SYRIE / ROJAVA – L’annonce d’un accord conclu entre Damas et les Kurdes syriens, a provoqué une confusion totale parmi la population kurde. Des militants basés au Rojava se veulent plus rassurants et disent que rien n’est encore décidé, qu’il s’agit d’effet d’annonces, que les Kurdes continuent à défendre leurs terres et leurs vies face aux gangs de Damas. Mais en attendant, que dit ce fameux accord ? Réponses avec Maxime Azadî :
Les discussions menées entre le gouvernement syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont abouti à un accord en plusieurs étapes, signé le 29 janvier 2026. Cet accord couvre les questions sécuritaires, militaires, administratives et civiles, et prévoit une intégration progressive ainsi que des garanties spécifiques concernant les régions kurdes et le nord-est de la Syrie.
Voici le texte intégral de l’accord, qui n’a pas encore été officiellement confirmé :
Accord entre le Gouvernement syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS) – 29 janvier 2026
Première phase : Dispositions sécuritaires et militaires
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Déclaration d’un cessez-le-feu permanent et global sur l’ensemble des fronts, en lien avec les récents événements ; arrêt de toutes les arrestations et des opérations de raids. La protection des prisons de DAESH reste assurée par les FDS, avec un soutien logistique complet au processus d’évacuation en cours.
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Retrait des forces des FDS des villes de Hassaké et Qamishlo vers des casernes militaires convenues ; en contrepartie, retrait immédiat de l’armée syrienne vers la ville de Shaddadi, au sud de Hassaké.
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Création par le ministère syrien de la Défense d’une division militaire pour la province de Hassaké, avec l’intégration des forces des FDS sous la forme de trois brigades au sein de cette structure.
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Intégration des forces militaires de Kobané en tant que brigade rattachée à une division militaire de la province d’Alep.
Deuxième phase : Dispositions sécuritaires et administratives
(Lundi – 02.02.2026)
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Afin de renforcer la sécurité et la stabilité, entrée symbolique de véhicules de sécurité dans les villes de Hassaké et Qamishlo, et lancement du processus d’intégration des forces de sécurité affiliées aux FDS au sein du ministère de l’Intérieur.
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Nomination des responsables locaux :
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Le gouverneur de Hassaké est nommé sur proposition des FDS.
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Le directeur provincial de la sécurité est nommé sur proposition du gouvernement syrien.
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Le vice-ministre de la Défense est nommé sur proposition des FDS.
Troisième phase : Prise de contrôle des infrastructures vitales et opérations logistiques
(Dans un délai maximal de 10 jours)
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Prise de contrôle des infrastructures vitales :
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Les champs pétroliers de Rumeylan et de Soueïda sont transférés au ministère de l’Énergie, avec intégration du personnel civil.
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L’aéroport de Qamishlo est transféré à l’Autorité de l’aviation civile.
Quatrième phase : Prise de contrôle des institutions civiles
(Dans un délai maximal d’un mois)
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Envoi d’une équipe de la Direction générale des postes-frontières aux points de passage de Semalka et Nusaybin ; affectation officielle du personnel civil, interdiction de l’utilisation des postes-frontières pour l’entrée d’armes et de ressortissants étrangers depuis l’extérieur du pays, et mise en service immédiate des points de passage.
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Reprise par le gouvernement syrien de l’ensemble des institutions civiles de la province de Hassaké, fusion des institutions de l’administration autonome avec les institutions étatiques, et intégration du personnel civil avec garantie de leurs fonctions.
Dispositions contraignantes pour toutes les parties
(Applicables durant l’ensemble du processus)
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Interdiction pour toutes les parties, en particulier dans les régions kurdes, de l’entrée des forces militaires dans les villes et les localités.
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Reconnaissance de l’équivalence et validation officielle de tous les diplômes de l’enseignement primaire, secondaire, universitaire et de la formation professionnelle délivrés par l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie.
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Autorisation légale de toutes les organisations locales, culturelles, de la société civile ainsi que des institutions médiatiques, conformément à la législation des ministères concernés.
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Prise en compte, en coordination avec le ministère de l’Éducation, du processus éducatif de la société kurde, en respectant les spécificités pédagogiques.
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Garantir le retour de toutes les personnes déplacées (Afrin, Cheikh Maqsoud, Ras al-Aïn / Serêkaniyê) vers leurs villes et villages, et la nomination d’administrateurs locaux au sein des administrations civiles de ces régions.