Deux collectifs de femmes mobilisés contre la guerre à Alep

0
SYRIE / ROJAVA – Les collectifs de femmes « Gemeinsam Kämpfen » et « Women Defend Rojava » en Allemagne condamnent les attaquent jihadistes contre les quartiers kurdes de Cheikh Maqsoud et d’Achrafiyeh, à Alep. Les deux organisations déclarent que ces attaques, perpétrées sous prétexte de la présence de forces d’autodéfense locales, témoignent de « l’esprit de guerre qui nie la vie ». Depuis mardi matin, des quartiers à majorité kurde d’Alep sont la cible d’attaques et de bombardements menés par des milices affiliées au gouvernement de transition syrien. À ce jour, onze personnes ont été tuées et 63 blessées, dont de nombreux enfants. Dans un communiqué conjoint, l’organisation féministe « Gemeinsam Kämpfen » (Combattre ensemble) et la campagne « Women Defend Rojava » en Allemagne ont présenté leurs condoléances aux familles des victimes. Selon les féministes, ces attaques, perpétrées sous prétexte de la présence de forces d’autodéfense locales, témoignent de « l’esprit de guerre qui nie la vie ». La criminalisation comme moyen d’oppression Le communiqué met en garde contre le risque de catastrophe humanitaire lié aux attaques perpétrées par des groupes islamistes. Alors que le gouvernement d’Ahmed al-Charia prône le dialogue et l’intégration, il continue de soumettre la population à des violences physiques et psychologiques. Ces bombardements incessants privent les populations de leurs besoins essentiels et des crimes d’une extrême brutalité sont commis contre les civils. Le texte poursuit en indiquant que HTS a tenté à plusieurs reprises de rejeter la responsabilité de l’agression sur les organes démocratiques d’autonomie des districts kurdes. Cette criminalisation des mouvements pour la démocratie et les droits humains est une tactique éprouvée des oppresseurs et des occupants. Responsabilité internationale « Quel rapport avec nous ? » s’interrogent les organisations féministes. Elles soulignent que, ces derniers mois, plusieurs États ont invité Ahmed al-Sharaa à des réunions officielles, l’ont retiré de leurs listes de personnes terroristes et l’ont politiquement légitimé. Elles concluent : « Nous constatons aujourd’hui où mène le fait de courtiser les terroristes. Cela alimente la guerre et l’oppression. » Dès le début du mois de novembre, Friedrich Merz a invité Ahmed al-Sharaa à se rendre en Allemagne, justifiant cette invitation par la fin de la guerre civile syrienne. Les organisations féministes soulignent que cette affirmation est quotidiennement démentie par les massacres de minorités, les enlèvements, les viols et le trafic de femmes. Les événements en Syrie ne sont pas indépendants de la politique mondiale L’appel souligne que les événements en Syrie ne peuvent être considérés indépendamment de l’évolution de la situation politique dans d’autres pays : « Plus de guerre signifie plus d’insécurité, et non l’inverse. Il est de notre responsabilité de mettre fin à la guerre et, par là même, d’amener notre gouvernement fédéral à changer de cap afin de servir la paix, plutôt que le profit et le maintien du pouvoir au détriment des populations et de l’environnement. » S’organiser contre la guerre L’appel exige l’arrêt immédiat des attaques contre les quartiers de Şêxmeqsûd et d’Eşrefiyê à Alep. Les féministes insistent : « Nous nous unissons, organisations de femmes et féministes du monde entier ! Nous sommes conscientes de notre pouvoir ! En tant que société, nous pouvons mettre fin aux guerres menées par les États et instaurer la paix. » En conclusion, ils soulignent que la paix et l’humanité sont inhérentes à la nature humaine et appellent à ce que cela soit exprimé avec courage et force. (ANF) 

SYRIE. « La résistance à Alep n’est pas une question de politique ou d’idéologie »

0
SYRIE / ROJAVA – Le gouvernement syrien promet de protéger les droits du peuple kurde. Or, ce dernier a vu ce qui s’est passé sur la côte syrienne et à Soueïda, lorsque le gouvernement syrien a massacré les minorités alaouite et druze après leur avoir promis que « leurs droits seraient protégés ».
 
Que devrait faire le peuple kurde ? Il n’y a tout simplement aucune confiance dans l’administration dirigée par Jolani.
 
Par ailleurs, un accord existe déjà entre le du Gouvernement temporaire syrien (STG) et l’Asayish à Alep ; cet accord a été signé en avril 2025 et a intégré l’Asayish au dispositif de sécurité du STG.
Le gouvernement syrien a rompu cet accord et a attaqué les quartiers kurdes, exigeant même le départ des Asayish, alors même que, selon l’accord, les Asayish font partie de l’infrastructure de sécurité du STG.
Que devons-nous faire, nous autres Kurdes ?
Le gouvernement de [Damas] a violé l’accord d’Alep d’avril ; où est la garantie qu’il respectera un nouvel accord ?
 
 
Trois jours de bombardements d’artillerie aveugles sur les quartiers kurdes d’Alep – faisant plus de 100 blessés et des dizaines de morts parmi les civils.
Le STG a fièrement publié des images montrant des bombardements des quartiers kurdes à l’aide de systèmes MLRS et d’artillerie lourde. Pourtant, les médias du gouvernement syrien imputent entièrement les dégâts aux Kurdes, alors même que les Kurdes d’Alep ne possèdent pas de systèmes d’artillerie moyenne ou lourde.
Les dégâts ne peuvent être imputés aux Kurdes.
Pourtant, les médias du gouvernement syrien les attribuent aux Kurdes – comment pouvons-nous faire confiance à un gouvernement dont les organes de presse diffusent de la propagande et de la désinformation sur les Kurdes ?
 
Hier, les forces gouvernementales syriennes ont exécuté cinq mineurs kurdes à Alep. Pourtant, les médias du gouvernement syrien n’en font pas mention et prétendent à tort sauver le peuple kurde et agir selon les « normes les plus élevées ».
L’exécution de mineurs kurdes est-elle considérée comme « la norme la plus élevée » en Nouvelle-Syrie ?
 
Au lieu de s’attaquer à tous ces problèmes, une guerre médiatique a été lancée contre le peuple kurde.
Cela commence par de fausses affirmations selon lesquelles les FDS sont à Alep, puis ils prétendent que tous les Kurdes d’Alep sont membres du PKK, voire des Gardiens de la révolution, jusqu’à dire que nous agissons comme mandataire d’Israël.
 
Via Scharo Maroof

SYRIE. Les gangs de Damas abattent deux membres du personnel hospitalier à Achrafiyé

0
SYRIE / ROJAVA – Les gangs de Damas ont abattu deux membres du personnel hospitalier dans le quartier kurde d’Achrafiyé, à Alep.
 
Selon des informations parvenues à l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), des éléments du ministère de la Défense relevant du gouvernement intérimaire ont procédé à l’exécution extrajudiciaire de deux membres du personnel de l’hôpital Othman, dans le quartier d’Achrafiyé, à Alep. Les faits sont survenus à la suite de l’entrée, jeudi dernier, des forces du ministère de la Défense et des milices qui lui sont affiliées dans le quartier.
 
Il est confirmé que le docteur (A. A.), né en 1989 et pharmacien à l’hôpital, a été tué aux côtés de son oncle (A. A.), né en 1968, qui travaillait comme technicien au sein du même établissement hospitalier. Les gangs jihadistes ont envoyé les photos des deux hommes exécutés à leurs familles. 
 
Depuis plus de trois jours, les gangs islamistes ont tué des dizaines de civils, dont des enfants, des femmes et des vieillards, dans les quartiers kurdes de Cheikh Maqsoud et d’Achrafiyeh, à Alep. 

PARIS. Manifestation kurde pour justice et vérité

0
PARIS – La diaspora kurde manifestera demain à Paris pour demander justice et vérité pour les militantes kurdes Sakine Cansız, Fidan Doğan et Leyla Soylemez assassinées à Paris il y a 13 ans déjà alors que des gangs jihadistes commettent un génocide actuellement dans les quartiers kurdes d’Alep. Ainsi, demain, on marchera exiger justice pour les martyrs kurdes de Paris et aussi pour la fin du massacre des Kurdes d’Alep. Le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) a publié le communiqué suivant appelant à participer à la marche de demain :
« 13 ans après le féminicide des militantes kurdes Sakine Cansız, Fidan Doğan et Leyla Şaylemez, la justice reste absente. La France refuse encore de faire toute la lumière sur ce crime d’État.
Cette impunité a conduit, 10 ans plus tard, à un nouvel attentat terroriste contre les Kurdes à Paris, coûtant la vie à Emine Kara, Mîr Perwer et Abdurrahman Kizil.
Pour exiger Justice et Vérité, pour mettre fin à cette impunité honteuse, nous appelons à une grande marche, samedi 10 janvier.
Cette mobilisation intervient dans un contexte particulièrement grave pour les Kurdes:
– À Alep, les quartiers kurdes de Sheikh Maqsoud et d’Achrafieh sont attaqués et soumis à un blocus meurtrier, exposant la population à une situation humanitaire alarmante.
– Au Rojhilat, les Kurdes sont confrontés à une répression violente dans le cadre des soulèvements populaires contre le régime iranien: arrestations, violences et exécutions contre celles et ceux qui revendiquent liberté et dignité.
Le CDK-F appelle à faire de la Grande Marche du 10 janvier un puissant moment de solidarité avec le Rojava et le Rojhilat face aux attaques et à la répression sanglante. »
RDV le samedi 10 janvier, à partir de 10 heures, au niveau du 86, boulevard de Magenta (10e arrondissement de Paris)

La guerre invisible : l’unité kurde et la lutte pour la réalité en Iran

0
IRAN / ROJHILAT – Hier soir, les manifestations anti-régime se sont propagées dans de nombreuses grandes villes iraniennes (Téhéran, Karadj, Machhad, Babol …) alors qu’elles restaient jusqu’à présent conscrites aux régions kurdes et périphériques.

La vague de contestation qui secoue actuellement l’Iran a débuté le 28 décembre 2025, déclenchée par un effondrement économique catastrophique. Ce qui avait commencé comme une grève des commerçants du Grand Bazar de Téhéran, alimentée par la chute historique du rial (monnaie iranienne) et une inflation dépassant les 50 %, s’est rapidement transformé en un soulèvement national. De nombreuses manifestations antérieures avaient été réprimées par l’État iranien. Face à la priorité accordée par ce dernier aux dépenses sécuritaires au détriment du bien-être de ses citoyens, le mouvement, initialement centré sur des revendications économiques, s’est mué en une contestation directe du pouvoir clérical, rappelant les manifestations « Jin, Jiyan, Azadî » de 2022.

Il convient toutefois d’interpréter avec prudence les événements actuels en Iran. Nous assistons à un affrontement de récits, à des réalités simultanées mais profondément différentes. Dans les villes du Kurdistan, résonnent les slogans « Le Kurdistan est le cimetière des fascistes ! », « Jin, Jiyan, Azadî (liberté de la vie des femmes en kurde) », « À bas le fascisme ! » et « À bas le dictateur ! ». Pourtant, les médias de masse étouffent souvent ces voix, préférant se concentrer sur le soutien apporté au prince exilé dans d’autres villes. Ce traitement sélectif de l’information occulte la résistance populaire en cours et déforme la perception de la réalité de cette lutte. Pour saisir la vérité de ce moment, il est impératif d’écouter les voix réduites au silence.

Il est essentiel de distinguer la situation à Téhéran de celle des villes kurdes de l’ouest. Dans les zones kurdes, la réponse de l’État a été beaucoup plus militarisée, ressemblant davantage à une zone de guerre qu’à un lieu de protestation civile. Si les manifestations dans la capitale ont connu des périodes de fluctuation, leur intensité a explosé dans des villes kurdes comme Abdanan et Malekshahi. Malgré la présence brutale des forces gouvernementales, la population a résisté avec un courage immense. En quelques jours seulement, des dizaines de vies ont été perdues ; cependant, ce sacrifice n’a fait que catalyser le mouvement, attirant encore plus de personnes dans les rues, tant au Rojhelat que dans les villes iraniennes. Aujourd’hui, dans tout le Kurdistan oriental, notre peuple a dit un « NON » catégorique au régime. Dans un élan d’unité massif, les villes se sont jointes à une grève générale pour soutenir Ilam et Kirmaşan (Kermanshah), qui ont subi plusieurs jours de massacres et d’arrestations massives. Malgré des décennies de tactiques coloniales employées par l’État iranien pour faire croire que les Kurdes de différents dialectes ou religions sont divisés, cette grève nationale prouve le contraire. Le Kurdistan parle d’une seule voix ; nous devons maintenant lui faire entendre.

La grève générale au Kurdistan

Le jeudi 8 janvier 2026, l’appel à la grève générale lancé par sept partis politiques kurdes a été suivi avec une intensité historique. Selon l’organisation Hengaw pour les droits humains, 39 villes de la région ont été paralysées, les commerçants et les ouvriers restant chez eux en signe de protestation.

● Province de Kirmaşan (Kermanshah) : La participation a été totale dans les villes de Kirmaşan, Sarpol-e Zahab, Pawe (Paweh), Jiwanro (Javanrud) et Dalahoo (Kerend-e Gharb).     

●  Province de Sine (Sanandaj) : Les principaux centres comme Saqqez, Mer îwan ( Marivan) et Baneh ont été rejoints par des villes plus petites comme Dehgolan et Serwabad (Sarvabad).     

● Solidarité généralisée : La grève a atteint Urmîa , Mehabad (Mahabad), Ilam et Awdanan (Abdanan), montrant un front continu à travers Rojhelat.     

En écho à la résistance de rue, des prisonniers politiques kurdes, dont Zeinab Jalalian, Wirîşe Mûradî (Varisheh Moradi) et Idrîs Menberî (Idris Manbari), ont entamé une grève de la faim à la prison centrale de Sine (Sanandaj). L’État a réagi par une campagne de diffamation coordonnée, piratant les comptes de réseaux sociaux des militants pour y diffuser des slogans progouvernementaux et instaurant un black-out internet généralisé afin de dissimuler l’ampleur de la répression.

Les incidents de Chenaran : Les Kurdes du Khorasan

Les violences se sont étendues profondément dans le nord-est de l’Iran. À Chenaran , dans la province de Razavi Khorasan, les forces gouvernementales iraniennes ont ouvert le feu sur des manifestants à l’aide de fusils Kalachnikov le soir du 7 janvier. Cinq résidents kurdes ont été tués : Mehdi Ghorbandoust, Mehdi Validoost, Morteza Jahanbakhsh, Ruhollah Setareh Moshtari et Mohammadreza Gorouhi.

Ruhollah Setareh Moshtari, un homme de 26 ans devenu père la veille de son assassinat, a été la cible d’une tentative d’enterrement nocturne orchestrée par les forces de sécurité, qui a été courageusement déjouée par les habitants du quartier.

La présence kurde dans cette région témoigne d’une longue histoire de résistance et de survie. La communauté kurde du Khorasan trouve son origine dans les déportations massives ordonnées par les chahs safavides (notamment le chah Abbas Ier à la fin du XVIe/début du XVIIe siècle) afin de créer une zone tampon contre les nomades d’Asie centrale (Ouzbeks) et d’affaiblir le pouvoir kurde au Rojhelat (ouest de l’Iran), suite aux conflits avec l’Empire ottoman. Ces migrations forcées ont donné naissance à d’importants territoires tribaux qui ont conservé leur identité et leurs traditions kurdes pendant des siècles, malgré les tentatives du régime de dissocier leur lutte de celle de l’Occident.

Recours disproportionné à la force et pertes parmi les minorités

La nature des violences d’État révèle un profond clivage géographique et ethnique. Si les autorités des villes du centre de la Perse ont souvent recours aux gaz lacrymogènes, aux matraques et aux balles de plomb pour réprimer les manifestations, la riposte dans les régions peuplées de minorités ethniques se caractérise par l’usage immédiat et meurtrier de munitions réelles. Depuis le début de ces manifestations, les forces de sécurité ont déployé des armes de calibre militaire contre les populations kurdes, lors et baloutches avec une fréquence et une brutalité sans précédent dans la capitale.

La campagne de terreur menée par le régime ne se limite pas à une seule région, mais elle cible de manière disproportionnée les populations ethniques marginalisées. Dans la province de Gilan, deux habitants de Khoshk-e Bijar, Mobin Yaghoubzadeh, 17 ans, et Milad Gholamzadeh, 31 ans, ont été tués par balles. Mobin est le sixième enfant de moins de 18 ans tué ces deux dernières semaines, portant à 43 le nombre de morts confirmés des « Manifestations de décembre ». Parmi ces victimes, 37 appartiennent à des minorités ethniques, dont 16 Kurdes, 19 Lurs et 2 Gilakis, ce qui souligne une répression systématique et meurtrière des communautés marginalisées.

La vague de détentions :

● Régions kurdes : Au moins 21 Kurdes ont été arrêtés à Kirmaşan (Kermanshah), Sonqor (Songhor) et Ilam, dont Artin Parvini, 15 ans, et Pouria Bamkhasht, étudiant . À Sonqor, onze personnes ont été arrêtées, dont trois membres d’une même famille : Farnoush Pasha’i, Zahra Pasha’i et Bahar Rafiei, 17 ans .     

● Téhéran et Iran central : Dans la capitale, les enseignants retraités Hamid Rahmati et Abolfazl Rahimi-Shad ont été arrêtés à leur domicile. À Ispahan , Helia Rahmani, une jeune femme lor-bakthari de 18 ans, a été interpellée en même temps que Khodamorad Albarznejad , un homme baloutche.     

● Opération nationale : Au moins 35 personnes supplémentaires ont été arrêtées à Mashhad, Lordegan, Yasuj et Yazd. Parmi elles figurent Moein Mohammadi, un bahaï, et Keyvan Rezaei Dalini, un champion de lutte asiatique de Shiraz. 

Coupure d’Internet

D’après les données réseau en temps réel de NetBlocks, l’Iran est actuellement plongé dans une grave coupure d’internet à l’échelle nationale. Cet incident fait suite à une série de mesures de censure numérique croissantes visant les manifestations à travers le pays, entravant fondamentalement le droit à la communication des citoyens en cette période critique.

Les données en direct montrent que Téhéran, le Rojhelat et d’autres régions importantes sont plongés dans un black-out numérique total, la connectivité étant coupée chez de nombreux fournisseurs. Cette coupure systémique fait suite aux perturbations régionales au Kurdistan et vise probablement à limiter drastiquement la circulation de l’information et la couverture des événements sur le terrain, alors que la résistance continue de s’étendre.

SYRIE. Les Kurdes d’Alep massacrés et assiégés de toutes parts

0
SYRIE / ROJAVA – Depuis le 6 janvier, les quartiers kurdes de Cheikh Maqsoud et d’Achrafieh, à Alep, sont la cible d’attaques menées avec des armes lourdes. Les zones civiles, les hôpitaux et les lieux de culte sont touchés, faisant des dizaines de morts et de blessés. Les conseils de quartier dénoncent une tentative de massacre et de déplacement forcé de la population.
 
Voici la déclaration du Conseil populaire des quartiers Cheikh Maqsoud et d’Achrafieh: 
Nous avons décidé de rester dans nos quartiers et de les défendre
 
« À partir du 6 janvier, nos quartiers sont soumis à des attaques menées avec des armes lourdes ainsi qu’à des bombardements intensifs. Lors de ces attaques, les mosquées, les écoles, les hôpitaux, les habitations civiles et les institutions de services ont été directement et systématiquement pris pour cible. Notre population et nos forces d’asayiş opposent une résistance majeure face à ces agressions.
 
Ces attaques visent à déclencher un nouveau massacre ainsi qu’une nouvelle vague de déplacement forcé contre notre population, qui vit dans ces quartiers depuis des centaines d’années et en est la véritable habitante. Autrement dit, il est clairement recherché de modifier la démographie de la ville et de nos quartiers. Par ailleurs, ces attaques constituent, à tous égards, une évacuation de fait et une violation manifeste de l’accord du 1er avril.
 
Le gouvernement intérimaire de Damas mène ces attaques sous l’appellation de “Nouvelle Armée Syrienne”, à travers des groupes armés qui lui sont affiliés et avec le soutien de l’État turc, ce qui l’encourage davantage. Nous condamnons également avec la plus grande fermeté le silence des forces internationales présentes en tant que garantes et observatrices des accords du 10 mars et du 1er avril.
 
Les attaques et le danger de massacres visant notre population dans les quartiers de Cheikh Maqsoud et d’Achrafieh se poursuivent toujours. Les appels lancés par les forces du gouvernement intérimaire à notre population et à nos forces d’asayiş constituent une imposition de reddition. Cependant, la population de ces quartiers est déterminée à rester sur place et à défendre ses quartiers.
 
Dans la situation actuelle, des massacres de civils sont perpétrés dans les zones où les groupes armés progressent. Les mêmes actes et massacres infligés aux Alaouites et aux Druzes sont aujourd’hui appliqués dans nos quartiers. Chacun sait que des centaines de milliers de civils vivent dans ces quartiers et que les bombardements intensifs contre les civils ont fait des dizaines de blessés, dont la majorité sont des femmes et des enfants.
 
Notre hôpital de quartier, Khaled Fajr, dont les capacités étaient déjà extrêmement limitées, a lui aussi été la cible de violentes attaques et de bombardements. Il s’agit là d’un crime de guerre. À l’heure actuelle, l’hôpital est totalement hors service. Il ne reste plus aucune possibilité de soigner les blessés dans nos quartiers. Une grave crise humanitaire est en cours. L’opinion publique sait également que nos quartiers étaient depuis longtemps soumis à un blocus, empêchant l’entrée des besoins humanitaires essentiels. Les conditions hivernales aggravent encore davantage la situation.
 
En conclusion, les forces du gouvernement intérimaire, accompagnées de leurs groupes armés, appellent notre population à se rendre et exigent qu’elle quitte ces quartiers. Elles réclament également la reddition de nos forces d’asayish.
 
En tant qu’administration des conseils des quartiers de Cheikh Maqsoud et d’Achrafieh, nous rejetons catégoriquement toutes les pressions exercées contre notre population et nos quartiers. Depuis son arrivée au pouvoir, les actes commis par le gouvernement intérimaire de Damas à l’encontre des différentes composantes et de la diversité de la Syrie, et plus particulièrement les bombardements indiscriminés et les massacres perpétrés ces derniers jours contre notre population, ne nous permettent en aucun cas de lui faire confiance pour lui confier notre sécurité et celle de nos quartiers. Pour cette raison, il nous est impossible de renoncer à la responsabilité d’assurer la sécurité de nos quartiers. Nous avons décidé de rester dans nos quartiers et de les défendre.
 
Enfin, nous lançons un appel à la population de Cheikh Maqsoud et d’Achrafieh : mobilisez-vous et rendez-vous à l’hôpital Xalid Fecir afin de prendre en charge nos blessés et de protéger nos quartiers. »
 
Via Maxime Azadî
 

Silence, on célèbre le génocide des Kurdes à Alep !

0
SYRIE / ROJAVA – Enfants, femmes, vieillards, médecins… depuis plusieurs jours, les gangs jihadistes de Damas massacrent les civils des quartiers kurdes de Sheikh Maqsoud et d’Achrafieh, à Alep, avec le silence complice de la communauté internationale alors qu’on entend ce matin des célébrations du génocide kurde depuis les minarets d’au moins une mosquée d’Alep tandis que les jihadistes ont bombardé celle de Sheikh Maqsoud, tout comme le seul hôpital du quartier kurde… Le quartier d’Achrafiyah, dans la ville d’Alep, a été le théâtre d’horribles massacres perpétrés par des mercenaires du gouvernement intérimaire de Damas après leur infiltration dans la zone et une attaque surprise qui a fait des dizaines de morts parmi les civils. Hôpital et mosquée de Sheikh Maqsoud bombardés  Cinq personnes ont été blessées jeudi soir lors de plusieurs attaques successives contre l’hôpital Xalid Fecir, situé à Alep, dans le nord de la Syrie. L’établissement médical, situé dans le quartier majoritairement kurde de Shexmeqsud, a été bombardé à quatre reprises à l’aide d’armes lourdes. Des milices djihadistes pro-turques affiliées au ministère syrien de la Défense seraient responsables de ces attaques.  Par ailleurs, les gangs jihadistes ont détruit la mosquée de Sheikh Maqsoud, en prétendant qu’elle était utilisée par les asayishs… Des groupes de mercenaires affiliés au gouvernement intérimaire et soutenus par l’État turc occupant ont commis des massacres brutaux contre des civils à Achrafiyah, après s’être infiltrés dans le quartier. Les scènes documentées témoignent de l’ampleur des crimes commis contre les habitants, notamment des massacres et des attaques directes contre des civils non armés, plongeant la population dans la peur et le choc. 

IRAN. L’internet coupé à travers le pays, on craint le pire

0
IRAN / ROJHILAT – Après douze jours de manifestations anti-gouvernementales, le mouvement contestataire ne faiblit pas, et ce, malgré la répression sanglante du régime qui a fait plus de 45 morts et des centaines de blessés, en plus de 2 000 personnes arrêtées (Chiffres avancés par l’ONG Iran Human Rights (IHR). Ce soir, on signale la coupure totale de l’Internet à travers l’Iran, y compris dans les régions kurdes où une grève générale a eu lieu aujourd’hui. Dans de nombreuses villes, les manifestants ont mis le feu à des bâtiments officiels, pourchassé les milices armés du régime islamiste ou manifesté en criant des slogans hostiles aux mollahs iraniens. Selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), au moins 45 manifestants, dont huit enfants de moins de 18 ans, ont été tués et des centaines d’autres blessés au cours des douze premiers jours de la nouvelle vague de manifestations nationales en Iran. Treize des 45 manifestants ont été tués le 7 janvier (hier). Malgré les attaques sanglantes du régime iranien, l’appel à la grève générale lancé par les partis politiques kurdes d’Iran a été massivement suivi aujourd’hui dans les régions kurdes d’Iran. Les images diffusées par des militants et médias montrent une grève générale très suivie dans les régions kurdes de l’Ouest de l’Iran (Rojhelat), notamment dans les provinces de Kermanshah, du Kurdistan et d’Azerbaïdjan occidental, après un appel conjoint à la grève lancé par des groupes d’opposition kurdes et dans un contexte de manifestations antigouvernementales qui secouent l’Iran depuis fin décembre. Ce soir, on signale que le régime a coupé l’internet dans tout le pays et que les forces du régime ont ouvert le feu sur les manifestants à, Téhéran, Karaj et des localités kurdes notamment. De l’autre côté du globe, le président américain, Donald Trump a déclaré que les Etats-Unis allaient « frapper fort » l’Iran, si le régime iranien « commençait à tuer » des manifestants, alors qu’on en dénombre déjà des dizaines (de tués) en 12 jours de protestations...

Qui gouverne aujourd’hui Damas ? Qui a déclenché la guerre contre les Kurdes ? Où est Ahmed al-Charaa ?

0
SYRIE / ROJAVA – Ahmed al-Charaa a disparu des radars. Est-il mort, blessé, pris en otage ? Nul ne le sait. Jusqu’à présent, aucun élément tangible n’a été présenté pour démentir ces hypothèses.
 
Dès lors, qui coordonne ces attaques ? Il est évident qu’il s’agit de l’État turc et des groupes djihadistes qu’il dirige. L’État turc a mobilisé des combattants djihadistes venus des quatre coins du monde et les a lancés contre les Kurdes, sous les yeux de la communauté internationale. Tous les États savent parfaitement qui sont les agresseurs.
 
Derrière les attaques menées contre les Kurdes à Alep, la force motrice est clairement la Turquie. Le 31 décembre, le ministère turc de la Défense a publiquement encouragé Damas à attaquer les Kurdes et a annoncé être prêt à apporter son soutien. Le 8 janvier, cette déclaration a été répétée. Des responsables turcs sont même allés jusqu’à inciter des tribus syriennes à une guerre civile contre les Kurdes par des discours ouvertement provocateurs.
 
Alors, quelle issue possible ? Depuis le début de la crise syrienne, la Turquie se trouve au cœur du problème. Depuis 2015-2016, de vastes régions sont sous occupation de l’État turc, où s’est installé un véritable régime de terreur. Dès lors, une solution durable en Syrie ne pourra être envisagée qu’à partir du moment où la Turquie et les groupes djihadistes qu’elle soutient et dirige auront été neutralisés. (Maxime Azadî)

SYRIE. La Turquie offre une aide militaire à Damas contre les Kurdes d’Alep

0
SYRIE / ROJAVA – L’État turc, qui occupe plusieurs régions de la Syrie, offre renseignements et matériels militaires, drones, jihadistes à al-Charaa (Jolani), déclare qu’il est prêt à épauler les gangs jihadistes qui attaquent les quartiers kurdes de Sheikh Maqsoud, Al-Ashrafiyah et Bani Zaid, à Alep. La Turquie pourrait apporter un soutien militaire au gouvernement intérimaire syrien si celui-ci en fait la demande, alors que des affrontements se poursuivent entre les forces du régime syrien et les groupes kurdes dans le nord d’Alep, a déclaré un porte-parole du ministère de la Défense nationale. « La sécurité de la Syrie est notre sécurité. La Turquie suit de près l’évolution de la situation en Syrie », a déclaré le contre-amiral Zeki Aktürk lors de son point de presse hebdomadaire. « Notre pays soutient la lutte contre les organisations terroristes, dans le respect de l’unité et de l’intégrité territoriale de la Syrie, conformément au principe “un État, une armée”. Dans ce contexte, la Turquie apportera l’aide nécessaire si la Syrie en fait la demande. » Aktürk a qualifié les forces kurdes d’« organisations terroristes » et a affirmé que les récents combats avaient commencé après ce qu’il a décrit comme des attaques contre les forces de sécurité syriennes menées par ces groupes. Les combats actuels ont éclaté le 6 janvier, alors que les pourparlers d’intégration entre l’administration de Damas et les Forces démocratiques syriennes (FDS), à majorité kurde et qui contrôlent l’est du pays, étaient dans l’impasse. Les quartiers concernés, restés sous contrôle kurde après la chute du régime baasiste l’année précédente, sont assiégés par les forces du gouvernement intérimaire syrien depuis le 27 décembre.

Déplacements de civils

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), basé à Londres, au moins dix civils ont été tués et des dizaines d’autres blessés depuis l’escalade de la violence le 6 janvier. Les forces gouvernementales ont pris pour cible le cheikh Maqsoud à l’artillerie lourde après une escarmouche qui a coûté la vie à un soldat. L’OSDH a ​​également noté qu’un hôpital Osman à Achrafieh avait été visé par un drone kamikaze, provoquant une panique générale. La Direction des affaires sociales d’Alep a signalé que plus de 45 000 personnes ont été déplacées, dont beaucoup fuient vers la région d’Afrin, plus au nord. Le bureau du gouverneur d’Alep a annoncé la réouverture des couloirs humanitaires pour les civils souhaitant quitter les quartiers touchés. Les autorités locales ont également instauré un couvre-feu à partir de 13h30, heure locale (GMT+3), en prévision d’« opérations intensives » contre les FDS. Cependant, les FDS ont nié leur présence à Alep dans un communiqué publié hier. « Nous tenons à préciser que les FDS n’ont aucune présence militaire à Alep. Nous nous sommes retirés de la région conformément à un accord clair, et les responsabilités en matière de sécurité ont été transférées aux Forces de sécurité intérieure (Asayish) », indique le communiqué. Les FDS ont averti que la poursuite des agressions contre les civils entraînerait de « graves conséquences » et pourrait replonger le pays tout entier dans une guerre ouverte. L’administration de Damas a réagi en déclarant que l’aveu des FDS quant à l’absence de présence militaire confirme que la responsabilité de la sécurité de la ville incombe exclusivement à l’État syrien. Le gouvernement a maintenu que ses actions visent à garantir la « souveraineté et l’intégrité territoriale » et à prévenir les activités armées dans les zones résidentielles.