IRAN. Le régime veut envoyer les prisonniers dans les zones de conflits

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IRAN / ROJHILAT – Le régime iranien tente d’envoyer des prisonniers sur les lignes de front sous couvert de « volontariat », selon l’agence kurde Mezopotamya qui cite le Centre iranien des droits de l’homme.

Le Centre iranien des droits de l’homme (CHRI) a dénoncé une nouvelle pratique du régime iranien : inciter des prisonniers à se porter « volontaires » pour être envoyés dans des zones de combats terrestres probables ou dans des régions fortement ciblées par des frappes.

Selon le communiqué du CHRI, les administrations pénitentiaires de plusieurs prisons, notamment au Kurdistan oriental et dans d’autres régions du pays, font pression sur les détenus pour qu’ils s’inscrivent comme volontaires. Face à la résistance massive des prisonniers, les autorités réagissent par des menaces accrues, des sanctions disciplinaires et la privation de leurs droits fondamentaux.

Le centre précise que les autorités tentent de transférer ces détenus vers des zones particulièrement exposées, telles que l’île de Khark et la province d’Hormozgan. La grande majorité des prisonniers ont rejeté ces demandes et résistent aux pressions.

« Les autorités recourent à la contrainte et aux menaces pour forcer les transferts », indique le communiqué, qui voit dans cette pratique un signe de la crise profonde de recrutement que traverse le régime iranien pour ses besoins en matière de défense. (Agence Mezopotamya )

TURQUIE. Libération d’un Kurde torturé lors d’une manifestation pro-Rojava

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TURQUIE / KURDISTAN – Le jeune Kurde Diyar Koç, torturé par les forces turques et faussement accusé d’avoir abaissé le drapeau turc lors d’une manifestation pro-Rojava le 20 janvier 2026 au plus fort des attaques des gangs de Damas et de Turquie ciblant la région, a été libéré sous contrôle judiciaire.

Un étudiant universitaire kurde, Diyar Koç (DK), a été libéré après sa première audience, le 9 juin 2026. Il avait été arrêté et torturé en janvier lors d’une manifestation à Mardin.

Diyar Koç participait à une protestation contre les attaques des forces du gouvernement intérimaire syrien contre les régions à majorité kurde du nord-est de la Syrie (Rojava). Il a été violemment interpellé par les forces de sécurité turques.

Présenté dans les médias pro-gouvernementaux comme la personne ayant abaissé le drapeau turc du côté syrien de la frontière, il n’a pourtant fait l’objet d’aucune poursuite pour cet acte. Ni l’acte d’accusation, ni l’audience n’ont évoqué cette accusation.

Lors de l’audience au 2e tribunal pénal lourd de Mardin, Diyar Koç a comparu par visioconférence depuis la prison de Sincan à Ankara. Il a rejeté l’ensemble des accusations et a détaillé les tortures subies, affirmant avoir porté plainte contre ses tortionnaires. Son avocat, Rıdvan Kurt, a demandé sa libération, soulignant l’absence d’éléments matériels justifiant les poursuites.

Le tribunal a ordonné sa remise en liberté sous contrôle judiciaire, avec interdiction de quitter le territoire et obligation de pointages réguliers au commissariat. La prochaine audience est fixée au 29 septembre 2026.

Déclarations de l’avocat

Me Rıdvan Kurt a déclaré à bianet :

« Aucune question n’a été posée à son client concernant le drapeau, ni dans l’acte d’accusation, ni durant l’enquête ou l’audience. Il n’existe ni preuve, ni enregistrement vidéo. Cette accusation est infondée et mon client l’a catégoriquement rejetée. »

L’avocat a précisé que Diyar Koç était poursuivi pour trois chefs d’accusation : appartenance à une organisation terroriste armée, propagande en faveur d’une organisation terroriste, intrusion dans une zone militaire interdite.

Ce qui s’est réellement passé

Le 20 janvier 2026, lors de manifestations le long de la ligne frontière Nusaybin-Kamışlı, des manifestants du côté syrien ont abaissé le drapeau turc situé dans l’ancienne zone douanière.

Des images de Diyar Koç, manifestant du côté turc de la frontière, ont ensuite circulé sur les réseaux sociaux, l’accusant à tort d’être l’auteur du geste.

Selon le procès-verbal officiel des forces de l’ordre, les violences qu’il a subies ont été enregistrées comme une simple « chute de la tour ». Le document indique que des jeunes auraient jeté des pierres sur la tour de garde, le faisant tomber.

Arrêté le 23 janvier, Diyar Koç a d’abord été détenu à Mardin, puis transféré à Diyarbakır. En raison de la gravité de ses blessures, il a été admis en soins intensifs à l’hôpital Gazi Yaşargil, avec un risque d’hémorragie cérébrale.

IRAN. Prison pour un Kurde, dont le frère fut tué lors des manifestations « Femme, Vie, Liberté »

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IRAN / ROJHILAT – Un tribunal pénal de Quchan, dans la province de Razavi Khorasan, a condamné le citoyen kurde Reza Babrnezhad à six ans de prison.

Frère de Mehdi Babrnezhad, une jeune Kurde de 22 ans abattue par les forces de sécurité le 21 septembre 2022 lors du soulèvement « Femme, Vie, Liberté », Reza a été reconnu coupable d’« appartenance à des groupes d’opposition » (5 ans) et de « propagande contre l’État » (1 an). Conformément à l’article 134 du Code pénal islamique, seule la peine la plus lourde sera appliquée.

Le juge Pour-Aria a également prononcé un sursis de quatre ans et demi.

Reza Babrnezhad a été arrêté à plusieurs reprises : d’abord en août 2023, à la veille de l’anniversaire de la mort de son frère, puis en mai 2024 après avoir publié sur Instagram un message à la suite du décès d’Ebrahim Raisi. Il a été libéré sous caution en juillet 2024.

Ce verdict illustre la répression continue du régime iranien contre les familles des victimes du soulèvement kurde.

IRAN. Un jeune mis en isolement en vue d’une exécution

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IRAN / ROJHILAT – Un jeune délinquant du nom Armin a été transféré en isolement à la prison centrale d’Orumiyeh pour l’exécution de sa peine de mort, signale l’ONG kurde KHRN.

Armin avait été arrêté il y a plusieurs années pour « meurtre avec préméditation » alors qu’il était mineur et avait ensuite été condamné à mort selon la loi du talion (qisas), ou loi du talion, a déclaré une source bien informée au Réseau des droits de l’homme du Kurdistan (Kurdistan Human Rights Network, KHRN).

En vertu de la loi islamique iranienne, le meurtre avec préméditation est puni par la loi du talion, qui donne à la famille de la victime le droit d’exiger l’exécution du coupable ou d’accorder sa clémence en échange d’une compensation financière, appelée diya, ou prix du sang.

La source a indiqué que le prisonnier avait été convoqué au bureau d’exécution des peines de la prison centrale d’Orumiyeh le 7 juin avant d’être transféré en isolement, menotté et enchaîné, ajoutant qu’une telle mesure est généralement appliquée avant une exécution.

À l’heure actuelle, aucune information n’est disponible concernant le sort d’Armin. On ignore si sa peine de mort a été exécutée ou si l’exécution a été suspendue après que la famille de la victime a accordé son pardon.

IRAN. Le régime arrête un adolescent kurde à Ilam

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IRAN / ROJHILAT – Arvin Hosseini, un adolescent kurde de 16 ans, a été arrêté par les forces gouvernementales iraniennes à Sarableh, dans la province d’Ilam, et transféré vers un lieu tenu secret. Selon les informations obtenues par l’organisation de défense des droits humains Hengaw, les forces gouvernementales ont arrêté Hosseini, un habitant de Sarableh, le lundi 8 juin 2026, sans présenter de mandat. Aucune information fiable n’a été communiquée concernant les raisons de son arrestation, l’autorité responsable de sa détention, les charges retenues contre lui, son état de santé ou son lieu de détention exact. Les efforts déployés par sa famille pour obtenir des informations sur son sort et le lieu où il se trouve sont restés vains jusqu’à présent. La détention arbitraire d’enfants et de mineurs de moins de 18 ans, en particulier lorsqu’elle est effectuée sans procédure légale régulière et s’accompagne du déni de droits fondamentaux tels que le contact familial et l’accès à une assistance juridique, constitue une violation grave des principes énoncés dans la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant, à laquelle l’Iran est un État partie.

Deux journalistes kurdes morts en moins de 24 heures

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IRAK / KURDISTAN – La journaliste Lanaz Kurdo, fille du défunt poète Kurdo Abdullah, plus connu sous le nom de « Kurdo le Poète », est décédée lundi matin dans un violent accident de la route à Souleimaniye.

Selon les autorités de la circulation, l’accident s’est produit sur le périphérique Malik Mahmoud, sous le pont de Dabashan. La Mitsubishi Lancer conduite par Lanaz Kurdo a perdu le contrôle, s’est renversée et a percuté avec une extrême violence l’un des piliers en béton du pont. La jeune journaliste est morte sur le coup.

Âgée de 22 ans, Lanaz Kurdo avait travaillé au sein de plusieurs médias locaux au Kurdistan.

Deux journalistes tués en moins de 24 heures

Ce drame survient moins de 24 heures après la mort d’un autre journaliste, Halkawt Aziz, tué dimanche dans un accident de la route sur l’autoroute Bagdad-Bassora.

Le journaliste kurde de renom Halkawt Aziz, directeur du bureau de Bagdad du réseau Rudaw, est décédé lundi dans un tragique accident de la route sur l’autoroute Bagdad-Bassora.

Conférence « Construire ensemble un Iran démocratique » au Parlement européen

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BRUXELLES – Une conférence internationale intitulée « Nous tissons un Iran démocratique » (We Weave a Democratic Iran) se tiendra le jeudi 11 juin 2026 au Parlement européen à Bruxelles.

Co-organisée par la Plateforme démocratique iranienne en partenariat avec les groupes S&D (Socialistes & Démocrates), The Left et Les Verts/ALE, cette rencontre vise à rassembler les différentes composantes de l’opposition iranienne (Kurdes, Baloutches, Arabes…) autour d’un projet commun : un Iran démocratique, pluraliste, fédéral et laïc.

Objectifs de la conférence

L’événement créera un espace de dialogue sur l’avenir de l’Iran en mettant l’accent sur : Le rôle des nations et communautés dans la construction démocratique La participation politique inclusive Les fondements d’un Iran démocratique Les perspectives et alternatives démocratiques pour l’avenir La journée sera organisée en quatre tables rondes et retransmise en direct via le Centre multimédia du Parlement européen.

Participants et modérateurs

Modérateurs / Panelistes principaux : Azad Haji-Aghaei Hawzhin Baghali Elahe Sadr Kaveh Fatehi

Intervenants par table ronde :

Panel 1 – Le rôle des nations et communautés dans la construction d’un Iran démocratique Simand Moeini (Membre du Conseil de direction du Parti pour une Vie Libre au Kurdistan – PJAK) Mona Silawi (Secrétaire générale du Parti de la Solidarité démocratique d’Al-Ahwaz – CDSA) Fariba Borhanzehi (Membre du Comité central du Parti populaire du Baloutchistan)

Panel 2 – Le rôle des nations et communautés dans la construction d’un Iran démocratique Faramarz Bakhtiar (Secrétaire du Parti de l’Unité Bakhtiari – Luristan, Kohgiluyeh et Buyer Ahmad) Saeid Hamidan (Parti du Mouvement de lutte arabe d’Ahvaz) Hesam Dast-Pish (Parti démocratique du peuple iranien du Kurdistan) Jouma Bouresh (Avocat et personnalité politique)

Panel 3 – Composantes de la construction d’un Iran démocratique Shirin Shams (Réseau Femmes, Vie, Liberté) Azam Bahrami (Membre du Conseil de direction du Parti de la Solidarité démocratique) Mahdieh Golroo (Membre du Conseil central du Parti de la Liberté iranienne) Raha Sabet Sarvestani (Institut de recherche Avancée – Finlande) Kambiz Ghafouri (Journaliste et militant des droits humains)

Panel 4 – L’avenir de l’Iran et les perspectives démocratiques Diako Murady (Membre du Conseil exécutif du Congrès démocratique du Kurdistan – KDP-I) Hassan Shariat-Madari (Congrès des Démocrates républicains) Reza Kaabi (Représentant des alliances du peuple iranien) Kambiz Faroughi Negin Shiraghayi (Membre du Conseil central du Parti de la Liberté iranienne)

Déclarations des organisateurs

Fariba Borhanzehi, membre du Comité central du Parti populaire du Baloutchistan, a déclaré :

« La résolution de la crise iranienne n’est possible que par la lutte commune de tous les peuples, des communautés religieuses, des femmes et des forces pro-démocratie. Nous aspirons à un Iran démocratique fondé sur l’égalité des droits et une véritable participation politique, où aucun peuple ne domine l’autre. »

Faramarz Bakhtiar, secrétaire du Parti de l’Unité bakhtiari, a ajouté :

« Nous voulons un Iran fédéral et laïc, où les droits de l’homme sont respectés, où les différentes langues et cultures sont reconnues, et où les ressources sont réparties équitablement. Un système démocratique dans lequel toutes les croyances sont traitées sur un pied d’égalité et où la religion n’interfère pas dans la politique. »

AFGHANISTAN. Une femme kurde et sa fille tuées par un chef taliban

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AFGHANISTAN – Chiman Hosseinzadeh, une Kurde originaire de Boukan (Kurdistan d’Iran) installée en Afghanistan, et sa fille Sara Yousefi ont été assassinées par un responsable local taliban qui voulait contraindre Sara au mariage.  
Chiman Hosseinzadeh, une Kurde originaire de Bukan qui vivait en Afghanistan, et sa fille, Sara Yousefi, ont été tuées le 8 mai par un responsable taliban local qui avait cherché à épouser Sara. Une source proche du dossier a déclaré : « Chiman Hosseinzadeh a épousé un Afghan il y a une vingtaine d’années et vivait dans le village de Ghaldouri, dans le district de Kohistanat, province de Sar-e Pol. Elle était connue sous le nom de Bibi Chaman Gol et travaillait comme sage-femme locale. » Selon cette source, Mofti Mohammadollah, chef du département du Hajj et des dotations des talibans dans le district de Kohistanat, avait cherché à épouser Sara Yousefi, la fille de 15 ans d’Hosseinzadeh. Le 8 mai, il se rendit au domicile familial et tenta d’emmener Sara de force, mais sa mère résista. Le responsable taliban ouvrit alors le feu, tuant la mère et la fille. Selon les informations reçues, les forces talibanes ont arrêté l’auteur des meurtres. La famille d’Hosseinzadeh a été informée des meurtres le 31 mai et a organisé une cérémonie funéraire le 2 juin dans le village de Kahriz-e Sardar à Bukan.

SYRIE. Deux autres Alaouites tués à Homs

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SYRIE – Dans un contexte de violences sectaires croissantes en Syrie depuis l’arrivée au pouvoir d’Ahmed al-Sharaa (Jolani), un nouvel incident sanglant a visé la communauté alaouite dans le quartier arménien de Homs.

Un homme armé a fait irruption dans une boucherie appartenant à un commerçant alaouite et a ouvert le feu sur le propriétaire, le blessant mortellement. La victime a succombé à ses blessures à l’hôpital. L’assaillant, poursuivi par le frère de la victime, a été désarmé puis abattu sur place.

Cet événement survient moins de 24 heures après deux attaques distinctes dans la région de Hama :

À Tal Skeen (al-Sarout), dans la campagne ouest, des hommes armés circulant à moto ont ouvert le feu sur des civils alaouites, tuant deux personnes et en blessant trois autres, dont un enfant.

Dans la campagne est, à al-Shuhaib, une attaque similaire a coûté la vie à deux civils alaouites, dont un jeune garçon, et en a grièvement blessé deux autres. Après les fusillades, les assaillants ont incendié des terres agricoles et des récoltes, provoquant d’importants dégâts matériels.

Une vague de violences ciblées

Ces incidents s’inscrivent dans une recrudescence préoccupante d’attaques sectaires visant principalement les Alaouites, mais aussi les Druzes et les Kurdes, depuis la chute du régime Assad et la prise de pouvoir par Ahmed al-Sharaa fin 2024. Des discours de haine et des incitations à la violence contre ces minorités se multiplient sur les réseaux sociaux et dans certains médias, alimentant les tensions et le risque de représailles.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), qui documente ces violences, fait état d’une multiplication des crimes motivés par l’appartenance confessionnelle ou ethnique. Ces attaques menacent la fragile paix civile et font craindre une escalade généralisée.

L’Observatoire appelle à une enquête indépendante, transparente et impartiale, afin que les responsables soient traduits en justice dans le cadre de procès équitables. Il insiste sur la nécessité de traiter ces violations dans un cadre juridique clair, à l’abri de toute instrumentalisation politique, et demande une désescalade urgente du discours de haine pour préserver la coexistence pacifique entre les communautés.

Plus de 10 000 personnes au Festival Alévi de Londres sous le signe de la paix

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LONDRES – Plus de 10 000 personnes ont participé dimanche au 14e Festival Alévi organisé par la diaspora kurde-alévie à Londres. Placée sous le slogan « Que la colombe de la paix vole à travers le monde », cette édition a placé les appels à la paix, à la démocratie et à l’égalité au cœur de l’événement.

Organisé par la Fédération Alévi de la Grande Bretagne (BAF), ce rendez-vous incontournable de la culture alévi en Europe s’est tenu sur le site de la fédération. Il a débuté par l’allumage traditionnel des bougies Çirağ par les chefs spirituels, suivi de prières Gulbang et de danses Semah. Des groupes musicaux, des ensembles folkloriques et plus de 200 enfants issus des centres culturels alévis ont enrichi un programme riche et coloré. De nombreuses organisations démocratiques, associations culturelles et initiatives citoyennes étaient également présentes sur des stands dédiés.

La paix, une exigence de justice et d’égalité

Les discours ont unanimement souligné les valeurs centrales de la philosophie alévie : paix, tolérance, égalité et amour de l’humanité.

Eda Özdemir, coprésidente de la Fédération Alévi britannique, a rappelé que la revendication de paix portée par les Alévis depuis des siècles reste trop souvent sans réponse politique concrète.

« La paix ne se limite pas au silence des armes. Elle exige la justice et l’égalité entre tous les citoyens », a-t-elle déclaré. Selon elle, le thème du festival vise à transformer la paix d’un simple espoir en une vision partagée pour l’avenir de l’humanité.

Hasret Bozdoğan, coprésidente du Centre culturel alévi (IAKM), a elle aussi placé la paix au centre de son intervention :

« Nous, les Alévis, avons connu l’exclusion et la souffrance tout au long de notre histoire. Pourtant, nous n’avons jamais renoncé à défendre l’humanité, la justice et la paix. Nous aspirons à un monde où la vie l’emporte sur la guerre. »

Soutien à l’« Appel à la paix et à une société démocratique »

Le député du parti DEM, Celal Fırat, a salué l’« Appel à la paix et à une société démocratique » d’Abdullah Öcalan, le présentant comme une référence majeure dans le débat politique actuel. Il a insisté sur le fait que cet appel s’adresse à toutes les forces démocratiques, au-delà de la seule question kurde.

« Cet appel concerne les Alévis, les progressistes, les socialistes et tous ceux qui défendent le travail, la fraternité et la justice », a-t-il affirmé. Il a plaidé pour un renforcement collectif du processus de paix et la construction d’une république démocratique où toutes les identités pourraient coexister librement et sur un pied d’égalité.

Vives critiques contre Rahmi Koç

Plusieurs intervenants ont par ailleurs vivement dénoncé les récentes déclarations insultantes de l’homme d’affaires turc Rahmi Koç à l’égard des femmes kurdes.

Hüseyin Mat, président de la communauté alévie d’Allemagne, a accusé Koç de véhiculer des stéréotypes racistes et sexistes sous couvert d’humour. Il a notamment rappelé le rôle déterminant joué par les femmes kurdes dans la lutte contre Daech en Syrie et en Irak.

« Nous n’acceptons pas ces attaques contre les femmes ni contre la dignité du peuple kurde », a-t-il martelé, exprimant sa pleine solidarité avec les femmes engagées dans la résistance.

« Nous voulons une paix digne »

Dans son discours de clôture, Hüseyin Mat a réaffirmé la détermination des Alévis à œuvrer aux côtés de toutes les forces démocratiques pour la démocratie, la liberté et les droits des peuples.

« Nous voulons la paix en Turquie. Mais nous voulons une paix digne », a-t-il souligné. Une paix qui doit garantir à tous – Kurdes, Turcs, Alévis, Sunnites et autres composantes de la société – le droit de vivre librement leur identité dans une république démocratique fondée sur l’égalité et la participation de tous.

Après les discours, le festival s’est prolongé dans une ambiance festive avec les prestations de Gülseven Medar, Lale Koçgün et Mustafa Özarslan, ainsi que des chants choraux, des cérémonies Semah et des danses traditionnelles, reprises en chœur par des milliers de participants. (ANF)