ROJAVA. Bloqués par les gangs de la Turquie et les menaces sécuritaires : les Kurdes d’Afrin ne peuvent retourner chez eux

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SYRIE / ROJAVA – Bien que le retour des personnes déplacées dans leurs foyers soit l’une des dispositions les plus importantes de l’Accord du 29 janvier, et malgré la volonté des Kurdes chassés d’Afrin de rentrer chez eux, ce processus n’a pas encore débuté. Selon certaines sources, l’activité persistante des mercenaires de l’EI et les dangers que représentent les routes expliquent ce retard. Une autre raison tient à la présence continue de familles de gangs sous commandement de la Turquie dans les maisons des Kurdes, ce qui empêche leur retour.
 
Depuis l’occupation d’Afrin et de Serekanîye par la Turquie et ses mercenaires en 2018-2019, ainsi que les attaques menées entre janvier et février derniers contre Shahba, Sheikh Maqsoud et Ashrafiyeh, dans la région d’Alep, plus de 450 000 civils kurdes ont été contraintes de fuir leurs foyers et de se réfugier à Kobanê et Jazira. Ils vivent actuellement dans des abris, des camps, des écoles et des mosquées, dans des conditions difficiles, dans l’espoir de pouvoir rentrer chez eux en toute sécurité.
 
Le 29 janvier, les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le Gouvernement intérimaire syrien ont conclu un accord dont l’une des dispositions clés garantissait le retour en toute sécurité des personnes déplacées dans leurs foyers. Conformément à cet accord, des mesures d’intégration ont été prises, mais les retours n’ont pas encore eu lieu.
 
Le 16 février, l’Association sociale d’Afrin et le Conseil des personnes déplacées d’Afrin et de Shahba, en collaboration avec le Bureau de représentation de la société civile en Europe, ont publié une déclaration concernant le retour volontaire des personnes déplacées. Dans un premier temps, environ 400 à 500 familles retourneront dans les quartiers de Janders, Mobata et Shia, à Afrin.
 
En conséquence, les organisations concernées ont entamé les préparatifs du retour, tenu des réunions avec les Nations Unies et soumis un rapport sur les aspects logistiques d’un retour en toute sécurité ; toutefois, les Nations Unies n’ont pas encore répondu.
 
Le Conseil des personnes déplacées d’Afrin et de Shahba a dressé une liste des familles souhaitant rentrer chez elles, mais aucune mesure concrète n’a été prise jusqu’à présent et les familles attendent toujours des informations plus précises.
 
Des sources privées ont évoqué plusieurs raisons pour expliquer le retard du retour : premièrement, les attaques du 6 janvier contre le nord et l’est de la Syrie et le Rojava ont entraîné la fuite de plusieurs familles et mercenaires de l’EI qui étaient détenus dans des centres de détention et des camps du nord et de l’est de la Syrie, en plus de la réorganisation ouverte des mercenaires dans les régions de Deir ez-Zor et de Raqqa, menaçant la sécurité des habitants et leur retour.
 
Deuxièmement, les familles de mercenaires liés à l’occupation turque refusent de quitter Afrin et les maisons des habitants d’origine. Selon des informations recueillies par l’agence ANHA auprès de résidents d’Afrin, plusieurs familles de Sheikh Maqsoud se sont dirigées vers Afrin, mais n’ont pu regagner leurs foyers, leurs propriétés ayant été confisquées par les groupes de mercenaires. Poussées par l’appât du gain, ces familles refusent de quitter Janders.
 
Les habitants d’Afrin qui sont en contact avec leurs proches sur place ont indiqué vivre dans une peur et une angoisse constantes. Si les mercenaires découvraient qu’une famille possédait de l’argent, ils le pillaient. Même pendant la saison des récoltes, ils imposaient des taxes exorbitantes aux familles.
 
Jusqu’à présent, aucune information n’a été fournie concernant le retour des personnes déplacées des zones de Serê Kaniyê, Girê Spî, Cheikh Maqsoud et Shahba. (ANHA)

Govend comme expression de la mémoire collective kurde

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ALLEMAGNE – La danse traditionnelle kurde, govend était à l’honneur lors des Journées culturelles des femmes kurdes à Berlin. L’événement a mis en lumière la diversité du folklore kurde et présenté les pratiques culturelles du point de vue des femmes. À Berlin, les Journées de la culture des femmes kurdes se sont poursuivies cette année  avec un événement célébrant la Govend. Mercredi soir, quatrième jour du festival, la danse était à l’honneur comme expression de la mémoire collective et de la continuité culturelle du point de vue des femmes. L’événement a suscité un vif intérêt et a simultanément mis en lumière le rôle des femmes dans la production culturelle ainsi que la diversité du folklore kurde. Lors des présentations et des discussions, la Govend a été décrit comme bien plus qu’une simple danse : chaque pas symbolise un retour aux sources, tandis que l’entrelacement des mains exprime la volonté commune de construire un avenir collectif. La Govend constitue ainsi une pratique culturelle importante pour la préservation de l’identité kurde et le renforcement de la solidarité sociale.
Le programme présentait des danses kurdes de diverses régions du Kurdistan. Des danses de Qoçgirî, Agirî (turc : Ağrı), Riha (Urfa), Hesekê, de la région du Welat Şêx et du Kurdistan oriental ont été présentées. Chaque région apportait ses propres rythmes, styles de mouvements et costumes traditionnels. Les danses Qoçgirî se distinguaient par leur dynamisme à la fois puissant et majestueux, tandis que les danses Agirî se caractérisaient par des figures rythmiques et expressives. Le Riha impressionnait par l’élégance et la fluidité de ses mouvements, tandis que la Govend de Hesekê mêlait des pas rapides à des influences culturelles diverses. Les éléments symboliques et rituels étaient au cœur des danses de Welat Şêx, tandis que celles du Kurdistan oriental se démarquaient par leur diversité rythmique et leurs figures esthétiques singulières. Espace de réseautage dans la diaspora Les Journées culturelles des femmes kurdes se considèrent comme une plateforme de visibilité culturelle, d’éducation politique et de réseautage de solidarité au sein de la diaspora kurde. La série d’événements est soutenue par plusieurs organisations, dont le Conseil des femmes Dest Dan e.V., Hunera Mizgîn, Jinên Koma Feraşîn û Delîl Çiyager, Jinên Ciwan Berlin, KJAR et le Bureau des femmes kurdes pour la paix – Cênî e.V. Le vendredi 6 mars aura lieu une soirée de chants classiques kurdes, « Dengbêj û Siyaçemane Hewreman ». La série se termine le 7 mars avec une soirée cinéma mettant en vedette les œuvres de Hêvî Nîmat Gatar et Bêrîvan Saruhan. Ce programme marque la fin de la série avant que les organisateurs ne tournent leur attention vers la Journée internationale des droits des femme, le 8 mars. (ANF) 

Syrie : comment le régime de Damas fait passer les Kurdes de victimes à tortionnaires

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PARIS – Dans une tribune publiée le 4 mars 2026 dans Le Point, Patrice Franceschi, écrivain et engagé de longue date aux côtés des Kurdes de Syrie, dénonce la campagne de propagande orchestrée par le régime islamiste d’Ahmed al-Charra à Damas. Après la victoire militaire contre les Forces démocratiques syriennes (FDS) à dominante kurde en janvier 2026, le pouvoir syrien cherche désormais à inverser les rôles : transformer les Kurdes, héros de la lutte contre Daech, en bourreaux supposés de leurs anciens prisonniers djihadistes. S’appuyant sur plus de dix ans de présence sur le terrain, l’auteur démonte méthodiquement ces accusations et rétablit les faits face à une guerre informationnelle visant à détruire définitivement l’image morale des Kurdes auprès de l’Occident. Nous le partageons avec vous.

Kurdistan syrien : comment Damas tente de transformer les victimes en bourreaux

 
Depuis la fin de son offensive victorieuse contre les (FDS ) Forces Démocratiques Syriennes à dominantes kurdes en janvier, le régime islamiste d’Ahmed al-Charra au pouvoir à Damas depuis quatorze mois orchestre une vaste campagne de dénigrement des Kurdes afin de mettre à mal ce qu’ils ont de plus précieux vis-à-vis des Occidentaux qui les soutenaient jusqu’ici : leur image de probité. L’angle d’attaque est clair : faire passer les Kurdes du statut de victime à celui de bourreau. La méthode est simple : présenter à la presse d’anciens prisonniers jihadistes accusant leurs gardiens de s’être comportés comme des tortionnaires dans les camps et prisons où ils étaient détenus. Il faut rappeler que ces prisonniers étaient des dizaines de milliers en comptant les membres de leurs familles capturés au cours de la guerre contre Daech. Ces faits ne sont pas présentés comme des « bavures », toujours possibles en temps de guerre, mais comme un système en soi. Al-Charaa, ancien dirigeant d’Al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda, cherche manifestement à compléter son récent succès militaire contre les Kurdes par cette guerre informationnelle et cognitive – comme on appelle aujourd’hui la désinformation – destinée à rendre impossible à l’avenir toute défense des Kurdes d’un point de vue moral. Salir leur image est le dernier clou dans leur cercueil. C’est chose aisée pour les islamistes, même sans apporter de preuves concrètes. Ils disposent de moyens étatiques puissants, démultipliés par l’aide apportées par leurs alliés Turcs et Qataris. Les Kurdes ne possèdent aucun moyen de contre-propagande. Il faut rétablir les faits. Entre 2013 et 2024, au cours de mon engagement auprès des Kurdes de Syrie, j’ai eu maintes occasions de vérifier que les allégations actuelles du pouvoir syrien sont fausses de bout en bout. Pendant plus de dix ans, j’ai assisté à la capture de nombreux prisonniers jihadistes lors des combats, notamment pendant la bataille de Raqqa en 2017, alors capitale de l’État Islamique. J’ai très bien connu les deux grands camps de prisonniers que les FDS administraient à Al Hol et Roj, ainsi que les prisons situées dans les régions de Rimelan et Deyrik. Je me suis également entretenu de multiples fois avec des jihadistes prisonniers, français et étrangers, hommes et femmes, année après année. Rappelons ici un premier fait trop oublié des observateurs du conflit pendant la période allant jusqu’à 2024 : il n’y avait pas de combattants kurdes dans les geôles islamistes, il y a eu des dizaines de milliers de prisonniers jihadistes dans les camps kurdes. Les jihadistes ne faisaient pas de prisonniers, les Kurdes ne tiraient jamais sur un homme qui se rendait – j’en ai été sans cesse le témoin impartial. Moyennant quoi, les Kurdes se sont retrouvés avec un nombre considérable de prisonniers à gérer, sans en avoir les moyens matériels. Second fait : les allégations actuelles du régime contre les supposées tortures des Kurdes envers leurs prisonniers arabes sont toutes produites par des personnes qui n’apportent aucune preuve matérielle et concrète. En revanche, rien qu’entre les 6 et 20 janvier de cette année, des dizaines de vidéos et photos ont pu être documentées sur les atrocités commises par les troupes de Damas. Celle qui m’a le plus soulevée le cœur est la torture et la mort par crevaison des yeux de l’oncle de mon éditeur à Kobané. Ces preuves sont à disposition de qui veut bien regarder ces abominations. Le régime d’Al-Charaa ne peut rien produire de la sorte contre les Kurdes. Troisième fait : les camps de Roj et surtout Al-Hol n’étaient en rien des centres carcéraux comme on le prétend aujourd’hui. Les nombreux témoins indépendants que j’y ai emmené pendant des années confirmeraient sans peine ce qui suit : les conditions de vie étaient rudes dans ces camps de prisonniers parce que le pays était ruiné par la guerre, mais leur « niveau de vie » demeurait supérieur à la plupart des camps de déplacés kurdes, notamment parce que ces derniers ne disposaient pas de dispensaires de la Croix-Rouge internationale comme à Al-Hol. Ce camp, où se trouvèrent détenus jusqu’à 50.000 personnes – surtout des familles de jihadistes – disposait d’un immense marché à ciel ouvert où l’on trouvait tous les produits de la vie quotidienne disponibles dans le pays. Ne manquaient pas même des bijouteries ou des bureaux de change pour se faire envoyer de l’argent et téléphoner à l’étranger. Ce camp était si peu contrôlé par les Kurdes, faute de moyens, que Daech y avait reconstruit une partie de son architecture dogmatique. Les étrangers ne pouvaient s’y déplacer que dans des véhicules blindés pour éviter d’être agressés. Au camp de Roj vivaient également de nombreuses familles de jihadistes, notamment françaises, Elles habitaient dans des tentes rustiques, comme les réfugiés kurdes, et leurs conditions de vie y était tout aussi difficiles, voire déplorables l’hiver. Mais tout le monde était logé à la même enseigne, faute de pouvoir faire autrement. Si je prends l’exemple de la célèbre Emilie Koenig, égérie française de Daech – aujourd’hui rapatriée et emprisonnée en France – sa tente disposait d’un poêle pour la chauffer, d’un poste de télévision pour ses enfants, et la nourriture était pauvre mais suffisante. La seule chose dont elle avait à se plaindre, me disait-elle, était sa privation de liberté qui s’éternisait, ce en quoi elle avait raison d’un point de vue juridique. Quatrième fait : les conditions de vie dans les prisons elles-mêmes – là où étaient gardé les jihadistes les plus dangereux – étaient beaucoup plus carcérales et sévères que dans les camps à l’air libre, notamment du fait de la promiscuité dans les cellules. Nul n’aurait voulu vivre dans de telles conditions. Ma première question aux jihadistes français était toujours la même : êtes-vous ou non traités correctement ?  Nous parlions en Français, les Kurdes étaient incapables de comprendre, ils pouvaient dire ce qu’ils voulaient. Les réponses étaient toujours identiques : pas de brimades, pas de coups. La nourriture était suffisante et ils recevaient des soins chaque fois que nécessaire. Les plaintes étaient autres : difficultés d’avoir accès à leurs avocats en France, conscience de l’arbitraire de leur détention puisque aucun procès ne pouvait avoir lieu au Kurdistan, faute de sa reconnaissance en tant qu’État. Pour le reste, il leur arrivait de me menacer en tant « qu’« infidèle » et les femmes refusaient pour la même raison de boire avec moi le thé que je leur proposais Mais ça, j’y étais habitué.

IRAN. Civils transformés en boucliers humains ?

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IRAN / ROJHILAT – Des centres militaires et de sécurité iraniens ont été déplacés dans des zones civiles, mettant ainsi la population en danger, alerte le site kurde Rojhilat Info.
Dans le contexte de l’escalade militaire actuelle opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël, de nouvelles informations en provenance du Rojhelat (Kurdistan iranien, ou Kurdistan oriental) et d’autres régions du pays font état d’un déplacement massif de forces et d’infrastructures militaires vers des zones densément peuplées.Selon des sources locales relayées par des médias kurdes comme Rojhilat Info, Hengaw et l’agence ANF, ainsi que des témoignages circulant sur les réseaux sociaux et rapportés par des organisations de défense des droits humains, les Gardiens de la révolution islamique (Pasdaran/IRGC) et les forces Basij auraient transféré des troupes, du matériel militaire et parfois des centres de commandement vers des sites civils.

Parmi les lieux concernés figurent : des écoles (y compris des établissements primaires), des mosquées, des universités, des stades, certains bâtiments gouvernementaux non militaires.

Dans plusieurs villes frontalières du Rojhelat comme Sardasht, Piranshahr, Oshnavieh, mais aussi dans des centres urbains plus larges (Téhéran, Shiraz, Rasht, Ardébil), des vidéos et photos montrent des véhicules militaires, des motos, des membres des forces de sécurité et même des réunions officielles installés à l’intérieur d’écoles ou de mosquées. Le Conseil de coordination des syndicats d’enseignants iraniens avait déjà alerté, juste avant le début des frappes, sur la présence d’équipements militaires dans des établissements scolaires, qualifiant ces lieux de « boucliers mortels ».

On redoutes des conséquences humanitaires désastreuses 

Les analystes en sécurité et les observateurs internationaux soulignent que cette tactique, bien que visant potentiellement à protéger les installations militaires contre des frappes aériennes de précision, expose directement les populations civiles à un risque extrême. En plaçant des cibles militaires au cœur de quartiers résidentiels, d’établissements éducatifs ou religieux, le régime iranien augmente considérablement la probabilité de dommages collatéraux massifs en cas de nouvelles attaques.Cette pratique rappelle les accusations récurrentes portées contre les proxies iraniens (Hezbollah au Liban, Houthis au Yémen, milices en Irak et Syrie, Hamas à Gaza), régulièrement accusés d’utiliser des civils comme boucliers humains. Si elle est confirmée à grande échelle en Iran même, elle pourrait constituer une violation du droit international humanitaire, en particulier des principes de distinction et de proportionnalité (Protocole additionnel I aux Conventions de Genève).Dans certaines zones, des évacuations partielles d’habitations voisines ont été signalées, mais sans plan d’évacuation global ni mesures de protection apparentes pour les résidents restants, notamment les enfants scolarisés.
 
Contexte de l’escalade
 
Ces mouvements interviennent alors que les frappes américano-israéliennes visent prioritairement les infrastructures militaires, nucléaires et de commandement de l’IRGC, y compris dans le Rojhelat où de nombreuses bases ont déjà été touchées (Paveh, Mahabad, Sanandaj, Urmia…). Téhéran a riposté par des salves de missiles et drones contre des bases américaines et des sites civils dans plusieurs pays du Golfe, accentuant la crainte d’une spirale incontrôlable.
 
En l’absence de confirmation indépendante exhaustive (les accès aux zones concernées restant très limités), ces informations doivent encore être croisées et vérifiées. Elles soulèvent néanmoins une alarme légitime quant à la sécurité des civils iraniens, kurdes en particulier, pris en étau dans un conflit dont ils ne sont pas responsables.
La communauté internationale, les organisations humanitaires et les mécanismes de monitoring (ONU, FIDH…) appellent à la protection stricte des civils et à des enquêtes sur tout usage potentiel de boucliers humains.

#IranWar – Ankara et Bakou profitent de la guerre : Empêcher l’autonomie kurde à tout prix

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IRAN / ROJHILAT – Dans le contexte de la guerre actuelle opposant les États-Unis et Israël à l’Iran, deux voisins du nord de l’Iran – la Turquie et l’Azerbaïdjan – multiplient les signaux d’une possible intervention militaire qui inquiètent profondément les Kurdes d’Iran…

L’Azerbaïdjan accuse officiellement l’Iran d’avoir lancé une attaque de drones sur son enclave de Nakhchivan le 5 mars 2026 : un drone aurait frappé le terminal de l’aéroport international de Nakhchivan, un autre serait tombé près d’une école. Bakou a convoqué l’ambassadeur iranien, condamné l’acte comme une violation du droit international et « réservé le droit de mesures de représailles appropriées ». De plus, des renforts militaires azéris ont été signalés le long de la frontière iranienne, alimentant les craintes d’une escalade.
De son côté, la Turquie prépare depuis plusieurs jours des plans officiellement « pour gérer un afflux massif de réfugiés iraniens » mais en réalité pour contrer une éventuelles autonomie kurde.
 
Le ministre turc de l’Intérieur Mustafa Çiftçi a annoncé des mesures inquiétantes : des camps et une zone tampon à la frontière, voire intervention sur le sol iranien pour contenir « les flux à la source ». Officiellement présenté comme une mesure humanitaire, ce dispositif vise surtout à empêcher toute émergence d’une autonomie kurde dans le nord-ouest de l’Iran (Rojhelat / Kurdistan oriental), où les groupes kurdes pourraient profiter du chaos pour consolider leur contrôle.
 
Une intervention conjointe ou coordonnée turco-azérie dans le nord de l’Iran représenterait un danger existentiel pour les Kurdes d’Iran. Historiquement persécutés, privés de droits linguistiques et culturels, surreprésentés parmi les exécutés et les prisonniers politiques, les Kurdes risqueraient un nouvel épisode de répression massive – voire de nettoyage ethnique – sous couvert de « lutte antiterroriste » ou de « sécurisation des frontières ».
 
Alors que les Kurdes iraniens n’ont ni armée puissante ni allié direct capable de les protéger efficacement, une telle opération turco-azérie aggraverait leur isolement et leur vulnérabilité.
 
Les peuples kurdes, déjà divisés et opprimés dans les quatre pays qui se partagent leur patrie historique, méritent une reconnaissance internationale urgente : autonomie, protection des droits humains et, idéalement, une zone d’exclusion aérienne (no-fly zone ou no-flight zone en anglais) pour empêcher de nouveaux massacres.

Peuple colonisé, réalités contrastées : Les Kurdes face à quatre États

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KURDISTAN – Les Kurdes, peuple colonisé entre quatre pays (Turquie, Iran, Irak et Syrie), vivent des réalités contrastées : autonomie fédérale au Kurdistan d’Irak (KRG), mais persécution systématique et absence totale de droits en Turquie, Syrie et surtout en Iran, où la région kurde – Rojhelat (Kurdistan oriental) – est historiquement au cœur de la résistance nationale depuis la République de Mahabad (1946) jusqu’au soulèvement « Femmes, Vie, Liberté » déclenché par l’assassinat de Jina Mahsa Amini en 2022. Voici quelques points clés par la chercheuse kurdophone, Meghan Bodette, pour mieux comprendre la question kurde qui s’impose de nouveau sur la scène internationale à cause de la guerre Iran vs Etats-Unis et Israël :
Explication de la politique régionale kurde, par une personne qui vit dans la région et qui parle la langue.
 
1) Les Kurdes sont un groupe ethnique réparti entre la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie.
 
Ces pays présentent des structures politiques très différentes, tant à l’intérieur qu’entre eux.
 
2) Les Kurdes d’Irak bénéficient d’une autonomie dans le cadre du système fédéral irakien depuis 2003.
 
Il s’agit de la région du Kurdistan d’Irak (KRI) ou du gouvernement régional du Kurdistan (KRG).
 
Elle est dirigée par le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) et l’Union patriotique du Kurdistan (UPK).
 
3) Les Kurdes de Turquie, de Syrie et d’Iran ne bénéficient d’aucun statut juridique officiel, de aucun droit ni d’aucune reconnaissance et sont persécutés par les gouvernements centraux de ces trois États. De nombreux mouvements de résistance ont vu le jour en réaction.
 
4) Les régions kurdes d’Iran, connues sous le nom de Kurdistan oriental ou Rojhelat (qui signifie « Est » en kurde), sont depuis des décennies le cœur de la lutte nationale kurde.
 
Le premier État kurde moderne, la République du Kurdistan, a été fondé à Mahabad en 1946 et écrasé par l’Iran la même année.
 
5) Les groupes kurdes se sont opposés à la monarchie en 1979 et ont ensuite été les derniers à résister à l’imposition de la République islamique dans les années 1980. Là encore, pendant un certain temps, les régions kurdes se sont gouvernées elles-mêmes jusqu’à ce que le gouvernement central parvienne à les réprimer.
 
6) Jina Amini, assassinée par la police des mœurs de la République islamique et à l’origine du soulèvement « Femmes, Vie, Liberté » de 2022, était une Kurde. Ce soulèvement, qui a débuté dans les régions kurdes, a engendré une répression d’État d’une violence inouïe depuis lors.
 
7) Aujourd’hui, en Iran, les Kurdes ne peuvent ni parler librement leur langue ni pratiquer leur culture. Ils représentent une part disproportionnée des prisonniers politiques et des personnes exécutées par rapport à leur poids démographique. Ils ne disposent d’aucun moyen démocratique d’exprimer leur désaccord.
 
8) Les groupes kurdes iraniens doivent donc opérer en exil. Cela signifie généralement au Kurdistan irakien.
 
Mais le Kurdistan irakien, petit territoire enclavé et entouré d’acteurs hostiles plus importants, ne peut se permettre de provoquer l’Iran.
 
9) Les groupes kurdes iraniens réclament l’autonomie et les droits des Kurdes en Iran et ont affronté l’État, parfois par la force, pour les obtenir.
 
Le Kurdistan irakien souhaite préserver son autonomie en Irak et ne provoquera pas les États voisins susceptibles de le menacer.
 
Des acteurs différents, des intérêts différents.
 
10) Nous avons maintenant établi que les Kurdes d’Irak et les Kurdes d’Iran ont des structures politiques, des objectifs et des relations différents avec leurs États centraux respectifs.
 
Nous avons également établi que les Kurdes d’Iran se battent depuis près d’un siècle, et pas seulement depuis cette année ou cette guerre.

IRAN. Diversion militaire et risque d’escalade pour les Kurdes

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IRAN / ROJHILAT – Alors qu’il y a une campagne de désinformation sans précédent concernant le rôle que les Kurdes vont jouer dans la guerre Iran vs Etats-Unis et Israël, la chercheuse Rojîn Mûkrîyan nous explique pourquoi les États-Unis et Israël pourraient avoir intérêt à ouvrir un front militaire à Rojhelat (Kurdistan de l’Est dans le nord-ouest de l’Iran) et les risques et avantages que cela impliquerait.
 

Voici l’analyse de Rojîn Mûkrîyan :

 
Quelques réflexions sur les raisons pour lesquelles les États-Unis et Israël pourraient vouloir ouvrir une ligne de front au Rojhelat (nord-ouest de l’Iran), région à majorité kurde :
 
Premièrement, les Kurdes sont mieux organisés, disposent de capacités militaires et font preuve d’une forte volonté de combattre le régime depuis sa mise en place. Mais ce n’est pas tout.
 
En ouvrant une ligne de front au Rojhelat, Israël et les États-Unis pourraient y gagner beaucoup.
Avant tout, ils pourraient utiliser la menace d’une intervention militaire kurde pour faire pression davantage sur la République islamique d’Iran et l’amener à négocier avec les États-Unis.
 
Ensuite, l’ouverture d’une ligne de front au Rojhelat pourrait circonscrire le conflit aux frontières iraniennes. Si la République islamique d’Iran devait faire face à des forces kurdes à l’intérieur de son territoire, elle serait contrainte de consacrer du temps et des ressources à les combattre. De ce fait, moins de missiles et de drones franchiraient la frontière, ce qui pourrait réduire la pression sur Israël et les pays du Golfe.
 
Et enfin, renverser le régime, s’il refuse finalement de se soumettre, exigerait des forces terrestres, et non pas seulement la supériorité aérienne. Dans ce contexte, les Kurdes pourraient se révéler particulièrement indispensables aux États-Unis et à Israël.
 
L’éventualité d’une implication des forces kurdes pourrait avoir de graves conséquences pour les Kurdes et les autres populations du Rojhelat. Le régime pourrait aisément lancer des missiles et des drones sans discernement et en toute impunité. Des milices chiites pourraient également appeler au djihad chiite et se mobiliser contre les Kurdes.
 
Il ne s’agit pas d’un argument contre l’action ou l’engagement. Au contraire, l’engagement et l’action kurdes doivent être réfléchis, plus prudents et opportuns.
 
Je suis certaine que les partis politiques kurdes feraient preuve de prudence dans leurs calculs politiques et ne mettraient pas en danger la vie des civils sans certaines garanties politiques.

KURDISTAN. Erbil secouée par de fortes explosions

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IRAK / KURDISTAN – Ce soir aussi, la ville kurde d’Erbil (Hewler) a été secouée par des explosions dues aux drones / ou missiles. On ne sait pas encore s’il s’agit d’attaques lancées depuis l’Iran ou par des milices chiites irakiens pro-Iran. De fortes explosions ont été entendues mercredi soir dans la ville kurde d’Erbil (Hawler). Un des cites ciblés est un grand complexe résidentiel du quartier chaldéen-syriaque-assyrien d’Ankawa, à Arab’ilo (Erbil) qui a été gravement endommagé cette nuit par des tirs de roquettes et/ou de drones. Auparavant, des factions chiites affiliées à la soi-disant « Résistance islamique » au sein des Forces de mobilisation populaire (FMP) avaient annoncé des attaques ciblant les intérêts américains à Hawler à l’aide de drones. Depuis plusieurs jours, les régions kurdes d’Irak sont la cible d’attaques iraniennes alors que la guerre entre l’Israël / Etats-Unis vs l’Iran fait rage dans tout le Moyen-Orient.  

SUISSE. Les femmes en campagne contre la guerre à la veille du 8 mars

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SUISSE – A l’approche de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, et face à la nouvelle l’escalade du conflit au Moyen-Orient provoquée par l’intervention américaine et israélienne en Iran, des militantes de différentes nationalités, dont des kurdes, ont lancé créé le collectif « Libérez toutes les femmes (Free all women) » et lancé une pétition du même nom contre les violences faites aux femmes en temps de guerre. Lancée en ligne sous le nom « Libérez toutes les femmes », la campagne se déroulera également physiquement dans cinq villes suisses le 7 mars. Les militantes ont déclaré : « Face à la reprise du chaos lié à la guerre, des femmes de diverses communautés se rassemblent à l’occasion de la Journée internationale des femmes, le 8 mars, pour s’unir contre les violences sexuelles utilisées comme arme de guerre. C’est un pas dans la bonne direction. Et pourtant, des femmes d’horizons différents – chrétiennes, laïques, kurdes, yézidies, musulmanes, juives – se tiennent consciemment côte à côte. » La violence sexuelle n’est pas un sous-produit de la guerre. Ce n’est pas un simple hasard ; c’est une arme de guerre délibérément utilisée à des fins de destruction, d’humiliation et d’intimidation.   En cette période de polarisation, les espaces d’empathie et de tolérance face à l’incertitude se font de plus en plus rares. Ce projet vise également à répondre à ce besoin.  En tant qu’État garant des Conventions de Genève, la Turquie a des obligations claires en vertu du droit international humanitaire et devrait jouer un rôle actif dans ces domaines.  Le samedi 7 mars, des signatures seront recueillies à des stands installés dans les principales villes de Suisse : Zurich, Berne, Bâle, Lausanne et Genève. Les signatures recueillies seront soumises au Parlement fédéral suisse. Les quatre principales revendications de la campagne sont : 1. Mise en œuvre contraignante et mesurable de la résolution 1325 de l’ONU ; objectifs transparents, rapports et actions concrètes.   2. Tenir l’auteur des faits responsable : coopération active avec la Cour pénale internationale de La Haye, sanctions, principe de compétence universelle et gel des avoirs.   3. Un soutien sûr et défini pour les victimes : financement spécifique, traitement des traumatismes et programmes de protection.   4. Pas de place pour le deux poids deux mesures en matière de diplomatie : une condamnation claire quel que soit l’auteur des faits et une politique étrangère cohérente.   La déclaration appelait également à ce que les violences sexuelles en temps de guerre soient considérées comme un crime de guerre, à la solidarité avec toutes les victimes et à une prise de position contre toutes les formes de discrimination et d’humiliation inhumaines.   Lieux où les signatures seront recueillies le 7 mars : 1- Zurich : Tessinerplatz (Bahnhof Enge) 15h-17h 2- Berne : Kornhausplatz 15h-17 3- Bâle : Tellplatz 15h-17h 4- Lausanne : Place des Pionnières 15h-18h 5- Genève : Place Molard-Fontaine 13h-17h La campagne peut être suivie sur le site Free All Women

IRAN. 2 400 morts en six jours de guerre

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IRAN / ROJHILAT – En six jours d’attaques israélo-américaines ciblant l’Iran, dont les régions kurdes, au moins 2 400 personnes (310 civils et 2 090 militaires iraniens) ont perdu la vie selon les statistiques de l’ONG hengaw.
Alors que la guerre entre les États-Unis, Israël et la République islamique d’Iran entre dans son sixième jour, les constatations et la documentation de terrain de l’organisation de défense des droits humains Hengaw se poursuivent, et selon les statistiques confirmées par Hengaw, au moins 2 400 personnes (310 civils et 2 090 militaires iraniens) ont perdu la vie jusqu’à présent.
 

Répartition des victimes et étendue géographique des attaques

 
D’après les statistiques de l’ONG Hengaw, entre le 28 février et aujourd’hui (4 mars), des centres militaires et gouvernementaux ont été la cible d’attaques aériennes et de missiles dans 163 villes réparties dans 24 provinces iraniennes. Parmi ces cibles figuraient des bases des Gardiens de la révolution, des centres du Bassidj, des aéroports militaires, des sites de missiles, des commissariats de police, des institutions judiciaires, des sièges de l’agence de renseignement, des casernes et des quartiers généraux d’unités spéciales.
 
Selon ce rapport, le plus grand nombre de victimes militaires a été enregistré dans les provinces suivantes :
 
– Province de Téhéran
– Province de Kermanshah (en kurde : Kirmaşan)
– Province du Kurdistan (Sanandaj, en kurde : Sinê )
– Province de l’Azerbaïdjan occidental (Urumiyah, en kurde: Wurmê)
– Province de l’Azerbaïdjan oriental
– Province du Sistan et Baloutchistan
– Province d’Ispahan
– Province d’Alborz
– Province d’Ilam 
 

Civils

 
Exprimant sa profonde préoccupation face aux pertes civiles, l’agence onusienne confirme que c’est dans la province d’Hormozgan que l’on déplore le plus grand nombre de victimes civiles. Selon les documents disponibles, une grande partie des victimes étaient des écolières de l’école primaire « Shajre Tayyiba ». Outre Hormozgan, des victimes civiles, dont plusieurs enfants et femmes, ont également été recensées dans les provinces de Téhéran, du Kurdistan, de Kermanshah, du Khorasan Razavi, de Qazvin, d’Alborz, d’Azerbaïdjan occidental (Urumieh) et d’Azerbaïdjan oriental. D’après le rapport, 310 civils ont été tués dans ces attaques à ce jour, soit 13 % du nombre total de victimes.
 
Et ce, malgré le fait que la République islamique n’ait pas évacué les zones résidentielles proches des institutions militaires et de sécurité et des casernes, malgré les conditions de guerre, et que les habitants tentent de sauver leur vie en évacuant et en se déplaçant vers des endroits relativement sûrs de manière spontanée et décentralisée.
 
L’Observatoire a également reçu de nombreux rapports indiquant que les forces militaires iraniennes ont quitté leurs sites militaires et se sont installées dans des écoles, des dortoirs scolaires et des mosquées situés dans des zones résidentielles civiles, ce qui pourrait alourdir le bilan des victimes civiles.
 
Depuis le début de la guerre, les familles des détenus et des prisonniers ignorent tout de leur situation, et les conditions de détention sont jugées dangereuses dans certaines zones. Selon Hengaw, les gardiens ont verrouillé les portes de plusieurs cellules de la prison de Qezl-e Hassar, les empêchant ainsi de se mettre à l’abri en cas d’urgence ou de frappes aériennes.
 
De plus, un grand nombre de prisonniers, y compris des prisonniers politiques, ont été libérés sous caution sur la base de cette résolution dans les villes de Marivan, Naqdeh, Salmas, Urmia, Sanandaj, Mahabad et Ilam.
 
 
 

Pertes massives des forces gouvernementales au Kurdistan et dissimulation des statistiques

 
Au cours des six derniers jours, et plus particulièrement lundi, mardi et mercredi, les avions de guerre israéliens et américains ont mené des attaques plus intenses contre des sites militaires et gouvernementaux, et au moins 109 bases militaires et centres de sécurité de la République islamique d’Iran ont été ciblés dans 30 villes des provinces d’Ilam, de Kermanshah, du Kurdistan et d’Azerbaïdjan occidental (Urumiyah).
 
Le suivi effectué par Hengaw montre qu’au cours des trois derniers jours, le nombre le plus élevé de soldats gouvernementaux tués a été enregistré dans ces quatre provinces, soit 400 personnes.
 
Près de 40 civils ont également été tués lors de ces attaques, la plupart ayant été recensées dans les villes d’Urmia, de Sanandaj et de Kermanshah.
 
Dans son précédent rapport, Hengaw affirmait que les services de sécurité refusaient de publier des statistiques précises sur les pertes militaires, notamment dans les villes du Kurdistan, et que, dans certains cas, ils avaient publié des chiffres bien inférieurs à la réalité. Hengaw insistait sur la nécessité de transparence quant à l’identification des victimes et sur l’importance de protéger la vie des civils dans les conflits armés, conformément aux conventions internationales.
 
Depuis le troisième jour de la guerre, l’accès à Internet en Iran est gravement et définitivement perturbé, et les canaux de communication sécurisés permettant aux citoyens iraniens d’accéder à l’information libre sont bloqués.
 
L’Organisation iranienne des droits humains, Hengaw appelle une fois de plus les organisations internationales à contraindre strictement les parties belligérantes à protéger la vie des civils en accordant une attention particulière aux victimes civiles, notamment au vu des politiques de dissimulation de la République islamique.