Abandon des Kurdes en Syrie : «N’y aurait-il plus en nous, Français, une seule once de lucidité et d’honneur ?»

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PARIS – Un groupe d’anciens volontaires français·es ayant combattu DAECH aux côtés des forces kurdes YPG / YPJ a publié une tribune en soutien aux Kurdes du Rojava actuellement sous le feu des gangs d’al-Sharaa (Jolani), ancien chef d’al-Qaïda proclamé président de la « Nouvelle » Syrie. Nous la partageons avec vous.

Abandon des Kurdes en Syrie : « N’y aurait-il plus en nous, Français, une seule once de lucidité et d’honneur ? »

 

Citoyens français, nous sommes partis en Syrie entre 2015 et 2019 en tant que volontaires pour rejoindre les unités combattantes kurdes du YPG/YPJ, fer de lance des unités arabo-kurdes des Forces Démocratique Syriennes (FDS) dans la lutte contre Daech.

 

Il y a tout juste un an, le 14 décembre 2024, nous publiions sur le site de ce journal une tribune visant à alerter les Français et leurs dirigeants de la menace que représentait la prise de pouvoir du territoire syrien par Al- Charaa, dit Al Joulani, ancien chef des groupes djihadistes Al Nosra et Hayat Tahrir al-Cham. Nous faisions part de trois grandes craintes : la première, que les minorités locales, kurdes notamment, subissent un nettoyage ethnique total ; la seconde, que les combattants de Daech, qui partagent les valeurs des djihadistes de HTS, soient libérés des camps dans lesquels les Kurdes, jusqu’alors, les tenaient enfermés ; la troisième, c’est que le djihad, aidé par la Turquie, revienne en force dans cette partie du Moyen-Orient et, qu’à terme, recommencent les horreurs que nous avons connues au Bataclan – puisque cet attentat et tant d’autres ont été commandités depuis la Syrie.

Depuis quelques jours l’actualité, hélas, nous donne raison : des milliers de civils se pressent aux frontières ; d’autres sont massacrés avec une barbarie bien reconnaissable ; les anciens combattants de Daech et leurs familles sortent par milliers des camps de Shedadeh, Al Aqtan et Al Hol ; et ce n’est qu’une question de temps avant que cette victoire du terrorisme ne galvanise les islamistes de France.

Nous aimons notre pays. Plus que nous-mêmes, peut-être. C’est en grande partie pour lui que nous avons décidé de rejoindre les unités YPG/YPJ pour combattre, au péril de notre vie, notre ennemi commun : Daech. Pourtant, aujourd’hui, les mots nous manquent pour dire notre honte – oui, notre honte. Celle de voir la France abandonner ses alliés, dont elle partage les valeurs de démocratie, de tolérance et de liberté, aux mains des djihadistes – c’est-à-dire de gens qui haïssent l’Occident, et particulièrement la France, jusqu’au plus profond de leurs tripes.

Tous les malheurs du monde déferlent en ce moment sur les Kurdes, les Arabes non islamistes, les Syriaques, les Alaouites, les Druzes, et les Yézidis de Syrie. Et nous, Français, baissons les yeux. N’y aurait-il plus en nous une seule once de lucidité et d’honneur ? La détermination d’Al Joulani, elle, est totale : soutenu par la Turquie, il avance, cruel et conquérant. Les Kurdes, eux, sont livrés à eux-mêmes. Certes, ils savaient que les Etats-Unis, un jour, les abandonneraient. Mais ils comptaient sur la France – comme nous comptions sur elle.

Il y a trois jours, une statue de combattante YPJ de la ville de Tabqa était fracassée sur le sol par des islamistes. Triste symbole. Il y a dix ans, les yapajas étaient nos héroïnes : celles qui avaient défendu Kobané, le « Stalingrad » de la lutte contre le djihadisme.

Les avons-nous oubliés, elles et leurs camarades du YPG ?

Le temps est compté, pour nos amis. Ils le savent, et sont prêts à mourir pour ce en quoi ils ont toujours cru.

Mais il reste un espoir : celui que la France retrouve la mémoire.

Et son courage.

Signataires : Jean « Soresh » ; Katell « Kewê » ; Michel « Baba Sidar » ; Olivier « Tekosher » ; William « Roj »

La « joie » de ceux qui avaient « prédit » l’effondrement de Rojava

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BRUXELLES – L’universitaire kurde, Jan Yasin Sunca dénonce le comportement de groupes de gauche et d’individus presque heureux d’avoir « prédit » l’effondrement de Rojava en plein massacre des Kurdes en Syrie.
 
Voici le texte Jan Yasin Sunca* :
 
J’ai vu des messages de groupes de gauche et d’individus (notamment des universitaires, des militants et des organisateurs, certains d’entre eux sont kurdes mais surtout européens et particulièrement belges) qui semblaient presque heureux d’avoir « prédit » l’effondrement de Rojava, ou que les récents développements leur avaient prouvé « raison. » Ils sont presque en train de célébrer la situation.
 
Mais leur « prédiction » est creux. En kurde, ce qu’ils appellent prédiction se traduit par une résistance en action. Les Kurdes n’ont rien reçu. Ils se sont battus pour cela, contre les nationalismes arabes, turcs et perses, et contre les projets génocidaires comme le djihadisme.
 
Leur revendication la plus commune et la plus banale est que les États-Unis finiraient par abandonner les Kurdes, comme si les forces politiques kurdes ne le savaient jamais. Merci d’avoir révélé la « vérité » chers camarades, sans vous nous étions complètement aveugles. Pourtant dire que « les États-Unis vont vous trahir » n’ajoute rien. Elle ne révèle aucune vérité cachée et ne change rien dans la réalité politique. C’est comme annoncer que le ciel est gris quand il pleut.
 
Les révolutionnaires kurdes n’ont pas choisi les États-Unis par conviction. Les États-Unis étaient là et restent là. La Realpolitik force les mouvements à des choix qui ne correspondent pas à leurs idéaux. Ce n’est pas une excuse, c’est un refus de votre prétendue révélation. Les conditions avaient imposé deux options : la guerre et l’épuisement sans fin, ou un compromis politiquement problématique mais stratégiquement calculé (une que nous avons constamment critiquée) visant à garantir la reconnaissance juridique et politique internationale. Les Kurdes ont choisi ce dernier. Et cette lutte n’est pas terminée.
 
Mais cette joie d’avoir « prouvé raison » vous place finalement du même côté que les forces qui ont produit ce résultat : HTS, Turquie, Arabie Saoudite, États-Unis et, dans la pratique, Israël. La situation actuelle a été imposée par une coalition opaque tenue ensemble par des accords tacite : permettant l’annexion (presque) par Israël du sud de la Syrie tout en extrait des concessions de HTS, ainsi que le silence profond de la Turquie et de Sharaa et l’inaction complète face au génocide en Palestine.
 
Va célébrer que tu avais « raison » mon cher camarade alors que le seul espoir réaliste et matérialisé pour la gauche au cours des deux dernières décennies est confronté à des menaces terminales. Mais s’il te plaît (…) PARS, pendant que les gens résistent pour leur droit d’exister et pour rendre possible un monde [meilleur].
 
*Jan Yasin Sunca est chargé de recherches FNRS au REPI Recherche et Études en Politique Internationale (Science-Po ULB)

ROJAVA. Mensonge de Donald Trump

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SYRIE / ROJAVA – Hier, lors d’une conférence de presse, le président américain, Donald Trump a répondu à un journaliste que les Etats-Unis avaient donné du pétrole, des armes et de l’argent aux Kurdes du Rojava. Un activiste vient de démonter les trois mensonges de Trump. Nous partageons avec vous ses réponses. Tout d’abord : vous n’avez pas donné de pétrole aux Kurdes. Les Kurdes extrayaient le pétrole des terres qu’ils occupaient déjà ou à proximité. Le fait que vous ayez récupéré une partie de ce pétrole ne signifie pas que vous en avez donné aux Kurdes. Deuxièmement, l’argent que votre administration et l’administration Biden ont envoyé a servi à garantir un niveau de sécurité équivalent dans les camps de l’EI. Enfin, les armes que vous avez fournies aux Kurdes ont été utilisées contre Daech pendant cinq ans. Les Kurdes ont perdu 15 000 combattants pour éradiquer Daech (ce qui représente entre 0,6 % et 0,8 % de leur population totale, et il ne s’agit là que des Kurdes, sans compter les Syriaques, les Assyriens et les Arméniens).

Appel aux dons pour les Kurdes du Rojava

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SYRIE / ROJAVA – Face à l’évolution récente de la situation au Rojava, l’ONG humanitaire kurde, Heyva Sor a Kurdistanê, appelle à une mobilisation générale dans toutes les régions du Rojava. L’organisation humanitaire étend ainsi sa campagne, initialement menée à Alep, à l’ensemble du Rojava. En France, vous avez le Soleil Rouge – Roja Sor, l’ONG franco-kurde représentant le Heyva Sor a Kurde en France. Les dons sont déductibles à hauteur de 66 % de vos impôts (Si vous donnez 100 €, l’État vous rembourse 66 €… Ou en crédit d’impôt). Il faut veiller à leur donner toutes vos coordonnées pour obtenir votre justificatif fiscal.   Vous pouvez envoyer vos dons Par chèque, au siège de l’association Soleil Rouge France, au 45 avenue Henri Barbusse, 93700 Drancy. (Pour toutes demande de reçu, vous pouvez écrire au Soleilrougedon@gmail.com) Ou par virement  au SOLEIL ROUGE FRANCE   IBAN FR76 3008 7335 0000 0207 4770 150 BIC CMCIFRPP Heyva Sor appelle aux dons pour le Rojava Il y a environ deux semaines, des groupes fidèles au Gouvernement de transition syrien autoproclamé ont lancé de violentes attaques contre les quartiers kurdes d’Alep. La situation s’est désormais gravement détériorée et les attaques se sont étendues à de nombreuses zones de l’Administration démocratique du Nord et de l’Est de la Syrie (DAANES), menaçant la quasi-totalité de la région. L’organisation humanitaire « Heyva Sor a Kurdistanê eV » a donc étendu sa campagne d’aide à Shexmeqsud et Esrefiyê à l’ensemble du Rojava et lance un appel urgent à la solidarité. Attaques graves contre la vie civile Depuis le début des attaques, des centaines de civils ont été tués, dont des femmes, des enfants et des personnes âgées. Des milliers ont été blessés. Durant ces rudes journées d’hiver, plusieurs centaines de milliers de personnes ont été déplacées et contraintes de fuir pour se mettre en sécurité. En violation flagrante du droit international, ces attaques ont été menées à l’aide de chars, d’artillerie et d’autres armes lourdes et continuent de viser spécifiquement les infrastructures publiques, les hôpitaux, les infrastructures d’approvisionnement civiles et les zones résidentielles de la population civile. Urgence humanitaire En raison de ces attaques, les médicaments, la nourriture, l’eau et l’électricité sont rares. C’est pourquoi, en collaboration avec diverses organisations partenaires dans plusieurs pays européens et aux États-Unis, Heyva Sor a lancé une campagne d’urgence pour le Rojava. Cette organisation humanitaire s’est également chargée de distribuer l’aide aux personnes déplacées du Rojava qui ont un besoin urgent d’assistance humanitaire et médicale. « Nous appelons toutes les personnes de conscience, et en particulier la diaspora kurde, à participer à cette campagne. Chaque don aujourd’hui peut sauver une vie au Rojava. Chaque don redonne espoir à des dizaines de milliers d’enfants. » « Il est temps d’aider le Rojava et d’agir », conclut l’appel urgent aux dons lancé par Heyva Sor. Comptes de dons pour l’aide humanitaire (Allemagne) Heyva Sor a Kurdistanê e. V. Kreissparkasse Köln IBAN : DE49 3705 0299 ​​​​​​0004 0104 81 BIC/SWIFT : COKSDE33XXX Objet : Rojava PayPal : heyvasorakurdistan@gmail.com Lien PayPal : https://www.paypal.com/donate/?hosted_button_id=ST5BWWFB7FPGS (Attention ! Suite à une décision de l’ADD Rhénanie-Palatinat, Heyva Sor ne peut accepter de dons provenant du Land de Rhénanie-Palatinat. Jusqu’à ce que la situation soit clarifiée, aucun de leurs projets d’aide ne concernera cette région.)

SYRIE. Damas viole le cessez-le-feu en attaquant le Rojava

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SYRIE / ROJAVA – Malgré un cessez-le-feu déclaré, les gangs d’al-Sharaa (Jolani) poursuivent leurs attaques contre les régions kurdes dans le nord du pays. Des attaques, soutenus par les drones turcs, ont lieu dans plusieurs régions, dont à Hassaké. Malgré l’annonce d’un cessez-le-feu mardi entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le gouvernement intérimaire syrien soutenu par la Turquie, les attaques contre les régions autonomes du Rojava se poursuivent sans relâche. Des attaques massives menées simultanément par la soi-disant armée syrienne et des milices ont lieu dans plusieurs régions. Ce soir, la ville de Zirgan (Abou Rasen), située à l’est de Serêkaniyê (Ras al-Aïn), occupée par la Turquie depuis 2019, a été bombardée pendant une longue période par des obus d’artillerie lourde. Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont affirmé que les attaques provenaient de positions tenues par des factions du gouvernement intérimaire à Damas. Parallèlement, des drones turcs ont été aperçus survolant la ville. Aucun dégât ni victime n’a été signalé dans l’immédiat. Un autre point d’intérêt est la prison d’al-Aqtan, au nord de Raqqa, où sont incarcérés des mercenaires de l’organisation terroriste « État islamique » (EI). Le complexe a été attaqué par cinq drones suicides, accompagnés de tirs nourris d’armes lourdes. L’attaque était toujours en cours au moment de la rédaction de ce rapport ; aucune information n’est actuellement disponible concernant la situation sécuritaire et le contrôle à l’intérieur de la prison. Dans les environs d’Hesekê, les milices gouvernementales ont attaqué le village de Tall Baroud à l’aide d’armes lourdes, selon les FDS. Tall Baroud se situe au sud-ouest de la ville, le long de la route Abyad-Abyad. Parallèlement, de violents combats se déroulent dans la région de Kobanê. D’après les FDS et les Unités de protection des femmes (YPJ), les milices de Damas tentent de progresser vers trois villages stratégiques au sud de la ville. Dans le même temps, des attaques menées le long de la ligne Çelebiyê, au sud-est de Kobanê, ont été repoussées. Près de la ville de Sirîn, des unités des FDS et des YPJ ont intercepté un convoi composé de membres de Hayat Tahrir al-Sham (HTS) et de milices pro-turques. Le convoi se dirigeait apparemment vers Kobanê, mais a été délibérément pris pour cible. Selon des sources militaires, plusieurs véhicules ont été détruits et d’autres endommagés. Les assaillants survivants ont battu en retraite. (ANF)   

ROJAVA. Des dizaines de Kurdes tués à Afrin en deux jours

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SYRIE / ROJAVA – Les mercenaires sous commandement du gouvernement de Damas et de la Turquie ont tué des dizaines de civils kurdes à Afrin, ville occupée par la Turquie, au cours des deux derniers jours, signale une ONG locale. À Efrîn (Afrin), dans le nord-ouest du Rojava occupé par la Turquie, des milices supplétives de l’armée turque, liées au soi-disant gouvernement de transition syrien, commettent depuis deux jours des massacres contre la population civile kurde, selon l’organisation de défense des droits humains « Rêxistina Mafên Mirovan li Efrînê-Sûriye » (RMME). Concernant le contexte des violations des droits humains, l’organisation a déclaré que les attaques ont été perpétrées en raison de l’identité et de la nationalité des victimes. Bien que le RMME documente les actes de violence via ses réseaux sociaux, il ne peut publier les images en raison de l’extrême brutalité des massacres. Il a toutefois précisé que parmi les victimes figure le Kurde Henan Mihemed Qîşo, qui vivait dans le village de Xelil, dans le district de Şiyê, à Afrin. Il a été assassiné lundi alors qu’il rentrait à Afrin depuis Tabqa. (ANF) 

KURDISTAN. L’Iran frappe le QG d’un parti kurde d’opposition

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IRAK / KURDISTAN – L’Iran vient de mener des attaques de drones et de roquettes contre le QG du parti kurde d’opposition, PAK, réfugié dans la région d’Erbil (Hewlêr), au Kurdistan « irakien ». L’attaque a fait au moins un mort parmi les peshmergas. Le Parti de la liberté du Kurdistan (Partiya Azadiya Kurdistanê, PAK) a déclaré dans un communiqué qu’une attaque avait été menée contre ses forces à Hewlêr (Erbil). Le communiqué précise que l’attaque a été perpétrée à l’aide de drones armés et de roquettes. On rapporte qu’un peshmerga du PAK nommé Mihemed Salih Mihemed a été tué lors de l’attaque.

Le CDK-F appelle la France à frapper les positions djihadistes et à reconnaître politiquement le Rojava

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PARIS – Le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) exhorte la France « à frapper les positions djihadistes et à reconnaître politiquement le Rojava » alors qu’on fait face à un génocide kurde annoncé d’avance par les gangs djihadistes de Damas. Voici le communiqué du CDK-F :
Le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) informe l’opinion publique que la situation au Rojava a connu une évolution majeure depuis la nuit dernière, marquée par une mobilisation historique et mondiale du peuple kurde face aux massacres commis par des groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et à Daech, soutenus ou tolérés par le pouvoir installé à Damas.
Depuis hier, des millions de Kurdes à travers le monde se mobilisent pour exprimer leur soutien inconditionnel au Rojava. Des milliers de Kurdes de Turquie ont franchi les frontières depuis Nusaybin, et des centaines depuis le poste-frontière de Semalka, afin de rejoindre le Rojava pour défendre leurs frères et sœurs et protéger les acquis politiques, sociaux et démocratiques du peuple kurde.
En Europe, et notamment en France, les Kurdes se mobilisent dans toutes les grandes villes. Fait exceptionnel, toutes les sensibilités politiques kurdes sont aujourd’hui unies pour stopper les massacres et faire face à la menace djihadiste.
Le CDK-F alerte également sur un fait d’une extrême gravité : le ministère du culte syrien a appelé les mosquées à diffuser vendredi prochain la fatwa dite “Al-Anfal”, référence directe aux campagnes génocidaires contre les Kurdes, notamment le massacre de Halabja perpétré sous le régime de Saddam Hussein. Cet appel constitue une incitation idéologique explicite à la violence de masse contre le peuple kurde.
Face à cette situation, le silence de la diplomatie française est profondément inquiétant et suscite une incompréhension croissante au sein de la communauté des centaines de milliers de Kurdes vivant en France. Ce silence interroge la sincérité des engagements de la France envers ses alliés kurdes dans la lutte contre Daech.
Le CDK-F dénonce par ailleurs la responsabilité directe de la Turquie, dont la politique contribue à l’encerclement, à l’asphyxie et à la destruction des acquis du peuple kurde au Rojava.
 
 
 
 
Nous le disons clairement : Les Kurdes n’accepteront pas de se voir imposer un second Sykes-Picot. Nous ne sommes plus les Kurdes de 1916. Au XXIᵉ siècle, les droits, le statut politique et l’existence du peuple kurde seront garantis. La France ne doit pas répéter l’erreur historique de 1916. Le temps des paroles est révolu. Nous exigeons des actes concrets. Le Conseil démocratique kurde en France exige :
  • Des frappes aériennes immédiates de la France contre les positions des jihadistes, qui massacrent les Kurdes de Syrie et menacent directement la sécurité régionale et européenne ;
  • Une solution politique pour le Rojava, incluant la reconnaissance politique, la garantie des droits du peuple kurde et un statut clair au sein de la Syrie ;
  • L’organisation d’un débat extraordinaire à l’Assemblée nationale sur cette crise majeure ;
  • Une mobilisation urgente des députés et sénateurs français, à la hauteur de la responsabilité historique de la France.

TURQUIE. L’armée tire sur les manifestants à la frontière du Rojava

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TURQUIE. Entre Qamishlo et Nusaybin, les soldats turcs tirent à balle réelle contre les civils kurdes qui ont atteint la frontière du Rojava attaqué par les gangs de Damas, DAECH / ISIS.
 
Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, on voit des soldats turcs tirer à balle réelle en direction des jeunes Kurdes qui traversent les barbelés séparant les villes kurdes de Nusaybin de Qamışlo.
 
Les jeunes ciblés ont déclaré que les tirs de l’armée turque ne les empêcheraient pas de se rendre au Rojava défendre leurs frères et sœurs face aux gangs djihadistes.
 
Des centaines de personnes ayant franchi la frontière dans le district de Nisebîn, à Mardin, sont arrivées à Qamişlo. Malgré les obstacles et les tirs des soldats, un jeune homme ayant franchi la frontière a décrit la situation dans un enregistrement audio.
Le jeune homme, affirmant qu’ils n’avaient pas reculé malgré les tirs des soldats, a raconté : « Un groupe de 400 à 500 personnes a franchi trois frontières. Nous avons atteint le mur frontalier. Certains l’ont escaladé et sont passés de l’autre côté. Nous sommes ici. Environ 3 000 à 4 000 personnes sont derrière nous, mais elles ne peuvent pas nous rejoindre. Si elles venaient, nous pourrions tous passer de l’autre côté. Les soldats turcs nous tirent dessus. Le peuple est fort et ne recule pas. Nous n’avons pas peur d’eux. (…) »
 
Vidéo ici
 
 
 

ROJAVA. Les femmes de Kobanê jurent de ne pas abandonner la ville

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SYRIE / ROJAVA – Les femmes de la ville kurde de Kobanê et l’organisation féminine Kongra Star ont apporté leur soutien à la mobilisation générale, jurant qu’elles n’abandonneraient pas leur ville quelles qu’en soient les conséquences. Depuis plus de dix jours, les combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS) et des Unités de protection des femmes (YPJ) opposent une résistance acharnée à l’État turc, au gouvernement de transition syrien et aux mercenaires de l’EI dans le nord-est de la Syrie. Les femmes du canton de l’Euphrate se sont également jointes à la mobilisation générale, appelant les jeunes des quatre régions du Kurdistan à se soulever. Dans un communiqué de presse publié mardi à Kobanê par Nadiya Hiso, membre de Kongra Star, il est dit : « Nous, les femmes, résisterons à toute forme d’attaque. En tant que mouvement féministe, nous lançons une mobilisation et prenons part à celle-ci. Nous réitérons notre engagement envers les combattants. Cette résistance est l’honneur de l’humanité ; l’oppression contre l’humanité a été vaincue ici, et cette défaite a été remportée sous la direction du peuple kurde. Ils veulent briser cette volonté à Kobanê également. Nous avons promis d’exister et nous ne renoncerons pas à cette résistance. Nous avons fait une promesse et nous résisterons jusqu’au bout. » Le communiqué se poursuit : « Nous lançons un appel au peuple kurde du monde entier. Face aux tentatives d’anéantissement des Kurdes, notre peuple doit se soulever et marcher sur Kobanê. L’heure de la victoire a sonné. Chacun-e a vu les atrocités commises par ces barbares à Raqqa et Tabqa, et maintenant Kobanê est assiégée. Nous les connaissons et nous savons qui ils sont. Ils lancent des attaques impitoyables contre nous, cherchant à perpétrer un génocide et des massacres. Levez-vous maintenant ! Nous promettons à tous que nous existerons, et que nous sommes là. Jin, jiyan, azadî. Le Kurdistan est à nous. » (ANF)