IRAK / KURDISTAN – Le Parlement irakien se réunit aujourd’hui, samedi 11 avril 2026, pour tenter d’élire le nouveau président de la République. Selon le système de partage du pouvoir établi après 2003, le poste de président (largement cérémoniel) est traditionnellement réservé à un Kurde, tandis que le Premier ministre est chiite et le président du Parlement sunnite.
Cette répartition ethnique et confessionnelle vise à préserver l’équilibre fragile entre les communautés irakiennes. Depuis 2005, tous les présidents irakiens ont été kurdes, généralement issus de l’Union patriotique du Kurdistan (UPK), bien que le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) conteste parfois cette répartition.
Contexte et enjeux
Après les élections législatives de novembre 2025, la formation du gouvernement est bloquée depuis plusieurs mois. L’élection du président est une étape obligatoire : une fois élu, il charge le candidat du plus grand bloc parlementaire de former le gouvernement. Le scrutin est marqué par de profondes divisions au sein même des partis kurdes. Le PDK et l’UPK n’ont pas réussi à s’entendre sur un candidat unique, ce qui a déjà provoqué plusieurs reports du vote.
Les principaux candidats sont :
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Fuad Hussein (PDK) : Ministre des Affaires étrangères depuis 2020 et candidat officiel du PDK. Expérimenté sur la scène internationale, il est considéré comme l’un des favoris.
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Nizar Amedi (ou Nizar Amidi, UPK) : Ancien ministre de l’Environnement et candidat officiel de l’UPK. Il représente la ligne de Souleimaniye.
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Abdul Latif Rashid (indépendant) : Président en exercice depuis octobre 2022 (UPK). Il s’est présenté à sa propre succession.
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Muthanna Amin : Député et candidat du Parti islamique du Kurdistan (KIU), soutenu par l’opposition kurde. Il incarne la contestation contre la domination des deux grands partis (PDK et UPK).
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Aso Faraidun (ou Aso Faridun) : Figure politique kurde, souvent citée parmi les candidats sérieux, proche de l’UPK ou indépendante.
D’autres noms figurent sur la liste finale (environ 15 à 19 candidats retenus), dont d’anciens gouverneurs ou députés kurdes, mais l’attention se concentre sur les représentants des grands partis.
Un scrutin sous tension
Pour être élu au premier tour, un candidat doit obtenir les deux tiers des voix des députés présents (environ 220 sur 329). En cas d’échec, un second tour se tient à la majorité simple.
Le PDK a menacé de boycotter la séance de samedi en raison du manque de consensus kurde. Les observateurs estiment que le résultat dépendra non seulement de l’accord interne kurde, mais aussi du soutien des blocs chiites et sunnites.
L’enjeu dépasse la personne du futur président : il s’agit de débloquer la formation du gouvernement et d’éviter une nouvelle crise politique prolongée dans un pays déjà confronté à des défis économiques, sécuritaires et régionaux. Le vote du 11 avril 2026 sera donc décisif pour l’avenir immédiat de l’Irak.