IRAN. Diffusion d’aveux extorqués sous torture d’un manifestant kurde

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IRAN / ROJHILAT – Mehdi Karimi, Kurde originaire de Malekshahi (province d’Ilam), a été violemment arrêté le jeudi 18 juin 2026 par des agents du ministère du Renseignement iranien dans la ville de Mehran. Il a ensuite été transféré vers un lieu tenu secret.

Selon l’organisation de défense des droits humains Hengaw, il a subi de graves sévices et actes de torture après son arrestation. Des images de ses « aveux » forcés ont été diffusées par les médias d’État.

Figure emblématique des manifestations de janvier 2026 à Malekshahi, Mehdi Karimi était activement recherché depuis quatre mois. Une photo le montrant assis symboliquement sur une chaise devant le bâtiment du gouvernorat avait largement circulé sur les réseaux sociaux.

Le ministère du Renseignement avait annoncé l’arrestation d’au moins 17 personnes dans la province d’Ilam, désignant Mehdi Karimi sous le pseudonyme « Mehdi-K ».

Hengaw n’a pas encore pu vérifier de manière indépendante l’identité et la situation des autres personnes mentionnées.

Fête de la Musique. N’oublions pas Nûdem Durak

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PARIS – Alors que la France célèbre la Fête de la Musique, n’oublions pas Nûdem Durak.

Cette chanteuse et musicienne kurde de 36 ans est emprisonnée depuis 11 ans en Turquie pour avoir chanté et enseigné des chansons dans sa langue maternelle. Condamnée à 19 ans de prison au total, elle ne doit être libérée qu’en 2034.

Originaire de Cizre, Nûdem enseignait la musique traditionnelle kurde aux enfants au centre culturel Mem û Zîn. Arrêtée en 2015 et initialement condamnée à 10 ans et demi pour « propagande terroriste », sa peine a été alourdie à 19 ans en 2016, sans nouvelle accusation.

Aujourd’hui, elle souffre d’une maladie grave (maladie de Basedow) qui menace gravement sa voix. Ses proches et de nombreux artistes appellent à sa libération immédiate avant qu’il ne soit trop tard.

Chanter dans sa langue, enseigner sa culture : Pour la Turquie, cela suffit à détruire une vie.

ROJAVA. Colère populaire contre les coupures d’électricité à Qamishlo

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SYRIE / ROAJAVA – En pleine vague de chaleur estivale, les habitants de Qamishlo font face à des coupures d’électricité massives et prolongées en raison d’une grave pénurie de carburant diesel. Plusieurs générateurs ont dû arrêter de fonctionner, aggravant drastiquement les délestages et rendant les conditions de vie insupportables pour la population, particulièrement touchée par les températures extrêmes.

La ville, majoritairement kurde, a été le théâtre de manifestations de colère ces derniers jours.

Depuis la prise de pouvoir du régime d’Ahmed al-Sharaa (Jolani), l’ensemble de la Syrie est plongé dans une pauvreté extrême, tandis que les minorités font face à des violences ciblées et que le chaos sécuritaire s’étend dans de nombreuses régions du pays.

Kawsar Fattahi : « Les Kurdes ne serviront pas de chair à canon »

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PARIS – Alors qu’on assiste à un apparent accalmi dans la guerre entre Etats-Unis, Israël versus Iran, le site CQFD a réalisé un entretien avec Kawsar Fattahi, activiste kurde d’Iran (Rojhilat) réfugiée au Kurdistan irakien (Bashur) sur les conséquences de la guerre et la répression de la population par le régime iranien. (article à lire sur ici) Nous partageons avec vous un court résumé de l’entretien :

L’impact de la guerre et des soulèvements sur les Kurdes d’Iran

Le rétablissement partiel d’Internet en Iran révèle l’ampleur des dégâts et de la répression qui touchent particulièrement les régions périphériques, où vivent les minorités discriminées. Historiquement opposé au régime islamique depuis 1979, le peuple kurde subit de plein fouet les répercussions des récents soulèvements de janvier et du conflit militaire.

Une militarisation et une répression accrues

Kawsar Fattahi, militante féministe et membre du parti kurde d’extrême gauche Komala, décrit un quotidien marqué par la crise économique, les pénuries et la militarisation. Face à la crainte d’un soulèvement interne, le régime multiplie les descentes à domicile, les arrestations arbitraires et les exécutions de masse pour réaffirmer son pouvoir, notamment après l’annonce des négociations et du cessez-le-feu.

Les Kurdes comme cible stratégique

Considérés par Téhéran comme la seule force d’opposition armée et organisée, les mouvements kurdes sont ciblés en priorité. Le régime a intensifié sa présence militaire à la frontière avec le Kurdistan irakien. De plus, les déclarations de Donald Trump affirmant que les partis kurdes auraient reçu des armes — ce que ces derniers démentent — ravivent les tensions interethniques et menacent l’unité populaire construite lors des précédentes contestations.

La terreur de janvier et la soif d’alternative

Le soulèvement économique de janvier s’est rapidement transformé en révolte politique. La répression y a été d’une violence inédite : tirs dans les hôpitaux, disparitions forcées et cadavres exposés publiquement dans les rues pour terroriser la population. Face à cette cruauté, une partie des citoyens commence à envisager la lutte armée comme unique solution pour renverser le pouvoir.

L’héritage progressiste de « Femme, Vie, Liberté »

Malgré la terreur, l’esprit de la révolution Jina (Femme, Vie, Liberté) demeure le socle des luttes futures. Ce mouvement a permis de briser les préjugés et d’unir les différentes composantes de la société iranienne autour de valeurs progressistes. Il s’appuie sur la longue tradition du mouvement kurde et du Komala, qui intègrent les femmes en tant que dirigeantes et combattantes (Peshmergas) depuis les années 1980, dessinant ainsi les contours d’un avenir commun et démocratique.

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FRANCE. L’Académie de Mésopotamie inaugurée à Drancy

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PARIS – Samedi, l’Académie franco-kurde Mésopotamie a officiellement ouvert ses portes à Drancy, en banlieue parisienne. Ce nouveau centre dédié à la langue et à la culture kurdes est le fruit d’une étroite collaboration avec la municipalité.

L’inauguration s’est déroulée en présence du maire Jean-Christophe Lagarde, de ses adjoints, des responsables de l’Académie de la langue et de la culture de Mésopotamie (région considérée par les Kurdes comme le berceau de leur patrie Kurdistan), des enseignants et de plusieurs centaines d’élèves et familles. La cérémonie a été animée par des prestations de tembûr, guitare, dafs (defs) et danses traditionnelles kurdes (govend).

L’Académie propose déjà des cours de kurde, folklore, musique (saz, guitare, piano) et danse traditionnelle. Une centaine d’élèves y sont formés par cinq professeurs.

Mizgîn Alagöz, coprésidente, a déclaré : « Nous avons franchi une étape importante aujourd’hui, mais ce n’est qu’un début. »

Le maire Jean-Christophe Lagarde a salué l’initiative et rendu hommage à la riche culture kurde millénaire, tandis que l’adjoint Azad Bapîr a exprimé sa fierté d’origine kurde. L’artiste Farqîn Azad a encouragé les familles à inscrire leurs enfants.

La soirée s’est conclue par la chorale des élèves de l’Académie.

TURQUIE. Des gardes villageois tuent des moutons et menacent des bergers

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TURQUIE / KURDISTAN – Les habitants du hameau de Deşta Ovî (rattaché au village de Sîmos / Sağınlı), dans le district de Hizan (province kurde de Bitlis), accusent des gardes villageois du village voisin de Giran (Ballı) d’avoir tué près d’une centaine de moutons et d’avoir menacé un jeune berger avec une arme.

Selon les témoignages des villageois, l’incident s’est produit de nuit sur les pâturages du hameau. Des coups de feu ont soudainement éclaté alors que le troupeau paissait. À leur arrivée, les bergers ont découvert de nombreux animaux morts ou blessés. Une centaine de moutons auraient péri. Par ailleurs, un jeune berger aurait été intercepté par les gardes avant l’attaque : une arme aurait été introduite de force dans sa bouche pendant qu’il était interrogé sur l’emplacement du troupeau. Le jeune homme serait resté choqué après l’incident.

Un épisode dans une série de pressions

Les habitants considèrent cet événement comme une nouvelle étape d’une pression exercée depuis plusieurs années pour les contraindre à quitter leurs terres.

« Ils veulent s’emparer de nos terres et de nos pâturages. Nous sommes menacés depuis des années. Cette fois-ci, ils ont tué nos animaux. Ils veulent nous faire comprendre que nous n’avons pas le droit de rester ici. »

Les villageois affirment avoir signalé à de nombreuses reprises ces incidents aux autorités et à des parlementaires, sans que la situation ne s’améliore.

Litige foncier et poste avancé

Les tensions seraient particulièrement vives autour d’un poste avancé construit par les gardes villageois près du hameau. Les habitants ont contesté cette installation devant les tribunaux et ont obtenu gain de cause. Malgré cette décision judiciaire, les tensions se seraient aggravées, avec des menaces et des agressions répétées liées à ce différend foncier.

Mémoire des déplacements forcés des années 1990

Pour de nombreuses familles, ces événements ravivent les traumatismes des années 1990, période durant laquelle l’État turc a évacué et détruit des milliers de villages au Kurdistan du Nord dans le cadre du conflit avec le PKK. Les habitants de Sîmos et Deşta Ovî avaient été déplacés et n’ont pu rentrer chez eux qu’autour de 2002.

« Nous avons déjà été chassés de notre village une fois. Après notre retour, les menaces n’ont jamais cessé. Aujourd’hui, on donne à nouveau l’impression que nous sommes censés partir », déclare un habitant.

Les villageois réclament une enquête approfondie et des mesures concrètes contre les responsables.

Le système des gardes villageois

Les gardes villageois (köy korucuları) sont des unités paramilitaires armées par l’État turc, créées en 1985 pour lutter contre le PKK. Composées en grande partie de chefs tribaux, de grands propriétaires terriens et de personnes issues de clans locaux, elles sont accusées par de nombreuses organisations de droits humains de commettre des exactions, des intimidations et des appropriations de terres dans les régions kurdes. Certains y entrent volontairement, d’autres sous la contrainte (menaces d’arrestation, de mort ou de destruction de leur village). Ce système est souvent comparé aux régiments Hamidiye de l’époque ottomane. (ANF)

TURQUIE. Une femme politique kurde condamnée à 19,6 ans de prison

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TURQUIE / KURDISTAN – Le 9e tribunal pénal de Diyarbakir (Amed) a condamné Ayşe Gökkan, ancienne maire de Nusaybin et ex-porte-parole du Mouvement des femmes libres (TJA), à une peine totale de 19 ans et 6 mois de prison. Le tribunal a également ordonné le maintien en détention de la militante, âgée de 61 ans, qui est incarcérée depuis six ans.

La décision intervient à l’issue d’un nouveau procès ordonné par la Cour de cassation turque, qui avait partiellement cassé les condamnations antérieures. Bien que le parquet ait requis la libération d’Ayşe Gökkan lors de la dernière audience, le tribunal n’a pas suivi cette réquisition.

Contexte judiciaire

Ayşe Gökkan est poursuivie principalement pour « appartenance à une organisation terroriste » (PKK). Elle avait initialement été condamnée à une peine cumulée de 30 ans de prison sur plusieurs chefs d’accusation. Après le recours en cassation, le tribunal a retenu deux chefs d’accusation liés à l’appartenance présumée au PKK, aboutissant à la peine de 19 ans et 6 mois.

L’audience et la défense d’Ayşe Gökkan

La militante a suivi l’audience par visioconférence depuis la prison pour femmes de Sincan, à Ankara. De nombreuses représentantes d’organisations féministes, des membres de sa famille et des soutiens étaient présents dans la salle.

Dans sa défense prononcée en kurde, Ayşe Gökkan a rejeté toutes les accusations, affirmant n’avoir commis aucun acte répréhensible :

« Je suis poursuivie en tant que Kurde et en tant que femme. Si je suis condamnée parce que je suis Kurde, alors c’est toute la société qui devrait être jugée. »

Elle a défendu son engagement politique et féministe, notamment à travers le slogan « Jin, Jiyan, Azadî » (Femme, Vie, Liberté), et a dénoncé des dossiers d’enquête basés sur des rapports de police falsifiés.

« Avec TJA, je garde la tête haute. Dans mon combat, je peux garder la tête haute. Ce qui compte pour moi, ce n’est pas le jugement des tribunaux, mais celui du peuple et des femmes. »

Réactions des avocats

Les avocats de la défense ont vivement critiqué le verdict et la procédure. Maître Muharrem Şahin a déclaré :

« On ne peut pas priver quelqu’un de sa liberté pendant des années uniquement à cause de ses paroles. Ce n’est pas justice. »

L’avocate Berfin Lütfiye Gökkan a souligné les problèmes de santé de sa cliente, qui a subi plusieurs interventions chirurgicales en détention, et a dénoncé le manque d’indépendance et d’impartialité du tribunal. L’avocate Özüm Vurgun a rappelé que même le parquet demandait la libération, voyant dans le maintien en détention une persécution politique.

Qui est Ayşe Gökkan ?

Ancienne maire de Nusaybin (Mardin), Ayşe Gökkan est une figure reconnue du mouvement kurde et féministe en Turquie. Elle milite depuis des décennies pour les droits des femmes, contre les violences patriarcales et pour la reconnaissance des droits du peuple kurde.

Cette nouvelle condamnation intervient dans un contexte de répression judiciaire récurrente à l’encontre des responsables politiques kurdes en Turquie.

KURDISTAN. Colère des Kurdes de Şeladize face à l’occupation turque

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IRAK / KURDISTAN – Les Kurdes de la région de Şeladize, dans le district d’Amédiye (province de Duhok), se mobilisent contre la fermeture prolongée de la route de Rêkan (ou routes menant aux zones rurales comme Bergare). Cette route est inaccessible depuis plusieurs années en raison des opérations militaires turques dans la région.

L’armée coloniale turque a restreint l’accès à de nombreuses zones, affectant plus d’une vingtaine de villages (et souvent bien plus selon les périodes). Des centaines de villages dans le district d’Amédiye ont été évacués ou rendus difficilement accessibles à cause des combats, des bombardements et des mesures de sécurité. En février 2026, des villageois ont bloqué la route principale Amédiye-Şeladize pour protester, réclamant le retour sur leurs terres pour la saison agricole. Les autorités locales ont ensuite autorisé un accès « à leurs risques et périls ».

Contexte et impacts sur les populations locales

Les opérations turques visent principalement les positions du PKK, qui dispose de bases et de combattants dans les zones montagneuses du Kurdistan irakien. Ces opérations incluent des frappes aériennes, des drones, de l’artillerie et parfois des incursions terrestres, entraînant des restrictions importantes pour les civils : fermeture de routes, interdiction d’accès aux terres agricoles et forêts, et déplacements forcés.

Villages affectés : Selon les autorités locales, environ 160 villages restaient vides ou partiellement inaccessibles dans le district d’Amédiye en 2025 pour des raisons de sécurité. Des centaines de villages dans la province de Duhok ont été impactés sur le long terme.

Détails sur les victimes civiles

Les opérations turques ont causé des victimes civiles documentées, principalement lors de frappes aériennes ou d’artillerie dans des zones rurales où des paysans, bergers ou familles se trouvaient. Voici des exemples vérifiés :

2024-2025 : Plusieurs incidents rapportés par Airwars et des sources locales. Par exemple, en mars 2024 près de Shiladze (Mont Gara), deux agriculteurs tués et un blessé dans une frappe turque. D’autres cas incluent des blessés dans des zones comme Batoufa ou des villages près de Şeladize.

Incident notable antérieur : Bombardements turcs ayant tué 4 civils dans la région d’Amédiye, suivis de manifestations à Şeladize où des tirs ont tué 2 manifestants et blessé 16 autres.

Bilan plus large : Des organisations de monitoring (comme Community Peacemaker Teams ou Airwars) documentent des dizaines de civils tués ou blessés sur plusieurs années dans le nord de l’Irak, avec des pics lors des grandes opérations. Des terres agricoles brûlées, des infrastructures endommagées (écoles, usines, routes) et des déplacements de familles complètent les impacts. Des centaines de civils ont été affectés sur la décennie, avec des villages entiers vidés.

L’Australie l’a renvoyé à la Papouasie-Nouvelle-Guinée; : un réfugié kurde au seuil de la mort

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Les défenseurs des droits humains appellent à la libération immédiate du réfugié kurde originaire du Kurdistan d’Iran (Rojhilat), Hatem Yekta, détenu en Papouasie-Nouvelle-Guinée et dont l’état s’aggrave.
 

Le gouvernement australien a accepté de verser 20 millions de dollars australiens d’indemnités à des dizaines de réfugiés détenus il y a près de vingt ans dans des centres de détention controversés situés en plein désert.

Cette décision intervient alors que des défenseurs des droits humains réclament la libération urgente de Hatem Yekta, un demandeur d’asile kurde de 36 ans originaire du Rojhilat (Kurdistan iranien), dont l’état de santé se détériore gravement en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Un règlement à l’amiable pour le camp de Woomera

L’Australie a conclu un accord extrajudiciaire avec 38 anciens détenus du centre de Woomera, en Australie-Méridionale. Ce camp, ouvert en 1999 dans le désert, avait accueilli environ 1 500 personnes, principalement des Irakiens et des Afghans, dont un tiers d’enfants.

Réputé pour ses conditions de vie déplorables, Woomera a été le théâtre de grèves de la faim spectaculaires — dont des sutures des lèvres —, d’émeutes et de tentatives d’évasion. Le centre avait suscité une vive indignation internationale avant sa fermeture en 2003.

Le cabinet Shine Lawyers, qui représentait les plaignants, a salué un règlement obtenu par médiation. « Aujourd’hui est un jour important, mais aussi un jour triste, car certains membres du groupe sont décédés avant d’avoir pu obtenir justice », a déclaré l’avocat Nicholas Kechin.

Le cas critique de Hatem Yekta

Parallèlement à cette annonce, l’organisation Refugee Action Coalition a attiré l’attention sur le sort de Hatem Yekta, transféré en 2013 sur l’île de Manus par les autorités australiennes dans le cadre de sa politique d’externalisation.

Détenu depuis plus de douze ans, Yekta présente aujourd’hui un effondrement complet de son état physique et psychologique. Hospitalisé à Port Moresby, il apparaît extrêmement amaigri et épuisé sur les photos récemment diffusées.

Ian Rintoul, porte-parole de l’organisation, décrit son cas comme « un exemple tragique » parmi une dizaine d’ancien détenus de Manus dont la santé mentale s’est gravement dégradée en raison des conditions de détention. Il exige son transfert immédiat vers un pays tiers pour recevoir des soins appropriés, seul moyen, selon lui, de lui sauver la vie.

Le gouvernement australien maintient pour sa part que, depuis l’expiration de l’accord avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée en 2022, la responsabilité de ces personnes incombe entièrement aux autorités papouasiennes. (Rudaw)

Eva Maria Michelmann est libre et de retour en Allemagne

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ALLEMAGNE – La journaliste allemande Eva Maria Michelmann a été libérée et est rentrée en Allemagne. Elle avait été enlevée mi-janvier à Raqqa, en Syrie, par des mercenaires de Damas, en compagnie de son collègue kurde Ahmed Polad en pleine guerre contre le Rojava.

Pendant plusieurs semaines, le sort de la journaliste est resté incertain. L’affaire n’a été rendue publique qu’après que des journalistes, des proches et des membres de sa famille, soutenus par des contacts au nord et à l’est de la Syrie (Rojava) ainsi qu’une équipe juridique, ont alerté sur sa disparition et celle de son collègue. Une campagne de pression publique a finalement abouti à sa libération et à son exfiltration de Syrie.

Aucune information n’a, en revanche, été communiquée sur le sort d’Ahmed Polad. De vives inquiétudes persistent quant à sa vie, illustrant une nouvelle fois la vulnérabilité extrême et les injustices auxquelles sont confrontés les professionnels kurdes sur le terrain.