SYRIE. La Commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie de l’ONU, qui enquête actuellement sur les crimes de guerre ciblant les Kurdes, dont des exécutions extrajudiciaires, arrestations arbitraires, des violences sexuelles et des atteintes aux droits au logement, à la terre et à la propriété, dénonce l’impunité dont jouissent les auteurs des mêmes crimes ayant ciblé les Alaouites et les Druzes en 2025.
Dans son rapport présenté le 14 mars 2026 au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, la Commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie, présidée par Paulo Sérgio Pinheiro, dénonce l’impunité persistante du régime djihadiste de Damas, responsable de massacres massifs contre des minorités. Pinheiro appelle à l’action : « La communauté internationale ne doit pas rester les bras croisés » et insiste sur un « soutien soutenu » pour une transition respectueuse des droits humains.
Le document expose des violations graves, dont :
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En mars 2025, plus de 1 400 civils alaouites tués dans les gouvernorats de Lattaquié, Tartous, Homs et Hama, avec des ciblages ethniques et religieux potentiellement constitutifs de crimes contre l’humanité.
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En juillet 2025, plus de 1 500 civils druzes et bédouins massacrés à Soueïda par les forces gouvernementales et groupes armés.
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Dans le nord-est (Rojava), des exécutions extrajudiciaires, arrestations arbitraires et violences sexuelles contre les Kurdes et les Forces démocratiques syriennes (FDS), suite à des hostilités récentes.
Malgré des enquêtes nationales limitées (seulement 14 arrestations), l’absence de poursuites contre les hauts responsables et les lacunes dans la réforme sécuritaire perpétuent l’impunité. La Commission recommande une justice transitionnelle, un désarmement rigoureux et un dialogue intercommunautaire pour restaurer la confiance et briser le cycle de violence. Des préoccupations persistent sur les opérations israéliennes et le retour de djihadistes de Daech, soulignant l’urgence d’une intervention internationale.