FRANCE. Sabri Essid condamné à la perpétuité pour génocide contre les Yézidis

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PARIS – Le procès historique de Sabri Essid, djihadiste français présumé mort, s’est conclu le 20 mars 2026 par une condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité devant la cour d’assises de Paris. Pour la première fois en France, un ressortissant français a été reconnu coupable de génocide et de crimes contre l’humanité commis contre les Kurdes yézidis (Êzdî), la communauté religieuse victime d’un génocide commis par l’État islamique (EI/Daech) entre en août 2014 à Shengal.

Qui était Sabri Essid ?

Né en 1984 à Toulouse, Sabri Essid (alias Abou Dojanah al-Faransi) était une figure du djihadisme français. Demi-frère de Mohamed Merah (auteur des tueries de Toulouse et Montauban en 2012), il avait déjà été condamné en 2009 en France pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Parti en Syrie en 2014, il intégra rapidement l’EI, où il occupa des postes clés au sein de l’Amni (service de renseignement et de sécurité interne).

Présumé mort en 2018 lors d’un bombardement en Syrie (sans preuve formelle de décès), il a été jugé par défaut (in absentia). La cour a pu prononcer un verdict symbolique fort, ouvrant la voie à un nouveau mandat d’arrêt international.

Les faits reprochés

Entre août 2014 et 2016, Sabri Essid a participé activement à la politique d’extermination et d’asservissement des Yézidis orchestrée par l’EI. Il a été reconnu coupable de :

Génocide : Atteintes graves à l’intégrité physique et mentale visant à détruire en tout ou en partie le groupe yézidi (considéré comme « hérétique » par l’EI).

Crimes contre l’humanité : Esclavage sexuel, viols répétés et systématiques, privation d’eau et de nourriture, torture, emprisonnement, persécutions et transferts forcés.

Complicité de ces crimes : Il a notamment participé au transfert d’une femme yézidie et de ses enfants d’un lieu d’esclavage à un autre.

La cour a décrit Essid comme un « maillon incontournable de la chaîne criminelle » qui achetait des captives yézidies sur des marchés aux esclaves, les soumettait à des viols répétés, et les revendait ou les transférait. Le président Marc Sommerer a souligné que ces actes s’inscrivaient dans un projet génocidaire de « purification religieuse » extrême de l’idéologie de l’EI.

Un procès symbolique et historique

Ouvert le 16 mars 2026, le procès a duré cinq jours. Trois survivantes yézidies (dont une a témoigné longuement de son calvaire : vendue comme esclave sexuelle, passée de geôlier en geôlier, retenue 40 jours chez Essid) se sont constituées parties civiles, aux côtés d’associations comme Yazda, FIDH, Free Yezidi Foundation, Kinyat et LDH. Leurs récits glaçants ont décrit des femmes et fillettes réduites en esclavage, violées, battues et traitées comme des « animaux ».

C’est la première reconnaissance judiciaire française du génocide des Yézidis (estimé à plusieurs milliers de morts, des milliers d’enlèvements et un système d’esclavage sexuel organisé). La France suit ainsi l’exemple de l’Allemagne (plusieurs condamnations), de la Suède et de la Belgique.

Signification pour les victimes et la justice

Cette condamnation, bien que symbolique (Essid présumé mort), marque une avancée majeure pour les survivants yézidis. Elle affirme que les crimes commis contre cette minorité ne seront pas oubliés et que les États européens assument leur responsabilité face aux atrocités perpétrées par leurs ressortissants au sein de l’EI. Des organisations comme Yazda et la FIDH ont salué un « moment historique » pour la justice et la mémoire des victimes.

Le verdict renforce aussi la lutte contre l’impunité pour les crimes internationaux, en particulier le génocide yézidi reconnu par l’ONU depuis 2016.

Newroz vs Nowruz : Plus qu’une nuance, une identité de résistance

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KURDISTAN – Le Newroz kurde est bien plus qu’une simple fête du printemps : il incarne une identité nationale profonde, un symbole de résistance et d’unité pour un peuple historiquement divisé et opprimé. Trop souvent, certains discours tentent de le réduire à une variante régionale du Nowruz iranien (ou persan), comme s’il s’agissait d’une simple tradition parmi d’autres au sein de l’espace culturel iranien. Cette assimilation est non seulement inexacte, mais elle participe d’une dynamique plus large d’occultation de l’identité kurde.

Des racines communes, des significations divergentes

Newroz (ou Nawroz, Navroz selon les dialectes) et Nowruz partagent effectivement une origine ancienne liée à l’équinoxe de printemps et à des traditions pré-islamiques iraniennes anciennes. Les deux marquent le « nouveau jour » et célèbrent le renouveau de la nature. Cependant, les mythes fondateurs, les symboles et surtout la charge politique diffèrent radicalement.

Pour les Perses/Iraniens, Nowruz est avant tout une fête culturelle :

  • Elle met en avant le Haft-Sin (table des sept objets commençant par S), le Chaharshanbe Suri (mercredi rouge, sauts par-dessus les feux la veille), le nettoyage de printemps (khane tekani), les visites familiales.

  • C’est une célébration familiale ou de petits groupes, axée sur le renouveau personnel, la poésie, la nature et l’héritage zoroastrien ancien.

  • Elle n’a pas de dimension politique explicite dans son expression contemporaine dominante.

Pour les Kurdes, Newroz est indissociable du mythe de Kawa le forgeron :

  • Kawa mène une révolte contre le tyran Zahhak (ou Dehak), roi assyrien ou étranger qui sacrifiait des jeunes pour nourrir les serpents sur ses épaules.

  • Après la victoire, Kawa allume un grand feu sur la montagne pour annoncer la liberté retrouvée.

  • Ce récit fait de Newroz le symbole de la victoire de l’opprimé contre le tyran, de la lumière sur les ténèbres, mais surtout de la résistance kurde face aux empires et États qui ont dominé le Kurdistan.

  • Newroz est donc devenu, surtout au XXe siècle, une affirmation politique de l’existence kurde face à la répression en Turquie, en Iran, en Syrie et en Irak.

Des célébrations aux antipodes

Les différences se voient clairement dans la pratique :

Kurdes : grands feux de joie collectifs allumés sur les hauteurs, danses en cercle (govend) mêlant hommes et femmes, tenues traditionnelles aux couleurs vives (rouge, vert, jaune – couleurs du drapeau kurde), rassemblements publics massifs souvent politisés, slogans, drapeaux, portraits de figures de résistance. Les femmes y occupent une place très visible et active. C’est une fête de l’unité nationale et de la force collective.

Persans : célébrations plus intimistes ou familiales, Haft-Sin, plats spécifiques, parfois Haji Firuz* (personnage au visage noirci, habillé de rouge, qui chante et joue du tambourin). Ce dernier élément pose d’ailleurs problème : perçu par beaucoup (notamment dans les communautés afro-iraniennes et par des chercheurs) comme une forme de blackface raciste héritée de l’histoire de l’esclavage et des pratiques de siyah-bazi (jeu noir), il reste défendu par d’autres comme une figure folklorique liée au charbon ou au retour des morts. Cette controverse existe surtout dans les débats iraniens contemporains et diasporiques.

Ces contrastes montrent que, même si le feu est présent des deux côtés, son sens est tout autre : purification et joie printanière chez les uns, résistance et renaissance nationale chez les autres.

L’assimilation comme forme d’effacement

Présenter le Newroz kurde comme « une fête iranienne parmi d’autres » ou comme une simple déclinaison locale du Nowruz persan revient à nier sa dimension politique et identitaire spécifique. Cela s’inscrit dans une longue histoire de politiques d’assimilation menées par les États qui contrôlent des parties du Kurdistan.

Cette tentative de dilution culturelle rappelle les mécanismes classiques du fascisme culturel : nier les différences, imposer un récit unique dominant, faire passer toute affirmation d’identité distincte pour une menace ou une hérésie. Comme l’a écrit Umberto Eco dans son célèbre texte sur l’Ur-Fascisme, le fascisme se nourrit du rejet de la vérité complexe au profit d’une simplification autoritaire, et de la volonté de faire taire les voix dissidentes en les qualifiant d’anti-nationales ou de séparatistes.

Les Kurdes ne revendiquent pas l’exclusivité de Newroz – ils reconnaissent ses racines partagées avec d’autres peuples iranophones. Mais ils refusent que leur version, chargée de leur histoire de lutte, soit effacée au profit d’un récit homogénéisant.

Newroz kurde reste donc ce qu’il est : un cri de liberté, une danse d’unité, un feu qui ne s’éteint pas. Les foules plus nombreuses que jamais affluant sur les places de Newroz dans les quatre parties du Kurdistan montrent que la flamme allumée par Kawa brûle toujours, plus vive que jamais.

*La figure de Haji Firuz

Haji Firuz (ou Hajji Firuz, Haji Firooz) est un personnage folklorique emblématique du Nowruz (Nouvel An iranien/persan). Il apparaît dans les rues avant et pendant les fêtes du printemps : visage noirci (souvent au charbon ou à la suie), vêtements rouges vifs, chapeau pointu, tambourin (dayereh), il chante des airs joyeux, danse et annonce l’arrivée du renouveau printanier. Il est souvent comparé à un « Père Noël persan » annonçant le bonheur et la bonne fortune.

Origines et théories principales

Les origines exactes restent incertaines et font l’objet de multiples hypothèses, souvent spéculatives et sans preuves documentaires solides anciennes :

Théories anciennes/mythologiques (pré-islamiques ou zoroastriennes) :

  • Lien avec des figures de renaissance cyclique comme Tammuz/Dumuzi (dieu sumérien mésopotamien de la fertilité, mort et ressuscité) ou le héros perse Siavash (Siyâvash), symbolisant le retour des morts, la résurrection et le renouveau.

  • Visage noirci = retour du monde des morts, suie des feux sacrés (feux de Chaharshanbe Suri ou gardiens du feu zoroastrien), ou masques rituels anciens.

  • Gardien de joie (Farvashi), prêtre du feu, ou messager printanier (Mir Nowruzi).

Théorie contemporaine/populaire nationaliste :

  • Représentation codée de Piruz Nahavandi (Firuzan, Abu Lu’lu’a), esclave sassanide originaire de Nahavand (Iran central-ouest, région persanophone) qui assassina le calife Omar en 644 en vengeance de la conquête arabe, des massacres (bataille de Nahavand) et de l’esclavage.

  • Arguments folkloriques : « Piruz » → « Firuz » (arabe sans « P »), « Haji » pour son séjour en Arabie, noirci pour l’esclavage/charbon, rouge pour la guerre/victoire, chansons moqueuses envers « son maître » comme revanche cachée.

  • Cette version est très répandue dans les milieux nationalistes iraniens (et parfois kurdes, en raison de la proximité géographique), mais non prouvée historiquement comme origine directe du personnage folklorique.

Théorie historique critique (plus récente et académique) :

  • Émergence relativement moderne (surtout XXe siècle, après l’abolition de l’esclavage en Iran en 1929), liée à la tradition du siyah-bazi (« jeu noir », théâtre de minstrel avec blackface).

  • Représentation stylisée d’un esclave africain ou afro-iranien (origines dans le commerce d’esclaves du golfe Persique et de l’océan Indien), servant un maître iranien (chansons où il s’adresse à « son maître » pour le faire rire).

  • Popularité accrue dans les années 1920-1930 à Téhéran.

La controverse racisme/blackface

Le visage noirci est perçu par beaucoup (surtout dans la diaspora, chez les jeunes Iraniens, les communautés afro-iraniennes et les chercheurs contemporains) comme une forme de blackface raciste, héritée de l’histoire de l’esclavage et des stéréotypes anti-noirs (similaire à Zwarte Piet aux Pays-Bas ou à certaines caricatures occidentales). Critiques soulignent qu’il perpétue une caricature d’esclave africain joyeux et servile.

Débats intenses depuis les années 2010-2020, y compris en Iran (ex. : décisions municipales à Téhéran pour éviter le noirci en 2021).

Défenseurs arguent que c’est innocent : suie printanière, symbole ancien non lié à la race, folklore culturel pur.

Aucune preuve que le noirci ait une intention raciste originelle, mais l’effet contemporain est problématique pour beaucoup.

En résumé, Haji Firuz est une figure joyeuse et multiforme du Nowruz, aux racines probablement modernes (liées au siyah-bazi et à l’esclavage historique) malgré les mythes anciens invoqués. La théorie Piruz Nahavandi offre une lecture vengeresse anti-arabe populaire mais spéculative. Le débat sur son caractère raciste ou non divise toujours la société iranienne et la diaspora.

KURDISTAN. Newroz historique à Diyarbakir

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TURQUIE / KURDISTAN – Ce samedi 21 mars 2026, Diyarbakır (Amed), capitale du Kurdistan de Turquie, vibre au rythme du Newroz en cours. Plusieurs centaines de milliers de Kurdes ont afflué vers le Parc Newroz dans le quartier de Rezan (Bağlar), malgré une pluie persistante qui n’entame pas l’enthousiasme.

Les célébrations ont débuté tôt ce matin avec l’entrée par plusieurs portes sécurisées, des groupes de violons, des danses traditionnelles kurdes (govend) et des chants kurdes. L’ambiance reste électrique et festive : le message d’Abdullah Öcalan a été lu publiquement, soulignant l’unité, la paix et la démocratisation ; le co-président du DEM Parti Tuncer Bakırhan a pris la parole pour réaffirmer les demandes kurdes en faveur de la liberté et de la démocratie ; un message de soutien de Neçirvan Barzani (président du Kurdistan irakien) a été partagé, appelant à la paix et à la coopération entre Kurdes et Turcs.

Le thème dominant cette année : « Newroza Azadî û Yekîtiya Demokratîk » (Newroz de la Liberté et de l’Unité Démocratique). Le feu traditionnel symbolise la résistance et le renouveau, tandis que drapeaux, portraits et tenues traditionnelles colorent la foule. La sécurité est renforcée (plus de 650 agents), mais l’événement demeure pacifique et massif, incarnation joyeuse et politique de la lutte pour l’identité kurde.

ROJAVA. A Kobanê, le feu du Newroz allumé par Eyşe Efendî

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SYRIE / ROJAVA – Kobanê : le feu du Newroz a été allumé par Eyşe Efendî, militante kurde et veuve de Salih Müslim, en hommage à un symbole de la résistance kurde.

Des milliers de Kurdes se sont rassemblés ce 21 mars 2026 sur la colline emblématique de Miştenûr à Kobanê pour célébrer le Newroz, fête ancestrale du Nouvel An kurde, symbole de renaissance, de liberté et de résistance face à l’oppression.

Le feu traditionnel a été allumé par Eyşe Efendî, l’épouse et camarade de lutte de Salih Müslim, figure historique du mouvement kurde en Rojava. Salih Müslim, cofondateur et ancien coprésident du PYD (Parti de l’union démocratique), est décédé le 11 mars 2026 à Hewlêr (Erbil) des suites d’une longue maladie rénale, à l’âge de 75 ans. Né à Kobanê en 1951, il avait consacré sa vie à la lutte pour une Syrie démocratique et plurielle, et reste gravé dans la mémoire collective comme l’un des architectes de la Révolution de Rojava.

Dans ce moment chargé d’émotion, Eyşe Efendî a allumé les flammes, transformant le rituel en un puissant hommage : un geste qui unit la mémoire d’un leader défunt à l’espoir renouvelé du peuple kurde. La colline de Miştenûr, théâtre historique de résistance (notamment contre Daech en 2014-2015), a ainsi vibré d’une symbolique redoublée : le feu du Newroz, allumé par la une militante et veuve d’un pionnier, illumine la continuité de la lutte pour la dignité et l’autodétermination.

Newroz Pîroz Be ! Que cette flamme porte la promesse d’un avenir libre pour le Rojava et l’ensemble du Kurdistan.

IRAK. Attaque de drone contre les services de renseignement irakiens

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IRAK / KURDISTAN – Ce samedi 21 mars 2026, vers 10h du matin, un drone a frappé le siège du Service national de renseignement irakien (INS) dans le quartier de Mansour à Bagdad. L’attaque a ciblé spécifiquement un bâtiment de télécommunications lié à ce service, qui collabore étroitement avec les conseillers américains dans le cadre de la coalition anti-djihadiste. Un officier a été tué et des dégâts matériels ont été signalés, selon le porte-parole des services de sécurité irakiens, le général Saad Maan. Aucune revendication n’a encore été publiée, mais le mode opératoire – drone isolé en plein jour – correspond aux attaques répétées menées par les groupes de la « Résistance islamique en Irak », factions chiites pro-iraniennes.

Cette frappe intervient dans un contexte d’escalade régionale qui frappe de plein fouet le Kurdistan irakien depuis plusieurs semaines. Alors que Bagdad est visé pour ses liens avec Washington, le nord du pays – bastion kurde – subit un déluge de drones et de missiles iraniens ou pro-iraniens. Depuis le début du conflit élargi au Moyen-Orient, Erbil et ses environs ont essuyé plus de 200 attaques : bases américaines, aéroport international, positions des peshmergas et surtout camps des groupes d’opposition kurdes iraniens (PDKI, Komala, Parti de la liberté du Kurdistan) implantés en Irak.

Ces derniers jours seulement :

  • Un drone a tué un combattant kurde iranien et blessé plusieurs autres sur une base kurde près d’Erbil.

  • Des missiles balistiques iraniens ont visé des quartiers généraux kurdes, faisant un mort et des blessés.

  • Une base kurdo-française à Mala Qara a été touchée, causant la mort d’un adjudant-chef français et six blessés.

Le Kurdistan irakien paie ainsi un lourd tribut : il héberge à la fois des troupes américaines et des rebelles kurdes iraniens opposés au régime de Téhéran. Pour l’Iran, frapper ces cibles revient à punir à la fois Washington et les Kurdes qui refusent de se taire. Les autorités d’Erbil dénoncent une « guerre par procuration » qui menace la stabilité de la région autonome, tandis que Bagdad peine à protéger ses partenaires kurdes sans s’aliéner totalement Téhéran.

L’attaque de ce matin contre le renseignement irakien n’est donc pas isolée : elle s’inscrit dans la même stratégie d’usure que celle qui pilonne quotidiennement le Kurdistan. Tant que la confrontation américano-iranienne se prolongera, les Kurdes d’Irak resteront une cible privilégiée – collatéraux gênants pour les uns, alliés gênants pour les autres. Le gouvernement régional kurde a appelé à une « protection internationale urgente » avant que l’escalade ne dégénère en conflit ouvert sur son territoire.

Tensions et insécurité à Afrin : agressions contre les célébrations du Newroz kurde

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SYRIE / ROJAVA – Dans le canton d’Afrin, berceau historique kurde du Rojava, les festivités du Newroz – le nouvel an kurde, symbole de renouveau et de résistance – se déroulent une fois de plus dans un climat de peur et de violence. Ce 21 mars 2026, tandis que de nombreuses familles kurdes se rassemblent pour allumer les feux traditionnels, danser et hisser leurs drapeaux, des témoignages concordants font état d’agressions ciblées par des colons arabes installés dans la région depuis l’occupation turque de 2018.

Selon des sources locales et des publications sur les réseaux sociaux, des groupes de colons arabes – souvent originaires d’autres régions de Syrie et implantés dans le cadre de changements démographiques encouragés sous contrôle turc et des factions de l’Armée nationale syrienne (ANS) – ont profité de l’absence des habitants partis célébrer pour piller des maisons kurdes. Des drapeaux kurdes ont été arrachés, des slogans anti-kurdes proférés (« dehors les Kurdes », « Afrin est arabe »), et des véhicules ornés de symboles kurdes ont été pris pour cible. Des vidéos et récits circulant en temps réel montrent des scènes de provocations, de jets de pierres et même de passages à tabac dans les rues du centre d’Afrin.

Ces incidents ne sont pas isolés. Ils s’inscrivent dans un schéma de longue date. Depuis l’opération turque « Rameau d’olivier » en 2018, qui a chassé les forces kurdes locales (YPG), des milliers de familles arabes ont été installées dans les villages et quartiers kurdes vidés de leurs habitants originels. Des rapports d’organisations de défense des droits humains ont régulièrement documenté des expropriations, des pillages systématiques et des violences ethniques. Même après le changement de contrôle intervenu en 2025 – lorsque les forces du gouvernement transitoire syrien (issu de la chute du régime Assad) ont pris pied à Afrin –, les colons restent nombreux et les tensions persistent.

Les autorités actuelles, liées à Damas, n’ont pas échappé aux critiques. À peine deux jours avant le Newroz, le 19 mars 2026, des responsables sécuritaires du ministère de l’Intérieur du gouvernement transitoire ont notifié verbalement aux mukhtars (chefs de village) de ne pas hisser le drapeau kurde, sans circulaire officielle. Des jeunes ont été interpellés pour avoir simplement préparé des feux ou des drapeaux. Si des célébrations officielles sont autorisées cette année pour la première fois depuis longtemps (torches allumées sur l’autoroute ouest d’Afrin, rassemblements à Ain Dara), l’absence de protection réelle face aux agressions de colons est dénoncée comme une forme de complicité passive.

Un double héritage hostile

Les Kurdes d’Afrin se retrouvent ainsi pris en tenaille entre deux politiques perçues comme hostiles :

L’héritage turc : Ankara, qui maintient une influence via des factions proxy, a encouragé le repeuplement arabe pour diluer la présence kurde. Des milliers de familles kurdes restent déplacées, leurs maisons occupées ou vendues illégalement.

La politique de Damas : le nouveau pouvoir syrien, tout en proclamant l’unité nationale et en organisant des fêtes du Newroz, n’a pas démantelé les structures de colonisation ni garanti la sécurité des Kurdes. Les interdictions de drapeaux et le silence face aux pillages alimentent le sentiment d’une continuité de marginalisation.

« Nous ne sommes pas en sécurité chez nous », résument de nombreux habitants kurdes contactés par des médias locaux. Pendant que les feux du Newroz illuminent les collines, des maisons vides sont fouillées, des biens volés et des symboles identitaires profanés. Cette insécurité n’est pas seulement matérielle : elle est existentielle. Elle menace la survie même d’une communauté qui, depuis des siècles, considère Afrin comme son foyer.

Face à ces événements, les appels à la communauté internationale se multiplient. Les organisations kurdes et syriennes des droits humains exigent une enquête indépendante, le retour des déplacés et la fin de l’impunité pour les colons et les factions armées. Tant que Damas et Ankara ne s’attaqueront pas frontalement à ces dynamiques de colonisation et de répression culturelle, le Newroz à Afrin restera, pour beaucoup, une fête amère – un rappel annuel que la liberté kurde reste fragile dans cette enclave martyrisée.

Assassinat d’un opposant iranien aux Pays-Bas : le régime de Téhéran poursuit sa campagne d’éliminations à l’étranger

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Mohi Shafii, ingénieur en informatique de 36 ans et opposant déclaré au régime iranien, a été assassiné hier aux Pays-Bas. Abattu par balles, il avait reçu des menaces de mort répétées de la part des agents et nervis de la République islamique, précisément en raison de ses activités sur les réseaux sociaux où il dénonçait sans relâche la dictature théocratique de Téhéran. Ancien policier, il s’était exilé et poursuivait son combat depuis l’Europe. Son meurtre s’inscrit dans une sinistre continuité : celle des assassinats ciblés orchestrés par le régime iranien contre ses opposants, où qu’ils se trouvent.

Ce nouveau crime rappelle avec force deux autres affaires qui ont marqué l’histoire de la répression extraterritoriale iranienne.

D’abord, l’assassinat des opposants kurdes à Vienne en 1989. Le 13 juillet de cette année-là, dans un appartement de la capitale autrichienne, le leader kurde iranien Abdul Rahman Ghassemlou, secrétaire général du Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDKI), ainsi que deux de ses compagnons, Fadhil Rassoul et Abdollah Ghaderi-Azar, ont été abattus à bout portant pendant des négociations de paix avec une délégation officielle iranienne. L’enquête autrichienne et les témoignages ultérieurs ont clairement désigné les services de sécurité iraniens comme les auteurs de ce triple meurtre. Ghassemlou, figure emblématique de la résistance kurde contre le régime de Khomeiny, avait été piégé lors de pourparlers censés être sécurisés. Cet assassinat, qualifié de « crime d’État » par de nombreux observateurs, a révélé au grand jour la stratégie de Téhéran : éliminer physiquement ses ennemis politiques même en plein cœur de l’Europe.

Plus récemment, le cas de Masoud Mesjudi (également orthographié Masood Masjoody ou Masjoudi) a secoué la diaspora iranienne. Ce mathématicien et universitaire canado-iranien de 45 ans, ancien enseignant à l’université Simon Fraser en Colombie-Britannique, a été retrouvé mort en mars 2026 après avoir disparu début février. Critique virulent du régime islamique et de ses relais à l’étranger, il avait publiquement accusé certains de ses adversaires d’être liés aux Gardiens de la révolution (IRGC). Deux suspects d’origine iranienne ont été après-arrêtés et inculpés de meurtre au premier degré. L’enquête canadienne, toujours en cours, met en lumière les tensions internes de l’opposition, mais aussi les soupçons persistants de manipulations ou de collaborations avec le régime. Masoud Mesjudi, comme tant d’autres, payait de sa vie son engagement contre la dictature.

Ces trois affaires – Vienne 1989, le Canada en 2026 et maintenant les Pays-Bas – ne sont pas des incidents isolés. Elles illustrent une politique d’État documentée depuis des décennies : le régime iranien n’hésite pas à déployer ses agents, ses proxys ou ses sympathisants pour traquer et éliminer journalistes, activistes, ingénieurs ou simples citoyens qui osent le défier depuis l’exil. Des rapports d’Amnesty International, de la justice européenne et de services de renseignement occidentaux ont régulièrement établi ce modus operandi : menaces sur les réseaux sociaux, filatures, empoisonnements, fusillades ou attentats à la voiture piégée.

Mohi Shafii n’était ni un chef militaire ni un leader politique de premier plan. C’était un ingénieur ordinaire qui utilisait sa voix sur internet pour dire la vérité. Son assassinat hier aux Pays-Bas prouve que personne n’est à l’abri : ni en Autriche, ni au Canada, ni aux Pays-Bas. Face à cette machine de mort transnationale, les démocraties européennes et nord-américaines doivent passer de la condamnation verbale à des mesures concrètes : expulsions d’agents iraniens, renforcement de la protection des exilés, et poursuites judiciaires sans concession contre les commanditaires à Téhéran.

Le sang de Mohi Shafii, comme celui de Ghassemlou et de Masoud Mesjudi, appelle à la vigilance et à la mémoire. Tant que le régime des mollahs continuera à exporter sa terreur, aucun opposant iranien ne sera en sécurité. Il est temps que l’Europe et le monde libre disent : « Ça suffit. »

L’attaque iranienne sur Diego Garcia : un message de puissance au cœur d’un conflit qui embrase aussi les Kurdes

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IRAN / ROJHILAT – Jusqu’à présent, les experts occidentaux et les déclarations officielles iraniennes estimaient la portée maximale des missiles balistiques de Téhéran à environ 2 000 km. Cette limite permettait à l’Iran d’atteindre Israël, les bases américaines du Golfe ou encore l’Arabie saoudite, mais pas beaucoup plus loin. L’événement survenu dans la nuit du 20 au 21 mars 2026 change radicalement la donne. Selon plusieurs sources concordantes, dont le Wall Street Journal citant des responsables américains, l’Iran a lancé deux missiles balistiques intermédiaires en direction de la base conjointe américano-britannique de Diego Garcia, située dans l’océan Indien, à environ 4 000 km de son territoire.

Aucun des deux missiles n’a touché la cible. L’un a échoué en vol ; le second a été intercepté (ou du moins engagé) par un navire de guerre américain tirant un missile SM-3. Qu’importe le resultat opérationnel : le simple fait d’avoir tenté une frappe à cette distance révèle une capacité jusqu’ici non confirmée publiquement. Diego Garcia, petite île de l’archipel des Chagos, abrite l’une des installations militaires les plus stratégiques des États-Unis et du Royaume-Uni dans l’océan Indien. Elle sert de plateforme logistique pour les bombardiers B-2, les drones et les opérations en Asie et au Moyen-Orient. L’attaque intervient quelques heures après que Londres a autorisé Washington à utiliser la base pour frapper l’Iran dans le cadre de l’opération « Epic Fury » (ou « Roaring Lion » côté israélien).

Ce geste n’est pas seulement technique. C’est un message politique clair : l’Iran affirme désormais pouvoir menacer des bases américaines très éloignées, y compris celles qui servent de tremplin pour des frappes contre son territoire. Des analystes soulignent que cette portée ouvre théoriquement la porte à des menaces sur l’Europe (bases en Italie, en Allemagne ou même plus loin). Elle bouleverse aussi les calculs de dissuasion : ce qui était considéré comme une « ligne rouge » (la capacité intercontinentale) semble franchi, même si l’Iran n’a pas encore démontré une précision ou une fiabilité suffisante pour une frappe intercontinentale fiable.

Un conflit qui s’étend géographiquement et politiquement

Cette tentative intervient dans le cadre de la guerre ouverte lancée fin février 2026 entre l’Iran d’un côté, Israël et les États-Unis de l’autre. Les frappes américano-israéliennes ont déjà visé des sites nucléaires, des bases de missiles et des centres de commandement iraniens. Téhéran répond par vagues de missiles et de drones, mais aussi par des actions asymétriques. L’attaque sur Diego Garcia marque l’extension du théâtre de guerre jusqu’à l’océan Indien, loin du Moyen-Orient classique.

Pourtant, derrière cette projection de puissance extérieure se cache une autre réalité : l’Iran est confronté à des fractures internes et régionales qu’il tente de contenir par la force. Et c’est ici que les Kurdes d’Iran et d’Irak entrent pleinement en scène.

Les Kurdes d’Iran : une minorité réprimée devenue front intérieur potentiel

Les Kurdes représentent environ 8 à 10 % de la population iranienne (près de 10 millions de personnes), concentrés principalement dans les provinces occidentales : Kurdistan, Kermanshah, Ilam et West Azerbaijan. Majoritairement sunnites dans un pays chiite, ils subissent depuis des décennies une politique d’assimilation forcée : interdiction de l’enseignement du kurde dans les écoles publiques, discrimination économique, répression des partis politiques (PJAK, KDPI, Komala) et exécutions fréquentes d’activistes.

Le mouvement « Femme, vie, liberté » de 2022, déclenché par la mort de Mahsa Amini (une Kurde), a vu les régions kurdes à l’avant-garde des manifestations. En 2025-2026, les protestations ont repris avec encore plus de force. Dès janvier 2026, les partis kurdes iraniens ont lancé une grève générale largement suivie. En février, six groupes d’opposition kurde basés en Irak se sont unis au sein de la Coalition des forces politiques du Kurdistan iranien et ont appelé ouvertement au renversement du régime. Des actions insurgées limitées ont été signalées.

Les États-Unis et Israël voient aujourd’hui dans ces Kurdes un levier stratégique. Des fuites médiatiques (CNN, New York Times) indiquent que la CIA et le Mossad armeraient discrètement ces groupes depuis plusieurs mois. Donald Trump aurait personnellement contacté les dirigeants kurdes irakiens (Masoud Barzani et Bafel Talabani) pour les inciter à faciliter le passage de combattants kurdes iraniens vers l’Iran. L’objectif : ouvrir un « deuxième front » terrestre et populaire à l’intérieur du pays, là où les frappes aériennes seules ne suffisent pas à faire tomber le régime. Des bombardements américains et israéliens ont même ciblé massivement les zones kurdes d’Iran pour affaiblir les forces de sécurité locales.

Les Kurdes d’Irak : refuge, base arrière… et cible privilégiée de l’Iran

De l’autre côté de la frontière, la Région du Kurdistan irakien (KRI) offre un refuge aux opposants kurdes iraniens depuis des décennies. Erbil et Sulaymaniyah abritent des camps de réfugiés et d’entraînement du KDPI, du PJAK et d’autres factions. La KRI est autonome depuis 2005, riche en pétrole, et considérée comme un allié historique des États-Unis (Peshmerga ont combattu l’État islamique aux côtés des Américains).

Dès le début de la guerre en février 2026, l’Iran a réagi violemment. Plus de 200 frappes de missiles et de drones ont visé la KRI, principalement autour d’Erbil. Ces attaques ont tué des civils kurdes irakiens, détruit des bases de l’opposition iranienne et visé des positions américaines. Le 6-7 mars, de nouvelles salves ont touché des camps du Parti de la liberté du Kurdistan (PAK). Massoud Barzani a dénoncé publiquement ces agressions : « La retenue a ses limites. »

Ironie tragique : l’Iran, qui vient de démontrer une portée de 4 000 km vers Diego Garcia, utilise depuis des années ses missiles (Khorramshahr, Fateh, etc.) à courte et moyenne portée contre des cibles kurdes en Irak. Ces frappes « préventives » visaient à empêcher les opposants kurdes iraniens de s’organiser. Aujourd’hui, elles s’inscrivent dans une stratégie plus large de déstabilisation de la KRI, perçue comme un tremplin pour l’offensive américaine-israélienne.

L’ensemble de la population kurde d’Irak se sent menacée par cette escalade. Les exilés kurdes iraniens, eux, se disent « enhardis » par la faiblesse actuelle du régime et prêts à rentrer au pays pour combattre.

Un même outil, deux usages : les missiles iraniens contre l’extérieur et contre les Kurdes

L’attaque sur Diego Garcia illustre parfaitement la dualité de la stratégie iranienne. Les missiles balistiques servent à la fois à projeter une puissance dissuasive face aux États-Unis et à Israël, et à réprimer les minorités ethniques qui menacent la cohésion du régime. Les Kurdes incarnent cette vulnérabilité : sunnites, frontaliers, organisés militairement et soutenus (au moins tacitement) par les ennemis de Téhéran.

Pour le régime des ayatollahs, la démonstration de portée à 4 000 km est un pari risqué. Elle risque d’accélérer le soutien occidental aux Kurdes et de transformer une crise ethnique en véritable insurrection. Si les groupes kurdes iraniens, armés et protégés par une zone d’exclusion aérienne américaine, lancent une offensive coordonnée depuis l’Irak, le régime pourrait se retrouver pris en tenaille : frappes extérieures massives et soulèvement interne.

Un message qui résonne au-delà de l’océan Indien

L’attaque manquée sur Diego Garcia n’est pas un simple incident technique. Elle est le symbole d’un Iran qui, acculé par la guerre, tente de compenser sa faiblesse conventionnelle par une escalade balistique spectaculaire. Mais cette même escalade révèle les fractures profondes du pays : les Kurdes d’Iran, longtemps marginalisés, sont devenus un acteur central du conflit. Ceux d’Irak, refuge et base arrière, paient le prix des représailles.

Dans cette guerre de 2026, les missiles iraniens voyagent plus loin que jamais. Mais les conséquences politiques et humaines voyagent aussi : elles atteignent désormais les montagnes du Kurdistan, où des milliers de combattants attendent le signal pour transformer une répression vieille de décennies en opportunité historique. Le régime iranien a peut-être étendu sa portée… mais il a aussi élargi le front sur lequel il doit désormais se battre.

ROJAVA. Les tentes du camp Washokani inondées

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SYRIE / / ROJAVA – De nouvelles pluies torrentielles ont inondé le camp Washokani abritant les familles kurdes de Serekaniyê chassées par la Turquie en 2019. Les familles ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence.

La correspondante d’ANHA à Hasakah rapporte que de fortes pluies torrentielles ont provoqué des inondations massives dans le camp de Washokani, situé dans la campagne nord de Hasakah. L’eau s’est infiltrée dans de nombreuses tentes, inondant une grande partie du camp et causant des dommages matériels considérables. Des dizaines d’abris se sont effondrés et les biens de première nécessité ont été emportés par les eaux, aggravant la détresse de résidents déjà extrêmement précaires.

Les déplacements à l’intérieur du camp sont devenus quasiment impossibles en raison de la boue et de l’eau stagnante. Les familles, qui comptent de nombreux enfants, personnes âgées et malades, lancent un appel de détresse aux autorités locales, à l’Administration Autonome et aux organisations humanitaires pour une intervention immédiate : pompage de l’eau, reconstruction des abris, distribution d’aide d’urgence (nourriture, couvertures, chauffage) et mise en place d’un système de drainage durable.

Un contexte de précarité chronique

Créé en 2019 pour accueillir les Kurdes chassés de Serê Kaniyê (Ras al-Ain) après l’offensive et l’occupation par l’armée turque et ses factions affiliées, le camp de Washokani héberge environ 2 500 familles (soit plus de 10 000 personnes).

Le site souffre de défaillances structurelles majeures :

  • Absence de système d’évacuation des eaux pluviales ;

  • Sols inadaptés et s’enfonçant sous le poids des pluies ;

  • Manque chronique de services de base.

Une catastrophe récurrente

Chaque saison des pluies transforme ce lieu de refuge en zone sinistrée, exposant les déplacés à des conditions de vie inhumaines. Face à cette nouvelle catastrophe survenue à la mi-mars 2026, le Comité des déplacés de Serê Kaniyê et la Croix-Rouge kurde (Heyva Sor a Kurd) multiplient les appels pour un soutien structurel urgent afin d’éviter que la situation sanitaire ne dégénère davantage.

L’injustice subie par ces populations, déjà déracinées par la guerre et l’occupation, se double aujourd’hui d’une crise humanitaire climatique que les infrastructures actuelles ne permettent pas de contenir.

IRAN. Inquiétudes pour 14 prisonniers politiques kurdes condamnés à mort

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IRAN / ROJHILAT – Selon des informations récentes provenant de sources fiables en matière de droits humains, près de 70 prisonniers politiques croupissant actuellement dans les prisons iraniennes sous le coup d’une exécution imminente. Parmi eux, au moins 14 sont des Kurdes du Rojhilat (Kurdistan d’Iran).

Dans un contexte de guerre régionale et de tensions extrêmes en ce mois de mars 2026, cette situation suscite une inquiétude croissante. L’injustice subie par le peuple kurde se manifeste ici par un risque démultiplié d’exécutions soudaines et massives, favorisé par :

  • L’accélération des procédures judiciaires expéditives ;

  • L’absence quasi systématique de procès équitables ;

  • Le recours aux aveux obtenus sous la torture ;

  • Les restrictions drastiques à l’accès aux avocats et aux visites familiales.

L’histoire montre que les autorités iraniennes utilisent fréquemment la peine de mort comme outil de répression accrue en période de crise ou de conflit armé. Le climat actuel rend la situation de ces détenus plus précaire que jamais.

Un appel à la mobilisation internationale

Les organisations internationales et locales appellent de toute urgence à :

  1. L’instauration immédiate d’un moratoire sur toutes les exécutions ;

  2. La révision complète et transparente de ces dossiers ;

  3. Le respect effectif des droits fondamentaux, dont l’accès inconditionnel à une défense ;

  4. Une mobilisation accrue de l’opinion publique mondiale.

Chaque jour compte. L’attention et la pression internationales restent souvent l’un des rares remparts face à la machine judiciaire du régime, particulièrement à l’égard des prisonniers politiques du Rojhilat.