AccueilKurdistanBashur#IRANWAR. Attaque contre la résidence d'un dirigeant kurde d'Irak

#IRANWAR. Attaque contre la résidence d’un dirigeant kurde d’Irak

IRAK / KURDISTAN – Ce matin, une attaque lâche au drone a visé la résidence secondaire du Président Nechirvan Barzani, Président de la Région du Kurdistan irakien, à Duhok. L’explosion a causé des dégâts matériels, mais heureusement aucune victime n’est à déplorer parmi les habitants ou les gardes. Cet acte terroriste intervient dans un contexte d’escalade régionale où le Kurdistan, une fois de plus, paie le prix de sa simple existence en tant que nation opprimée.

Pour le peuple kurde, cette agression n’est pas un incident isolé. Elle s’inscrit dans une longue série d’attaques menées par des milices pro-iraniennes, des groupes du Hachd al-Chaabi (PMF) et d’autres forces liées à Téhéran ou à Bagdad, qui cherchent à déstabiliser notre région. Quelques jours seulement après l’attaque iranienne aux missiles balistiques qui a martyrisé six Peshmergas à Soran et en a blessé des dizaines d’autres, voilà que l’on s’en prend directement au symbole même de la direction kurde.

Nechirvan Barzani a qualifié cette attaque d’« escalade très dangereuse pour l’ensemble de l’Irak ». Il a raison : en visant la résidence d’un leader kurde légitime, ce sont tous les Kurdes que l’on cherche à intimider. C’est une tentative claire de nous ramener à l’époque où nous n’étions que des citoyens de seconde zone dans un État arabe centralisé qui nous a toujours nié nos droits les plus élémentaires.

Le Kurdistan irakien reste un îlot de stabilité, de démocratie relative et de coexistence dans une région ravagée par les guerres, le sectarisme et l’autoritarisme. Nous avons combattu Daech en première ligne, versé un sang précieux pour défendre non seulement notre terre mais aussi l’humanité entière. En retour, nous subissons des attaques répétées : drones, missiles, provocations permanentes aux frontières, et un gouvernement central à Bagdad qui peine – ou refuse – à exercer sa souveraineté contre les milices illégales qui opèrent sur son sol.

Cette attaque est une nouvelle preuve que le Kurdistan reste colonisé. Divisé entre quatre États (Turquie, Iran, Irak, Syrie), privé d’un État indépendant reconnu, notre peuple est traité comme une menace existentielle par les régimes qui nous entourent. Que ce soit les drones iraniens, les incursions turques, les pressions de Damas sur le Rojava ou les milices chiites en Irak, le message est toujours le même : les Kurdes ne doivent pas être libres, forts ou unis.

Aujourd’hui, le Président français Emmanuel Macron a condamné fermement cette « attaque inacceptable » et réaffirmé le soutien de la France à la souveraineté de l’Irak « et du Kurdistan en son sein ». Des voix kurdes, irakiennes et internationales s’élèvent pour exiger une enquête sérieuse et la punition des coupables. Mais pour le peuple kurde, les paroles ne suffisent plus. Ils exigent des actes concrets : que Bagdad désarme enfin les groupes hors-la-loi, que la communauté internationale protège réellement le Kurdistan et que cesse l’impunité dont jouissent ceux qui attaquent les Kurdes.