La Turquie a considérablement renforcé son appareil de lobbying et d’influence aux États-Unis. Selon un rapport du Service de recherche du Congrès (CRS) du 9 mars 2026, Ankara figure parmi les pays les plus actifs à Washington, avec 105 enregistrements d’agents étrangers entre 2001 et 2021. Les activités déclarées sous la loi FARA* combinent lobbying direct (28,4 %) et relations publiques (près de 60 %).
Ces efforts vont bien au-delà du lobbying classique. Ils incluent des contrats avec des cabinets influents comme LB International Solutions (1,02 million de dollars pour des relations gouvernementales), Saltzman & Evinch (1,54 million de dollars pour du conseil juridique et politique) et Skyline Capitol (600 000 dollars pour étendre l’influence au niveau des États et des collectivités locales).
La Fondation Turken, liée à la famille Erdogan et dirigée en partie par Bilal Erdoğan, a reçu 2 millions de dollars de Turquie (via TURGEV et la fondation Ensar) au second semestre 2025. Ces fonds ont servi à financer des résidences étudiantes, des campagnes de communication sur les réseaux sociaux et des activités de sensibilisation auprès des universités et des associations américaines.
Le parti au pouvoir, l’AKP, a également transféré plus de 875 000 dollars vers sa représentation aux États-Unis pour organiser des événements politiques et culturels.
Parallèlement, la militante américaine Laura Loomer a affirmé le 25 mars 2026 que la CIA disposait de preuves selon lesquelles la Turquie finançait des podcasteurs pour saper la politique américaine au Moyen-Orient. Ankara aurait immédiatement demandé à X (Twitter) de supprimer ce message.

Ces documents FARA ne révèlent que la partie visible d’un réseau beaucoup plus large, mêlant soft power, financement d’ONG islamistes, relations publiques et influence politique à tous les niveaux du système américain.
*Le Foreign Agents Registration Act (dit FARA) est une loi des États-Unis adoptée en 1938. Elle exige que les agents représentant les intérêts de puissances étrangères à titre « politique ou quasi politique » divulguent leurs relations avec le gouvernement étranger et des informations sur les activités et les finances connexes.(Wikipedia)
Plus de détails concernant le lobbying turc aux Etats-Unis, lire l’article (en anglais) du journaliste turc Abdullah Bozkurt sur le site Nordic Monitor : Turkey ramps up covert and overt influence operations in Washington