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IRAN. Au moins 1 500 morts, dont 200 civils, en trois jours de guerre

IRAN / ROJHILAT – En trois jours de guerre, au moins 1 500 personnes, dont 200 civils et 1 300 membres des forces armées iraniennes, ont été tuées par les frappes israéliennes et américaines à traves l’Iran, y compris dans les régions kurdes du Nord-Est, signale l’ONG Hengaw. 

Alors que la guerre entre les États-Unis, Israël et la République islamique d’Iran entre dans son troisième jour, les constatations de terrain et la documentation de l’ONG de défense des droits humains Hengaw de lourdes pertes parmi les forces gouvernementales iraniennes et un nombre croissant de victimes civiles.

D’après des données vérifiées et confirmées par Hengaw, au moins 1 500 personnes ont été tuées à ce jour, dont 200 civils et 1 300 membres des forces armées iraniennes. Ces chiffres sont établis dans un contexte de graves perturbations d’Internet à travers l’Iran, l’accès à Internet étant régulièrement coupé pendant de longues heures dans plusieurs villes, de jour comme de nuit.

Répartition des victimes et étendue géographique des attaques

D’après les données recueillies par le Centre de statistiques et de documentation de Hengaw, des installations militaires et gouvernementales ont été ciblées par des frappes aériennes et de missiles dans 150 villes réparties dans 22 provinces.

Les cibles comprennent des bases du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), des centres Basij, des aéroports militaires, des sites de missiles, des commissariats de police, des institutions judiciaires, des bureaux de presse du département du renseignement, des casernes de l’armée et des quartiers généraux des forces spéciales.

Le plus grand nombre de victimes militaires a été enregistré à Téhéran, Kermanshah (Kermashan), en Azerbaïdjan occidental (Urmia), en Azerbaïdjan oriental et au Kurdistan (Sanandaj ou Sînê).

Victimes civiles et dégâts dans les zones résidentielles

Hengaw exprime sa profonde inquiétude face à l’augmentation du nombre de décès civils et confirme que c’est dans la province d’Hormozgan que le plus grand nombre de victimes civiles a été enregistré.

D’après les preuves documentées, un nombre important des victimes étaient des écolières de l’école primaire « Shajareh Tayyebeh ». Outre Hormozgan, des décès de civils, dont plusieurs enfants, ont été recensés à Téhéran, dans le Khorasan-e Razavi, à Qazvin, à Alborz, à Kermanshah, au Kurdistan, en Azerbaïdjan occidental (Urmia) et en Azerbaïdjan oriental.

Les bâtiments administratifs et résidentiels situés à proximité des institutions militaires et de sécurité ont également subi de graves dommages lors des frappes aériennes, entraînant d’importantes perturbations des services.

Malgré le contexte de guerre persistant, la République islamique n’a pas mis en œuvre de mesures d’évacuation pour les zones résidentielles situées à proximité des installations militaires et de sécurité. Les civils tentent donc, de manière spontanée et non coordonnée, de se protéger et de se réfugier dans des zones relativement plus sûres.

Minimisation et contradictions dans les chiffres officiels

Le troisième jour de la guerre, le Croissant-Rouge iranien a annoncé que le nombre total de victimes s’élevait à 555, sans faire de distinction entre les victimes militaires et civiles.

Les données recueillies par Hengaw indiquent que ce chiffre s’inscrit dans une politique délibérée de sous-estimation et de dissimulation menée par les autorités.

Les enquêtes de terrain montrent que les institutions de sécurité se sont abstenues de publier des données précises sur les pertes militaires, notamment dans les villes du Kurdistan. Dans les rares cas où des chiffres ont été publiés, ils semblent nettement inférieurs à la réalité.

L’ONG Hengaw réaffirme l’urgence de la transparence dans l’identification des victimes et la communication des chiffres relatifs aux pertes humaines. Elle souligne que toutes les parties impliquées dans le conflit sont tenues, en vertu des conventions internationales, de protéger les vies civiles lors des hostilités armées.

Hengaw appelle une fois de plus les instances internationales à surveiller de près les pertes civiles et, compte tenu de la politique de dissimulation de la République islamique, à contraindre fermement toutes les parties à assumer leur responsabilité de protéger les civils.