SYRIE / ROJAVA – Ce soir, une centaine de soldats kurdes libérés par Damas avaient presque tous une longue barbe et une moustache rasée. En imposant de force ce « masque djihadiste » aux prisonniers kurdes, le régime de Damas commet un acte de torture symbolique d’une perversité absolue. Il contraint des victimes kurdes à porter les attributs physiques de leurs propres bourreaux djihadistes.

Les images d’une centaine de prisonniers kurdes libérés aujourd’hui par le régime syrien ne laissent place à aucune ambiguïté : presque tous arborent de longues barbes associées à des moustaches rigoureusement rasées. Ce code esthétique n’est pas un détail de détention, mais une signature idéologique. En imposant ces attributs, le gouvernement de Damas ne fait pas que tenter de briser des hommes ; il affiche sa véritable nature.
L’arrivée d’Ahmed al-Charaa (Jolani) à la tête de la Syrie marque la fin de l’ère baassiste et l’avènement d’un régime dont l’ADN est purement djihadiste. Les images des prisonniers kurdes récemment libérés, contraints de porter la barbe longue et la moustache rasée, ne sont pas un héritage du passé, mais la signature esthétique et idéologique du nouveau pouvoir de Damas.
Une rupture idéologique, une continuité oppressive
Contrairement au régime précédent, Al-Charaa n’est pas issu du baassisme. Il se moque de l’arabité et des frontières nationales. Son moteur est l’islamisme radical djihadiste, forgé dans les rangs d’Al-Qaïda. Pourtant, pour les Kurdes, cette « nouvelle » Syrie utilise les mêmes leviers de destruction :
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L’effacement identitaire : En imposant aux détenus kurdes les codes physiques de l’EI et d’Al-Qaïda, le régime de Jolani cherche à dissoudre l’identité culturelle et laïque kurde dans le moule du fondamentalisme.
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Le jihad comme politique d’État : La lutte contre le Rojava n’est plus seulement une question de contrôle territorial, mais une guerre religieuse contre un modèle de société pluraliste.
Un régime identique à Daech
Qu’il s’agisse de l’État Islamique ou du gouvernement actuel de Damas sous Al-Charaa, la nature du pouvoir est identique. Les étiquettes changent, mais les méthodes — torture, enfermement, imposition de codes religieux stricts — et les objectifs restent les mêmes : l’anéantissement d’une nation colonisée qui refuse de se soumettre.
La résistance vitale
L’existence du régime d’Al-Charaa est basée sur la négation des Kurdes et toutes les composantes non arabo-sunnites de la Syrie. Face à ce pouvoir qui a remplacé le nationalisme arabe par le djihadisme global, la lutte kurde au Rojava demeure le seul rempart contre l’obscurantisme. C’est un combat pour le droit de vivre sur sa propre terre avec sa propre identité, face à un État qui a fait de la destruction de l’Autre son unique fondement.