FRANCE. Un chef-cuisinier kurde menacé d’expulsion

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FRANCE. Cabbar Yürekli, chef cuisinier au restaurant Point Grill de Guichen (Ille-et-Vilaine), fait face à une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) prononcée par la préfecture. Une décision qui suscite l’incompréhension générale.

Arrivé dès l’ouverture de l’établissement en mai 2024, Cabbar s’est rapidement imposé comme une figure essentielle de la maison. Passé de cuisinier à chef, il incarne aujourd’hui le savoir-faire et l’âme du Point Grill. Travailleur, discret, apprécié de ses collègues et des clients, il coche toutes les cases d’une intégration réussie : un CDI à temps plein, une implication quotidienne, une reconnaissance unanime et une présence active dans la vie locale.

Dans cette cuisine ouverte, les clients le croisent, échangent avec lui. « Il fait partie du lieu », soulignait récemment Ouest-France.

Pourquoi cette OQTF ?

Ses employeurs, les habitants de Guichen et de nombreuses voix locales ne comprennent pas. Une pétition de soutien a déjà recueilli plus de 2 000 signatures en quelques jours. Des rassemblements ont été organisés devant le restaurant. La maire de Guichen, Michèle Motel, et la députée de la circonscription, Mathilde Hignet, ont officiellement interpellé le préfet.

Cette décision paraît d’autant plus absurde que Cabbar avait obtenu un avis favorable à sa demande d’autorisation de travail. Le métier de cuisinier figure parmi les métiers en tension en Bretagne, où les restaurants peinent à recruter. Aucune faute ne lui est reprochée. Comme le souligne Radio Laser, les commerces de proximité et les métiers de la restauration ont besoin de personnes comme lui : celles et ceux qui travaillent, s’intègrent et participent à la vie du bourg.

Originaire de Suruç, au Kurdistan de « Turquie », Cabbar sait aussi combien il est difficile pour un Kurde de vivre sereinement dans son pays d’origine, sous un régime qui réprime durement ses opposants réels ou supposés. L’injustice subie par le peuple kurde, souvent contraint à l’exil pour échapper aux persécutions, rend cette menace d’expulsion d’autant plus révoltante pour ceux qui connaissent son parcours.

Ne laissons pas une procédure administrative froide briser une réussite humaine et économique si évidente. Cabbar n’est pas un dossier : c’est un homme qui apporte chaque jour son talent, son sérieux et sa bonne humeur à toute une communauté.

Soutenez-le. Signez et partagez cette pétition qui exige sa régularisation : NON à l’expulsion de Cabbar : Soutenons le pilier du restaurant POINTGRILL à Guichen !

 

SYRIE. Plainte contre le frère d’Abou Amsha pour accaparement de terres à Hama

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SYRIE – Des tensions tribales ont éclaté dans la campagne est de Hama après que la tribu Al-Mawali, via son conseil de clan Al-Bashakem, a déposé une plainte officielle auprès du Gouvernement intérimaire syrien.

La plainte vise Fadi Al-Jassem, frère de Muhammad Al-Jassem (connu sous le nom d’« Abou Amsha »), commandant de la 62e division intégrée aux forces gouvernementales et soutenue par la Turquie. Elle l’accuse d’avoir usurpé, avec des éléments armés, environ 650 dounams de terres agricoles dans la localité d’Abu Al-Qaddour (district d’Al-Hamra).

Selon la plainte, les assaillants ont utilisé des véhicules militaires et du personnel armé pour prendre le contrôle des terres, qui ont ensuite été nivelées et labourées de force.

La tribu Al-Mawali qualifie cet acte de « violation flagrante » qui menace la paix civile. Elle met en garde contre toute utilisation de la force armée dans les litiges fonciers, estimant que cela risque d’entraîner une dangereuse escalade sociale dans la région.

Les plaignants exigent l’ouverture d’une enquête immédiate, la restitution des terres à leurs propriétaires légitimes et la traduction des responsables en justice.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme a également réagi, mettant en garde contre les conséquences de telles violations dans des zones « socialement très sensibles », et appelant à une action judiciaire rapide et transparente pour préserver la stabilité.

Il est à noter que Muhammad Al-Jassem (Abou Amsha) et sa brigade Suleiman Shah font l’objet de sanctions américaines depuis août 2023 pour violations des droits de l’homme et crimes de guerre, notamment dans le canton kurde d’Afrin.

Journaliste : Les médias kurdes doivent se libérer de leur dépendance partisane

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KURDISTAN – À l’occasion de la Journée du journalisme kurde, le 22 avril, l’agence ANHA a interviewé le journaliste kurde Hawkar Izzat, originaire du Kurdistan du Sud (Başûr).

Selon lui, les médias kurdes traversent une crise profonde et doivent impérativement se réformer en s’affranchissant de leur dépendance partisane pour retrouver leur crédibilité et servir l’intérêt public.

Une crise de liberté et de vocation

Hawkar Izzat estime que le journalisme kurde souffre de restrictions importantes en matière de liberté administrative et de liberté de publication.

« Ces dernières années, les médias se sont éloignés de leur véritable mission : éclairer la société sur tous les plans culturels, sociaux et humains. Ils se sont réduits à des outils politiques au service d’agendas partisans étroits », déplore-t-il.

Il pointe également du doigt certains médias financés par des fonds étrangers, qui ont perdu le contact avec la réalité des citoyens ordinaires, entraînant une forte baisse de confiance du public kurde.

« Quand un parti échoue politiquement, militairement ou électoralement, il se cache derrière ses médias pour justifier ses défaites. C’est la preuve de sa faiblesse, et non de sa force », affirme-t-il.

Contre le langage de la haine et des accusations de trahison

Le journaliste critique vivement le ton incendiaire et diffamatoire employé par certains médias partisans, qu’il qualifie d’« expression d’incapacité ».

« Ce langage ne fait pas que tromper la société, il brise les liens sociaux et détruit même les familles. Le véritable langage des médias devrait être bien plus élevé que cela », insiste Hawkar Izzat.

Vers des médias nationaux unifiés

Hawkar Izzat appelle à une véritable refondation : construire des médias nationaux qui placent l’intérêt du peuple kurde au-dessus des intérêts partisans.

Il regrette le manque d’unité dans le discours médiatique kurde, contrairement aux médias arabes qui parviennent souvent à parler d’une seule voix sur des questions comme Gaza.

Il plaide pour une solidarité médiatique concrète entre les quatre parties du Kurdistan :

« Quand notre peuple du Rojava souffre, les médias de Başûr et des autres régions doivent être sa voix, et vice versa. Les questions nationales ne doivent pas s’arrêter aux frontières artificielles. »

Il conclut en soulignant que la cause du peuple kurde doit rester le principal guide de tout journaliste digne de ce nom, loin de la polarisation partisane qui « a épuisé la société ». Il appelle à l’établissement de références institutionnelles solides pour l’avenir du journalisme kurde.

Choquée par le racisme anti-kurde, elle fait un doctorat sur le vécu des journalistes kurdes

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RACISME. La journaliste et chercheuse iranienne Zahra Kamali a publié sa thèse de doctorat sous forme de livre. Intitulé « Possibilités de résistance à l’idéologie hégémonique dans les médias kurdes », l’ouvrage est une étude ethnographique approfondie sur la vie quotidienne et les expériences professionnelles des journalistes kurdes, menée sur plus de deux ans. Il couvre les quatre régions du Kurdistan (Iran, Turquie, Irak, Syrie) ainsi que la diaspora en Europe.

Dans un entretien accordé à l’Agence Mésopotamie (MA), Zahra Kamali explique ce qui l’a poussée à entreprendre cette recherche :

« Mon intérêt pour les journalistes kurdes est né d’une expérience personnelle et d’une rencontre progressive avec la notion d’altérité. J’ai grandi à Téhéran, où les Kurdes étaient réduits à une image stéréotypée : on les voyait danser à la télévision pendant la “Semaine de l’Unité”, présentés comme une minorité sunnite, sans aucune compréhension réelle de leur vie et de leurs expériences. »

Un voyage dans la région du Zagros lui a fait découvrir la vie des Kurdes pratiquant la transhumance et la relative liberté des femmes, contrastant fortement avec les restrictions imposées à Téhéran. Mais le véritable déclic s’est produit en Turquie :

« J’ai récité une phrase en kurde à mon voisin kurde. Il m’a immédiatement mis la main sur la bouche et m’a dit : “Ici, dehors, on ne parle pas des Kurdes, du Kurdistan ni de la langue kurde.” Cette réaction m’a profondément marquée. »

Cet incident l’a amenée à questionner ses amis kurdes et à réaliser que la situation n’était guère différente en Iran. Un appel à un ami kurde yarsan (une religion non reconnue en Iran) a duré des heures et lui a révélé la souffrance d’être considéré comme « l’autre ». Bouleversée, elle a pleuré toute la nuit et décidé de consacrer ses recherches aux minorités ethniques et à l’expérience de l’altérité.

S’appuyant sur les travaux de Michel de Certeau, Michel Foucault et Giorgio Agamben, Zahra Kamali analyse comment les journalistes kurdes préservent leur identité face aux rapports de force inégaux, à la censure, aux pressions politiques et aux limitations institutionnelles.

Elle souligne le rôle crucial de la presse kurde :

« La presse kurde a joué un rôle important dans la protection de la langue, de la culture et de l’identité. Elle préserve son indépendance dans les décisions importantes. »

L’étude met également en lumière les différences d’expériences entre le Kurdistan et la diaspora, ainsi que les multiples formes d’altérité vécues selon les contextes historiques et politiques. Une place importante est accordée aux femmes journalistes, confrontées à une double oppression : ethnique et patriarcale. Zahra Kamali, qui a elle-même travaillé sur les violences sexuelles, insiste sur les luttes spécifiques des femmes : précarité, responsabilités familiales, salaires inférieurs, harcèlement et violences au travail.

Dans le dernier chapitre, elle développe deux concepts novateurs :

  • la subjectivité journalistique à l’aube d’une existence précaire : comment les journalistes kurdes maintiennent leur capacité d’agir dans un contexte instable et marginal ;

  • l’existence par la non-existence : une forme radicale de résistance lorsque toutes les voies d’existence conventionnelles sont fermées (illustrée notamment par les immolations publiques de femmes à Ilam).

Zahra Kamali conclut sur une note personnelle : elle a commencé à apprendre le kurde, une expérience qui l’a profondément touchée, tout en regrettant que certains Kurdes ne puissent ni lire ni écrire leur langue maternelle. Elle exprime enfin son souhait de voir les Kurdes vivre un jour une vie « normale » (…).

23 avril : la Turquie fête les enfants… sur les cadavres kurdes, arméniens, syriaques…

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TURQUIE – Chaque 23 avril, l’État turc célèbre la « Journée de la souveraineté nationale et des enfants » (23 Nisan Ulusal Egemenlik ve Çocuk Bayramı). Cette fête est imposée y compris au Kurdistan du Nord (Bakûr) et dans le nord de Chypre, occupé par la Turquie depuis 1974.

Ce même État qui, depuis plus d’un siècle, tue des enfants kurdes en raison même de leur origine ethnique.

Ce même calendrier qui place le 23 avril, jour de fête des enfants, juste avant le 24 avril, date commémorative du génocide arménien de 1915, perpétré par l’Empire ottoman et farouchement nié par la République turque jusqu’à aujourd’hui.

Rien que ces dernières décennies, des centaines d’enfants kurdes ont été tués par les forces armées turques et par des groupes armés sous commandement turc — au Kurdistan du Nord, mais aussi au Rojava, au Kurdistan irakien et dans la région yézidie de Şengal.

Uğur Kaymaz (12 ans, abattu de 13 balles avec son père en 2004), Ceylan Önkol (12 ans, tuée par un obus de mortier en 2009 alors qu’elle gardait ses moutons) et Berkin Elvan (15 ans, mort après avoir été touché à la tête par une cartouche de gaz lacrymogène en 2013 alors qu’il allait acheter du pain) ne sont que trois exemples parmi tant d’autres.

Ils ont été assassinés pour la seule raison de ne pas être de « bons Turcs ».

Cette « fête des enfants » est un mensonge cynique, célébré sur les cadavres d’enfants kurdes, arméniens, grecs pontiques, syriaques-araméens, yézidis et arabes. Hier par l’Empire ottoman, aujourd’hui par l’État turc.

L’Iran a repris les attaques ciblant les Kurdes réfugiés au Kurdistan d’Irak

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IRAK / KURDISTAN – Une nouvelle agression aérienne a frappé le Kurdistan d’Irak cette nuit. Vers 2 h du matin, le jeudi 22 avril 2026, une base du Parti de la liberté du Kurdistan (PAK) dans la province kurde d’Erbil (Hawler) a été la cible d’une attaque coordonnée.

Selon les informations rapportées par l’organisation de défense des droits humains Hengaw, l’opération a été menée par quatre drones kamikazes. Le bilan provisoire fait état d’au moins trois blessés parmi les combattants kurdes (Peshmergas).

Cette attaque survient dans un contexte diplomatique particulièrement cynique : elle a été déclenchée quelques heures seulement après l’annonce de la prolongation de l’accord de cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran. Une fois de plus, malgré les engagements internationaux, le peuple kurde subit les conséquences d’une violence illégale, soulignant l’insécurité permanente à laquelle font face les opposants et les réfugiés dans la région.

KURDISTAN. L’Iran attaque la région kurde de Surdash

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Une nouvelle agression a visé le Kurdistan irakien. L’Iran a bombardé le quartier général du parti d’opposition Komala ainsi que des zones civiles à Surdash. Malgré les accords de désescalade régionaux, Téhéran intensifie ses frappes contre les populations kurdes réfugiées en Irak, agissant au mépris total de la souveraineté territoriale et du droit international.

Le bilan humain est dramatique : les attaques iraniennes ont déjà causé la mort de près de 20 personnes et fait environ 100 blessés parmi la communauté kurde. Ces victimes, dont beaucoup sont des civils ayant fui la répression en Iran, se retrouvent une nouvelle fois pourchassées au-delà des frontières.

Cette offensive souligne une injustice flagrante : alors que les Kurdes ne sont pas en état de guerre contre l’État iranien, ils subissent de plein fouet une violence disproportionnée. Face à ces crimes répétés et à la violation systématique des droits humains, le silence de la communauté internationale devient assourdissant. L’urgence d’une protection internationale pour les réfugiés kurdes en Irak est plus que jamais d’actualité.

SYRIE. La Turquie pille les sites historiques du Rojava

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SYRIE / ROJAVA – L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) alerte sur une recrudescence des fouilles illégales et des pillages de sites historiques dans le nord de la Syrie. Selon des rapports récents, des groupes d’experts encadrés par les forces turques mènent des opérations méthodiques pour s’emparer d’artefacts antiques, au mépris des conventions internationales sur la protection du patrimoine.

Inspections sous escorte militaire à Manbij

Le mardi 21 avril 2026, un groupe d’experts liés à l’État turc a été déployé dans le village de Jabal Hemam, situé dans la campagne de Manbij. Sous la protection des forces de sécurité affiliées au gouvernement intérimaire syrien, ces individus ont étendu leurs inspections aux environs d’al-Khafsa et sur l’axe routier menant à Jarablus. Ces mouvements confirment une stratégie de repérage précise des zones archéologiques à fort potentiel.

Répression et fouilles forcées à Tel Aran

L’épisode le plus violent s’est déroulé le 18 avril dernier à Tel Aran, une localité de l’est d’Alep majoritairement habitée par la population kurde. Un convoi imposant, composé d’environ 250 hommes armés, d’agents des services de renseignement turcs et de spécialistes, a investi la zone.

Pour garantir le secret de leurs opérations, les forces d’occupation ont établi un périmètre de sécurité strict. Des coups de feu ont été tirés en l’air pour disperser les civils et intimider les curieux. À l’aide d’équipements de détection modernes, ces groupes ont mené des excavations massives durant plus de vingt-quatre heures, exhumant de nombreux objets historiques qu’ils vont faire écouler sur le marché noir des antiquités.

Harcèlement des populations et appel à la justice

Au-delà du pillage culturel, les habitants ont dénoncé un climat de terreur. Plusieurs familles ont été contraintes d’abandonner leurs foyers tandis que d’autres ont subi des insultes et des traitements dégradants. Ces exactions illustrent une volonté délibérée d’effacer l’histoire locale tout en opprimant les résidents.

Face à ce qu’ils qualifient de crime de guerre et de vol d’identité culturelle, les habitants de la région et les défenseurs du patrimoine exigent :

  • L’ouverture immédiate d’une enquête internationale indépendante.

  • L’identification et la traduction en justice des responsables de ces fouilles illégales.

  • La mise sous protection urgente des sites archéologiques syriens contre la prédation organisée.

Iran : alerte maximale pour cinq femmes condamnées à mort

IRAN / ROJHILAT – L’inquiétude de la communauté internationale et des organisations de défense des droits humains ne cesse de croître concernant le sort de cinq femmes détenues en Iran. Parmi elles figurent les militantes kurdes Verisheh Moradi et Pakhshan Azizi, ainsi que Zahra Shahbaz Tabari, Nasimeh Eslamzehi et Bita Hemmati, toutes sous le coup d’une sentence capitale.

Des chefs d’accusation politiques et arbitraires

Ces femmes ont été condamnées sur la base de chefs d’accusation vagues et lourdement sanctionnés par le code pénal iranien, tels que moharebeh (inimitié envers Dieu), rébellion armée ou efsad-fil-arz (corruption sur terre). Ces motifs sont systématiquement invoqués par le système judiciaire pour réprimer les voix dissidentes et les revendications identitaires, particulièrement celles issues des minorités.

Situation actuelle des condamnées

Le cas de Pakhshan Azizi est particulièrement critique puisque sa condamnation à mort a été officiellement confirmée. En revanche, la sentence de Verisheh Moradi a été annulée et l’affaire renvoyée pour un nouveau procès, bien que son intégrité physique reste menacée par des conditions de détention précaires.

Le parcours de Nasimeh Eslamzehi, arrêtée en 2023, illustre la cruauté du système carcéral : elle a été maintenue en détention dans des conditions extrêmes, allant jusqu’à accoucher en prison avant de recevoir sa sentence. Quant à Zahra Shahbaz Tabari et Bita Hemmati, elles demeurent dans l’attente d’une exécution qui pourrait survenir à tout moment, faute de transparence judiciaire.

Une répression accrue contre les femmes

Les observateurs et militants des droits humains tirent la sonnette d’alarme : le nombre de femmes condamnées à mort dans des dossiers à caractère politique est en nette augmentation. Cette tendance s’inscrit dans une volonté manifeste du régime de briser la résistance des femmes, fer de lance des mouvements de contestation récents, et de punir doublement les membres de la communauté kurde pour leur engagement en faveur de la justice et de la liberté.

Note : À ce jour, aucun portrait vérifié de Nasimeh Eslamzehi n’a pu être identifié dans les sources publiques.

Journalistes kurdes : « Nous resterons la voix de la vérité »

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SYRIE / ROJAVA – À l’occasion du 128e anniversaire de la presse kurde, les professionnels des médias de Kobanê ont réaffirmé leur engagement solennel à poursuivre leur mission d’information, malgré les périls et les tentatives d’étouffement. En cette journée symbolique du 22 avril, commémorant la parution du premier journal Kurdistan en 1898, les journalistes du Rojava rappellent que leur plume et leurs caméras sont des remparts contre l’oubli et l’injustice.

Un héritage de résistance né de l’exil

Pour Sterfan Jojo, de la radio Kobanê FM, l’histoire du journalisme kurde est indissociable d’un contexte de survie. À une époque où l’existence même du peuple kurde était niée et interdite par les puissances occupantes, le journal Kurdistan a brisé le silence. Malgré les massacres et les politiques de génocide, cette presse pionnière a jeté les bases d’une tradition de liberté qui permet aujourd’hui de documenter les violations des droits humains au grand jour.

  

Cet héritage a joué un rôle déterminant dans la préservation de la langue et de la culture kurdes, garantissant ainsi la pérennité d’une identité constamment menacée.

Témoigner au cœur des décombres et de la révolution

Mohammad Mustafa, correspondant pour Ronahi TV, souligne que le journalisme indépendant a été le moteur de la révolution du Rojava. Durant la bataille héroïque de Kobanê contre Daech, les reporters étaient en première ligne pour relayer les attaques et la résistance au monde entier.

Il rend hommage aux nombreux confrères pris pour cibles, emprisonnés ou assassinés pour avoir refusé de travestir la réalité. Cette volonté de documenter les agissements des forces d’occupation et les violations subies par la population reste le moteur de ceux qui, aujourd’hui, reprennent le flambeau de leurs collègues tombés au nom de la vérité.

La responsabilité sociale et le rôle des femmes

Judy Berçem, correspondante pour l’agence Nûjînha, insiste sur la responsabilité accrue des journalistes dans le contexte actuel. Face à la complexité des enjeux géopolitiques en Syrie, les professionnels des médias portent une mission de service public envers la société.

Elle souligne tout particulièrement la détermination des femmes journalistes, dont l’engagement sur le terrain est le garant d’une transmission fidèle de la réalité. Pour elles, comme pour l’ensemble de la presse libre de Kobanê, le chemin est tracé : continuer à informer, documenter et dénoncer, sans jamais céder à l’intimidation.