PARIS – À l’occasion du 13e anniversaire de l’assassinat à Paris de trois militantes le 9 janvier 2013, l’organisation faîtière kurde, KCK-E appelle à participer à une marche commémorative le samedi 10 janvier.
Pour commémorer le 13e anniversaire de l’assassinat de trois militants kurdes à Paris, le Congrès des sociétés démocratiques du Kurdistan en Europe (KCDK-E) appelle à participer à une marche commémorative dans la capitale française. Le départ est prévu samedi à 10 heures, depuis la gare du Nord.
Dans un communiqué publié mardi, l’organisation basée à Bruxelles a exigé une enquête approfondie sur l’attentat du 9 janvier 2013, au cours duquel SakineCansız (Sara), Fidan Doğan (Rojbin) et Leyla Şaylemez (Ronahi) ont été abattues par un tueur à gages sur ordre des services de renseignement turcs (MIT) au Centre d’information kurde de Paris. « Les meurtres de Paris ont été planifiés et exécutés de sang-froid. Nous savons que l’État turc en est responsable », indique le communiqué du KCDK-E. Ce dernier souligne également que le président français de l’époque avait indirectement mis en cause la Turquie.
Accusations contre la France et la Turquie
Le KCDK-E a critiqué les gouvernements turc et français. La France n’a pas mené, pendant des années, d’enquête approfondie sur le triple meurtre ni traduit les responsables en justice. Ce manque de diligence a également contribué à la seconde attaque contre des militants kurdes à Paris en 2022, au cours de laquelle Emine Kara (Evîn Goyî), Mehmet Şirin Aydın (Mîr Perwer) et Abdurrahman Kızıl ont été abattus.
« Si la première attaque avait fait l’objet d’une enquête approfondie, le terrorisme d’État turc aurait pu être mis au jour et le mouvement démocratique en Turquie aurait été renforcé », a poursuivi l’organisation faîtière. L’attaque de 2013 s’inscrivait dans une longue série d’assassinats à motivation politique pour lesquels l’État turc n’a toujours pas été tenu responsable, a déclaré le KCDK-E. La France, elle aussi, a failli à son devoir d’État de droit.
Signification symbolique pour le mouvement des femmes kurdes
L’assassinat de Sakine Cansız, cofondatrice du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), revêt une importance symbolique particulière au sein du mouvement kurde. Le KCDK-E a souligné que faire la lumière sur ce meurtre et celui de ses camarades est une préoccupation centrale du mouvement des femmes kurdes. « Ce combat n’est pas seulement une lutte pour la justice, il fait désormais partie intégrante du mouvement pour la liberté et la survie du Kurdistan. Il est devenu une source d’inspiration pour les luttes des femmes à travers le monde. »
Manifestation le 10 janvier à Paris
Le slogan « Jin, Jiyan, Azadî » (Femme, Vie, Liberté) est devenu un symbole mondial grâce à ce mouvement, a expliqué l’organisation. Ils manifesteront à nouveau cette année, à l’occasion de cet anniversaire, « avec la même détermination », afin d’honorer la mémoire des militants assassinés. Le KCDK-E a appelé tous les Kurdes vivant en Europe et leurs sympathisants à se joindre à la manifestation commémorative à Paris. L’événement, qui se tiendra le 10 janvier à la Gare du Nord à Paris, se veut un symbole de « vérité et justice ». (ANF)