L’écrivaine kurde, Meral Şimşek au Festival littéraire de Munich

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Allemagne – L’écrivaine et poétesse kurde Meral Şimşek participera au Festival littéraire de Munich (Literaturfest München), qui se tiendra du 21 au 30 avril 2026 sous la direction de la kuratrice Dana Grigorcea. Le festival est placé cette année sous le thème central de la « Liberté ».

Le 22 avril à 18h, Meral Şimşek interviendra lors de l’événement « Voix de la liberté » aux côtés du poète érythréen Yirgalem Fisseha Mebrahtu et de l’écrivain syrien Yassin Al-Haj Saleh. Ensemble, ils aborderont les liens entre littérature, prison, exil et liberté d’expression.

Lors de cette soirée, l’autrice lira son œuvre en langue kurde « Rûmet », qu’elle a dédiée à ses proches disparus.

Née à Diyarbakır, Meral Şimşek est une figure majeure de la littérature kurde contemporaine. Poétesse, romancière et éditrice, elle est connue pour ses écrits engagés sur les questions kurdes, l’exil et la résistance.

Points forts du programme (sélection) :

  • 21 avril, 19h – Ouverture officielle avec Maria Kalesnikava (Biélorussie), Raphaela Gromes et Dan Perjovschi.

  • 22 avril, 20h30 – Entretien avec Maria Alyokhina (Pussy Riot).

  • 23 avril, 20h – Soirée de lectures pour la Journée mondiale du livre.

  • Autres invités : Robert Menasse, Navid Kermani, Gabriela Adameșteanu…

Le festival proposera tout au long de ces dix jours des lectures, conférences, projections et ateliers autour du rôle social de la littérature face aux enjeux contemporains.

IRAN. Une Kurde arrêtée pour les opinions politiques de son frère

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IRAN / ROJHILAT – Une jeune Kurde de 32 ans, Sahar Mahdi, a été arrêtée par les services de renseignement iraniens le jeudi 16 avril 2026 lors d’une descente à son domicile familial. Elle a été transférée vers un lieu de détention tenu secret et risque une lourde peine pour l’accusation fabriquée d’« espionnage ».

Selon l’organisation Hengaw pour les droits humains, les forces de sécurité ont perquisitionné la maison sans aucun mandat judiciaire. Aucune information officielle n’a été communiquée sur son lieu exact de détention ni sur son état de santé.

Une source proche de la famille rapporte que le pouvoir judiciaire a émis un ordre de détention provisoire de deux mois. Les autorités justifient cette arrestation par le simple lien familial : le frère de Sahar Mahdi est membre du Parti de la liberté du Kurdistan (PAK). Elles l’accusent d’« espionnage » en raison des activités politiques de son frère, sans aucune preuve tangible contre elle.

Cette affaire illustre une nouvelle fois la répression systématique exercée par le régime iranien contre les Kurdes, où les proches de militants ou d’opposants sont pris pour cible afin de faire pression sur toute une famille. À Saqqez, symbole de la révolte « Femme, Vie, Liberté » suite à la mort de Mahsa Amini, les arrestations arbitraires et les accusations infondées se multiplient.

Sahar Mahdi se trouve aujourd’hui dans l’inconnu le plus total, privée de tout contact avec sa famille et sans accès à un avocat.

Ilham Ahmed : « Les Kurdes participeront au comité de rédaction de la nouvelle constitution syrienne »

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SYRIE / ROJAVA – La coprésidente du Département des relations extérieures de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES), Ilham Ahmed, s’est entretenue avec les agences de presse Hawar (ANHA) sur l’état d’avancement du processus d’intégration entre l’Administration autonome et le gouvernement intérimaire syrien.

Réunion du 15 avril à Damas

Lors d’une réunion tenue le 15 avril à Damas, Ilham Ahmed a rencontré le commandant en chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi, et le chef du gouvernement intérimaire syrien, Ahmad al-Sharaa. Les discussions ont porté sur les progrès, les obstacles et les défis du processus d’intégration.

La question de l’éducation au cœur des discussions

Ilham Ahmed a indiqué que l’un des principaux points abordés concernait la reconnaissance des diplômes délivrés par l’Administration autonome. Malgré l’accord conclu le 29 janvier, ce dossier reste en suspens plusieurs mois plus tard.

« Les ministres de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur des deux parties se rendront prochainement à Al-Hasakah (Haseke) afin de mettre en place un mécanisme concret pour résoudre ce problème », a-t-elle déclaré. D’autres réunions sont prévues pour discuter du système éducatif et de la langue d’enseignement.

Avancées et limites du processus d’intégration

Selon Ilham Ahmed, des mesures administratives ont déjà été prises, notamment la nomination de directeurs dans les secteurs de la santé et de l’éducation. Cependant, de nombreuses autres directions restent à définir. Un nouveau mécanisme de nomination sera mis en place prochainement.

Des progrès ont également été enregistrés concernant la désignation de représentants régionaux, même si des nominations au niveau des ministères et des directions générales restent à finaliser.

Gestion des passages frontaliers

Un mécanisme de gestion a été établi pour le poste-frontière de Semalka et les autres points de passage. Les employés de l’Administration autonome continuent d’exercer leurs fonctions dans le cadre de cette intégration.

Défis et besoin de consensus

Ilham Ahmed a souligné plusieurs difficultés dans la mise en œuvre de l’intégration, notamment la question des nominations :

« Certains chefs de direction ont été nommés par le gouvernement intérimaire après la chute du régime d’Assad, ce qui crée des complications. Il faut trouver un consensus entre les nominations proposées par l’Administration autonome et celles du gouvernement intérimaire. Les cadres expérimentés de l’AANES ne doivent pas être exclus. »

Elle a insisté sur l’importance de tenir compte de l’expérience accumulée par l’Administration autonome, en privilégiant la compétence, la spécialisation et la représentation équitable de toutes les composantes de la société (Kurdes, Arabes, Syriaques…).

Représentation des femmes : un défi majeur

La coprésidente a regretté que, jusqu’à présent, seuls des hommes aient été nommés directeurs dans les secteurs de la santé et de l’éducation, malgré la forte présence de femmes au sein des institutions de l’AANES.

« La participation des femmes doit devenir une priorité. Ce dossier rencontre encore de nombreux obstacles », a-t-elle affirmé.

Dossier des Unités de protection des femmes (YPJ)

La question de l’officialisation des Unités de protection des femmes (YPJ / UPF) reste à l’ordre du jour du gouvernement intérimaire. Les discussions se poursuivront jusqu’à la conclusion d’un accord.

Représentation parlementaire et réorganisation municipale

Un comité central et un comité préparatoire à Al-Hasakah travaillent à la désignation de représentants d’Al-Hasakah et de Kobanê au Parlement syrien (Assemblée du peuple).

Par ailleurs, le système municipal du Rojava sera réorganisé dans le cadre du nouveau système afin d’améliorer les services publics.

Vers une nouvelle constitution syrienne

Concernant l’élaboration d’une nouvelle constitution, Ilham Ahmed a déclaré :

« Une fois la représentation du Rojava au Parlement clarifiée, le dossier constitutionnel sera examiné sérieusement. Les Kurdes participeront au comité de rédaction de cette nouvelle constitution. La Syrie a besoin d’une constitution inclusive qui représente tous les peuples du pays. Les Kurdes sont des partenaires fondamentaux dans la construction de la nouvelle Syrie et joueront un rôle essentiel dans les étapes à venir. »

Dossier des détenus kurdes

Enfin, la question des détenus n’a pas encore été réglée. Ilham Ahmed a insisté sur la nécessité de libérer tous les prisonniers politiques dans les plus brefs délais.

128 ans de journalisme kurde

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Le 22 avril, les Kurdes célèbrent la Journée de la presse kurde, marquant 128 ans d’une lutte historique pour des médias libres et indépendants.

Tout a commencé le 22 avril 1898 au Caire, en Égypte, avec la publication du premier journal kurde : « Kurdistan ». Fondé par le prince Miqdad Mithat Bedirxan, ce journal naissait en exil comme un acte de résistance face à la répression et à la négation de l’identité kurde par l’Empire ottoman.

Plus qu’une simple commémoration, cette journée incarne le long combat des médias kurdes pour la liberté d’expression. Dès ses origines, le journalisme kurde s’est imposé comme un outil puissant de préservation de l’identité culturelle, de défense des droits fondamentaux et de résistance politique.

Les premiers journalistes kurdes, confrontés à la censure, à l’exil et aux persécutions, ont souvent payé un lourd tribut. Nombre d’entre eux ont sacrifié leur liberté, voire leur vie, pour faire entendre la voix d’un peuple que l’on tentait de réduire au silence.

Aujourd’hui, le paysage médiatique kurde s’est largement diversifié : presse écrite, radios, chaînes de télévision, sites internet et réseaux sociaux. Ces médias jouent un rôle essentiel dans l’information du public, la sensibilisation internationale aux questions kurdes et la promotion des valeurs démocratiques.

Cependant, les défis restent importants. Dans plusieurs régions, notamment au Kurdistan de Turquie et le Kurdistan d’Iran, les journalistes kurdes continuent de subir une répression systématique : arrestations arbitraires, procès politiques, fermetures de médias et menaces constantes. La liberté de la presse y demeure fragile et insuffisamment protégée.

À l’occasion de cette 128ᵉ Journée de la presse kurde, les journalistes et institutions médiatiques kurdes réaffirment leur engagement indéfectible en faveur de la vérité, de la justice sociale, des droits humains et de la démocratie. Ils rappellent que sans une presse libre et indépendante, il ne peut y avoir ni véritable démocratie ni paix durable.

Cette journée est également un appel à la vigilance : défendre la liberté d’expression et protéger les journalistes reste un combat quotidien.

Hejar Berenji répond à ceux qui veulent écarter les Kurdes de l’avenir de l’Iran

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IRAN / ROJHILAT – Hejar Berenji, membre du PDK-I (Parti démocratique du Kurdistan d’Iran), réfute l’idée d’exclure les Kurdes de la guerre et de l’avenir de l’Iran. Les Kurdes ont rejeté le régime islamique dès 1979 et continuent d’être ciblés par ses attaques transfrontalières, y compris pendant les cessez-le-feu. Selon lui, l’Iran n’est pas réformable : seule une transition vers un Iran démocratique, pluraliste et fédéral, avec une pleine participation kurde, peut apporter la stabilité. Dans un texte publié en réponse à l’article « Keep the Kurds Out of the Iran War (Gardons les Kurdes hors de la guerre en Iran) » hier soir sur son compte X (Twitter), Hejar Berenji écrit :

Les Kurdes ne sont pas des acteurs extérieurs à l’avenir de l’Iran : nous en faisons partie intégrante. Toute tentative de nous en exclure repose sur une lecture erronée de la réalité historique et politique.

Dès 1979, nous, Kurdes, avons compris la nature profonde de la République islamique et l’avons rejetée, alors que beaucoup croyaient encore possible une réforme du système. Ce régime ne se réforme pas : il s’adapte uniquement pour survivre.

Même lorsque les Kurdes restent en dehors des grands conflits régionaux, le régime continue de les frapper. Les attaques transfrontalières iraniennes contre nos positions au Kurdistan irakien se poursuivent, y compris pendant les cessez-le-feu.

L’inaction n’a jamais protégé personne. Le silence et l’indifférence n’ont fait qu’aggraver notre marginalisation et intensifier les pressions que nous subissons.

Les Kurdes ont pleinement le droit de lutter pour leur liberté, leur dignité et leur représentation politique. Nous ne cherchons pas à être instrumentalisés, mais à défendre nos intérêts légitimes et à devenir des alliés dans la construction d’un avenir stable.

La réalité est claire : la République islamique est irréformable. Sa survie menace non seulement le peuple iranien, mais aussi la stabilité de toute la région et l’ordre international.

La seule issue durable passe par un Iran démocratique, pluraliste et fédéral, où toutes les nations composant le pays jouissent de droits égaux et où tout retour à la dictature devient impossible.

Aujourd’hui, les Kurdes iraniens sont plus conscients politiquement et plus unis que jamais. Notre identité repose sur les droits nationaux, la dignité humaine et un projet d’avenir collectif.

Le rôle des Kurdes dans le changement en Iran n’est pas une option : il est essentiel. Il n’existe aucune voie réaliste vers la stabilité, ni en Iran ni dans la région, sans une participation pleine et entière du peuple kurde.

L’alliance kurde dénonce le silence de l’ONU face aux attaques d’Iran

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IRAK / KURDISTAN – La Coalition des forces politiques kurdes iraniennes a fermement condamné, samedi, le « silence » des Nations Unies face aux attaques répétées de l’Iran contre leurs bases dans la région du Kurdistan irakien.

Dans un communiqué, l’Alliance des partis politiques kurdes iraniens* critique vivement la représentation de l’ONU en Irak et au Kurdistan : « Leur silence et leur passivité face à ces crimes de guerre, ainsi que leur négligence de leurs responsabilités humanitaires, encouragent le régime de Téhéran à commettre davantage d’agressions et d’actes terroristes. »

L’alliance exige que ces attaques soient officiellement reconnues, documentées et qualifiées de crimes de guerre et de terrorisme international.

Contexte des attaques

L’Iran a multiplié les frappes de missiles et de drones contre les bases de ces partis d’opposition kurdes iraniens, notamment pendant la guerre qui l’a opposé aux États-Unis et à Israël (déclenchée le 28 février 2026). Un cessez-le-feu de deux semaines, négocié par le Pakistan, est entré en vigueur le 8 avril entre Washington et Téhéran. Pourtant, Téhéran a poursuivi ses attaques contre les Peshmergas kurdes iraniens même après cette trêve, faisant plusieurs morts.

L’alliance appelle le gouvernement irakien à adopter « des positions fermes et des mesures concrètes, légales et transparentes » pour protéger les réfugiés politiques et empêcher la répétition de tels crimes.

Condamnation de Masrour Barzani

De son côté, le Premier ministre de la région du Kurdistan, Masrour Barzani, a lui aussi fermement condamné samedi les récentes attaques de drones, qui ont fait au moins cinq morts malgré « le cessez-le-feu et les pourparlers de paix en cours » entre les États-Unis et l’Iran.

Il a réitéré son appel à Bagdad pour qu’il prenne des « mesures concrètes » afin de mettre fin à ces agressions, et exhorté les partenaires internationaux à fournir l’équipement nécessaire pour défendre le Kurdistan, notamment ses infrastructures civiles et énergétiques.

Ces frappes post-cessez-le-feu interviennent après un communiqué du consulat iranien à Erbil, dans lequel Téhéran exigeait l’expulsion de ces groupes kurdes iraniens, accusés de « collaborer » avec les ennemis de l’Iran.

La région du Kurdistan irakien abrite plusieurs partis d’opposition kurdes iraniens (PDKI, Komala, PAK, etc.), que le régime de Téhéran qualifie systématiquement de « terroristes » ou « séparatistes » et qu’il cible régulièrement par des opérations transfrontalières.

*La coalition est composée de six groupes politiques :

  • Le Parti Démocratique du Kurdistan d’Iran (PDKI)

  • Le Parti pour une Vie Libre au Kurdistan (PJAK)

  • Le Parti de la Liberté du Kurdistan (PAK)

  • L’Organisation Khabat du Kurdistan iranien

  • Le Parti Komala du Kurdistan (Komala des Travailleurs)

  • Le Parti Komala du Kurdistan iranien

« Les attaques iraniennes visent la volonté des femmes et l’unité du peuple kurde »

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SYRIE / ROJAVA – La Coordination Kongra Star et le Conseil des familles des martyrs ont fermement condamné les attaques menées par le régime iranien contre des camps du Kurdistan du Sud (Kurdistan irakien).

Dans un communiqué publié dimanche, Kongra Star a dénoncé le ciblage de ces camps, qui a notamment coûté la vie à la combattante Ghazala Moylan. « Ces attaques visent directement la volonté des femmes et l’unité de la société kurde », affirme l’organisation.

Le communiqué souligne que les opérations militaires ne peuvent ni résoudre les problèmes politiques ni apporter la stabilité à la région. Il dénonce une stratégie délibérée visant à semer la peur, à briser la résistance des femmes et à saper les efforts d’unification du peuple kurde.

Kongra Star rappelle que, chaque fois que les Kurdes ont tenté de consolider leur unité politique et organisationnelle, les puissances régionales ont intensifié leurs pressions et leurs attaques. L’Iran perçoit particulièrement les tentatives d’unification des partis kurdes comme une menace pour sa sécurité.

Depuis février 2026, les régions de Hewlêr (Erbil), Silêmanî (Souleimaniye) et Duhok ont subi plus de 450 attaques par drones et missiles. Selon les rapports, au moins 17 personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées. Ces frappes ont visé des sites civils, dans le but d’affaiblir la position politique kurde et d’imposer les intérêts iraniens dans la région.

L’organisation insiste sur le fait que la seule solution réside dans la démocratie, le dialogue politique et la reconnaissance des droits légitimes du peuple kurde. Elle met en garde contre le risque d’une crise plus large si la politique de pression et d’attaques se poursuit.

Refus de soigner la combattante blessée

Le communiqué condamne également le refus de certains hôpitaux et mosquées de Silêmanî d’accueillir le corps de Ghazala Moylan pour les rites funéraires. Kongra Star qualifie cette attitude de contraire aux valeurs religieuses et morales, et de profonde blessure pour la conscience du peuple kurde.

De son côté, le Conseil des familles des martyrs de Kobanê a publié un communiqué devant son siège, lu par l’administratrice Hiba Ma’mu. Il dénonce « des pratiques discriminatoires contraires à la justice et à l’humanité ».

« Refuser le corps d’une combattante martyre offense non seulement la défunte, mais heurte la conscience collective de tout un peuple », affirme le Conseil. Il rappelle que les femmes ont toujours été au cœur de la lutte kurde et que le sacrifice ne se mesure pas au genre. Ignorer le martyre de Ghazala Moylan constitue une insulte à toutes les combattantes et une tentative d’effacer leur rôle historique.

Le Conseil appelle les autorités à mettre fin à toute forme d’exclusion fondée sur le sexe, à respecter dignement les sacrifices des femmes et à rejeter toute discrimination. Il conclut que « les sociétés qui nient les sacrifices de leurs femmes nient une partie de leur propre humanité ».

Contexte des attaques récentes

Le 14 avril, une attaque de drone iranien sur le camp de Surdash a grièvement blessé Ghazala Moylan, qui a succombé à ses blessures. Le 17 avril, une autre frappe contre le camp d’Alan a tué les combattantes kurdes Nada Miri et Samira Elayari.

Kongra Star et le Conseil des familles des martyrs appellent la société kurde, les organisations de femmes et les défenseurs des droits humains à prendre une position claire contre ces attaques et à renforcer l’unité du peuple kurde.

Six ans de mensonges d’État : le scandale Gülistan Doku éclate au grand jour

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TURQUIE / KURDISTAN – À Dersim, le fils d’un gouverneur viole et assassine l’étudiante kurde Gülistan Doku dans un centre de jeunesse public. L’appareil d’État est aussitôt mobilisé pour étouffer le crime.

Selon de nombreuses accusations et témoignages concordants, le fils du gouverneur de Tunceli (Dersim) de l’époque, connu pour sa consommation de drogue, aurait violé Gülistan Doku dans une chambre spéciale qui lui avait été attribuée au sein d’un centre de jeunesse appartenant à l’État. Après le viol, il l’aurait tuée, puis enterrée secrètement dans un village rattaché à Pertek.

Durant toute cette opération, la police et les services de sécurité auraient agi sur ordre direct du gouverneur. Des ressources publiques ont été massivement utilisées pour faire disparaître les preuves : les données de la carte SIM de Gülistan ont été effacées et les appels entrants ont été délibérément redirigés vers de fausses pistes.

Tous les frais engagés — véhicules, personnel, logistique — ont été couverts par le budget de la préfecture. Tout au long du processus, les responsables ont été protégés, couverts et, pour certains, récompensés. L’auteur présumé du crime a continué à mener une vie privilégiée.

En résumé, de très nombreux éléments indiquent qu’un meurtre a été systématiquement étouffé par des représentants de l’État.

Six ans plus tard, la justice n’a toujours pas été rendue. Pire : ceux qui détenaient le pouvoir ont activement contribué à cette obstruction.

Aujourd’hui, alors que l’affaire refait surface avec de nouvelles arrestations, certains versent des larmes de crocodile sur le sort de Gülistan. Pourtant, à part celles et ceux qui se sont tenus aux côtés de la famille depuis le premier jour, la plupart des voix qui s’élèvent maintenant manquent cruellement de sincérité.

Il est particulièrement clair que certains responsables politiques, tant du côté du pouvoir que de l’opposition, font preuve d’une hypocrisie flagrante. Nous, journalistes qui suivons depuis des années des milliers d’affaires de meurtres impunis, de disparitions et de crimes d’État, connaissons trop bien ce scénario.

Les mains sales d’hier sont les mêmes qu’aujourd’hui.

La seule façon radicale de nettoyer cette saleté est une confrontation réelle avec la vérité, dans le cadre d’une justice indépendante et impartiale. Sans cela, les ordures ne disparaissent pas : elles sont simplement balayées sous le tapis, en attendant le prochain scandale. (Via Fehim Işık)

SYRIE. Deux journalistes kidnappés à Raqqa détenus à Alep

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SYRIE / ROJAVA – De nouveaux témoignages viennent renforcer les soupçons sur le sort d’Eva Maria Michelmann et d’Ahmed Polad, enlevés le 18 janvier à Raqqa. Selon plusieurs sources concordantes, les deux journalistes seraient vivants et incarcérés dans une prison du gouvernement de transition syrien à Alep, dans le nord du pays.

L’agence de presse ETHA, basée à Istanbul, rapporte que les indications sur leur lieu de détention se précisent. Eva Maria Michelmann, journaliste allemande, et Ahmed Polad (de son vrai nom Mehmet Nizam Aslan), journaliste kurde travaillant notamment pour des médias kurdes et ETHA, avaient disparu le 18 janvier lors de l’offensive des forces du gouvernement de transition syrien contre les zones autonomes kurdes dans le nord-est de la Syrie. Depuis, les autorités de Damas refusent de fournir la moindre information sur leur sort.

Un combattant des FDS partageait une cellule avec Ahmed Polad

Le témoignage le plus détaillé provient d’un combattant des Forces démocratiques syriennes (FDS), libéré lors d’un échange de prisonniers récent. Cet homme affirme avoir été détenu plusieurs mois au Centre de sécurité générale d’Alep. Sa déclaration, enregistrée en vidéo, a été transmise à Roland Meister, l’avocat de la famille Michelmann, qui compte la remettre aux autorités allemandes.

Capturé le 17 janvier à Deir Hafer, le témoin a été transféré à Alep où plusieurs centaines de détenus étaient regroupés, hommes et femmes séparés. Il y aurait reconnu Ahmed Polad, qu’il connaissait déjà en tant que journaliste.

Selon son récit, Polad est resté longtemps à l’isolement. Environ une semaine à dix jours avant l’échange de prisonniers du 11 avril, il a été brièvement placé dans une cellule commune. « J’en suis absolument certain, car nous étions ensemble », insiste le témoin. « Il est venu, est resté avec nous quelques jours, puis a été emmené à nouveau. »

Le journaliste kurde aurait été blessé à la main et à l’abdomen lors des combats à Raqqa. Il a été soigné à l’hôpital et son état de santé serait actuellement stable.

Des indications concordantes sur Eva Maria Michelmann

Le même témoin n’a pas vu Eva Maria Michelmann directement, mais Ahmed Polad lui aurait confié que sa collègue, basée à Cologne, avait elle aussi été transférée dans la prison d’Alep. Ces informations sont corroborées par d’autres anciens détenus. Plusieurs témoins affirment de manière indépendante avoir entendu parler d’une « journaliste allemande » incarcérée dans l’établissement.

D’après des otages récemment libérées, une quarantaine de femmes, dont Eva Maria Michelmann, demeureraient encore détenues dans cette prison d’Alep.

Des signalements de mauvais traitements

Le combattant des FDS dénonce par ailleurs des conditions de détention extrêmement dures. Il rapporte des passages à tabac, des insultes, des privations de nourriture délibérées et des actes de torture ayant entraîné des blessures chez de nombreux prisonniers. Il décrit un régime systématiquement violent.

Ces révélations accentuent la pression sur le gouvernement de transition syrien, sommé de s’exprimer sur le sort des deux journalistes. À ce jour, aucune confirmation officielle ni aucune déclaration n’a été faite concernant leur détention.

ROJAVA. Un civil kurde enlevé sur la route Afrin-Alep

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SYRIE / AFRIN — L’Organisation des droits de l’homme d’Afrin – Syrie a dénoncé l’enlèvement d’un civil kurde par des forces affiliées au gouvernement intérimaire syrien, qualifiant cet acte de nouvelle escalade des violations ciblant la population kurde de la région.

Radwan Arslan Bakr kidnappé par des gangs de Damas 

Selon l’organisation, Radwan Arslan Bakr, âgé de 55 ans, a été enlevé le jeudi 16 avril alors qu’il voyageait d’Afrin vers Alep. Des membres de la Sécurité générale de la ville d’Azaz auraient procédé à son interpellation sur la route, avant de le transférer dans un centre de sécurité de la région d’Azaz.

Originaire du village de Qotan dans le district de Bulbul, Radwan Arslan Bakr résidait à Afrin et gérait un magasin de pièces détachées automobiles d’occasion. Il reste à ce jour en détention, sans aucune justification légale ni communication officielle sur son statut.

L’organisation a souligné que cet incident s’inscrit dans une politique de restrictions et d’arrestations arbitraires visant les habitants du nord rural d’Alep, aggravant les souffrances des civils kurdes.

Contexte de violations persistantes

Cet enlèvement intervient dans un climat de violations graves et continues à Afrin depuis l’invasion turque de 2018 (opération « Rameau d’Olivier »). Des rapports d’organisations internationales et locales documentent des pratiques systématiques de détentions arbitraires, tortures, disparitions forcées, pillages de biens et changements démographiques forcés, qui ont été qualifiés par plusieurs sources de crimes de guerre et crimes contre l’humanité ciblant particulièrement la population kurde.

L’Organisation des droits de l’homme d’Afrin – Syrie a appelé à la cessation immédiate des descentes de police et des détentions arbitraires sans mandat judiciaire, exigeant le respect du droit et la protection effective des civils dans la région.