IRAN. Un Kurde abattu par les gardes-frontières à Baneh

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IRAN / ROJHILAT – Motalleb Kheybari, un Kurde de 38 ans originaire de Baneh, a été tué d’une balle dans la tête à bout portant, jeudi 11 juin 2026, par les gardes-frontières iraniens.

Le père de deux enfants se trouvait dans la zone frontalière de Choman, près du village de Bardeh Rash, pour récolter la sève sucrée des arbres des monts Zagros. Selon le Réseau des droits de l’homme du Kurdistan (KHRN), les gardes-frontières lui ont tiré dessus sans aucun avertissement préalable.

Kheybari est mort sur le coup. Son corps a été transféré à l’hôpital Salahaddin Ayoubi de Baneh.

SYRIE. Des gangs de Damas volent une famille kurde et kidnappent leurs enfants

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SYRIE / ROJAVA – Il y a deux jours, des forces affiliées au régime de Damas ont enlevé une famille kurde originaire de Kobané, à Alep.

Selon les témoignages recueillis, les assaillants, à bord de deux véhicules armés, ont intercepté la voiture de la famille près du rond-point surnommé « Rond-point de la Mort ». Ils ont dérobé l’argent présent dans le véhicule avant d’enlever la mère, la grand-mère et les deux enfants.

Après plusieurs heures de détention, les ravisseurs ont libéré les deux femmes, après leur avoir déchiré leurs vêtements, les avoir filmées et les avoir menacées de diffuser les images si elles ne payaient pas la somme de 100 000 dollars. Ils ont également menacé de tuer les deux enfants en cas de non-paiement de la rançon.

Les familles des victimes ont alerté la Sûreté générale ainsi que l’Asayish (forces de sécurité kurdes). Ces dernières ont prétendu être dans l’incapacité de photographier les plaques d’immatriculation des véhicules des ravisseurs. (Via Baz Ararat)

Un romancier kurde reçoit le titre « Témoin de notre temps » au Prix Hemingway

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ITALIE – Le romancier kurde Burhan Sönmez, président international de PEN, a reçu le prestigieux titre de « Témoin de notre temps » (Witness of Our Time)  lors de la 42e édition du Premio Hemingway (Prix Hemingway) en Italie.

Le jury a salué son engagement à donner une voix aux persécutés, aux exilés et aux réduits au silence, ainsi que sa capacité à transformer la littérature en un puissant acte de témoignage civil, qui transcende les frontières et les générations.

Sönmez, dont l’œuvre explore les thèmes de la mémoire, de l’identité, de la dignité humaine et de la liberté, recevra cette distinction le 27 juin à Lignano Sabbiadoro, en Italie.

Une avocate kurde décorée de l’Ordre du Mérite néo-zélandais

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NOUVELLE – ZELANDE – Reez Gardi, avocate d’origine kurde et conseillère auprès du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), a été nommée à l’Ordre du Mérite de Nouvelle-Zélande, l’une des plus hautes distinctions civiles du pays.

Cette reconnaissance récompense son engagement exceptionnel en faveur des droits des réfugiés, des communautés vulnérables et de la promotion de la justice et des droits de l’homme, tant au niveau national qu’international.

Arrivée en Nouvelle-Zélande comme réfugiée avec sa famille, Reez Gardi a accompli un parcours remarquable. Après des études brillantes, elle s’est imposée comme l’une des voix les plus influentes de la défense des droits des réfugiés et de l’action humanitaire dans le pays.

Lors de la cérémonie de remise de la distinction, elle portait une tenue traditionnelle kurde, symbole fort de sa fierté culturelle et de son attachement à ses racines. Un moment chargé d’émotion qui a marqué les esprits.

L’Ordre du Mérite de Nouvelle-Zélande, créé en 1996, distingue les personnes ayant rendu des services exceptionnels à la Nouvelle-Zélande ou à l’humanité dans des domaines civils ou militaires. Cette décoration vient souligner l’apport précieux de Reez Gardi à la société néo-zélandaise et à la cause humanitaire mondiale.

Başûr : la nouvelle cible après le Rojava

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KURDISTAN – La journaliste kurde Niyaz Abdullah met en garde contre l’aggravation des pressions sur le Kurdistan du Sud (Başûr). Selon elle, les nouveaux équilibres géopolitiques au Moyen-Orient, après les événements du Rojava, placent désormais le Kurdistan irakien (Bashur) au cœur des menaces régionales.

« Les développements régionaux et les équilibres imposés par les puissances mondiales et régionales affectent en premier lieu les Kurdes », a-t-elle déclaré. Elle souligne que, parallèlement aux crises externes, le Kurdistan du Sud fait face à de graves problèmes internes : crises politiques, économiques et administratives, exacerbées par des années de rivalités partisanes, de corruption et de mauvaise gouvernance.

Niyaz Abdullah critique vivement la priorité accordée aux intérêts partisans au détriment de l’intérêt national. Elle rappelle que les divisions internes, notamment depuis le référendum d’indépendance de 2017, ont affaibli la position du Kurdistan face à Bagdad et facilité les ingérences turques et iraniennes. Près de deux ans après les élections, l’absence de gouvernement formé accentue cette vulnérabilité et érode la confiance de la population.

Malgré ces difficultés, la journaliste estime que le Kurdistan du Sud dispose encore d’atouts importants : son expérience politique, ses institutions, son soutien populaire et ses relations internationales. Elle appelle le PDK, l’UPK et toutes les forces politiques à faire preuve de responsabilité nationale, à mettre de côté leurs calculs étroits et à élaborer une stratégie commune.

« Il est urgent de renforcer l’unité nationale, d’améliorer les relations avec Bagdad, de garantir des élections transparentes et de protéger les acquis du peuple kurde », a insisté Niyaz Abdullah. Sans un sursaut responsable, prévient-elle, le Kurdistan du Sud risque de devenir encore plus vulnérable aux pressions extérieures. (ANF)

ROJAVA. Torture des Kurdes arrêtés dans la campagne de Kobanê

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SYRIE / ROJAVA – Les autorités de Damas et les mercenaires de la Turquie ont libéré un jeune Kurde du village d’Ashmê, dans la campagne ouest de Kobanê.

Selon son témoignage, tous les détenus kurdes sont soumis à des tortures physiques et psychologiques sévères et systématiques.

Rappel important : cette libération intervient après l’attaque menée conjointement le 11 juin dernier par des « tribus » arabes, les mercenaires de la Turquie et les forces de la Sûreté générale du régime de Damas contre le village d’Ashmê, dans la région de Kobanê. Lors de cette opération, au moins 13 personnes, dont de nombreux jeunes, ont été arrêtées.

De plus, une intensification des mouvements et des renforts des factions sous commandement turc al Hamzat et al Amshat est observée depuis hier soir dans les secteurs de Qerekozak et Jalabiya. Damas prépare le terrain pour une intervention dans la région en incitant les tribus arabes contre les zones kurdes, signale un militant kurde.

La région de Kobanê, symbole de la résistance kurde, reste particulièrement dans le viseur de la Turquie et de ses proxies, qui multiplient les opérations de déstabilisation et les raids avec la complicité des autorités de Damas.

ALLEMAGNE. « Caravane des Mères » en solidarité avec le Rojava

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ALLEMAGNE – Des femmes ont lancé la « Caravane des Mères », une action solidaire pour exprimer leur soutien au Rojava et amplifier les appels à la paix.

Deux caravanes partiront ce samedi 13 juin de Heilbronn et de Hambourg. Après une semaine d’étapes et de manifestations, elles convergeront à Berlin le 20 juin pour un grand rassemblement de solidarité.

Monica Bunes, mère de cinq enfants et grand-mère de quatre, figure parmi les organisatrices. Elle souligne que les mères ont un rôle essentiel à jouer dans la défense de la vie et la construction de la paix : « Les femmes doivent faire entendre leur voix plus fortement face à la guerre. »

Inspirées par le modèle d’administration autonome du Rojava, où les femmes occupent une place centrale et où coexistent pacifiquement différents peuples et religions, les organisatrices ont également puisé dans l’expérience de la caravane de jeunes allemands lors du siège de la ville kurde de Kobanê, ainsi que dans les mouvements de mères en Argentine, au Mexique et en Turquie.

Au programme : rencontres, rassemblements et actions de solidarité dans plusieurs villes allemandes. L’objectif est de toucher un public large, au-delà des cercles militants, et de renforcer la solidarité avec le peuple kurde et la lutte pour la liberté des femmes. (ANF)

IRAN. Un artiste kurde condamné à six ans de prison et à 80 coups de fouet

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IRAN / ROJHILAT – Mehdi Pakmehr, artiste et chanteur kurde originaire de Bojnurd et l’un des blessés lors des manifestations de janvier, a été condamné par le pouvoir judiciaire iranien à un total de six ans de prison et à 80 coups de fouet. D’après les informations recueillies par l’organisation pour les droits humains Hengaw, Pakmehr a récemment été condamné dans deux affaires distinctes, l’une devant le tribunal révolutionnaire et l’autre devant le tribunal correctionnel de Bojnurd. Outre une peine cumulée de six ans de prison et 80 coups de fouet, les autorités judiciaires ont refusé de lui remettre une copie écrite des verdicts, en violation des droits de la défense. Selon des sources proches du dossier, le tribunal correctionnel de Bojnurd a condamné Pakmehr à une peine d’emprisonnement et à 80 coups de fouet, tandis que le tribunal révolutionnaire a prononcé une peine supplémentaire. Le total des peines s’élève à six ans d’emprisonnement avec sursis. Pakmehr, âgé de 41 ans, a été blessé à la jambe par des plombs de fusil de chasse tirés directement par les forces de sécurité lors des manifestations de janvier 2026. Il a été arrêté le 8 janvier 2026, dans le cadre d’une vague d’arrestations visant les manifestants à Bojnurd. Plusieurs employés de son café ont été interpellés en même temps que lui. Malgré ses blessures, il a passé près de deux mois à la prison centrale de Bojnurd dans des conditions de détention difficiles. Figure culturelle et artistique bien connue à Bojnurd, Pakmehr avait déjà été arrêté en 2024 et condamné à six mois de prison. Il avait également été arrêté en juin 2017 suite à la sortie de sa chanson « Biji Kurdistan » (Vive le Kurdistan). D’après les informations disponibles, l’affaire était liée aux références faites dans la chanson au Kurdistan, aux Peshmergas et au drapeau kurde.

KURDISTAN. Festival culturel de Zakho : symbole de la résilience kurde

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KURDISTAN – La ville historique de Zakho a accueilli, les 10 et 11 juin 2026, la quatrième édition du Festival de costumes kurdes (en kurde Festîvala Şalûşepik û Cilûbergên Kurdî), devenu l’un des rendez-vous culturels les plus importants de la région du Kurdistan.

Organisé autour du vêtement traditionnel emblématique Şal u Şepik (écharpe et pantalon tissés en poil de chèvre), le festival a mis à l’honneur l’héritage matériel et immatériel kurde à travers des activités variées : marché folklorique, performances artistiques, panels académiques et défilés de vêtements traditionnels kurdes.

Une ouverture prestigieuse

L’édition 2026 a été inaugurée en présence du Président Masoud Barzani, soulignant l’importance symbolique de cet événement pour la préservation de l’identité kurde. Des milliers de participants, venus des quatre parties du Kurdistan (sous l’occupation d’Irak, Turquie, Iran et Syrie) ainsi que de la diaspora, ont rempli les lieux de festivités, notamment autour du célèbre pont Dalal, où un grand marché folklorique a été installé.

Un programme riche et diversifié

Durant deux jours, le festival a proposé : Des dengbêjs (chanteurs traditionnels) représentant les différentes régions du Kurdistan. Des spectacles de groupes folkloriques internationaux, dont des ensembles venus d’Arménie et du Nigeria. Un défilé de mode réunissant une quarantaine de jeunes portant fièrement les tenues Şal u Şepik et d’autres costumes traditionnels kurdes. Des sessions académiques et panels de discussion à l’Université de Zakho, axés sur l’histoire, la fabrication et la transmission de cet artisanat ancestral. Des concerts et performances artistiques, avec notamment la participation attendue de l’artiste Hozan Dino pour la clôture.

Le festival a également insisté sur le dialogue interculturel, en invitant des artisans, chercheurs et artistes de différentes origines à échanger autour du rôle du vêtement traditionnel dans l’identité collective.

Un symbole de résilience culturelle

Les vêtements Şal û Şepik, confectionnés avec un tissu robuste fabriqué avec des poils de chèvre, représentent bien plus qu’un simple habit : ils incarnent la vie pastorale, la résistance et l’histoire du peuple kurde. En organisant ce festival annuel, les autorités locales et les organisateurs souhaitent sensibiliser les nouvelles générations à cet héritage tout en le faisant découvrir au monde extérieur.

La quatrième édition a été particulièrement réussie, tant par l’affluence que par la qualité des activités. Elle confirme la place grandissante de Zakho sur la carte culturelle du Kurdistan.

Zakho, ville connue pour son riche patrimoine historique (ponts ottomans, églises anciennes, marchés traditionnels), renforce ainsi son rôle de gardienne de la culture kurde vivante.

Le succès du 4e Festival Şal u Şepik témoigne de la vitalité d’une culture qui, malgré les épreuves historiques, continue de rayonner avec fierté et créativité.

TURQUIE. L’armée turque attaque des éleveurs kurdes près d’Elkê

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TURQUIE / KURDISTAN – Des soldats turcs et des gardes de village ont violemment expulsé des éleveurs kurdes qui faisaient paître leurs troupeaux sur des plateaux qu’ils avaient loués près du village de Çemhaskê, dans le district d’Elkê (Beytüşşebap), province de Şirnak.

Les éleveurs pastoraux (koçers) avaient conclu un contrat de location en bonne et due forme, enregistré chez un notaire, avec les habitants du village. Malgré cela, Kokel Özdemir, un garde de village à la retraite, s’est opposé à cette location. Soutenu par des soldats du poste militaire de Boğaz Ören, il a procédé à l’expulsion forcée des koçers (éleveurs pastoraux).

Lors de l’intervention, Fahri Özdemir, fils de Kokel et garde de village en activité, ainsi qu’İbrahim Türkoğlu, commandant du poste de Boğaz Ören, ont agressé les nomades. Un berger a été roué de coups. Les soldats ont également menacé les éleveurs qui filmaient la scène avec leurs téléphones portables.

Face à ces agissements, les nomades ont déclaré aux forces de sécurité :

« Vous agissez sur ordre de l’agha, vous violez la loi. Nous vous filmons et nous porterons plainte. »

Les éleveurs kurdes restent actuellement stationnés à proximité des plateaux qu’ils ont légalement loués, en attendant une résolution de la situation. (Agence Mezopotamya)