IRAN. Deux autres manifestants kurdes exécutés

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IRAN / ROJHILAT – Les médias d’État iraniens ont rapporté que Majid Nikandish, un Kurde de 23 ans originaire de Quchan, et Ali Hemmati Sistani, 33 ans, originaire de Mashhad, ont été exécutés le 30 septembre 2026. Tous deux avaient été arrêtés en lien avec les manifestations de janvier 2026 à Mashhad.

Les deux hommes ont été jugés pour des manifestations survenues les 8 et 9 janvier dans le quartier de Tabarsi à Mashhad. Leurs peines de mort ont été prononcées par le tribunal révolutionnaire de la ville et confirmées par la Cour suprême. Le lieu exact de l’exécution n’a pas été divulgué, mais les deux hommes étaient détenus à la prison de Vakilabad à Mashhad.

Selon un rapport des droits humains sur cette affaire, Nikandish a passé environ trois mois en isolement cellulaire et a subi des tortures sévères lors des interrogatoires.

Les médias d’État ont accusé les deux hommes d’avoir dirigé des manifestations, d’avoir incendié des biens et d’avoir attaqué des membres de la milice Basij avec des couteaux.

Leurs confessions enregistrées ont été diffusées à la télévision d’État peu après l’annonce de leurs exécutions. Selon les rapports des droits humains, ces confessions ont été obtenues sous la torture.

Avec ces exécutions, au moins 33 manifestants ont été exécutés entre le 18 mars et le 30 septembre 2026 : 31 en lien avec les manifestations de janvier et deux en lien avec les manifestations « Femme, Vie, Liberté ». Au cours de la même période, 13 prisonniers politiques affiliés à des groupes d’opposition interdits ont également été exécutés.

Les rapports des droits humains mettent en garde contre le fait qu’au moins 100 autres manifestants risquent l’exécution, tandis que des centaines d’autres pourraient recevoir des peines de mort.

TURQUIE. En 3 mois, au moins 239 enfants décédés de causes évitables

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TURQUIE / KURDISTAN – Au moins 239 enfants sont décédés de causes évitables en Turquie, y compris dans les régions kurdes du pays, pendant les mois de juin, juillet et août 2026, selon un rapport du Centre des droits de l’enfant FİSA.

Intitulée « Violations du droit à la vie des enfants en Turquie », cette note d’information a été établie à partir de médias locaux et nationaux en ligne, des bulletins du Centre de documentation de la Fondation des droits de l’homme de Turquie (TİHV) et des données de l’Observatoire de la santé et de la sécurité au travail (İSİG). Le rapport précise que le nombre réel de décès pourrait être supérieur à celui recensé.

Répartition des victimes

Parmi les enfants décédés, 174 étaient des garçons et 60 des filles. L’identité de cinq d’entre eux n’a pas pu être établie. Des décès ont été enregistrés dans 63 provinces. Les provinces kurdes d’Urfa, d’Antep et de Diyarbakır (Amed) comptent le plus grand nombre de victimes, avec respectivement 18, 12 et 10 enfants décédés.

Au moins 14 enfants sont morts dans des incidents liés à des institutions publiques ou aux actions et omissions de fonctionnaires : cinq lors de soins de santé, quatre pendant des activités sportives ou culturelles, trois en utilisant des services municipaux et deux en franchissant des frontières.

La FİSA a par ailleurs recensé au moins 225 autres décès dans des domaines où, selon elle, l’État n’a pas rempli son obligation de prévenir les violations du droit à la vie par une réglementation et un contrôle adéquats.

Principales causes de décès

Les accidents du travail ont fait 44 victimes. Parmi elles, 36 enfants travaillaient au moment de leur décès. Trois étaient élèves de lycée professionnel et deux suivaient une formation en entreprise dans un centre de formation professionnelle (MESEM). Cinq étaient des travailleurs agricoles saisonniers et au moins quatre des réfugiés. Huit autres enfants, non employés, sont morts dans des accidents survenus sur des lieux de travail dépourvus des mesures de sécurité nécessaires.

Quarante-six enfants sont décédés dans des incidents en milieu urbain et rural. Quarante-quatre se sont noyés dans des barrages, rivières, étangs, plans d’eau ou canaux d’irrigation, dont beaucoup sont gérés par la Société nationale des travaux hydrauliques (DSİ). Plusieurs de ces noyades ont eu lieu dans les canaux d’irrigation d’Adana, Urfa, Kahramanmaraş, Diyarbakır, Izmir, Van et Aydın.

Au moins 28 enfants sont morts à la suite de problèmes de sécurité physique à domicile ou d’accidents domestiques. Vingt d’entre eux sont décédés de chutes de hauteur, notamment depuis des fenêtres ou des balcons ouverts. Le rapport mentionne également des décès par électrocution, incendie et intoxication, ainsi que dix cas classés dans la catégorie « autres négligences », dont cinq survenus dans des établissements touristiques.

Les accidents de la route constituent l’une des principales causes recensées, avec 57 décès. Ces cas incluent des enfants heurtés par des véhicules, ainsi que des accidents impliquant des motos, des vélos, des tracteurs ou survenus à l’intérieur de véhicules.

Au moins huit enfants sont morts des suites de violences : cinq dans le cadre de violences entre pairs, deux dans des affaires d’infanticide et un en lien avec des violences sexistes. Ces faits se sont produits à domicile, entre pairs, dans des lieux publics ou dans d’autres contextes de la vie quotidienne.

La FİSA a également enregistré au moins cinq suicides, sur la base du nombre limité de cas rapportés dans les médias, ainsi que quatre décès liés à des armes à feu détenues à titre privé (tirs accidentels à domicile ou dans des lieux publics).

Enfin, le système de surveillance a recensé le décès d’au moins 19 enfants migrants et réfugiés : quatre dans des accidents du travail, trois dans des accidents de la route, trois dans des incidents domestiques, deux à l’extérieur et deux lors de passages de frontières. Les autres décès relèvent d’incendies, de morts suspectes, de catastrophes, d’accidents du travail ou de services des collectivités locales.

SYRIE. Des gangs de Damas massacrent des Alaouites près de Homs

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SYRIE – Des attaques sectaires ciblant les minorités alaouites et kurdes se poursuivent dans la nouvelle Syrie d’al-Sharaa (Jolani).

Hier soir, des gangs de Damas ont ouvert le feu sur les passagers alaouites d’une fourgonnette près de Homs. Il y a eu au moins huit morts et plusieurs blessés parmi les occupants du véhicule.

Les habitants du village alaouite de Fahel ont tenu le gouvernement de transition syrien pour responsable du massacre et accusé les membres des milices du point de contrôle de la Sûreté générale, dirigées par le HTS, d’en être les auteurs.

Selon des sources locales, hier soir, une fourgonnette a été prise pour cible par des tirs après être passée par un point de contrôle tenu par la Sûreté générale. Après que le personnel eut vérifié l’identité des passagers et confirmé qu’ils provenaient de villages alaouites, des hommes armés qui les attendaient en embuscade ont ouvert le feu.

Moins d’une demi-heure après les faits, la chaîne Al Jazeera a rapidement accusé des officiers de l’ancien régime. De son côté, le commandant de la Sûreté générale à Homs, s’exprimant sur Syria TV, a également blâmé ce qu’il a qualifié de « restes de l’ancien régime », moins d’une heure après le massacre et sans qu’aucune enquête n’ait encore été menée.

Le bilan de l’attaque sectaire s’élève désormais à huit morts après le décès du jeune Ibrahim Ghassan Ibrahim, originaire du village d’al-Shaniyah, des suites de ses blessures.

La liste des victimes est la suivante :

Ayman Najm Affara (le chauffeur)
Ahmad Hammad
Nour Nasser
Hassan Mi’mari

(Tous originaires du village de Fahel)

Suleiman Amir al-Qasim et son frère Maimoun Amir al-Qasim, originaires du village d’al-Shaniyah

Majd Nizami, originaire du village d’al-Mahfoura

Quatre personnes ont également été blessées, parmi lesquelles Jaafar al-Saleh et Ibrahim Moussa, originaires de Fahel, ainsi qu’Aghid Nasr, originaire du village d’Awtan et de confession chrétienne.

TURQUIE. La famille de Nudem Durak exige sa libération

TURQUIE / KURDISTAN – La famille et l’avocat de Nûdem Durak, artiste condamnée à 19 ans et 6 mois de prison pour avoir fait de la musique en kurde, demandent sa libération afin qu’elle puisse exercer librement son art.

Nûdem Durak, qui vit dans le district de Dêrgûl (Şirnex), a été placée en garde à vue puis incarcérée le 22 avril 2015 pour avoir pratiqué la musique kurde. Le 6ᵉ tribunal pénal de Diyarbakır l’a condamnée à 10 ans de prison pour « appartenance à une organisation ». Elle a également été jugée pour les mêmes accusations devant le 2ᵉ tribunal pénal de Kahramanmaraş. Au total, elle a été condamnée à 19 ans et 6 mois de détention.

Depuis son incarcération, Nûdem Durak souffre de problèmes de santé importants : un goitre toxique et une ostéoporose. Malgré ces pathologies et les conditions carcérales, elle continue de créer. Elle risque aujourd’hui de perdre sa voix.

Actuellement détenue à la prison fermée pour femmes d’Erzincan, Nûdem Durak poursuit son activité artistique en dépit des obstacles. Son avocat, Ali Çimen, souligne l’aggravation de ses maladies et dénonce une « aberration juridique » :

« Nûdem est l’une des rares personnes à avoir été condamnée deux fois pour appartenance à une organisation. Son procès repose en réalité sur ses activités artistiques. Les activités de l’association Mem û Zîn, où elle poursuivait son art, ont été criminalisées, ce qui a conduit à sa condamnation pour appartenance à une organisation. Dans l’autre procédure, on a fait comme si elle avait été arrêtée dans une maison où elle ne se trouvait pas, et on l’a de nouveau condamnée pour le même motif. Tout le procès de Nûdem a constitué une aberration juridique. La demande de violation de droits déposée devant la Cour constitutionnelle ayant été rejetée, un recours a été introduit devant la Cour européenne des droits de l’homme. Les demandes de report d’exécution de la peine pour raisons de santé ont été refusées. Pendant sa détention, l’instrument qu’elle utilisait pour ses activités artistiques a été brisé, et la direction de la prison lui a injustement refusé la remise d’une nouvelle guitare. Elle ne peut donc exercer son art qu’avec de grandes difficultés. Malgré ces conditions, elle a participé à un ouvrage collectif et continue d’écrire des poèmes et des paroles. »

Son frère, Ahmet Durak, explique que la distance de la prison empêche la famille de lui rendre régulièrement visite dans de bonnes conditions :

« J’ai eu un entretien téléphonique le 10 du mois, mais la dernière visite en face à face a eu lieu après la fête religieuse. Quand ma mère et les autres sont allés la voir, ils ont trouvé que son état semblait meilleur que lors des précédentes visites. On peut dire que son traitement est en cours. Cependant, sa maladie pose de grandes difficultés dans les conditions carcérales. La langue et l’art kurdes ont pour elle une valeur essentielle. Nûdem continue d’écrire des poèmes et des chansons en kurde et de pratiquer sa musique sans interruption. Comme elle le fait, je pense que le kurde doit être parlé à tous les niveaux de la vie, sinon nous risquons de voir notre langue disparaître progressivement. »

Ahmet Durak se réjouit des campagnes internationales de soutien et transmet les salutations de sa sœur, ainsi que sa confiance dans la paix :

« Il y a eu des campagnes de solidarité internationales et locales. Nous en avons vu les effets dans les médias, mais malheureusement aucune mesure n’a été prise de la part des autorités. Les campagnes de soutien venant d’artistes et d’activistes de renommée mondiale ont beaucoup réjoui Nûdem et nous, sa famille. Elles lui ont permis de ne pas se sentir seule dans ce parcours, et nous leur en sommes reconnaissants. Grâce à cette solidarité, Nûdem s’est sentie psychologiquement mieux. Il est arrivé que son traitement soit retardé ou non dispensé, mais cette solidarité lui a apporté un peu d’oxygène. Nous exprimons notre gratitude à chacun d’eux. Elle a jugé positivement l’appel du 27 février et a souligné qu’il fallait désormais que la paix et le bien-être remplacent le sang et les larmes dans cette région. Elle a insité sur la nécessité de mettre en œuvre les exigences de cet appel, que les parties fassent leur part et que le processus aboutisse rapidement. Elle a également souligné que l’absence de mesures concrètes près de deux mois après le projet de loi réjouissait les milieux mal intentionnés. En tant que famille, nous soutenons bien sûr la paix. »

Malgré les difficultés, Nûdem Durak continue de créer derrière les barreaux. Sa famille et son avocat appellent à sa libération pour qu’elle puisse exercer librement son art et préserver sa santé.

IRAN. Arrestation d’une doctoresse kurde à Ourmia

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IRAN / ROJHILAT – Bayan Salehian, une médecin kurde de 43 ans spécialisée en médecine interne, a été arrêtée violemment lors d’un raid des forces de sécurité iraniennes à son domicile et transférée vers un lieu tenu secret. Originaire de Saqqez, elle réside à Urmia. D’après les informations reçues par l’organisation Hengaw pour les droits humains, les forces de sécurité iraniennes ont perquisitionné le domicile de Salehian à Urmia le dimanche 27 septembre 2026 et l’ont violemment battue lors de son arrestation. Selon des sources de Hengaw, les forces de l’ordre ont perquisitionné son domicile de fond en comble et confisqué son téléphone portable et son ordinateur portable. Aucune information précise n’est disponible concernant les raisons de l’arrestation de Salehian, les charges retenues contre elle ou son lieu de détention. Salehian avait déjà été détenu pendant une période à l’automne 2022, avec deux autres médecins de Saqqez, lors du mouvement Femme, Vie, Liberté (Jin, Jiyan, Azadi). Elle a ensuite été condamnée par le tribunal révolutionnaire de Saqqez à huit mois de prison pour « propagande contre l’État par publication de contenu en ligne ». Sa peine a par la suite été commuée en une amende de 20 millions de tomans.

SYRIE. Des gangs de Damas ont commis des crimes de guerre au Rojava

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SYRIE / ROJAVA – L’Association pour la démocratie et le droit international (MAF-DAD) a publié un rapport intitulé « Crimes internationaux commis par et pour le compte du gouvernement de la République arabe syrienne ». Ce document examine les attaques menées en janvier et février 2026 contre les zones sous contrôle kurde dans le nord et l’est de la Syrie (Rojava).

La mission indépendante d’établissement des faits du MAF-DAD (qui signifie « Loi et Justice » en kurde) a enquêté sur les violations commises après les assauts contre les quartiers kurdes de Sheikh Maqsoud (Şêxmeqsûd) et d’Ashrafiah (Eşrefiyê) à Alep début janvier 2026. Les enquêteurs ont mené des investigations de terrain entre le 21 février et le 17 mars 2026.

Méthodologie

Le rapport s’appuie sur 32 entretiens qualitatifs approfondis menés sur place auprès de 62 personnes, dont 25 victimes directes, un proche de victime et six représentants d’institutions ou d’organisations de documentation et d’aide. Les enquêteurs ont croisé les témoignages avec des observations directes, des dossiers médicaux, des rapports d’organisations de la société civile, des preuves du Centre d’information du Rojava (RIC) et des sources ouvertes. Le critère retenu est celui des « motifs raisonnables de croire » qu’une violation a été commise.

Attaques contre des civils kurdes

Les attaques se sont concentrées sur les quartiers de Sheikh Maqsoud et d’Ashrafiah à Alep, ainsi que sur les routes de sortie de Tabqa et de Raqqa.

L’enquête a documenté des frappes de drones, des tirs d’artillerie, des attaques de tireurs embusqués, des tirs contre des véhicules, des violences aux points de contrôle, des assauts contre des zones de refuge et des attaques directes contre des habitations.

Des civils tentant de fuir Tabqa et Raqqa ont été pris sous le feu, arrêtés, fouillés, volés, détenus, et dans certains cas tués.

Le MAF-DAD conclut qu’il existe des motifs raisonnables de croire que des civils ont été délibérément et indistinctement ciblés, constituant de graves violations du droit international humanitaire et des crimes de guerre.

Ciblage des hôpitaux et du personnel médical

Les hôpitaux Xalid Fecir et Osman à Sheikh Maqsoud et Ashrafiah ont été touchés par des tirs d’artillerie. Des éléments de preuve font état de blessés, de détenus, de disparus et de tués parmi le personnel soignant.

Ces attaques ne sont pas isolées : elles s’inscrivent dans un schéma où les installations et le personnel médicaux protégés sont systématiquement mis en danger ou directement visés. Le MAF-DAD estime qu’il s’agit de crimes de guerre.

Détention, torture et disparitions forcées

Après la prise de Sheikh Maqsoud et d’Ashrafiah, ainsi qu’aux points de contrôle sur les routes de fuite, des cas de détention et de disparition ont été recensés. Les hommes étaient séparés des femmes et des enfants. Les détenus étaient entassés dans des centres surpeuplés sans information donnée aux familles.

Les personnes interrogées ont décrit coups, chocs électriques, yeux bandés, menottes, aveux forcés, privation de nourriture et d’eau, hygiène déplorable et absence de soins.

Le rapport estime qu’il existe des motifs raisonnables de croire que ces pratiques constituent des crimes de guerre (détention arbitraire, traitements cruels, torture, disparitions forcées, prises d’otages) et, si les conditions juridiques sont réunies, des crimes contre l’humanité.

Mutilation et humiliation des morts

Des preuves photographiques et vidéo montrent la mutilation de corps, leur exposition publique, la coupe de cheveux ou de tresses de femmes, l’effacement de tatouages et l’amputation de parties du corps. Des familles ont été empêchées d’enterrer dignement leurs morts et ont subi des traitements dégradants.

Ces actes s’accompagnaient d’insultes racistes, sectaires et sexistes. Le MAF-DAD conclut qu’ils visaient à humilier et intimider les victimes, leurs familles et leurs communautés, constituant une atteinte à la dignité humaine, crime de guerre.

Pillage et saisie de biens

De nombreuses preuves concernent le pillage de maisons et de propriétés privées : perquisitions, occupation, marquage des logements, confiscation de téléphones, d’argent, de papiers d’identité et d’effets personnels. À leur retour, certains déplacés ont trouvé les serrures changées et leurs biens sous le contrôle de groupes armés.

Des institutions (organisations de femmes, bibliothèques, centres éducatifs et culturels) ont également été attaquées, pillées ou détruites. Le pillage semble être devenu une pratique généralisée et délibérée.

Déplacements forcés massifs

Des milliers de personnes ont été chassées de Sheikh Maqsoud, Ashrafiah, Raqqa et Tabqa. Une part importante étaient des civils kurdes déjà déplacés d’Afrin, chassés une seconde fois.

Le MAF-DAD considère ce déplacement forcé comme un crime de guerre et, le cas échéant, comme un crime contre l’humanité (déportation ou transfert forcé de population).

Violations contre les femmes et leurs institutions

Le rapport documente des menaces contre des femmes engagées dans des institutions publiques, la publication de leurs données personnelles, des attaques contre des centres et bibliothèques pour femmes, et la destruction d’institutions liées à la participation politique et culturelle des femmes.

Dix femmes kurdes et arabes ont été interrogées. Des centres Zenobiya, des institutions Jineoloji et des bibliothèques à Alep, Tabqa et Raqqa ont été pillés ou détruits. Des femmes ont subi des insultes et menaces sexistes en détention. Des militantes ont reçu des menaces de mort et vu leurs domiciles et bureaux saisis.

Le MAF-DAD estime que la mutilation des corps de femmes, la coupe de leurs cheveux, la diffusion d’images de mauvais traitements et les menaces sexistes constituent une atteinte à la dignité humaine (crime de guerre) et, le cas échéant, une persécution des femmes (crime contre l’humanité).

Le rôle de la Turquie

Plusieurs sources font état de la présence d’éléments non syriens parmi les forces affiliées au Gouvernement de transition syrien (GTS). Des témoins ont vu des combattants en uniforme arborant le drapeau turc et des individus effectuant le geste des Loups Gris. Des preuves indiquent également le déploiement de personnel militaire turc, de matériel et d’interrogateurs turcs en soutien au GTS.

Le MAF-DAD estime toutefois que ce soutien ne suffit pas à qualifier les hostilités de conflit armé international et les analyse principalement comme un conflit armé non international.

Appels à l’enquête et à la responsabilité

Le MAF-DAD demande une enquête indépendante, efficace et impartiale sur l’implication alleguée de personnel, d’équipements et d’interrogateurs turcs. Il appelle la Turquie à conserver les preuves et à coopérer avec les mécanismes nationaux et internationaux.

Les pays apportant un soutien militaire, financier ou logistique au GTS (Turquie, États-Unis, France, Allemagne, autres États de l’UE et Royaume-Uni) sont invités à veiller à ce que cette assistance ne soit pas utilisée en violation du droit international humanitaire. L’association estime que les mécanismes judiciaires syriens existants ne permettent pas une responsabilité effective. Elle appelle à enquêter non seulement sur les auteurs directs, mais aussi sur les responsables de commandement, et à mobiliser les juridictions internationales ainsi que la compétence universelle. Le MAF-DAD demande au Mécanisme international impartial et indépendant des Nations Unies pour la Syrie, au Haut-Commissariat aux droits de l’homme et à d’autres mécanismes de suivre les événements de janvier-février 2026. Parmi ses principales revendications figurent la clarification du sort des disparus et détenus, le retour sûr et volontaire des déplacés, la restitution des biens pillés et l’accès des victimes à des recours et indemnisations effectifs. (Info via ANF)

IRAN. Pronostic vital engagé pour un otage kurde atteint d’un cancer

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IRAN / ROJHILAT – Le Réseau des droits de l’homme du Kurdistan a signalé que Mutelîb Ehmedyan, un prisonnier politique kurde atteint d’un cancer et détenu à la prison d’Evin à Téhéran, ne reçoit aucun traitement médical et que son pronostic vital est engagé. Le Réseau des droits de l’homme du Kurdistan a publié un rapport sur la santé de Mutelîb Ehmedyan, un prisonnier politique kurde originaire de Rojhilat (Kurdistan oriental). Ehmedyan est emprisonné depuis 16 ans et souffrirait de plusieurs maladies, dont un cancer de l’estomac. Son état de santé serait si grave qu’il ne peut plus rester en prison. C’est pourquoi Ehmedyan a demandé un sursis à l’exécution de sa peine. Cependant, suite à une objection du parquet de Téhéran, le prisonnier politique demeure détenu dans les conditions difficiles de la prison d’Evin. Selon le rapport, en raison de la négligence et de l’indifférence des autorités, cet homme kurde s’est vu refuser l’autorisation de recevoir des soins à l’extérieur de la prison. De ce fait, le cancer s’est propagé dans tout son corps. Son état s’étant aggravé, les médecins auraient dû lui retirer la vésicule biliaire, le foie et une partie de ses intestins lors de plusieurs interventions chirurgicales. Le rapport indique également que l’administration pénitentiaire retient ou empêche fréquemment l’acheminement des médicaments obtenus à l’extérieur de l’établissement. Ehmedyan a été arrêté par le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien le 13 septembre 2010. Il a été détenu à l’isolement pendant huit mois et soumis à de graves tortures physiques. Il a été condamné à 30 ans de prison pour « rébellion ». Le 5 mai 2025, Ehmedyan a entamé une grève de la faim pour protester contre l’entrave à son accès aux médicaments et aux soins médicaux. Ayant perdu 35 kilos faute de traitement, il reste incarcéré malgré la dégradation de son état de santé.

ROJAVA. Des gangs tendent un guet-apens contre deux civils kurdes à Hassakê

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SYRIE / ROJAVA – Des plans turcs, irakiens et syriens visant à attaquer les forces kurdes et déstabiliser le Rojava et le Kurdistan « irakien » ont été révélés. Damas aurait donné des instructions à ses cellules pour préparer cette déstabilisation. Hier à Hasaka, deux agressions « tribales » ont visé des citoyens kurdes : un chauffeur de taxi a été volé et battu, un autre Kurde a été piégé, frappé et dépouillé de sa voiture.

La dangerosité pour les régions kurdes va s’accroître dans les semaines à venir. Des plans coordonnés entre la Turquie, l’Irak et la Syrie visant à attaquer les forces kurdes et à briser la volonté du peuple kurde dans l’ouest et le sud du Kurdistan ont été révélés.

Selon ces informations, Damas a transmis des instructions à ses cellules en Irak et au Kurdistan pour préparer la déstabilisation de la région kurde et de l’ouest du Kurdistan.

Hier encore, deux agressions attribuées à des tribus ont eu lieu à Hasaka contre des citoyens kurdes. Dans le premier cas, un chauffeur de taxi transportant des passagers de Raqqa à Hasaka a été dépouillé et frappé avec une extrême violence. Dans le second, des individus ont attiré un citoyen en prétendant que leur véhicule était en panne. Après s’être assurés qu’il était kurde, ils l’ont molesté et lui ont volé sa voiture.

Ces actes s’inscrivent dans un climat de tensions croissantes qui laisse craindre une montée des hostilités contre les populations et les forces kurdes. (Via Baz Ararat)

IRAK. L’armée irakienne abat deux adolescents kurdes à Kirkouk

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IRAK / KURDISTAN – Le corps de Mohammed Hemin, un adolescent kurde, a été inhumé mardi après-midi au cimetière Rahimawa de Kirkouk, sous les yeux de sa famille, de ses proches et une foule indigné. Quelques jours plus tôt, les forces antiterroristes irakiennes l’avaient identifié à tort comme un membre de l’État islamique (EI). Un second adolescent kurde, Murad Zana, a également été tué lors du même incident.

Dimanche, le Service irakien de lutte contre le terrorisme (CTS) a annoncé avoir affronté trois « terroristes » de l’EI à Pirde (Altun Kupri), dans la banlieue de Kirkouk. Deux suspects ont été tués et un troisième arrêté près d’un entrepôt, dans le cadre d’une opération menée « conformément à des mandats judiciaires ».

Il est rapidement apparu que l’affrontement avait aussi coûté la vie à deux adolescents kurdes qui n’avaient aucun lien avec le groupe jihadiste. Murad Zana a été tué sur place. Mohammed Hemin, présent à proximité de l’entrepôt, a été blessé, appréhendé et soupçonné d’appartenir à l’EI. Il est mort de ses blessures en détention. Le communiqué initial du CTS ne précisait pas l’identité des victimes, rendant impossible de savoir si Murad figurait parmi les « terroristes » annoncés.

Deux jours après la disparition de Mohammed, sa famille a été appelée à récupérer son corps au service de médecine légale de la province kurde de Kirkouk. Selon les proches, contactés par le journal The New Region, le jeune homme avait été décapité. Ils l’ont reconnu grâce à un tatouage sur le bras.

Les forces de sécurité ont depuis reconnu l’« erreur ». Le député kurde Mazin Gharib a indiqué que les autorités s’étaient excusées, évoquant un « malentendu ». Hasan Majid, chef du bloc du Parti démocratique du Kurdistan (PDK) au conseil provincial de Kirkouk, a demandé au Premier ministre irakien de former « dès que possible » un comité d’enquête et de désigner les responsables de cette « négligence ». Tout en soutenant la lutte antiterroriste, il a estimé que les opérations devaient être menées avec davantage de précision et de coordination.

Le gouverneur de Kirkouk, Mehmet Seman, a ordonné à la Fondation des martyrs de traiter les dossiers de Mohammed Hemin et de Murad Zana, de garantir leurs droits et de soutenir leurs familles. Le bureau du PDK à Kirkouk et Garmiyan-Khanaqin a quant à lui expressed sa « profonde préoccupation » et réclamé une enquête impartiale dont les résultats seront rendus publics.

Ces morts interviennent alors que l’Irak s’apprête à voir le retrait complet de la coalition internationale anti-EI, longtemps revendiqué par Bagdad au nom de la « vigilance » de ses propres forces de sécurité. Lundi, le Comité suprême de sécurité de Kirkouk a présenté ses condoléances tout en saluant les efforts des forces antiterroristes.

Des manifestations ont éclaté dans la nuit à Pirde. Sur place, la colère se mêle à l’incompréhension : deux adolescents kurdes sont morts, l’un d’eux a été présenté comme jihadiste, et les excuses officielles peinent à apaiser les familles.

IRAN. Les pasdarans abattent un éleveur kurde à Kirmaşan

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IRAN / ROJHILAT – Nayeb Karami, un éleveur kurde de 25 ans originaire du comté de Salas-e Babajani dans la province de Kermanshah (Kirmaşan), a été abattu par les forces du Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC ou pasdarans) alors qu’il faisait paître son troupeau près de la frontière d’avec le Kurdistan d’Irak. D’après les informations recueillies par l’organisation Hengaw pour les droits de humain, l’incident s’est produit près du village de Bani Nar le mardi 29 septembre 2026. Karami faisait paître son bétail dans la zone lorsque les forces du CGRI ont ouvert le feu directement sur lui. Suite à son assassinat, les forces militaires et de sécurité iraniennes ont imposé des mesures de sécurité strictes et ont complètement encerclé le village de Bani Nar, ont indiqué des sources de Hengaw.