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ROJAVA. Retour à Afrin sous l’ombre des gangs de Damas

SYRIE / ROJAVA. Un Kurde chassé d’Afrin par l’invasion turque il y a huit ans est retourné hier dans sa ville. En arrivant, il a retrouvé son chien, qui l’attendait toujours, fidèle, après toutes ces années d’absence.
 
L’invasion du canton kurde d’Afrin par la Turquie en 2018 a forcé des centaines de milliers de Kurdes à fuir leurs terres. Depuis, des colons venus d’autres régions de Syrie — et parfois d’ailleurs — ont été installés sur les propriétés kurdes dans le cadre d’un changement démographique orchestré par la Turquie. Des maisons ont été occupées, des terres redistribuées, transformant profondément la composition de la région.
 
Aujourd’hui, alors que des familles kurdes tentent de rentrer chez elles, la tension reste vive. Hier soir, lors du retour d’environ 200 familles à Afrin, des groupes armés et des individus radicaux ont manifesté pour les intimider. Des vidéos et témoignages font état de drapeaux de Daech (ISIS) brandis et de chants djihadistes scandés dans les rues, dans une tentative claire d’effrayer les revenants et de semer la peur.
 
Ces scènes rappellent la fragilité de la situation à Afrin : des années d’occupation, de pillages et de pressions n’ont pas effacé l’attachement des Kurdes à leur terre. Le retour progressif des déplacés, facilité en partie par l’accord du 29 janvier 2026, suscite à la fois espoir et inquiétude face aux milices et aux dynamiques locales toujours instables.
 
Après huit ans d’exil, chaque famille qui rentre est un acte de résistance et de résilience. Mais la paix durable passera par la restitution des biens, la fin des intimidations et le respect des droits des Kurdes d’Afrin.