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ONU. Guterres déclare que les Kurdes sont « victimes de l’histoire », mais élude la question de l’autodétermination

NEW YORK – António Guterres a qualifié les Kurdes de « victimes de l’histoire » à l’ONU, mais a esquivé une question directe sur leur droit à l’autodétermination notamment au Rojava, invoquant les priorités syriennes et des contextes régionaux différents.

Lors d’un point de presse à New York, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a décrit le peuple kurde comme « victime de l’histoire », tout en évitant de répondre directement à une question sur leur droit à l’autodétermination soulevée par Sinan Tuncdemir, correspondant du journal The Amargi.

Se référant à l’article 1, paragraphe 2, de la Charte des Nations Unies et à l’article 3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et des peuples autochtones, Tuncdemir a demandé pourquoi les dirigeants de l’ONU n’avaient jamais pris position clairement sur le droit à l’autodétermination des quelque 40 millions de Kurdes vivant en Turquie, en Syrie, en Irak et en Iran. Il s’est interrogé sur le point de savoir si les pressions exercées par les États concernés avaient dissuadé les autorités de prendre une telle position.

Guterres a réagi en recentrant le débat sur la Syrie, affirmant que la priorité de l’ONU était de créer les conditions permettant à toutes les composantes de la société syrienne de sentir que leurs droits sont respectés et qu’elles appartiennent pleinement à la nation. Il n’a pas abordé la question juridique de l’autodétermination.

Interrogé à nouveau sur la question kurde dans son ensemble, au-delà de la Syrie, le Secrétaire général a reconnu que « le peuple kurde a été victime de l’histoire ». Il a souligné les différents contextes politiques de la région, notant que les Kurdes sont représentés au sein des institutions démocratiques en Irak, tandis que la situation en Iran est différente. Il a également suggéré que les divisions internes au sein de la communauté kurde ont contribué aux difficultés qu’elle rencontre.

Guterres a conclu en déclarant que les Nations Unies s’engageaient à défendre les intérêts du peuple kurde « où qu’il se trouve », sans préciser en quoi cet engagement se rapporte au droit à l’autodétermination internationalement reconnu.

Cet échange a mis en évidence la tension entre la reconnaissance par l’ONU de l’injustice historique subie par les Kurdes et sa réticence persistante à aborder directement la question de leurs droits politiques en vertu du droit international. (Tha Amargi)