AccueilEuropeFranceBRETAGNE. La ville de Carhaix solidaire des Kurdes

BRETAGNE. La ville de Carhaix solidaire des Kurdes

 
BRETAGNE – Ce jeudi 29 janvier, l’écrivain kurde Azadi était en visite à Carhaix pour évoquer le sort souvent tragique de son peuple, les Kurdes, écartelés entre quatre États au Moyen entre quatre états et qui reviennent régulièrement dans l’actualité. Azadi a échangé le matin avec des lycées de Diwan, puis il a été reçu en mairie de Carhaix. Le maire, Christian Troadec, avait fait hisser le drapeau kurde sur la mairie à cette occasion.
 
C’est l’élu guingampais, Gaël Roblin, qui a fait venir ce jeune auteur de 27 ans, originaire du nord ouest du Kurdistan, notamment du livre Leçons kurdes, aux éditions Le Fabrique. « J’avais trouvé cet ouvrage très accessible, note Gaël Roblin. Comme je suis parent d’élève au lycée Diwan, je trouvais intéressant de le faire venir pour expliquer les conséquences de la Première Guerre mondiale et le découpage du Moyen Orient qui en a suivi, par les Britanniques et les Français. Un découpage qui a marginalisé les Kurdes et les a privés d’un État. Cela permettait aussi d’aborder la question des migrations, un sujet qui est aussi au programme des lycéens. »
Azadî et le maire Christian Troadec
 
Solidarité
 
Le maire de Carhaix, Christian Troadec, s’est réjoui d’accueillir cet auteur au nom de la « solidarité entre les peuples qui luttent pour faire reconnaître leurs droits. »
 
Azadi a abondé dans le sens de l’édile breton en expliquant qu’il était important pour lui d’être en Bretagne. « Nous avons des points communs. Je dis souvent que les Kurdes, en tant que peuple colonisé, sont un peu les Algériens et les Bretons du Moyen Orient. Nous sommes un peuple qu’on a régulièrement «génocidé» et dont on nie l’existence. On nous refuse aussi le droit de pratiquer notre langue. La situation de la langue bretonne fait écho à beaucoup de nos revendications. J’étais aussi heureux d’échanger avec des élèves de Diwan sur ces problématiques. Le sens de l’accueil et de la solidarité des Bretons est bien connu. »
 
 
Il a aussi rendu hommage à Kendal Breizh, un militant breton, engagé dans les forces kurdes de Syrie et tué par l’armée turque en 2018. Une fresque géante lui rend hommage à Carhaix. « il illustre la vigueur des amitiés entre Kurdistan et Bretagne », a-t-il affirmé.
 
 
Résonance avec l’actualité
 
Cette visite entre bien entendu avec l’actualité dramatique qui secoue cette région. En Syrie, l’autonomie des Kurdes qui ont combattu avec les Occidentaux pour vaincre Daesh, est aujourd’hui menacée par le pourvoir islamiste et centralisateur. En Iran, dont 10 à 15 % de la population est kurde, la répression a également été très violente ces dernières semaines.
 
« La moitié des prisonniers politiques détenus par le régime iranien sont kurdes, assure Azadi. C’est parce que nous sommes plus organisés et structurés que d’autres forces d’opposition. »
 
Le livre d’Azadi est en cours de traduction en breton. Il sera présenté officiellement lors du projet festival du livre, à Carhaix, en octobre prochain. (Via le site breton Le Poher)