SYRIE. Damas et Ankara accusés d’avoir activé leurs cellules dormantes au Rojava

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SYRIE / ROJAVA – Les services de renseignement turcs (MIT) et le HTS ont réactivé leurs cellules dormantes au Rojava dans le cadre d’une campagne coordonnée visant à démanteler les acquis kurdes et à déstabiliser la région, signale le site Lêkolîn.

Selon des informations détaillées publiées par le site Lêkolîn, cinq groupes armés sont désormais opérationnels dans la région de Til Berak (Tall Brak). Ces cellules ont pour mission principale de mener des opérations ciblées contre des commandants et responsables des FDS, des YPG, des YPJ, des forces de sécurité intérieure (Asayish) ainsi que certaines personnalités politiques kurdes.

Ces groupes sont directement supervisés par des officiers du MIT et du HTS. Voici leur composition et leurs principaux responsables :

Premier groupe : Dirigé par İsmail Berî el-Mahmud, originaire du village de Til Qasir (sous-district de Til Berak). Il est affilié à des réseaux locaux criminels.

Deuxième groupe : Composé d’individus issus des villages de Tel el-Faris et Esker. Il est dirigé par El Eli (nom de code : El-Ayyaş) et Ahmed Newaf el-Merdû, alias Ebu Kurdo.

Troisième groupe : Formé de membres issus des tribus El-Maamira et El-Bu Hatab. Parmi ses figures les plus actives figurent Ali el-Münis et Ahmed Elrizaq Ebdo, connu sous le nom de code El-Koç.

Quatrième groupe : Dirigé par Eli Mustafa Haluş (nom de code : Ebu Beşar) et son fils Beşar.

Cinquième groupe : Composé notamment des fils d’Abdusselam Ali, de la tribu El Cadde. Leur père utilise le nom de code Ebu Sebu.

TURQUIE. Le massacre des Kurdes de Koçgiri – Première partie

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TURQUIE / KURDISTAN – Le soulèvement des Kurdes de Koçgiri a été écrasé par État turc le 17 juin, suivi de massacres, de la destruction de villages et du dépeuplement de la région.

L’histoire du Kurdistan est faite non seulement de résistance, d’épopées et d’actes d’héroïsme, mais aussi de trahisons répétées et d’occasions manquées. Le traité de Sèvres (1920), signé par l’Empire ottoman défait lors de la Première Guerre mondiale, ainsi que les Principes Wilson sur le droit des peuples à l’autodétermination, ont fait naître un immense espoir chez les intellectuels et notables kurdes.

C’est dans ce contexte que fut fondée à Istanbul, le 19 décembre 1918, la Société pour l’essor du Kurdistan (Kürdistan Teali Cemiyeti). L’organisation ouvrit rapidement 19 sections à travers le Kurdistan. L’une d’elles, celle d’Imranli (Ümraniye), était dirigée par Haydar Bey, un chef influent des tribus de Koçgiri.

Dans cette série, nous explorerons les événements ayant conduit au soulèvement de Koçgiri (1920-1921), ses liens avec la Société pour l’essor du Kurdistan, les stratégies de répression de l’État turc, les tentatives de Mustafa Kemal pour rallier les tribus de Dersim et Koçgiri, les manœuvres visant à attiser les divisions confessionnelles alévis-sunnites, et les raisons profondes de la méfiance des Kurdes de Koçgiri envers l’Empire ottoman comme envers son successeur d’Ankara.

Contexte historique : Première Guerre mondiale, traité de Sèvres et Principes Wilson

Les XIXe et XXe siècles sont marqués par l’essor du capitalisme, l’effondrement des empires multinationaux, la montée des États-nations et la question des minorités. Le droit des peuples à l’autodétermination occupe alors une place centrale dans les débats des Internationales socialistes et dans la diplomatie internationale.

La Révolution d’Octobre 1917 en Russie et les 14 points de Wilson (1918) incarnent cet esprit. Après la défaite ottomane, le traité de Sèvres promet aux Kurdes une forme d’autonomie, voire d’indépendance dans certaines régions. Cet espoir mobilise les élites kurdes d’Istanbul.

La Société pour l’essor du Kurdistan (1918-1921)

Fondée sous la présidence de Seyyid Abdulkadir (ancien sénateur ottoman), la Société signe dès le 22 décembre 1918 un accord avec le Parti de la Liberté et de l’Entente. Cet accord prévoit une large autonomie pour les régions à majorité kurde, tout en maintenant la fidélité au califat et à l’État ottoman.

En juillet 1919, le gouvernement ottoman entame même des négociations avec les leaders kurdes. La Société déploie une intense activité organisationnelle : ouverture de branches locales, dont celle d’Imranli dirigée par Haydar Bey. Des figures comme Nuri Dersimi, Alişan Bey et Alişêr Efendi y jouent un rôle majeur.

L’organisation se divise rapidement entre partisans d’une simple autonomie (autour de Seyyid Abdulkadir) et défenseurs d’un Kurdistan indépendant. Ces derniers quittent la Société pour fonder la Société d’organisation sociale du Kurdistan.

En 1919, sur instruction de l’organisation, Nuri Dersimi et Haydar Bey rejoignent Sivas. Une réunion décisive se tient au village de Boğazviran (district d’Imranli) avec Alişan Bey et Alişêr Efendi. Ce dernier part ensuite renforcer l’organisation à Dersim.

Les efforts de Mustafa Kemal pour rallier les tribus

Lors du Congrès d’Erzurum (juillet 1919), la déclaration finale évoque encore les Principes Wilson. En revanche, ils disparaissent du Congrès de Sivas (septembre 1919).

Conscient de l’agitation dans la région de Koçgiri, Mustafa Kemal rencontre Alişan Bey lors de son voyage d’Erzurum à Sivas. Ce dernier lui explique que les Kurdes souhaitent empêcher la création d’un État arménien sur des terres kurdes et se préparent à défendre leur territoire.

Pour s’attirer le soutien des tribus de Koçgiri et Dersim, Mustafa Kemal propose des sièges parlementaires à de nombreux notables (Alişan Bey, Nuri Dersimi, Alişêr Efendi, Diyap Axa, etc.). La plupart refusent, conditionnant leur soutien à la proclamation d’un Kurdistan autonome. Ankara reste silencieux, renforçant la méfiance kurde.

Pourquoi les tribus de Koçgiri se méfiaient-elles de l’Empire ottoman et d’Ankara ?

Les tribus Koçgiri, kurdes et majoritairement alévies (Kızılbaş), ont une longue histoire de conflits avec le pouvoir central ottoman.

Dès la fin du XVIIIe siècle, l’État ottoman réprime violemment les tribus Şeyh Hesenan et Dersim pour contrôler les mines d’or de Keban. Des massacres par traîtrise (invitations à des réunions suivies d’exécutions) et des déplacements forcés marquent la mémoire collective. Les survivants sont relocalisés dans les régions de Refahiye, Imranli, Zara et Divriği.

Sous Abdulhamid II, l’État tente de « sunniser » les populations alévies via des écoles et des imams itinérants. Paradoxalement, ces institutions contribuent à former une génération sensible au nationalisme kurde. De nombreux Koçgiri rejoignent ainsi la Société pour l’essor du Kurdistan.

Activités politiques et réunion au tekke de Hüseyin Abdal

Nommé vétérinaire à Sivas, Nuri Dersimi organise une réunion importante au tekke de Hüseyin Abdal (Yellice). Y participent des chefs alévies (Ağuçan, Canbegan, Kurmeşan, Şadyan…) et sunnites (Dirêjan, Parçîkan, Atman…). Les participants décident de lancer une lutte armée pour un Kurdistan indépendant englobant Diyarbakır, Van, Bitlis, Elazığ, Dersim et Koçgiri, conformément au traité de Sèvres.

Les événements de 1920-1921 : vers le soulèvement

En juillet 1920, Alişêr Efendi et Paşo interceptent un convoi militaire et s’emparent de munitions. Des actions de guérilla se multiplient. Alişêr convainc plusieurs chefs de l’ouest de Dersim (Seyitxan, Polis Munzur, etc.).

Malgré des tentatives de conciliation (offres de pardon), les tensions montent. La formation d’une armée centralisée à Ankara et les discours assimilant les Alévis à des « non-musulmans » exacerbent la défiance.

Le 11 janvier 1921, Zalim Çavuş attaque une unité militaire à Kapukaya. En réponse, le 6e régiment de cavalerie est envoyé à Imranli. Les menaces du lieutenant Halis (« Je vous anéantirai comme les Arméniens ») et les humiliations infligées à la population font basculer la situation.

Le 6 mars 1921, Imranli tombe aux mains des insurgés. Le major Halis et d’autres officiers sont exécutés après jugement sommaire. Haydar Bey dirige les opérations depuis Boğazviran. Cet événement marque le véritable début du soulèvement de Koçgiri. (ANF)

IRAN. Le régime exécute deux autres manifestants

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IRAN – Le régime iranien a exécuté Javad Zamani et Abolfazl Saeedi en lien avec les manifestations de janvier 2026, signale l’ONG kurde Hengaw.

Le pouvoir judiciaire iranien a procédé, mardi 16 juin 2026, à l’exécution de Javad Zamani et Abolfazl Saeedi, deux hommes arrêtés en lien avec les manifestations de janvier. Ces pendaisons interviennent dans un contexte de forte recrudescence des exécutions politiques et de répression accrue contre les opposants au régime.

Selon l’organisation Hengaw pour les droits de l’homme, les deux hommes ont été exécutés aux premières heures du mardi matin à la prison centrale de Shahroud, dans la province de Semnan. L’agence de presse Mizan, organe officiel du pouvoir judiciaire iranien, a confirmé l’information.

Arrêtés par les forces de sécurité à Shahroud pendant les manifestations de janvier, Javad Zamani et Abolfazl Saeedi avaient été soumis à des interrogatoires intensifs dans des centres de détention avant d’être transférés à la prison locale.

Dans une affaire jugée conjointement, le tribunal révolutionnaire les avait condamnés à mort pour « guerre contre Dieu » (moharebeh), « corruption sur terre » (efsad-e fel-arz), « usage d’armes », « destruction de biens publics » et « atteinte à la sécurité intérieure ».

Malgré les déclarations officielles affirmant le respect de la procédure légale, ces condamnations à mort sont régulièrement prononcées dans le cadre d’un système judiciaire opaque, marqué par des procès à huis clos, l’absence d’avocats indépendants et des aveux souvent obtenus sous la torture physique et psychologique.

Ces exécutions portent à nouveau l’attention sur la répression systématique exercée par les autorités iraniennes à l’encontre des manifestants et des voix dissidentes.

KURDISTAN. Découverte d’un site vieux de 4 000 ans près d’Erbil

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IRAK / KURDISTAN – Une équipe internationale d’archéologues a mis au jour, sur le site de Kurd Qaburstan au sud-ouest de la province kurde d’’Erbil (Hewler), les témoignages les plus clairs jamais découverts en Mésopotamie du Nord d’un siège à l’âge du bronze. Bâtiments incendiés, tablettes cunéiformes, sceaux administratifs et restes humains retrouvés dans les décombres : ces découvertes offrent une fenêtre rare et dramatique sur un conflit majeur survenu il y a environ 4 000 ans.

Les fouilles, menées en 2024 et 2025 par une mission conjointe de l’Université de Floride centrale (UCF), de l’Université Johns Hopkins, de l’Université Yale et de l’Université d’État du Michigan, ont permis de relier le site à l’ancienne cité de Qabra (ou Kurdaa selon les sources locales).

« Nos recherches de 2025 ont apporté des preuves archéologiques décisives reliant le site au siège de Qabra, notamment grâce au premier grand lot de tablettes cunéiformes découvert dans la plaine d’Erbil », a déclaré Tiffany Earley-Spadoni, professeure agrégée d’histoire à l’UCF et directrice du projet.

Des tablettes datées au plus près de la chute de la ville

Plusieurs tablettes ont été retrouvées datées à seulement quelques jours d’intervalle, ce qui correspond précisément à la chronologie historique de la chute de la cité. Au total, l’équipe a exhumé une vingtaine de tablettes cunéiformes et plus d’une centaine de sceaux administratifs dans les niveaux de destruction d’un complexe palatial.

« La plupart des tablettes sont de nature administrative et offrent un aperçu précieux de la vie palatiale et de l’économie de la cité. L’une d’elles semble avoir été rédigée par un haut fonctionnaire de Qabra », a précisé la chercheuse.

Un siège prolongé confirmé par l’archéologie

Les fouilles ont révélé deux strates distinctes de destruction, confirmant les récits historiques d’un siège prolongé suivi de la prise et de l’incendie de la ville par une coalition menée par le roi assyrien Shamshi-Adad Ier et Dadusha, souverain du royaume d’Eshnunna.

« La superposition des niveaux de destruction correspond parfaitement à la chronologie historique du siège et de la conquête de Qabra par Shamshi-Adad », explique Tiffany Earley-Spadoni. « Les débris calcinés, le grand nombre de céramiques brisées et surtout les restes d’individus morts de mort violente constituent le témoignage archéologique le plus éloquent d’un siège à l’âge du bronze moyen jamais mis au jour en Mésopotamie du Nord. »

Parmi les découvertes les plus poignantes figurent les squelettes de 17 personnes retrouvés dans les ruines du palais. Ces individus n’ont pas été inhumés selon les rites funéraires habituels et semblent avoir péri lors de l’assaut final.

« Certains corps ont été abandonnés sur place, notamment ceux d’employés du palais. L’un d’eux a été découvert face contre terre au-dessus d’un bassin en pierre », a détaillé Earley-Spadoni.

Une ville du Nord aussi puissante que celles du Sud

Kaify Mustafa, directeur général des Antiquités de la Région du Kurdistan, a salué l’importance de ces découvertes. Selon lui, le site était connu localement sous le nom de « Kurdaa » dans les tablettes cunéiformes antérieures.

« Cette ville a été attaquée, occupée et détruite par un roi assyrien et son allié », a-t-il confirmé. Il souligne par ailleurs que ces fouilles remettent en question l’idée selon laquelle les premières civilisations urbaines auraient été dominées par les cités du sud de la Mésopotamie.

« Les vestiges de Kurd Qaburstan montrent que les villes du Nord pouvaient être tout aussi vastes, complexes et politiquement influentes, avec des systèmes administratifs, des fortifications et des infrastructures comparables à celles des sites méridionaux les plus célèbres. »

Cette découverte renforce l’idée que la civilisation a prospéré très tôt dans le Kurdistan et les contreforts du Zagros, bien avant ou parallèlement aux grands centres sumériens du sud. (Rudaw)

Kurdes, ONU : Entre droit à l’autodétermination et statut d’observateur

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Le Congrès national du Kurdistan (KNK) a annoncé son intention de demander aux Nations Unies la reconnaissance du peuple kurde en tant que nation et l’octroi d’un statut d’observateur. Cette initiative relance le débat sur les mécanismes de représentation des peuples sans État souverain au sein de l’organisation internationale et sur les contours du droit à l’autodétermination.

Dans sa déclaration finale adoptée à l’issue de sa 24e Assemblée générale (Pays-Bas, 6-7 juin 2026), le Congrès national du Kurdistan (KNK) a fait savoir qu’il allait soumettre une proposition formelle aux Nations Unies afin d’obtenir la reconnaissance du peuple kurde comme nation et le statut d’observateur permanent.

Qui peut représenter un peuple privé d’un État souverain à l’ONU ?

L’ONU compte aujourd’hui 193 États membres. Selon l’article 4 de la Charte des Nations Unies, l’adhésion est réservée aux États pacifiques qui acceptent les obligations de la Charte et sont capables de les honorer. L’admission nécessite une recommandation du Conseil de sécurité suivie d’un vote de l’Assemblée générale.

Face à ces critères stricts, le KNK opte pour une voie plus accessible : le statut d’observateur.

Le statut d’observateur permanent

Contrairement à l’adhésion pleine, le statut d’observateur n’est pas explicitement prévu par la Charte des Nations Unies. Il repose sur la pratique établie de l’Assemblée générale.

Les observateurs peuvent s’exprimer lors des séances, participer aux votes de procédure, parrainer et cosigner certaines résolutions, mais ils ne disposent pas du droit de vote sur les questions de fond. Ce statut offre une reconnaissance internationale significative et permet d’inscrire la question kurde dans les débats onusiens sur les droits des peuples, les minorités et l’autodétermination.

Actuellement, deux entités non membres disposent du statut d’observateur permanent : le Saint-Siège (Vatican) et la Palestine. De nombreuses organisations régionales (Ligue arabe, Union africaine, Union européenne, etc.) en bénéficient également.

Le statut est accordé par un vote à la majorité simple de l’Assemblée générale après dépôt d’une demande officielle.

Exemples comparables

Palestine : le cas le plus abouti

En 1974, l’OLP a obtenu le statut d’observateur en tant que représentante du peuple palestinien. En 2012, ce statut a été élevé à celui d’« État observateur non membre ». La Palestine reste l’exemple le plus avancé d’un peuple sans État souverain pleinement reconnu au sein de l’ONU.

Sahara occidental

Le Front Polisario revendique le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui via un référendum supervisé par l’ONU, qui n’a toujours pas eu lieu. Malgré la reconnaissance de la RASD par plusieurs États, le territoire reste classé comme « territoire non autonome » et n’a obtenu ni siège ni statut d’observateur.

Taïwan

Malgré ses institutions étatiques fonctionnelles, Taïwan est exclu de l’ONU depuis 1971 en raison de la politique d’« une seule Chine ». Toutes ses tentatives pour obtenir un statut d’observateur ont échoué pour des raisons politiques.

Kosovo

Indépendant depuis 2008 et reconnu par plus d’une centaine d’États, le Kosovo n’a toujours pas intégré l’ONU en raison du veto potentiel de la Russie et de la Chine au Conseil de sécurité.

ROJAVA. Raid contre le domicile et magasin d’une famille kurde à Afrin

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SYRIE / AFRIN – Des hommes armés se faisant passer pour des forces de sécurité ont perquisitionné une maison et un magasin d’une famille kurde dans le canton d’Afrin.

Quatre hommes armés et masqués, se faisant passer pour des membres des Forces de sécurité générale du Gouvernement intérimaire syrien, ont pris d’assaut dimanche une maison et un magasin appartenant à une famille kurde dans le district de Sharra, en campagne d’Afrin.

L’incident s’est produit vers 15h30 sur la route principale reliant Alep à Afrin, à proximité du cimetière Hanan Ziyara, dans le quartier de Sharra. Le magasin est spécialisé dans l’achat et la vente de machines agricoles.

Selon des sources locales, les assaillants ont perquisitionné la maison et le commerce en présence de l’épouse du propriétaire, qu’ils ont menacée avec leurs armes. Ils ont saisi une arme à feu détenue légalement sur les lieux avant de prendre la fuite.

La famille a immédiatement déposé une plainte auprès des services de la Sûreté générale du Gouvernement intérimaire. Les autorités ont affirmé que les individus n’appartenaient pas à leurs forces et qu’ils avaient usurpé leur identité pour mener cette opération. Une enquête a été ouverte, mais aucun résultat n’a été communiqué à ce jour.

SYRIE. Damas reconnait les diplômes turcs, pas ceux du Rojava

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SYRIE / ROJAVA – Le Gouvernement intérimaire de Damas a reconnu les diplômes des antennes universitaires turques, mais pas ceux des Universités de l’administration kurde du Rojava / Nord Est de la Syrie (AANES).

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique du Gouvernement intérimaire syrien a officiellement approuvé l’accréditation et la certification des diplômes délivrés par les antennes des universités turques implantées dans le nord de la Syrie. En revanche, le dossier d’équivalence des certificats délivrés par les établissements de l’Administration autonome du Rojava reste bloqué.

Lors de sa cinquième session de l’année, le Conseil de l’enseignement supérieur a décidé de reconnaître les diplômes des diplômés des branches universitaires turques opérant dans la région. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Marwan al-Halabi, a annoncé cette décision lundi sur sa page officielle, la présentant comme une mesure visant à « résoudre les problèmes académiques en suspens » et à garantir l’équité pour les étudiants ayant poursuivi leurs études dans ces établissements ces dernières années.

Cette reconnaissance concerne notamment :

Les antennes de l’Université turque de Gaziantep ;

L’Université des sciences de la santé d’al-Rai.

Le ministre a donné des instructions directes à l’Université d’Alep pour finaliser les procédures de certification et d’ajustement des diplômes sans nécessité de retour au ministère.

Marwan al-Halabi a précisé que le dossier des universités turques fait l’objet d’un suivi continu et d’une coordination avec le ministère des Affaires étrangères et des Expatriés du Gouvernement intérimaire ainsi qu’avec les autorités turques, afin d’aboutir à des solutions durables.

Par ailleurs, le Conseil a pris des décisions pour ouvrir des programmes de master et de doctorat dans plusieurs spécialités au sein des universités d’Alep, de Lattaquié et de Tartous.

Situation contrastée pour les diplômes de l’Administration autonome

Malgré l’accord signé le 29 janvier entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le Gouvernement intérimaire portant sur l’intégration des établissements scolaires et universitaires, l’équivalence des certificats (primaire, secondaire et supérieur) délivrés par les institutions de l’Administration autonome n’a toujours pas été mise en œuvre.

Le commandant général des FDS, Mazloum Abdi, avait déclaré récemment à l’agence ANHA que, selon les informations transmises par le Gouvernement intérimaire, la reconnaissance des certificats de l’AANES aux niveaux préparatoire, secondaire et universitaire devait être annoncée « dans les prochains jours » pour l’année en cours et la suivante. À ce jour, aucune décision officielle n’a pourtant été publiée par les autorités compétentes. (ANHA)

ROJAVA. L’armée turque construit de nouveaux postes à Serêkaniyê

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SYRIE / ROJAVA – Les forces turques et les groupes armés affiliés poursuivent le renforcement de leur présence à Ras al-Ayn (en kurde : Serêkaniyê) en établissant de nouvelles fortifications et positions militaires dans la ville et ses environs ruraux.

Dans le cadre d’un redéploiement tactique, les troupes turques procèdent simultanément au démantèlement de certaines tranchées et positions anciennes tout en creusant de nouvelles lignes de défense et en implantant de nouveaux postes. Elles améliorent parallèlement les fortifications existantes et développent les infrastructures militaires (routes, bases logistiques et points d’observation). Ces mouvements visent à consolider durablement l’occupation turque de la région, à optimiser le contrôle routier et à renforcer les capacités de reconnaissance et de surveillance, en étroite coordination avec les factions pro-turques du Gouvernement intérimaire syrien.

Principaux axes d’activité :

Construction de fortifications, tranchées et nouvelles positions dans plusieurs secteurs autour de Ras al-Ayn.

Multiples opérations de reconnaissance menées depuis les camps de Dawoudiya, Menagh et Azaz, ainsi que depuis les lignes de Tal Tamr et Zirkan, en particulier sur les fronts de Sheikh Farhan et Sheikh Suru.

Intensification de l’entraînement militaire au camp de Dawoudiya et sur le front de Sheikh Farhan, à proximité de Zirkan.

Mouvements accrus des groupes armés et des forces turques le long de la ligne de front, destinés à réorganiser et repositionner leurs unités.

Par ailleurs, une équipe technique de maintenance est entrée via le point de passage d’El-Şukriya afin d’effectuer des réparations sur les tours d’observation des zones d’Atık el-Hava et d’Ümmü Aşba. Selon des sources locales, ces techniciens travaillent sur les systèmes de surveillance et de reconnaissance aérienne et ne font pas partie des dispositifs déployés dans la région d’Alep.

Pour les observateurs sur place, l’ensemble de ces mouvements constitue un indicateur clair de la détermination de l’État turc à maintenir et consolider son contrôle sur Ras al-Ayn (Serêkaniyê), sans perspective de retrait à court ou moyen terme. (Via Intel_Rojava)

IRAN. Un manifestant exécuté, deux autres mis en isolement avant exécution

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IRAN – Le régime iranien a exécuté un manifestant (Peyman Ganji) arrêté en janvier et mis en isolement deux autres otages (Ali Fattah et Mohammad Naqizadeh) en vue de leur exécution, signale l’ONG kurde Hengaw. Ali Fattah et Mohammad Naqizadeh, deux prisonniers politiques condamnés à mort en lien avec les manifestations de janvier, ont été placés à l’isolement après la confirmation de leur peine capitale par la Cour suprême. Par ailleurs, Peyman Ganji, également détenu lors des manifestations de janvier, a été condamné à mort. Selon les informations recueillies par l’organisation Hengaw pour les droits humains, Ali Fattah (également connu sous le nom d’Ali Kamali) et Mohammad Naqizadeh, tous deux arrêtés lors des manifestations de janvier 2026 et précédemment détenus à la prison du Grand Téhéran (Fashafouyeh), ont été convoqués sans préavis par les autorités pénitentiaires le 13 juin 2026 et transférés en cellule de quarantaine et d’isolement à la prison de Ghezel Hesar à Karaj. Leurs condamnations à mort ayant été confirmées par la neuvième chambre de la Cour suprême, l’inquiétude grandit quant au risque imminent d’exécution. Fattah, un Malaisien de 33 ans, a été arrêté lors des manifestations de janvier à Téhéran et condamné à mort par la 26e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, présidée par le juge Iman Afshari, pour « guerre contre Dieu » (moharebeh). Naqizadeh, un Téhéranais de 25 ans, a été arrêté lors des manifestations des 8 et 9 janvier 2026. Il a ensuite été condamné à mort par la 15e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, présidée par le juge Abolqasem Salavati, pour « sabb al-nabi » (insulte au Prophète). Les procès des deux hommes se sont déroulés à huis clos. Ils ont été privés de l’assistance d’un avocat indépendant et des garanties d’un procès équitable tout au long de la procédure. Par ailleurs, Peyman Ganji, un détenu de 33 ans arrêté lors des manifestations de janvier 2026 et actuellement incarcéré à la prison du Grand Téhéran, a été condamné à mort par la 26e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, également sous la présidence du juge Iman Afshari. D’après les informations recueillies par Hengaw, Ganji a été reconnu coupable d’« outrage à Dieu » (moharebeh), le tribunal se fondant sur l’incendie présumé de biens publics lors d’un rassemblement de protestation. Son avocat est Abbas Jafari Dolatabadi, ancien procureur de Téhéran. L’affaire a été renvoyée devant la neuvième chambre de la Cour suprême et est en cours d’examen. L’organisation Hengaw pour les droits humains alerte sur le risque imminent d’exécution d’Ali Fattah et de Mohammad Naqizadeh à la prison de Ghezel Hesar. Hengaw condamne également la peine de mort infligée à Peyman Ganji et appelle la communauté internationale, Amnesty International et les organisations de défense des droits humains du monde entier à agir d’urgence pour mettre fin à ces exécutions politiques et annuler toutes les condamnations à mort prononcées contre des manifestants.

TURQUIE. Un sergent turc commet un carnage à Şemdinli

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TURQUIE / KURDISTAN – Dans la province kurde d’Hakkari, un sergent-chef turc a tué son épouse et trois membres de sa belle-famille avant de tenter de se suicider. Dans le district de Şemdinli, dans la province de kurde Hakkari, un soldat turc a abattu sa femme et trois membres de sa famille. Il a ensuite tenté de se suicider. D’après les informations disponibles, l’auteur des faits était Musa Gezer, un sergent-chef spécialisé en poste à Istanbul, qui passait une permission dans sa ville natale. Parmi les victimes figuraient son épouse, Gülşen Gezer, sa belle-mère, Habibe Demir, et ses frères et sœurs, Gürkan Demir et Deniz Demir. L’attaque a eu lieu dans la matinée au domicile des parents de la femme. Alertés par les coups de feu, des riverains ont prévenu la police et les secours. Les quatre victimes ont été retrouvées mortes sur place. D’après les informations actuelles, Musa Gezer et son épouse étaient en instance de divorce. L’enquête se poursuit.