionnelles apportent un soulagement temporaire, mais ne résolvent pas le problème structurel. Une seule saison abondante ne peut compenser les dégâts infligés aux réserves d’eau souterraine par des années de sécheresse consécutives. Face aux effets du changement climatique, le Kurdistan se trouve aujourd’hui à un tournant critique où des risques similaires devraient persister dans les années à venir.

La rareté de l’eau provoque des migrations

Face à la baisse des revenus agricoles, une vague migratoire se poursuit des zones rurales vers les villes, puis vers l’ouest de la Turquie. Les familles incapables de cultiver leurs terres en raison du manque d’eau se déplacent d’abord vers les chefs-lieux de district, puis vers Amed, Mardin ou des provinces plus éloignées. Cette migration s’ajoute aux déplacements de population qui ont débuté dans la région avec l’évacuation forcée de villages il y a trente ans. Selon les organisations environnementales, les migrations actuelles, motivées par le manque d’eau, se déroulent sur des terres qui portent encore les stigmates des déplacements forcés passés.

Des organisations actives dans la région, comme le Mouvement écologique de Mésopotamie, affirment que les barrages, la destruction des forêts et les restrictions liées à la sécurité ont contribué à rendre les villages de plus en plus inhabitables. L’idée que ce processus n’est pas seulement un problème environnemental, mais qu’il est directement lié à la dépossession du peuple kurde et à l’effacement de sa mémoire culturelle, gagne du terrain.

Dimension transfrontalière

L’impact des politiques de barrages au Kurdistan ne s’arrête pas aux frontières turques. La diminution du débit du Tigre et de l’Euphrate vers l’Irak et la Syrie aggrave également les crises agricoles dans ces pays. Les agriculteurs d’autres régions du Kurdistan sont ainsi touchés par la pénurie d’eau. Les autorités irakiennes et les agriculteurs kurdes affirment que cette réduction du débit est principalement due aux barrages construits du côté turc.

La politique de l’eau

La situation au Kurdistan comporte une dimension politique qui ne peut s’expliquer par le seul changement climatique. Les agriculteurs et les organisations de la société civile soulignent que la sécheresse n’est pas une simple catastrophe naturelle, mais le résultat de décennies de politiques d’aménagement du territoire et de gestion de l’eau.

Lorsque les réseaux d’irrigation incomplets, l’exploitation excessive et incontrôlée des eaux souterraines, les politiques de barrages qui modifient le régime des rivières et les restrictions liées à la sécurité se conjuguent, la situation qui en résulte dépasse le cadre d’une crise agricole. Elle devient le récit d’un peuple coupé de sa terre, de son eau et de ses villages. (ANF)

Qamishlo pleure deux héros tombés face aux gangs islamistes

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SYRIE / ROJAVA – Qamishlo a rendu un dernier hommage ce jeudi 13 août 2026 à deux combattants kurdes intégrés dans l’armée syrienne, tués lors d’une attaque armée menée par des gangs islamistes survenue deux jours plus tôt.

Les deux militaires, identifiés comme Artish Hassan (ou Artesh Hassan) et Shaheen Suleiman (ou Shahin Suleiman), appartenaient à la Brigade de Qamishlo (Liwaa Al-Qamishli). Cette unité fait partie de la 60ᵉ Division des forces du ministère de la Défense syrien et est composée d’anciens combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS) récemment intégrés dans les institutions de l’État dans le cadre d’un processus d’intégration lancé après un accord du 29 janvier 2026.

Selon les sources militaires et de sécurité, l’attaque a eu lieu dans la soirée du mardi 11 août dans le village de Tawil Harb (également orthographié Taweil Harb ou Tawill Harb), au sud de Qamishlo, dans la province d’Al-Hasakah. Des hommes armés circulant à moto ont ouvert le feu et tiré des roquettes RPG contre un poste de la brigade. Deux combattants ont été tués et deux autres blessés. Les assaillants ont ensuite pris la fuite. Les autorités décrivent les auteurs comme un « groupe hors-la-loi » ; certains rapports mentionnent une possible provenance de zones où opèrent des gangs islamistes, sans qu’aucun groupe n’ait officiellement revendiqué l’attaque.

Les forces sur place ont riposté et des opérations de poursuite des responsables sont en cours. Le directeur des médias militaires de la région orientale, Halezwâr Metanî (ou Halzwar Mitani), a confirmé les faits et indiqué que les mesures nécessaires étaient prises.

Ce jeudi, une cérémonie funéraire solennelle s’est déroulée à Qamishlo en présence d’une large foule, de représentants militaires et politiques. La population locale a massivement participé pour exprimer son respect envers les disparus.

Samir Oso, vice-ministre syrien de la Défense pour la région orientale, a condamné l’attaque terroriste. Dans un message publié ce jeudi, il a déclaré : « Nous avions espéré que la région entre dans une phase où les larmes des mères se tariraient, mais cette attaque terroriste a ramené le chagrin dans le cœur de nos mères. » Il a promis de poursuivre tous les responsables jusqu’à ce qu’ils soient traduits en justice afin de rétablir la sécurité et la stabilité, tout en présentant ses condoléances aux familles et en souhaitant un prompt rétablissement aux blessés.

Cet incident constitue l’une des premières attaques de ce type visant des combattants ex-FDS intégrés dans l’armée syrienne depuis le début du processus d’intégration. Il survient dans un contexte de tensions locales, notamment liées aux retours de déplacés et à des frictions tribales dans la région.

Bruxelles accueille la 10ᵉ semaine culturelle du Kurdistan

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BELGIQUE – La 10ᵉ édition de la Semaine culturelle du Kurdistan se tiendra du 21 au 23 août 2026 sur la Place d’Espagne (Spanjeplein) à Bruxelles. (Entrée libre)

Elle est organisée par le Congrès national du Kurdistan (KNK), Nav-bel (organisation de la communauté kurde de Belgique), l’Institut kurde de Bruxelles et d’autres partenaires. L’événement vise à favoriser la compréhension mutuelle et les échanges culturels entre les communautés en Belgique, tout en faisant découvrir la richesse de la culture kurde (musique, danse, théâtre, folklore, gastronomie, etc.) à un large public.

Programme 

Vendredi 21 août à 15h : début par un défilé festif de folklore kurde, de la Place de la Bourse à la Place d’Espagne.

Les jours suivants : concerts, spectacles de danse, présentations culturelles et dégustation de plats et douceurs typiquement kurdes sur la Place d’Espagne.

Le programme détaillé est encore en cours d’annonce (ou disponible via brochure/QR code sur les affiches des organisateurs). Pour les dernières infos et le programme actualisé, suivez le compte officiel @KurdCultWeekBE sur X (Twitter), qui partage déjà les affiches et les détails de l’ouverture.