PARIS – [Médias], journalistes, cinéastes, écrivains, politiques, économistes, académiciens, artistes… tous ce qui se taisent devant le génocide kurde en cours en Syrie… Vous n’étiez visiblement pas vraiment intéressés par les Kurdes. Vous avez fait des films, des documentaires, des livres, des unes de magazines, JT, journaux, des récits taillés pour séduire, pour nourrir un fantasme, une dramaturgie qui captive.
Des personnages, oui, mais rarement des êtres.
Nous n’étions que des ombres, des silhouettes modelées pour incarner une fable, un thriller haletant ou une épopée aux allures de conte moderne, où des jeunes femmes émancipées défiaient les djihadistes. Des personnages, oui, mais rarement des êtres.
Aujourd’hui, ces personnages meurent.
Pas sur un écran, pas dans les pages d’un journal, mais dans le silence d’un monde qui semble leur avoir tourné le dos. Leur sang coule, leurs cris s’éteignent, et votre indifférence parle : leurs vies n’étaient qu’une fiction pour plaire.
Par Mohammad Shaikhow, cinéaste kurde originaire du Rojava