TURQUIE / KURDISTAN – Un poète du Rojhilat est emprisonné en Turquie depuis plus de 40 jours. Son crime ? Écrire des poèmes en langue kurde !
Les autorités turques ont prolongé de 30 jours supplémentaires la détention provisoire du poète et militant des droits civiques Behrouz Shojaei, plus de 40 jours après son arrestation. Cette décision, prise le samedi 4 avril 2026 par un tribunal turc, suscite l’inquiétude des organisations de défense des droits humains.
Âgé de 43 ans, originaire de Qatur dans la province d’Azerbaïdjan occidental (Urmia) en Iran, Behrouz Shojaei est membre de l’association culturelle kurde Surawa. Père de trois enfants, il a été arrêté le 31 janvier 2026 par l’Organisation nationale du renseignement turc (MIT) alors qu’il franchissait la frontière turque au poste de Razi, en route vers Kayseri pour des raisons professionnelles.
Depuis son arrestation, il est détenu dans un centre de la ville de Van, où il a subi des interrogatoires intensifs. Selon l’ONG Hengaw, les autorités turques fondent leurs accusations sur ses activités littéraires : l’écriture et la publication de poèmes en langue kurde, notamment en ligne.
Cette prolongation porte sa détention provisoire à plus de deux mois, sans que des charges précises n’aient été officiellement communiquées au-delà de son expression culturelle et linguistique en kurde.
Cette affaire illustre une nouvelle fois la répression exercée contre les voix kurdes en Turquie, où l’usage de la langue kurde dans les domaines artistiques et culturels reste souvent criminalisé.