SYRIE / ROJAVA – Des corps ensevelis sous des décombres et exécutions sommaires… L’Observatoire syrien des droits de l’homme a documenté certaines des atrocités commises par les gangs de Damas contre des civils du quartier kurde de Sheikh Maqsoud, à Alep, en janvier 2026.
L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH ou SOHR) a recueilli des témoignages choquants et accablants en provenance du quartier de Sheikh Maqsoud à Alep. Ces témoignages relatent les violations atroces subies par les civils lors des violents affrontements qui ont eu lieu en janvier dernier entre les forces du Gouvernement de transition et les Forces de sécurité intérieure (en kurde : Asayish), avant que les premières ne prennent le contrôle du quartier.
Un témoignage documenté indique que des hommes armés ont démoli un mur sur les corps de 17 civils, les ensevelissant complètement sous les décombres devant les maisons des habitants. Le mur a ensuite été reconstruit, masquant les lieux et dissimulant à nouveau les corps sous les décombres.
Par ailleurs, d’autres témoignages sur le terrain confirment que des individus armés ont lancé une grenade directement sur une voiture où des civils s’étaient réfugiés pour fuir les tirs nourris. Ces tirs ont entraîné leur mort et l’incendie du véhicule. Ces événements ont coïncidé avec des représailles généralisées, notamment des incendies et des actes de vandalisme visant des propriétés privées et des voitures appartenant aux habitants du quartier. Des bulldozers et des camions-bennes ont été utilisés pour ramasser un grand nombre de corps de civils et de militaires et les transporter de manière humiliante et inhumaine jusqu’au prétendu « Bureau de la charia », des pratiques que des sources décrivent comme des représailles contre la composante kurde de la région.
Concernant les violations individuelles, l’Observatoire syrien des droits de l’homme a recueilli un témoignage détaillant le cas d’un jeune homme abattu de sept balles près de l’école Yassin Yassin. Laissé pour mort, il a été conduit à l’hôpital au péril de sa vie par sa mère. Par la suite, une force affiliée au gouvernement intérimaire a pris d’assaut l’hôpital, l’a enlevé et emmené vers une destination inconnue. Son sort demeure inconnu à ce jour, suscitant de vives inquiétudes quant à sa vie et à celle de dizaines d’autres détenus et personnes disparues de force, arrêtés pendant et après les opérations militaires dans la région.
L’Observatoire syrien des droits de l’homme, en publiant ces atrocités et en les portant à l’attention de la communauté internationale et des organisations de défense des droits humains, exige une enquête immédiate et impartiale afin d’identifier les responsables de ce massacre et de la dissimulation des corps. Il appelle également à exercer des pressions sur les forces au pouvoir pour qu’elles révèlent le sort des disparus et cessent les violations visant les civils en raison de leur appartenance ethnique ou religieuse.