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ROJAVA. Célébrations d’Akitu à l’ombre des gangs de Damas

SYRIE / ROJAVA – Les Syriaques et les Assyriens célèbrent le festival d’Akitu sur la place de Qamishlo, dans le nord-est de la Syrie (Rojava). Ce rituel millénaire, héritier direct des traditions sumériennes, babyloniennes et assyriennes, est considéré comme le plus ancien festival connu de l’humanité. Chaque 1er avril, il marque le Nouvel An assyro-babylonien et symbolise le renouveau de la nature et de la vie.

Dans les zones contrôlées par les groupes djihadistes ou par le nouveau pouvoir de Damas, les minorités ethniques et religieuses — chrétiens, yézidis, alaouites ou autres — font face à des massacres et des pressions pour se conformer à une interprétation rigoriste de l’islam. À l’inverse, les régions administrées par les Kurdes et leurs alliés (Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie) restent, pour l’instant, un espace de liberté religieuse réelle, où Assyriens, Syriacs, Arabes, Kurdes et autres communautés peuvent pratiquer leur foi et célébrer leurs traditions en public sans crainte immédiate.

Pourtant, cet îlot de pluralisme est fragile. Les zones de Qamishlo, Hassaké et Kobanê sont aujourd’hui encerclées ou sous forte pression : d’un côté, les forces et milices liées à Damas ; de l’autre, les groupes soutenus par la Turquie. Les accords de cessez-le-feu et les déploiements récents de troupes gouvernementales syriennes dans ces villes laissent planer une incertitude lourde. Jusqu’à quand cette coexistence pacifique et cette liberté de culte pourront-elles résister aux vents contraires de l’extrémisme et des ambitions régionales ?

La célébration d’Akitu à Qamishlo n’est pas seulement une fête culturelle : elle est le symbole vivant d’une Syrie plurielle qui lutte pour survivre.