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SYRIE. La Turquie et le dilemme kurde
SYRIE / ROJAVA – Selon le spécialiste en géopolitique, Ceng Sagnic, la Turquie est prise de court par l’évolution du front anti-kurde qu’elle a déclenché en Syrie et au Rojava. Elle a peur de perdre son influence dans la région au profit de nouveaux acteurs, dont l’Arabie saoudite et l’Israël.
Ceng Sagnic a déclaré sur Twitter (X) que :
« Le rôle de la Turquie dans le conflit entre HTS et SDG ne correspond pas à une position totalement anti-kurde, contrairement à ce qui est présenté à l’opinion publique nationale. Au contraire, Ankara est consciente du dilemme stratégique qui se poserait si toute la frontière syro-irakienne tombait sous le contrôle d’un régime de Damas intégré à la sphère d’influence saoudienne. C’est pourquoi, depuis une semaine, Ankara figure parmi les acteurs de la médiation visant à mettre fin au conflit entre les deux camps et à préserver le statu quo dans les villes kurdes.
Il n’est pas surprenant que l’on tienne un discours contraire auprès du public. Des mesures seront également prises pour endiguer la récente vague de racisme anti-kurde.
Damas est une capitale où la Turquie exerce une influence ; cependant, Ankara n’est pas le seul acteur décisif en Syrie. Historiquement, la capacité de la Turquie à collaborer avec les Kurdes au-delà de ses frontières est bien plus développée que sa capacité à nouer des relations avec les acteurs arabes. Par conséquent, il est probable qu’elle ne soit pas favorable à un cession aussi facile du triangle Samalqa-Fish Khabur, point stratégique majeur de la région, à Hayat Tahrir al-Sham (HTS), plus proche de l’axe de Riyad et dont les relations avec Israël restent à définir.
En effet, en 2017, malgré toutes les garanties et les efforts diplomatiques de l’Iran, Ankara n’a pas consenti à ce que cette même région soit prise aux Kurdes. »
Pétition : Contestons l’héritage du traité de Lausanne
Une pétition mise en ligne exhorte la communauté internationale à reconsidérer le traité de Lausanne de 1923 qui a dépecé le Kurdistan et provoqué d’innombrables génocides, dont celui des Kurdes devenus apatrides.
Voici la pétition à signer sur Change :
Le traité de Lausanne, signé le 24 juillet 1923, a marqué un tournant historique en redessinant la carte du Moyen-Orient et en établissant de nouvelles frontières nationales. Cependant, il a été rédigé à une époque où la notion de droits humains n’était pas encore reconnue internationalement. Aujourd’hui, près d’un siècle plus tard, l’héritage de ce traité continue de peser lourdement sur d’innombrables communautés, notamment le peuple kurde.
Ce traité a de fait effacé certains peuples, comme les Kurdes, de la reconnaissance internationale. Cette omission a engendré des répercussions profondément ressenties depuis des générations. Le déni d’identité, la répression culturelle et la privation des droits politiques qui en ont résulté sont indéniables. Pendant plus d’un siècle, ces communautés ont subi la répression et vécu dans une instabilité constante, souvent victimes d’actes brutaux et violents.
À l’ère moderne, les normes du droit international ont considérablement évolué depuis 1923. Aujourd’hui, les droits humains et le droit à l’autodétermination sont des piliers des accords internationaux, des valeurs que le traité de Lausanne n’a pas respectées. Affirmer que le traité est « intouchable » revient à nier les progrès et les conceptions morales qui se sont développées à l’échelle mondiale.
Reconsidérer et remettre en question l’héritage du Traité de Lausanne n’est pas un simple exercice théorique ; c’est une étape cruciale vers la justice et la reconnaissance pour celles et ceux qui en ont subi les conséquences. Le droit international moderne offre le cadre nécessaire à une telle réévaluation, porteuse d’espoir de réconciliation et de stabilité pour les communautés affectées.
C’est pourquoi nous appelons les instances internationales, les organisations de défense des droits humains et les États ayant des intérêts au Moyen-Orient à plaider en faveur d’une réévaluation du Traité de Lausanne. Cette action s’inscrit dans notre engagement à défendre les droits humains et à soutenir le droit des communautés à l’autodétermination.
Signez cette pétition pour inciter les dirigeants à examiner et à corriger les conséquences durables du Traité de Lausanne. Œuvrons ensemble pour un monde plus juste et plus égalitaire.
« Si Daech entre à l’ONU, la loi n’existe plus : brisons les frontières »
KURDISTAN – Un haut cadre du parti armé kurde d’Iran déclare que si « Si DAECH, cravaté, peut entrer aux Nations unies, cela signifie qu’il n’existe plus aucune loi ».

« Les jeunes Kurdes ne doivent plus reconnaître les frontières. Le temps est révolu où l’on disait : ici c’est le Sud, là le Nord, ici tel État, là un autre.
Les lois internationales ont-elles été conçues uniquement pour punir les Kurdes ?
Si Daech, cravaté, peut entrer aux Nations unies, cela signifie qu’il n’existe plus aucune loi.
Les jeunes doivent briser les frontières : Rojhilat (Est), Bachour (Sud), Bakour (Nord), et partout où vivent des Kurdes. Même les Kurdes partis en Europe doivent dire : retournons sur la terre du Rojava et bâtissons une nouvelle renaissance.
Ceux qui ont mis en place ce jeu doivent être amenés à le regretter. Je crois que si nous agissons comme l’exige la situation telle qu’elle apparaît clairement, alors la victoire sera forcément la nôtre. » (Via Maxime Azadî)
« Les négociations avec Damas butent sur l’autodéfense, l’éducation et les droits des femmes »
SYRIE / ROJAVA – Membre du conseil présidentiel du Parti de l’Union démocratique (PYD), Salih Muslim a déclaré que les négociations avec Damas étaient dans l’impasse, en raison de profonds désaccords sur la défense légitime, le système éducatif et les droits des femmes.
Dans un entretien accordé à « BBC Türkçe », il a affirmé que les discussions butaient notamment sur la place des femmes dans la société et les institutions.
« Lors des négociations, ils disent clairement : ‘Il n’y aura pas de place pour la question des femmes, il n’y aura pas d’unités féminines’. Tout cela constitue pour nous des lignes rouges », a-t-il déclaré, rappelant que le modèle politique du Nord et de l’Est de la Syrie repose sur le principe de la coprésidence et la participation active des femmes.
Ils ont relâché les djihadistes
Salih Muslim a qualifié les développements récents de « complot contre les Kurdes », accusant l’administration de Damas d’avoir libéré des membres présumés de l’organisation État islamique (Daech) détenus dans des prisons reprises par ses forces.
« Tout s’est déroulé sous les yeux de tous. Ils les ont arrêtés puis relâchés. C’est désormais un danger majeur pour le monde entier. La Syrie est en train de se transformer en un Afghanistan du Moyen-Orient », a-t-il averti.
Attaques soudaines et perfides
Critiquant le lancement d’opérations militaires malgré un accord existant entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et Damas, Muslim a dénoncé des attaques « soudaines » et « perfides ».
Il a indiqué que les FDS avaient retiré certaines de leurs forces de Raqqa et de Deir ez-Zor après avoir compris que « ce n’était pas un affrontement limité, mais un plan visant à détruire le Rojava et à mettre fin à l’autonomie ».
Selon lui, ce processus aurait été enclenché après l’accord de Paris, suivi rapidement par les attaques contre les quartiers d’Achrafiyeh et de Cheikh Maqsoud.
Autodéfense, éducation et droits des femmes
Il a également exprimé de vives inquiétudes concernant la sécurité des minorités, rappelant les massacres visant les Alaouites et les Druzes, qu’il attribue à l’absence de forces locales de protection.
Sur la question de l’éducation, Salih Muslim a affirmé que Damas veut imposer un système éducatif à caractère islamiste, intégrant notamment la pensée d’Ibn Taymiyyah. « Nous disposons d’un système éducatif complet, de l’école à l’université », a-t-il souligné.Ibn Taymiyyah, religieux musulman ayant vécu aux XIIIᵉ et XIVᵉ siècles, est considéré comme l’une des figures fondatrices du salafisme.
Nous résisterons
Malgré ces divergences profondes, Muslim a affirmé rester favorable à une solution politique.
« Nous voulons la paix. Qu’il y ait un cessez-le-feu, que nous discutions, avec éventuellement des médiateurs. Mais si aucun accord n’est possible, nous résisterons », a-t-il conclu, avant d’ajouter : « Soit nous parvenons à un accord digne, soit nous résisterons aussi longtemps que cette guerre durera. »
Maxime Azadî
Campagne solidaire : Artistes pour le Rojava !
Nous, artistes, soyons solidaires de la révolution des femmes du Rojava!
Faisons vivre notre art en soutien des populations Kurdes attaquées et pour la défense d’un monde plus juste, équitable, écologique et féministe!
Un collectif d’artistes à travers le monde s’est crée pour proposer à la vente des œuvres originales dont l’intégralité du prix des ventes sera reversée à des associations kurdes.
À quoi servira le financement
L’intégralité des dons récoltés sera reversée à des associations à Kobanê-Rojava pour venir en aide aux populations, aussi bien en apport de matériels, vêtements, alimentations…
Nous sommes en contact avec différentes associations, la situation étant tellement instable dans la région, nous attendons de savoir quels sont les besoins urgents au fur et à mesure. Des updates des informations seront faits en temps réels ici même ou sur le compte Instagram @adriengoudier_art
Collecte lancée sur Ulule par Adrien Goudier, artiste peintre originaire du Pays Basque. Avec cette cagnotte, il invite les artistes qui le souhaitent à proposer à la vente une de leurs œuvres en solidarité au Rojava!
https://fr.ulule.com/artists-4-rojava-/?utm_campaign=presale_225658&utm_source=shared-from-Ulule-project-page-on—http.referer–&utm_medium=uluid_6110026
FRANCE. Manifestations de solidarité pour le Rojava
PARIS – La communauté kurde de France mobilisée contre les attaques jihadistes ciblant le Rojava, dans le Nord et Est de la Syrie, sera dans la rue ce week-end dans de nombreuses villes de France. (Attention, la manifestation de Draguignan est annulé !)
Voici une liste non exhaustive des villes accueillant les manifestations en soutien au Rojava :
29 janvier
CANNES: 29 janvier, 19h, Allée de la liberté
30 janvier
REIMS. 30 janvier, 18h, Parvis de la Gare centrale
VANNES. 30 janvier, 19h, Hôtel de ville
BAYONNE. 30 janvier, 15:30, devant la gare
31 janvier
PARIS. 31 janvier, 17h, Place de la République
STRASBOURG. 31 janvier, 15h, Place Dauphine
MONTPELLIER. 31 janvier, 17 Parc de Peyrou
MONTBELIARD. 31 janvier, 10h30, parvis des la gare
LE HAVRE. 31 janvier, 17h, jardins de l’Hôtel de Ville
LILLE. 31 janvier, 15h, place de la République
BREST. 31 janvier, 15h, place de la Liberté
ROCHEFORT. 31 janvier, 14h, devant la poste
Mulhouse. 31 janvier, 15h, place de la Bourse
MARSEILLE. 31 janvier, 13h, Place Canabière
RENNES. 31 janvier, 15h, Dalle du Colombier
1er février
NEVERS. 1er février, 11h, Place Carnot
LORIENT. 1er février, 14h, place F. Mitterrand
BORDEAUX. 1er février, 18h, place de la Victoire
LYON. 1er février, 14h, place Jean Macé
NICE: 1er janvier, 13h, gare SNCF
« Non » : le mot qui a uni les Kurdes
SYRIE – À ce jour, rares sont les dirigeants européens qui ont osé dire « non » au président américain Trump, et aucun chef d’État arabe n’a pu s’opposer à un ambassadeur américain, encore moins au président Trump. Pourtant, le général kurde Mazloum Abdi l’a fait. Il l’a dit, conscient du soutien indéfectible des Kurdes.
Il a déclaré : « Non, nous ne sommes pas des mercenaires et nous ne nous allierons pas à Hayat Tahrir al-Sham (anciennement le Front al-Nosra) pour combattre les Forces de mobilisation populaire irakiennes. » En réponse, l’ambassadeur Tom Barack a averti : « Alors ils s’en prendront à vous. »
L’attaque contre les Kurdes du Rojava est le prix de ce « non ». Pourtant, ce seul mot a uni les Kurdes du monde entier. Ainsi, les Kurdes paient un lourd tribut pour leur liberté. Paradoxalement, ce sacrifice partagé a engendré une unité kurde sans précédent.
La crise actuelle, bien que profondément douloureuse, représente une lutte transitoire vers une existence politique renouvelée.
Par Burhan Namik Salim Jaf, diplomate du Kurdistan d’Irak
TURQUIE. 47 condamnations visant les avocats et militants kurdes
TURUQIE / KURDISTAN – Quarante-sept personnes ont été condamnées à des peines de prison dans une affaire visant des avocats et des groupes de défense des droits des prisonniers et des avocats kurdes.
Le 14e tribunal pénal d’Istanbul a rendu son verdict dans une affaire visant des membres du groupe d’avocats pro-kurdes, l’Association des avocats pour la liberté (ÖHD), et l’Association de solidarité avec les familles de prisonniers (TUAD).
Après un procès qui a duré près de dix ans, 37 membres de la TUAD et 10 avocats affiliés à l’ÖHD ont été reconnus coupables aujourd’hui d’« appartenance à une organisation terroriste armée » et de « propagande terroriste ».
Les avocats ont protesté contre la décision devant le tribunal d’Istanbul à Çağlayan, en scandant des slogans kurdes tels que « Bijî berxwedana ÖHD » (Vive la résistance de l’ÖHD), « Bijî berxwedana zindana » (Vive la résistance en prison) et « La défense ne sera pas réduite en silence ».
Les accusations portées contre les membres de la TUAD étaient fondées sur leur plaidoyer contre les violations des droits dans les prisons, leurs déclarations à la presse et leurs efforts pour évaluer l’état de santé des prisonniers qui avaient entamé une grève de la faim en 2012. Pour 12 avocats de l’ÖHD, leurs activités professionnelles, notamment les visites en prison, la surveillance des tribunaux et les appels téléphoniques avec des clients et des collègues, ont été présentées comme preuve de conduite criminelle.
En attendant la décision motivée du tribunal dans les prochains jours, le droit d’appel a été maintenu.
« Légitimation du complot du réseau Gülen »
S’adressant à bianet , Emrah Baran, membre de la branche d’Istanbul de l’ÖHD, a analysé l’affaire et les implications du verdict : « Toutes les preuves dans cette affaire ont été fabriquées par des policiers, des procureurs et des juges affiliés au mouvement Gülen. Ils ont procédé à des écoutes téléphoniques et à une surveillance illégales, ont placé des dispositifs d’écoute dans les bureaux d’associations et ont même enregistré des conversations dans les salles de rencontre entre avocats et clients dans les prisons. Les enquêtes visant les avocats d’ÖHD ont débuté par des écoutes téléphoniques sous couvert de « détection des communications ». Ce processus a pris fin en 2013, suite au déclin de l’influence du réseau Gülen au sein du système judiciaire et de la police après les enquêtes pour corruption du 17 au 25 décembre. La collecte de preuves et les activités de surveillance ont alors été interrompues. Les accusations reposent entièrement sur des rencontres entre avocats et leurs clients en prison, leurs appels téléphoniques, ainsi que sur une coordination et des consultations internes concernant des questions juridiques. De même, le travail de solidarité des membres de la TUAD, mené conformément aux statuts de leur association, a été qualifié d’activité criminelle dans l’acte d’accusation. Le tribunal s’est appuyé sur des actes d’accusation et des preuves fabriqués dans le cadre d’un complot ourdi par des responsables gülenistes et a prononcé de lourdes peines de prison, notamment contre dix avocats de l’ÖHD. Cette décision légitime de fait la conspiration orchestrée par le réseau Gülen par le biais du système judiciaire. »« Criminalisation de l’ÖHD »
« Pourtant, dans les affaires Selam-Tevhid et OdaTV, les policiers, les procureurs et les juges qui ont fabriqué des preuves similaires ont été poursuivis et condamnés. Mais lorsqu’il s’agit d’une affaire impliquant des Kurdes et des avocats kurdes, les mêmes méthodes et preuves fabriquées n’ont pas été considérées comme faisant partie d’un complot. Au contraire, elles ont servi de base aux condamnations. Alors que l’on entend constamment des discours sur la résolution du problème kurde, l’abandon de la violence et le renforcement de la politique démocratique, des avocats sont condamnés à des décennies de prison pour des actions qui relèvent clairement de l’engagement politique démocratique et de la défense légale. Ceci révèle une tentative délibérée de criminaliser le travail de l’ÖHD sur les violations des droits humains et le suivi des affaires politiques. L’ÖHD réaffirme que ces condamnations ne nous arrêteront pas. Nous poursuivrons notre combat pour la justice. »«Que notre peuple reste fort»
Par ailleurs, l’avocat Ramazan Demir figure parmi ceux qui ont reçu l’une des peines les plus sévères dans cette affaire. Dans un message publié sur les réseaux sociaux après le verdict, Demir a annoncé avoir été condamné à une peine totale de 11 ans et 3 mois de prison sans réduction, pour appartenance à une organisation terroriste et diffusion de propagande terroriste. « Que notre peuple reste fort », a-t-il écrit. L’avocat Tamer Doğan a déclaré : « Pour avoir défendu le peuple kurde et soutenu Kobanê, le 14e tribunal correctionnel d’Istanbul nous a tous décorés de diverses médailles à l’issue d’un procès qui a duré dix ans. J’ai écopé de cinq ans et cinq mois de prison. Nous continuerons à défendre le peuple kurde et à lutter contre le génocide et les groupes djihadistes. » (Bianet)ROJAVA. Qamishlo rend hommage aux martyrs de la liberté
SYRIE / ROJAVA – Onze combattant·es kurdes tombé·s au combat lors des attaques des gangs de Damas ont été inhummé·es aujourdhui après une cérémonie officielle avec la participation de milliers de personnes.
À Qamishli, dans le nord de la Syrie, plusieurs membres des Forces démocratiques syriennes (FDS), des Unités de protection des femmes (YPJ) et des Forces de sécurité intérieure (Asayish), tombé·s au combat, ont été inhumé·es mercredi en présence d’une importante foule. Ils avaient été tués ces derniers jours alors qu’ils résistaient à une alliance composée de l’armée syrienne, de milices pro-turques et de vestiges de l’État islamique.
La cérémonie s’est déroulée au cimetière militaire de Şehîd Delîl Saroxan. Des milliers de personnes de la région ont accompagné le cortège funèbre, parti de la Maison du Conseil des Martyrs dans le district d’Enteriyê jusqu’au cimetière. Durant la procession et l’inhumation, la foule a scandé à plusieurs reprises « Şehîd namirin » (Les martyrs sont immortels) et « Vive la résistance du Rojava ! »
La cérémonie a honoré un total de onze martyrs : la commandante des YPJ Sidar Afrin, les combattantes des YPJ Viyan Cûdî, Stêrk Rojhat et Rewşen Zana Efrîn, les combattants des FDS Dilşêr Qamişlo, Karker Qamişlo, Rojhat Qamişlo, Çiyager Armanc, Diyar Qamişlo et Şêrewan Şêrawa ainsi que Mihemed. Kamil Mamo des Asayîş. Seuls six d’entre eux ont été enterrés. Des cérémonies symboliques à la mémoire des soldats tombés au combat ont eu lieu.
La cérémonie a débuté par une minute de silence. Dans leurs discours, les représentants du Conseil des victimes ont rendu hommage à la détermination des disparus et ont souligné l’importance de la résistance continue contre l’occupation et les plans d’extermination. Rohilat Efrîn, commandante des YPJ et membre du commandement général des FDS, a également pris la parole. Elle a déclaré :
« Un plan est mis en œuvre contre notre pays et nos acquis – un plan visant à anéantir notre peuple. Mais nous ne sommes pas faibles. Nous luttons depuis 13 ans. Depuis la fondation des YPJ, nous avons juré de ne jamais abandonner notre peuple et de le soutenir. Quoi qu’il arrive, nous nous sommes engagés à défendre ce pays. »
Dans son discours, Rohilat Efrîn a rendu un hommage particulier à la personnalité de la commandante Sîdar Efrîn : « Dans ses derniers mots, elle a dit : “Nous n’abandonnerons pas ce peuple.” La mort ne survient qu’une fois, et nous l’accueillerons avec dignité. » La commandante a conclu en appelant au renforcement de l’unité et de l’organisation kurdes : « Nous ne quitterons pas cette terre. Cette force organisée a été créée pour le peuple, afin qu’il puisse rester. Il n’y a pas de place ici pour les occupants. »
À la fin de la cérémonie, les camarades, au milieu des chants, portèrent les corps des disparus jusqu’à leurs tombes. Leurs certificats de décès furent ensuite remis à leurs familles. (ANF)
La cérémonie a honoré un total de onze martyrs : la commandante des YPJ Sidar Afrin, les combattantes des YPJ Viyan Cûdî, Stêrk Rojhat et Rewşen Zana Efrîn, les combattants des FDS Dilşêr Qamişlo, Karker Qamişlo, Rojhat Qamişlo, Çiyager Armanc, Diyar Qamişlo et Şêrewan Şêrawa ainsi que Mihemed. Kamil Mamo des Asayîş. Seuls six d’entre eux ont été enterrés. Des cérémonies symboliques à la mémoire des soldats tombés au combat ont eu lieu.
La cérémonie a débuté par une minute de silence. Dans leurs discours, les représentants du Conseil des victimes ont rendu hommage à la détermination des disparus et ont souligné l’importance de la résistance continue contre l’occupation et les plans d’extermination. Rohilat Efrîn, commandante des YPJ et membre du commandement général des FDS, a également pris la parole. Elle a déclaré :
« Un plan est mis en œuvre contre notre pays et nos acquis – un plan visant à anéantir notre peuple. Mais nous ne sommes pas faibles. Nous luttons depuis 13 ans. Depuis la fondation des YPJ, nous avons juré de ne jamais abandonner notre peuple et de le soutenir. Quoi qu’il arrive, nous nous sommes engagés à défendre ce pays. »
Dans son discours, Rohilat Efrîn a rendu un hommage particulier à la personnalité de la commandante Sîdar Efrîn : « Dans ses derniers mots, elle a dit : “Nous n’abandonnerons pas ce peuple.” La mort ne survient qu’une fois, et nous l’accueillerons avec dignité. » La commandante a conclu en appelant au renforcement de l’unité et de l’organisation kurdes : « Nous ne quitterons pas cette terre. Cette force organisée a été créée pour le peuple, afin qu’il puisse rester. Il n’y a pas de place ici pour les occupants. »
À la fin de la cérémonie, les camarades, au milieu des chants, portèrent les corps des disparus jusqu’à leurs tombes. Leurs certificats de décès furent ensuite remis à leurs familles. (ANF) ROJAVA. On manque de farine et de carburant à Kobanê
SYRIE / ROJAVA – Malgré une pénurie dramatique de farine et de carburant, les boulangeries de la ville kurde de Kobanê fonctionnent jour et nuit. Les autorités locales mettent en garde contre une crise humanitaire imminente en raison du siège imposé par les gangs jihadistes de Damas.
Malgré de graves pénuries de farine et de carburant, les boulangeries de la ville de Kobanê continuent de fonctionner 24 heures sur 24. Cependant, les autorités locales mettent en garde contre une crise d’approvisionnement imminente en raison du siège mené par les milices fidèles au gouvernement de transition syrien et à la Turquie.
« Nos boulangeries fonctionnent 24 heures sur 24 pour que personne ne manque de pain », a déclaré Merwa Dirêî, coprésidente du Conseil économique du canton de Firat, à l’agence de presse kurde ANHA. Cependant, les stocks de farine et de carburant sont presque épuisés.
Kobanê est assiégée depuis dix jours. La vague d’attaques contre les régions autonomes du nord-est de la Syrie a contraint de nombreuses personnes à fuir leurs foyers dans les environs et à se réfugier à Kobanê. La ville a connu une forte augmentation de sa population : on estime qu’environ 600 000 personnes y vivent actuellement, dont beaucoup sont des personnes déplacées de Raqqa, Tabqa et d’autres régions.
« Il y a un manque de nourriture, d’eau potable et même d’infrastructures de base comme l’accès à Internet », a poursuivi Dirêî. Sans aide, la situation risque de s’aggraver : « Si nous ne pouvons pas subvenir aux besoins de notre population, nous serons confrontés à une crise humanitaire. »
L’administration cantonale affirme mobiliser toutes les ressources disponibles. Outre le pain, des produits de première nécessité comme les aliments pour bébés sont également distribués, mais les ressources sont limitées. Dirêî a lancé un appel à la communauté internationale : la population de Kobanê a un besoin urgent de farine, de carburant et d’autres produits de base ; faute de quoi, la crise humanitaire s’aggravera. (ANF)
L’administration cantonale affirme mobiliser toutes les ressources disponibles. Outre le pain, des produits de première nécessité comme les aliments pour bébés sont également distribués, mais les ressources sont limitées. Dirêî a lancé un appel à la communauté internationale : la population de Kobanê a un besoin urgent de farine, de carburant et d’autres produits de base ; faute de quoi, la crise humanitaire s’aggravera. (ANF)