Plus de 10 000 personnes au Festival Alévi de Londres sous le signe de la paix

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LONDRES – Plus de 10 000 personnes ont participé dimanche au 14e Festival Alévi organisé par la diaspora kurde-alévie à Londres. Placée sous le slogan « Que la colombe de la paix vole à travers le monde », cette édition a placé les appels à la paix, à la démocratie et à l’égalité au cœur de l’événement.

Organisé par la Fédération Alévi de la Grande Bretagne (BAF), ce rendez-vous incontournable de la culture alévi en Europe s’est tenu sur le site de la fédération. Il a débuté par l’allumage traditionnel des bougies Çirağ par les chefs spirituels, suivi de prières Gulbang et de danses Semah. Des groupes musicaux, des ensembles folkloriques et plus de 200 enfants issus des centres culturels alévis ont enrichi un programme riche et coloré. De nombreuses organisations démocratiques, associations culturelles et initiatives citoyennes étaient également présentes sur des stands dédiés.

La paix, une exigence de justice et d’égalité

Les discours ont unanimement souligné les valeurs centrales de la philosophie alévie : paix, tolérance, égalité et amour de l’humanité.

Eda Özdemir, coprésidente de la Fédération Alévi britannique, a rappelé que la revendication de paix portée par les Alévis depuis des siècles reste trop souvent sans réponse politique concrète.

« La paix ne se limite pas au silence des armes. Elle exige la justice et l’égalité entre tous les citoyens », a-t-elle déclaré. Selon elle, le thème du festival vise à transformer la paix d’un simple espoir en une vision partagée pour l’avenir de l’humanité.

Hasret Bozdoğan, coprésidente du Centre culturel alévi (IAKM), a elle aussi placé la paix au centre de son intervention :

« Nous, les Alévis, avons connu l’exclusion et la souffrance tout au long de notre histoire. Pourtant, nous n’avons jamais renoncé à défendre l’humanité, la justice et la paix. Nous aspirons à un monde où la vie l’emporte sur la guerre. »

Soutien à l’« Appel à la paix et à une société démocratique »

Le député du parti DEM, Celal Fırat, a salué l’« Appel à la paix et à une société démocratique » d’Abdullah Öcalan, le présentant comme une référence majeure dans le débat politique actuel. Il a insisté sur le fait que cet appel s’adresse à toutes les forces démocratiques, au-delà de la seule question kurde.

« Cet appel concerne les Alévis, les progressistes, les socialistes et tous ceux qui défendent le travail, la fraternité et la justice », a-t-il affirmé. Il a plaidé pour un renforcement collectif du processus de paix et la construction d’une république démocratique où toutes les identités pourraient coexister librement et sur un pied d’égalité.

Vives critiques contre Rahmi Koç

Plusieurs intervenants ont par ailleurs vivement dénoncé les récentes déclarations insultantes de l’homme d’affaires turc Rahmi Koç à l’égard des femmes kurdes.

Hüseyin Mat, président de la communauté alévie d’Allemagne, a accusé Koç de véhiculer des stéréotypes racistes et sexistes sous couvert d’humour. Il a notamment rappelé le rôle déterminant joué par les femmes kurdes dans la lutte contre Daech en Syrie et en Irak.

« Nous n’acceptons pas ces attaques contre les femmes ni contre la dignité du peuple kurde », a-t-il martelé, exprimant sa pleine solidarité avec les femmes engagées dans la résistance.

« Nous voulons une paix digne »

Dans son discours de clôture, Hüseyin Mat a réaffirmé la détermination des Alévis à œuvrer aux côtés de toutes les forces démocratiques pour la démocratie, la liberté et les droits des peuples.

« Nous voulons la paix en Turquie. Mais nous voulons une paix digne », a-t-il souligné. Une paix qui doit garantir à tous – Kurdes, Turcs, Alévis, Sunnites et autres composantes de la société – le droit de vivre librement leur identité dans une république démocratique fondée sur l’égalité et la participation de tous.

Après les discours, le festival s’est prolongé dans une ambiance festive avec les prestations de Gülseven Medar, Lale Koçgün et Mustafa Özarslan, ainsi que des chants choraux, des cérémonies Semah et des danses traditionnelles, reprises en chœur par des milliers de participants. (ANF)

PARIS. ACTIT dénonce l’attaque fasciste lors de la Nuit Blanche dans le 10e

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PARIS – L’Association Culturelle des Travailleurs Immigrés de Turquie (ACTIT) a publié un communiqué suite à une agression survenue hier soir dans le 10e arrondissement de Paris.

Selon l’organisation, des groupes fascistes ont pris pour cible l’exposition « Sous la peau du ciel » de Marie-Luce Nadal organisée à l’église Saint-Laurent dans le cadre de la Nuit Blanche. La maire du 10e arrondissement, Alexandra Cordebard, et le député de la 5e circonscription, Pourya Amirshahi, ont également déclaré avoir été agressés lors de cette attaque et ont annoncé qu’ils allaient porter plainte.

L’ACTIT souligne que cet événement n’est pas isolé, mais s’inscrit dans une série d’attaques d’« extrême droite répétées » dans le quartier depuis plusieurs années, notamment l’attaque meurtrière du 23 décembre 2022 ciblant les militants kurdes au 16 rue d’Enghien, toujours dans le 10e arrondissement de Paris.

L’association qualifie ces actes de « logique politique fasciste » et appelle à une large mobilisation des organisations démocratiques, syndicats, associations et habitants pour défendre les quartiers populaires face à la violence d’extrême droite.

Le KNK tient sa 24e assemblée générale aux Pays-Bas

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PAYS-BAS – L’organisation faîtière kurde, KNK tient sa 24e Assemblée générale Venlo, aux Pays-Bas, avec la participation de 300 délégués de la diaspora et du Kurdistan.

Alors que les équilibres géopolitiques au Moyen-Orient connaissent des mutations rapides, la 24e Assemblée générale du Congrès national du Kurdistan (en kurde : Kongreya Neteweyî ya Kurdistanê, KNK) a ouvert ses travaux ce week-end à Venlo, aux Pays-Bas. Placée sous le slogan « Unité nationale démocratique », cette réunion de deux jours intervient à un moment particulièrement critique pour le peuple kurde.

Plus de 300 délégués participent à l’assemblée, venus des quatre parties du Kurdistan et de la diaspora. Des personnalités politiques, des représentants d’institutions kurdes, des intellectuels et des écrivains sont présents. Selon les responsables du KNK, près de 400 délégués étaient initialement attendus, mais de nombreux participants ont été empêchés de se rendre aux Pays-Bas en raison de refus de visa et d’obstacles administratifs.

La séance a débuté par le chant de l’hymne national kurde Ey Reqîb, suivi d’une minute de silence en hommage aux martyrs. Les coprésidents du KNK, Ahmet Karamus et Zeyneb Murad, ont ensuite prononcé les discours d’ouverture.

« Les positions fragmentées augmentent les risques »

La coprésidente Zeyneb Murad a souligné que les bouleversements régionaux en cours représentent à la fois des risques majeurs et des opportunités historiques pour le peuple kurde. Elle a mis en garde contre les dangers d’une fragmentation accrue, insistant sur la nécessité vitale d’atteindre une unité réelle au sein de chaque région du Kurdistan.

« L’objectif principal de cette assemblée est de prendre des décisions concrètes en vue de l’organisation d’un congrès et d’une conférence nationaux, et de bâtir un consensus solide alors que les revendications nationales kurdes deviennent de plus en plus pressantes », a-t-elle déclaré.

« Nous ne resterons pas sans statut »

De son côté, le coprésident Ahmet Karamus a rappelé le 27e anniversaire de la fondation du KNK et a souligné le caractère historique de cette assemblée. Il a dénoncé les forces qui cherchent à perpétuer l’esprit des accords Sykes-Picot et de Lausanne, dans le but d’effacer les acquis arrachés par le peuple kurde au prix de dizaines de milliers de martyrs.

« Qu’ils le sachent : les Kurdes ne sont plus ceux d’il y a cent ans. Notre peuple fera face à ces attaques avec une détermination inébranlable. Nous ne renoncerons ni à notre langue, ni à notre droit à l’éducation, ni à nos libertés. Nous n’entrerons pas dans le nouveau siècle sans statut et sans reconnaissance », a-t-il affirmé avec force.

Karamus a également insisté sur le fait que l’unité nationale n’est pas un choix, mais une nécessité existentielle. Malgré ses limites, a-t-il ajouté, le KNK porte une vision claire pour la défense des valeurs et des intérêts nationaux kurdes. Il a salué la résistance du Rojava comme un exemple et un message pour l’ensemble du Kurdistan, et a annoncé la mise en place d’une commission spéciale chargée de travailler dans les quatre régions.

S’adressant directement aux principaux acteurs politiques kurdes, il a déclaré :

« La convocation d’une conférence d’unité nationale est bien sûr une responsabilité première du KNK, mais elle constitue également un devoir historique pour MM. Barzani et Talabani. Nous appelons l’ensemble du peuple kurde à s’engager pour la tenue de cette conférence nationale et la réalisation de l’unité. »

Après les discours des coprésidents, un présidium composé de cinq membres a été élu à l’unanimité : Aziz Namli, Asrîn Qedrî, Zübeyde Zümrüt, Hoşeng Derviş et Canan Mecit. Les membres du présidium ont pris la parole, avant la projection d’une vidéo rétrospective sur les 27 années de lutte et d’action du KNK. (ANF)

Cyberattaques contre une agence de presse féminine kurde

MOYEN – ORIENT – Un groupe de hackers se faisant appeler « Handala et l’Axe de la Résistance » pro-Iran a lancé des attaques informatiques contre l’agence de presse féminine kurde NÛJINHA, tout en publiant des messages menaçants et haineux à son encontre.

NÛJINHA, première agence de presse kurde entièrement composée de femmes journalistes, a été ciblée par ce groupe pro-iranien qui a multiplié les propos hostiles envers les Kurdes et les institutions kurdes. Dans son communiqué, le groupe affirme avoir transmis des coordonnées de « cibles militaires » aux unités de missiles du Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) iranien, tout en proférant des menaces explicites envers les journalistes : « Des nuits étoilées vous attendent. »

La cyberattaque a entraîné la suppression systématique de contenus sur le site de l’agence, notamment dans ses sections en arabe, en anglais et en persan.

Réaction de NÛJINHA

Malgré ces intimidations, l’agence a réagi avec détermination dans un communiqué officiel :

« Malgré toutes les attaques et menaces dont notre agence fait l’objet, nous poursuivrons nos activités de publication. De telles tentatives visant à museler la liberté de la presse sont inacceptables. »

Erbil accueille le premier Salon du livre kurde

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KURDISTAN – Le premier Salon du livre kurde a été inauguré jeudi au parc Sami Abdulrahman d’Erbil (Hewler). Pendant sept jours, cet événement réunit 130 éditeurs et librairies kurdes et propose des dizaines de milliers d’ouvrages exclusivement en langue kurde.

Selon les organisateurs, 124 participants viennent de la Région du Kurdistan, cinq du Rojhelat (Kurdistan iranien) et un des régions kurdes du Kurdistan de Turquie. Le salon est ouvert tous les jours de 10 h à 19 h.

Visiteurs et professionnels y voient une étape majeure pour la littérature et l’édition kurdes.

Un message national et culturel

Helen Aras, lectrice présente sur place, estime que l’événement dépasse largement le simple commerce du livre :

« Ce n’est pas seulement une exposition de livres, c’est un événement porteur de sens. Il rassemble des ouvrages kurdes venus de tous les horizons sous l’égide d’Erbil pour diffuser un message national », a-t-elle déclaré à Rudaw.

Le traducteur Zanyar Ali s’est quant à lui réjoui de la qualité et de l’authenticité des publications :

« Ce qui nous réjouit, c’est que toutes les maisons présentes sont kurdes et qu’elles accordent une grande importance à la qualité. Tous les ouvrages exposés sont en kurde. »

De son côté, l’éditeur Mirko Abubakir, de Souleimaniye, souligne l’impact sur la culture de la lecture :

« Il s’agit surtout de créer un véritable écosystème kurde du livre, permettant aux lecteurs de redécouvrir les ouvrages qu’ils souhaitent lire dans leur langue. »

Rapprocher les jeunes de la lecture

Ata Raouf, éditeur originaire d’Halabja, met en avant l’importance de reconnecter le public, particulièrement les jeunes générations, avec le livre :

« Ce salon constitue une étape importante pour renouer le lien entre les lecteurs kurdes et les livres. On attend de lui un impact significatif, notamment auprès des jeunes qui se sont éloignés de la lecture ces dernières années. »

Une initiative ambitieuse

L’idée de ce salon revient à Rebin Fattah, propriétaire de la librairie Mali Wafayi à Erbil. Il explique que l’objectif est double : combler l’absence kurde dans les grands salons internationaux et affirmer une présence culturelle forte.

« Nous sommes encore trop invisibles dans le paysage littéraire mondial. L’objectif n’est pas seulement local, mais aussi global : nous faire connaître à l’extérieur tout en renforçant notre unité intérieure. Nous avons besoin d’activités et d’expositions qui portent un message national et kurde, afin d’enrichir notre littérature, nos idées et notre production culturelle », a-t-il déclaré. (Rudaw)

TURQUIE. Les Mères du samedi exigent justice pour les trois hommes d’affaires kurdes exécutés en 1994

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TURQUIE / KURDISTAN – À l’occasion de leur 1106e rassemblement, les Mères du samedi ont réclamé justice pour Savaş Buldan, Adnan Yıldırım et Hacı Karay, trois hommes d’affaires kurdes enlevés puis assassinés il y a 32 ans.

Réunis une nouvelle fois sur la place Galatasaray à Beyoğlu, les Mères du samedi, accompagnées de proches de disparus et de défenseurs des droits humains, ont brandi photos et œillets en signe de mémoire et de résistance. La manifestation de cette semaine était consacrée à l’affaire des trois hommes d’affaires kurdes, enlevés à Istanbul le 3 juin 1994.

Besna Tosun, membre du collectif Mères du samedi et fille de Fehmi Tosun disparu de force en 1995, a lu la déclaration commune :

« Savaş Buldan, Adnan Yıldırım et Hacı Karay vivaient à Istanbul. Le 3 juin 1994, aux premières heures du matin, ils ont quitté ensemble l’hôtel Çınar à Yeşilyurt. Selon de nombreux témoins, sept à huit individus armés, équipés de talkies-walkies et de gilets pare-balles, les ont interceptés devant l’hôtel. Ils les ont plaqués contre le mur, fouillés, puis ont déclaré : “Nous allons prendre vos dépositions et vous libérer.” Les trois hommes ont ensuite été forcés de monter dans des véhicules et emmenés. »

Une arrestation aussitôt démentie

Malgré les plaintes déposées immédiatement par les familles auprès du parquet, de la police et des autorités, l’État a nié toute arrestation. Le lendemain, le 4 juin 1994, les corps des trois hommes, torturés et exécutés par balles, étaient retrouvés par des villageois dans le quartier de Taşlı Melen, à Yığılca (Bolu), dans une zone tristement surnommée le « triangle de la mort », où de nombreuses victimes d’opérations contre-guérilla étaient abandonnées.

Les affaires sont restées sans suite pendant 19 ans. Ce n’est qu’en décembre 2013, grâce à l’insistance des familles, qu’un nouvel acte d’accusation a été rédigé et intégré au procès dit « Ankara JİTEM » devant le 1er tribunal correctionnel d’Ankara.

Une liste de personnes à abattre

Lors du procès, Mehmet Eymür, ancien responsable du contre-terrorisme au MIT, a remis au tribunal une liste de personnalités kurdes à éliminer, sur laquelle figuraient Buldan, Yıldırım et Karay. Selon lui, ces exécutions s’inscrivaient dans des opérations spéciales supervisées par Mehmet Ağar et impliquant notamment Korkut Eken, İbrahim Şahin et Emin Aslan.

Ces informations vivaient également dans le rapport Susurluk, dans le dossier Ergenekon et dans l’acte d’accusation de l’affaire JİTEM. Malgré ces éléments, tous les accusés, dont Mehmet Ağar, ont été acquittés le 13 décembre 2019. La Cour d’appel régionale d’Ankara a cassé le jugement, mais le tribunal de première instance a de nouveau prononcé l’acquittement.

« Nous n’abandonnerons jamais »

Besna Tosun a conclu :

« Cette affaire s’ajoute à la longue liste des dossiers condamnés par la Cour européenne des droits de l’homme mais restés impunis en Turquie. Peu importe le temps qui passe, nous ne renoncerons jamais à demander justice pour Savaş Buldan, Adnan Yıldırım, Hacı Karay et pour tous nos proches disparus. L’État doit assumer ses responsabilités conformément aux normes juridiques universelles. »

« Affronter le passé »

Pervin Buldan, épouse de Savaş Buldan et députée du DEM, a déclaré :

« Nous avons frappé à toutes les portes. Le 3 juin 1994, on nous a ramené trois corps à la maison. Malgré tous nos efforts, les meurtriers ont été acquittés lors de procès de façade. Nous demandons aujourd’hui à la nouvelle Unité d’enquête sur les meurtres non élucidés de faire la lumière non seulement sur ces crimes, mais sur tous ceux de cette période sombre. Affronter le passé et révéler la vérité est une responsabilité collective. »

Leyla Yıldırım, fille d’Adnan Yıldırım, a quant à elle affirmé :

« Notre quête pacifique se poursuivra jusqu’à ce que toutes les ténèbres du passé soient enfin éclairées. »

Depuis 31 ans, les mères du samedi demandent justice pour leurs disparu.e.s
 
Le samedi 27 mai 1995, les Mères du Samedi (en kurde: Dayikên Şemiyê, en turc: Cumartesi Anneleri) descendaient pour la première fois sur la place Galatasaray, à Istanbul, pour exiger la fin des disparitions forcées et demander qu’on leur rende leurs proches portés disparus.
 
Les « mères du samedi » reprochent à l’État turc de ne pas avoir enquêté sérieusement pour établir la vérité sur ceux qui ont disparu après leur mise en détention par les autorités turques.
 
Selon l’Association des droits de l’Homme (IHD), entre 1992 et 1996, 792 disparitions forcés et meurtres (de journalistes, syndicalistes, médecins, enseignants, enfants ou simples paysans) par l’État ont été signalés dans les régions kurdes de Turquie.

ALLEMAGNE. La radio-télévision publique WDR supprime les émissions en kurde

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CENSURE. Les Kurdes d’Allemagne vont être privés de l’émission en langue kurde COSMO Kurdî diffusée depuis près de 40 ans par la radio télévision publique WDR. Pour les responsables de WDR, la majorité des Kurdes d’Allemagne – considérés comme étant turcs – sont invités à écouter les émissions en langue turque !

La radio-télévision publique ouest-allemande WDR a décidé de mettre fin à la diffusion de son émission en kurde, Cosmo Kurdî, après près de 40 ans d’antenne. Cette suppression intervient alors que les programmes en persan, turc et arabe sont maintenus.

Selon la WDR, la majorité des Kurdes de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, où la chaîne est basée, possèdent la nationalité turque. Les programmes en turc suffiraient donc à couvrir leurs besoins. Une explication vivement contestée par Kamil Bazirgan, l’un des présentateurs historiques de l’émission.

« La principale raison invoquée est la faible audience », a déclaré Bazirgan vendredi dans l’émission Diaspora de Rudaw. Il accuse cependant la WDR d’avoir elle-même contribué à cette baisse : l’émission, autrefois diffusée en direct, a progressivement été réduite à un format préenregistré, puis à un simple podcast. L’équipe est passée de six à deux personnes seulement, et le programme, qui traitait autrefois de cinq sujets par dimanche (couvrant les quatre parties du Kurdistan et l’Allemagne), a été considérablement restreint.

Une émission pionnière

Lancée en février 1987, Cosmo Kurdî était à l’origine un programme neutre en langue kurde destiné à un large public. Diffusée en sorani et en kurmandji, l’émission traitait de l’actualité au Kurdistan comme au sein de la diaspora. Sa création avait été largement perçue comme une forme de reconnaissance officielle du peuple kurde par l’Allemagne.

Elle devait fêter ses 40 ans en février 2027.

Un signal inquiétant

L’arrêt de Cosmo Kurdish signe la disparition de l’une des plus anciennes émissions en langue kurde d’Europe. Il intervient alors que la station COSMO, seule radio publique allemande à diffuser régulièrement en plusieurs langues et à donner la parole aux communautés immigrées et minoritaires (kurde, LGBTQ+, etc.), est elle-même menacée par une réforme budgétaire de l’ARD prévue fin juin.

En Rhénanie-du-Nord-Westphalie, où près de la moitié des jeunes sont issus de l’immigration, la suppression de ces programmes créerait un vide démocratique majeur. À l’heure où l’extrême droite progresse, réduire au silence ces voix pluralistes risque d’abandonner une partie de la population à des médias nationalistes ou communautaristes.

La diversité sur les ondes n’est pas un luxe, mais une nécessité démocratique.

Signez la pétition :

« La diversité a besoin d’une voix : SAVE COSMO Radio ! (Vielfalt braucht eine Stimme: Save COSMO Radio!)»

L’Iran champion du monde des exécutions de femmes

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IRAN / ROJHILAT – Selon la militante iranienne des droits des femmes Nasim Mogharab, l’Iran a exécuté au moins 61 femmes au cours de la dernière année, le chiffre le plus élevé au monde.

Dans une interview accordée à Radio Zamaneh, Nasim Mogharab a dénoncé l’escalade de la répression contre les femmes, en particulier au Kurdistan oriental (Rojhelat). Elle révèle que moins de 10 % de ces exécutions sont rendues publiques : la grande majorité est effectuée en secret.

D’après le rapport annuel 2025 d’Amnesty International, l’Iran a réalisé près de 80 % de toutes les exécutions recensées dans le monde, le niveau le plus élevé depuis 1981.

Des prisonnières politiques en danger de mort

Cette violence systématique touche particulièrement les militantes, intellectuelles et manifestantes. Plusieurs femmes sont actuellement sous menace d’exécution, dont Sharifa Mohammadi, les activistes kurdes Pakhshan Aziz et Warishe Muradi.

 

Bita Himati et Maryam Hudvand, arrêtées lors des manifestations récentes, ont été condamnées à mort. Mehbuba Shabani et Hadisa Mirwari sont également gravement menacées pour « muhareb » (guerre contre Dieu).

La militante dénonce le refus systématique d’accès à des avocats indépendants, la torture (y compris sexuelle) lors des interrogatoires, et des violations graves de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

ROJAVA. « Le Père », le film qui raconte la lutte d’un ancien détenu de Saydnaya après sa libération

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SYRIE / ROJAVA – Un long métrage kurde intitulé « Bav (Le Père) » est actuellement en tournage à Qamishli. Le film suit le parcours de Taymour, un Kurde d’Afrin qui, après 15 ans de détention dans la tristement célèbre prison de Saydnaya, tente de reconstruire sa vie suite à la chute de l’ancien régime syrien.

Libéré après la chute du régime, Taymour reste bloqué un an à Damas avant de rejoindre Qamishli, où sa femme et son fils vivent depuis des années, contraints à l’exil par la guerre. Si ses retrouvailles physiques avec sa famille ont lieu, son retour marque le début d’un nouveau combat : celui des séquelles psychologiques profondes, de l’incapacité à se réadapter et d’un isolement persistant au sein d’une société profondément transformée.

Le réalisateur kurde Zahawi Sanjawi, installé en Suède, porte ce projet depuis plus de vingt ans. Il en a écrit le scénario et supervise actuellement le tournage dans le nord-est de la Syrie, entamé il y a près de deux mois. Le titre actuel reste provisoire.

Un récit aux résonances universelles

Au-delà de l’histoire personnelle de Taymour, le film aborde des thèmes plus larges : le déracinement, la mémoire traumatique, la perte et la quête d’identité. Il reflète le vécu de milliers de Kurdes syriens victimes de détention arbitraire et de disparition forcée sous le régime baasiste.

L’actrice Shirin Rashid, qui incarne l’épouse de Taymour, souligne que le film donne voix aux souffrances endurées par des milliers de familles kurdes. Son personnage incarne une femme qui a élevé seule son fils pendant quinze ans et perdu une fille lors des déplacements forcés à Afrin.

Jamil Murad, directeur de la photographie et responsable de la société de production Ray Artistic Production, explique que le personnage de Taymour symbolise l’injustice accumulée subie par les Kurdes syriens pendant des décennies. « Ce n’est pas seulement une histoire de retrouvailles familiales, mais une quête identitaire profonde après des années de dépossession. »

Malgré des moyens limités et des conditions de tournage difficiles, une grande partie de l’équipe travaille de manière semi-bénévole. La production fournit caméras, éclairage, son et logistique, et le film entre désormais dans ses dernières phases de tournage.

Zahawi Sanjawi est connu pour ses films humanitaires traitant des réfugiés, des traumatismes de guerre et des souffrances des communautés kurdes et yézidies. Parmi ses œuvres notables figurent le documentaire « L’Enfance d’Imad » (sur un enfant yézidi enlevé par Daech) et « Ma Mère », coréalisé avec Ibrahim Saeedi et Abbas Ghazali, qui retrace la campagne d’Anfal et a reçu le Prix du public au Festival du film kurde de Londres.

Avec « Le Père », Sanjawi espère toucher un large public, notamment en Syrie et au sein de la diaspora kurde, et présenter le film dans les festivals internationaux.

IRAN. Au moins 80 prisonniers exécutés en mai, dont 17 prisonniers politiques

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IRAN / ROJHILAT – Au moins 80 prisonniers ont été exécutés dans les prisons iraniennes au cours du mois de mai 2026, dont 17 prisonniers politiques, selon un rapport de l’ONG kurde Hengaw.

Ce chiffre représente une baisse significative de 83 exécutions par rapport à mai 2025, où 163 exécutions avaient été recensées, soit une diminution d’environ 51 %.

Hengaw a pu vérifier l’identité de 76 des personnes exécutées, tandis que celle de quatre autres reste inconnue. Parmi elles figurait une femme, Esma Zarei, 28 ans, originaire de Parsabad, exécutée à la prison centrale d’Ardabil pour meurtre.

Seules 15 exécutions (19 %) ont été officiellement annoncées par les médias d’État ou le pouvoir judiciaire iranien. Par ailleurs, au moins 19 prisonniers ont été exécutés en secret, sans que leurs familles soient informées ni qu’elles puissent leur rendre un dernier hommage.

17 prisonniers politiques exécutés

Parmi les 80 exécutions, au moins 17 concernaient des prisonniers politiques. Ce groupe inclut quatre Kurdes et deux ressortissants étrangers, condamnés notamment pour « moharebeh » (guerre contre Dieu) ou pour espionnage au profit d’Israël.

Exécutions selon l’origine ethnique ou nationale :

• Prisonniers persans : 26 cas (32,5 %) • Prisonniers kurdes : 17 cas • Prisonniers baloutches : 12 cas • Prisonniers turcs : 8 cas • Prisonniers gilak et mazani : 4 cas • Prisonniers lor : 2 cas • Ressortissants irakiens : 2 cas • Ressortissants afghans : 2 cas • Nationalité non confirmée : 7 cas