Dusseldorf a accueilli le premier congrès de la Fédération internationale de la langue kurde

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La Fédération internationale de la langue kurde a tenu son premier congrès ce samedi 27 juin à Düsseldorf, en Allemagne. Cet événement historique a réuni 120 membres ainsi que des représentants de 35 écoles kurdes venues du monde entier.

L’ouverture a vu la participation de plusieurs personnalités kurdes, allemandes et européennes, dont Shifa Barzani, le Dr Ismaïl Kamil, Falah Hassan et Dlaver Ajgayi. Un message de félicitations du PDKI (Parti démocratique du Kurdistan) a également été lu lors de la séance.

Dans un esprit démocratique, les membres ont procédé à l’élection de huit représentants qui dirigeront la Fédération pour les trois prochaines années.

Un engagement concret pour l’éducation

Grâce au soutien direct du Gouvernement régional du Kurdistan (GRK), environ 3 000 élèves kurdes sont actuellement scolarisés dans les 35 écoles de langue kurde soutenues par la Fédération à travers le monde. Celle-ci continue par ailleurs d’accompagner de nombreuses autres initiatives éducatives, avec un objectif clair : garantir à chaque enfant kurde de la diaspora l’accès à une éducation dans sa langue maternelle.

Créée en 2024 sous l’égide de la Confédération de la diaspora kurde, la Fédération internationale de la langue kurde s’est donnée pour mission de promouvoir l’enseignement du kurde et de préserver la langue maternelle au sein des communautés kurdes à l’étranger.

Ce premier congrès marque une étape importante dans le renforcement de la coopération internationale pour la préservation et la promotion de la langue kurde, afin de la transmettre aux générations futures.

Les Kurdes commémorent l’attaque chimique de Sardasht commise par Saddam en 1987

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IRAN / ROJHILAT – Ce 28 juin 2026 marque le 39e anniversaire de l’un des crimes les plus odieux de l’histoire contemporaine : l’attaque chimique perpétrée par le régime irakien de Saddam Hussein contre la ville kurde de Sardasht, située dans le Kurdistan oriental (Rojhilat) sous l’occupation iranienne.

Le 28 juin 1987, aux alentours de 16h30, l’aviation irakienne a largué une série de bombes contenant des agents chimiques, dont du gaz moutarde, sur cette ville paisible. Contrairement à de nombreuses attaques chimiques de la guerre Iran-Irak qui visaient des positions militaires, Sardasht était une ville civile sans défense. Ses habitants, en grande majorité kurdes, ont été directement ciblés.

Une première historique tragique

Cet acte constitue l’une des premières attaques chimiques délibérées contre une population civile dans l’histoire moderne. En quelques minutes, des milliers de personnes ont été exposées à des gaz toxiques. Les images et témoignages qui ont filtré à l’époque ont révélé l’horreur : civils brûlés, aveuglés, asphyxiés, enfants et personnes âgées touchés sans distinction. Les hôpitaux de la région, rapidement débordés, ont été témoins d’une souffrance indescriptible.

Selon les chiffres, environ 130 personnes ont été tuées immédiatement ou dans les jours qui ont suivi, tandis que des milliers d’autres ont été blessées, avec des séquelles physiques et psychologiques qui perdurent encore aujourd’hui. De nombreuses victimes souffrent, près de quatre décennies plus tard, de cancers, de problèmes respiratoires chroniques, de troubles de la vue et de maladies de peau.

Un crime sans justice réelle

Malgré l’ampleur du crime, les responsables de cette attaque n’ont jamais été véritablement jugés à la hauteur de leur responsabilité. Saddam Hussein, qui a utilisé à plusieurs reprises les armes chimiques contre les Kurdes (notamment lors de l’opération Anfal en 1988), a longtemps bénéficié d’une relative impunité de la part de la communauté internationale pendant la guerre contre l’Iran.

Aujourd’hui encore, les survivants de Sardasht et leurs familles réclament reconnaissance, justice et réparation. Chaque année, des commémorations sont organisées pour honorer la mémoire des victimes et rappeler que l’utilisation d’armes chimiques contre des civils constitue un crime contre l’humanité.

Mémoire et résilience kurde

Sardasht est devenue un symbole de la souffrance du peuple kurde, mais aussi de sa résilience. Malgré les bombardements, les persécutions et l’oubli international, les Kurdes continuent de porter cette mémoire collective avec dignité et détermination.

39 ans après, la plaie reste ouverte. Le 28 juin n’est pas seulement une date anniversaire : c’est un rappel douloureux que les armes chimiques ont été utilisées contre des innocents, et que la lutte pour la vérité et la justice doit se poursuivre.

SYRIE. Quatre Alaouites tués à Homs et à Hama

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SYRIE – Au moins quatre Alaouites ont été tués hier dans les régions de Homs et Hama. Depuis la prise du pouvoir par Ahmed al-Sharaa (Jolani), on assiste aux massacres des minorités alaouites, kurdes et druzes…

Dans le nord de Homs, deux bergers alaouites, Mahmoud Mohsen Al-Abdallah et Yakoub Rajab Aydeh, ont été abattus alors qu’ils rentraient chez eux dans le village d’Akrad Ad-Dassnieh. Les deux hommes étaient non armés et n’avaient, selon leur entourage, aucun lien avec l’ancien régime Assad.

Dans la campagne de Hama, deux autres Alaouites ont été assassinés dans des circonstances similaires :

  • Ibrahim Mashhour Nassif, commerçant, tué par balle équipée d’un silencieux dans le village d’Al-Khurssan par des assaillants à moto.

  • Yehia Ali Al-Saleem, 23 ans, également propriétaire d’une boutique, abattu dans le village de Kesseen.

Une recrudescence des violences contre les minorités

Dans les trois cas, les auteurs ont pris la fuite et les forces de sécurité présentes sur les lieux n’ont procédé à aucune interpellation.

Ces assassinats s’inscrivent dans une série d’attaques ciblées contre des membres de minorités (alaouites, druzes, chrétiens et kurdes) depuis la prise du pouvoir par Ahmed al-Sharaa (anciennement Abou Mohammad al-Jolani) et Hayat Tahrir al-Cham.

KURDISTAN. Un opposant kurde d’Iran assassiné à Erbil

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IRAK / KURDISTAN – Le corps d’un combattant du groupe d’opposition kurde d’Iran, PAK, a été retrouvé à Erbil, poignardé et abattu d’ un pistolet, dans un contexte de menaces croissantes de la République islamique d’Iran contre les groupes kurdes basés dans la région du Kurdistan.

Adib Khaldyan, membre de la direction du Parti pour une Vie Libre au Kurdistan (PAK), a identifié la victime comme étant Soran Mohammadzadeh, un cadre appartenant aux comités secrets du parti en Iran. Il a refusé de fournir davantage de détails sur les circonstances de l’assassinat.

« Nous attendons les résultats de l’enquête des forces de sécurité pour déterminer comment cet incident s’est produit », a déclaré Khaldyan, tout en affirmant être « certain » que l’Iran est derrière ce meurtre. « Ils ont mené des opérations similaires par le passé », a-t-il ajouté.

Les services de renseignement iraniens, notamment les Gardiens de la révolution et le ministère du Renseignement, sont régulièrement accusés d’avoir perpétré plusieurs assassinats ciblés dans les provinces d’Erbil et de Souleimaniye.

Téhéran qualifie les groupes d’opposition kurdes de « séparatistes » et de « terroristes », ce qui lui sert de justification pour mener des opérations d’élimination ciblée, tant sur le sol kurde qu’à l’étranger, via des commandos, des drones ou des missiles.

Précédents à Erbil et Souleimaniye

Parmi les assassinats les plus marquants attribués à l’Iran dans la région figurent :

  • Siamand Shaboi (KDPI) en 2023 ;

  • Mousa Babakhani (KDPI) en 2021.

Selon l’organisation Hengaw, les deux hommes présentaient des traces de torture avant d’être abattus. Hengaw a également documenté l’assassinat de Behruz Rahimi (PJAK) en 2022 à Souleimaniye, tué par balles dans sa voiture.

Assassinats en Europe

L’Iran est également accusé d’avoir éliminé des dirigeants kurdes de haut rang en Europe. Les cas les plus emblématiques restent :

  • L’assassinat d’Abdul Rahman Ghassemlou, dirigeant du KDPI, à Vienne en 1989 ;

  • Celui de son successeur, Sadegh Sharafkani, à Berlin en 1992.

À la suite de ce dernier assassinat, un tribunal fédéral allemand a conclu que ces meurtres avaient été directement ordonnés par les plus hautes autorités iraniennes, provoquant une grave crise diplomatique et le rappel temporaire des ambassadeurs européens à Téhéran.

Un Kurde devient sacré champion du monde WBC des poids lourds

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SPORT – Le boxeur germano-kurde Agit Kabayel a écrit l’histoire samedi en devenant le nouveau champion du monde WBC des poids lourds. Invaincu, il devient le premier Kurde à remporter un titre mondial dans la catégorie reine, et le premier Allemand à réaliser cet exploit depuis près d’un siècle.

« Incroyable ! À compter d’aujourd’hui, je suis champion du monde WBC des poids lourds », a-t-il annoncé sur Instagram. « Le premier champion du monde kurde de l’histoire et le premier Allemand depuis près de 100 ans. Les mots me manquent. »

Le parcours vers le sommet

Kabayel, né à Leverkusen de parents kurdes originaires du Bakur, a gravi les échelons avec constance et discipline. Champion intérimaire WBC, il a profité de l’abandon du titre par Oleksandr Usyk pour être sacré champion du monde à part entière.

Parmi ses victoires marquantes : le KO retentissant face au Chinois Zhilei Zhang en février 2025 pour le titre intérimaire, suivi d’une nouvelle démonstration de force en janvier dernier contre le Polonais Damian Knyba.

Un champion fier de son identité

Au-delà de la performance sportive, Kabayel porte avec fierté son identité kurde. Il a souvent répété : « Nous ne formons qu’un seul peuple », et a dédié ses succès à la nation kurde. En avril 2025, il avait remis sa ceinture de champion intérimaire au président Massoud Barzani lors d’une visite à Erbil, symbolisant le lien entre son combat sur le ring et celui du peuple kurde.

Cette victoire intervient dans un été exceptionnel pour le sport kurde, marqué également par les performances de son ami Deniz Undav, révélation de la Coupe du monde 2026 avec l’Allemagne.

À 33 ans, Agit Kabayel, toujours invaincu, entame son règne de champion du monde en portant haut les couleurs kurdes et allemandes sur la scène internationale.

Agit Kabayel est devenu le premier champion du monde poids lourds kurde de l’histoire de la boxe, couronnant une ascension fulgurante, d’espoir méconnu à roi du WBC. Son triomphe, conjugué aux performances remarquables de Deniz Undav lors de la Coupe du monde, fait de 2026 une année charnière pour la représentation kurde dans le sport international.

TURQUIE. Les mères du samedi demandent justice pour Ibrahim Kartay

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TURQUIE / KURDISTAN – Lors de leur 1109e veillée sur la place Galatasaray à Istanbul, les Mères du samedi ont rendu hommage à Ibrahim Kartay, un Kurde d’Amed victime de disparition forcée.

Le 15 août 1994, lors d’une opération militaire dans le district de Hani, province d’Amed (Diyarbakır), Ibrahim Kartay a été arrêté par des soldats turcs. Depuis ce jour, il n’a plus jamais donné signe de vie.

Selon le communiqué lu par les Mères du samedi, les soldats ont encerclé tôt le matin le village de Horî et plusieurs localités environnantes. Les habitants ont été forcés de quitter leurs maisons, puis de nombreuses habitations ont été incendiées.

Ibrahim Kartay avait d’abord mis sa femme, Salime Çakır, alors enceinte de six mois, et leurs trois enfants en sécurité. Il est ensuite retourné chez lui pour récupérer de la nourriture. Sur le chemin du retour, des témoins l’ont vu être enlevé par des soldats.

Les recherches et les menaces

Sa famille l’a cherché sans relâche pendant des années. Dix jours après sa disparition, son épouse et son père ont porté plainte auprès du parquet et de la gendarmerie de Hani. Ils ont d’abord été informés de sa libération, avant que le père ne soit menacé et intimidé par des tirs de sommation.

Un témoignage décisif est venu d’un ancien détenu qui affirme avoir partagé la cellule d’Ibrahim Kartay pendant huit jours. Ce dernier lui aurait confié ce message poignant : « Dites à ma famille et à mes proches qu’ils vont me tuer. »

De nouvelles pistes et l’impunité

Plus de vingt ans après les faits, une nouvelle piste a émergé. Un gardien de cimetière a indiqué que Kartay pourrait avoir été enterré près d’un transformateur électrique au cimetière de Hani. Des fouilles ordonnées par le parquet en 2015 ont permis de découvrir des fragments d’os et des morceaux de vêtements, mais les analyses ADN n’ont pas permis d’identifier le corps.

« Trente-deux ans se sont écoulés, et le sort d’Ibrahim Kartay reste encore un mystère », a déclaré Aysel Ocak au nom des Mères du samedi. Elle a dénoncé l’impunité totale : « Ni ceux qui l’ont arrêté, ni ceux qui ont ordonné ou couvert sa disparition n’ont jamais été traduits en justice. »

La veillée s’est achevée en silence, par le dépôt d’œillets rouges sur la place Galatasaray, symbole de mémoire et de résistance pacifique.

Depuis plus de 31 ans, les mères du samedi demandent justice pour leurs disparu.e.s
 
Le samedi 27 mai 1995, les Mères du Samedi (en kurde: Dayikên Şemiyê, en turc: Cumartesi Anneleri) descendaient pour la première fois sur la place Galatasaray, à Istanbul, pour exiger la fin des disparitions forcées et demander qu’on leur rende leurs proches portés disparus.
 
Les « mères du samedi » reprochent à l’État turc de ne pas avoir enquêté sérieusement pour établir la vérité sur ceux qui ont disparu après leur mise en détention par les autorités turques.
 
Selon l’Association des droits de l’Homme (IHD), entre 1992 et 1996, 792 disparitions forcés et meurtres (de journalistes, syndicalistes, médecins, enseignants, enfants ou simples paysans) par l’État ont été signalés dans les régions kurdes de Turquie.

La région de Jazira : nouveau carrefour commercial du Moyen-Orient

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SYRIE / ROJAVA – La région de Jazira, située au cœur du Rojava dans le nord-est de la Syrie, constitue l’une des zones les plus stratégiques et les plus riches du pays. Historiquement ancrée dans le territoire kurde, elle se distingue par ses terres exceptionnellement fertiles, ses ressources en eau, ainsi que ses importantes réserves de pétrole et de gaz naturel. Véritable pilier économique de la Syrie, elle joue un rôle central tant dans l’agriculture que dans la production énergétique.

Une position géostratégique unique

Nichée entre la Turquie au nord, l’Irak à l’est et le reste de la Syrie au sud-ouest, la Jazira bénéficie d’une situation privilégiée qui en fait un corridor de transit naturel. Traversée par l’autoroute internationale M4, qui relie la côte méditerranéenne à la frontière irakienne, elle constitue un axe logistique majeur facilitant les échanges commerciaux entre l’Irak, la Syrie, la Turquie et, au-delà, vers l’Europe.

Traditionnellement surnommée le « grenier à blé de la Syrie », la région produit entre 60 % et 70 % de la production nationale de blé, soit environ un million de tonnes par an. Elle est également un haut lieu de culture de l’orge, du coton et des lentilles.

Sur le plan énergétique, les champs pétrolifères de Rmeilan, Shadadi, Derik et leurs environs représentent la principale source de production de pétrole et de gaz du pays, avec une production estimée à environ 120 000 barils par jour pour Rmeilan.

Les points de passage frontaliers stratégiques

Le dynamisme économique de la Jazira repose largement sur ses postes-frontières :

  • Tel Kocher (Rabia) : Réouvert en avril 2026 après près de 13 ans de fermeture, ce point de passage avec l’Irak est devenu l’un des axes commerciaux les plus vitaux. Il permet le transport de pétrole, de carburants, de produits agricoles et de matières premières, tout en facilitant la circulation des personnes.

  • Semalka (Derik) : Principal point de passage vers le Kurdistan irakien (Kurdistan méridional), il joue un rôle essentiel dans le commerce et l’acheminement de l’aide humanitaire.

  • Qamishlo (Nusaybin) : Capitale administrative et économique de la Jazira, cette ville frontalière avec la Turquie bénéficie d’un aéroport et d’une activité industrielle et commerciale soutenue.

  • Darbasiyah : Important centre historique du commerce frontalier, particulièrement actif dans le secteur agricole.

  • Serê Kaniyê / Ras al-Ain : Situé sur l’autoroute M4, ce poste renforce le réseau de transport régional.

Un nouvel élan économique

La réouverture du poste de Tel Kocher marque un tournant décisif. Elle a déjà permis :

  • L’accélération des importations de carburant irakien ;

  • La reprise du transport de pétrole et de diesel ;

  • Le redémarrage du commerce agricole et industriel ;

  • La relance progressive du transport de passagers.

Grâce à l’autoroute M4 et à ces points de passage, la Jazira est en passe de devenir un nouveau pôle logistique majeur au Moyen-Orient. Le transport des ressources énergétiques irakiennes vers la Méditerranée via le territoire syrien ouvre des perspectives prometteuses, positionnant la région comme un corridor énergétique et commercial stratégique sur l’axe irako-syro-turc.

 

Le Kurdistan décroche un record du monde Guinness avec 1000 personnes en costume traditionnel kurde

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KURDISTAN – Le 24 juin dernier, plus de 1 000 participants vêtus de magnifiques tenues traditionnelles kurdes se sont rassemblés à Erbil, établissant un nouveau record du monde Guinness pour le plus grand rassemblement de personnes en costume traditionnel et marquant une étape majeure pour la valorisation du patrimoine culturel kurde.

Des milliers de jeunes, vêtus de magnifiques costumes traditionnels kurdes aux couleurs vives, ont envahi la place publique du Centre de la jeunesse d’Erbil mercredi soir, offrant un spectacle haut en couleur et riche en émotion. Le Festival des vêtements culturels kurdes s’est achevé par un exploit historique : le Kurdistan a officiellement décroché un record du monde Guinness.

Organisé par la Fondation du Kurdistan, l’événement a réuni plus de 1 000 participants portant des tenues authentiques représentant les différentes régions du Kurdistan. Ce rassemblement exceptionnel a permis d’établir le nouveau record du plus grand rassemblement de personnes en vêtements traditionnels.

Dès 17h00, la place s’est transformée en une véritable vitrine vivante du patrimoine kurde. Des jeunes venus de tout le Kurdistan y ont arboré fièrement les habits traditionnels propres à leurs régions, mettant en lumière la richesse et la diversité de la culture kurde.

Après plusieurs heures d’inscription et de vérification minutieuse effectuées par des représentants officiels du Guinness World Records, le programme de la scène principale a débuté à 20h00. À 20h40, l’annonce tant attendue est tombée : le record a été battu. Une vague de joie et de fierté a aussitôt submergé les participants et le public présent.

Pour la Fondation du Kurdistan, cet exploit dépasse largement le cadre d’un simple record. Il s’agit avant tout d’un message fort adressé au monde entier sur la vitalité, l’unité et la volonté de préserver le patrimoine culturel kurde.

« L’objectif principal était de renforcer chez les jeunes générations la fierté de leur identité et de leurs racines », ont souligné les organisateurs. Mission accomplie. Les vêtements traditionnels kurdes, symboles vivants d’une culture millénaire, ont brillé ce soir-là comme jamais.

Ce record du monde, reconnu internationalement, constitue désormais un témoignage puissant de la résilience et de la détermination du peuple kurde à transmettre son héritage aux générations futures.

#IRANWAR. Depuis le cessez-le-feu, l’Iran a ciblé 50 fois l’opposition kurde en Irak

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IRAK / KURDISTAN – Depuis le cessez-le-feu ayant mis fin à la guerre de 40 jours entre l’Iran, les États-Unis et Israël, la République islamique d’Iran a mené au moins 50 attaques par missiles et drones suicides contre les quartiers généraux, camps et complexes résidentiels des partis d’opposition kurdes iraniens basés au Kurdistan irakien. La plus récente de ces frappes a eu lieu le mardi 16 juin 2026, visant à nouveau des positions de ces partis suite à l’annonce d’un nouvel accord entre Téhéran et Washington.

Selon les données vérifiées et documentées par Hengaw, ONG de défense des droits humains, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et ses milices supplétives ont poursuivi leur campagne transfrontalière contre les opposants kurdes, et ce, malgré le cessez-le-feu officiellement entré en vigueur le 8 avril 2026.

La frappe du 16 juin constitue la 50e attaque recensée depuis le cessez-le-feu et la première après le dernier accord irano-américain. Elle a ciblé le camp civil du Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDKI) à Zewe Spi, près de la ville de Koya.

Victimes humaines

D’après Hengaw, ces attaques ont délibérément visé des camps et zones résidentielles densément peuplées, abritant principalement les familles des peshmergas. Au total, au moins quatre personnes ont été tuées, dont trois combattantes peshmergas et un civil, et au moins 20 autres ont été grièvement blessées.

Les personnes tuées sont :

  • Ghazal Mawlan, combattante peshmerga membre du Parti Komala du Kurdistan ;

  • Neda Miri, combattante peshmerga membre du Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDKI) ;

  • Samira Allahyari, combattante peshmerga membre du Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDKI) ;

  • Shahin Azarbarzin, civil âgé de 17 ans, enfant d’une famille peshmerga affiliée au PDKI.

Par ailleurs, au moins 20 membres des forces peshmergas ont été blessés au cours de ces attaques, dont 14 appartenant au Parti de la liberté du Kurdistan (PAK).

Avant le cessez-le-feu, les mêmes quartiers généraux et camps avaient déjà été pris pour cible à 167 reprises durant les 40 jours du conflit. Ces frappes avaient coûté la vie à fév combattants peshmergas — Jalal Rashidi, Esmail Rahimi, Omid Veisi, Eqbal Salehi et Fakhraddin Moradi — et fait au moins 30 blessés.

Répartition des attaques depuis le cessez-le-feu

Les 50 attaques recensées se répartissent comme suit :

  • Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDKI) : 23 attaques

  • Parti Komala du Kurdistan : 11 attaques

  • Parti de la liberté du Kurdistan (PAK) : 8 attaques

  • Parti Komala du Kurdistan iranien : 6 attaques

  • Parti communiste iranien (Komala) : 1 attaque

  • Organisation Khabat du Kurdistan iranien : 1 attaque

Au-delà du ciblage des zones résidentielles abritant des familles de réfugiés, la République islamique et ses milices ont directement frappé des écoles, des centres médicaux et des bibliothèques. Le bombardement systématique d’établissements scolaires fréquentés par des enfants, la destruction d’infrastructures de soins destinées aux civils et aux blessés, ainsi que les attaques contre des lieux culturels constituent des violations graves des Protocoles additionnels aux Conventions de Genève.

L’organisation Hengaw pour les droits de l’homme souligne que la poursuite de ces attaques après le cessez-le-feu démontre que les autorités iraniennes considèrent la baisse des tensions régionales comme une opportunité pour intensifier leur répression politique contre les Kurdes et poursuivre l’élimination physique des réfugiés politiques kurdes en Irak.

Politique d’appauvrissement au Kurdistan

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TURQUIE / KURDISTAN – L’appauvrissement au Kurdistan n’est pas un simple problème économique, mais une politique délibérée de privation qui touche profondément la vie sociale et économique des régions kurdes.

La pauvreté au Kurdistan du Nord n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’une politique régionale systématique et de longue haleine, menée depuis des décennies. La question centrale est la suivante : quel est le nom de cette politique, qui vise-t-elle et quelles en sont les conséquences ?

Lorsqu’on examine le classement des revenus par habitant en Turquie, les provinces qui occupent systématiquement les dernières places présentent les mêmes caractéristiques : Siirt, Mardin, Diyarbakır, Batman, Van, Ağrı, Muş et Bitlis. Ces villes partagent non seulement leur position en bas du classement économique, mais aussi leur situation géographique au Kurdistan.

Les données publiées par l’Institut turc de la statistique (TÜİK) en 2024 confirment ce constat. Pourtant, les racines de cette situation sont bien plus anciennes et ses effets demeurent continus.

La pauvreté au Kurdistan est-elle un simple « échec du développement » ou le résultat d’une politique délibérée ? L’analyse croisée des données, de l’histoire et des conditions sociales actuelles révèle non pas une pauvreté ordinaire, mais un processus actif d’appauvrissement.

Pauvreté ou appauvrissement ?

La pauvreté est généralement définie comme l’incapacité à satisfaire ses besoins fondamentaux. Cette définition occulte cependant ses causes. Faibles revenus, chômage et précarité de l’emploi en constituent le visage économique. Dans le cas du Kurdistan, une autre réalité se cache derrière ces indicateurs : l’appauvrissement.

L’appauvrissement désigne l’exclusion systématique d’une région de l’accès à l’éducation, aux soins de santé, aux transports et aux investissements, ainsi que son exposition aux expropriations foncières, aux pratiques coloniales et aux politiques de développement inégalitaires. Cette distinction n’est pas seulement conceptuelle, elle est éminemment politique. En rendant invisibles les causes structurelles de la pauvreté, le système empêche toute solution réelle.

Si la pauvreté renvoie à des facteurs économiques (manque de revenus, chômage, bas salaires) et appelle des réponses sociales et d’emploi, l’appauvrissement renvoie à une privation délibérée d’une région. Il résulte de la convergence de facteurs politiques, historiques et économiques, et sa résolution exige une transformation structurelle.

Traces d’une économie coloniale

D’un point de vue économique, l’histoire du Kurdistan du Nord au XXe siècle montre une région instrumentalisée pour fournir des matières premières et une main-d’œuvre bon marché à la Turquie. La plupart des terres agricoles ont été placées sous contrôle étatique, tandis que les politiques d’industrialisation ont systématiquement contourné la région. Les évacuations de villages et les migrations forcées des années 1990 ont constitué la phase la plus brutale de ce processus : la destruction de milliers de villages et le déplacement de millions de personnes ont dévasté la production agricole et le tissu social. Les familles migrantes ont rejoint les couches les plus précaires de la classe ouvrière dans les périphéries des grandes villes de l’ouest (Pour exemple : Istanbul, Izmir, Mersin).

La réalité actuelle, héritière de cette histoire, a longtemps été masquée par le discours d’une « région sous-développée ». Or, ce sous-développement n’est pas naturel, mais le produit de choix historiques, politiques et économiques. Au cours de la dernière décennie, cette logique s’est poursuivie par de nouveaux mécanismes.

Nouveaux instruments d’appauvrissement délibéré

La destitution des maires élus et la nomination d’administrateurs d’État dans tout le Kurdistan après 2016 ne constituaient pas seulement une intervention politique, mais aussi un choix économique. Cette politique, appliquée dans des dizaines de municipalités, a profondément perturbé les économies locales : projets d’emploi, coopératives et services sociaux ont été désorganisés. Dans les grandes villes comme Diyarbakır, Mardin et Van, de nombreux employés municipaux ont perdu leur emploi, tandis que les agences de développement, programmes agricoles et formations professionnelles ont été affaiblis ou supprimés.

Transformation urbaine et dépossession

Les longs couvre-feux et les opérations militaires dans des districts comme Cizre, Sur, Nusaybin et Silopi ont provoqué une dévastation économique majeure. Des dizaines de milliers de personnes ont perdu leur logement, leur commerce et leurs économies. Les quartiers détruits sont restés à l’abandon pendant des années, tandis que les projets de reconstruction étaient confiés à de grandes entreprises de construction via des appels d’offres centralisés. Ce processus s’apparente à ce que l’on nomme, en temps de guerre, « l’accumulation par dépossession ». Les investisseurs extérieurs ont acquis des biens à bas prix, tandis que les habitants déplacés se sont retrouvés dans des logements temporaires ou contraints d’émigrer.

Une économie de dépendance

Ces dernières années, la politique économique de l’État envers la région s’est orientée moins vers des investissements de développement que vers une aide sociale conditionnelle. Les distributions d’aide par les fondations d’assistance sociale augmentent notablement en période électorale. Cette approche ne vise pas à éradiquer la pauvreté, mais à la rendre supportable et à entretenir une dépendance vis-à-vis de l’État. Les chercheurs qualifient cette relation d’« économie de la dépendance politique ».

De la question kurde au chômage

Les études de terrain montrent un changement significatif dans les priorités des Kurdes au cours de la dernière décennie. Avant 2016, les habitants des villes kurdes citaient en priorité la « question kurde » et le « conflit ». Depuis, les préoccupations se sont déplacées vers la « crise économique » et le « chômage ».

Selon les données du Centre de recherche socio-politique (SAMER), la société se concentre davantage sur les problèmes économiques que sur les questions politiques. Ce glissement est-il spontané ou le résultat d’un processus délibéré ? Face aux pressions économiques quotidiennes, les questions politiques de long terme s’effacent derrière les impératifs de survie. L’appauvrissement remplit ainsi une fonction non seulement économique, mais profondément politique : il érode l’organisation politique et la mémoire collective.

Les conséquences plus profondes de l’appauvrissement

L’accès à l’éducation reste un problème majeur, mêlant facteurs économiques et politiques. De nombreux enfants entrent très jeunes sur le marché du travail, notamment dans l’agriculture saisonnière et l’économie informelle. Les taux d’abandon scolaire sont élevés et l’accès à l’enseignement supérieur faible. Les jeunes diplômés, ne trouvant pas d’emploi sur place, émigrent vers l’ouest ou à l’étranger, alimentant une fuite des cerveaux qui renforce le cercle vicieux.

Les pressions économiques ont également fragilisé les réseaux traditionnels de solidarité. Le déclin des relations de voisinage, l’affaiblissement des liens communautaires et la perte de confiance mutuelle témoignent d’une transformation profonde : la solidarité collective cède progressivement la place à des stratégies de survie individuelles.

Solutions temporaires et leurs risques

La plupart des mesures mises en œuvre contre la pauvreté restent temporaires. Elles traitent les symptômes sans s’attaquer aux causes structurelles. Si les aides alimentaires et financières sont indispensables, elles ne résolvent pas le problème de l’appauvrissement systémique.

Avant 2016, de nombreuses organisations de la société civile comblaient une partie de ce vide. Leur fermeture massive après l’état d’urgence a créé un immense manque, aggravant la pauvreté. La contradiction fondamentale réside dans la relation de dépendance qu’entretient cette aide entre « donateur » et « bénéficiaire ».

Solutions structurelles : des coopératives aux assemblées locales

Faire face à l’appauvrissement implique d’envisager des réponses structurelles. L’experience des mouvements populaires dans les sociétés coloniales et semi-coloniales montre l’efficacité de la socialisation des moyens de production, du développement d’économies coopératives et du renforcement des circuits courts via des assemblées locales.

Ces débats ne sont pas nouveaux au Kurdistan. Malgré les conditions difficiles et la répression des dernières années, certaines expériences — coopératives féminines, réseaux de solidarité agricole et initiatives de production locale — portent un réel espoir. Pour les généraliser et en faire une alternative crédible, il est nécessaire de reconstruire le lien entre organisation politique, démocratie locale et production collective. (ANF)