IRAN – Aujourd’hui, le régime iranien à exécuté les prisonniers politiques, Abolhassan Montazer (66 ans) et Vahid Bani Amerian (34 ans), à la prison de Ghezel Hesar, à Karaj, signale l’ONG kurde Hengaw. Akbar Daneshvarkar, Mohammad Taghavi, Babak Alipour et Pouya Ghobadi, quatre autres co-accusés de Montazer et Amerian, avaient été exécutés les 30 et 31 mars 2026 dans la même prison.

Selon l’organisation de défense des droits humains Hengaw, les deux hommes ont été pendus en secret, sans que leurs familles soient prévenues ni autorisées à leur rendre un dernier hommage. L’agence de presse officielle Mizan, liée au pouvoir judiciaire iranien, a confirmé les exécutions.
Les deux condamnés avaient été arrêtés pour leur appartenance présumée à l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (PMOI/MEK, groupe d’opposition en exil). Ils avaient été condamnés à mort pour « rébellion armée » (baghi) par la 26e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, présidée par la juge Iman Afshari, en décembre 2024, aux côtés de quatre autres accusés.
La Cour suprême avait initialement annulé les verdicts pour vice de procédure, avant de confirmer les six condamnations à mort le 16 novembre 2025, à l’issue d’audiences qualifiées de sommaires par les organisations de droits humains.
Les six accusés ont tous été exécutés en l’espace de quelques jours. Les quatre premiers — Akbar Daneshvarkar, Mohammad Taghavi, Babak Alipour et Pouya Ghobadi — avaient été pendus les 30 et 31 mars 2026 dans la même prison. Avec les exécutions d’aujourd’hui, l’ensemble du groupe a été éliminé.
Tortures et procès inéquitables
Selon les témoignages recueillis par Hengaw et d’autres organisations, les accusés ont subi de graves tortures pendant leur détention et leurs interrogatoires : coups, décharges électriques, flagellations et menaces contre leurs familles, afin d’obtenir des aveux forcés.
Les procès ont été dénoncés comme totalement inéquitables : absence de garanties fondamentales, audiences expéditives et recours à des « confessions » extorquées sous la contrainte.
Abolhassan Montazer, architecte originaire de Téhéran et ancien prisonnier politique de l’époque du Shah, et Vahid Bani Amerian, originaire de Sonqor, faisaient partie des six co-accusés dans cette affaire.
Contexte
Ces exécutions interviennent dans un climat de répression accrue contre les opposants au régime, notamment les membres ou sympathisants présumés des Moudjahidines du peuple. Elles ont eu lieu alors que l’Iran fait face à des tensions internationales importantes.
Les organisations de droits humains, dont Hengaw, Iran Human Rights et Amnesty International, ont dénoncé à plusieurs reprises ces procédures comme des violations graves du droit à un procès équitable et un usage systématique de la peine de mort à des fins politiques.
