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KURDISTAN. Écoles et universités fermées à cause de la guerre

IRAK / KURDISTAN – Les écoles et universités de la région autonome kurde d’Irak resteront fermées à cause de la guerre opposant l’Iran à l’Israël et aux États unis…

 

Depuis le déclenchement, le 28 février 2026, de la guerre ouverte entre l’Iran d’une part et l’axe États-Unis-Israël d’autre part, la région autonome du Kurdistan irakien (KRI) se retrouve tragiquement au cœur des représailles. Missiles balistiques, drones kamikazes et attaques de milices chiites pro-iraniennes (notamment issues du Hachd al-Chaabi) visent régulièrement Erbil et ses environs : aéroports, bases Peshmergas, installations pétrolières, consulat américain et même zones résidentielles. Des interceptions massives par les défenses anti-aériennes américaines et coalisées ont limité les dégâts humains directs, mais le climat de peur permanente paralyse la vie quotidienne.

 

Face à cette escalade persistante – avec des sirènes d’alerte retentissant parfois pendant des heures et des débris de missiles tombant près d’hôtels ou d’infrastructures civiles –, le Gouvernement régional du Kurdistan (KRG) a pris des mesures drastiques pour protéger sa population. Toutes les écoles, collèges, lycées et universités (publics, privés et internationaux) relevant des ministères de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur ont vu leurs cours suspendus jusqu’au 23 mars 2026. Cette prolongation, annoncée le 6 mars, fait suite à une première fermeture temporaire fin février et début mars, et s’explique par la nécessité « de préserver le bien-être des élèves, des enseignants et de servir l’intérêt public » dans un contexte de menaces aériennes récurrentes.

 

La vie économique et sociale est elle aussi grièvement affectée : espaces publics limités, déplacements restreints, exportations de gaz (comme à Khor Mor) interrompues temporairement, et une population qui vit au rythme des alertes et des explosions lointaines. Erbil, capitale dynamique et hub international, ressemble aujourd’hui à une ville sous tension permanente.

 

Dans ce conflit régional où les grandes puissances s’affrontent, les Kurdes d’Irak – civils, Peshmergas, étudiants – comptent pour bien peu dans les calculs stratégiques de Téhéran, Washington ou Tel-Aviv. Pris en tenaille entre les frappes iraniennes (et de leurs proxies) visant à punir toute présence américaine ou supposée « anti-iranienne », et les réalités d’un territoire exposé, ils paient le prix fort d’une guerre qui n’est pas la leur. La suspension prolongée des établissements scolaires n’est que le symptôme le plus visible d’une paralysie plus profonde, où la sécurité prime sur tout, mais où l’avenir reste incertain tant que le feu régional ne s’éteint pas.