SYRIE / ROJAVA – Depuis le 19 mars 2026, une vague d’attaques coordonnées vise les Kurdes, transformant les festivités traditionnelles de Newroz (nouvel-an kurde) en un moment de terreur. Ces violences, souvent perpétrées par des gangs turco-djihadistes, des milices tribales alliées au gouvernement de Damas, se déroulent avec la complicité des forces de sécurité affiliées au régime d’al-Sharaa (Jolani).
Principaux foyers d’attaques depuis le 19 mars
Campagne ouest de Kobanê
Les villages kurdes autour d’Ayn Issa, Sarrin (Serin) et Khirab Ayshik (également orthographié Kharab Ashk ou similaire) subissent pillages, incendies et agressions directes contre les habitations. Près de l’ancienne usine Lafarge (zone stratégique), des bandes ont profité du retrait tactique des Asayish pour ravager les biens restants. Ces exactions se sont intensifiées au fil des trois jours, avec des rapports locaux indiquant une escalade le 20-21 mars.
Manbij
Des groupes tribaux arabes, parfois renforcés par d’anciens éléments de l’État islamique, ciblent systématiquement les commerces et propriétés kurdes depuis le début de la semaine de Newroz.
Alep – Quartier de Sheikh Maqsoud
Des attaques contre des civils kurdes (incluant des passages à tabac, pillages et intimidations) ont été signalées dès le 19-20 mars, et se sont poursuivies le 21 mars en lien direct avec les célébrations.
Afrin et campagne d’Alep
Depuis trois jours, une série d’attaques ciblent les Kurdes arborant des drapeaux kurdes ou les FDS, avec des maisons pillées par des colons arabes installés par la Turquie/SNA, et des agressions physiques contre des femmes et enfants.
Contexte et réaction kurde
Ces incidents s’inscrivent dans la fragilité post-offensive de janvier 2026 (chute de nombreux territoires SDF, accords d’intégration forcée, cessez-le-feu fragile souvent violé). Le gouvernement transitoire et ses alliés semblent tolérer – ou encourager – ces groupes pour affaiblir durablement la présence kurde dans les zones mixtes.
La population kurde et l’Administration autonome (AANES) appellent à la retenue maximale pour éviter un embrasement total. Les Asayish et forces de sécurité intérieure ont opéré des retraits tactiques dans plusieurs secteurs pour prévenir des affrontements directs plus larges, mais cela laisse les villages exposés. Des manifestations de protestation ont eu lieu à Qamishlo et Hassaké le 21 mars contre ces attaques, notamment celles visant Afrin et Alep.
Newroz 2026, au lieu d’être une fête de renouveau et de résistance unitaire, devient un cri d’alarme : les Kurdes célèbrent sous menace directe, entre deuil et espoir, au cœur d’une lutte existentielle. les violences pourraient se poursuivre dans les prochains jours.