L’histoire kurde est marquée par l’existence de nombreux émirats, principautés et seigneuries. Si les Kurdes n’ont jamais fondé un empire unique et durable — à l’exception notable des Ayyoubides de Saladin, au caractère multinational — ils ont dirigé des entités semi-indépendantes souvent puissantes.
La période médiévale précoce (Xe – XIIe siècles)
Dès le déclin du califat abbasside, plusieurs dynasties kurdes s’affirment comme des puissances régionales, tout en reconnaissant parfois la suzeraineté nominale des autorités centrales :
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Hasanwayhides (≈ 959–1015) : Régions de Hamadan et Dinawar (Ouest de l’Iran).
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Marwanides (≈ 990–1096) : Centrés sur Diyarbakır (Amid) et la Haute-Mésopotamie.
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Shaddadides (≈ 951–1199) : Présents dans le Caucase (Arménie, Arran).
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Annazides (Banu Annaz, ≈ 990–1117) : Établis dans les montagnes du Zagros.
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Rawadides : Influence autour de Tabriz et Maragha.
L’âge d’or des émirats sous les Ottomans et les Safavides (XVIe – XIXe siècles)
Après la bataille de Chaldiran (1514), les Empires ottoman et safavide se partagent le Kurdistan. Pour sécuriser leurs frontières, ils accordent une large autonomie aux princes kurdes (mîr ou beg), qui font office de tampon stratégique.
La question de l’origine kurde des Safavides
La dynastie safavide, fondée en 1501 par Shah Ismail Ier, était elle-même d’origine kurde-iranienne. Sa lignée remonte à Sheikh Safi al-Din Ardabili (1252–1334). Des sources anciennes (telles que le Safwat al-Safa) qualifient leurs ancêtres, comme Firuz-Shah Zarrin-Kolah, de « kurdes de Sanjan ». Installés à Ardabil au XIe siècle, ils se sont progressivement turquifiés linguistiquement au contact des tribus Qizilbash, tout en conservant leur socle ethnique kurde. Cette origine rend les relations safavido-kurdes complexes : une dynastie d’extraction kurde imposant le chiisme à des principautés kurdes majoritairement sunnites.
Les principaux émirats de cette période :
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Émirat de Soran (XIVe–XIXe) : Autour d’Erbil, Kirkouk et Rawanduz.
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Émirat de Baban : Centré sur Souleimaniye.
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Émirat de Badinan (XIVe–1843) : Régions de Dohuk et Amadiya.
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Émirat de Bohtan (Botan) : Puissant sous Bedirxan Beg à Cizre au XIXe.
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Émirat de Bitlis (XIIe–1847).
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Émirat de Hakkari (XIVe–1845).
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Émirat d’Ardalan : À l’est (Sanandaj / Sînê), vassal persan jusqu’en 1867.
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Autres entités : Mahmudi, Şirvan, Palu, Eğil, Bradost (lieu de la célèbre révolte de Dimdim en 1609-1610), etc.
Le Sharafnama (1597), rédigé par le prince Sharaf Khan de Bitlis, demeure le témoignage le plus précieux de cette époque, recensant 33 dynasties kurdes actives.
La fin de l’autonomie traditionnelle
Entre 1830 et 1880, les réformes centralisatrices ottomanes (les Tanzimat) et les offensives militaires mettent fin à ce système féodal. Les émirats tombent les uns après les autres : le Bohtan en 1847, les Baban en 1850, et l’Ardalan côté iranien en 1867. Cette centralisation marque le passage d’une autonomie kurde traditionnelle à une administration directe par les États modernes.
En résumé : L’histoire politique kurde est celle d’une vitalité millénaire, illustrée par une mosaïque de seigneuries souveraines qui ont dominé la région jusqu’au milieu du XIXe siècle.
*Le Sharafnameh ou Sherefname est une célèbre chronique kurde. Son auteur est Sharaf al-Din Bitlisi, prince, poète et historien kurde. Le texte est considéré comme l’une des principales sources sur l’histoire kurde.
Jeudi 26 mars, la Mairie du 2/3 de Marseille aux côtés de l’association Solidarité Liberté Provence et du Collectif Solidarité Kurdistan 13 ont le plaisir de vous accueillir afin de célébrer Newroz, le Nouvel An Kurde, à la Mairie du 2/3, 2 Place de la Major, 13002 Marseille.
Newroz, est une fête ancestrale de la culture kurde, signifiant le Jour nouveau qui célèbre l’équinoxe du printemps dans les régions du Kurdistan, du Moyen-Orient et d’Asie Centrale.
Au programme :
[𝐄𝐧 𝐢𝐦𝐦𝐞𝐫𝐬𝐢𝐨𝐧] 𝐉𝐞𝐮𝐝𝐢 𝟐𝟔 𝐦𝐚𝐫𝐬 : Venez assister à la démonstration d’une danse folklorique kurde appelée Govend ainsi que de la musique avec l’ensemble associatif kurde de Marseille, en compagnie de KEÇE ROJEN & TEVCAND / MARSÎLYA, accompagnée d’une dégustation de spécialités culinaires. Une ambiance festive et conviviale.
[𝐄𝐱𝐩𝐨𝐬𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧] 𝐃𝐮 𝟐𝟔 𝐦𝐚𝐫𝐬 𝐚𝐮 𝟏𝐞𝐫 𝐚𝐯𝐫𝐢𝐥 : Exposition « Özgür Gündem » (l’Agenda libre) : manuscrit entièrement illustré et dessiné à la main depuis la prison des femmes de Mardin avec des nouvelles et reportages, tirés de leur milieu carcéral.
