SYRIE. Les gangs turco-jihadistes attaquent les zones civiles à l’Est d’Alep

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SYRIE / ROJAVA. La nuit dernière, les gangs de Damas et de la Turquie ont attaqué une sucrerie et les zones civiles à Deir Hafer, dans la campagne est d’Alep. Par ailleurs, ces dernières 24 heures, ils ont attaqué les environs du barrage de Tishreen et de Tabqa sous contrôle des forces arabo-kurdes.
 
La sucrerie de Deir Hafir, dans le canton de l’Euphrate, a été la cible, dans la nuit de mercredi à jeudi, de violents bombardements d’artillerie menés par des mercenaires du gouvernement intérimaire syrien. Plusieurs obus ont touché le bâtiment, provoquant d’importants dégâts matériels et des destructions considérables. Selon des sources locales, les bombardements n’ont pas seulement touché l’usine, mais aussi des habitations et des biens civils en ville, provoquant des dégâts matériels d’importance variable et semant la peur et la panique parmi les habitants. On ne dispose d’aucune information concernant d’éventuelles victimes. (ANHA) 

SYRIE. Nouvelle offensive turco-djihadiste contre le Rojava

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SYRIE / ROJAVA – La Turquie et Damas préparent une nouvelle offensive contre les zones contrôlées par les forces arabo-kurdes dans la campagne est d’Alep.

La chaîne d’information officielle syrienne, Syrian News Channel, a publié une carte annonçant la création d’un « couloir humanitaire de huit heures » pour les habitants des localités de Deir Hafir et Maskanah (à l’ouest de l’Euphrate, dans la campagne est d’Alep), toutes deux contrôlées par les Forces démocratiques syriennes (FDS). Ce couloir mènerait vers les zones contrôlées par les forces d’al-Jolani.
 
Des observateurs avertissent que les civils qui refusent de quitter leur domicile pourraient être soumis à des bombardements à l’intérieur de leurs maisons, prétendument avec le soutien de Hakan Fidan, et en l’absence d’une condamnation claire de l’envoyé américain Thomas Barrack, qui a rencontré hier soir le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan.
 
Ces derniers jours, les villes de Maskanah et Deir Hafir ont été la cible de bombardements d’artillerie et de tirs de mitrailleuses lourdes de la part des forces d’al-Charaa (Jolani). De plus, à l’aube de ce 14 janvier, des drones turcs ont attaqué ces villes.
 
Les FDS ont publié plusieurs communiqués, le dernier datant d’il y a environ une heure, faisant état d’une frappe de drone turc Bayraktar sur le village d’al-Bu’asi, dans la campagne de Tabqa. (Syria Justice Archive)

IRAN. Un professionnel de santé : Le régime massacre les blessés

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IRAN / ROJHILAT – D’après des témoignages, le régime iranien tue ou kidnappe les blessés hospitalisés à travers le pays, y compris dans les régions kurdes. Le nombre élevé de morts à Téhéran rend l’identification de nombreux corps impossible. Ceux qui ont été témoins des massacres perpétrés par les forces du régime en Iran ont fourni des informations à Radio Farda sur l’approche des forces de l’État iraniennes envers les manifestants participant aux manifestations. « DE NOMBREUX BLESSÉS SONT ASSASSINÉS DANS LES HÔPITAUX » Un agent de santé d’une ville du sud de l’Iran a rapporté à la radio que de nombreux manifestants avaient été tués après avoir été arrêtés alors qu’ils étaient blessés, et que beaucoup d’autres étaient morts dans les hôpitaux, leurs corps étant remis à leurs familles en échange de 700 millions de rials. « LES BLESSÉS SONT ENLEVÉS » À Karaj, un chauffeur de taxi a raconté à la radio qu’un médecin qui était monté dans sa voiture pleurait et décrivait comment des soldats iraniens avaient pris d’assaut l’hôpital pendant que les blessés y étaient transportés, les chargeant dans des camions et les emmenant. « LE NOMBRE DE PERSONNES TUÉES À TÉHÉRAN EST TRÈS ÉLEVÉ » Mande Sultani, fille de l’avocate des droits de l’homme Ebdulfetah Sultani, a confirmé le meurtre de son oncle, Ali Dehfani, en déclarant : « Le nombre de morts à Téhéran est tellement élevé qu’on ne peut identifier un corps même pas une fois tous les cinq jours. » Depuis le 28 décembre 2025, des manifestations ont éclaté en Iran et au Kurdistan (Rojhilatê Kurdistan) pour protester contre les crises économiques et les problèmes politiques et sociaux. Malgré la répression brutale du régime iranien, les protestations continuent de s’étendre. Selon l’organisation de défense des droits humains HRANA, 18 434 manifestants ont été arrêtés en 18 jours. Selon HRANA, 2 403 manifestants ont été tués lors d’attaques des forces iraniennes. Parmi eux, 12 enfants. On dénombre également 1 134 manifestants blessés. (Mezopotamya)

L’Iran à l’heure des bouleversements, la résistance kurde refait surface

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Les regards sont aujourd’hui tournés vers l’Iran. On le sait, ce pays possède une histoire ancienne et profonde. Les conflits et les résistances qui traversent ce territoire plongent eux aussi leurs racines dans un passé lointain. Dans le cadre des relations kurdo-perses, un bref rappel historique s’impose.
 
Les Perses se sont emparés du pouvoir par ce que l’on pourrait qualifier de coup de palais, renversant les Mèdes, considérés comme les ancêtres des Kurdes et à la tête de l’un des empires les plus puissants de leur époque. Toutefois, pendant une longue période, cet ensemble continua d’être désigné comme l’Empire mède-perse, les Mèdes demeurant des partenaires fondateurs de cette construction impériale. C’est pour cette raison que, dans les sources grecques antiques, l’Empire perse est parfois désigné simplement comme celui des « Mèdes ».
 
Une continuité kurde à travers l’histoire
 
Malgré cette rupture historique, les Kurdes ont su préserver leur culture propre et maintenir leur existence en tant que peuple distinct. Dans son œuvre célèbre Anabase, Xénophon décrit les Kurdes comme un peuple particulièrement combatif. Il écrit notamment :
 
« Ils ne sont pas soumis au roi des Perses ; ils sont indépendants face à l’armée perse et parfois assez puissants pour la vaincre. »
 
Les Kardouques (Carduchoi), considérés comme les ancêtres des Kurdes, opposèrent ainsi pendant sept jours une résistance acharnée à l’armée grecque en recourant à des tactiques de guérilla. Cette forme de résistance s’est, historiquement, prolongée jusqu’à nos jours.
 
L’extension du monde mède
 
Après la chute de l’Empire assyrien, les Mèdes étendirent considérablement leur influence. Les territoires correspondant aujourd’hui au Kurdistan oriental (l’ouest et le nord-ouest de l’Iran), à la région de l’Élam et aux monts Zagros, au Kurdistan du Nord (le sud-est de la Turquie), au Kurdistan du Sud (la Mésopotamie du Nord incluant Mossoul), au Caucase du Sud (Arménie et Azerbaïdjan), ainsi qu’au sud de la mer Caspienne (Gilan et Mazandéran), constituaient leurs zones d’influence et de domination.
 
Autrement dit, les Mèdes exerçaient leur pouvoir sur un vaste espace centré sur les Zagros, s’étendant du nord-ouest de l’Iran à l’Anatolie orientale, du nord de l’Irak au Caucase du Sud.
 
Jusqu’au traité de Qasr-e Chirin de 1639, les Kurdes ont, à travers diverses dynasties, largement préservé des structures politiques propres et semi-indépendantes.
 
Démographie et diversité kurdes en Iran
 
Faute d’études indépendantes et exhaustives, les chiffres précis concernant la population kurde en Iran restent inconnus. Selon les estimations couramment admises, près de 20 % de la population iranienne serait composée de Kurdes (kurmandjis, soranophones, lors, bakhtiaris, yarsans, etc.), un chiffre probablement sous-estimé.
 
Les États de la région — au premier rang desquels l’État turc — ont mené pendant des décennies des politiques systématiques d’assimilation, arrachant une partie importante de la population kurde à ses racines identitaires.
 
Si les régions de Kermanshah, Sanandaj (Sine) et Urmia constituent les principaux foyers kurdes, des millions de Kurdes vivent également à Gilan, Mazandéran, Golestan, Ispahan et Téhéran. On trouve en Iran aussi bien des Kurdes sunnites que des Kurdes chiites en nombre comparable, ainsi que des communautés yarsanes, kakaï et shabak. Malgré les pressions visant à imposer un modèle monolithique — une seule nation, une seule langue, une seule religion — les Kurdes ont largement préservé leur pluralité religieuse et culturelle.
 
En Iran, les Kurdes se distinguent notamment dans le cinéma, la musique, les arts, le sport et l’éducation, et comptent des artistes et des groupes culturels reconnus à l’échelle internationale. Pourtant, les régions kurdes, tout comme celles habitées par les Baloutches, demeurent parmi les plus marginalisées et appauvries du pays.
 
Pahlavi, nationalisme et répression
 
Au cours du dernier siècle, tant l’ère du Shah que celle du régime des mollahs ont constitué des périodes de profondes destructions pour les Kurdes et les autres peuples d’Iran. Aujourd’hui, l’option Pehlevi remise en avant ne représente pas une perspective crédible pour l’avenir du pays.
 
Arrivé au pouvoir par un coup d’État militaire en 1921, Reza Shah Pahlavi prit pour modèle l’État turc et la conception kémaliste de l’État-nation. Ce modèle s’est construit à travers le génocide arménien, le génocide assyrien, le massacre des Kurdes dans la vallée de Zilan, le génocide de Dersim, le Plan de réforme de l’Est (Şark Islahat Planı) et des déportations massives, fondés sur la négation et l’élimination des peuples non dominants.
 
Reza Shah Pahlavi s’engagea à son tour dans la construction d’un État-nation centré sur l’identité perse : interdiction de l’enseignement et des publications en kurde, exclusion des Kurdes des institutions étatiques et effacement systématique de leur existence politique.
 
Dans le prolongement des politiques de négation menées par l’État turc, le régime du Shah qualifia les Kurdes de « Persans des montagnes » et interdit presque tout ce qui relevait de leur identité. Les régions kurdes furent largement privées d’investissements, tandis qu’une minorité collaborant avec le régime était ponctuellement récompensée.
 
Résistances, assassinats et continuité de la lutte
 
Face à ces politiques, les révoltes kurdes reprirent dès les années 1940, culminant avec la proclamation de la République kurde de Mahabad en 1946. Cette expérience ne dura que onze mois : son président, Qazi Muhammad, ainsi que plusieurs dirigeants, furent exécutés.
 
En 1953, à la suite de l’intervention des États-Unis et du Royaume-Uni, Reza Shah fut écarté du pouvoir au profit de son fils Mohammad Reza Pahlavi, qui poursuivit les mêmes politiques répressives à l’égard des Kurdes.
 
Sous la République islamique, les revendications légitimes des Kurdes continuèrent d’être violemment réprimées, la violence s’exportant jusqu’en Europe. En 1989, le dirigeant du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran, Dr Abdolrahman Ghassemlou, fut assassiné à Vienne, suivi en 1992 par son successeur Sadegh Sharafkandi à Berlin.
 
Crise actuelle et recompositions régionales
 
Aujourd’hui, des organisations kurdes telles que le PJAK, le PDK-I, Komala et le PAK poursuivent leur lutte pour les droits légitimes du peuple kurde. Les villes kurdes constituent l’un des pôles les plus actifs et massifs du soulèvement social en Iran.
 
Alors qu’un affrontement historique entre le monde occidental et le régime iranien se profile, l’hypothèse d’une intervention extérieure est désormais présentée comme inévitable. L’imposition d’une solution de type Pehlevi, soutenue depuis les États-Unis, apparaît cependant comme une source majeure d’inquiétude pour l’avenir de l’Iran.
 
Dans ce contexte de bouleversement, les Kurdes cherchent à la fois à se protéger et à conquérir leurs droits historiquement niés, dans le cadre d’un partenariat libre et digne avec les autres peuples de la région.
 
L’inquiétude de l’État turc
 
Les développements en Iran inquiètent profondément l’État turc. Les responsables turcs parlent ouvertement d’une « menace existentielle », sans jamais en préciser clairement la nature. Cette inquiétude trouve pourtant son fondement dans une hostilité persistante à l’égard des Kurdes.
 
Alors que l’État turc s’efforce de réprimer les revendications kurdes, il se retrouve confronté à l’émergence successive du Kurdistan d’Irak, du Rojava en Syrie, et désormais du Kurdistan iranien.
 
À force de nier et de chercher à détruire, il pourrait être trop tard lorsque la réalité s’imposera. Le même modèle autoritaire et négationniste qui a conduit l’Iran à la situation actuelle pourrait produire des conséquences similaires en Turquie. Malgré toutes les pressions, les Kurdes restent déterminés à réapparaître sur la scène de l’histoire et à y occuper la place qui leur revient.
  Maxime Azadî

Solidarité féminine avec le Rojava et les peuples d’Iran

SYRIE / ROJAVA – Une plateforme de femmes du Rojava a lancé une campagne de soutien aux manifestations en cours en Iran et aux Kurdes du Rojava attaqués par les gangs turco-djihadistes, soulignant que la solidarité féministe transnationale est une nécessité historique pour faire face à l’oppression et aux guerres dans la région.

La Plateforme démocratique transnationale pour les femmes a lancé une campagne de soutien aux manifestations en Iran et a exprimé son soutien et sa solidarité au Rojava et dans le nord et l’est de la Syrie, dans une déclaration intitulée « Un appel à toutes les femmes, transcendant les frontières, les nationalités et les identités ».

Le lancement de cette campagne intervient dans un contexte de manifestations qui se poursuivent depuis plus de deux semaines en Iran et au Kurdistan oriental, dénonçant la tyrannie intérieure et l’aggravation des crises économiques et sociales. Il coïncide également avec les violentes attaques perpétrées par des mercenaires du gouvernement intérimaire contre les quartiers de Sheikh Maqsoud et d’Achrafieh à Alep.

Le communiqué de la campagne féministe stipule : « Les manifestations actuelles en Iran constituent une continuation indéniable et directe du soulèvement « Jin, Jiyan, Azadî », qui n’était pas une réaction passagère mais une attaque radicale contre l’ensemble du régime en place, la légitimité de ses structures de répression et ses rapports de domination. Ce mouvement démontre que la société iranienne est entrée dans une phase de lutte irréversible, une phase où la peur s’est effondrée et où une volonté collective de changement radical s’est forgée. »

Le communiqué ajoute : « Nous considérons que cette voix est non seulement celle des femmes iraniennes, mais aussi celle de toutes les femmes arabes, baloutches, turques, kurdes, mazani et afghanes, et de toutes les femmes qui ont subi les horreurs de la guerre, de l’oppression, de la pauvreté et de la discrimination en Iran, dans la région et dans le monde. Ce combat ne connaît pas de frontières et s’adresse à toutes les femmes dont la liberté et la dignité humaine ont été systématiquement bafouées. »

Le communiqué souligne qu’aujourd’hui, sous le siège brutal et inhumain imposé aux quartiers d’Achrafieh et de Cheikh Maqsoud à Alep, la coupure d’eau, d’électricité, de médicaments et de services essentiels a coûté la vie à des milliers de civils, notamment des femmes, des enfants et des personnes âgées. Le communiqué poursuit : « Nous considérons les attaques contre les zones résidentielles, les menaces constantes qui pèsent sur la vie des habitants et les châtiments collectifs qui leur sont infligés comme des exemples flagrants de crimes commis contre des civils, et le silence face à ces crimes constitue une complicité de violence. »

Le communiqué expliquait en outre que, parallèlement, la situation actuelle en Iran, dans un contexte de tensions régionales croissantes et de menace d’une attaque militaire des États-Unis et de leurs alliés, était préoccupante. Il ajoutait : « Nous affirmons fermement que ni la tyrannie intérieure ni la guerre d’extérieure ne libéreront le peuple. »

Le communiqué affirmait que les grèves et la résistance des femmes dans les prisons, la résistance des prisonnières politiques et la présence massive, consciente et progressiste des femmes dans la rue ont consolidé leur rôle crucial au cœur de cette révolution. Le slogan « Jin, Jiyan, Azadî » (Liberté, Liberté, Égalité) a prouvé que la libération de la société ne peut être atteinte que par l’organisation populaire, l’auto-organisation collective et la rupture des rapports de domination. Les femmes ne sont pas marginalisées ; au contraire, elles en sont la force motrice et la conscience vigilante.

Le communiqué a rappelé que cette lutte n’est pas une simple protestation interne, mais s’inscrit dans un combat plus vaste contre les régimes autoritaires, le militarisme et l’islam politique dans toute la région. Elle relevait la « similitude des manifestations de répression en Iran, en Syrie et dans d’autres régions du Moyen-Orient » et mettait en avant l’expérience du Rojava en matière d’autonomie démocratique, axée sur la libération des femmes, la coexistence interethnique et la défense de la société, comme un modèle vivant et inspirant pour les luttes de libération dans la région.

La plateforme a ajouté dans son communiqué : « Aujourd’hui plus que jamais, nous croyons que l’unité des femmes par-delà les frontières et les régions, transcendant les identités ethniques, religieuses et partisanes, est une nécessité historique. La création de plateformes communes pour les femmes du Moyen-Orient afin de lutter contre la guerre, les sièges, l’occupation, l’oppression et le patriarcat n’est pas une option, mais une condition fondamentale à la poursuite et à l’avancement du combat. »

Le communiqué souligne que les manifestations actuelles en Iran, bien qu’enracinées dans une crise économique, une corruption généralisée et un effondrement social, constituent fondamentalement un défi à toutes les formes de dictature, qu’elle soit monarchique ou théocratique.

La plateforme a également affirmé son soutien total et inconditionnel aux prisonniers politiques, en particulier aux femmes, et sa défense des habitants d’Achrafieh, de Sheikh Maqsoud et des autres zones assiégées, soulignant que le lien entre la rue, les prisons et les quartiers assiégés est le fondement de la poursuite de la révolution.

Le communiqué a souligné que, dans une vision d’une société future libre, la reconnaissance des droits de toutes les nationalités, la diversité linguistique et culturelle, l’égalité des genres et la participation directe du peuple à la prise de décision sont des principes indispensables. Elle insistait sur le fait que la mise en place de conseils populaires, de comités locaux et de réseaux de résistance coordonnés est une nécessité urgente et vitale.

Le communiqué ajoutait : « L’heure est venue pour les femmes et les forces démocratiques du Moyen-Orient de s’unir contre la guerre, le siège et l’oppression, et de bâtir un avenir où aucune femme ne soit victime du pouvoir, des frontières ou des armes. Le soulèvement « Jin, Jiyan, Azadî » est en cours et se poursuivra jusqu’à ce que la liberté, l’égalité et la souveraineté du peuple sur son destin soient acquises. » (ANHA)

Jolani invité à Berlin en plein massacre des Kurdes d’Alep

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ALLEMAGNE – En plein massacre des Kurdes d’Alep, le président auto-proclamé de la Syrie, Ahmed al-Charia (Jolani) arrive à Berlin sur invitation du chancelier allemand Merz. La Société pour les peuples menacés (GfbV) s’oppose fermement à cette visite et exige son annulation, déclarant qu’on ne doit pas dérouler « le tapis rouge pour les criminels de guerre ». Ahmed al-Charia, le président intérimaire autoproclamé de Syrie, qui dirigeait la milice islamiste Hayat Tahrir al-Sham (HTS) sous le pseudonyme d’Abou Mohammed al-Julani, sera reçu à Berlin la semaine prochaine pour des entretiens à l’invitation du chancelier allemand Friedrich Merz (CDU). La Société pour les peuples menacés (GfbV) lance un appel urgent au gouvernement allemand, dans une lettre ouverte, pour qu’il annule cette invitation. « Nous vous exhortons à ne pas dérouler le tapis rouge à Berlin pour un criminel de guerre alors qu’il fait assassiner des innocents en Syrie », peut-on lire dans la lettre. Al-Sharaa est responsable de violences excessives. Le Dr Kamal Sido, spécialiste du Moyen-Orient à la Société pour les peuples menacés (GfbV), qualifie l’invitation adressée à l’homme d’État autoproclamé d’« affront aux victimes de ses violences et de mépris des valeurs que défend notre pays ». L’organisation affirme qu’al-Sharaa est un criminel de guerre et un assassin de masse qui doit être poursuivi en justice. Elle fait ici référence aux vagues de violence qui frappent les communautés druze et alaouite en Syrie. Selon la Société pour les peuples menacés (GfbV), entre 30 000 et 60 000 Alaouites ont été tués, blessés ou déplacés en mars 2025, et environ 5 000 Druzes ont été pris pour cible et assassinés lors de massacres dans le sud du pays, ce qui représente environ un pour cent de la population druze de Syrie. Attaques contre les Kurdes à Alep Le « régime islamiste » doit également assumer la responsabilité des récentes attaques militaires contre les quartiers kurdes d’Alep, Şêxmeqsûd et Eşrefiyê, ainsi que des violations des droits humains commises dans ce contexte. Ces quartiers sont par ailleurs la cible d’attaques constantes de la part de la Turquie, membre de l’OTAN et partenaire de l’Allemagne. Aucun avenir avec Al-Sharaa et HTS « Ce régime a fait couler tellement de sang en un an qu’une Syrie stable et pacifique sous son autorité est désormais impossible », avertit Sido. Au lieu de la stabilité, le régime engendre de nouvelles vagues de réfugiés. « Le gouvernement allemand se berce d’illusions s’il pense que les accords d’expulsion conclus avec al-Sharaa permettront de réduire le nombre de réfugiés syriens en Allemagne. Des millions de Druzes, d’Alaouites, de Kurdes et de membres d’autres minorités souhaitent quitter le pays », affirme Sido. L’espoir de rallier al-Sharaa à sa cause dans la lutte d’influence mondiale contre la Russie et la Chine est également illusoire. « Al-Sharaa s’est déjà rendu à Moscou pour rencontrer Poutine, et ses ministres sont allés en Chine. Il se laisse servir par tous, tout comme son allié Erdoğan », conclut Sido. (ANF)

Alep : plus de 500 personnes portées disparues après des attaques contre les quartiers kurdes

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SYRIE / ROJAVA – Au moins 120 000 personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers à la suite des attaques menées entre le 6 et le 10 janvier contre les quartiers kurdes d’Alep par les forces du régime djihadiste syrien, avec le soutien de l’État turc, selon des organisations locales de défense des droits humains. Plus de 500 personnes sont toujours portées disparues.
 
L’Organisation des droits humains d’Afrin a indiqué, sur la base des informations recueillies par ses équipes sur le terrain et par les familles de victimes, que le nombre de personnes disparues dépasse désormais les 500. L’organisation alerte sur l’absence de toute information concernant le sort de ces civils.
 
De leur côté, plusieurs organisations humanitaires avertissent d’une dégradation rapide de la situation humanitaire à Alep. Les affrontements militaires en cours, les attaques visant les zones de Deir Hafir et de Maskanah, ainsi que l’absence de garanties réelles pour la protection des civils ou le retour sécurisé des personnes déplacées, aggravent les conditions de vie de la population.
 
Le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a confirmé qu’environ 120 000 personnes restent actuellement déplacées. Selon l’agence onusienne, la majorité d’entre elles se sont réfugiées dans des régions voisines dépourvues de services de base, rendant les besoins humanitaires — notamment en matière de logement, d’alimentation et de soins de santé — de plus en plus urgents.
  Maxime Azadî

SYRIE. Damas envoie des renforts contre les Kurdes à Deir Hafir

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SYRIE / ROJAVA – Le gouvernement syrien redéploie ses gangs basés sur la côte syrienne, où ils ont massacré les Alaouites, vers les lignes de front avec les forces arabo-kurdes à Deir Haifer.
 
Parmi des gangs envoyés à Deir Hafir figurent des combattants étrangers, précédemment déployés sur la côte syrienne au sein de l’école navale.
 
Par ailleurs, les gangs de Damas poursuivent leurs bombardements d’artillerie sur les villes de Deir Haifer et de Maskanah.

SYRIE. Damas kidnappe le personnel de l’hôpital de Sheikh Maqsoud

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SYRIE / ROJAVA – Les gangs de Damas ont kidnappé 3 employés kurdes de Heyva Sor et l’ensemble du personnel de l’hôpital Khaled Fajr, situé dans le quartier kurde de Cheikh Maqsoud. Les deux quartiers kurdes d’Alep sont totalement assiégés par le gangs qui ont poussé 120 000 civils à s’enfuir vers Afrin qui est occupé par la Turquie. Lors des attaques perpétrées la semaine dernière contre les quartiers majoritairement kurdes de Sheikh Maqsoud et d’Ashrafiyeh à Alep, les troupes du Gouvernement fédéral de transition syrien, de concert avec des milices djihadistes alliées, ont commis de graves crimes de guerre. Il a été prouvé que des installations médicales ont été bombardées et que des civils ont été délibérément tués. Du personnel médical et des employés de l’organisation humanitaire Heyva Sor a Kurd ont également été enlevés. On ignore toujours où ils se trouvent. Parmi les cibles des assaillants figurait l’hôpital Xalid Fecir. La clinique de Shexmeqsud a été bombardée à plusieurs reprises et est désormais hors service. Au moment des attaques, de nombreux blessés et civils se trouvaient à l’intérieur. Les membres du personnel du Croissant-Rouge kurde enlevés – les deux ambulanciers Abdulrahman Muhammad et Rami Hussein al-Ali, ainsi que le chauffeur Youssef Hanan Hakmo – ont été kidnappés tout près de l’hôpital alors qu’ils se rendaient sur place pour transporter les blessés. Le coprésident Dilgeş Îsa a déclaré au journal Yeni Özgür Politika que l’incident avait été signalé aux instances internationales, notamment au Comité international de la Croix-Rouge, aux mécanismes compétents des Nations Unies à Genève et au Gouvernement fédéral de transition syrien. Lorsqu’on a tenté de joindre l’une des personnes enlevées par téléphone, un inconnu a répondu. Interrogé sur sa localisation, il a répondu d’un ton moqueur : « Il est là, venez le chercher. »
Dilgeş Îsa Aucun contact avec Shexmeqsud et Esrefiye D’après les informations actuelles, une professionnelle de santé est décédée lors d’un des attentats à la bombe contre l’hôpital Xalid Fecir. Selon Heyva Sor a Kurd, tout le reste du personnel de l’établissement a été enlevé. Deux autres employés ont également perdu la vie à l’hôpital Osman ; ils auraient été exécutés. Il semblerait également que certaines victimes aient été brûlées après les attaques. Les communications sont totalement coupées dans les quartiers touchés : les lignes téléphoniques et internet sont hors service, et l’accès à ces zones est bloqué. Le nombre de personnes tuées ou enlevées ne peut être déterminé avec certitude pour le moment. Évacuations sous les tirs  Malgré les attaques incessantes, Heyva Sor, une organisation kurde, a commencé à organiser des évacuations dès le troisième jour de l’offensive. Le 8 janvier, le premier convoi humanitaire a atteint la ville de Dair Hafir, mais a été bloqué et bombardé pendant 48 heures. Seul un cessez-le-feu temporaire a permis l’évacuation des blessés et des morts vers les zones contrôlées par l’Administration démocratique du Nord et de l’Est de la Syrie. Le convoi arrivé le 11 janvier a mis en sécurité 118 blessés et deux corps. Simultanément, 750 civils appartenant à 181 familles ont été évacués des zones assiégées à bord de sept bus. Dix blessés graves ont été transportés par le poste frontière de Sêmalka vers le Kurdistan du Sud pour y recevoir des soins médicaux. Les autres blessés ont été répartis dans des dispensaires à Tabqa, Raqqa et Hesekê. Les besoins en aide augmentent dans ​​les camps surchargés De nombreux évacués ont été accueillis par des proches dans des villes comme Raqqa, Hesekê, Qamishlo et Tabqa. D’autres ont trouvé refuge dans les camps de réfugiés d’Azadi et de Tekoşin. La situation y est tendue. « Les enfants, en particulier, souffrent d’un stress psychologique intense. Nos équipes leur apportent également une aide psychologique d’urgence », a déclaré Îsa. Dans le seul camp de Tekoşin, 49 familles et 115 blessés ont été accueillis jusqu’à présent. Ce nombre ne cesse d’augmenter. Depuis décembre, le camp abrite également environ 175 familles de Shahba, qui ont cherché refuge dans la région après la prise de pouvoir à Damas par la milice islamiste Hayat Tahrir al-Sham (HTS). Les ressources humanitaires sont épuisées. Les gens disparaissent On ignore combien de personnes se trouvaient à Şêxmeqsûd et Eşrefiyê avant le début des attaques ; beaucoup avaient déjà fui Afrin ou Şehba. On ne dispose toujours d’aucune information fiable sur l’ampleur des attaques ni sur le nombre de victimes. Selon Heyva Sor a Kurd, on suppose que de nombreuses personnes ont été tuées et enlevées. Les autorités de l’administration autonome recevraient un flux continu de demandes de renseignements de la part de familles concernant le sort de leurs proches disparus. « Nous savons que des hommes, jeunes et d’âge mûr, sont systématiquement enlevés », déclare Îsa. Des contrôles d’identité ciblés sont actuellement menés à Alep et dans ses environs. Les personnes d’origine kurde ou résidant à Şêxmeqsûd et Eşrefiyê sont particulièrement menacées. Selon Îsa, environ 120 000 personnes, dont beaucoup originaires d’Afrin et de Şehba, ont été contraintes de retourner à Afrin. Seules quelques-unes ont réussi à rejoindre les zones autonomes. Les habitants de Şêxmeqsûd et d’Eşrefiyê n’ont accès ni à la nourriture ni aux soins médicaux et ont un besoin urgent d’aide. Massacre d’une famille de 14 personnes Les autorités locales ont signalé à l’agence de presse ANHA le massacre d’une famille de 14 personnes dans le quartier de Şêxmeqsûd. Des arrestations sont également en cours dans d’autres quartiers d’Alep. Selon des sources, les auteurs de ces actes font preuve d’une extrême brutalité. Des familles yézidies contraintes de retourner à Afrin Parallèlement, selon la Fondation pour la liberté des Yézidis, environ 800 familles yézidies ont été renvoyées de force à Afrin, ville occupée par les djihadistes turcs. Tout contact avec elles est perdu et on ignore où elles se trouvent actuellement. Quelque 400 autres familles yézidies sont actuellement bloquées à Alep. Meryem Cirdi, de l’organisation Mala Êzîdiya d’Afrin, a averti que, compte tenu de la situation actuelle, les crimes commis par le groupe État islamique (EI) à Sinjar en 2014 – notamment les violences sexuelles et la réduction en esclavage – pourraient se reproduire. Une source de la région, souhaitant garder l’anonymat pour des raisons de sécurité, a rapporté que les hommes sont systématiquement séparés des femmes et des filles, une pratique conforme au mode opératoire de l’EI pour perpétrer un génocide contre les Yézidis. Menaf Cafo, de la Maison Yézidie d’Alep, a déclaré à la chaîne Rudaw avoir de nouveau aperçu des drapeaux de l’EI dans la ville. (ANF) 

TURQUIE. Meurtre d’un cadre de l’Association des droits de l’homme

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TURQUIE – Ali Aydın, avocat et un cadre de la branche d’Izmir de l’Association des droits de l’homme (IHD), a été assassiné dans la province d’Izmir, signale l’agence kurde Mezopotamya. L’avocat Ali Aydın (68 ans), directeur de la branche d’Izmir de l’Association des droits de l’homme, a été tué dans le quartier de Çiğli à Izmir. Sa famille était sans nouvelles de lui depuis sa promenade matinale depuis son domicile situé à Evka-2. Suite à un signalement, la police a découvert le corps sans vie d’Aydın lors d’une perquisition. Il a été rapporté qu’Aydın est décédé des suites d’une agression, mais les raisons de cette agression restent inconnues. Un individu accusé d’avoir tué l’avocat a été arrêté par la police.