SYRIE / ROJAVA – Avdan Mahmud, un Kurde originaire d’Afrin et combattant des Forces démocratiques syriennes (FDS) depuis 2015, a vécu l’occupation de sa ville en 2018 par la Turquie, le déplacement forcé vers Shehba, la destruction de sa maison, l’abattage de ses oliviers et la torture entre les mains des Turcs.
Le 28 novembre 2024, alors qu’il fuyait les attaques de Hayat Tahrir al-Sham (HTS) et des groupes affiliés à la Turquie le long de la ligne Alep-Shehba, il a été capturé par des membres de la faction Sultan Murad. « Ils m’ont pris pour cible parce que je suis Kurde », témoigne-t-il.
Un calvaire de 1 an, 3 mois et 17 jours
Transféré à Kilis (Turquie), il a été remis aux services de renseignement turcs où il a subi tortures physiques, interrogatoires forcés, pressions psychologiques, isolement et menaces de mort : « Ils me demandaient si j’étais kurde, pourquoi j’avais rejoint les FDS, et me disaient qu’ils allaient me tuer et livrer mon corps à ma famille. »
Il a ensuite été détenu à la prison d’al-Raia, qu’il décrit comme « la pire prison de Syrie » : faim, mauvais traitements, tortures quotidiennes. Des prisonniers y croupissent depuis dix ans.
Transféré ensuite à Serêkaniyê, puis à Raqqa sous le Gouvernement intérimaire syrien, il a enduré pendant plus d’un mois des pressions pour renier les FDS et une intense torture psychologique.
Libéré finalement dans le cadre d’un échange de prisonniers, Avdan Mahmud a retrouvé sa famille. « J’ai tout subi : torture, faim, soif, manque de sommeil, intimidations… Mais je n’ai jamais perdu espoir. Aujourd’hui, je suis avec les miens. »
Son itinéraire de captivité – Afrin → Shehba → Kilis → al-Raia → Serêkaniyê → Raqqa → Qamishlo – retrace la répression systématique subie par de nombreux Kurdes après la chute du régime d’Assad.