AccueilCulturePARIS. Les Kurdes célèbrent le Newroz sur la place de la République

PARIS. Les Kurdes célèbrent le Newroz sur la place de la République

PARIS – Cette année, le Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F) organise la fête du nouvel-an kurde (Newroz) sur la place de la République le samedi 21 mars, dès 12h.

Pour cette fête du Newroz* (le nouveau jour), plusieurs artistes kurdes seront présents, ainsi que des groupes de danses folkloriques, en plus des prises de parole. Des stands de nourriture et d’information, de vente de foulards kurdes etc. sont également prévus.

La Légende de Kawa le Forgeron : L’Origine de Newroz

Voici la légende kurde du forgeron Kawa (ou Kawayê Hesinkar / کاوه‌ی ئاسنگەر), telle qu’elle est racontée dans la tradition populaire kurde et liée à la fête de Newroz (le Nouvel An kurde, célébré le 21 mars) :

Il y a très longtemps, en Mésopotamie, dans les terres entre le Tigre et l’Euphrate, régnait un tyran cruel nommé Dehak (ou Zuhak / Zahhak / ده‌هاک). Ce roi maléfique avait deux serpents qui sortaient de ses épaules. Pour apaiser ces serpents et soulager sa douleur, il fallait chaque jour leur nourrir deux cerveaux humains (souvent ceux de deux jeunes gens). Les soldats de Dehak sillonnaient donc villes et villages pour enlever les jeunes et les sacrifier.

Le peuple vivait dans la peur, la misère et le désespoir. Le printemps lui-même semblait avoir disparu, les fleurs ne poussaient plus et la nature restait froide et sombre.

Dans un village au pied du palais vivait un forgeron nommé Kawa. C’était un homme fort, honnête et habile, qui fabriquait des outils, des fers à cheval et des armes. Mais même lui n’avait pas été épargné : Dehak avait déjà pris 16 de ses 17 enfants pour nourrir les serpents. Il ne restait plus que son dernier enfant (souvent une fille dans la version kurde, ou parfois un fils selon les variantes).

Un jour, les soldats arrivèrent chez Kawa pour emmener son dernier enfant. Cette fois, le forgeron refusa. La coupe était pleine. Au lieu de livrer son enfant, il décida de se révolter.

Kawa rassembla les habitants opprimés, les paysans, les bergers, les artisans. Il leur parla de liberté, de dignité, de la fin de la terreur. Dans sa forge, il fabriqua des armes : des épées, des lances, des haches. Il transforma son tablier de cuir en étendard, le fixa sur un bâton et en fit le premier drapeau de la révolte.

Le jour venu (veille du 21 mars), Kawa et son armée populaire marchèrent sur le palais. Ils prirent d’assaut la forteresse. Kawa, armé de son lourd marteau de forgeron, affronta Dehak en personne. D’un coup puissant, il tua le tyran et détruisit les serpents maudits.

La victoire fut totale. Pour annoncer la bonne nouvelle aux montagnes et aux vallées, Kawa alluma un grand feu sur la plus haute colline. Les gens des villages voisins virent la flamme et comprirent : la tyrannie était finie. Partout, d’autres feux furent allumés en réponse, de sommet en sommet, illuminant tout le pays.

Le lendemain matin, le 21 mars, le soleil se leva plus chaud, les arbres reverdirent, les fleurs sortirent : c’était le retour du printemps. Le peuple dansa autour des feux, chanta et célébra la liberté retrouvée.

Depuis ce jour, les Kurdes célèbrent Newroz chaque 21 mars. Allumer des feux sur les collines, sauter par-dessus les flammes, danser, chanter et porter du nouveau sont des façons de commémorer la victoire de Kawa, la fin de l’oppression et le renouveau de la vie.

Newroz est devenu le symbole de la résistance contre la tyrannie, de l’espoir et de la renaissance.