SYRIE – Un an après le massacre des Alaouites par des gangs djihadistes, des milliers de personnes se sont recueillies dans les villes et villages du littoral syrien. En ce premier anniversaire des massacres du 7 mars, l’émotion était vive dans les cimetières, où des bougies ont été allumées en mémoire des centaines de civils fauchés lors de ces vagues de violence.
L’ampleur du drame : Baniyas et Jableh en deuil
Selon les données de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), le bilan des attaques est particulièrement lourd. À Baniyas, le quartier d’Al-Qusour a payé le prix fort avec plus de 400 victimes, dont une grande partie a été surprise dans son sommeil. Dans la campagne de Jableh, le village d’Al-Sanawbar pleure la perte de 317 civils, parmi lesquels figuraient des médecins, des enseignants, ainsi que de nombreux femmes et enfants.
Un recueillement entre douleur et souvenir
Dans les cimetières, l’image d’enfants déposant des fleurs sur les tombes de leurs proches témoignait de l’ampleur du traumatisme. Les familles ont évoqué avec effroi les jours sombres qui ont suivi les tueries, rappelant que certains corps étaient restés exposés de longs jours avant de pouvoir être inhumés. Dès la veille au soir, des veillées aux chandelles ont transformé les nécropoles de Baniyas et des localités environnantes en lieux de mémoire collective.
Contexte et bilan international
Ces événements tragiques s’étaient déroulés entre le 6 et le 10 mars 2025. À l’époque, des factions liées au gouvernement intérimaire syrien et des groupes soutenus par la Turquie avaient lancé des opérations militaires visant, selon leurs termes, les « vestiges de l’ancien régime ».
Le bilan global, documenté par l’Organisation internationale de surveillance des crimes contre l’humanité dans un rapport du 29 mai 2025, est glaçant :
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62 massacres à caractère confessionnel recensés en seulement trois jours.
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1 676 victimes civiles, incluant une proportion tragique de femmes et d’enfants.