L’Iran va-t-il lancer une offensive terrestre contre l’opposition kurde basée en Irak ?

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IRAN / ROJHILAT – Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) intensifie ses activités militaires dans la zone frontalière de Kirmaşan (Kermanshah), faisant craindre une possible offensive terrestre contre les groupes d’opposition kurdes basés au Kurdistan irakien.

Selon un rapport de l’organisation Hengaw pour les droits humains, une importante réunion militaire s’est tenue aujourd’hui au quartier général des Gardiens de la révolution à Ravansar. Elle était présidée par Kourosh Asiabani, commandant du quartier général régional Najaf Ashraf des Gardiens de la révolution dans l’ouest de l’Iran. Des responsables des forces Bassidj et des milices locales pro-régime (Jash) y ont également participé.

Immédiatement après la réunion, un important convoi militaire lourdement armé a quitté Ravansar en direction de Ghouri Qaleh, vraisemblablement pour rejoindre les zones frontalières des comtés de Paveh et Nowsud.

Zone frontalière interdite aux civils

Parallèlement, les autorités iraniennes ont déclaré la bande frontalière « zone interdite ». Le commandement des gardes-frontières a formellement interdit tout déplacement, présence ou activité civile dans ces secteurs, invoquant « la préservation de la sécurité publique et la prévention des risques potentiels ».

Ces mouvements militaires interviennent dans un contexte de tensions accrues entre l’Iran et les partis d’opposition kurdes iraniens réfugiés au Kurdistan irakien. Plusieurs analystes estiment que ces préparatifs pourraient annoncer une attaque terrestre iranienne contre ces groupes armés.

L’Iran accusé d’utiliser du phosphore blanc contre les militants kurdes

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IRAK / KURDISTAN – Le groupe armé kurde, PAK accuse le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) d’avoir utilisé des munitions au phosphore blanc lors d’une attaque de drone menée tôt ce matin contre l’une de ses bases dans la région du Kurdistan irakien.

Selon un communiqué officiel du Parti de la liberté du Kurdistan (PAK), au moins neuf Peshmergas ont été blessés dans cette frappe.

Le parti kurde affirme que plusieurs éléments concordants — témoignages oculaires, nature des incendies, examens médicaux des blessés et vastes feux de forêt déclenchés sur le site — prouvent l’utilisation de munitions au phosphore blanc par des drones rôdants iraniens.

« Violation flagrante du droit international humanitaire »

Dans son communiqué, le PAK qualifie cette utilisation d’arme incendiaire de « violation flagrante » des Conventions de Genève et des règles internationales interdisant certaines armes. Il souligne que le phosphore blanc provoque des brûlures graves, potentiellement mortelles et irréversibles, tant sur les êtres humains que sur l’environnement.

Le parti appelle la communauté internationale à réagir fermement et demande au Secrétaire général des Nations Unies, au Conseil de sécurité, au Conseil des droits de l’homme, au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et aux organisations de défense des droits humains d’ouvrir immédiatement des poursuites judiciaires contre la République islamique d’Iran. « Cet incident ne doit pas rester impuni », a-t-il déclaré.

Rappel juridique

L’utilisation du phosphore blanc est strictement encadrée par le droit international. En vertu du Protocole III de la Convention sur certaines armes classiques (CCW), l’emploi d’armes incendiaires aéroportées contre des objectifs militaires situés dans des zones peuplées est interdit. Son utilisation délibérée dans des conditions prohibées peut constituer un crime de guerre.

Hengaw appelle à une enquête internationale

L’organisation Hengaw pour les droits humains a exprimé sa « vive préoccupation » face à ces allégations et a demandé aux Nations Unies et au Comité international de la Croix-Rouge de dépêcher une mission internationale indépendante d’enquête sur place. Cette mission devrait examiner les blessés, analyser les preuves matérielles et déterminer si des armes interdites ont été employées.

SYRIE. A Raqqa, 15 Kurdes raflés en 2 semaines

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SYRIE / ROJAVA – Les gangs de Damas ont intensifié les arrestations et les kidnappings des kurdes dans le gouvernorat de Raqqa ces derniers temps, signale l’’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) qui a ​​recensé l’arrestation de 14 civils kurdes à des points de contrôle et l’enlèvement d’un commerçant kurde en moins de deux semaines.   Ces incidents ont déclenché la panique parmi les civils kurdes, sur fond d’inquiétudes croissantes quant à de nouvelles vagues de déplacements de population face aux violations récurrentes et à la répression sécuritaire.   Plusieurs commerçants kurdes se préparent déjà à déménager à Al-Hasakah et Kobanê, craignant des enlèvements et des vols à main armée dans la ville d’Al-Raqqah.   L’Observatoire syrien des droits de l’homme avertit que les arrestations et les enlèvements arbitraires en cours, notamment en l’absence d’explications et de procédures judiciaires claires, exacerbent le problème de la discrimination à l’encontre des Kurdes et suscitent des inquiétudes parmi les familles kurdes quant à l’augmentation des risques sécuritaires qui menacent leur vie et leurs moyens de subsistance.   L’OSDH renouvelle son appel au ministère de l’Intérieur afin qu’il révèle le sort de tous les civils arrêtés et qu’il respecte leurs droits lors de toute procédure de sécurité. Elle exige également la fin des enlèvements et des violations qui alimentent les divisions et érodent la confiance de la population envers les autorités.

IRAN. Le régime exécute deux autres manifestants

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IRAN – La République islamique d’Iran a procédé, dans la nuit du 18 au 19 juillet 2026, à l’exécution de deux manifestants condamnés à mort dans l’affaire dite de la « place Alikhani », signale l’ONG kurde Hengaw.

Les victimes sont Erfan Esfandiyari, 19 ans, et Gol Mohammad Mohammadi, un ressortissant afghan âgé de 23 ans. Les exécutions ont eu lieu à la prison de Dastgerd, à Ispahan.

Selon l’organisation Hengaw pour les droits humains, les deux hommes ont été pendus aux premières heures du dimanche 19 juillet. La veille, Hengaw avait dénoncé le transfert « frauduleux » de 30 prisonniers politiques, dont 12 condamnés à mort dans cette même affaire. L’agence de presse Mizan, affiliée au pouvoir judiciaire iranien, a ensuite confirmé officiellement les exécutions.

Version officielle contre accusations d’irrégularités

Immédiatement après les exécutions, Mizan a déclaré que les deux hommes étaient impliqués dans les « violentes émeutes » survenues lors du « coup d’État américano-sioniste ». Les autorités les accusent d’avoir brûlé et démembré les corps de quatre membres des forces Bassidj et des Unités spéciales : Hossein Ramezani, Mohammad Hemmati, Seyed Ali Khoshouei et Valiollah Safari.

Les autorités affirment que les exécutions ont été réalisées « dans le respect des procédures légales et en présence de leurs avocats ». Ces affirmations sont rejetées par les organisations de défense des droits humains, qui dénoncent une procédure expéditive : seulement trois audiences, et un refus systématique d’accorder aux accusés un avocat indépendant.

Dix autres condamnés en danger imminent

Hengaw met en garde contre un risque d’exécution imminente pour les dix autres accusés de cette affaire, actuellement détenus à l’isolement à la prison de Dastgerd. Leurs familles ont été convoquées pour ce qui semble avoir été des « visites d’adieu ».

Les dix condamnés sont :

Shervin Baqerian (19 ans)

Abolfazl Ebrahimi (19 ans)

Amirhossein Maleki (20 ans)

Ali Dashti (20 ans)

Amirhossein Ebrahimi Analoujeh (20 ans)

Ghaem Hosseini (21 ans)

Alireza Raeisi (22 ans)

Abolfazl Sepahi (23 ans)

Alireza Sepahi (25 ans)

Amirhossein Safari (29 ans)

L’Iran frappe de nouveau l’opposition kurde basée au Kurdistan irakien

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IRAK / KURDISTAN – Une attaque de drone a visé, dans la nuit du 18 au 19 juillet vers 2 heures du matin, la base du Parti de la liberté du Kurdistan (Partiya Azadiya Kurdistanê – PAK), située près du camp de Dareşekran à Erbil.

Selon le PAK, huit Peshmergas ont été blessés lors de cette frappe.

L’organisation kurde a souligné qu’il ne s’agissait pas d’une première. Elle a rappelé que, lors d’attaques iraniennes précédentes, deux de ses combattants avaient été tués et vingt-six autres blessés.

Un bilan lourd depuis le début du conflit irano-israélien

Depuis le 28 février, date du déclenchement du conflit irano-israélien, le Kurdistan irakien (Kurdistan du Sud) a subi 960 frappes de drones et de missiles. Selon un bilan communiqué par les autorités kurdes :

28 Peshmergas ont été tués à Erbil et à Souleimaniye ;

Près de 150 personnes, Peshmergas et civils confondus, ont été blessées.

Un officier français a également perdu la vie dans ces attaques.

La langue kurde risque de disparaître au Kurdistan du Nord

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TURQUIE / KURDISTAN – Bien qu’il survive encore comme langue parlée dans une certaine mesure, le kurde devient de plus en plus invisible comme langue écrite, publique et institutionnelle. Au Kurdistan du Nord (sous l’occupation turque), il traverse l’une des périodes les plus critiques de son histoire. Les enquêtes de terrain réalisées entre 2020 et 2026 dressent un constat alarmant : le kurde recule non seulement face à l’assimilation, mais risque de sortir progressivement de la vie quotidienne, y compris au sein de sa propre région.

Cet article analyse l’évolution de la langue dans les foyers, les rues, les écoles et entre les générations, tout en examinant les causes structurelles de ce déclin et les risques qu’il fait peser sur l’identité et le mouvement politique kurde.

Des données alarmantes (SAMER, 2020-2026)

Le Centre de recherche de terrain SAMER a mené des enquêtes régulières sur six ans. Les résultats sont sans équivoque : l’usage du kurde recule sur tous les fronts.

Dans les foyers : l’usage quotidien est passé de 69,4 % en 2020 à 60,8 % en 2023, puis à 45,1 % en 2026, soit une chute d’environ un tiers en six ans.

Dans l’espace public : il est tombé de 59,4 % en 2020 à 26 % en 2024, se stabilisant autour de 30 % en 2026.

Le dernier bastion de la langue – le foyer – est en train de céder.

Linguicide provoqué par l’État turc

Depuis la fondation de la République turque, le kurde a été exclu de la sphère publique. Toponymes turquisés, interdiction dans l’enseignement, monolinguisme imposé : le système éducatif et administratif a été conçu pour marginaliser la langue kurde.

Après 2016, cette politique s’est durcie. Fermetures massives de médias, centres culturels et cours de kurde par décret d’urgence, remplacement des maires kurdes élus par des administrateurs gouvernementaux qui ont supprimé les panneaux bilingues, les services municipaux en kurde et les noms de rues. Parler kurde en public est devenu risqué, synonyme de discrimination ou de stigmatisation.

Cette exclusion structurelle a produit deux effets majeurs : une faible alphabétisation en kurde et une autocensure généralisée. Le kurde est de plus en plus parlé « discrètement » ou évité.

Rupture générationnelle

Le déclin le plus inquiétant concerne la transmission intergénérationnelle :

65 ans et plus : 77,9 % parlent kurde très fréquemment à la maison

35-44 ans : 56,1 %

25-34 ans : 45,6 %

18-24 ans : 34,1 %

Chez les enfants, la situation est critique :

6-11 ans : seulement 18 % parlent kurde très fréquemment ; 22,8 % ne le parlent jamais.

0-5 ans : 24,4 % ne l’entendent jamais à la maison.

Pour la première fois, une génération entière grandit sans acquérir le kurde comme langue maternelle. En linguistique, c’est le principal indicateur d’une langue en danger de disparition.

Un fossé entre oral et écrit

Si 45 % des personnes interrogées comprennent « très bien » le kurde et 37,5 % le parlent couramment, seuls 23,2 % le lisent bien et 17 % l’écrivent bien. Près de 27,5 % ne savent pas le lire et 36,6 % ne savent pas l’écrire.

Le kurde survit encore oralement, mais il disparaît comme langue écrite et institutionnelle, ce qui le condamne à une forme de folklorisation.

Peur, discrimination et autocensure

La crainte de la discrimination joue un rôle central. En 2026 :

60,4 % craignent des discriminations dans les administrations ;

59 % dans les écoles ;

49 % des parents ont peur pour leurs enfants.

Cette peur pousse de nombreuses familles à privilégier le turc avec leurs enfants, transformant l’assimilation en un mécanisme « volontaire » de protection. Il s’agit en réalité d’une assimilation forcée par la pression d’État.

Forte demande, réponse inexistante

Malgré ce tableau sombre, l’attachement à la langue reste massif : 97 à 99 % des personnes interrogées souhaitent que leurs enfants soient scolarisés en kurde. En 2026, 56,9 % considèrent l’absence d’enseignement en langue maternelle comme le principal obstacle à la survie du kurde.

Le dispositif actuel (« cours optionnel de langues vivantes ») est jugé totalement inadéquat par plus de 82 % des répondants. Le décalage entre la demande sociétale et l’offre de l’État est abyssal.

Les risques pour le peuple et le mouvement kurde

La langue n’est pas qu’un outil de communication. Sa perte progressive menace :

L’identité kurde : elle risque de devenir symbolique et abstraite plutôt que vécue.

La mémoire culturelle : disparition accélérée de la tradition orale (dengbêj, proverbes, chants, contes).

La légitimité des revendications : si le kurde n’est plus parlé couramment, il sera plus facile de présenter les demandes linguistiques comme obsolètes.

La cohésion intergénérationnelle et l’organisation sociale et politique.

Un mouvement politique repose sur une communauté qui pense, communique et se mobilise dans une langue commune. L’affaiblissement de ce socle linguistique fragilise sa base populaire.

Peut-on encore inverser la tendance ?

Les données de six années d’enquêtes laissent peu de place à l’optimisme, mais elles révèlent aussi une lueur d’espoir : l’attachement de la société au kurde reste extrêmement fort.

L’avenir de la langue se jouera dans les dix prochaines années. Seule une réponse ambitieuse – enseignement en langue maternelle généralisé, usage libre du kurde dans l’espace public, développement des médias, de la littérature et des institutions en kurde – pourra inverser la courbe.

Sans ces mesures concrètes, le kurde risque de passer du statut de langue en déclin à celui de langue menacée de disparition au Kurdistan du Nord. (ANF)

La Révolution du 19 juillet : l’émergence d’un féminisme kurde au Rojava

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SYRIE / ROJAVA – Initiée le 19 juillet 2012 par les Kurdes du Rojava, la révolution a permis aux femmes de passer d’un statut de marginalisation à celui d’actrices centrales d’un projet politique et social inédit. Au-delà de leur participation active à la lutte, elles ont construit un système complet visant leur émancipation dans tous les domaines de la société.

Dès les premiers jours, les femmes ont joué un rôle moteur dans le processus révolutionnaire. L’adoption du système de coprésidence, la création des Unités de protection des femmes (YPJ) et la mise en place d’institutions et d’organisations féminines ont institutionnalisé leur participation à la prise de décision et renforcé la protection de leurs droits. Ce mouvement a rapidement été qualifié de « Révolution des femmes », incarné par le slogan emblématique « Femme, Vie, Liberté ».

Administration et gouvernance

La révolution a profondément transformé la participation des femmes à la vie publique. Elles sont désormais présentes à tous les niveaux : communes, conseils de quartier, conseils municipaux, cantonaux, exécutifs, législatifs et judiciaires. Des comités femmes ont été créés au sein de ces instances pour défendre spécifiquement leurs intérêts.L’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES) a institutionnalisé l’égalité à travers :

Le système de coprésidence (une femme et un homme à la tête de chaque institution) ;

Un quota obligatoire de 50 % de femmes dans toutes les structures décisionnelles.

Ces mesures visent à empêcher la concentration du pouvoir et à garantir une gouvernance paritaire.

Institutions et organisations féminines

De nombreuses structures dédiées aux femmes ont vu le jour. La plus importante est Kongra Star (Union des Femmes), fondée en 2005 sous le nom d’Union Star et officiellement renommée lors d’une conférence en février 2016. Elle mène des campagnes de sensibilisation contre les mentalités patriarcales et travaille à renforcer la conscience sociale et politique des femmes.Parmi les autres réalisations majeures :

La Maison des Femmes (première ouverture en 2011 à Qamishlo) : résolution des conflits familiaux, soutien juridique et social.

L’Autorité des Femmes (2014) : élaboration de politiques, rédaction de lois et prise en charge des victimes de violences (centres d’accueil, soutien psychologique, protection des enfants).

Le village de Jinwar (inauguré le 25 novembre 2018) : premier éco-village féminin au Moyen-Orient, destiné aux femmes victimes de violences, avec une autonomie économique et sociale.

Aujourd’hui, plus de 20 organisations féminines sont actives, dont le Conseil des femmes du Nord et de l’Est de la Syrie, l’Organisation Sara, l’Union des jeunes femmes et l’Union des femmes journalistes.

Front militaire et sécuritaire

Face aux menaces existentielles (al-Nosra, Daech, occupation turque), les femmes ont créé leur propre force armée. Le 4 avril 2013, les Unités de protection des femmes (YPJ) sont officiellement fondées, succédant aux Unités de protection communautaire (YXG).Les YPJ ont participé à toutes les batailles décisives : Kobané (2014-2015), où les sacrifices d’Arîn Mîrkan et d’autres combattantes ont marqué les esprits, Shengal (sauvetage de milliers de Yézidies), Manbij, Tabqa, Raqqa, Afrin et Serêkaniyê. Elles comptent aujourd’hui plus de 1 000 martyres.Composées de femmes de toutes les communautés (kurdes, arabes, syriaques, arméniennes, turkmènes…) et de volontaires internationales, les YPJ sont devenues un symbole mondial de résistance féminine.

Action politique et diplomatique

Les femmes du Rojava ont développé une diplomatie active. Kongra Star dispose de représentations dans plusieurs pays (Liban, Kurdistan irakien, Europe, États-Unis). Des délégations ont été reçues par des parlementaires européens, des responsables américains et ont pris la parole aux Nations Unies et au Parlement européen.En 2025, la première Conférence des femmes kurdes s’est tenue sous le slogan « Le leadership des femmes kurdes garantit l’unité nationale kurde », réunissant près de 300 déléguées.

Autonomisation économique

Convaincues que l’indépendance économique est indispensable à la libération, les femmes ont multiplié les coopératives agricoles, industrielles et commerciales. Elles gèrent des terres cultivées (blé, coton, légumes sous serre), des ateliers de couture, des unités agroalimentaires et des commerces. Ces initiatives ont renforcé leur autonomie financière et leur confiance en elles.

Dimensions intellectuelle, juridique et culturelle

Jineolojî : science créée en 2015, elle propose une relecture de l’histoire à travers le prisme des femmes et constitue la base théorique de la révolution féminine.

Cadre juridique : interdiction de la polygamie, réforme du droit de la famille, protection contre les mariages précoces et les violences.

Culture : création en 2016 du Mouvement Hilal Zêrîn pour la culture des femmes, qui produit des spectacles de théâtre, de danse et de musique mettant en avant les thématiques féminines et le patrimoine populaire.

Défis et perspectives

Malgré des avancées historiques, le mouvement fait face à de lourds défis : persistance des mentalités patriarcales, violences, héritage social conservateur et pressions politiques extérieures. La question de l’avenir des YPJ reste particulièrement sensible dans le cadre des négociations post-Baas entre le gouvernement intérimaire et les Forces démocratiques syriennes.

Les femmes du Rojava continuent de défendre l’autonomie de leurs institutions et exigent une reconnaissance constitutionnelle de leurs acquis, considérés comme l’un des résultats les plus concrets et les plus inspirants de la révolution du 19 juillet. (ANHA)

La révolution du Rojava a changé le Kurdistan et le Moyen-Orient

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SYRIE / ROJAVA – À l’occasion du 14e anniversaire de la Révolution du Rojava, un militant kurde revient sur l’héritage de ce soulèvement et sur ce qu’il a apporté tant au peuple kurde qu’à l’ensemble de la région.

Il déclare que « ce qui a distingué le 19 juillet 2012, ce n’était pas seulement la revendication kurde d’autogouvernance. Son véritable caractère singulier, au regard de nombreuses autres expériences au Moyen-Orient, réside dans sa volonté de dépasser le modèle classique d’un État ethnique pour fonder un projet politique sur le concept de nation démocratique.

Cette vision reposait sur une idée forte : « Ces terres n’appartiennent pas à un seul peuple. Tous les peuples, toutes les croyances et toutes les cultures qui y vivent peuvent coexister dans une fraternité partagée. » Kurdes, Arabes, Assyriens, Arméniens, Turkmènes et bien d’autres communautés étaient appelés à construire ensemble une vie commune sous un même toit politique.

Malgré les critiques légitimes qui peuvent lui être adressées, une reality historique majeure ne saurait être occultée : le peuple kurde a connu une transformation profonde. Il y a encore peu de temps, l’existence même des Kurdes de Syrie était contestée ou niée ; aujourd’hui, ils sont devenus un acteur incontournable dans les débats sur l’avenir du pays.

L’un des acquis les plus remarquables de la Révolution du 19 juillet reste la révolution dans la condition des femmes. Au-delà de leur participation aux institutions et aux structures de gouvernance, elle a profondément remis en question les rapports traditionnels de domination au sein de la société kurde et, plus largement, de la région.

Ainsi, en dépit de ses limites et de ses insuffisances, la Révolution du Rojava constitue l’une des expériences politiques et sociales les plus significatives du peuple kurde au cours du dernier siècle. Sa force future ne tiendra pas seulement au récit de ses succès, mais aussi à sa capacité à regarder lucidement ses faiblesses et à en tirer les leçons nécessaires. Car ce qui maintient une révolution vivante, ce n’est pas uniquement la mémoire de ses victoires passées, mais sa volonté permanente de se corriger et de se réinventer pour affronter l’avenir. »

SYRIE. Les gangs de Damas kidnappent un Kurde à Raqqa

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SYRIE / ROJAVA – Les forces de la Sécurité générale, rattachées au ministère de l’Intérieur du gouvernement intérimaire, ont arrêté un jeune Kurde originaire d’Afrin à un point de contrôle à Raqqa après avoir découvert des images de symboles kurdes sur son téléphone portable. Son sort reste à ce jour inconnu.

Selon des sources locales, l’arrestation s’est déroulée tôt ce matin au point de contrôle de Hamzat, à Raqqa. Le jeune homme, identifié comme Cheikh Musa, originaire du village de Midana (district de Rajo, campagne d’Afrin), âgé d’une trentaine d’années, voyageait à bord d’un bus de passagers en direction de Hassaké.

Les agents de la Sécurité générale ont procédé à une fouille de son téléphone et ont affirmé y avoir trouvé des photos de symboles kurdes. Il a ensuite été emmené vers l’un des quartiers généraux de la Sûreté générale à Raqqa.

ROJAVA. Deux otages kurdes libérés après 7 ans de captivité

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SYRIE / ROJAVA – Azad Othman et Alaa Ibrahim, deux otages kurdes, ont été libérés le 17 juillet 2026 après sept années de détention. Ils avaient été enlevés le 12 octobre 2019 par le groupe armé Ahrar al-Sharqiya, formation soutenue par la Turquie et dirigée par Ahmed al-Hayes, lors de l’offensive turque sur les villes de Serekaniye (Ras al-Ain) et Girê Spî (Tal Abyad).

Les otages Azad Abdulkarim Othman et Mohammed Alaa Saad Ibrahim  entre les mains d’Abu Hatem Shaqra

Alors qu’Azad Abdulkarim Othman et Mohammed Alaa Saad Ibrahim se rendaient à Tabqa, les deux hommes ont été interceptés à Suluk dans le cadre d’une vaste campagne d’arrestations et de barrages routiers.

Dans une interview accordée à l’agence ANHA, Azad Othman a relaté les circonstances de leur enlèvement :

« Nous roulions quand des véhicules militaires nous ont arrêtés. Les hommes portaient des uniformes sans aucun drapeau ni insigne. Nous avons d’abord cru qu’il s’agissait de soldats américains. Quelques minutes plus tard, une forte explosion a retenti. Deux jours après, nos ravisseurs nous ont annoncé qu’ils avaient assassiné Hevrin Khalaf à l’endroit même où nous avions été détenus. »

Les deux otages kurdes ont été enfermés ensemble dans la même pièce, totalement coupés du monde extérieur pendant sept ans, sans aucune visite ni contact avec leurs familles. « Pour tenir le coup, nous nous racontions nos vies du début à la fin », explique Azad.

Leur libération intervient dans le cadre de l’accord du 29 janvier conclu entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le gouvernement intérimaire syrien. Ils sont arrivés à Qamishlo hier soir.

Un criminel recyclé par al-Sharaa (Jolani) 

Depuis 2021, Ahmad Ihsan Fayyad al-Hayes (nom de guerre Abu Hatem Shaqra), chef d’Ahrar al-Sharqiya, fait l’objet de sanctions américaines pour son implication dans l’assassinat de la femme politique kurde Hevrin Khalaf, pour des crimes de guerre et pour ses liens présumés avec l’État islamique. Malgré cela, il a été nommé commandant de la 86e division de l’armée syrienne à Deir Ez-Zor.

Azad Othman a appelé à la libération de tous les détenus et otages encore aux mains de ces groupes, afin de mettre fin à la longue souffrance des familles kurdes.

Une séparation familiale déchirante

Au moment de son enlèvement, Azad était père de deux enfants et sa femme était enceinte de leur troisième, né un mois seulement après son arrestation. Hier soir, sept ans plus tard, la famille a pu enfin se réunir.