La Turquie prépare-t-elle un nouveau bain de sang au Rojava ?

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SYRIE / ROJAVA – Malgré les pourparlers entre Damas et les autorités kurdes du Rojava, les services de renseignement turcs (MİT) intensifient leurs efforts pour déstabiliser le Rojava. Selon des sources locales, des groupes affiliés au MİT et à l’État islamique s’organisent dans la région de Til Hemis sous le nom de « Cavalerie tribale ». Ces forces visent à semer le chaos, à frapper des points stratégiques comme Abu Qasayib et à attiser les tensions arabo-kurdes. Des réunions tribales, comme celle du 12 mars 2026 à Herma (Derik) sous égide MİT-HTS, confirment le recrutement de jeunes des tribus pour ces opérations de contre-attaque, dans le but de torpiller toute intégration politique et de raviver les conflits intercommunautaires. Voici l’article du centre de recherches kurdes Lêkolîn :

Les services de renseignement turcs (MİT) organisent des groupes armés tribaux pour déstabiliser le Rojava malgré l’avancée de l’accord Damas-FDS

Malgré les obstacles persistants, les négociations entre le gouvernement intérimaire de Damas et les Forces démocratiques syriennes (FDS) progressent vers une intégration. Dans ce contexte, les services de renseignement turcs (MİT) intensifient leurs efforts pour contrer cette dynamique en formant des groupes armés dits « tribaux » visant à déstabiliser le Rojava (nord et est de la Syrie).

Une nouvelle stratégie de contre-attaque via des « forces tribales »

Selon des sources locales relayées par Lekolin, des groupes affiliés au MİT, parfois en lien avec d’anciens éléments de l’État islamique (EI), se restructurent dans la région de Til Hemis (ou Til Hamis) sous le nom de « Siwar Eleşeyir » (Cavalerie tribale ou Cavaliers des tribus). Certains de ces groupes opèrent en portant des uniformes des forces de sécurité intérieure affiliées au gouvernement de Damas. Un groupe d’intervention d’une dizaine de personnes aurait ainsi été formé au sein de ces forces.

Le MİT recrute également parmi d’anciens membres du SMO (Armée nationale syrienne, faction pro-turque) et de l’EI présents dans la zone. L’objectif affiché de cette stratégie est de semer le chaos dans les territoires contrôlés par les FDS, de frapper des points stratégiques et d’exacerber les tensions intercommunautaires, en particulier entre Kurdes et Arabes.

Un plan similaire déjà dénoncé en 2025

Dès le 5 novembre 2025, Lekolin avait révélé l’existence d’un plan analogue : la création de la « Brigade de libération de Cizre » sous le couvert de la tribu El Ashraf. Composée d’anciens chefs de gangs de l’EI liés au MİT, cette brigade visait à mener des sabotages, des assassinats ciblés et à inciter les tribus arabes à se soulever contre les Kurdes et l’Administration autonome. Les attaques survenues dès le 6 janvier 2026 à Sheikh Maqsud et Ashrafiyeh (Alep), puis à Deir ez-Zor, Tabqa et Raqqa, correspondent aux scénarios alors décrits.

Focus actuel sur Til Hemis et le point stratégique d’Abu Qasayib

Les informations récentes indiquent que ces groupes « contra » commencent par créer du désordre à Til Hemis avant de viser le point stratégique d’Abu Qasayib. Un article de Lekolin daté du 1er février 2026 soulignait déjà que Til Hemis était devenu un foyer de provocations. Sous le commandement d’Ahmed Jedaan al-Xennam, environ 200 militants issus de la tribu Beni Saba et de liens avec le Hezbollah, opérant en civil, auraient été déployés vers Qamishli depuis les environs d’Abu Zuwayl, avec pour cible les villages de Til Sateh et Til Ode. L’objectif : contrôler les axes routiers internationaux et attiser des conflits internes.

Réunion tribale à Herma (Derik) le 12 mars 2026

Le 12 mars 2026, une réunion s’est tenue dans le village d’Herma (région de Derik) au domicile de Fuad Setam (frère de Mahir Elsetam), sous l’égide de responsables du MİT et du HTS. Parmi les participants figuraient Abu Haysem Sabawi (chef des forces tribales), Michim Elnewaf et Abu Salih.

Certains participants ont exprimé une hostilité ouverte envers les FDS, avec des slogans hostiles et des attaques contre des postes de sécurité. Bien que plusieurs tribus aient affirmé leur refus d’une guerre kurdo-arabe, des figures comme Abu Haysem ont confirmé leur engagement dans le plan. Une liste de jeunes recrutés pour intégrer ces « groupes antiterroristes » a été diffusée. Cette rencontre confirme la mobilisation de chefs tribaux par le MİT et le HTS, avec pour but principal d’enrôler des jeunes des tribus et de préparer un conflit intercommunautaire.

Une politique plus large de sabotage

Le MİT cherche à torpiller l’intégration entre FDS et Damas, à détruire les acquis du Rojava et à raviver les tensions sectaires et ethniques. Cette stratégie ne se limite pas aux zones mentionnées : elle s’étend également le long de la ligne de Kobanê. La semaine dernière, un poste de contrôle dans le village de Şêx Afwakal (Kobanê) a été attaqué par des groupes armés du SMO affiliés au MİT, incluant des membres de la tribu Begara.

Ces développements illustrent une tentative persistante d’instrumentaliser les divisions tribales pour empêcher toute stabilisation durable dans le nord-est syrien, au moment même où un accord politique semble progresser.

Source : Lekolin.org

Les Kurdes exhortent la communauté internationale à stopper les attaques d’Iran

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IRAK / KURDISTAN – Face à l’intensification des attaques iraniennes ciblant les zones civiles et les camps des réfugiés, les forces kurdes d’Iran réfugiées au Kurdistan d’Irak appellent la communauté internationale à intervenir. En deux semaines, cinq combattants de groupes d’opposition kurdes iraniens, un membre de l’Asayish et un soldat français ont été tuées dans des frappes ciblant le Kurdistan irakien.
Face à l’escalade de la violence dans la région, la Coalition des forces politiques du Kurdistan iranien a publié un communiqué urgent ce vendredi 13 mars 2026. Elle dénonce l’utilisation systématique de missiles et de drones par la République islamique contre le Kurdistan irakien, ciblant délibérément des zones civiles et des camps de réfugiés.
 

Dénonciation des attaques aveugles

La Coalition condamne les centaines d’agressions menées par le régime et ses milices affiliées. Elle souligne que ces frappes ne visent pas seulement des objectifs militaires, mais frappent directement les habitations civiles des réfugiés kurdes iraniens.
 

Voici le communiqué de la coalition des forces kurdes :

« La région du Kurdistan irakien a été la cible de centaines d’attaques de missiles et de drones depuis le début de la guerre entre l’Iran, les États-Unis et Israël. Parallèlement, les bases des forces politiques du Kurdistan iranien et les camps civils de ces mêmes forces dans la région ont également été visés.

La Coalition des forces politiques du Kurdistan iranien condamne fermement l’agression et les attaques de missiles et de drones perpétrées par la République islamique et ses groupes terroristes contre la région du Kurdistan, ciblant les habitations civiles des réfugiés kurdes iraniens vivant dans cette région. Elle appelle également la communauté internationale à prendre des mesures contre les attaques incessantes du régime et de ses milices.

La Coalition des forces politiques du Kurdistan iranien affirme que la République islamique tente d’étendre son emprise en massacrant des manifestants à l’intérieur du pays, en prenant des Kurdes en otage et en provoquant des crises, des guerres et de l’instabilité à l’étranger. Par conséquent, les pays et la communauté internationale doivent soutenir le peuple iranien et ses droits et revendications légitimes. Ils doivent également s’opposer aux attaques perpétrées par la République islamique contre les civils au Kurdistan et dans d’autres pays de la région. »

Coalition des forces politiques du Kurdistan iranien

13 mars 2026

 
 

IRAN. Inquiétudes pour les détenus kurdes après le bombardement de centres de renseignement

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IRAN / ROJHILAT – Les familles des détenus kurdes et les militants expriment une inquiétude croissante pour leurs proches après que des frappes aériennes américaines et israéliennes ont ciblé des centres de renseignement et de sécurité à travers le Kurdistan iranien (Rojhilat), endommageant ou détruisant des installations de détention où les détenus étaient censés être retenus.
 
Des avions de chasse ont bombardé la plupart des centres militaires et de renseignement appartenant au ministère du Renseignement et à l’Organisation du renseignement du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) dans la région, détruisant ou endommageant gravement les installations de détention situées sur leurs terrains.
Le sort de dizaines de détenus kurdes incarcérés dans ces centres reste inconnu, ce qui soulève de sérieuses inquiétudes quant à leur sécurité.
Les familles des détenus des villes d’Ilam, d’Orumiyeh, de Téhéran et de Kermanshah ont informé le Réseau des droits de l’homme du Kurdistan (KHRN) qu’elles n’avaient reçu aucune information concernant leurs proches arrêtés ces derniers mois par les forces affiliées à l’Organisation du renseignement des Gardiens de la révolution islamique et au ministère du Renseignement.
Un membre de la famille d’un citoyen arrêté il y a environ deux mois à Orumiyeh, qui a requis l’anonymat pour des raisons de sécurité, a exprimé son inquiétude quant au sort du détenu.
« Depuis son arrestation, nous n’avons aucune nouvelle de son état. Bien qu’avant le début de la guerre, l’organisation de renseignement des Gardiens de la révolution à Orumiyeh ait déclaré qu’il était détenu dans un centre de détention de la ville, le bombardement de la garnison d’Al-Mahdi, où se trouvent également plusieurs centres de détention de l’organisation de renseignement des Gardiens de la révolution à Orumiyeh, a accru notre inquiétude quant à son sort », a déclaré un membre de sa famille.
Selon la même source, les familles n’ont pas pu obtenir d’informations sur les détenus suite au bombardement des institutions de sécurité et militaires à Orumiyeh, et les autorités n’ont pas répondu à leurs demandes.
Selon une source à Mahabad, deux civils détenus dans un centre de détention du ministère du Renseignement de la ville ont été tués lors du bombardement de ce centre le soir du 2 mars. Leur identité reste inconnue et cette information n’a pas encore été vérifiée de manière indépendante par KHRN.
Une autre source à Sanandaj a indiqué que les détenus qui étaient incarcérés au centre de détention de Shahramfar, relevant de l’organisation de renseignement des Gardiens de la révolution, et au centre de détention du ministère du Renseignement de la ville, ont été transférés dans le quartier de quarantaine de la prison centrale de Sanandaj.
Les bâtiments de ces deux institutions militaro-sécuritaires situés sur les boulevards Shebli et Abidar ont été bombardés ces derniers jours par des avions de chasse américains et israéliens.
Des sources à Kermanshah et Ilam ont également informé KHRN que plusieurs détenus avaient été transférés dans les prisons centrales de ces villes, où ils sont actuellement placés en quarantaine dans des quartiers précaires, leur statut juridique étant incertain. D’autres ont été transférés dans des centres de détention secrets gérés par ces services de sécurité.
Par ailleurs, la famille d’un citoyen kurde arrêté ces dernières semaines à Téhéran par les forces de sécurité a déclaré n’avoir reçu aucune information concernant son sort. Selon la famille, les autorités sécuritaires et judiciaires de Téhéran ont affirmé ne disposer d’aucune information à ce sujet en réponse à leurs demandes d’informations

ALLEMAGNE. Une députée parraine la prisonnière politique kurde Zeynab Jalalian

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ALLEMAGNE – La députée du parlement fédéral allemand, Cansu Özdemir a parrainé la prisonnière politique kurde Zeynab Jalalian, qui est emprisonné en Iran depuis près de 20 ans.
Cansu Özdemir, députée du parti La Gauche au Bundestag, a annoncé aujourd’hui sur ses réseaux sociaux qu’elle s’était saisie de l’affaire Jalalian, s’engageant à continuer de la faire connaître à l’échelle internationale. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme « Des parlementaires protègent des parlementaires » (PsP) du Bundestag allemand, qui soutient les défenseurs des droits humains persécutés et les prisonniers politiques à travers le monde. Mme Özdemir a expliqué vouloir utiliser ce patronage pour sensibiliser la communauté internationale au cas de Mme Jalalian. Son sort est emblématique de l’oppression de l’opposition politique et des minorités ethniques en Iran, en particulier des militants kurdes. « En tant que marraine, je veillerai à ce que le cas de Zeynab Jalalian reste sous les projecteurs internationaux. Les prisonniers politiques ne doivent pas être oubliés », a déclaré Mme Özdemir.
Jalalian, née en 1982 dans le village de Dim Qeshlaq à Maku, dans la province d’Azerbaïdjan occidental, a été arrêtée à Kermanshah (Kirmaşan) en mars 2008 par les forces du ministère du Renseignement.
Elle avait initialement été condamnée à mort par le tribunal révolutionnaire islamique, mais sa peine a ensuite été commuée en emprisonnement à vie.
Durant sa détention, Jalalian s’est vue refuser le droit à une permission de sortie. Malgré plusieurs maladies, elle n’a pas reçu de soins médicaux adéquats et a été transférée illégalement à plusieurs reprises dans différentes prisons du pays. Elle est actuellement incarcérée à la prison de Yazd, rapporte le Réseau des droits de l’homme du Kurdistan (KHRN).
Jalalian est la plus ancienne prisonnière politique détenue en Iran et la seule femme purgeant actuellement une peine de prison à vie pour des accusations politiques.
Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, Özdemir a souligné que l’affaire Jalalian ne devait pas être oubliée au niveau international.
« Depuis des années, les organisations de défense des droits humains dénoncent les mauvais traitements infligés à Zeynab Jalalian et son manque d’accès aux soins médicaux. Son cas illustre clairement la répression des opposants politiques et des minorités ethniques en Iran, notamment des militants kurdes », a-t-elle écrit.
Faisant référence à un programme parlementaire de soutien aux prisonniers politiques, la députée a déclaré : « En tant que membres du Bundestag, nous œuvrons pour soutenir les défenseurs des droits humains et les prisonniers politiques menacés à travers le monde. En tant que soutien politique de Zeynab Jalalian, je veillerai à ce que sa cause continue d’être portée devant la communauté internationale. Il ne faut pas oublier les prisonniers politiques. Les droits humains ne sont pas négociables. »

#IRANWAR. Téhéran frappe les exilés kurdes d’Iran au Kurdistan irakien

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IRAK / KURDISTAN – L’Iran a significativement intensifié ses attaques contre les bases et positions des partis d’opposition kurdes iraniens exilés au Kurdistan irakien (Région du Kurdistan d’Irak) depuis le déclenchement du conflit régional impliquant Israël, les États-Unis et l’Iran, commencé le 28 février 2026 avec des frappes israélo-américaines massives sur le territoire iranien (y compris l’assassinat du Guide suprême Ali Khamenei).

Ces opérations iraniennes, menées principalement par les Gardiens de la révolution islamique (IRGC) via des drones kamikazes, des missiles et parfois en coordination avec des milices pro-iraniennes en Irak (comme les Unités de mobilisation populaire ou La résistance islamique en Iran), visent à neutraliser une menace perçue : ces groupes kurdes iraniens pourraient exploiter la guerre pour lancer des incursions transfrontalières ou soutenir une insurrection interne.

Contexte du conflit et escalade contre les Kurdes

  • Le conflit israélo-iranien (élargi à une guerre régionale États-Unis/Iran) a débuté fin février 2026.

  • Dès les premiers jours, l’Iran a étendu ses représailles au Kurdistan irakien, ciblant non seulement des bases américaines, mais aussi systématiquement les camps des partis kurdes iraniens (PAK, Komala, Khabat, PDKI/KDPI, etc.).

  • Téhéran accuse ces groupes de faire partie de la coalition anti-Iran et menace d’élargir les frappes à toute infrastructure du Kurdistan irakien.

  • Les attaques se sont multipliées mi-mars 2026, avec une intensification notable autour du 4-13 mars, coïncidant avec des rapports sur une possible mobilisation kurde.

Bilan des pertes kurdes mentionnées (début mars 2026)

Au moins cinq combattants kurdes iraniens ont été tués dans ces frappes entre le 4 et le 13 mars 2026 :

  • Jalal Rashid (Kawan), membre du Parti de la liberté du Kurdistan (PAK) : tué par une frappe de drone à Degala (est d’Erbil) le 4 mars 2026.

  • Ismail Rahimi (Ako), membre du Parti Komala du Kurdistan iranien : tué par une attaque combinée drone/roquettes à Zrgwez (près de Souleimaniye) le 7 mars 2026.

  • Omid Veysi (Omid Ravansar), membre du Parti Komala : tué par une frappe de drone à Zirgwezala (sud de Souleimaniye) le 11 mars 2026.

  • Iqbal Salehpour, originaire de Saqqez, membre de l’Organisation Khabat du Kurdistan iranien : tué par une frappe de drone à Erbil le 13 mars 2026.

  • Fakhraddin Moradi, originaire de Sanandaj (Sînê), membre de l’Organisation Khabat : tué lors d’une frappe de drone à Erbil le 13 mars 2026.

Motivations et implications

 

L’Iran cherche à prévenir toute ouverture d’un front ouest. Des coalitions récentes entre ces partis kurdes visent explicitement le renversement du régime. Le contexte de guerre élargie rend ces zones vulnérables, tandis que le gouvernement régional du Kurdistan irakien reste limité dans sa capacité de défense. Cette campagne s’inscrit dans une stratégie de Téhéran pour sécuriser ses frontières occidentales au milieu d’une guerre existentielle. La situation reste très volatile dans la région.

ROJAVA. Maisons détruites ou occupées : Le calvaire des Kurdes de retour à Afrin

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SYRIE / ROJAVA – Le retour à Afrin se transforme en une nouvelle épreuve pour de nombreuses familles kurdes. Après huit années d’exil, celles qui ont regagné leur ville natale se retrouvent aujourd’hui sans abri, confrontées à une réalité brutale : leurs maisons ont été soit détruites, soit occupées par des colons installés sous l’égide de la Turquie.

Cette situation met en lumière l’injustice persistante subie par les populations autochtones d’Afrin, dont le droit de propriété est bafoué au profit d’une politique de changement démographique de la région. Se retrouver sans toit sur sa propre terre est une violation flagrante des droits humains fondamentaux.

Face à cette urgence humanitaire, il est impératif que les autorités compétentes et les organisations internationales agissent immédiatement. Des mesures concrètes doivent être prises pour :

  • Assurer la mise en sécurité immédiate des familles sans abri.

  • Apporter une aide matérielle et financière d’urgence.

  • Procéder à l’expulsion des occupants illégaux pour restituer les foyers à leurs propriétaires légitimes.

Le rétablissement de la justice à Afrin commence par le respect du droit au logement pour ses habitants originels.

KURDISTAN. Deux combattants kurdes tués par des frappes iraniennes

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IRAK / KURDISTAN – Dans le cadre du conflit intensifié qui secoue la région depuis février 2026, l’étau se resserre à nouveau sur les forces kurdes iraniennes basées en Irak. Le parti d’opposition kurde, Khabat a annoncé la perte de deux de ses combattants lors d’une frappe de drone ciblée sur la localité de Bashiqa, au nord-est de Mossoul.

Les victimes ont été identifiées comme étant Iqbal Salehi, originaire de Saqqez, et Fakhraddin Moradi, originaire de Sanandaj (Sine). L’attaque a également fait quatre blessés parmi les peshmergas présents sur le site.

Un contexte de guerre USA-ISRAEL vs IRAN

 

Cette frappe intervient alors que le Kurdistan iranien (Rojhelat) est devenu une des cibles principales dans le cadre de l’offensive de grande ampleur menée par les forces coalisées (États-Unis et Israël) contre la République islamique. Depuis le 28 février, les infrastructures militaires du régime sont pilonnées, poussant Téhéran à multiplier les représailles par drones et missiles contre les groupes d’opposition kurdes, qu’il accuse de faire partie de la coalition anti-Iran.

Pour les mouvements kurdes iraniens, regroupés au sein d’une coalition incluant le PDKI, Komala et le PJAK, cette période est marquée par une tension extrême : d’un côté, l’espoir d’un affaiblissement définitif du régime ; de l’autre, la réalité d’un prix humain de plus en plus lourd payé par les combattants et les civils.

Une volonté de résistance inébranlable

Malgré la violence de l’attaque, la direction de Khabat (Sazmani Xebat) a réaffirmé sa détermination à poursuivre la lutte pour les droits fondamentaux du peuple kurde. Dans une déclaration officielle, le parti a envoyé un message clair aux autorités iraniennes :

« Les dirigeants despotiques doivent comprendre que la volonté forte et résolue des Peshmergas du Kurdistan ne sera pas brisée par les attaques terroristes et ne s’inclinera pas. »

Cette nouvelle tragédie souligne le drame du peuple kurde pris entre les feux des puissances régionales alors qu’il tente de défendre sa patrie ancestrale.

Zeinab Jalalian : la plus ancienne prisonnière politique en Iran

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IRAN / ROJHILAT – Zeinab Jalalian (Zeyneb Celalîan), militante kurde iranienne née le 10 mars 1982, est la plus ancienne prisonnière politique femme d’Iran. Arrêtée en mars 2008, elle purge une peine de réclusion à perpétuité dans la prison centrale de Yazd depuis novembre 2020, après avoir été condamnée initialement à mort pour « moharebeh » (inimitié envers Dieu), accusation liée à son militantisme pour les droits des femmes kurdes et qu’elle a toujours niée.

Qui est Zeinab Jalalian ?

Zeinab Jalalian (Zeyneb Celalîan en kurde), militante politique kurde née le 10 mars 1982 à Dim Qeshlaq, village de Maku dans la province d’Azerbaïdjan de l’Ouest, purge aujourd’hui sa 18e année de détention (approchant la 19e) dans les prisons iraniennes. Arrêtée en mars 2008 à Kermanshah à l’âge de 26 ans, elle est la plus ancienne prisonnière politique féminine d’Iran et la seule femme condamnée à la réclusion à perpétuité pour des motifs politiques.

Militante pour les droits des femmes kurdes, elle avait notamment visité des lycées de filles pour sensibiliser à la Journée internationale des femmes et distribué des fleurs aux élèves. Les autorités l’ont arrêtée violemment et l’ont accusée d’appartenance au PJAK (Parti pour une vie libre au Kurdistan), groupe kurde d’opposition armé qu’elle a toujours nié. Jugée en quelques minutes seulement, sans avocat ni défense digne de ce nom, devant un tribunal révolutionnaire de Kermanshah, elle a été condamnée à mort en décembre 2008 pour « moharebeh » (inimitié envers Dieu). La sentence a été confirmée en 2009, puis commuée en perpétuité en novembre 2011.

Depuis son arrestation, Zeinab Jalalian a été transférée de prison en prison comme mesure de punition : Evin (section 209), Kermanshah, Khoy, Gharchak (Varamin), Kerman, Dizel Abad, et enfin la prison centrale de Yazd depuis novembre 2020, où elle se trouve encore aujourd’hui. Elle a subi des tortures physiques et psychologiques répétées : coups portés les yeux bandés, flagellation sous les pieds, menaces de viol, isolement prolongé et interrogatoires coercitifs par les agents du ministère du Renseignement. Elle a également été diagnostiquée positive au Covid-19 en 2020 et transférée plusieurs fois pendant la pandémie dans des conditions inhumaines.

Sa santé s’est gravement détériorée en raison du déni systématique de soins médicaux, utilisé comme outil de torture et de pression. Elle souffre depuis des années de multiples problèmes résultant des tortures et des conditions carcérales :

  • fibromes utérins multiples (au moins dix myomes), causant des saignements abondants, des douleurs abdominales insoutenables et une anémie sévère ;

  • problèmes rénaux et digestifs ;

  • infections buccales (muguet) ;

  • ptérygion (croissance oculaire) entraînant une vision altérée ;

  • infections dentaires ;

  • difficultés à marcher et hémorragies internes.

En juin 2024, les autorités lui ont proposé un transfert à l’hôpital et des soins en échange d’une « lettre de repentance » ou d’une confession filmée – exigence qu’elle a fermement refusée, affirmant que les soins médicaux sont un droit, non une faveur. En septembre/octobre 2025, après des mois de douleur et sous pression internationale (notamment une déclaration conjointe de neuf rapporteurs spéciaux de l’ONU le 1er mai 2025), elle a enfin été emmenée menottée et enchaînée à un hôpital privé de Yazd pour une embolisation des fibromes utérins. Mais elle a été ramenée en prison seulement 24 heures après l’opération, contre l’avis médical, sans suivi post-opératoire, sans échographie ni IRM recommandés. Les autorités ont même prétendu avoir « perdu » l’ordonnance du chirurgien. Elle continue de souffrir de douleurs intenses, de saignements et d’anémie, sans accès à des soins spécialisés extérieurs à la prison.

Depuis près de 18 ans, Zeinab Jalalian n’a jamais bénéficié d’une permission de sortie ni de visites familiales régulières (interrompues depuis plusieurs années). Elle est maintenue dans des conditions inhumaines, souvent sans séparation des prisonnières de droit commun, et subit des pressions psychologiques constantes.

Son anniversaire, le 10 mars, rappelle non seulement le combat de milliers de prisonniers politiques kurdes, baloutches, arabes ou persans détenus dans des conditions indignes, mais symbolise surtout la résilience des militantes politiques iraniennes face à la répression systématique. Des organisations de défense des droits humains (Amnesty International, Hengaw, Kurdistan Human Rights Network, REDRESS, etc.), 22 ONG et 13 personnalités dont la Prix Nobel de la Paix Shirin Ebadi ont lancé un appel urgent en septembre 2025 pour des soins vitaux immédiats et sa libération.

Zeinab Jalalian incarne la résistance silencieuse d’une génération de femmes kurdes qui refusent de se taire, même au prix de leur santé et de leur liberté. Sa situation exige une mobilisation internationale accrue pour mettre fin à ce déni médical délibéré et à cette détention arbitraire.

Damas : « Il n’y aura plus d’administration autonome »

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SYRIE / ROJAVA – Concernant l’avenir du Rojava, un membre du gouvernement de Damas a déclaré qu’« Il n’y aura ni administration autonome, ni forces de sécurité, ni cantons. Tout cela disparaîtra. »
Les déclarations d’Ahmed Hilali, porte-parole du Comité présidentiel du gouvernement syrien intérimaire, lors d’une interview accordée au journaliste Dilbixwin Dara, ont suscité l’indignation de la communauté kurde. 
 
Hilali a déclaré au sujet du statut du Rojava : « Il n’y aura ni administration autonome, ni forces de sécurité, ni cantons. Tout cela disparaîtra. Il y aura une administration unique sous un seul État. Seule la langue kurde subsistera. »
 
Il est à noter que Hilali, en faisant référence au fait que des Kurdes ont occupé des postes au sein de l’administration de Damas par le passé et actuellement, a tenté de minimiser l’importance de la lutte de 14 ans menée par le Rojava.
 
Par ailleurs, l’administration autonome du Rojava fait parfois des déclarations concernant l’accord du 29 janvier, soulignant que Damas « ne remplit pas ses obligations et ne respecte pas l’accord ».
 
« L’incapacité des Kurdes du monde entier, qui se sont soulevés pour le Rojava, à suivre de près le processus de l’accord du 29 janvier, et le manque d’examen attentif du processus actuel par les diplomates kurdes, risquent fort de conduire à de graves crises à l’avenir », a déclaré l’agence kurde Sur Ajansi sur Twitter. 

IRAN. La guerre chasse 3,2 millions de civils de leurs foyers

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IRAN / ROJHILAT – La guerre opposant les Etats-Unis et l’Israël à l’Iran aurait chassé de leurs foyers plus de 3 millions de civils en Iran, y compris dans les régions kurdes du pays, selon l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
 
L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a annoncé jeudi 12 mars que depuis le début des attaques israéliennes et américaines contre l’Iran le 28 février, jusqu’à 3,2 millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays.
 
L’agence a averti que ce nombre pourrait augmenter si les combats se poursuivent. Des témoignages et des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent de nombreuses personnes contraintes de quitter leur domicile en raison de destructions partielles ou totales, et certaines sont même incapables de remplacer les fenêtres brisées de leurs maisons.