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L’Iran a exécuté au moins 1 500 personnes en 2025
IRAN / ROJHILAT – En 2025, le régime iranien a exécuté au moins 1 500 personnes, dont des centaines de Kurdes.
L’Iran a exécuté au moins 1 500 personnes l’an dernier, a déclaré jeudi l’organisation Iran Human Rights, basée en Norvège, qualifiant cette augmentation du recours à la peine capitale de « sans précédent ».
« C’est très alarmant », a déclaré Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur du groupe, à propos du bilan provisoire.
« C’est sans précédent depuis 35 ans. Depuis la création d’Iran Human Rights, nous n’avons jamais enregistré de tels chiffres. »
En 2024, l’Iran a exécuté au moins 975 personnes, selon l’IHR et le groupe français Ensemble contre la peine de mort (ECPM).
Bien que l’IHR n’ait pas encore publié son bilan final pour 2025, elle a déclaré avoir vérifié au moins 1 500 personnes tuées, dont plus de 700 ont été exécutées pour des infractions liées à la drogue.
Amiry-Moghaddam a déclaré que le nombre d’exécutions avait explosé depuis les manifestations qui ont éclaté en septembre 2022, déclenchées par la mort en détention de Jina Mahsa Amini, une femme kurde arrêtée a Téhéran pour avoir porté un voile non conforme à la charia islamique.
Le nombre d’exécutions est passé de plus de 500 en 2022 à plus de 800 en 2023, puis à 975 en 2024 et à au moins 1 500 l’année dernière, a-t-il déclaré. (ANF)
IRAN. Les forces iraniennes abattent cinq manifestants
IRAN / ROJHILAT – Les forces iraniennes ont abattu au moins cinq civils, dont un enfant de 15 ans, lors des protestations anti-gouvernementales dans les provinces de Lorestant et du Tchaharmahal-et-Bakhtiari, signale l’ONG kurde Hengaw.
Trois manifestants, dont un adolescent de 15 ans, ont été tués à Azna Au moins trois manifestants, dont un enfant de 15 ans, ont été tués lors de manifestations dans la ville d’Azna, dans la province du Lorestan. À compter du jeudi 1er janvier 2026, l’organisation Hengaw pour les droits de l’homme a vérifié l’identité des personnes tuées et publiera leurs noms ainsi que les images correspondantes dans les prochains jours.
Toujours aujourd’hui, les forces de l’État iranien ont ouvert le feu sur des manifestants à Lordegan, dans la province de Chaharmahal et Bakhtiari, tuant au moins deux manifestants identifiés comme Ahmad Jalil, 21 ans, et Sajjad Valamanesh, 28 ans, tous deux originaires de Lordegan.
Selon les informations reçues par l’organisation pour les droits humains Hengaw, Jalil et Valamanesh ont été abattus à balles réelles par les forces gouvernementales lors de manifestations publiques le jeudi 1er janvier 2026 et sont décédés plus tard des suites de leurs blessures.
Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs quartiers de Lordegan, notamment sur la place de la municipalité et devant le bâtiment du gouvernorat. Les forces de l’ordre de la République islamique d’Iran ont violemment réprimé ces manifestations, faisant notamment usage de gaz lacrymogène et de munitions réelles.
L’agence de presse Fars, affiliée à l’État, a confirmé la mort de deux personnes lors des manifestations, sans toutefois révéler leur identité ni fournir de détails sur les circonstances de leur décès. (Hengaw)
Image d’archive
Toujours aujourd’hui, les forces de l’État iranien ont ouvert le feu sur des manifestants à Lordegan, dans la province de Chaharmahal et Bakhtiari, tuant au moins deux manifestants identifiés comme Ahmad Jalil, 21 ans, et Sajjad Valamanesh, 28 ans, tous deux originaires de Lordegan.
Selon les informations reçues par l’organisation pour les droits humains Hengaw, Jalil et Valamanesh ont été abattus à balles réelles par les forces gouvernementales lors de manifestations publiques le jeudi 1er janvier 2026 et sont décédés plus tard des suites de leurs blessures.
Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs quartiers de Lordegan, notamment sur la place de la municipalité et devant le bâtiment du gouvernorat. Les forces de l’ordre de la République islamique d’Iran ont violemment réprimé ces manifestations, faisant notamment usage de gaz lacrymogène et de munitions réelles.
L’agence de presse Fars, affiliée à l’État, a confirmé la mort de deux personnes lors des manifestations, sans toutefois révéler leur identité ni fournir de détails sur les circonstances de leur décès. (Hengaw)
Image d’archive La complainte kurde : Roboskî
PARIS – Une paix véritable n’est possible que par une confrontation où la vérité, et non les bombes, s’exprime ; où la justice, et non le silence, prévaut, écrit Ercan Jan Aktas, journaliste et écrivain kurde réfugié en France, à propos des pourparlers de paix engagés entre la Turquie et le PKK alors que les familles des victimes kurdes du massacre de Roboski n’ont toujours pas obtenu justice 14 ans après le massacre.
Dans le conflit qui dure depuis un siècle avec la République de Turquie, Roboskî n’est pas seulement une plaie pour les Kurdes ; c’est leur histoire, leur mémoire et leur lamentation incessante. Ce qui s’est passé ne peut se réduire à un simple massacre ; c’est une marque indélébile laissée sur le corps kurde par le déni, l’impunité et la logique de l’État.
Roboskî n’est pas restée figée la nuit des bombardements. Alors que la justice tarde à venir et que la vérité est étouffée, elle est devenue un lieu de deuil transmis de génération en génération. C’est pourquoi Roboskî n’est pas une simple note de bas de page dans l’histoire kurde ; c’est un cri qui imprègne chaque ligne de cette histoire.
Roboskî n’est jamais devenue une simple date inscrite sur un calendrier. C’est un lieu qui se fige à nouveau chaque hiver dans nos mémoires et se brise à nouveau chaque printemps. Cette nuit-là, les bombes qui s’abattaient du ciel ont brisé non seulement des corps, mais aussi le sens de la justice, la possibilité de vivre ensemble et les fondements moraux les plus essentiels de l’humanité.
Tandis que l’on parlait des victimes avec la froideur et l’irresponsabilité des « renseignements erronés », le ciel à l’ouest de l’Euphrate s’illuminait de feux d’artifice pour les célébrations du Nouvel An. Au même instant, ceux qui restaient plongés dans l’obscurité à l’est de l’Euphrate devaient faire bien plus que pleurer leur disparition ; ils étaient contraints de témoigner contre l’oubli forcé et de perpétuer le souvenir face au silence.
Une fois encore, la réalité kurde — et la lutte — ne se limitent pas à raconter Roboskî comme une simple tragédie dans sa confrontation avec l’État ; il s’agit d’un effort pour opposer la mémoire aux cris étouffés, aux vies inachevées et à un silence tissé par le déni.
Car Roboskî est une vérité qui meurt une seconde fois dès qu’on l’oublie.
L’un de ceux qui expriment le plus puissamment ce message est l’artiste Mehmet Akbaş. Dans son œuvre Qêrîna Roboskî (Cri de Roboskî), Akbaş ne relate pas le massacre de Roboskî comme un simple « événement », mais le reconstruit comme une plaie ouverte dans la mémoire collective kurde. Le deuil est au cœur du chant, mais il ne s’agit pas d’un deuil passif : c’est une forme de douleur qui témoigne et exige des comptes. Qêrîn (le cri) est à la fois la voix des victimes et le souvenir indélébile des survivants. Ainsi, l’œuvre oscille consciemment entre lamentation et contestation politique.
Un thème central de la mélodie est la prise pour cible de l’innocence. Le bombardement de villageois kurdes démunis – enfants et jeunes – dont la vie fait partie intégrante du quotidien des zones frontalières, est présenté comme une rupture morale qui rend intenables les explications d’« erreur » ou d’« accident ». Dans cette chanson, Roboskî apparaît non seulement comme une plaie pour les Kurdes, mais aussi comme un vide béant dans la conscience de l’humanité.
Un autre thème majeur est celui de l’impunité et du déni. Plutôt que d’employer un langage politique explicite, la chanson construit l’absence de justice à travers des images récurrentes et des appels au deuil. Ce choix invite l’auditeur non pas à un débat juridique, mais à une confrontation éthique. Le silence, l’oubli et le mutisme de l’État sont mis en parallèle avec des images de la nature, les lamentations des mères et un sentiment collectif de perte.
Dans cette œuvre, la voix collective précède le récit individuel. Le narrateur n’est pas un « je » mais un « nous », ce qui soustrait Roboskî au cadre d’une tragédie singulière et l’inscrit dans les ruptures continues de l’histoire kurde. La structure lyrique et mélodique, qui rappelle la tradition du dengbêj, transporte Roboskî dans le domaine de la mémoire orale plutôt que de l’histoire écrite, produisant ainsi une forme de souvenir à l’abri de l’effacement.
En définitive, Qêrîna Roboskî démontre que le deuil n’est pas seulement un état de chagrin personnel, mais aussi un acte politique et une pratique collective de la mémoire. La chanson reproduit Roboskî non comme un dossier clos, mais comme un appel à la conscience qui doit rester ouvert jusqu’à ce que justice soit faite et la vérité reconnue. Cet appel s’exprime par des mots contre le silence, par des lamentations contre le déni, et par le souvenir contre l’oubli.
Un destin commun à travers la Méditerranée
La complainte Qêrîna Roboskî, interprétée par l’artiste kurde Mehmet Akbaş, exilé, croise en Allemagne l’histoire de l’artiste grecque Alexandra Gravas, elle aussi marquée par l’exil. Le fait que la maison où vivaient les ancêtres de Gravas avant l’échange de populations se situe aujourd’hui à Söke, dans la province d’Aydın, confère à cette rencontre une dimension plus profonde, révélant le destin commun de l’exil, du déracinement et de la mémoire perdue à travers le bassin méditerranéen. Ce qui réunit Alexandra Gravas et Mehmet Akbaş sur une même scène, dans des langues différentes, c’est la conscience partagée de l’humanité. Ensemble, ils nous rappellent que la musique est l’un des langages les plus puissants pour la paix, la réconciliation et la reconstruction de la vie dans toute sa diversité. Sur cette scène, tandis que « Qêrîna Roboskî » s’élève de la voix de Mehmet Akbaş, « Leylim Ley » résonne à travers celle d’Alexandra Gravas. Mésopotamie, Anatolie et mer Égée s’entremêlent dans ces mélodies, unies par des souffrances, des espoirs et des valeurs humaines partagés. Chaque mot prononcé à propos de Roboskî – qu’il s’agisse d’une lamentation, d’un chant ou d’un texte – est simultanément un appel à la responsabilité face à une histoire tissée de déni. Une paix véritable n’est possible que par une confrontation où la vérité, et non les bombes, s’exprime ; où la justice, et non le silence, prévaut. Roboskî restera une blessure de conscience qui ne pourra se refermer tant que justice ne sera pas rendue. Notre devoir n’est pas de dissimuler cette blessure, mais de la panser par la vérité, la responsabilité et la justice – jusqu’à ce que justice soit enfin rendue sur ces terres, où les codes gravés dans nos cœurs et nos âmes perdurent. (Bianet) Ercan Jan Aktaş est chercheur en sciences sociales, écrivain et militant. Ses travaux portent sur la paix sociale, la violence, le militarisme, le genre et l’objection de conscience. Il contribue à Yeni Özgür Politika, Yeni Yaşam et Bianet avec des articles, des interviews et des reportages approfondis sur l’actualité politique, les questions migratoires, la paix sociale et le genre. Il poursuit son travail universitaire, journalistique et militant en France.TURQUIE. Le racisme dans les stades de foot menace le processus de paix
TURQUIE / KURDISTAN – Le racisme anti-kurde des supporters de football turc est de nouveau exacerbé alors que l’État turc est en pourparlers de paix avec la guérilla kurde. Alors que certains y voient une volonté de sabotage du processus de paix, le journaliste Nazim Tural souligne que le racisme dans les tribunes de football ne peut être analysé indépendamment du racisme et du nationalisme de la société turque.
Dimensions internationales
Dans la lutte contre le racisme dans le football, l’action menée ces dernières années par les instances européennes et internationales du football, dont la Turquie est membre, telles que l’UEFA et la FIFA, témoigne d’un renforcement de leurs mesures, notamment par des sanctions plus fermes. La Turquie pourrait s’associer aux programmes de ces organisations et mener diverses campagnes de sensibilisation auprès du public, des clubs et des joueurs concernant les sanctions appliquées. L’engagement de la FIFA à utiliser le pouvoir du football pour créer un impact social positif est évident dans ses partenariats avec les organisations des Nations Unies pour les droits de l’homme afin de diffuser le message « Non à la discrimination ».2 La FIFA et l’UEFA abordent cette question dans le cadre de leurs activités de responsabilité sociale par le biais d’unités spéciales et de groupes de travail. Les projets d’envergure initiés par la Turquie démontreront que ses politiques et actions sont en accord avec l’UEFA et la FIFA. Par ailleurs, compte tenu de la dimension internationale de ces campagnes, la question ne se limite pas aux organisations de football, mais relève également du champ d’action d’institutions œuvrant pour les droits humains, telles que le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, le Conseil de l’Europe et l’Union européenne. La « Position mondiale contre le racisme » vise à mettre en œuvre les politiques de tolérance zéro et les programmes de travail de la FIFA à l’échelle mondiale pour lutter contre toutes les formes de racisme dans le football.4 Approuvée à l’unanimité par les 211 fédérations membres de la FIFA lors du 74e Congrès de la FIFA en mai 2024, la Position mondiale contre le racisme comprend des plans d’action visant à mettre fin au racisme dans le football. Par ailleurs, le respect des obligations découlant du droit international et des conventions ratifiées par la Turquie est également nécessaire. Outre les conventions des Nations Unies et européennes relatives aux droits de l’homme, la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale interdit la discrimination raciale dans tous les domaines du droit privé et public et oblige les États signataires à prendre des mesures immédiates et efficaces pour éliminer les idées et pratiques racistes.⁶ En outre, des efforts sont déployés pour lutter contre le racisme dans le sport sous l’égide des Nations Unies. La Déclaration et le Programme d’action de Durban invitent les États à prendre des mesures pour prévenir et combattre l’émergence d’idéologies néofascistes, nationalistes et violentes qui promeuvent la haine raciste et la discrimination raciale. Au vu de l’évolution du football ces dernières décennies, une transformation structurelle majeure s’est opérée ; il est indéniable que le football est devenu un secteur lucratif grâce à la diffusion des matchs aux niveaux régional et international, au sponsoring, à la corporisation des clubs et aux recettes publicitaires. Par ailleurs, il est admis que le football ne se limite pas au terrain, mais demeure important de par ses dimensions politiques et économiques. (Bianet)IRAN. Arrestations en lien avec les manifestations antigouvernementales
IRAN / ROJHILAT – Le régime iranien a procédé à de nombreuses arrestations en lien avec les manifestations antigouvernementales de décembre rapporte l’ONG kurde Hengaw. On ne sait pas encore de quoi les détenus sont accusés, ni où ils se trouvent actuellement.
Les forces de la République islamique d’Iran ont arrêté au moins 15 manifestants le mercredi 31 décembre 2025, en lien avec les manifestations de décembre en cours dans plusieurs villes iraniennes, dont Dehloran, Yasuj, Nahavand, Asadabad, Shiraz et Téhéran.
Selon les informations recueillies par l’organisation de défense des droits humains Hengaw, les personnes arrêtées sont issues de diverses ethnies, nationalités et régions. Parmi elles figurent un Turc résidant à Asadabad, un Lor de Nahavand et quatre Lor de Yasuj, identifiés comme Saleh Arjmand, Qasem Arjmand, Hossein Arjmand et Milad Masoumi. Trois Kurdes de Dehloran, Abolfazl Shadfar, Ehsan Maleki et Ali Asghar Salehi, ont également été interpellés. À Shiraz, plusieurs manifestants, dont Zaker Amini, Ruhollah Mohseni et Mohammadkarim Fazeli, ainsi que deux enseignants, Hejabri et Nirumand, ont été arrêtés. À Téhéran, les autorités ont interpellé l’étudiante militante Sarira Karimi, secrétaire du Conseil étudiant de la faculté de droit et de sciences politiques de l’université de Téhéran et membre du Conseil central des étudiants de la même université.
Les cinq personnes arrêtées à Shiraz ont été libérées après plusieurs heures, tandis qu’au moins dix autres restent détenues dans des conditions inconnues. Aucune information n’a été communiquée concernant les charges retenues contre elles ni leur lieu de détention actuel.
Cette vague de protestations a débuté le dimanche 28 décembre 2025, suite à des grèves et des marches de protestation massives organisées par les commerçants des bazars de Téhéran en réponse à la détérioration des conditions économiques, à l’inflation et à la hausse du coût de la vie, avant de s’étendre à au moins 22 villes à travers le pays. (Hengaw)
« Nouvelle Syrie » prise en étau entre HTS, Israël, Turquie et USA
SYRIE / ROJAVA – La « Nouvelle Syrie » est prise en étau entre le groupe djihadiste HTS, l’Israël, la Turquie et les États-Unis qui mettent en avant leurs propres intérêts au détriment des Syriens d’après le journaliste Aykan Sever cité par l’agence kurde ANF.
Le journaliste Aykan Sever a analysé l’évolution rapide de la situation ces dernières semaines en Syrie, en Israël, en Turquie et aux États-Unis, soulignant à la fois la fragilité des relations que tissent les puissances régionales et les limites structurelles des acteurs sur le terrain. Abordant un large éventail de sujets, depuis les raisons de l’échec de l’équation que Washington tente de construire par le biais de Hayat Tahrir al-Sham (HTS), jusqu’à la manière dont les tensions sur l’axe israélo-turc se répercutent sur le front syrien ; des menaces visant le Rojava aux conséquences potentielles d’un assouplissement des sanctions César, Sever a affirmé que tous ces développements accentuent l’incertitude dans la région.
Ils perçoivent la Syrie comme de l’argile malléable.
Aykan Sever a expliqué pourquoi la Syrie est devenue un théâtre d’opérations stratégique, sujet à l’intervention simultanée de nombreux acteurs internationaux et régionaux. Il a souligné que l’importance géopolitique du pays, de la Méditerranée orientale au remodelage du Moyen-Orient, transforme chaque événement sur le terrain en une lutte de pouvoir à plusieurs niveaux. Sever a déclaré :
« Ils perçoivent la Syrie comme une argile malléable, et de nombreuses forces s’y emploient simultanément. Parmi elles figurent les Nations Unies, l’Union européenne, ainsi que la Russie, les États-Unis, les pays arabes, la Turquie, Israël et la France. Tous ces acteurs sont impliqués dans ce processus car la Syrie occupe une position extrêmement stratégique. Elle est déterminante tant pour la Méditerranée orientale que pour le redécoupage du Moyen-Orient. La Syrie n’est pas un cas isolé ; en réalité, malheureusement, aucun problème régional n’est jamais totalement isolé. »
C’est pourquoi nous sommes confrontés à un processus où de nombreuses forces interviennent simultanément et de multiples directions. Tous ces acteurs cherchent à consolider leur influence sur le terrain. Plus récemment, l’Union européenne a dépêché des responsables afin d’orienter la Syrie conformément à ses propres intérêts, et les Nations Unies ont également nommé de nouveaux représentants pour suivre le processus. La Russie, quant à elle, semble tenter de conclure des accords avec l’administration de Hayat Tahrir al-Sham (HTS) afin de préserver sa position. Et bien sûr, le pays dont l’importance est cruciale dans ce contexte, ce sont les États-Unis.
Le monde selon Trump
Sever a déclaré que Donald Trump cherchait à restructurer le monde autour d’un ordre centré sur l’Amérique et a expliqué comment cette stratégie recoupait ses ambitions hégémoniques en Europe et au Moyen-Orient. Il a déclaré : « Trump tente de façonner le monde entier selon ses propres [intérêts], sous l’égide des États-Unis, de manière à placer l’Amérique au centre. Le document stratégique publié sous le nom de « nouvelle doctrine Monroe » envisage une position hégémonique à l’échelle mondiale. Disons qu’elle s’articule autour de l’Europe occidentale et de l’Union européenne ; c’est en réalité la principale zone où il souhaite établir son hégémonie. Mais en pratique, il existe des situations auxquelles on ne peut se soustraire, qu’on le veuille ou non. Si l’on veut exercer une hégémonie sur l’Europe, il faut inévitablement se concentrer également sur le Moyen-Orient. La manière dont cela est mené est ce qui importe. Comme nous l’avons constaté après l’attaque de Palmyre, les déclarations et la pensée de Trump sont les suivantes : il ne s’agit pas d’une grande stratégie complexe. Par exemple, en Syrie, Ahmed Al-Sharaa (Al-Jolani), qui détient le pouvoir, et Trump affirment tous deux qu’après Palmyre, cela ne le concerne pas ; il tente de clore le débat en évoquant « Daech et autres ». » Erdoğan détient également le pouvoir, Netanyahu détient le pouvoir, le prince Salman détient le pouvoir… Trump veut tous les utiliser comme forces par procuration.
Une sorte d’OTAN du Moyen-Orient est en cours de planification.
Aykan Sever a expliqué comment la recherche de blocs militaires et politiques formés autour des accords d’Abraham s’est transformée en un projet d’hégémonie au Moyen-Orient, et pourquoi ce projet ne parvient pas à s’aligner sur les réalités régionales. Sever a déclaré : « Derrière les accords d’Abraham se cache non seulement une tentative de former un bloc politique, mais aussi la volonté de créer un bloc militaire. On peut donc supposer qu’Israël envisage une sorte d’« OTAN du Moyen-Orient », avec lui-même au centre de la région. Mais ce genre de choses ne fonctionne pas ; c’est un autre sujet. Admettons néanmoins qu’un tel projet existe. Car l’un des points particulièrement importants de la doctrine Monroe concernant le Moyen-Orient est le contrôle des routes énergétiques et des lignes d’approvisionnement. Premièrement, la route censée relier l’Inde à l’Europe ne s’est pas encore concrétisée ; nous ignorons quand et comment elle le fera. Mais supposons que, dans un cadre incluant cette route, des zones comme le détroit d’Ormuz et la mer Rouge soient stratégiques pour Israël. C’est pourquoi il est crucial d’établir son contrôle sur le Yémen et, simultanément, de repousser l’Iran dans le détroit d’Ormuz, c’est-à-dire de sécuriser cette zone. »
Mais il existe au Moyen-Orient une situation de ce genre : si l’on ne peut exercer un contrôle sur l’ensemble du territoire, on ne peut exercer de contrôle nulle part. Par conséquent, l’administration américaine construit en fin de compte un Moyen-Orient à son image. Est-elle en mesure d’y parvenir ? L’exemple de la Syrie, à lui seul, démontre que non. Car elle se fonde sur des calculs mécaniques. En définitive, les impérialistes ne font pas de calculs sophistiqués, ne savent pas tout et ne contrôlent rien ; ils en sont simplement incapables.
Sever a ajouté : « En toute simplicité, n’importe quel observateur, quel que soit son domaine, peut constater que HTS présente des problèmes structurels. Par problèmes structurels, j’entends sa capacité à contrôler la Syrie et à être inclusif. Je ne parle pas de démocratie, car rien n’indique que Trump aspire à la démocratie. Ce n’est pas la question. Mais en matière d’inclusion, par exemple, si l’on se positionne dans une perspective sunnite arabe et que l’on adopte ce principe directeur, on empêche d’emblée une chose : l’inclusion d’autres minorités comme les Alaouites, les Druzes, les Kurdes et les Arméniens. Dès le départ, on adopte une position discriminatoire. C’est pourquoi on ne peut pas les inclure. »
Plus récemment, des Alaouites ont rencontré Al-Jolani ; cependant, les déclarations faites par les Alaouites après la rencontre indiquent qu’elle était purement symbolique et qu’elle ne reconnaissait ni leur droit à la vie ni leur droit à l’existence. La situation des Druzes et des Kurdes est claire : ils demeurent vulnérables aux attaques. De fait, ils ne se prêtent pas au type d’intégration que les États-Unis tentent de mettre en œuvre. En définitive, cette mentalité s’inscrit dans une conception que l’on pourrait qualifier d’islamiste ou de djihadiste, qu’elle a adoptée depuis longtemps, et elle cherche à façonner le pays en conséquence. Par conséquent, elle exige de ses adversaires qu’ils s’y conforment, ou tente de les y contraindre. C’est pourquoi l’autorité que Trump cherche à instaurer ne verra probablement jamais le jour.
Ce que les États-Unis cherchent à construire se heurte à la structure du HTS.
Sever a expliqué pourquoi l’accord du 10 mars est perçu comme problématique par Damas et comment les messages envoyés par les Forces démocratiques syriennes (FDS) à Washington après l’attaque de Palmyre ont influencé l’équilibre des forces sur le terrain. Il a également analysé les lignes rouges d’Israël, les problèmes structurels de Hayat Tahrir al-Sham (HTS) et les conditions qui alimentent la base sociale de l’EI. Sever a déclaré : « Il est clair que Damas ne souhaite pas vraiment respecter l’accord du 10 mars, signé sous la pression américaine, car le pays estime que cet accord lui ferait perdre une grande partie de son contrôle. Après l’attaque de Palmyre, les FDS ont adopté une position plus explicite. En résumé, elles ont transmis deux messages. Premièrement, elles ont rappelé aux États-Unis qu’elles étaient un allié fiable, ce qui a entraîné une multiplication des articles remettant en question la position de HTS dans la presse américaine. Deuxièmement, elles ont affirmé pouvoir combattre Daech sur l’ensemble du territoire syrien. Il s’agissait bien sûr d’une manœuvre pour consolider leur position politique. Malgré cela, les déclarations de l’administration américaine montrent que les investissements dans HTS se poursuivront et que les attentes restent centrées sur HTS. Presque toutes les forces que j’ai mentionnées en introduction adoptent déjà une approche qui place HTS au centre des préoccupations. »
Israël, cependant, adopte une position différente. Israël a des lignes rouges bien définies. Premièrement, Israël ne souhaite pas qu’Al-Jolani devienne un mandataire de la Turquie. Il ne souhaite pas non plus que la Turquie se positionne le long de la frontière ou s’approche des zones sous son contrôle. Deuxièmement, Israël veut continuer à utiliser les Druzes comme force tampon ; c’est pourquoi il estime que les Druzes ne doivent pas être inquiétés et doivent conserver un statut particulier. Troisièmement, Israël ne souhaite pas l’émergence d’un gouvernement fondé sur la charia en Syrie ; il y voit une menace pour sa propre sécurité. Les slogans hostiles à Israël scandés lors des récentes manifestations ont également été contraires à ses attentes. Par le passé, lorsque des dirigeants du Hezbollah étaient tués, les partisans de HTS célébraient l’événement. Aujourd’hui, la situation a quelque peu évolué. C’est normal, car HTS est déjà une structure très fragmentée et presque tous ses membres ont eu par le passé des liens idéologiques avec Daech.
Sever a également déclaré : « Plus important encore, l’approche politique des pays occidentaux n’a pas permis de vaincre idéologiquement Daech, et il ne semble pas qu’ils en aient la capacité. En effet, ils ne mettent pas en œuvre de politiques qui s’attaquent aux causes profondes de Daech ni aux conditions sociales qui alimentent sa croissance ; ils privilégient une approche superficielle, axée uniquement sur le contrôle. Or, cela ne suffit pas à éliminer Daech. Même si des mesures militaires sont prises au nom de la lutte contre le terrorisme, tant qu’il existera un fondement idéologique et social, ces méthodes ne permettront pas de le vaincre. L’histoire l’a démontré à maintes reprises. »
Parce que le capitalisme ne parvient pas à résoudre les problèmes auxquels les populations sont confrontées, des idées semblables à celles de Daech se répandent et gagnent en influence, notamment en Afrique et dans des régions comparables, dans des zones à forte population musulmane. Ce phénomène s’explique par une certaine logique : l’effondrement économique, le sentiment d’absence d’avenir chez les jeunes et l’impossibilité d’entrevoir une autre issue. Dès lors, rejoindre la « solution » la plus proche, un gang, devient la seule option. Il ne s’agit pas de la responsabilité d’un seul acteur ; c’est la responsabilité du monde entier. Pourtant, il est clair que ce qui se passe n’est ni compris ni véritablement transformé. Ils croient que les problèmes peuvent être résolus par des approches superficielles et la politique quotidienne, mais c’est impossible ; c’est une réalité incontestable.
La menace de génocide en Turquie n’a pas disparu.
Sever a déclaré que les efforts visant à apaiser les tensions sur l’axe israélo-turc étaient au point mort à cause de Gaza, que ces tensions se répercutaient directement sur le front syrien et que les menaces turques contre le Rojava aggravaient les risques régionaux. Il a ajouté : « Tom Barrack a rencontré Hakan Fidan après sa rencontre avec Netanyahu. Il existe une volonté générale d’apaiser les relations entre Israël et la Turquie ; ils s’y emploient. Cependant, la question palestinienne de Gaza et la possibilité pour la Turquie d’envoyer des troupes à Gaza ont particulièrement bloqué ce processus. Et ce, de manière très concrète. Une réunion s’est tenue à Doha ; de nombreux pays y ont participé, mais la Turquie n’y a pas été invitée. La partie turque tente de minimiser l’importance de cette absence, mais il est clair qu’Israël ne souhaite pas la présence de la Turquie. Il est également évident qu’Israël craint que si les troupes turques entrent à Gaza, elles ne la quittent pas. »
De manière générale, en l’absence d’un rapprochement entre Israël et la Turquie, le maintien de positions opposées en Syrie est inévitable, et c’est précisément le cas actuellement. La Turquie continue de menacer le Rojava de façon persistante, notamment en raison du processus en cours. Du point de vue de l’État turc, l’une des principales motivations à l’origine de ce processus était d’empêcher les Kurdes d’obtenir un quelconque statut au Rojava, ou plutôt en Syrie, de les désarmer et de les contraindre à la soumission.
Malheureusement, le risque est sérieux. La population du Rojava oppose une certaine résistance organisée, et bénéficie d’une présence politique et militaire ; cependant, la menace génocidaire émanant de la Turquie persiste. Un climat de menace, même indirect, règne. On ignore si ce scénario se réalisera, mais le risque est bien réel. La situation interne de la Turquie et, plus largement, la position de l’État turc au Moyen-Orient alimentent ces risques.
Voilà pourquoi la situation exige une prudence absolue. Nous avons constaté l’ambiguïté des puissances internationales en Palestine. Les espoirs de voir « en cas d’attaque, les États-Unis l’empêcheront, ce pays l’empêchera, Israël agira » ont très peu de chances de se réaliser. Malheureusement, c’est la réalité d’aujourd’hui. Elles pourront élaborer des politiques ou publier des déclarations par la suite, mais je peux affirmer avec certitude qu’elles ne prendront aucune mesure concrète pour empêcher une attaque.
La levée des sanctions César est soumise à certaines conditions.
Aykan Sever a expliqué les implications de l’assouplissement des sanctions César imposées par les États-Unis à la Syrie, ses conséquences pour Israël, les FDS et Al-Jolani, et pourquoi l’instauration d’un régime démocratique en Syrie demeure cruciale. Sever a déclaré : « La semaine dernière, les États-Unis ont franchi une étape vers la levée totale des sanctions César ; le décret n’a pas encore été signé par le président, mais le processus progresse dans ce sens. Cependant, certaines conditions s’appliquent. Si je me souviens bien, le Département de l’Intérieur est tenu tous les 180 jours d’établir un rapport sur la Syrie et de le soumettre à la Chambre des représentants. Sur la base de ce rapport, une nouvelle décision sera prise quant au maintien ou non des sanctions. L’essence des sanctions César est la suivante : le gouvernement syrien évolue-t-il dans le sens souhaité par les États-Unis ? L’évaluation repose sur ces critères. »
La dimension israélienne est également importante. Même si cela n’est pas dit ouvertement, les attentes d’Israël portent notamment sur la signature par la Syrie des accords d’Abraham ou d’un accord de sécurité, et sur l’intégration des FDS. Par conséquent, Al-Jolani se trouve dans une position délicate. De plus, il ne peut contrôler pleinement son équipe, ce qui est déjà quasiment impossible. Aujourd’hui, tous les commandants de terrain sont issus de l’EI ou de structures similaires. On ne peut pas changer ses habitudes et sa façon de penser simplement en changeant d’uniforme. Ceux qui pensent le contraire se trompent ; les États-Unis en ont eu la réponse dès leur première patrouille.
Sever a déclaré : « C’est pourquoi la tâche qui incombe à l’administration d’Al-Jolani est ardue, et son avenir est extrêmement incertain. De nombreuses forces s’exercent sur elle, la fragilisant et la soumettant à des tiraillements de toutes parts. Certains pourraient chercher à exploiter cette faiblesse. Al-Jolani aspire à dominer la région et refuse d’être un instrument aux mains de quiconque. Toutefois, si ni les États-Unis ni les autres acteurs ne sont convaincus par lui, l’avenir d’Al-Jolani et de la structure centrale qu’il s’efforce de mettre en place devient précaire. »
De notre point de vue, l’essentiel est l’instauration d’un ordre démocratique authentique où les peuples puissent vivre ensemble. Pour cela, nous devons explorer des pistes tant intellectuelles que politiques. La société turque, aux prises avec ses propres difficultés, ne peut se concentrer pleinement sur l’évolution de la situation en Syrie ; or, si nous restons indifférents aux problèmes syriens, ces problèmes finiront par nous rattraper. Pour que la paix et la démocratie règnent en Turquie, nous devons tout mettre en œuvre. On ne peut avancer en s’appuyant sur le racisme ou un discours condescendant ; malheureusement, ces prétextes existent, mais ils n’apportent aucune solution. (ANF)
SYRIE. Plus de 7 000 civils tués en un an
SYRIE / ROJAVA – Le nombre de morts dus aux actes de violence et aux exécutions extrajudiciaires en Syrie en 2025 a dépassé les 9 200 personnes, dont plus de 7 000 civils, signale l’agence kurde ANHA qui cite l’Observatoire syrien des droits de l’homme.
L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH ou SOHR) a publié son bilan des personnes tuées et victimes d’actes de violence, de crimes et de meurtres motivés par des raisons sectaires et de représailles en 2025. Les civils arrivent en tête en termes de nombre, y compris les enfants et les femmes, dans un contexte d’escalade de la violence, d’effondrement de la sécurité et de chaos généralisé dans tout le pays.
D’après les données de l’Observatoire pour l’année 2025, 9 272 personnes ont été tuées, dont 7 087 civils, parmi lesquels 504 enfants et 550 femmes. Ces décès sont survenus par divers moyens, notamment des exécutions extrajudiciaires, des assassinats et des exécutions sommaires, des actes de torture et des mauvais traitements, des affrontements armés, des explosions et des attaques ciblées, des attaques de mercenaires de l’EI et des conséquences des conflits armés.
Parmi ce total, 2 939 personnes ont été exécutées sur le terrain, dont 68 enfants et 213 femmes, lors de vagues de violence sectaire qui ont touché les régions côtières de Syrie, l’intérieur, le sud et d’autres régions. (ANHA)
Décès du grand écrivain et journaliste Akyol
TURQUIE – Le journaliste et le fervent défenseur de la presse kurde, Hüseyin Aykol est décédé à l’âge de 73 ans des suites d’une hémorragie cérébrale.
Le journaliste Hüseyin Aykol a été hospitalisé mi-octobre des suites d’une hémorragie cérébrale. Au cours de son hospitalisation, il a subi une seconde hémorragie cérébrale et était maintenu en soins intensifs.
Hüseyin Aykol est décédé deux mois et 17 jours après son hospitalisation, peu avant le début de l’année 2026.
Aykol, qui a travaillé dans le journalisme et l’édition pendant 51 ans, a consacré 36 ans de sa vie à la liberté de la presse. Dès sa jeunesse, il s’est engagé dans la lutte socialiste et, à la suite du coup d’État militaire du 12 septembre, a passé de nombreuses années en prison, où il a été à la fois témoin et victime de violations des droits humains. Fidèle à la tradition de la liberté de la presse, Aykol a contribué à la formation de milliers de journalistes et a écrit de nombreux livres, articles de recherche et traductions.
Hüseyin Aykol, par son engagement en faveur de la liberté d’expression et des droits humains, par ses étudiants et par ses œuvres, a laissé un héritage durable dans l’histoire de la presse libre.
À propos de Hüseyin Aykol
Hüseyin Aykol est né en 1952 à Salihli (Manisa), dans l’ouest de la Turquie. Après des études de médecine à Ankara, il s’est orienté vers les sciences politiques. Durant ses études, il s’est engagé dans des mouvements de jeunesse de gauche et a présidé le conseil étudiant. En 1981, il a été arrêté à Ankara, torturé pendant 45 jours, puis transféré à la prison militaire de Mamak. Les années suivantes, il a été emprisonné à plusieurs reprises et a passé au total plus de dix ans dans différentes prisons.
Après ses études, Aykol a travaillé pour diverses maisons d’édition de gauche et a débuté très tôt comme traducteur et éditeur ; il est également l’auteur de plusieurs ouvrages. Depuis les années 1990, il a été rédacteur en chef et directeur de publication pour de nombreux journaux et magazines, dont Yeni Ülke et Özgür Ülke, et a poursuivi son travail journalistique malgré les pressions, les fermetures et les attaques. Il a été l’un des cofondateurs du quotidien turco-kurde Özgür Gündem et en a été le rédacteur en chef pendant un certain temps. Il est considéré comme l’une des figures les plus influentes du paysage médiatique kurde en Turquie.
Dernière incarcération : 2019
Aykol est particulièrement connu pour son travail continu sur les conditions de détention dans les prisons turques et sa correspondance de plusieurs décennies avec les prisonniers, dont il a documenté les préoccupations à travers des articles journalistiques. En novembre 2019, lors de sa dernière sortie de prison – il avait été condamné pour terrorisme en raison de sa collaboration avec Özgür Gündem – plus de 60 procédures judiciaires étaient en cours contre lui, principalement pour des infractions à la liberté de la presse ou pour des allégations de « propagande du PKK ». (ANF)
Bonne année et joyeux anniversaire à des millions de Kurdes « nés » le 1er janvier
KURDISTAN – Joyeux anniversaire à des millions de Kurdes dont la date de naissance est le 1er janvier par défaut (Les autres sont nés le 1er juillet). C’est pratique de souhaiter bon anniversaire à des millions de Kurdes en deux* fois l’an. Alors, RDV le premier juillet prochain!
*En fait, la plupart des Kurdes nés jusque dans les années 1990 au Bakûr (Kurdistan sous l’occupation turque) n’étaient pas enregistrés à l’état civil. Après le coup d’État militaire du 1980, même ceux enregistrés ont vu leur date de naissance indiquant le jour et le mois disparaître de leurs cartes d’identité qui ont remplacé leurs livrets de naissance. Plus tard, l’absence de mois et jour de naissance sur les cartes d’identité a posé problème pour la sécurité sociale etc. Alors, ils ont dû choisir soit le 1er janvier, soit le 1er juillet de l’année de leur naissance (hypothétique) qu’on a ajouté à leur cartes d’identité. D’où ces millions d’anniversaires « fêtés » le 1er janvier et le 1er juillet.
Rojbûna we pîroz be ! = Joyeux anniversaire !
Les Kurdes d’Europe appellent à la solidarité avec les Alaouites syriens
EUROPE – L’organisation faitière kurde d’Europe, KCDK-E a déclaré que les massacres perpétrés contre les Arabes alaouites à Lattaquié et à Tartous s’inscrivaient dans la continuité de l’hostilité anti-alaouite qui remonte à la période de DAECH / ISIS et a appelé à la solidarité internationale.
Le Congrès des sociétés démocratiques kurdes en Europe (KCDK-E) a publié un communiqué condamnant les attaques perpétrées contre la communauté alaouite arabe en Syrie. Le communiqué affirme que les agressions commises contre les Alaouites à Lattaquié et à Tartous sont les conséquences amères d’une mentalité moniste et sectaire, et souligne que la paix entre les peuples du Moyen-Orient et de Syrie ne peut être atteinte que par l’unité fondée sur les valeurs démocratiques.
Le KCDK-E a déclaré que l’année 2025 a été marquée par des guerres, le chaos et des crises économiques, ajoutant que les gouvernements et dictatures racistes et d’extrême droite ont rendu la vie et la nature insupportables dans de nombreuses régions du monde. Le communiqué souligne que le Moyen-Orient demeure une zone ravagée par la guerre, les effusions de sang, les souffrances, la faim et la pauvreté, et que les interventions des puissances internationales dans la région, sous divers prétextes, ont aggravé les crises existantes.
Le communiqué précise également que les ressources souterraines et de surface, les sources d’eau et les voies d’approvisionnement énergétique demeureront parmi les principaux facteurs de conflits dans les années à venir. Il souligne que les conflits intercommunautaires et les structures de type gang déployées par les forces réactionnaires constituent les plus grands obstacles à une vie libre et démocratique.
Le communiqué a également mis en lumière le tissu social multiethnique et multiconfessionnel de la Syrie, affirmant que Druzes, Alaouites, Kurdes, Arabes, Chrétiens et Musulmans partagent un désir commun de vivre ensemble dans l’égalité et la liberté. Il a souligné que ces différences constituent un fondement qui enrichit la vie plutôt que de la diviser.
Le KCDK-E a déclaré que le modèle de vie formulé par Abdullah Öcalan, fondé sur la liberté des femmes et ancré dans la coexistence pacifique des peuples grâce aux valeurs démocratiques, représente la seule solution viable. Le communiqué avertit que tout abandon de cette perspective entraînerait de graves conséquences historiques et contemporaines, telles que le sectarisme, le nationalisme et l’hostilité entre les peuples.
Le communiqué indique que le Moyen-Orient a été profondément touché par la réalité de l’État islamique, soulignant que ces organisations, hostiles aux femmes, à la nature, à l’histoire et à l’humanité, ont perpétré des dizaines de massacres et que leurs attaques se poursuivent. Il ajoute que les massacres de Druzes, les attaques systématiques visant les Alaouites et les pratiques inhumaines à l’encontre des chrétiens et des autres communautés religieuses se poursuivent sans relâche.
Le communiqué condamne le silence de la communauté internationale face à ces massacres, perpétrés sous les yeux du monde entier. Il affirme que Hayat Tahrir al-Sham (HTS), qui a autrefois agi aux côtés de Daech, poursuit aujourd’hui cette oppression et tolère des attaques similaires. Le communiqué qualifie également d’« hypocrisie » la position de l’État turc, qui entretient des relations étroites avec ces structures au lieu de soutenir un mode de vie démocratique et centré sur les femmes.
Le KCDK-E a déclaré que les guerres, les massacres et les génocides ne profitent à aucun peuple à l’approche du Nouvel An, ajoutant qu’ils ne mènent qu’à l’effusion de sang et aux larmes. Le communiqué affirme que la perspective d’une société pacifique et démocratique développée par Abdullah Öcalan représente la seule solution, soulignant que si ce modèle est mis en œuvre, les peuples pourront bâtir une vie partagée fondée sur l’égalité et la liberté.
La déclaration concluait en soulignant que le modèle de société pacifique et démocratique, permettant aux Kurdes, aux Arabes, aux Alaouites et à toutes les communautés religieuses de se gouverner ensemble, apporterait une solution durable aux problèmes actuels. Le KCDK-E a souhaité que la nouvelle année soit synonyme de paix et de liberté pour tous les peuples du monde. (ANF)
Le Congrès des sociétés démocratiques kurdes en Europe (KCDK-E) a publié un communiqué condamnant les attaques perpétrées contre la communauté alaouite arabe en Syrie. Le communiqué affirme que les agressions commises contre les Alaouites à Lattaquié et à Tartous sont les conséquences amères d’une mentalité moniste et sectaire, et souligne que la paix entre les peuples du Moyen-Orient et de Syrie ne peut être atteinte que par l’unité fondée sur les valeurs démocratiques.
Le KCDK-E a déclaré que l’année 2025 a été marquée par des guerres, le chaos et des crises économiques, ajoutant que les gouvernements et dictatures racistes et d’extrême droite ont rendu la vie et la nature insupportables dans de nombreuses régions du monde. Le communiqué souligne que le Moyen-Orient demeure une zone ravagée par la guerre, les effusions de sang, les souffrances, la faim et la pauvreté, et que les interventions des puissances internationales dans la région, sous divers prétextes, ont aggravé les crises existantes.
Le communiqué précise également que les ressources souterraines et de surface, les sources d’eau et les voies d’approvisionnement énergétique demeureront parmi les principaux facteurs de conflits dans les années à venir. Il souligne que les conflits intercommunautaires et les structures de type gang déployées par les forces réactionnaires constituent les plus grands obstacles à une vie libre et démocratique.
Le communiqué a également mis en lumière le tissu social multiethnique et multiconfessionnel de la Syrie, affirmant que Druzes, Alaouites, Kurdes, Arabes, Chrétiens et Musulmans partagent un désir commun de vivre ensemble dans l’égalité et la liberté. Il a souligné que ces différences constituent un fondement qui enrichit la vie plutôt que de la diviser.
Le KCDK-E a déclaré que le modèle de vie formulé par Abdullah Öcalan, fondé sur la liberté des femmes et ancré dans la coexistence pacifique des peuples grâce aux valeurs démocratiques, représente la seule solution viable. Le communiqué avertit que tout abandon de cette perspective entraînerait de graves conséquences historiques et contemporaines, telles que le sectarisme, le nationalisme et l’hostilité entre les peuples.
Le communiqué indique que le Moyen-Orient a été profondément touché par la réalité de l’État islamique, soulignant que ces organisations, hostiles aux femmes, à la nature, à l’histoire et à l’humanité, ont perpétré des dizaines de massacres et que leurs attaques se poursuivent. Il ajoute que les massacres de Druzes, les attaques systématiques visant les Alaouites et les pratiques inhumaines à l’encontre des chrétiens et des autres communautés religieuses se poursuivent sans relâche.
Le communiqué condamne le silence de la communauté internationale face à ces massacres, perpétrés sous les yeux du monde entier. Il affirme que Hayat Tahrir al-Sham (HTS), qui a autrefois agi aux côtés de Daech, poursuit aujourd’hui cette oppression et tolère des attaques similaires. Le communiqué qualifie également d’« hypocrisie » la position de l’État turc, qui entretient des relations étroites avec ces structures au lieu de soutenir un mode de vie démocratique et centré sur les femmes.
Le KCDK-E a déclaré que les guerres, les massacres et les génocides ne profitent à aucun peuple à l’approche du Nouvel An, ajoutant qu’ils ne mènent qu’à l’effusion de sang et aux larmes. Le communiqué affirme que la perspective d’une société pacifique et démocratique développée par Abdullah Öcalan représente la seule solution, soulignant que si ce modèle est mis en œuvre, les peuples pourront bâtir une vie partagée fondée sur l’égalité et la liberté.
La déclaration concluait en soulignant que le modèle de société pacifique et démocratique, permettant aux Kurdes, aux Arabes, aux Alaouites et à toutes les communautés religieuses de se gouverner ensemble, apporterait une solution durable aux problèmes actuels. Le KCDK-E a souhaité que la nouvelle année soit synonyme de paix et de liberté pour tous les peuples du monde. (ANF)