Cyberattaques contre une agence de presse féminine kurde

MOYEN – ORIENT – Un groupe de hackers se faisant appeler « Handala et l’Axe de la Résistance » pro-Iran a lancé des attaques informatiques contre l’agence de presse féminine kurde NÛJINHA, tout en publiant des messages menaçants et haineux à son encontre.

NÛJINHA, première agence de presse kurde entièrement composée de femmes journalistes, a été ciblée par ce groupe pro-iranien qui a multiplié les propos hostiles envers les Kurdes et les institutions kurdes. Dans son communiqué, le groupe affirme avoir transmis des coordonnées de « cibles militaires » aux unités de missiles du Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) iranien, tout en proférant des menaces explicites envers les journalistes : « Des nuits étoilées vous attendent. »

La cyberattaque a entraîné la suppression systématique de contenus sur le site de l’agence, notamment dans ses sections en arabe, en anglais et en persan.

Réaction de NÛJINHA

Malgré ces intimidations, l’agence a réagi avec détermination dans un communiqué officiel :

« Malgré toutes les attaques et menaces dont notre agence fait l’objet, nous poursuivrons nos activités de publication. De telles tentatives visant à museler la liberté de la presse sont inacceptables. »

Erbil accueille le premier Salon du livre kurde

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KURDISTAN – Le premier Salon du livre kurde a été inauguré jeudi au parc Sami Abdulrahman d’Erbil (Hewler). Pendant sept jours, cet événement réunit 130 éditeurs et librairies kurdes et propose des dizaines de milliers d’ouvrages exclusivement en langue kurde.

Selon les organisateurs, 124 participants viennent de la Région du Kurdistan, cinq du Rojhelat (Kurdistan iranien) et un des régions kurdes du Kurdistan de Turquie. Le salon est ouvert tous les jours de 10 h à 19 h.

Visiteurs et professionnels y voient une étape majeure pour la littérature et l’édition kurdes.

Un message national et culturel

Helen Aras, lectrice présente sur place, estime que l’événement dépasse largement le simple commerce du livre :

« Ce n’est pas seulement une exposition de livres, c’est un événement porteur de sens. Il rassemble des ouvrages kurdes venus de tous les horizons sous l’égide d’Erbil pour diffuser un message national », a-t-elle déclaré à Rudaw.

Le traducteur Zanyar Ali s’est quant à lui réjoui de la qualité et de l’authenticité des publications :

« Ce qui nous réjouit, c’est que toutes les maisons présentes sont kurdes et qu’elles accordent une grande importance à la qualité. Tous les ouvrages exposés sont en kurde. »

De son côté, l’éditeur Mirko Abubakir, de Souleimaniye, souligne l’impact sur la culture de la lecture :

« Il s’agit surtout de créer un véritable écosystème kurde du livre, permettant aux lecteurs de redécouvrir les ouvrages qu’ils souhaitent lire dans leur langue. »

Rapprocher les jeunes de la lecture

Ata Raouf, éditeur originaire d’Halabja, met en avant l’importance de reconnecter le public, particulièrement les jeunes générations, avec le livre :

« Ce salon constitue une étape importante pour renouer le lien entre les lecteurs kurdes et les livres. On attend de lui un impact significatif, notamment auprès des jeunes qui se sont éloignés de la lecture ces dernières années. »

Une initiative ambitieuse

L’idée de ce salon revient à Rebin Fattah, propriétaire de la librairie Mali Wafayi à Erbil. Il explique que l’objectif est double : combler l’absence kurde dans les grands salons internationaux et affirmer une présence culturelle forte.

« Nous sommes encore trop invisibles dans le paysage littéraire mondial. L’objectif n’est pas seulement local, mais aussi global : nous faire connaître à l’extérieur tout en renforçant notre unité intérieure. Nous avons besoin d’activités et d’expositions qui portent un message national et kurde, afin d’enrichir notre littérature, nos idées et notre production culturelle », a-t-il déclaré. (Rudaw)

TURQUIE. Les Mères du samedi exigent justice pour les trois hommes d’affaires kurdes exécutés en 1994

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TURQUIE / KURDISTAN – À l’occasion de leur 1106e rassemblement, les Mères du samedi ont réclamé justice pour Savaş Buldan, Adnan Yıldırım et Hacı Karay, trois hommes d’affaires kurdes enlevés puis assassinés il y a 32 ans.

Réunis une nouvelle fois sur la place Galatasaray à Beyoğlu, les Mères du samedi, accompagnées de proches de disparus et de défenseurs des droits humains, ont brandi photos et œillets en signe de mémoire et de résistance. La manifestation de cette semaine était consacrée à l’affaire des trois hommes d’affaires kurdes, enlevés à Istanbul le 3 juin 1994.

Besna Tosun, membre du collectif Mères du samedi et fille de Fehmi Tosun disparu de force en 1995, a lu la déclaration commune :

« Savaş Buldan, Adnan Yıldırım et Hacı Karay vivaient à Istanbul. Le 3 juin 1994, aux premières heures du matin, ils ont quitté ensemble l’hôtel Çınar à Yeşilyurt. Selon de nombreux témoins, sept à huit individus armés, équipés de talkies-walkies et de gilets pare-balles, les ont interceptés devant l’hôtel. Ils les ont plaqués contre le mur, fouillés, puis ont déclaré : “Nous allons prendre vos dépositions et vous libérer.” Les trois hommes ont ensuite été forcés de monter dans des véhicules et emmenés. »

Une arrestation aussitôt démentie

Malgré les plaintes déposées immédiatement par les familles auprès du parquet, de la police et des autorités, l’État a nié toute arrestation. Le lendemain, le 4 juin 1994, les corps des trois hommes, torturés et exécutés par balles, étaient retrouvés par des villageois dans le quartier de Taşlı Melen, à Yığılca (Bolu), dans une zone tristement surnommée le « triangle de la mort », où de nombreuses victimes d’opérations contre-guérilla étaient abandonnées.

Les affaires sont restées sans suite pendant 19 ans. Ce n’est qu’en décembre 2013, grâce à l’insistance des familles, qu’un nouvel acte d’accusation a été rédigé et intégré au procès dit « Ankara JİTEM » devant le 1er tribunal correctionnel d’Ankara.

Une liste de personnes à abattre

Lors du procès, Mehmet Eymür, ancien responsable du contre-terrorisme au MIT, a remis au tribunal une liste de personnalités kurdes à éliminer, sur laquelle figuraient Buldan, Yıldırım et Karay. Selon lui, ces exécutions s’inscrivaient dans des opérations spéciales supervisées par Mehmet Ağar et impliquant notamment Korkut Eken, İbrahim Şahin et Emin Aslan.

Ces informations vivaient également dans le rapport Susurluk, dans le dossier Ergenekon et dans l’acte d’accusation de l’affaire JİTEM. Malgré ces éléments, tous les accusés, dont Mehmet Ağar, ont été acquittés le 13 décembre 2019. La Cour d’appel régionale d’Ankara a cassé le jugement, mais le tribunal de première instance a de nouveau prononcé l’acquittement.

« Nous n’abandonnerons jamais »

Besna Tosun a conclu :

« Cette affaire s’ajoute à la longue liste des dossiers condamnés par la Cour européenne des droits de l’homme mais restés impunis en Turquie. Peu importe le temps qui passe, nous ne renoncerons jamais à demander justice pour Savaş Buldan, Adnan Yıldırım, Hacı Karay et pour tous nos proches disparus. L’État doit assumer ses responsabilités conformément aux normes juridiques universelles. »

« Affronter le passé »

Pervin Buldan, épouse de Savaş Buldan et députée du DEM, a déclaré :

« Nous avons frappé à toutes les portes. Le 3 juin 1994, on nous a ramené trois corps à la maison. Malgré tous nos efforts, les meurtriers ont été acquittés lors de procès de façade. Nous demandons aujourd’hui à la nouvelle Unité d’enquête sur les meurtres non élucidés de faire la lumière non seulement sur ces crimes, mais sur tous ceux de cette période sombre. Affronter le passé et révéler la vérité est une responsabilité collective. »

Leyla Yıldırım, fille d’Adnan Yıldırım, a quant à elle affirmé :

« Notre quête pacifique se poursuivra jusqu’à ce que toutes les ténèbres du passé soient enfin éclairées. »

Depuis 31 ans, les mères du samedi demandent justice pour leurs disparu.e.s
 
Le samedi 27 mai 1995, les Mères du Samedi (en kurde: Dayikên Şemiyê, en turc: Cumartesi Anneleri) descendaient pour la première fois sur la place Galatasaray, à Istanbul, pour exiger la fin des disparitions forcées et demander qu’on leur rende leurs proches portés disparus.
 
Les « mères du samedi » reprochent à l’État turc de ne pas avoir enquêté sérieusement pour établir la vérité sur ceux qui ont disparu après leur mise en détention par les autorités turques.
 
Selon l’Association des droits de l’Homme (IHD), entre 1992 et 1996, 792 disparitions forcés et meurtres (de journalistes, syndicalistes, médecins, enseignants, enfants ou simples paysans) par l’État ont été signalés dans les régions kurdes de Turquie.

ALLEMAGNE. La radio-télévision publique WDR supprime les émissions en kurde

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CENSURE. Les Kurdes d’Allemagne vont être privés de l’émission en langue kurde COSMO Kurdî diffusée depuis près de 40 ans par la radio télévision publique WDR. Pour les responsables de WDR, la majorité des Kurdes d’Allemagne – considérés comme étant turcs – sont invités à écouter les émissions en langue turque !

La radio-télévision publique ouest-allemande WDR a décidé de mettre fin à la diffusion de son émission en kurde, Cosmo Kurdî, après près de 40 ans d’antenne. Cette suppression intervient alors que les programmes en persan, turc et arabe sont maintenus.

Selon la WDR, la majorité des Kurdes de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, où la chaîne est basée, possèdent la nationalité turque. Les programmes en turc suffiraient donc à couvrir leurs besoins. Une explication vivement contestée par Kamil Bazirgan, l’un des présentateurs historiques de l’émission.

« La principale raison invoquée est la faible audience », a déclaré Bazirgan vendredi dans l’émission Diaspora de Rudaw. Il accuse cependant la WDR d’avoir elle-même contribué à cette baisse : l’émission, autrefois diffusée en direct, a progressivement été réduite à un format préenregistré, puis à un simple podcast. L’équipe est passée de six à deux personnes seulement, et le programme, qui traitait autrefois de cinq sujets par dimanche (couvrant les quatre parties du Kurdistan et l’Allemagne), a été considérablement restreint.

Une émission pionnière

Lancée en février 1987, Cosmo Kurdî était à l’origine un programme neutre en langue kurde destiné à un large public. Diffusée en sorani et en kurmandji, l’émission traitait de l’actualité au Kurdistan comme au sein de la diaspora. Sa création avait été largement perçue comme une forme de reconnaissance officielle du peuple kurde par l’Allemagne.

Elle devait fêter ses 40 ans en février 2027.

Un signal inquiétant

L’arrêt de Cosmo Kurdish signe la disparition de l’une des plus anciennes émissions en langue kurde d’Europe. Il intervient alors que la station COSMO, seule radio publique allemande à diffuser régulièrement en plusieurs langues et à donner la parole aux communautés immigrées et minoritaires (kurde, LGBTQ+, etc.), est elle-même menacée par une réforme budgétaire de l’ARD prévue fin juin.

En Rhénanie-du-Nord-Westphalie, où près de la moitié des jeunes sont issus de l’immigration, la suppression de ces programmes créerait un vide démocratique majeur. À l’heure où l’extrême droite progresse, réduire au silence ces voix pluralistes risque d’abandonner une partie de la population à des médias nationalistes ou communautaristes.

La diversité sur les ondes n’est pas un luxe, mais une nécessité démocratique.

Signez la pétition :

« La diversité a besoin d’une voix : SAVE COSMO Radio ! (Vielfalt braucht eine Stimme: Save COSMO Radio!)»

L’Iran champion du monde des exécutions de femmes

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IRAN / ROJHILAT – Selon la militante iranienne des droits des femmes Nasim Mogharab, l’Iran a exécuté au moins 61 femmes au cours de la dernière année, le chiffre le plus élevé au monde.

Dans une interview accordée à Radio Zamaneh, Nasim Mogharab a dénoncé l’escalade de la répression contre les femmes, en particulier au Kurdistan oriental (Rojhelat). Elle révèle que moins de 10 % de ces exécutions sont rendues publiques : la grande majorité est effectuée en secret.

D’après le rapport annuel 2025 d’Amnesty International, l’Iran a réalisé près de 80 % de toutes les exécutions recensées dans le monde, le niveau le plus élevé depuis 1981.

Des prisonnières politiques en danger de mort

Cette violence systématique touche particulièrement les militantes, intellectuelles et manifestantes. Plusieurs femmes sont actuellement sous menace d’exécution, dont Sharifa Mohammadi, les activistes kurdes Pakhshan Aziz et Warishe Muradi.

 

Bita Himati et Maryam Hudvand, arrêtées lors des manifestations récentes, ont été condamnées à mort. Mehbuba Shabani et Hadisa Mirwari sont également gravement menacées pour « muhareb » (guerre contre Dieu).

La militante dénonce le refus systématique d’accès à des avocats indépendants, la torture (y compris sexuelle) lors des interrogatoires, et des violations graves de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

ROJAVA. « Le Père », le film qui raconte la lutte d’un ancien détenu de Saydnaya après sa libération

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SYRIE / ROJAVA – Un long métrage kurde intitulé « Bav (Le Père) » est actuellement en tournage à Qamishli. Le film suit le parcours de Taymour, un Kurde d’Afrin qui, après 15 ans de détention dans la tristement célèbre prison de Saydnaya, tente de reconstruire sa vie suite à la chute de l’ancien régime syrien.

Libéré après la chute du régime, Taymour reste bloqué un an à Damas avant de rejoindre Qamishli, où sa femme et son fils vivent depuis des années, contraints à l’exil par la guerre. Si ses retrouvailles physiques avec sa famille ont lieu, son retour marque le début d’un nouveau combat : celui des séquelles psychologiques profondes, de l’incapacité à se réadapter et d’un isolement persistant au sein d’une société profondément transformée.

Le réalisateur kurde Zahawi Sanjawi, installé en Suède, porte ce projet depuis plus de vingt ans. Il en a écrit le scénario et supervise actuellement le tournage dans le nord-est de la Syrie, entamé il y a près de deux mois. Le titre actuel reste provisoire.

Un récit aux résonances universelles

Au-delà de l’histoire personnelle de Taymour, le film aborde des thèmes plus larges : le déracinement, la mémoire traumatique, la perte et la quête d’identité. Il reflète le vécu de milliers de Kurdes syriens victimes de détention arbitraire et de disparition forcée sous le régime baasiste.

L’actrice Shirin Rashid, qui incarne l’épouse de Taymour, souligne que le film donne voix aux souffrances endurées par des milliers de familles kurdes. Son personnage incarne une femme qui a élevé seule son fils pendant quinze ans et perdu une fille lors des déplacements forcés à Afrin.

Jamil Murad, directeur de la photographie et responsable de la société de production Ray Artistic Production, explique que le personnage de Taymour symbolise l’injustice accumulée subie par les Kurdes syriens pendant des décennies. « Ce n’est pas seulement une histoire de retrouvailles familiales, mais une quête identitaire profonde après des années de dépossession. »

Malgré des moyens limités et des conditions de tournage difficiles, une grande partie de l’équipe travaille de manière semi-bénévole. La production fournit caméras, éclairage, son et logistique, et le film entre désormais dans ses dernières phases de tournage.

Zahawi Sanjawi est connu pour ses films humanitaires traitant des réfugiés, des traumatismes de guerre et des souffrances des communautés kurdes et yézidies. Parmi ses œuvres notables figurent le documentaire « L’Enfance d’Imad » (sur un enfant yézidi enlevé par Daech) et « Ma Mère », coréalisé avec Ibrahim Saeedi et Abbas Ghazali, qui retrace la campagne d’Anfal et a reçu le Prix du public au Festival du film kurde de Londres.

Avec « Le Père », Sanjawi espère toucher un large public, notamment en Syrie et au sein de la diaspora kurde, et présenter le film dans les festivals internationaux.

IRAN. Au moins 80 prisonniers exécutés en mai, dont 17 prisonniers politiques

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IRAN / ROJHILAT – Au moins 80 prisonniers ont été exécutés dans les prisons iraniennes au cours du mois de mai 2026, dont 17 prisonniers politiques, selon un rapport de l’ONG kurde Hengaw.

Ce chiffre représente une baisse significative de 83 exécutions par rapport à mai 2025, où 163 exécutions avaient été recensées, soit une diminution d’environ 51 %.

Hengaw a pu vérifier l’identité de 76 des personnes exécutées, tandis que celle de quatre autres reste inconnue. Parmi elles figurait une femme, Esma Zarei, 28 ans, originaire de Parsabad, exécutée à la prison centrale d’Ardabil pour meurtre.

Seules 15 exécutions (19 %) ont été officiellement annoncées par les médias d’État ou le pouvoir judiciaire iranien. Par ailleurs, au moins 19 prisonniers ont été exécutés en secret, sans que leurs familles soient informées ni qu’elles puissent leur rendre un dernier hommage.

17 prisonniers politiques exécutés

Parmi les 80 exécutions, au moins 17 concernaient des prisonniers politiques. Ce groupe inclut quatre Kurdes et deux ressortissants étrangers, condamnés notamment pour « moharebeh » (guerre contre Dieu) ou pour espionnage au profit d’Israël.

Exécutions selon l’origine ethnique ou nationale :

• Prisonniers persans : 26 cas (32,5 %) • Prisonniers kurdes : 17 cas • Prisonniers baloutches : 12 cas • Prisonniers turcs : 8 cas • Prisonniers gilak et mazani : 4 cas • Prisonniers lor : 2 cas • Ressortissants irakiens : 2 cas • Ressortissants afghans : 2 cas • Nationalité non confirmée : 7 cas

Appel à intensifier la lutte contre l’écocide

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KURDISTAN – À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, le 5 juin, le Comité d’écologie de l’organisation kurde KCK a lancé un appel à la résistance contre la destruction de l’environnement et le pillage des ressources naturelles, tant au Kurdistan que partout dans le monde. L’organisation considère la crise écologique comme le résultat direct de la guerre, du capitalisme et de la domination étatique.

Dans un communiqué publié ce vendredi, l’Union des communautés du Kurdistan (KCK) déclare :

« Alors que les États et les mouvements écologistes qui leur sont affiliés réduisent cette journée à des événements symboliques comme la “Journée de l’environnement”, les mouvements écologistes anti-étatiques et anti-pouvoir doivent en faire une journée de lutte contre le système capitaliste qui l’a instituée et contre les politiques des États-nations au service de la rente et de l’exploitation.

Il ne suffit plus de dénoncer les conséquences de la destruction écologique. Nous devons nous attaquer aux causes et aux véritables responsables. S’isoler du monde sous prétexte de “rompre avec le système”, en s’installant dans un village pour pratiquer l’agriculture et l’élevage, ne constitue pas une solution. Si nous ne combattons pas la mentalité et les systèmes engendrés par le capitalisme, les problèmes écologiques ne feront que s’aggraver.

L’ampleur de la crise écologique montre que la lutte pour l’environnement n’est plus un choix, mais une nécessité vitale. Nous devons unir nos forces contre ceux qui pillent la nature et la vie, car nous périrons avec elle si nous restons passifs. Cet écocide ne pourra être stoppé par de simples manifestations symboliques une fois par an. Seule une lutte globale et continue pourra contrer l’assaut de la modernité capitaliste et des puissances étatiques contre la nature et la société. »

Le KCK rappelle que, en raison de la guerre menée depuis cinquante ans, le Kurdistan est devenu une véritable zone de génocide écologique. D’Afrin à Behdinan, de Botan à Serhat et Rojhilat, les massacres écologiques s’inscrivent dans la continuité de l’anéantissement physique et culturel du peuple kurde. Forêts rasées, villages submergés par des barrages, milliers de mines et de centrales électriques, politiques anti-agricoles : tout cela a détruit les moyens de subsistance, provoquant pauvreté, exode et dépeuplement.

L’organisation souligne enfin que le processus de paix et de société démocratique initié par Rebêr Apo vise à construire une nation démocratique, écologique et fondée sur l’émancipation des femmes. Elle appelle à ne pas laisser ce processus être détourné au profit de l’exploitation et du profit.

« Chaque forêt rasée, chaque terre et chaque ressource en eau accaparée, chaque barrage, centrale électrique ou mine doit devenir un champ de bataille pour défendre notre droit à la vie. Nous devons résister fermement partout et créer des alternatives. »

#IRANWAR. Les Kurdes victimes de la propagande mensongère

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KURDISTAN – Les Kurdes dénoncent fermement les fake news propagées ces derniers jours affirmant que les États-Unis ou Israël leur auraient livré des armes pour combattre l’Iran.
 
Ni Washington ni Tel-Aviv n’ont fourni d’armement aux forces kurdes dans ce cadre. Ces rumeurs mensongères visent clairement à entraîner le peuple kurde dans une guerre Iran-USA-Israël qui ne le concerne pas.
 
Déjà premières victimes d’un conflit régional dont ils ne veulent pas, les Kurdes refusent d’être instrumentalisés comme chair à canon dans une guerre qui n’est pas la leur.
 
Le militant kurde Scharo Bajalan dénonce les nouvelles fake news faisant état d’un envoi d’armes israéliennes aux Kurdes. Il écrit :
 
 
 

« Israël n’a pas envoyé d’armes saisies au Hezbollah et/ou au Hamas aux Peshmergas du Kurdistan.

Aucun rapport crédible ne vient étayer cette affirmation, et toutes les sources fiables l’ont démentie.

Cette histoire peut tromper un public qui n’a aucun lien réel avec le Kurdistan, hormis la lecture d’articles sur X. Mais pour nous, le Kurdistan est notre patrie et les Peshmergas sont nos frères et nos fils. Je vous garantis qu’aucun arrivage significatif d’armes ne passe inaperçu.

Au mieux, il s’agit de quelques lunettes de visée et de munitions, en quantités trop faibles pour être mentionnées. Si c’était important, nous l’aurions forcément remarqué.

Nous vous demandons de cesser d’essayer de nous entraîner dans le chaos que vous avez vous-mêmes créé. Nous n’avons pas les capacités militaires suffisantes pour nous protéger d’une menace contre laquelle vous n’avez pas su vous défendre. »

TURQUIE. Surveillance intrusive des villages kurdes

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TURQUIE / KURDISTAN – Les villageois de la province d’Amed (Diyarbakır) dénoncent la poursuite d’une surveillance massive qui viole leur droit à la vie privée. Malgré le processus de dialogue lancé suite à l’appel historique d’Abdullah Öcalan le 27 février, les caméras installées sous prétexte de « sécurité » continuent de scruter leur quotidien.

Alors que le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a annoncé son intention de déposer les armes et de se dissoudre, et qu’une commission parlementaire a été mise en place pour explorer des solutions constitutionnelles, les violations des droits humains perdurent au Kurdistan au nom de la « sécurité ».

Des caméras omniprésentes dans la vie quotidienne

Bien avant le début du processus actuel, des caméras de surveillance et des pièges photographiques ont été installés dans de nombreux villages kurdes, particulièrement dans les zones montagneuses et rurales. Ces dispositifs, souvent placés à l’entrée des villages, sur les poteaux électriques ou directement dans les jardins privés, n’ont jamais été retirés malgré les protestations répétées des habitants.

Pire encore, de nouvelles caméras continuent d’être déployées. Ces derniers jours encore, dans les villages montagneux de Licê (Lice) et Pasur (Kulp), des équipes arrivant en véhicules civils ont procédé à de nouveaux installations, ignorant les objections des villageois.

Un habitant de Licê témoigne :

« Il y a quelques jours, j’ai vu un véhicule s’arrêter près du village. Ils m’ont salué et m’ont dit que si j’avais un problème, je pouvais venir les voir. Dès que je suis parti, ils ont recommencé à installer les caméras. »

Une atteinte systématique à la vie privée

Ces caméras surplombent les maisons, les jardins et les espaces de vie. Selon les villageois, elles ont souvent été installées sans même informer les muhtars (responsables de village). Lorsque des caméras sont endommagées, des amendes sont systématiquement infligées, notamment dans la région de Licê. Les bergers sont régulièrement accusés d’avoir abîmé les pièges photographiques.

Si la pression sécuritaire a diminué ces derniers mois avec l’ouverture du dialogue, les habitants insistent : cette surveillance permanente reste inacceptable.

« La pression a baissé pendant ce processus, mais nous voulons que ça s’arrête complètement, déclare un villageois. Nous voulons nous sentir en sécurité dans nos propres maisons et villages. Nous ne voulons pas être filmés 24 heures sur 24. Les caméras doivent être retirées. »