IRAN / ROJHILAT – L’Alliance des partis kurdes d’Iran exhorte les « nations opprimées d’Iran » et les forces prodémocratie à faire preuve de solidarité active et plaide pour une transition démocratique qui repose sur trois piliers essentiels : les droits nationaux de chaque peuple, l’égalité réelle entre les citoyens et la garantie des libertés fondamentales (expression, association, culte, etc.).
L’Alliance des partis politiques du Kurdistan iranien a publié une déclaration importante le 14 mars 2026, appelant à une unité renforcée face à la crise persistante en Iran.
Dans ce texte, l’Alliance exhorte les « nations opprimées d’Iran » – incluant les Kurdes, les Azéris (Turcs azerbaïdjanais), les Baloutches, les Arabes d’Ahwaz et d’autres groupes ethniques marginalisés – ainsi que toutes les forces pro-démocratie à travers le pays, à faire preuve de solidarité active. Elle plaide pour une transition démocratique qui repose sur trois piliers essentiels : les droits nationaux de chaque peuple, l’égalité réelle entre les citoyens et la garantie des libertés fondamentales (expression, association, culte, etc.).
Un appel spécifique aux Turcs azerbaïdjanais
Un passage clé de la déclaration s’adresse directement à la nation turque azerbaïdjanaise (Azerbaïdjanais iraniens). L’Alliance rappelle la longue histoire de coexistence pacifique entre Kurdes et Azéris dans les régions mixtes (notamment en Azerbaïdjan iranien et au Kurdistan oriental). Elle propose d’instaurer une gouvernance démocratique conjointe dans ces zones partagées, fondée sur :
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Le respect mutuel et l’égalité des droits pour toutes les communautés.
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Une administration locale partagée et inclusive.
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Le dialogue politique permanent entre les forces kurdes et azéries.
Pour étayer cette proposition, l’Alliance fait référence au Pacte d’amitié historique signé en 1946 entre la République du Kurdistan (dirigée par Qazi Muhammad) et le Gouvernement national d’Azerbaïdjan (dirigé par Seyid Jafar Pishevari). Ce document, issu de la brève période d’autonomie post-Seconde Guerre mondiale, est présenté comme un modèle et un cadre de référence pour les relations futures entre les deux peuples.
Contexte et position globale de l’Alliance
Cette déclaration intervient dans un moment critique : l’Iran traverse une phase d’instabilité marquée par des protestations massives, une guerre ouverte depuis fin février 2026 (impliquant des frappes américaines et israéliennes), et des attaques répétées du régime contre les bases kurdes en Irak (missiles et drones visant des camps civils et militaires des partis membres). L’Alliance, formée officiellement le 22 février 2026 (avec des adhésions ultérieures comme celle de Komala début mars), regroupe les principaux partis kurdes iraniens exilés ou actifs : PDKI (Parti démocrate du Kurdistan iranien), PAK (Parti de la liberté du Kurdistan), PJAK (Parti pour une vie libre au Kurdistan), Khabat, Komala des travailleurs du Kurdistan, et d’autres.
L’Alliance réaffirme explicitement qu’elle ne cherche pas la désintégration de l’Iran, mais la reconnaissance des droits des peuples dans un cadre décentralisé et démocratique. Elle s’engage aussi pour une coexistence pacifique avec les États voisins (Turquie, Irak, etc.), conditionnée au dialogue et au respect mutuel, loin de toute aventure militaire ou séparatiste unilatérale.
Signification et écho
Cette déclaration vise à consolider les alliances internes à l’opposition iranienne élargie. Elle répond à la faiblesse croissante du régime de Téhéran, perçu comme incapable de réprimer durablement les soulèvements multiethniques. En tendant la main aux Azéris – le plus grand groupe minoritaire après les Perses –, l’Alliance espère créer un front uni capable d’accélérer une transition post-régime.
Cette initiative pourrait marquer un tournant dans la dynamique de l’opposition iranienne, en transformant les luttes ethniques isolées en un mouvement national inclusif pour la démocratie et les droits collectifs. Reste à voir si cet appel trouvera un écho concret parmi les forces azéries et les autres composantes de l’opposition.