SYRIE / ROJAVA – L’agence kurde ANHA a documenté la situation des familles déplacées de force dans la ville d’Amuda, où les enfants vivent dans des conditions humanitaires déplorables, sous des tentes et dans des écoles transformées en abris. Leur souffrance est manifeste, notamment face à l’absence des besoins les plus fondamentaux, de l’éducation aux soins de santé, dans un environnement instable qui compromet leur avenir.
Lors du suivi de la situation des familles déplacées de force dans la ville d’Amuda par l’agence ANHA, le spectacle des enfants était particulièrement poignant. Leurs visages témoignaient avec une sincérité bouleversante de l’ampleur de la tragédie qu’ils avaient vécue. Des visages marqués par le déracinement, de petits yeux emplis d’une douleur bien plus profonde que leur âge, de jeunes rêves brisés par les barbelés des tentes et les murs des écoles.
Lorsque on leur a demandé : « D’où venez-vous ? », la réponse fut choquante : « Nous venons du camp. »
Pour ces enfants, leur véritable patrie est Afrin et Ras al-Aïn (Serê Kanîyê), les villes dont ils ont été privés suite aux déplacements forcés et aux violations persistantes de leurs droits. C’est là que leurs histoires d’enfance ont commencé, et c’est là que se trouvent leurs racines, malgré toutes les tentatives d’effacement et de modification démographique. Des enfants privés d’école, de jouets et de leur droit fondamental à vivre en sécurité et dans la stabilité.
Ces centres d’accueil, qui sont en réalité des écoles où ils résident, étaient censés être des lieux d’apprentissage et de construction d’un avenir, et non des abris temporaires.
Malgré la dure réalité, leurs voix s’unissent dans une revendication inébranlable : « Nous voulons notre patrie, rien d’autre. » Une revendication simple, mais qui incarne tout le sens du droit et de la justice. (ANHA)