IRAN. Au moins 80 prisonniers exécutés en mai, dont 17 prisonniers politiques

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IRAN / ROJHILAT – Au moins 80 prisonniers ont été exécutés dans les prisons iraniennes au cours du mois de mai 2026, dont 17 prisonniers politiques, selon un rapport de l’ONG kurde Hengaw.

Ce chiffre représente une baisse significative de 83 exécutions par rapport à mai 2025, où 163 exécutions avaient été recensées, soit une diminution d’environ 51 %.

Hengaw a pu vérifier l’identité de 76 des personnes exécutées, tandis que celle de quatre autres reste inconnue. Parmi elles figurait une femme, Esma Zarei, 28 ans, originaire de Parsabad, exécutée à la prison centrale d’Ardabil pour meurtre.

Seules 15 exécutions (19 %) ont été officiellement annoncées par les médias d’État ou le pouvoir judiciaire iranien. Par ailleurs, au moins 19 prisonniers ont été exécutés en secret, sans que leurs familles soient informées ni qu’elles puissent leur rendre un dernier hommage.

17 prisonniers politiques exécutés

Parmi les 80 exécutions, au moins 17 concernaient des prisonniers politiques. Ce groupe inclut quatre Kurdes et deux ressortissants étrangers, condamnés notamment pour « moharebeh » (guerre contre Dieu) ou pour espionnage au profit d’Israël.

Exécutions selon l’origine ethnique ou nationale :

• Prisonniers persans : 26 cas (32,5 %) • Prisonniers kurdes : 17 cas • Prisonniers baloutches : 12 cas • Prisonniers turcs : 8 cas • Prisonniers gilak et mazani : 4 cas • Prisonniers lor : 2 cas • Ressortissants irakiens : 2 cas • Ressortissants afghans : 2 cas • Nationalité non confirmée : 7 cas

Appel à intensifier la lutte contre l’écocide

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KURDISTAN – À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, le 5 juin, le Comité d’écologie de l’organisation kurde KCK a lancé un appel à la résistance contre la destruction de l’environnement et le pillage des ressources naturelles, tant au Kurdistan que partout dans le monde. L’organisation considère la crise écologique comme le résultat direct de la guerre, du capitalisme et de la domination étatique.

Dans un communiqué publié ce vendredi, l’Union des communautés du Kurdistan (KCK) déclare :

« Alors que les États et les mouvements écologistes qui leur sont affiliés réduisent cette journée à des événements symboliques comme la “Journée de l’environnement”, les mouvements écologistes anti-étatiques et anti-pouvoir doivent en faire une journée de lutte contre le système capitaliste qui l’a instituée et contre les politiques des États-nations au service de la rente et de l’exploitation.

Il ne suffit plus de dénoncer les conséquences de la destruction écologique. Nous devons nous attaquer aux causes et aux véritables responsables. S’isoler du monde sous prétexte de “rompre avec le système”, en s’installant dans un village pour pratiquer l’agriculture et l’élevage, ne constitue pas une solution. Si nous ne combattons pas la mentalité et les systèmes engendrés par le capitalisme, les problèmes écologiques ne feront que s’aggraver.

L’ampleur de la crise écologique montre que la lutte pour l’environnement n’est plus un choix, mais une nécessité vitale. Nous devons unir nos forces contre ceux qui pillent la nature et la vie, car nous périrons avec elle si nous restons passifs. Cet écocide ne pourra être stoppé par de simples manifestations symboliques une fois par an. Seule une lutte globale et continue pourra contrer l’assaut de la modernité capitaliste et des puissances étatiques contre la nature et la société. »

Le KCK rappelle que, en raison de la guerre menée depuis cinquante ans, le Kurdistan est devenu une véritable zone de génocide écologique. D’Afrin à Behdinan, de Botan à Serhat et Rojhilat, les massacres écologiques s’inscrivent dans la continuité de l’anéantissement physique et culturel du peuple kurde. Forêts rasées, villages submergés par des barrages, milliers de mines et de centrales électriques, politiques anti-agricoles : tout cela a détruit les moyens de subsistance, provoquant pauvreté, exode et dépeuplement.

L’organisation souligne enfin que le processus de paix et de société démocratique initié par Rebêr Apo vise à construire une nation démocratique, écologique et fondée sur l’émancipation des femmes. Elle appelle à ne pas laisser ce processus être détourné au profit de l’exploitation et du profit.

« Chaque forêt rasée, chaque terre et chaque ressource en eau accaparée, chaque barrage, centrale électrique ou mine doit devenir un champ de bataille pour défendre notre droit à la vie. Nous devons résister fermement partout et créer des alternatives. »

#IRANWAR. Les Kurdes victimes de la propagande mensongère

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KURDISTAN – Les Kurdes dénoncent fermement les fake news propagées ces derniers jours affirmant que les États-Unis ou Israël leur auraient livré des armes pour combattre l’Iran.
 
Ni Washington ni Tel-Aviv n’ont fourni d’armement aux forces kurdes dans ce cadre. Ces rumeurs mensongères visent clairement à entraîner le peuple kurde dans une guerre Iran-USA-Israël qui ne le concerne pas.
 
Déjà premières victimes d’un conflit régional dont ils ne veulent pas, les Kurdes refusent d’être instrumentalisés comme chair à canon dans une guerre qui n’est pas la leur.
 
Le militant kurde Scharo Bajalan dénonce les nouvelles fake news faisant état d’un envoi d’armes israéliennes aux Kurdes. Il écrit :
 
 
 

« Israël n’a pas envoyé d’armes saisies au Hezbollah et/ou au Hamas aux Peshmergas du Kurdistan.

Aucun rapport crédible ne vient étayer cette affirmation, et toutes les sources fiables l’ont démentie.

Cette histoire peut tromper un public qui n’a aucun lien réel avec le Kurdistan, hormis la lecture d’articles sur X. Mais pour nous, le Kurdistan est notre patrie et les Peshmergas sont nos frères et nos fils. Je vous garantis qu’aucun arrivage significatif d’armes ne passe inaperçu.

Au mieux, il s’agit de quelques lunettes de visée et de munitions, en quantités trop faibles pour être mentionnées. Si c’était important, nous l’aurions forcément remarqué.

Nous vous demandons de cesser d’essayer de nous entraîner dans le chaos que vous avez vous-mêmes créé. Nous n’avons pas les capacités militaires suffisantes pour nous protéger d’une menace contre laquelle vous n’avez pas su vous défendre. »

TURQUIE. Surveillance intrusive des villages kurdes

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TURQUIE / KURDISTAN – Les villageois de la province d’Amed (Diyarbakır) dénoncent la poursuite d’une surveillance massive qui viole leur droit à la vie privée. Malgré le processus de dialogue lancé suite à l’appel historique d’Abdullah Öcalan le 27 février, les caméras installées sous prétexte de « sécurité » continuent de scruter leur quotidien.

Alors que le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a annoncé son intention de déposer les armes et de se dissoudre, et qu’une commission parlementaire a été mise en place pour explorer des solutions constitutionnelles, les violations des droits humains perdurent au Kurdistan au nom de la « sécurité ».

Des caméras omniprésentes dans la vie quotidienne

Bien avant le début du processus actuel, des caméras de surveillance et des pièges photographiques ont été installés dans de nombreux villages kurdes, particulièrement dans les zones montagneuses et rurales. Ces dispositifs, souvent placés à l’entrée des villages, sur les poteaux électriques ou directement dans les jardins privés, n’ont jamais été retirés malgré les protestations répétées des habitants.

Pire encore, de nouvelles caméras continuent d’être déployées. Ces derniers jours encore, dans les villages montagneux de Licê (Lice) et Pasur (Kulp), des équipes arrivant en véhicules civils ont procédé à de nouveaux installations, ignorant les objections des villageois.

Un habitant de Licê témoigne :

« Il y a quelques jours, j’ai vu un véhicule s’arrêter près du village. Ils m’ont salué et m’ont dit que si j’avais un problème, je pouvais venir les voir. Dès que je suis parti, ils ont recommencé à installer les caméras. »

Une atteinte systématique à la vie privée

Ces caméras surplombent les maisons, les jardins et les espaces de vie. Selon les villageois, elles ont souvent été installées sans même informer les muhtars (responsables de village). Lorsque des caméras sont endommagées, des amendes sont systématiquement infligées, notamment dans la région de Licê. Les bergers sont régulièrement accusés d’avoir abîmé les pièges photographiques.

Si la pression sécuritaire a diminué ces derniers mois avec l’ouverture du dialogue, les habitants insistent : cette surveillance permanente reste inacceptable.

« La pression a baissé pendant ce processus, mais nous voulons que ça s’arrête complètement, déclare un villageois. Nous voulons nous sentir en sécurité dans nos propres maisons et villages. Nous ne voulons pas être filmés 24 heures sur 24. Les caméras doivent être retirées. »

« La Turquie instrumentalise la question kurde à des fins politiques »

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KURDISTAN – Un universitaire égyptien spécialiste des affaires kurdes et du Moyen-Orient critique l’instrumentalisation politique de la question kurde par Ankara.

Face aux difficultés politiques et économiques que traverse la Turquie, les doutes s’intensifient sur la sincérité du processus de paix avec les Kurdes et sur sa possible instrumentalisation à des fins électorales et tactiques.

Mahmoud Zayed, universitaire à l’Université du Caire et spécialiste reconnu des questions kurdes et moyen-orientales, estime que la Turquie traite la question kurde de manière pragmatique et opportuniste, plutôt que comme un enjeu de droits fondamentaux et de réforme structurelle de l’État. Selon lui, Ankara utilise le dialogue et le processus de paix comme un levier dans ses calculs politiques internes, notamment pour préparer d’éventuels amendements constitutionnels et maximiser ses chances électorales.

« Le gouvernement turc et l’AKP considèrent le processus de paix initié par Abdullah Öcalan soit comme une manœuvre tactique, soit comme une nécessité stratégique temporaire », affirme Mahmoud Zayed. Il souligne que le vote kurde pourrait s’avérer décisif lors de prochaines échéances électorales ou d’un référendum constitutionnel, poussant le pouvoir à chercher à neutraliser ou à séduire une partie de l’opinion kurde, notamment via les initiatives de Devlet Bahçeli.

Une approche sécuritaire dominante

Le chercheur critique vivement la politique de l’AKP, qui oscille selon lui entre ouvertures tactiques et répression sécuritaire. Il dénonce notamment la destitution répétée des maires élus dans les municipalités kurdes, les poursuites judiciaires massives contre des responsables et journalistes kurdes sur la base d’accusations de « terrorisme » souvent jugées vagues, ainsi que le retard dans la mise en œuvre de mesures concrètes en réponse à l’initiative d’Öcalan.

« Le gouvernement ne propose aucune réforme législative ou constitutionnelle sérieuse garantissant les droits culturels, linguistiques et identitaires des Kurdes, ni de véritable avancée vers la décentralisation. Il s’agit avant tout de désarmer les acteurs kurdes armés pour assurer la stabilité sécuritaire, sans transformation structurelle de l’État centralisé », explique-t-il.

Crise interne et politique régionale

Mahmoud Zayed met en garde contre l’impact des crises économiques et politiques intérieures, qui poussent le pouvoir à durcir sa rhétorique nationaliste et à instrumentaliser les menaces sécuritaires pour détourner l’attention de l’opinion publique. Il considère notamment la politique turque au Rojava (nord-est de la Syrie) comme un prolongement direct de ses calculs internes : « Le Rojava sert souvent de bouc émissaire sur lequel le gouvernement projette ses échecs ou comme caisse de résonance pour ses conflits intérieurs. »

Chaque fois que la situation intérieure se dégrade, Ankara aurait tendance à exporter la crise via des opérations militaires ou des menaces dans le nord de la Syrie, sous couvert de « zone de sécurité » et de lutte contre le PKK.

Trois scénarios pour l’avenir

Face à cette dynamique, Mahmoud Zayed esquisse trois scénarios possibles :

Maintien de l’impasse : Le processus de paix reste gelé, sans véritable avancée législative ni rupture totale. La situation est gérée au coup par coup.

Retour à l’escalade : En cas de frustration kurde face à l’absence de réformes ou si le pouvoir estime ne plus tirer bénéfice électoral du dossier, un retour à la confrontation sécuritaire, interne et externe, devient probable.

Accord constitutionnel global (scénario optimiste mais peu probable) : Il supposerait des réformes législatives concrètes, la reconnaissance de droits culturels, l’intégration des combattants désarmés et un soutien kurde aux amendements constitutionnels voulus par le pouvoir. Ce scénario se heurte cependant à la forte opposition nationaliste au sein de la coalition gouvernementale et à une profonde crise de confiance.

Le spécialiste conclut que la question kurde reste étroitement liée aux grands bouleversements régionaux en cours au Moyen-Orient. Son règlement durable dépendra de la capacité des acteurs kurdes à peser dans le nouvel ordre régional, mais aussi de la volonté réelle d’Ankara d’aller au-delà d’une simple gestion tactique et sécuritaire du dossier.

Mahmoud Zayed, universitaire égyptien, spécialiste des affaires kurdes et du Moyen-Orient

Le Festival des Films Kurdes de Paris revient pour sa 5ᵉ édition

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CINÉMA – Du lundi 29 juin au jeudi 2 juillet 2026, le Festival des Films Kurdes de Paris (FFKP) posera ses valises au cœur du quartier Beaubourg pour une nouvelle édition placée sous le signe de la richesse culturelle et artistique kurde.

Installé au Centre Wallonie-Bruxelles (46 rue Quincampoix, 75004 Paris), ce rendez-vous incontournable du cinéma kurde proposera une programmation variée mêlant longs et courts métrages, documentaires, fictions et films d’animation. Une belle occasion de découvrir ou redécouvrir les regards singuliers des cinéastes kurdes du Kurdistan et de la diaspora sur leur histoire, leurs identités et leurs imaginaires.

Cérémonie d’ouverture le lundi 29 juin à 19h

La soirée d’ouverture mettra à l’honneur le long-métrage « My Uncle Jens » du réalisateur Brwa Vahabpour, suivi d’un débat en sa présence.

Synopsis :

Akam, jeune professeur de littérature, mène une vie confortable à Oslo jusqu’au jour où son oncle éloigné, originaire de la partie iranienne du Kurdistan, débarque à l’improviste. Malgré l’exiguïté de l’appartement qu’il partage avec des amis, Akam se sent dans l’obligation de l’héberger quelques jours. Mais les jours passent, et l’oncle, qui ne parle pas la langue et s’impose de plus en plus, ne montre aucun signe de vouloir partir. Akam commence à soupçonner que cette visite cache quelque chose, instaurant une tension croissante entre eux et déclenchant des événements imprévus aux conséquences potentiellement graves.

Le Festival des Films Kurdes de Paris continue d’affirmer sa place comme une vitrine essentielle de la création cinématographique kurde contemporaine en Europe, offrant au public parisien des œuvres souvent méconnues et porteuses de récits puissants.

Plus d’informations et programme complet à venir sur les réseaux sociaux du festival.

Tarifs

Plein tarif : 5 €

Tarif réduit : 3 €

Tout public.

ADRESSE : Centre Wallonie-Bruxelles

46 rue Quincampoix – 75004 Paris

ROJAVA. Un chef de village tué dans la campagne d’Afrin

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SYRIE / ROJAVA – Les Kurdes d’Afrin continuent à être victimes de crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par des gangs pro-Turquie installés dans la région depuis mars 2018.

Le mukhtar du village de Deir Sawan, dans le district de Sharan (campagne d’Afrin), a été assassiné mercredi. Wahid Abu Bakr Sheikh Saleh, connu sous le nom d’« Abu Bakr Brazi », a été tué par des hommes armés non identifiés.

Selon des sources locales, des individus à moto ont ouvert le feu sur lui alors qu’il se trouvait sur la place du village. Touché par plusieurs balles, il a été transféré en urgence vers un hôpital d’Azaz, où il a succombé à ses blessures peu après son arrivée.

Ce meurtre intervient dans un contexte de forte insécurité à Afrin (Efrin) depuis la prise de contrôle de la région par les forces turques et leurs alliés en mars 2018. De nombreuses exactions, dont des assassinats ciblés, des enlèvements et des expropriations, ont été documentées à l’encontre des habitants kurdes restés sur place, dans un contexte de profondes transformations démographiques de la région.

IRAN. Un manifestant exécuté à Hamedan

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IRAN – Les autorités iraniennes ont exécuté Fathollah Avary, un prisonnier arrêté lors des manifestations de janvier 2026, à l’aube du mardi 2 juin 2026 à la prison centrale de Hamedan. Les ONG dénoncent des aveux extorqués sous la torture.

Selon l’ONG kurde Hengaw, Avary avait été condamné à mort pour moharebeh « guerre contre Dieu ». Il était accusé d’avoir tué un membre des forces de sécurité, Mohammad Javad Bakhshian, lors des manifestations survenues le 8 janvier 2026 à Hamedan.

L’agence de presse Mizan, organe officiel du pouvoir judiciaire iranien, a confirmé l’exécution mercredi dans un communiqué. Elle affirme que les enquêteurs ont retrouvé l’arme du crime présumée ainsi que des vêtements correspondant aux images de vidéosurveillance lors d’une perquisition au domicile d’Avary. Le communiqué indique également qu’Avary a avoué les faits lors de son interrogatoire.

Inquiétudes sur la torture et les aveux forcés

Hengaw dénonce régulièrement les conditions de traitement des détenus politiques et des personnes arrêtées lors des manifestations en Iran. L’organisation évoque des cas fréquents de torture et de coercition dans les centres de détention pour obtenir des aveux, le refus d’accès à un avocat indépendant et l’absence de garanties d’un procès équitable.

« Le recours à la peine de mort dans les affaires liées aux manifestations constitue une violation du droit à la vie et un instrument de répression politique », a déclaré Hengaw dans un communiqué, condamnant fermement cette exécution.

Les autorités iraniennes utilisent souvent des chefs d’accusation très larges liés à la « sécurité nationale » et une rhétorique accusatrice pour justifier des peines sévères, y compris la peine capitale, à l’encontre de manifestants.

ALLEMAGNE. La police censure une affiche des YPJ à Hambourg

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ALLEMAGNE – Une grande affiche de soutien à la campagne « Nous sommes tous YPJ » a été recouverte de peinture par la police dans le quartier de Schanzenviertel. L’action, qui visait le mur du centre autonome Rote Flora, a provoqué la colère des militantes kurdes, d’autant plus que ni les YPJ ni les YPG ne sont interdits en Allemagne.

L’affiche avait été apposée dimanche, à l’occasion de la journée internationale d’action en soutien à la campagne « Nous sommes tous des YPJ ». Cette dernière réclame l’intégration des Unités de protection des femmes (YPJ) au sein du ministère syrien de la Défense.

Dans de nombreuses villes d’Europe et au-delà, des rassemblements, débats et actions symboliques ont eu lieu ce week-end pour saluer le rôle des YPJ dans la défense de la révolution des femmes au Rojava (nord-est de la Syrie). À Hambourg, l’Alliance pour le Kurdistan a décoré le mur du Rote Flora en signe de solidarité, affirmant vouloir attirer l’attention sur les menaces qui pèsent sur les acquis démocratiques et féministes de la région.

« Nous avons une dette envers les YPJ »

Mercredi matin, les militantes du conseil des femmes kurdes de Hambourg, Rojbîn, ont découvert l’affiche entièrement recouverte de peinture. Elles ont exprimé leur indignation auprès de l’agence de presse kurde ANF.

« Nous condamnons fermement l’intervention de la police de Hambourg. Nous sommes tous des YPJ. Cette censure est incompréhensible », a déclaré une porte-parole, qui a comparé l’action policière à l’attitude des groupes islamistes en Syrie à l’égard des unités de défense des femmes.

« Nous avons une dette infinie envers les YPJ pour leur combat contre Daech et pour la défense des droits des femmes », a-t-elle ajouté.

Une pratique contestée à Hambourg

Ni les YPJ ni les YPG ne figurent sur la liste des organisations interdites en Allemagne. Pourtant, à Hambourg, la police intervient régulièrement contre l’affichage de symboles liés à ces groupes, contrairement à la pratique observée dans la plupart des autres Länder.

Selon les informations recueillies par l’ANF, les procédures pénales ouvertes dans ce cadre se soldent systématiquement par un non-lieu du parquet. Ces interventions reposeraient sur une directive interne du parquet général de Hambourg, dont le contenu resterait inaccessible, y compris aux avocats des personnes concernées.

Face à cette opacité, plusieurs militants ont saisi le tribunal administratif de Hambourg.

TURQUIE. Élevage en péril, terres dévastées : double peine des villageois kurdes

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TURQUIE / KURDISTAN – Enver Narinç, éleveur kurde du village de Demirli (Temiran) à Pasur (Kulp), alerte sur la survie de son activité et de sa communauté. Hausse vertigineuse des coûts et projets d’exploration pétrolière et minière menacent à la fois ses moyens de subsistance et l’environnement dans lequel il vit depuis trente ans.

La crise économique qui frappe le Kurdistan s’aggrave continuellement, touchant désormais durement les zones rurales. Dans les villages de la région d’Amed (Diyarbakır), où l’agriculture est limitée par le relief montagneux, l’élevage constitue souvent la seule source de revenus. Mais l’envolée des prix des aliments du bétail et la destruction écologique progressive mettent les éleveurs au bord du gouffre.

Enver Narinç, qui a commencé avec un seul animal il y a près de trente ans, témoigne :

« L’élevage est désormais ma seule source de revenus. J’ai élevé tous mes enfants grâce à ce travail. »

Aujourd’hui, la productivité de son troupeau a chuté sous l’effet conjugué de la crise économique et de la dégradation environnementale. Le prix de la paille a explosé : une botte qui coûtait 1 000 lires se vend désormais jusqu’à 5 000 lires. Résultat, une grande partie des revenus générés par les animaux sert uniquement à les nourrir.

Exploration pétrolière et destruction écologique

Depuis l’année dernière, la Turkish Petroleum International Company (TPIC), filiale de TPAO, mène des opérations d’exploration intensive dans la région. À Pasur, des milliers d’arbres ont déjà été abattus, des routes ouvertes dans les montagnes et des explosifs utilisés pour sonder le sous-sol. Bien que l’extraction à grande échelle n’ait pas encore commencé, les habitants craignent une destruction irréversible des pâturages et de l’écosystème local.

« Outre la crise économique, nos animaux et nos terres sont maintenant directement menacés, explique Narinç. Des milliers d’arbres ont été coupés pour l’exploration pétrolière. Si du pétrole est découvert, ce sera encore pire. »

Le barrage de Silvan, en construction à proximité, accentue encore la pression sur la région.

Une demande concrète

Face à cette double menace, Enver Narinç et de nombreux villageois refusent la destruction de leur environnement et appellent à des projets réellement bénéfiques :

« Nous ne voulons pas de ces projets qui nous privent de tout. La moitié des habitants vivent de l’élevage. Ce dont nous avons besoin, c’est d’une usine de transformation laitière dans le district. Cela permettrait de donner une valeur ajoutée à notre production et d’assurer la survie de notre activité. » (ANF)