KURDISTAN. Commémorations de trois militantes kurdes tuées par l’armée turque il y a 10 ans

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TURQUIE / KURDISTAN – Il y a 10 ans jour pour jour, l’armée turque exécutait en plein jour les militantes kurdes Sêvê Demir, Pakize Nayır et Fatma Uyar à Sirnak/Silopi dans le cadre de la destruction massive de plusieurs localités kurdes en révolte. Aujourd’hui, les organisations kurdes, dont le parti politique DBP leur rendent hommage et déclarent que « Nous réitérons notre promesse de perpétuer l’héritage de leur lutte et de ne jamais renoncer à notre quête de vérité et de justice ». Le Conseil des femmes du Parti des régions démocratiques (DBP) a publié un communiqué à l’occasion de l’anniversaire du meurtre de Sêvê Demir, membre du Conseil du DBP, de Fatma Uyar, membre du Congrès des femmes libres (KJA), et de Pakize Nayır, coprésidente de l’Assemblée populaire de Silopi. Ces dernières ont été tuées le 4 janvier 2016 alors qu’elles traversaient la frontière entre les quartiers de Karşıyaka et d’Ofis, dans le district de Silopi (province de Şirnex), durant le couvre-feu en vigueur. Le communiqué souligne que, dix ans après le massacre, justice n’a toujours pas été rendue et la vérité n’a pas été révélée. Le communiqué se lit comme suit : « Sêvê Demir, membre du Conseil du Parti, Pakize Nayır, coprésidente de l’Assemblée populaire de Silopi, et Fatma Uyar, membre du Congrès des femmes libres (KJA), trois femmes courageuses qui ont marqué de leur empreinte la mémoire et la résistance de la lutte des femmes kurdes. En ce 10e anniversaire de leur martyre, nous nous souvenons d’elles avec respect, gratitude et nostalgie. Dans la localité de Silopi à Şirnex, durant le couvre-feu instauré le 14 décembre 2015, elles ont été assassinées le 4 janvier 2016 alors qu’elles se déplaçaient du quartier de Karşıyaka à celui d’Ofis. Dix ans plus tard, justice n’a toujours pas été rendue et la vérité n’a pas été révélée. Pourtant, même si leur combat est délibérément occulté, il continue de vivre dans nos mémoires, dans les rues et dans nos marches pour la liberté des femmes. Aujourd’hui, la volonté inébranlable de Sêvê, le lien profond de Pakize avec le peuple et le combat de Fatma, forgés par l’effort et le sacrifice, continuent d’éclairer la voie du mouvement des femmes kurdes. Elles ne sont pas seulement trois noms ; elles incarnent la revendication d’égalité, de liberté et de paix. En ce dixième anniversaire de leur martyre, nous nous souvenons une fois de plus de nos trois camarades avec respect, gratitude et nostalgie ; et nous réaffirmons notre engagement à perpétuer l’héritage de leur combat et à ne jamais renoncer à la quête de la vérité et de la justice. »

Du Moyen-Orient à l’Amérique latine, un monde en recomposition, une gauche désarmée

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Nous partageons avec vous l’analyse du journaliste kurde Maxime Azadî qui critique la faiblesse de la gauche mondiale incapable de faire face aux enjeux géopolitiques actuels qui secouent le monde.
 
Du Moyen-Orient à l’Amérique latine, un monde en recomposition, une gauche désarmée
 
Pendant que les équilibres mondiaux se recomposent sous l’effet de guerres, de crises énergétiques et de rivalités géopolitiques imbriquées, une grande partie de la gauche peine à appréhender la logique d’ensemble de ces transformations. Enfermée dans des lectures fragmentées, souvent morales ou défensives, elle se révèle de plus en plus démunie face à un capitalisme global capable d’absorber les chocs, de réorienter les crises et de redessiner les rapports de force à son avantage.
 
Alors que le système mondial procède à une reconfiguration profonde des équilibres planétaires, la gauche semble éprouver de grandes difficultés à saisir la nature même des dynamiques en cours. Incapable de lire les processus à l’œuvre dans leur globalité, elle s’est largement enfermée dans une lecture fragmentée des crises.
 
La guerre de Gaza en constitue une illustration particulièrement révélatrice : souvent animée par un sentiment de devoir moral, parfois aussi par des calculs plus opportunistes, une partie significative de la gauche s’est focalisée sur un seul « ennemi » — Israël — tout en restant largement étrangère aux réalités du Moyen-Orient. En privilégiant cette lecture réductrice, elle a fermé les yeux sur l’ensemble des paramètres ayant contribué à la formation de cette situation et, en se tenant à distance de toute véritable organisation sociale, elle est passée à côté d’autres foyers de tension pourtant étroitement interconnectés.
 
De Gaza à Caracas…
 
Rien de ce qui se déroule aujourd’hui au Moyen-Orient ne peut être dissocié de la nouvelle phase ouverte à Gaza. Les événements s’inscrivent dans un enchaînement plus vaste, où les acteurs locaux jouent aussi un rôle dans la construction des conditions politiques et stratégiques des offensives en cours. Dans ce cadre, dans un contexte régional marqué par des provocations attribuées à certains États, notamment la Turquie et l’Iran, l’attaque du Hamas a contribué, volontairement ou non, à réduire les coûts politiques des opérations israéliennes, en facilitant, dans une certaine mesure, leur justification sur la scène internationale.
 
Cette dynamique ne se limite pas au Proche-Orient. À l’autre extrémité du conflit pour le contrôle des routes et des ressources énergétiques, l’Amérique latine — et en particulier le Venezuela — apparaît comme un autre maillon de cette confrontation globale. Dans cette perspective, les pressions et attaques menées par les États-Unis contre Caracas ne relèvent pas de l’imprévisible, mais s’inscrivent dans une logique de continuité stratégique. D’ailleurs, Donald Trump n’a jamais dissimulé ses intentions, qu’il a exprimées de manière particulièrement explicite et brutale.
 
Il convient également de noter que Maduro n’aurait jamais dû constituer une source d’inspiration pour la gauche. Le manque de perspective stratégique au sein de celle-ci l’a laissée désorientée et vulnérable face à l’hégémonie du capitalisme mondial. Maduro, à l’instar de nombreux autres pouvoirs marqués par la corruption, aurait plutôt pu incarner l’un des symboles de la décomposition politique et institutionnelle.
 
Les traits du nouveau cycle historique — la centralité des guerres hybrides, la lutte pour les corridors énergétiques et commerciaux, la redéfinition des zones d’influence — sont désormais largement visibles. Pourtant, la gauche semble persister dans une posture défensive, privée de souffle stratégique et incapable de formuler une lecture cohérente et des perspectives politiques à la hauteur de la période.
 
Une gauche otage de son confort et de ses dogmes
 
L’enfermement de la gauche dans une pratique essentiellement parlementaire et un mode de vie confortable limite fortement sa capacité d’action. En Europe, cette situation est renforcée par des dynamiques sociales dominées par des formes de vie de plus en plus individualistes, qui affaiblissent durablement les bases d’une mobilisation collective.
 
La sélectivité dont font preuve les principaux mouvements de gauche dans leur sensibilité aux problèmes qui traversent différentes régions du monde renforce par ailleurs les soupçons quant à leur exposition à l’influence de divers groupes de pression. Cela renvoie à un autre facteur contribuant à restreindre leur champ d’action et à réduire leur autonomie politique.
 
La gauche européenne se retrouve ainsi à tourner en rond dans des agendas imposés par les gouvernements de droite. Incapable de susciter une dynamique sociale autonome, ni sur le plan national ni à l’échelle internationale, elle ne parvient pas à s’extraire de débats exclusivement centrés sur la question du « pouvoir ». Enfermée dans ses propres zones de confort, elle apparaît de plus en plus déconnectée des réalités sociales en mutation.
 
Que se joue-t-il aujourd’hui au Moyen-Orient ?
 
Avant de procéder à une analyse générale axée sur le Moyen-Orient, précisons que lorsque nous parlons de capitalisme mondial ou d’hégémonie, nous ne faisons pas référence à une puissance divine dirigée par un seul esprit. Si le capitalisme global peut parfois apparaître comme une entité guidée par une seule rationalité, ce n’est pas tant en raison d’une unité parfaite de ses acteurs que de la puissance inégalée des mécanismes dont il dispose. Il bénéficie d’une capacité exceptionnelle à absorber les chocs imprévus, à contenir les crises lorsqu’elles éclatent, puis à les réorienter progressivement selon ses propres intérêts, comme on l’a observé notamment lors des printemps arabes.
 
L’année écoulée a été marquée par une reconfiguration profonde des équilibres régionaux et mondiaux, une dynamique qui semble appelée à se poursuivre. Les conflits en cours peuvent être interprétés comme les différentes phases d’une guerre prolongée dont les objectifs principaux seraient le contrôle des routes énergétiques et la redéfinition des rapports de puissance au Moyen-Orient, avec Israël placé au centre de ce nouvel agencement stratégique.
 
Le Moyen-Orient apparaît comme l’espace clé de cette recomposition. La maîtrise de cette région conditionne non seulement l’accès aux ressources énergétiques, mais aussi l’influence globale. Cette dynamique ne serait pas portée par un acteur unique, mais par un ensemble de puissances occidentales étroitement coordonnées, principalement les États-Unis et le Royaume-Uni, malgré des divergences tactiques ponctuelles.
 
Les conflits récents peuvent être compris comme une succession d’interventions rendues possibles par la création de cadres de légitimation politique et sécuritaire. Des crises majeures — du Golfe à l’Afghanistan et à l’Irak — ont progressivement renforcé le contrôle sur les zones énergétiques stratégiques. Les acteurs locaux impliqués dans ces conflits ont souvent joué un rôle fonctionnel dans l’ouverture de ces séquences d’intervention.
 
Israël, États arabes et Méditerranée orientale
 
À la suite des soulèvements arabes, un nouveau dispositif régional semble s’être mis en place, reposant sur une convergence d’intérêts entre certains États arabes et Israël. La Méditerranée orientale est devenue un espace central de cette stratégie, tant pour l’exploitation énergétique que pour la sécurisation des routes commerciales. Les affrontements récents à Gaza s’inscrivent dans ce contexte plus large, ayant accéléré une transformation radicale du rapport de forces régional.
 
Cette recomposition a conduit à l’affaiblissement, voire à la neutralisation, de plusieurs acteurs étatiques et non étatiques autrefois influents, en Irak, en Syrie et au Liban. Dans le même temps, les marges de manœuvre de l’Iran ont été réduites, sans toutefois que celui-ci ne soit complètement marginalisé. Sur la route vers l’Iran, des tensions persistantes en Irak pourraient constituer l’un des prochains foyers de déstabilisation.
 
La Turquie : entre encerclement externe et décomposition interne
 
La position de la Turquie apparaît de plus en plus contrainte. Malgré une rhétorique trompeuse parfois opposée à Israël, sa capacité d’action en Méditerranée orientale et en mer Noire s’est nettement réduite. Le renforcement militaire de la Grèce et l’intégration accrue de l’Europe dans les nouveaux corridors énergétiques ont contribué à une forme d’encerclement stratégique de la Turquie.
 
Construit sur un siècle de politiques de déni et de destruction, l’État turc traverse, sous les dernières années du pouvoir d’Erdoğan, une phase de corruption et de décomposition interne d’une ampleur inédite. Sa capacité d’action semble désormais largement réduite à la menace et à l’agression à l’encontre des Kurdes.
 
La généralisation de la corruption, la polarisation extrême de la société, la volonté de conserver le pouvoir à tout prix, la dégradation profonde de l’éthique sociale ainsi qu’une hostilité historique et persistante envers les Kurdes constituent autant d’obstacles à l’élaboration d’une pensée politique cohérente. Dans ces conditions, la pérennité du système sous sa forme actuelle semble difficilement envisageable à long terme.
 
Ukraine, Eurasie et recompositions globales
 
Parallèlement, la guerre en Ukraine a eu pour effet de bloquer les grands projets eurasiatiques reliant la Chine à l’Europe, tout en revitalisant le rôle de l’OTAN et en resserrant les liens transatlantiques. La Russie, bien que toujours présente sur certains théâtres, semble avoir accepté une redéfinition partielle de son rôle au Moyen-Orient.
 
La question kurde comme facteur structurant
 
Dans ce contexte, la Turquie et l’Iran apparaissent comme deux pôles encore non totalement intégrés à ce nouvel ordre régional. Les dynamiques internes à l’Iran – notamment le rôle des minorités et des acteurs régionaux – pourraient devenir déterminantes en cas de nouvelle escalade.
 
À court et moyen terme, les évolutions observées laissent entrevoir une phase d’instabilité accrue pour une nouvelle reconfiguration régionale et mondiale. L’année 2026 pourrait voir l’ouverture de nouveaux fronts politiques ou sécuritaires, sans que les contours définitifs de l’ordre régional émergent clairement.
 
Dans ce contexte mouvant, la capacité des acteurs régionaux, et en particulier la place qu’y occupera la question kurde, pourrait devenir l’un des éléments décisifs des recompositions à venir.
 

IRAN. Les forces iraniennes abattent 4 manifestants kurdes à Ilam

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IRAN / ROJHILAT – Les forces armées iraniennes ont abattu quatre manifestants, blessé 30 autres et arrêté de nombreux manifestants dans la province kurde d’Ilam. 
Le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien (CGRI) a abattu quatre manifestants kurdes et en a blessé 30 autres dans la ville de Malekshahi, dans la province d’Ilam, au nord-ouest de l’Iran, le 3 janvier, ont déclaré deux manifestants au Le Réseau des droits de l’homme du Kurdistan (Kurdistan Human Rights Network, KHRN).
Les deux sources, elles-mêmes participantes à la manifestation qui a essuyé des tirs directs de la part de soldats du CGRI, ont déclaré que les quatre manifestants kurdes tués étaient Reza Azimzadeh, Farez Aghamohammadi, Mohammad Bozuneh et Mehdi Emamipour.
Les deux sources ont expliqué que parmi les 30 manifestants blessés, certains se trouvaient dans un état critique après avoir été transportés dans deux hôpitaux différents.
Certains manifestants blessés ont été admis à l’hôpital local de Malekshahi, tandis que d’autres ont été transportés à l’hôpital Emam Khomeini de la ville d’Ilam. 
 
Selon ces sources, des hommes armés des Gardiens de la révolution ont ouvert le feu lorsqu’un groupe de manifestants a passé la rue où se trouve le bureau du gouverneur local de Melakshahi, à proximité duquel se dresse également un bâtiment abritant un bureau local de la milice Basij iranienne.
Le personnel de l’hôpital local de Malekshahi a lancé un appel urgent au public pour qu’il donne du sang, mettant en garde contre une pénurie critique de réserves de sang et de médecins spécialistes, ont indiqué les sources.
L’hôpital Malekshahi a depuis été placé sous haute sécurité, mais les habitants se sont rassemblés autour de l’établissement malgré la présence des forces spéciales et des unités des Gardiens de la révolution dans les zones y menant, ont indiqué les sources.
Les habitants et le personnel de l’hôpital Malekshahi ont empêché les unités de police anti-émeute à moto d’entrer dans l’établissement. La police exigeait d’y pénétrer pour arrêter des manifestants blessés, ont expliqué les sources.
Les habitants continuaient de se rassembler devant l’hôpital de Malekshahi après plusieurs tentatives infructueuses de la police anti-émeute pour y pénétrer, ont indiqué les sources.

IRAN. Au moins 17 personnes tuées lors des manifestations anti-régime

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IRAN / ROJHILAT – Les forces iraniennes ont tué au moins 17 civils, dont 7 Kurdes, jusqu’à présent en lien avec les protestations antigouvernementales qui secouent le pays.  
17 civils tués lors des manifestations en Iran
Au moins 17 personnes ont été tuées durant la première semaine de manifestations en Iran, selon des informations vérifiées par l’ONG Hengaw pour les droits humains. Hengaw a confirmé l’identité des victimes tuées lors des récentes manifestations à Malekshahi, Hamedan, Harsin, Nurabad (Delfan), Kuhdasht, Azna, Lordegan, Fuladshahr et Marvdasht, dans les provinces de Kermanshah (Kermashan), Lorestan, Fars, Ilam, Chaharmahal et Bakhtiari, et Ispahan. Hengaw a également reçu des informations faisant état d’au moins six décès supplémentaires, qui sont toujours en cours d’examen par son équipe de vérification et seront rendus publics s’ils sont confirmés. Les médias affiliés à l’État ont rapporté que deux personnes ont été tuées à Qom, dont un jeune de 17 ans. Leur identité fait toujours l’objet d’une enquête. Parmi les 17 victimes confirmées, au moins neuf étaient Lor et sept étaient Kurdes, dont une appartenant à la minorité religieuse Yarsan. Un habitant persan a également été tué à Hamedan. Victimes identifiées : Samedi 3 janvier 2026
  1. Mehdi Emamipour, un Kurde originaire de Malekshahi, dans la province d’Ilam, a été abattu par les forces du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) lors de manifestations dans le comté. Il est décédé des suites de ses graves blessures après son transfert à l’hôpital Imam Khomeini d’Ilam.
  2. Farez Aghamohammadi, un Kurde originaire de Malekshahi, dans la province d’Ilam, a été tué par des tirs directs des forces du Corps des gardiens de la révolution islamique lors de ces mêmes manifestations.
  3. Reza Azimzadeh, un habitant de Malekshahi, a été abattu par les Gardiens de la révolution iraniens lors de manifestations dans le comté.
  4. Mohammad Moghaddasi, connu sous le nom de « Bozuneh », un Kurde originaire de Malekshahi, dans la province d’Ilam, a été tué par les forces du CGRI lors de manifestations.
Vendredi 2 janvier 2026
  1. Amirhossein Bayati, un homme marié originaire d’Hamedan, a été tué par balle par les forces de l’État iraniennes lors de manifestations dans la ville. Son corps a été transféré à l’hôpital Besat d’Hamedan. Les autorités auraient refusé de le remettre à sa famille et auraient fait pression sur elle pour qu’elle le présente comme un membre du Bassidj.
  2. Ali Azizi Jafarabadi, un Kurde de 42 ans originaire du village de Jafarabad-e Hezarkhani et résidant à Harsin, dans la province de Kermanshah (Kermashan), a été tué par balle lors de manifestations. Il était marié et père de famille.
Jeudi 1er janvier 2026
  1. Mansour Mokhtari, un homme Lor originaire de Marvdasht, dans la province de Fars, a été abattu d’une balle de Kalachnikov tirée de face par les forces de l’État iraniennes devant le commissariat n° 11 lors des manifestations qui ont suivi la mort de Khodadad Shirvani. Selon certaines sources, il a été touché à l’abdomen par une balle de Kalachnikov.
  2. Ahmadreza Amani, un homme de 28 ans originaire d’Azna, dans la province du Lorestan, diplômé en droit de l’université de Yazd et stagiaire en droit, a été touché à la poitrine par balle lors de manifestations et est décédé plus tard des suites d’une hémorragie après avoir été transféré à l’hôpital.
  3. Ahad Ebrahimpour Abdoli, un homme célibataire d’environ 35 ans, originaire du village de Hasan Gaviyar Mirbeg, dans le district de Delfan (Nurabad), province du Lorestan, a été tué par balles à trois reprises par les forces de l’État iranien sur la place Bahesht. Selon des témoins, il a été pris pour cible alors qu’il tentait de porter secours à une femme arrêtée, et une balle l’a atteint au cœur.
  4. Khodadad Shirvani, un homme Lor de 33 ans, père de deux enfants, originaire de Marvdasht, dans la province de Fars, a été abattu à bout portant avec un fusil à plombs lors de manifestations et est décédé plus tard après avoir été transféré dans des établissements médicaux.
  5. Mostafa Fallahi, un jeune Lor de 15 ans originaire d’Azna, dans la province du Lorestan, a été tué par balle directe lors des manifestations de jeudi soir.
  6. Shayan Asadollahi, un homme de 30 ans originaire d’Azna, dans la province du Lorestan, a été tué par balle directe lors de ces mêmes manifestations.
  7. Vahab Mousavi, un homme Lor originaire d’Azna, dans la province du Lorestan, a été tué par balle lors des manifestations de jeudi soir.
  8. Ahmad Jalil, un homme de 21 ans originaire de Lordegan, dans la province de Chaharmahal et Bakhtiari, a été abattu directement par les forces de l’État iranien et tué parmi les manifestants dans la ville.
  9. Sajjad Valamanesh, un Bakhtiari Lor de 20 ans originaire de Lordegan, a été tué par balle lors de manifestations dans la ville. Il n’appartenait ni au Basij ni à aucune institution gouvernementale. Après sa mort, sa famille aurait subi des pressions et des menaces de la part des services de sécurité. Ses obsèques ont eu lieu le vendredi 2 janvier 2026.
Mercredi 31 décembre 2025
  1. Dariush Ansari Bakhtiarvand, un homme de 28 ans originaire de Fooladshahr, dans la province d’Ispahan, a été tué par balle réelle lors de manifestations. Selon des sources, il a été touché par une balle de Kalachnikov et est décédé avant d’être transféré dans un établissement médical.
  2. Amirhesam Khodayarifard, un jeune homme de 22 ans originaire de Kuhdasht, dans la province du Lorestan, a été tué par balle à bout portant dans la tête lors de manifestations. Après sa mort, les institutions étatiques auraient tenté de le présenter, par le biais des médias, comme un membre du Bassidj. Il était de confession yarsan. (Hengaw)

SYRIE. Rencontre entre les Kurdes et le gouvernement syrien à Damas

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SYRIE / ROJAVA – Une délégation des dirigeants des FDS dirigée par les Kurdes rencontre actuellement des responsables du gouvernement de Damas, la capitale syrienne, pour discuter de l’intégration militaire.
 
La délégation est composée de trois hauts cadres des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi, ainsi que les membres du commandement général Sozdar Derik et Sipan Hamo.

IRAN. Inquiétudes pour la vie de deux prisonniers politiques kurdes

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IRAN / ROJHILAT – Le Réseau des droits de l’homme du Kurdistan a déclaré que deux prisonniers politiques kurdes détenus à la prison d’Urmia sont dans un état critique et se voient refuser des soins médicaux. Dans un récent communiqué, le Réseau des droits de l’homme du Kurdistan (KHRN) a déclaré que deux prisonniers politiques kurdes, Behram Majdifered et Shahin Wesaf, souffrent de multiples problèmes de santé. Le communiqué précise que les deux prisonniers doivent être transférés dans des hôpitaux situés hors de la prison, mais que l’accès aux soins médicaux leur est interdit pour des raisons inconnues. D’après le communiqué, Shahin Wesaf a été admis dans un hôpital d’Urmia il y a environ deux semaines. Les examens ont révélé qu’il nécessitait une intervention chirurgicale au niveau des vertèbres. Cependant, il semblerait que les démarches nécessaires à la poursuite de son traitement n’aient pas été effectuées. Le communiqué précise que Behram Majdifered souffre de fortes douleurs dentaires et de calculs rénaux. Malgré cela, les autorités pénitentiaires auraient empêché le transfert de Majdifered et d’autres détenus vers des hôpitaux extérieurs. Le communiqué rappelle que Shahin Wesaf a été arrêté sans mandat le 21 septembre 2025 à Salmas par les forces du ministère iranien du Renseignement et transféré à la prison d’Urmia. Il a ensuite été condamné à 10 ans et un jour de prison par la deuxième chambre du tribunal révolutionnaire d’Urmia pour « espionnage au profit d’Israël ». Behram Majdifered a été arrêté en juin 2025 dans le village de Rezani, près d’Urmia, une fois de plus sans mandat judiciaire, par le ministère iranien du Renseignement, puis transféré à la prison d’Urmia. Il a été condamné à 11 ans et 11 mois de prison par la 39e chambre de la Cour suprême d’Iran pour « appartenance à des groupes anti-iraniens et participation à de la propagande anti-étatique ». Le Réseau des droits de l’homme du Kurdistan a souligné que l’état de santé des deux prisonniers est urgent, appelant l’administration pénitentiaire et les autorités compétentes à veiller immédiatement à ce que les soins médicaux nécessaires soient prodigués. (ANF)

PJAK : La marche du peuple iranien vers la liberté triomphera grâce à l’unité démocratique

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IRAN / ROJHILAT – Le Parti pour une vie libre au Kurdistan (en kurde : Partiya Jiyana Azad a Kurdistanê – PJAK) a publié un communiqué concernant les manifestations qui ont débuté fin décembre dans le bazar de Téhéran et se sont propagées à travers le pays. Il a souligné que « la marche du peuple iranien pour la liberté réussira dans l’unité démocratique ». Le PJAK a publié une déclaration concernant les manifestations qui se déroulent depuis six jours en Iran et au Rojhilat (Kurdistan oriental). Le PJAK a indiqué que cette nouvelle résistance populaire, qui a débuté le 28 décembre 2025, a été lancée pour condamner les politiques économiques et sociales de la « République islamique d’Iran ». Le communiqué souligne que la République islamique d’Iran divise toutes les communautés du pays depuis près d’un demi-siècle par des politiques d’assassinats, d’intimidation, de répression et de fragmentation, et ajoute : « La République islamique d’Iran tente de se maintenir au pouvoir en provoquant des crises sociales par divers moyens. Depuis près d’un demi-siècle, elle s’efforce de fragmenter la société iranienne par des politiques d’assassinats, d’oppression et de répression, polarisant ainsi la communauté et appauvrissant la population. La République islamique d’Iran est à l’origine des crises économiques que connaît l’Iran, car elle a pillé toutes les richesses du pays, les a utilisées pour la guerre et pour soutenir des groupes radicaux à l’étranger. »  Le PJAK, soulignant que l’unité est la seule voie d’avenir pour le peuple, a déclaré : « Chaque prise de position, chaque lutte et chaque soulèvement populaire permet à toutes les composantes de la société iranienne, soumises à l’oppression et à la persécution dans cet État stagnant et en proie à la crise, de faire entendre leur voix. Il n’y a pas d’autre issue aux crises et à la résolution des problèmes ; la seule voie est l’unité et l’interdépendance. C’est la continuation de la révolution « Jin, Jiyan, Azadî (femme, vie, liberté) ». Plus nous sommes unis, plus notre destin sera lié à une lutte unie et pleine de couleurs. En tant que PJAK, notre philosophie fondamentale est « Jin, Jiyan, Azadî » ; nous sommes divers et soutenons toutes les initiatives démocratiques contre la dictature, en attirant l’attention sur les points suivants : les tentatives de la République islamique pour faire taire les revendications légitimes du peuple seront vaines. Il faut savoir que, grâce à la lutte et à la volonté du peuple, le régime a entendu la voix de la révolution populaire et n’a d’autre choix que de se soumettre aux exigences du peuple. »  La déclaration, qui soulignait que chaque soulèvement et mouvement en Iran s’inscrit dans la continuité de la Révolution « Jin, Jiyan, Azadi », affirmait : « La Révolution « Jin, Jiyan, Azadi » ne limite aucune identité, aucune lutte, ni aucune revendication. Le peuple iranien vit sous l’oppression et la tyrannie depuis un siècle et réclame aujourd’hui ses droits. Chaque lutte contre la dictature est un pas de plus vers la conquête des droits et des libertés. Pour que ce mouvement populaire puisse se poursuivre sainement sur des bases démocratiques, le leadership des femmes et des jeunes doit être primordial. La lutte pour l’émancipation des femmes est la garantie d’une vie libre et la protection des acquis. Les femmes, les étudiants et les étudiantes sont à la fois les leaders et la force de la révolution. Nous croyons que le peuple iranien a embrassé la Révolution « Jin, Jiyan, Azadi » comme son choix ultime pour la démocratie et la liberté. La marche du peuple iranien vers la liberté triomphera dans l’unité démocratique. »

TURQUIE. En 2025, 420 femmes assassinées, 508 autres mortes de façon suspecte

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TURQUIE / KURDISTAN – Selon un récent rapport, en 2025, 420 femmes ont été assassinées et 508 autres sont décédées dans des circonstances suspectes en Turquie, y compris dans les régions kurdes du pays. Le centre de recherche de terrain SAMER a publié son rapport intitulé « Analyse des cas de violence à l’égard des femmes rapportés dans la presse entre le 1er janvier et le 31 décembre 2025 ». Ce rapport indique que durant cette période, 420 femmes ont été assassinées et 508 sont décédées dans des circonstances suspectes. Il recense également 662 femmes ayant subi des violences physiques, 1 089 contraintes à la prostitution, 130 victimes de harcèlement, 25 de viol, 96 de menaces ou d’insultes, et 170 enfants victimes d’abus sexuels. Le rapport comprenait également des données sur la tranche d’âge des victimes et la répartition proportionnelle des cas. Il indiquait que l’âge de 58,3 % des victimes était inconnu, tandis que 12,5 % avaient entre 0 et 17 ans, 4 % entre 18 et 24 ans, 6,3 % entre 25 et 34 ans, 5,9 % entre 35 et 44 ans, 3,7 % entre 45 et 54 ans, 2,7 % entre 55 et 64 ans et 4 % avaient 65 ans ou plus. Le rapport précisait également que les enfants représentaient 2,6 % de ce total. Le rapport contenait également des indices importants concernant le profil des auteurs des violences. Il indiquait que dans 60,1 % des cas, l’auteur était inconnu ; dans 10,1 % des cas, il s’agissait du conjoint ; dans 5,2 % des cas, d’une personne que la victime ne connaissait pas ; dans 3,1 % des cas, d’une personne que la victime connaissait ; dans 2,9 % des cas, d’un membre de la famille ; dans 2,8 % des cas, d’un ex-conjoint ; dans 2,3 % des cas, d’un conjoint en instance de divorce ; dans 2,1 % des cas, d’un ancien amant ; et dans 2,1 % des cas, d’un amant. Istanbul arrive en tête des classements des féminicides et des viols
D’après le rapport, 15 % des meurtres rapportés par la presse ont eu lieu à Istanbul, 6,4 % à Adana et 5,2 % à Izmir. Il indique également que 28 % des viols se sont produits à Istanbul, 8 % à Adana, 8 % à Ankara et 8 % à Eskişehir. Par ailleurs, 26,5 % des cas de maltraitance infantile ont été recensés à Istanbul, 8,8 % à Zonguldak, 7,6 % à Mersin et 7,1 % à Şırnak.

L’Iran a exécuté au moins 1 500 personnes en 2025

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IRAN / ROJHILAT – En 2025, le régime iranien a exécuté au moins 1 500 personnes, dont des centaines de Kurdes. L’Iran a exécuté au moins 1 500 personnes l’an dernier, a déclaré jeudi l’organisation Iran Human Rights, basée en Norvège, qualifiant cette augmentation du recours à la peine capitale de « sans précédent ». « C’est très alarmant », a déclaré Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur du groupe, à propos du bilan provisoire. « C’est sans précédent depuis 35 ans. Depuis la création d’Iran Human Rights, nous n’avons jamais enregistré de tels chiffres. » En 2024, l’Iran a exécuté au moins 975 personnes, selon l’IHR et le groupe français Ensemble contre la peine de mort (ECPM). Bien que l’IHR n’ait pas encore publié son bilan final pour 2025, elle a déclaré avoir vérifié au moins 1 500 personnes tuées, dont plus de 700 ont été exécutées pour des infractions liées à la drogue. Amiry-Moghaddam a déclaré que le nombre d’exécutions avait explosé depuis les manifestations qui ont éclaté en septembre 2022, déclenchées par la mort en détention de Jina Mahsa Amini, une femme kurde arrêtée a Téhéran pour avoir porté un voile non conforme à la charia islamique.  Le nombre d’exécutions est passé de plus de 500 en 2022 à plus de 800 en 2023, puis à 975 en 2024 et à au moins 1 500 l’année dernière, a-t-il déclaré. (ANF)

IRAN. Les forces iraniennes abattent cinq manifestants

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IRAN / ROJHILAT – Les forces iraniennes ont abattu au moins cinq civils, dont un enfant de 15 ans, lors des protestations anti-gouvernementales dans les provinces de Lorestant et du Tchaharmahal-et-Bakhtiari, signale l’ONG kurde Hengaw.  Trois manifestants, dont un adolescent de 15 ans, ont été tués à Azna Au moins trois manifestants, dont un enfant de 15 ans, ont été tués lors de manifestations dans la ville d’Azna, dans la province du Lorestan. À compter du jeudi 1er janvier 2026, l’organisation Hengaw pour les droits de l’homme a vérifié l’identité des personnes tuées et publiera leurs noms ainsi que les images correspondantes dans les prochains jours. Toujours aujourd’hui, les forces de l’État iranien ont ouvert le feu sur des manifestants à Lordegan, dans la province de Chaharmahal et Bakhtiari, tuant au moins deux manifestants identifiés comme Ahmad Jalil, 21 ans, et Sajjad Valamanesh, 28 ans, tous deux originaires de Lordegan. Selon les informations reçues par l’organisation pour les droits humains Hengaw, Jalil et Valamanesh ont été abattus à balles réelles par les forces gouvernementales lors de manifestations publiques le jeudi 1er janvier 2026 et sont décédés plus tard des suites de leurs blessures. Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs quartiers de Lordegan, notamment sur la place de la municipalité et devant le bâtiment du gouvernorat. Les forces de l’ordre de la République islamique d’Iran ont violemment réprimé ces manifestations, faisant notamment usage de gaz lacrymogène et de munitions réelles. L’agence de presse Fars, affiliée à l’État, a confirmé la mort de deux personnes lors des manifestations, sans toutefois révéler leur identité ni fournir de détails sur les circonstances de leur décès. (Hengaw)  Image d’archive