Il y a 37 ans, l’Iran assassinait un chef kurde à Vienne

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Le 13 juillet 1989, le leader kurde Abdul Rahman Ghassemlou (Qasimlo), secrétaire général du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDKI), et deux de ses collaborateurs, Fadil Rasoul et Abdullah Ghaderi Azar, ont été assassinés à Vienne en Autriche. Ils participaient à une réunion avec des représentants du régime iranien dans un appartement de la Linken Bahngasse, dans le troisième arrondissement. Leur assassinat est resté impuni.

Un piège tendu par Téhéran

Les trois Kurdes s’entretenaient avec une délégation iranienne envoyée par le président Akbar Hashemi Rafsanjani. Selon les éléments de l’enquête et les preuves accumulées au fil des ans, les négociateurs iraniens — Jafar Sahraroudi, Mustafa Ajvadi et Amir Mansour Bozorgian — étaient des agents du régime. Ils disposaient de passeports diplomatiques et avaient quitté l’Iran peu avant l’assassinat.

Malgré des preuves accablantes d’implication directe du régime islamique iranien (y compris des témoignages ultérieurs liant l’opération à des figures comme Mahmoud Ahmadinejad), les autorités autrichiennes ont permis aux trois suspects de se réfugier à l’ambassade d’Iran. Ils ont ensuite quitté le pays sans être véritablement interrogés ni jugés. Cette décision, largement critiquée, a été perçue comme un sacrifice de la justice au profit d’intérêts économiques et politiques avec l’Iran.

Des années plus tard, de nouvelles preuves ont émergé, dont le témoignage d’un citoyen allemand aux autorités italiennes en 2006 : il affirmait avoir livré des armes légères à l’ambassade d’Iran à Vienne au début du mois de juillet 1989, sur instruction des services de renseignement iraniens.

Qui était Abdul Rahman Ghassemlou ?

Né en 1930 à Urmia (Rojhilat, Kurdistan d’Iran), Ghassemlou a été marqué dès son adolescence par la République de Mahabad (1946), première expérience éphémère d’autonomie kurde, écrasée par l’Iran. À 16 ans, il assiste à l’exécution de Qazi Muhammad et à la répression qui s’ensuit.

Étudiant à Prague puis docteur en économie à la Sorbonne, il devient un intellectuel engagé. En 1973, il est élu secrétaire général du PDKI lors de son IIIe congrès et adopte le slogan qui résumera son combat : « Démocratie pour l’Iran, autonomie pour le Kurdistan ».

Après la révolution iranienne de 1979, il retourne au Kurdistan. Les espoirs d’une reconnaissance des droits kurdes sont rapidement déçus par l’ayatollah Khomeini, qui déclare Ghassemlou « ennemi de Dieu » en août 1979. Une répression sanglante s’abat alors sur le Kurdistan iranien, faisant plus de 10 000 morts selon certaines estimations. Pendant la guerre Iran-Irak (1980-1988), Ghassemlou dirige la résistance armée depuis les montagnes, notamment le Kandil. Après la mort de Khomeini, des négociations s’ouvrent avec Rafsanjani. Ghassemlou, qui préférait Paris, accepte finalement Vienne comme lieu de rencontre.

Le 13 juillet 1989 : les mots, puis les balles

Le jour de l’assassinat, Ghassemlou avait rendez-vous avec le ministère autrichien de l’Intérieur. La réunion a été annulée dans des circonstances encore inexpliquées. Une heure plus tard, lors de la rencontre avec les Iraniens, les négociations sont enregistrées. On y entend Ghassemlou déclarer qu’il ne peut pas accepter un accord vide de sens sur l’autonomie.

Peu après, les tirs éclatent. Ghassemlou est touché au front, aux tempes et au cou. Ses deux compagnons sont également tués. Jafar Sahraroudi, blessé, est évacué vers l’hôpital puis rapatrié en Iran, tout comme les autres membres de la délégation.

De retour en Iran, les assassins ont été promus : Bozorgian devient général des Pasdaran à Urmia, la ville natale de Ghassemlou. Sahraroudi poursuivra une carrière dans les opérations extérieures du régime.

Un assassinat impuni et une mémoire vivante

Malgré un mandat d’arrêt international, les tueurs ont continué à voyager en Europe. L’Autriche a été accusée d’avoir privilégié ses relations commerciales avec l’Iran (qui ont augmenté de 60 % dans les années 1990) au détriment de la justice. Un sondage de 1997 montrait que 55 % des Autrichiens estimaient que le gouvernement avait laissé les assassins s’échapper.

Aujourd’hui encore, les Kurdes honorent la mémoire d’Abdul Rahman Ghassemlou, intellectuel, leader politique et symbole d’un combat pour la démocratie et les droits du peuple kurde. Sa tombe se trouve au cimetière Père Lachaise, 76ème division, 14ème ligne, face à la 36ème division, 1ère tombe à partir de la 36ème division, dans la 20e arrondissement de Paris.

TURQUIE. Commémoration du massacre des Kurdes de la vallée de Zîlan

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TURQUIE / KURDISTAN – Il y a 96 ans, en juillet 1930, l’armée turque massacrait des dizaines de milliers de Kurdes et incendiait des villages dans la vallée de Zilan (Gelîyê Zîlan), pendant la rébellion d’Ararat. Aujourd’hui, la Turquie y construit un barrage qui menace d’effacer les traces de ce drame.

Le 12-13 juillet 1930, sur ordre du gouvernement d’İsmet İnönü, Premier ministre de la jeune République turque, les forces armées turques (notamment le 9e corps d’armée sous le commandement de Ferik Salih Omurtak) ont mené une opération de « nettoyage » dans la vallée de Zilan, au nord d’Erciş (province de Van). Des villages ont été bombardés, incendiés et leurs habitants massacrés, qu’ils soient impliqués dans la rébellion ou non. Des dizaines de villages ont été rayés de la carte et des milliers de civils – femmes, enfants et vieillards inclus – ont été tués.

Un bilan controversé

Les journaux turcs de l’époque, comme Cumhuriyet, ont rapporté la mort de plus de 15 000 personnes, décrivant la vallée comme « remplie de cadavres » jusqu’à son embouchure : « Les aigles d’acier du Turc règlent leur compte aux insurgés. Le ruisseau de Zilan est entièrement rempli de cadavres. » D’autres estimations kurdes et de témoins font état de 45 000 à 47 000 victimes (notamment selon l’écrivain kurde Hesen Hîşyar Serdî). Des sources étrangères, comme le Berliner Tageblatt, évoquent 4 500 femmes et enfants tués et jusqu’à 220 villages détruits dans la région élargie.

Après le massacre, les villages ont été incendiés, les récoltes brûlées, les puits comblés et la région déclarée zone interdite pendant de longues années. Des survivants ont été déportés vers l’ouest de la Turquie (Aydın, Sinop, Adana, Zonguldak…), souvent séparés pour favoriser l’assimilation. Beaucoup n’ont jamais survécu aux conditions de détention ou d’exil.

Contexte historique

Ce massacre s’inscrit dans une série de répressions contre les Kurdes après la proclamation de la République en 1923 (révolte de Koçgiri en 1921, soulèvement de Cheikh Said en 1925, etc.). La vallée de Zilan servait de base arrière aux résistants de l’Ararat organisés autour du mouvement Xoybûn. L’État kémaliste y voyait un foyer de « banditisme » et de kurdicité à éliminer. İsmet İnönü affirmera peu après : « Seule la nation turque a le droit de revendiquer des droits ethniques et raciaux dans ce pays. »

Témoignage de l’historien Sedat Ulugana (interview 2019)

Dans une interview accordée à Barış Balseçer, l’historien et chercheur kurde Sedat Ulugana décrit le massacre comme un génocide : une extermination systématique motivée par des critères ethniques, avec destruction de l’espace vital (villages, cultures, puits) et effort pour éliminer les témoins. Il souligne la continuité des résistances kurdes de 1921 à 1938, souvent liées mais affaiblies par un manque de leadership national unifié, l’héritage des cheikhs khalidis et un faible niveau d’éducation et d’organisation politique à l’époque.

Ulugana rapporte des témoignages glaçants : viols, exécutions sommaires de survivants, nécrophilie, déportations et morts en détention. La région est restée zone militaire interdite jusqu’aux années 1950.

Aujourd’hui : effacer la mémoire ?

96 ans plus tard, la Turquie poursuit la construction d’un barrage dans la vallée de Zilan, sur le site appelé Nihala hestîya (« Vallée des os »), où reposeraient les restes des victimes. Ce projet, comme d’autres infrastructures dans la région, est perçu par de nombreux Kurdes comme une tentative d’effacer les preuves physiques du massacre.

Le massacre de Zilan reste un chapitre douloureux et peu enseigné de l’histoire turque. Il s’inscrit dans une longue série d’événements tragiques (Dersim 1937-1938, et d’autres épisodes plus récents) qui marquent la mémoire collective kurde.

SYRIE. Spirale meurtrière et exécutions extrajudiciaires

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SYRIE / ROJAVA – Depuis le début de l’année 2026, la Syrie continue d’enregistrer des niveaux alarmants de violence et de violations des droits humains, dans un contexte de chaos sécuritaire persistant, de prolifération massive d’armes et d’absence quasi totale de mécanismes de responsabilisation alerte une ONG syrienne.

Les homicides ne se limitent plus aux crimes de droit commun. Ils incluent désormais des actes de vengeance, des exécutions extrajudiciaires et des meurtres à caractère sectaire ciblant les Alaouites, Druzes, Kurdes et Chrétiens, révélant la profonde fragilité de la situation sécuritaire et l’incapacité croissante des institutions à protéger les civils et à garantir la justice.

Bilan des crimes et homicides

Selon les données compilées par l’Observatoire syrien des droits humains (OSDH ou SOHR), depuis janvier, 258 crimes ont été recensés à travers le pays, faisant 285 morts : 227 hommes, 38 femmes et 20 enfants. La répartition par gouvernorat montre une violence particulièrement intense dans plusieurs régions :

  • Campagne de Damas : 42 crimes (47 morts)

  • Alep : 41 crimes (48 morts)

  • Deir ez-Zor : 34 crimes (35 morts)

  • Raqqa : 23 crimes (24 morts)

  • Idlib : 20 crimes (24 morts)

  • Daraa : 17 crimes (19 morts)

D’autres gouvernorats sont également touchés, notamment Hassaké, Homs, Hama, Lattaquié, Soueïda, Tartous et Quneitra, illustrant la diffusion généralisée de la violence sur l’ensemble du territoire.

Augmentation des représailles et exécutions extrajudiciaires

Parallèlement, le nombre de victimes de représailles et d’exécutions extrajudiciaires a fortement augmenté, atteignant 117 personnes depuis le début de l’année : 106 hommes, 8 femmes et 3 enfants.

Homs arrive en tête avec 58 victimes, suivie de Hama (21) et de Lattaquié (13). Des cas ont également été enregistrés à Damas et dans sa campagne, ainsi qu’à Tartous, Soueïda et Alep.

Ces chiffres témoignent d’une escalade préoccupante où les crimes individuels se mêlent aux logiques de vengeance liées aux conflits locaux et aux divisions sociétales. L’émergence de meurtres à motivation sectaire fait craindre une extension du cycle de la vengeance en dehors de tout cadre légal, menaçant davantage encore la cohésion du tissu social syrien.

Face à cette situation, les appels à l’ouverture d’enquêtes indépendantes et à la traduction en justice des responsables se multiplient, sans réponse concrète pour l’instant.

IRAN. La prisonnière politique kurde Warisha Moradî boycotte son procès

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IRAN / ROJHILAT – La prisonnière politique kurde Warisha Moradî a refusé de se présenter à son procès, déclarant ne pas reconnaître la légitimité du tribunal. Selon le site Gulbirux, elle a boycotté l’audience qui se tenait ce jour devant la 15e chambre du Tribunal révolutionnaire de Téhéran. Détenue depuis plus de trois ans, et à l’isolement depuis cinq mois, Werîşe Muradî a motivé son refus par l’absence de reconnaissance officielle de cette juridiction. Rappel des faits

Initialement condamnée à mort par la 15e chambre du Tribunal révolutionnaire, présidée par le juge Abolqasem Salavat, pour « rébellion armée contre l’État » (baghy), la peine de Varisheh Moradi avait été annulée par la 9e chambre de la Cour suprême en raison d’irrégularités dans l’enquête. L’affaire avait alors été renvoyée pour un nouveau procès.

IRAN. Des gardes-frontières abattent un garçon kurde de 15 ans

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IRAN / ROJHILAT – Dans un contexte de violences systématiques persistantes perpétrées par les forces armées de la République islamique d’Iran dans les zones frontalières du Kurdistan, un garçon kurde de 15 ans, Sam Hassani, a été abattu par des gardes-frontières iraniens, tandis que son père, Ahsan Hassani, a été grièvement blessé. D’après les informations recueillies par l’organisation Hengaw pour les droits humains, Sam Hassani a été tué d’une balle dans la tête sur le coup, tandis que son père, Ahsan Hassani, a été grièvement blessé à la cuisse par balle.   La fusillade a eu lieu le soir du 9 juillet 2026, près du village de Darki, dans le comté de Sarvabad. Des gardes-frontières en poste dans la zone ont ouvert le feu sans sommation sur le véhicule de la famille. La famille rentrait chez elle après une journée de travail dans leur verger de cerisiers privé lorsque des gardes-frontières ont soudainement ouvert le feu sur le véhicule. Le corps de Sam a été transféré à la morgue de l’hôpital Bu Ali de Marivan. Son père a été admis dans le même hôpital pour y être soigné. La criminalisation des moyens de subsistance des populations et le recours à la force létale contre les enfants et les travailleurs locaux dans les exploitations agricoles et les vergers constituent une violation grave et fondamentale du droit à la vie garanti par l’article 6 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ainsi qu’une violation manifeste de la Convention relative aux droits de l’enfant, qui imposent toutes deux des obligations juridiques à l’Iran. En vertu de la loi iranienne sur l’usage des armes, les policiers ne sont autorisés à ouvrir le feu que dans des circonstances exceptionnelles et après avoir respecté des procédures légales strictes, notamment le recours aux tirs de sommation. Dans les zones frontalières du Kurdistan, cependant, ces garanties légales sont systématiquement bafouées.

TURQUIE. Les médias kurdes, cibles prioritaires de la répression

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TURQUIE / KURDISTAN – Les attaques contre la presse se multiplient en Turquie, avec une pression particulièrement forte sur les médias kurdes.

Selman Çiçek, coprésident de l’Association des journalistes de Dicle Fırat (DFG), a dénoncé une nouvelle vague de répression contre la liberté de la presse en Turquie, particulièrement ciblée contre les médias kurdes.

« Cibler les médias qui publient en kurde constitue également une attaque contre la langue kurde et contre le journalisme dans cette langue », a-t-il déclaré à l’agence ANF.

Ces derniers mois, les arrestations de journalistes se sont multipliées, notamment sous prétexte de la réunion de l’OTAN. Parmi les dernières victimes : Kayhan Ayhan et Hazar Dost, qui couvraient les affaires judiciaires de la municipalité d’Istanbul, ainsi que Berfin Ay, rédactrice en chef du journal Azadiya Welat. Parallèlement, de nombreux sites et comptes de réseaux sociaux ont été bloqués, dont Ajansa Welat, Azadiya Welat (deux médias kurdes), ainsi que des journalistes comme Diren Yurtsever.

Une répression structurelle

Selman Çiçek souligne que cette intensification n’est pas nouvelle : « L’affirmation selon laquelle les pressions se sont récemment accrues ne reflète pas pleinement la réalité. Les journalistes subissent une répression intense depuis de nombreuses années. Ce qui est frappant, c’est que, alors même que l’on évoque la démocratisation et la paix, les atteintes à la liberté de la presse ne diminuent pas, elles s’aggravent. »

Il relie cette répression à la montée d’une opposition sociale ces derniers mois, marquée par le mécontentement populaire face aux politiques du gouvernement AKP, aux débats sur la dissolution du CHP et à l’arrestation du satiriste Deniz Göktaş. Selon lui, le pouvoir cherche à étouffer cette contestation en s’en prenant aux journalistes, « porte-parole du peuple », afin de restreindre le droit du public à une information libre et indépendante.

Les médias kurdes en première ligne

Çiçek insiste particulièrement sur le sort des médias kurdes : « À chaque vague d’attaques contre la presse, les médias kurdes sont parmi les premières cibles. » Il cite les récents blocages d’Ajansa Welat et Azadiya Welat, ainsi que les restrictions imposées à Numedya24 et la fermeture de Rûpel. Pour lui, ces mesures ne relèvent pas de simples restrictions techniques : « Cibler les médias publiant en kurde constitue une attaque contre la langue kurde elle-même et contre le droit des millions de Kurdes à s’informer et à s’exprimer dans leur langue maternelle. »

ROJAVA. Vol avec violence dans la campagne d’Afrin

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SYRIE  ROJAVA – L’Organisation des droits de l’homme d’Afrin – Syrie a rapporté que des hommes armés ont frappé et ligoté deux jeunes éleveurs kurdes avant de voler leurs biens et le bétail le mercredi soir, près du village de Sheikhoutka, relevant du district de Mabata, dans la campagne d’Afrin.

Selon l’ONG, les assaillants ont roué de coups les deux jeunes hommes, les ont ligotés avec du fil de fer aux mains et aux pieds, puis leur ont volé leur argent et leurs téléphones portables. Ils ont également dérobé entre 30 et 40 têtes de bétail, qu’ils ont chargées dans deux camionnettes avant de prendre la fuite vers une destination inconnue.

L’un des deux éleveurs, un mineur âgé de seulement 12 ans, a réussi à se libérer de ses liens et à détacher son compagnon. Il s’est ensuite rendu au village pour alerter sa famille.

Les familles des victimes ont déposé plainte le jeudi 9 juillet auprès des forces de sécurité générale rattachées au gouvernement intérimaire du district de Mabata. À ce jour, aucune arrestation ni information supplémentaire n’a été communiquée concernant les auteurs de cette agression.

Depuis l’invasion turque, le canton d’Afrin est soumis à la terreur

Cette attaque intervient dans le canton d’Afrin, placé sous contrôle turc et de ses groupes affiliés depuis mars 2018. De nombreux crimes de guerre et crimes contre l’humanité y ont été documentés au cours des dernières années.

Mort suspecte d’un Kurde au Japon : la famille dénonce des tortures en garde à vue

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JAPON – Murat Çiçek, scénariste et acteur kurde, est décédé le 3 juillet au Japon alors qu’il était placé en garde à vue, après avoir été impliqué dans un accident de la circulation le 25 juin.

Selon ses proches, il serait mort des suites de tortures subies dans le centre de détention. La famille exige des réponses claires des autorités japonaises.

C’est un employé du consulat de Turquie au Japon qui a informé la famille, le 8 juillet, en appelant pour demander : « Que faire du corps ? » La nouvelle de la mort, survenue cinq jours plus tôt, leur a ainsi été annoncée de manière brutale.

La famille réclame désormais des explications officielles :

Pourquoi Murat Çiçek a-t-il perdu la vie ?

Où était-il détenu au moment de son décès ?

Pourquoi n’a-t-il pas été transféré à l’hôpital ?

Quels sont les traitements qu’il a subis en garde à vue ?

Un artiste en quête de retour aux sources

Âgé de plusieurs années de vie au Japon (où il résidait depuis sept ans), Murat Çiçek avait participé l’année dernière au Festival du film de Tokyo avec un long-métrage dans lequel il jouait. Avant son départ, il avait travaillé comme acteur et scénariste pour BKM en Turquie.

Çiçek se préparait à retourner à Hakkari

D’après ses proches, Murat Çiçek prévoyait de rentrer dans sa ville natale de Hakkâri en septembre. Il aurait déclaré à la dernière personne à qui il a parlé avant son arrestation : « Je vais leur demander de m’envoyer directement en Turquie. » Après son arrivée au Japon, Murat Çiçek a exercé divers métiers tout en continuant à se consacrer à sa passion pour le cinéma malgré des conditions difficiles. L’année dernière, il a joué dans le film « Minna, Oshaberi ! » , qui relate les efforts de communication entre une Japonaise et une Kurde, toutes deux malentendantes. Le film a été présenté au Festival international du film de Tokyo. Pendant son séjour en Turquie, Çiçek a joué des rôles secondaires dans quelques projets et a également travaillé brièvement comme acteur et scénariste au Beşiktaş Kültür Merkezi.

TURQUIE. Découverte des photographies de l’exécution de Seyit Rıza et de ses compagnons

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TURQUIE / KURDISTAN – Six photographies originales, prises immédiatement après l’exécution de Seyit Rıza et de ses compagnons, meneurs de la révolte de la province kurde-alévie de Dersim en 1937-1938, ont été retrouvées. Ces images inédites ont été mises au jour par l’historien Sedat Ulugana, professeur à l’Université libre de Berlin.

Selon le témoignage d’İhsan Sabri Çağlayangil, présent lors des exécutions, ces photographies avaient été détruites sur ordre direct de Mustafa Kemal Atatürk. « Lors de l’exécution, un policier surnommé “Mustafa le Hongrois” a photographié Seyit Rıza pendu à l’échafaud. Ces clichés ont été remis à un proche du ministre de l’Intérieur Şükrü Kaya, qui les a montrés à Atatürk pendant son petit-déjeuner. À leur vue, Atatürk se serait emporté : (…) Ces photos vont soulever tous les Kurdes !” Il a alors ordonné que les photos et leurs négatifs soient immédiatement brûlés. »

Pourtant, tous les négatifs n’ont pas disparu. Sedat Ulugana explique que certains ont survécu, comme l’atteste le témoignage de Hıfzı Veldet Velidedeoğlu, juriste et rédacteur de la Constitution de 1961, qui affirme avoir vu ces photographies d’exécution à la « Maison du peuple de Tunceli » à Dersim au début des années 1940.

Historique des clichés

Jusqu’à aujourd’hui, l’exécution de Seyit Rıza, de son fils et des autres chefs de la résistance de Dersim, pendus le 15 novembre 1937 sur la place du Blé à Elazığ, n’était connue qu’à travers des récits écrits, des photos d’audience et des témoignages oraux. Aucune image directe de la pendaison n’avait été rendue publique.

Les six photographies découvertes par Ulugana, tirées au format carte postale photographique (RPPC), offrent un témoignage visuel rare et saisissant. On y voit des potences rudimentaires faites de trois poteaux de bois, des corps vêtus de chemises blanches suspendus, des rangs de gendarmes et de soldats en uniforme, ainsi qu’une foule de civils en arrière-plan. Les images montrent que les exécutions ont eu lieu en plusieurs endroits de la place, devant à la fois des bâtiments administratifs et des échoppes du marché aux blés.

Ces documents constituent un apport historique majeur, apportant une nouvelle lumière sur l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire contemporaine de la Turquie.

SYRIE. Les Kurdes cherchent leurs proches disparus lors des attaques de janvier 2026

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SYRIE / ROJAVA – Selon un nouveau rapport de l’ONG Syriens pour la Vérité et la Justice (Syrians for Truth and Justice, STJ), les forces du Gouvernement transitoire syrien à Damas, soutenues par des gangs affiliés et des milices pro-turques, ont lancé en janvier 2026 une série d’attaques coordonnées contre les zones kurdes et l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie.

Ces offensives, marquées par des embuscades et des avancées rapides, ont visé particulièrement les combattants des FDS, les membres de l’Administration autonome et les civils kurdes. Des témoignages accablants font état d’exécutions sommaires, de tortures systématiques, d’humiliations publiques et de disparitions forcées.

Dans l’embuscade du village de Makmen sur la « route d’Abyad » (entre Raqqa et al-Hasakah), des familles kurdes ont été attaquées : les hommes ont été séparés, torturés (couchés sur des épines, frappés, humiliés), puis exécutés ou enlevés devant leurs femmes et enfants. Des corps ont été abandonnés le long des routes. Des combattantes des YPJ ont été traitées comme des « butins de guerre » et soumises à des violences sexistes.

Le rapport documente un schéma clair de détentions arbitraires, de tortures dans des centres de détention (dont des cas d’exposition aux prisonniers de Daech) et de disparitions forcées. Des familles sont encore privées de toute information sur le sort de leurs proches, parfois soumises à une guerre psychologique via les téléphones des victimes.

Ces événements, qualifiés par de nombreuses voix kurdes de massacres et de tentative de nettoyage ethnique, s’inscrivent dans une stratégie visant à briser l’Administration autonome et à affaiblir la présence kurde dans le Nord-Est syrien, avec le soutien direct ou indirect d’Ankara.

Malgré des échanges partiels de détenus entre mars et mai 2026, des centaines de personnes restent portées disparues. STJ appelle à des enquêtes indépendantes, à la révélation du sort des disparus et à la reddition de comptes des responsables.