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IRAN. La guerre chasse 3,2 millions de civils de leurs foyers
IRAN. Plus de 100 membres des forces de sécurité tués à Sanandaj
IRAN. La guerre chasse les éleveurs de la campagne de Kirmaşan
Les autorités militaires et de sécurité iraniennes ont ordonné l’évacuation immédiate des communautés d’éleveurs vivant le long des zones frontalières de la province de Kermanshah (Kermashan). Cette mesure oblige les familles à entamer leur migration saisonnière plusieurs semaines avant la période habituelle afin de libérer la région pour le déploiement d’équipements militaires lourds.
Selon l’organisation Hengaw pour les droits humains, les familles pratiquant la transhumance et résidant dans les secteurs de Qasr-e Shirin, Khosravi, Naft Shahr et Sumar ont été sommées d’évacuer les lieux au plus tard le samedi 14 mars 2026. Ce dégagement de la bande frontalière vise à installer des unités d’artillerie, transformant ainsi des zones d’habitation civiles en zones militaires, au mépris de la sécurité des populations locales.
Cette migration forcée survient à un moment critique : les pâturages d’été en montagne sont encore soumis à un froid intense. Un déplacement prématuré de quarante jours — la transhumance débutant normalement en mai — fait peser un risque de pertes massives sur le bétail, pilier économique de ces ménages.
Hengaw condamne fermement cette décision, la qualifiant de violation flagrante des droits fondamentaux et des normes internationales relatives à la protection des civils. L’organisation souligne que l’utilisation de terres civiles à des fins militaires met gravement en péril les moyens de subsistance de centaines de familles d’éleveurs déjà vulnérables.
KURDISTAN. Attaque de drone contre un camp du PDKI
KURDISTAN. Six soldats français blessés lors d’une attaque de drone à Erbil
ROJAVA. Les femmes lancent une pétition exigeant la libération des otages
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La révélation immédiate et publique du sort de toutes les personnes disparues de force (enlevées ou disparues).
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La libération inconditionnelle de tous les prisonniers et détenus (Kurdes et autres originaires notamment des quartiers kurdes d’Alep et d’autres zones).
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La fin immédiate de la torture, des mauvais traitements et des violations des droits humains.
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La création d’une commission d’enquête internationale indépendante pour investiguer les exécutions extrajudiciaires, documenter les crimes de guerre et traduire les responsables en justice.
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L’ouverture de canaux de communication urgents (via le CICR) pour permettre aux familles d’obtenir des nouvelles et des visites.
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Des garanties contre tout transfert ou déportation des détenus vers des entités qui mettraient leur vie en danger.
Contexte dénoncé
La campagne pointe une escalade militaire brutale menée par les forces de la « Sécurité générale » affiliées au gouvernement intérimaire syrien (post-Assad, Damas). Ces attaques, qualifiées de trahison systématique, ont violé les accords passés avec les Forces démocratiques syriennes (FDS/SDF). Elles ont touché les quartiers kurdes de Cheikh Maqsoud et Achrafieh (Alep), ainsi que Deir Hafer, Tabqa et Raqqa.
Ces opérations ont entraîné :
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Des crimes de guerre et des exécutions sommaires.
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Des disparitions forcées massives (milliers de personnes dans les prisons de la Direction générale de la sûreté).
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Un black-out total d’information, laissant les familles dans l’angoisse (mères manifestant quotidiennement sans réponses).
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Les libérations effectuées jusqu’ici sont jugées dérisoires face à l’ampleur des disparitions et de la répression.
Actions concrètes de la campagne
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Collecte de signatures : Jusqu’au 17 mars 2026 (via le formulaire en ligne ou par courrier électronique à envoyer à l’adresse : petition_kongra_star@disroot.org).
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Soumission des signatures récoltées : Le 18 mars 2026, Journée internationale de solidarité avec les prisonniers politiques.
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Instances destinataires : Nations Unies, Conseil de sécurité, Haut-Commissariat aux droits de l’homme, Human Rights Watch, Comité européen pour la prévention de la torture (CPT), Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
ALLEMAGNE. Une adolescente kurde sacrifiée sur l’autel du politiquement correct à Berlin-Neukölln
ALLEMAGNE – À Berlin-Neukölln, une jeune Kurde de 16 ans a subi des viols dans un club de jeunes (Jugendclub) de la rue Wutzkyallee. D’abord violée en novembre 2025, filmée et menacée, elle a de nouveau été agressée sexuellement en janvier 2026 par plusieurs garçons (connus des services pour des violences en groupe).
Le personnel du club, informé des faits, n’aurait pas porté plainte. L’office de la jeunesse du quartier (Jugendamt), géré par le parti de gauche Die Linke et alerté fin janvier, aurait attendu des semaines avant d’agir – et seulement après que la victime se soit confiée directement à une policière spécialisée. Résultat : cinq semaines de silence institutionnel, une interdiction d’accès tardive au centre pour le principal suspect, et une enquête qui n’aurait jamais commencé sans le courage de l’adolescente.
Ce scandale dépasse largement un simple « dysfonctionnement administratif » : il révèle comment les autorités locales privilégient les calculs politiques à la protection d’une mineure vulnérable. Issue d’une famille kurde (du Kurdistan de Turquie / Bakur), cette jeune fille porte déjà les stigmates d’une double marginalisation – en tant que Kurde et en tant que fille dans un quartier multiculturel sous tension. Face à des suspects connus des services pour des violences en groupe, les responsables auraient préféré se taire, craignant sans doute des accusations de « stigmatisation ».
Le quartier de Neukölln, bastion de la gauche berlinoise, semble avoir choisi de protéger son image « inclusive » plutôt que la sécurité des filles. La conseillère municipale chargée de la jeunesse, Sarah Nagel (Die Linke), admet aujourd’hui des « erreurs », mais trop tard : le mal est fait, et la victime a été doublement trahie – par ses agresseurs, puis par ceux censés la protéger.
De son côté, Jan Ilhan Kizilhan, expert reconnu en psychotraumatologie transculturelle, a exprimé son indignation face au scandale de Berlin-Neukölln, qualifiant l’inaction institutionnelle de défaillance majeure aux conséquences dramatiques. Il souligne l’insuffisance chronique de protection pour les femmes et les filles vulnérables, déplorant une prise en charge tardive et une dilution des responsabilités administratives. Appelant à une intervention immédiate dès le premier signalement, il insiste sur la nécessité de poursuivre fermement les auteurs et d’offrir aux victimes un soutien global adapté à leurs traumatismes. Son message se conclut par une exigence de justice et d’autonomisation, rappelant que la sécurité des plus faibles ne doit jamais être reléguée au second plan.
IRAN. 14 civils morts en 24 heures de frappes
L’agence Human Rights Activists News Agency (HRANA) rapporte que 14 civils, dont 5 enfants et 3 femmes, ont été tués lors des attaques conjointes américaines et israéliennes contre l’Iran et le Rojhilat (Kurdistan iranien) au cours des dernières 24 heures (jusqu’au 11 mars 17h ET).
Selon le bilan, au moins 208 frappes ont visé 22 provinces, principalement Téhéran (39 %), Sine (Sanandaj), Ispahan et Alborz. Cibles : bases IRGC/Pasdaran, centres Bassidj, puits de pétrole, bases aériennes, commissariats et sites nucléaires. Six civils supplémentaires ont été blessés ; 352 personnes font l’objet d’enquêtes pour confirmer décès ou blessures.
Ces pertes s’inscrivent dans le 12e jour du conflit déclenché le 28 février 2026 par des frappes massives visant le régime iranien, son programme nucléaire, balistique et ses forces de répression. HRANA, qui compile des données internes malgré la censure, appelle à une enquête indépendante sur les victimes civiles.
Que va-t-il arriver aux Kurdes d’Iran après le revirement du président Trump ?
Le président américain Donald Trump a opéré un revirement rapide sur le rôle des forces kurdes iraniennes dans le conflit en cours contre l’Iran. Après avoir déclaré le 5 mars à Reuters qu’une offensive transfrontalière des Kurdes iraniens basés en Irak serait « formidable » et qu’il y serait « tout à fait favorable », Trump a exclu samedi 7 mars toute implication kurde, affirmant : « Nous sommes très amicaux envers les Kurdes, mais nous ne voulons pas compliquer davantage ce conflit. »
Ce changement intervient alors que les États-Unis et Israël mènent des frappes aériennes intenses contre l’Iran depuis fin février 2026, visant à affaiblir le régime. Les Kurdes iraniens, regroupés depuis le 22 février dans la Coalition des forces politiques du Kurdistan iranien (incluant PDKI, PJAK, PAK, Komala et Khabat), espéraient exploiter cette faiblesse pour lancer une insurrection ou une offensive depuis le Kurdistan irakien.
Malgré les encouragements initiaux de Trump, les partis kurdes insistent sur leur prudence. Honia Azarbar (Komala) souligne qu’ils ne se lanceront pas « à l’abattoir » sans soutien américain clair. Mustafa Mawloudi (PDKI) affirme que leur lutte contre la République islamique perdurera indépendamment des États-Unis, sous toutes ses formes. Khalil Nadri (PAK) espère un changement de régime, estimant que les peshmergas kurdes seraient essentiels pour la stabilité post-conflit.
Le gouvernement régional du Kurdistan (GRK) irakien rejette fermement toute utilisation de son territoire pour des attaques transfrontalières, priorisant la paix avec ses voisins. Babasheikh Hosseini (Khabat) confirme que la Coalition se concentre exclusivement sur le Kurdistan iranien (Rojhelat), sans animosité envers la Turquie – possible source de pression sur Trump.
Les attaques iraniennes se poursuivent : drones et missiles ont visé des bases kurdes en Irak, tuant récemment un peshmerga de Komala et blessant d’autres. L’Iran voit ces groupes comme une menace intérieure majeure.
Analystes comme Farzan Sabet évoquent une possible influence turque sur le revirement américain, tandis que l’ex-général Ernie Audino voit toujours des intérêts communs : affaiblir le CGRI et galvaniser l’opposition. Halmat Palani estime que si le régime s’affaiblit, le Kurdistan iranien pourrait être le « premier domino » à tomber.
En attendant des conditions propices – soutien clair, no-fly zone ou effondrement accru du régime –, les Kurdes iraniens restent vigilants, prêts à agir pour leurs droits sans précipitation. L’avenir dépendra de l’évolution du conflit et des calculs stratégiques de Washington. (Via The Region)