Des groupes soutenus par la Turquie impliqués dans les attaques de Kobanê

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SYRIE / ROJAVA – Les mercenaires sous commandement de la Turquie sont en première ligne dans la guerre contre les Kurdes syriens. Des gangs turcs, ouzbeks et turkmènes, un mélange d’islamistes extrémistes et de nationalistes radicaux réunis au sein du bataillon « Turan » sont en Syrie pour exterminer les Kurdes du Rojava. Des Turcs participent à l’attaque de la ville de Kobanê par le biais du bataillon « Turan* », qui fait actuellement partie de l’armée syrienne. Ce bataillon est composé de combattants turcs, ouzbeks et turkmènes ; un mélange d’islamistes extrémistes et de nationalistes radicaux. Ce groupe a participé à la bataille pour la prise de Manbij et y a commis de graves crimes de guerre ; nous avons documenté ces crimes par des enregistrements audio et vidéo. Parmi ces crimes figurent l’exécution de blessés dans les hôpitaux et l’exécution de prisonniers sur le champ de bataille. Terme ayant donné naissance au « pantouranisme » (« touranisme ») qui œuvre pour l’expansion coloniale turque dans le Moyen-Orient et en Asie centrale.

Kobanê, des enfants meurent de froid tandis que le monde reste silencieux

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SYRIE / ROJAVA – Alors que l’attention internationale se porte ailleurs, les morts continuent de se faire sentir à Alep, au Rojava et au Kurdistan syrien. Une fois de plus, ce sont les enfants qui paient le prix fort. Ce matin, une nouvelle tragique nous est parvenue du nord de la Syrie : quatre enfants de Kobané ont péri de froid, gelés dans une ville assiégée depuis des semaines. De très jeunes enfants, privés de toute protection, tandis que le monde reste silencieux.  L’information a été confirmée par Hevia Abdullah, coprésidente du Croissant-Rouge kurde, qui a dénoncé les conséquences directes du siège de Kobané. Selon le Croissant-Rouge, la ville continue d’être la cible d’attaques menées par l’ANS (armée nationale syrienne, milices armées alliées et soutenues par la Turquie), l’EI (organisation djihadiste responsable de crimes contre l’humanité) et d’autres forces paramilitaires soutenues par Ankara. La situation humanitaire est catastrophique. Kobane manque de tout : ni électricité, ni eau potable, ni pain, ni nourriture, ni médicaments, ni matériel médical. Toutes les routes reliant la ville au reste du monde sont coupées. L’eau et l’électricité sont coupées, tout comme l’aide humanitaire. À cela s’ajoutent les fortes chutes de neige et le froid glacial, qui aggravent des conditions de vie déjà extrêmement précaires. Les enfants sont les premiers à en subir les conséquences. Ils n’ont ni chauffage, ni soins de santé, ni possibilité de fuir. Il faut le répéter clairement : parler du sort des Kurdes ne signifie pas ignorer les autres peuples. L’Iran, la Palestine et Gaza sont – à juste titre – au cœur du débat public depuis des mois, voire des années, et le resteront. Mais aujourd’hui, une autre tragédie est ignorée, se déroulant loin des projecteurs. Des gens meurent aussi à Kobanê. Et trop souvent, personne n’en parle. C’est pourquoi il est urgent de briser le silence. Prendre la parole n’est pas une position idéologique : c’est un acte d’humanité. Par Nurgül Çokgezici

« Attaques contre les Kurdes : le mouvement ouvrier belge doit réagir ! »

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BRUXELLES – Face aux attaques contre les Kurdes du Rojava, le mouvement ouvrier belge est invité à réagir par le site Révolution. Voici leur communiqué : « Attaques contre les Kurdes : le mouvement ouvrier organisé belge doit réagir ! » Depuis quelques jours, le gouvernement islamiste de Damas, qui s’en prend aux minorités ethniques de Syrie depuis son arrivée au pouvoir, attaque désormais sans vergogne la région autonome du Kurdistan de l’Ouest, le Rojava. Les troupes du « président de transition » syrien et ancien chef d’Al-Qaïda Al-Jolani (Ahmed al-Charaa) ont conquis la majeure partie du Nord et de l’Est de la Syrie jusque-là protégée par les FDS (Forces démocratiques syriennes). Rompant les accords antérieurs unilatéralement ainsi que les nombreux accords de cessez-le-feu, les milices islamistes d’Al-Charaa et les mercenaires à la solde des intérêts impérialistes turcs déchaînent une violence atroce contre les Kurdes et leur alliés pour tenter de mettre fin à la tentative de transformer la société dans cette région qu’est le Rojava. Le tout dans le silence assourdissant du camp impérialiste occidental et de ses médias.

La mobilisation de masse est la voie à suivre !

L’autonomie kurde a été conquise et défendue au cours des quinze dernières années dans une âpre lutte contre le régime d’Assad, contre les attaques constantes des milices islamistes de Daesh et contre les attaques incessantes de l’armée turque. Aujourd’hui elle risque d’être complètement détruite. Ces derniers jours, les masses kurdes ont démontré une nouvelle fois tout leur héroïsme en se mobilisant courageusement et en grand nombre contre la catastrophe imminente. Mais depuis la trahison de l’impérialisme américain, la situation se détériore rapidement. En réaction à toutes ces attaques, des manifestations de soutien ont pris place un peu partout aux frontières du Rojava et à l’intérieur de celui-ci, ainsi qu’à l’étanger, principalement là où s’est exilée ce qui forme aujourd’hui la diaspora kurde. La communauté kurde dénonce les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en Syrie/Rojava par les gangs djihadistes de Damas, de Daech/ISIS et de Turquie, qui décapitent, tuent, violent, kidnappent les Kurdes (civils ou combattants) impunément ainsi que la libération d’anciens combattants de l’EI des prisons jusque-là sous contrôle des FDS. Il faut être clair : les gangs de Damas et leurs alliés ne seront satisfaits que lorsqu’ils auront complètement conquis le Rojava, instauré leur régime meurtrier et oppressif et écrasé tous les droits démocratiques et l’autonomie kurde. De leurs côtés, les médias pro-turcs publient un tas de fake news pour essayer de semer la confusion sur la situation réelle sur place.

Une répression qui s’abat jusqu’ici en Belgique !

En Belgique aussi des rassemblements ont eu lieu, notamment à Bruxelles (où nous étions présents) et Anvers ces derniers jours. Malheureusement ces rassemblements ont aussi été entachés de violences à l’égard des Kurdes. À Anvers, plusieurs hommes armés de couteaux se sont introduits parmi les manifestants et ont blessé 6 personnes dont plusieurs gravement. Quatre suspects ont été arrêtés. Le mouvement kurde organisé qualifie cet attaque d’acte terroriste. De toute évidence, il a effectivement pour but de terroriser les Kurdes et affaiblir la mobilisation. Comme si cela ne suffisait pas, à Bruxelles c’est la police elle-même qui s’est mise à réprimer le mouvement de solidarité. Lors d’un rassemblement, elle est intervenue avec des gaz lacrymogènes, a nassé un groupe de manifestants et arrêté cinq d’entre eux.    

Le Rojava est en danger : concrétisons la solidarité internationale !

Certains à gauche se réjouissent ouvertement de la chute du Rojava en annonçant fièrement qu’ils « l’avaient prédit » et que les Kurdes n’auraient jamais dû momentanément recevoir le soutien militaire des USA durant la guerre qu’ils ont menée (et gagnée) contre l’Etat Islamique. Même si nous, communistes révolutionnaires de l’ICR, l’avons dénoncé aussi (de même que nous avons également dénoncé l’attitude d’Öcalan qui, il y a quelques mois, a demandé aux mouvements de libération kurde de Turquie de déposer les armes pour apaiser le gouvernement turc), il n’y a strictement aucune raison de se réjouir de ce nouvel échec pour les révolutionnaires. Non seulement le Rojava représente objectivement une lueur d’espoir dans cet océan de souffrances et de malheurs qu’est la vie sous un capitalisme en proie à l’impérialisme dans la région du Moyen-Orient, mais les Kurdes (et leurs alliés) du Rojava sont également une des garanties que l’Etat Islamique ne ressurgira pas dans la région. Or, depuis l’avancée des troupes de Damas sur les territoires du Rojava, il est impossible de savoir ce qu’il adviendra réellement des prisons dans lesquelles des milliers de membres de Daesh sont, ou étaient, enfermés. La tentative de préserver le Rojava par des accords avec les impérialistes, les chefs de tribus arabes riches et puissants, les grands propriétaires terriens et les capitalistes a échoué : les FDS sont de facto brisées après que les États-Unis et, avec eux, les chefs de tribus arabes réactionnaires ont changé de camp. Les nantis feront tout pour préserver leur richesse ! Les appels au droit international sont également inutiles : le droit international ne sert qu’à justifier les atrocités impérialistes de l’Occident. Ainsi, nous appelons les organisations du mouvement ouvrier belge à relayer les appels des Kurdes et à soutenir le mouvement qui s’amorcent pour dénoncer et tenter d’empêcher ce qui risque probablement de se terminer par un nouveau génocide (un de plus), si nous ne faisons rien. La lutte pour l’autodétermination du peuple kurde, la lutte pour une transformation de la société, là-bas ou ici, nous concerne tous, et au plus haut point. L’OCR réaffirme son soutien et sa solidarité avec les révolutionnaires du Rojava malgré les critiques que nous avons pu avoir sur les choix tactiques de ceux-ci. La seule voie à suivre est la lutte contre le capitalisme et l’impérialisme en tant que tels, et ce à l’échelle internationale, du Kurdistan à la Palestine, de la Belgique aux États-Unis ou encore en Chine. Seule la lutte pour une révolution socialiste, pour un Kurdistan libre et socialiste au sein d’une fédération socialiste du Moyen-Orient, peut garantir aux Kurdes le droit à l’autodétermination. La tâche de la classe ouvrière et de la jeunesse de Belgique est de mener cette lutte dans notre pays. Ici, cela signifie en particulier mettre un terme à la politique criminelle du gouvernement, qui divise les peuples sur des bases racistes et soutient le régime de Jolani ! L’Organisation Communiste Révolutionnaire se tient aux côtés des Kurdes du Rojava dans leur lutte pour l’autodétermination et tous les droits démocratiques. Nous nous opposons ouvertement à « nos » capitalistes, à « notre » gouvernement, ainsi qu’à l’impérialisme américain : ils sont les ennemis des Kurdes et de leur autodétermination ! »

ROJAVA. Quatre enfants meurent de froid à Kobanê

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SYRIE / ROJAVA – Quatre enfants dont morts de froid à Kobanê privée de vivres et d’électricité au milieu du siège militaire imposé par les gangs djihadistes de Damas, DAECH / ISIS et de Turquie.
La coprésidente de Heyva Sor a Kurd (Croissant-Rouge kurde), Hédiyé Abdoullah, a annoncé la mort de quatre enfants à Kobané, décédés de froid en raison du siège imposé à la ville par Damas et Ankara.
 
Alors que les attaques des groupes HTS–Daech et des forces paramilitaires affiliées à la Turquie se poursuivent contre Kobané, Hediye Abdullah a déclaré que le blocus total et les conditions climatiques extrêmes avaient provoqué ce drame.
 
« En raison du siège sévère imposé à Kobané, quatre enfants ont perdu la vie à cause du froid », a-t-elle affirmé.
 
Toutes les voies d’accès à la ville restent fermées, tandis que l’électricité, l’eau et l’approvisionnement en médicaments sont totalement interrompus.
 
Le manque de carburant et de soins, aggravé par de fortes chutes de neige, rend les conditions de vie de la population de plus en plus critiques. 

SYRIE. « Nos alliés, nos amis meurent. Et nous regardons ailleurs »

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PARIS – Katell Faria, ancienne internationaliste ayant combattu DAECH aux côtés des YPJ kurdes, dénonce l’inaction de l’Occident face au génocide des Kurdes en cours au Rojava par les gangs jihadistes de la « Nouvelle Syrie » d’al-Sharaa (Jolani). Nous partageons avec vous sa tribune : Nos alliés, nos amis meurent. Et nous regardons ailleurs Depuis deux semaines, j’assiste impuissante, effondrée et consternée, au lâchage des Kurdes par les Occidentaux – les États-Unis en tête, et la France à leur suite – dans l’indifférence quasi généralisée des médias, des politiques et des peuples que cette tragédie concerne pourtant directement. Il y a dix ans, pendant la bataille de Kobané, les combattants kurdes des unités YPG-YPJ étaient nos héros : ceux qui, avec l’appui de la coalition internationale, avaient défait le terrorisme islamique dont les attaques, commanditées depuis Raqqa, nous frappaient jusque sur nos terrasses de cafés, nos stades et nos salles de concert. Nous souvenons-nous à quel point nous avions peur, alors ? À l’époque, nos journaux affichaient en couverture les yapajas [YPJ], ces amazones à longues tresses qui mourraient pour un idéal fondé sur la démocratie, l’égalité des sexes, le respect des minorités et la laïcité. Un idéal qu’elles et leurs camarades masculins du YPG avaient construit en s’inspirant de l’Occident, dont elles admiraient nombre de penseurs et de valeurs. Aujourd’hui, nous les abandonnons aux mains de leurs pires ennemis, qui sont aussi les nôtres : les islamistes, téléguidés par la Turquie. Les voilà tristement éclairées sur ce que nous sommes devenus : des ingrats, des suiveurs, des lâches. Des gens aveugles et perdus. Sans épaisseur ni conviction profonde. Les islamistes, en plus d’être redoutablement intelligents, sont habités par une détermination absolue. Tacticiens autant que stratèges, ils ont une vision très claire de leur avenir et apprennent de leurs erreurs. Le califat de l’État Islamique a été anéanti en 2019 ? Peu importe : ils le ressusciteront d’une autre manière. Ce qu’ils n’ont eu par le djihad, ils l’obtiendront par la ruse et la taqîya, à l’usure, avec la bénédiction de cet Occident qu’ils honnissent. Cela prendra simplement plus de temps que prévu… À ceux qui pensent que ce qui se passe aujourd’hui en Syrie ne concerne pas la France, je veux dire qu’ils se trompent gravement : ce n’est qu’une question de temps avant que la victoire de l’islamisme en Syrie ne galvanise les nombreux disciples qu’il compte sur notre territoire. À ceux qui invoquent le pragmatisme ou pire, revendiquent le cynisme, je veux dire qu’ils s’illusionnent s’ils pensent que la prise de pouvoir d’Al-Joulani dit Al-Charaa nous sera bénéfique sur le long terme : les gens comme lui nous haïssent pour ce que nous sommes, et notre abandon des Kurdes nous rendra encore plus méprisables à leurs yeux. À quoi nous servira que la Syrie soit prétendument unifiée, si elle est unifiée contre nous ? Pendant ce temps, les civils issus des minorités se pressent aux frontières, les djihadistes sortent des camps de détention, et les combattants kurdes sont massacrés. Nos alliés, nos amis meurent. Et nous regardons ailleurs. Honte à nous. Katell Faria dite « Kewê » est une écrivaine française engagée auprès des Kurdes de Syrie depuis 2018. Cette tribune est l’expression d’un cri de colère d’une actrice engagée sur le terrain.   

Le risque d’un génocide à grande échelle contre les Kurdes n’est plus une hypothèse

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SYRIE / ROJAVA – Les accords sordides conclus par les États-Unis et la Turquie, financés par l’argent du Golfe, ont placé en Syrie un dirigeant dont les racines plongent à la fois dans Al-Qaïda et dans l’État islamique. Il ne s’agissait pas d’une simple erreur de jugement, mais d’un pari soigneusement calculé, fait en pleine connaissance de la nature et de l’idéologie de cet homme.
 
Dès le départ, l’objectif de la Turquie était clair : anéantir la puissance politique et militaire kurde. Les massacres contre les Alaouites ont été les premiers, suivis des attaques contre les Druzes, épargnés seulement après l’intervention d’Israël. Aujourd’hui, le même scénario se répète contre les Kurdes, qui se sont trouvés en première ligne face à Daech en 2014 et ont perdu plus de 20 000 combattants en défendant non seulement leur propre sécurité, mais aussi la sécurité mondiale.
 
Abou Mohammad al-Jolani n’est pas seulement le chef d’un groupe armé ; il contrôle désormais un État entier, qu’il gouverne selon la même logique qui guidait Al-Qaïda. À ses yeux, les alliances temporaires avec de puissants ennemis – même les États-Unis – ne sont pas perçues comme une trahison, mais comme des outils stratégiques pour atteindre des objectifs à long terme. Ce n’est pas nouveau : pendant la guerre d’Afghanistan, des groupes djihadistes ont accepté le soutien américain contre les Soviétiques, avant de se retourner contre leur ancien bienfaiteur, un phénomène connu sous le nom de « retour de bâton », qui a culminé avec les attentats du 11 septembre 2001.
 
Si les grandes puissances mondiales ne parviennent pas à fixer des lignes rouges claires et non négociables avec ces acteurs, il n’en résultera pas la stabilité, mais la catastrophe. Le risque d’un génocide à grande échelle contre les Kurdes n’est plus une hypothèse ; il s’agit d’une évolution prévisible. La Syrie est aujourd’hui en train de devenir un véritable laboratoire du terrorisme, et ce qui y est produit ne restera pas contenu. Lorsque cette violence s’étendra au-delà de la région, les regrets et les excuses tardives seront vains.
 
 
 
D’un point de vue purement analytique, toute erreur dans la gestion de Jolani — ou de groupes comme lui — n’est pas simplement une mauvaise politique ; c’est semer les graines d’une future catastrophe qui affectera non seulement la région, mais le monde entier. (Kawa Khalaf)

ROJAVA. La situation de Kobanê est pire qu’à l’époque de Daech

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SYRIE / ROJAVA – Meghan Bodette, directrice de recherche de l’Institut kurde pour la paix, a averti que la situation à Kobanê était devenue plus dangereuse qu’en 2014. Meghan Bodette, directrice de recherche de l’Institut kurde pour la paix (Kurdish Peace Institute) basé à Washington, a déclaré que le soutien unifié des Kurdes renforcerait la position des Forces démocratiques syriennes (FDS) dans les négociations. Bodette a déclaré que la situation à Qamishlo était relativement calme grâce au cessez-le-feu entre les FDS et le gouvernement de Damas, mais que la situation à Kobani était « extrêmement dangereuse » et que la ville était assiégée par l’armée syrienne. « La situation est pire qu’à l’époque de Daech » La chercheuse américaine a comparé la situation actuelle à Kobani à la période des attaques de l’EI, déclarant ce qui suit : « Beaucoup de gens disent que la situation dans la ville est pire qu’en 2014. Kobani est encerclée sur trois côtés par des groupes affiliés à l’armée syrienne, et les services de base tels que l’eau, l’électricité et Internet ont été coupés. » Meghan Bodette a souligné qu’un « esprit de résistance » prévaut généralement au Rojava, déclarant : « Bien que la population souhaite la paix, elle est déterminée à défendre son territoire. » « C’est une question de vie ou de mort pour tout un peuple » Faisant référence au fait que des jeunes venus de nombreuses parties du monde et d’autres régions se rendent au Rojava, Bodette a qualifié cette mesure d’« extrêmement importante » et a déclaré : « C’est un message adressé au monde entier ; cela montre qu’il ne s’agit pas seulement d’une affaire concernant les FDS ou une partie du Kurdistan, mais d’une question de vie ou de mort pour tout un peuple. » Selon Bodette, l’unité des Kurdes influence directement les négociations. Elle a exprimé la situation en ces termes : « Lorsque la communauté internationale et les pays médiateurs constateront que les populations des quatre régions du Kurdistan souhaitent défendre le Rojava et que Kobané constitue une ligne rouge, cela renforcera d’autant plus les FDS dans les négociations. Parallèlement, cela montrera à Damas et à la Turquie qu’ils ne peuvent pas entrer à Kobané. » Réunion Tom Barrack-Mazlum Abdi Le représentant spécial américain pour les affaires syriennes, Tom Barrack, et le commandant en chef des FDS, Mazlum Abdi, se sont rencontrés jeudi à Erbil. Meghan Bodette a déclaré à propos de la réunion : « Il y a de l’espoir pour une solution pacifique après la réunion, mais des inquiétudes persistent en raison des menaces continues des forces de Damas. » Suite aux attaques de l’armée syrienne contre les quartiers kurdes d’Alep le 6 de ce mois, et à l’extension des combats à d’autres zones contrôlées par l’Administration autonome, des milliers de personnes ont fui vers des zones plus sûres. La situation humanitaire dans ces zones se détériore.  

Le CDK-F appelle au calme et à la responsabilité à l’issue des mobilisations kurdes en France

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PARIS – Le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) « appelle au calme et à la responsabilité » lors de manifestations en soutien au Rojava attaqué par les gangs jihadistes de Damas, afin de ne pas « fragiliser la mobilisation légitime » de la communauté kurde.  Voici le communiqué du CDK-F : « Le CDK-F appelle au calme et à la responsabilité à l’issue des mobilisations kurdes en France
Le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) s’exprime à la suite des mobilisations de solidarité avec le peuple kurde et le Rojava organisées ces derniers jours en France, notamment à Marseille et à Villiers-le-Bel.
Ces mobilisations s’inscrivent dans un contexte de colère légitime, d’inquiétude profonde et de forte émotion face aux massacres, aux menaces et aux attaques qui visent aujourd’hui le peuple kurde en Syrie. Le CDK-F comprend cette douleur et cette indignation, largement partagées au sein de notre communauté.
Toutefois, le CDK-F condamne ces faits de violence et tient à le dire avec clarté et responsabilité : les tensions et les débordements survenus en marge de certaines manifestations ne servent ni la cause kurde, ni les intérêts du peuple kurde en France. Ils risquent au contraire d’affaiblir notre message politique, de détourner l’attention des crimes commis au Rojava et de fragiliser la mobilisation légitime de notre communauté.
Le Conseil démocratique kurde en France appelle en particulier les jeunes de la communauté kurde au calme, à la maîtrise de soi et au sens des responsabilités. La cause du peuple kurde est juste, mais elle ne peut être défendue efficacement que par des actions pacifiques, organisées et politiquement claires.
Notre combat est un combat pour les droits, la reconnaissance et la dignité. Il doit rester exemplaire, afin de continuer à interpeller l’opinion publique, les médias et les responsables politiques français sur leurs responsabilités face à la situation dramatique au Rojava.
Le CDK-F rappelle que la mobilisation kurde en France a toujours été une mobilisation politique, démocratique et légitime, et qu’elle doit le rester. La force du peuple kurde réside dans son unité, sa maturité politique et sa capacité à faire entendre sa voix avec dignité. »

SYRIE. Supplice de 50 000 déplacés kurdes après l’offensive lancée par Damas en plein hiver

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SYRIE / ROJAVA – L’aggravation de la crise dans le nord-est de la Syrie (Rojava) contraint une fois de plus des Kurdes à fuir leurs foyers. Des milliers de civils kurdes fuient les affrontements qui ont repris entre les factions armées affiliées à Damas et les Forces démocratiques syriennes (FDS), marquant ainsi un nouveau chapitre d’un long et douloureux déplacement de population. Depuis la mi-janvier, l’armée arabe syrienne et les groupes armés qui lui sont affiliés ont progressé dans les zones contrôlées par les FDS à l’est d’Alep, ainsi que dans certaines parties de Deir ez-Zor, de Raqqa et de la province d’Hassaké, à majorité kurde. Les FDS constituent de facto la force militaire du nord-est de la Syrie (Rojava), région à majorité kurde. Avant que la Syrie ne rejoigne la Coalition internationale contre Daech (CIDA) menée par les États-Unis en novembre, les forces kurdes étaient le seul partenaire de la Coalition sur le terrain, jouant un rôle majeur dans la défaite territoriale de Daech en Syrie en 2019. Depuis la mi-janvier 2026, l’escalade militaire a poussé plus de 500 familles, un chiffre qui pourrait bientôt atteindre plusieurs milliers, à fuir vers Qamichli et les zones environnantes du canton de Jazira. Un accord de cessez-le-feu signé au début du mois, visant à intégrer les structures des Forces démocratiques syriennes (FDS) aux institutions étatiques, s’est révélé fragile et a été violé à plusieurs reprises. Chaque rupture ravive la crainte, non seulement de nouveaux déplacements de population, mais aussi d’une instabilité plus générale, notamment des menaces pesant sur les centres de détention de Daech et le spectre d’une résurgence du groupe. La correspondante de Rudaw, Delnya Rahman, s’est rendue dans une mosquée de Qamishli où des Kurdes déplacés – enfants, femmes, hommes et personnes âgées – ont trouvé refuge après avoir fui les violences à Afrin, Kobanê, Serekaniye (Ras al-Ayn), Hassaké et, plus récemment, dans des régions à l’ouest de l’Euphrate comme Raqqa et Tabqa. Pour ces familles, la prière est devenue à la fois un abri et un réconfort, un dernier refuge après des années de souffrance et de déracinement répété. Une mère déplacée d’Afrin a témoigné de sa douleur : « Nous sommes allés partout, mais personne ne nous a écoutés. Nous avons été expulsés d’Afrin. Nous sommes arrivés à l’est de l’Euphrate, et là encore, personne n’a entendu nos voix. Où sommes-nous maintenant ? Nous n’avons nulle part où aller. Nous sommes à l’intérieur de cette mosquée, et chaque famille n’a que deux ou trois mètres carrés. On nous apporte des biscuits. Avons-nous besoin de biscuits ? Nous sommes le peuple d’Afrin. Rendez-nous Afrin ! » Non loin de là, Shirin, une jeune fille déplacée de Serekaniye, s’accrochait à un seul et fragile espoir : le retour. « Je veux rentrer chez moi à Serekaniye. Je ne veux rien d’autre. Ici, nous mourons de froid. Nous sommes épuisés. Nous vivons ainsi depuis sept ans. Ça suffit ! Les Kurdes ont aussi des droits », a-t-elle déclaré. À Qamishli, les autorités locales ont désigné 77 sites – dont des mosquées et d’anciennes installations militaires – pour abriter les familles fuyant le front. Des équipes humanitaires distribuent une aide quotidienne, mais les rigueurs de l’hiver, le surpeuplement et le manque d’espace rendent la survie de plus en plus précaire. De nombreuses familles déplacées expriment leur profonde frustration face à ce qu’elles considèrent comme le silence de la communauté internationale. Une femme de Hassaké, la voix empreinte de peur et de colère, s’estexclamée : « Ce n’est pas un État musulman. Ils sont venus au nom de l’islam pour massacrer les Kurdes. Ils tuent des enfants dans leur berceau, des hommes et des femmes âgés. Ils sont venus pour nous anéantir. Si les Kurdes ne sont pas unis, tout cela sera vain », a-t-elle soupiré. Rudaw s’est également rendu dans une ancienne installation militaire datant de l’ère Assad, où des dizaines de familles d’Afrin, de Kobané et de Serekaniye vivent depuis plus d’un an. Dans chaque pièce, quatre ou cinq familles partagent un espace exigu. Les coupures de courant prolongées – qui durent parfois plusieurs jours – aggravent leurs souffrances, les enfants étant les plus touchés par le froid mordant. Nombre d’habitants ont refusé d’être filmés, craignant d’être exposés et vulnérables. Mais Jivara, une femme d’Afrin, s’est exprimée d’une voix calme, empreinte d’une résilience inébranlable. « Que les yeux du Kurdistan brillent de mille feux. Cette épreuve aussi prendra fin », a-t-elle déclaré. Si le couvre-feu nocturne après 19 heures reste en vigueur dans une grande partie du Rojava pour des raisons de sécurité, Qamishlo est restée relativement calme. Pourtant, les habitants se disent épuisés – exténués par des années de guerre, de déplacements forcés et d’incertitude – et aspirent à une paix durable. Les organisations de la société civile du Rojava alertent sur le risque imminent d’une catastrophe humanitaire. Plus de 50 000 civils auraient été déplacés ces dernières semaines, mettant à rude épreuve des ressources locales déjà limitées. Les appels à une action internationale urgente se font de plus en plus pressants : protéger les civils, mettre fin aux attaques en cours et s’attaquer aux causes profondes d’une crise qui continue de bouleverser des vies, génération après génération. (Rudaw)

SYRIE. OSDH : Les forces de Damas exécutent, humilient et torturent les détenus kurdes

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SYRIE / ROJAVA – Les forces de Damas exécutent, humilient et torturent les détenus kurdes, signale l’Observatoire syrien des droits de l’homme alors que la population de Kobanê – privée d’eau, d’électricité et de vivre- est assiégée par par les gangs de Damas, DAECH / ISIS et de Turquie. Depuis début les attaques du début janvier ciblant les quartiers kurdes d’Alep, nous assistons à un nettoyage ethnique des Kurdes en Syrie orchestré par le régime turc et appliqué par les gangs djihadistes venus en Syrie des quarte coins du monde. Les forces de Damas exécutent, humilient et torturent les détenus kurdes L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH ou SOHR) a obtenu des informations et des images vidéo choquantes montrant des exécutions et des violations flagrantes commises par des membres des forces du gouvernement de transition contre des détenus kurdes.   Selon des sources de l’OSDH, plusieurs détenus ont été exécutés, tandis que d’autres ont subi des injures et des actes motivés par la haine raciste, notamment des humiliations et des imitations de cris d’animaux.   Ces mauvais traitements s’apparentent à de la torture psychologique, et ces violations rappellent les violations à caractère sectaire commises précédemment contre des détenus de la communauté alaouite dans la région côtière de Syrie et des détenus druzes à Al-Suwaidaa.   Cela témoigne d’une tendance grave aux violations à caractère sectaire et ethnique.   L’Observatoire syrien des droits de l’homme met en garde contre les répercussions des violations continues à caractère sectaire et ethnique qui sapent la cohésion sociale en Syrie. Photo d’archive   L’OSDH appelle également à l’ouverture urgente d’enquêtes indépendantes sur ces crimes odieux, à la traduction en justice des auteurs, au respect des droits de l’homme et à la protection des détenus, quelles que soient leurs origines nationales ou religieuses.