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BELGIQUE. Une universitaire franco-allemande poursuivie pour son soutien au Rojava

BRUXELLES – L’universitaire franco-allemande basée en Belgique, Marie Gilow est poursuivie par les autorités belges à cause de son soutien au Rojava. Marie Gilow placée sur la liste « Terrorisme, Extrémisme, processus de Radicalisation » de l’Organe de Coordination pour l’Analyse de la Menace (OCAM), en tant que « prédicatrice de haine » de niveau 2. Gilow, qui risque de perdre son titre de séjours belge, doit faire une formation de déradicalisation… La journaliste Gabrielle Lefèvre rapportait l’information hier, dans l’article « Les femmes kurdes du Rojava, un exemple pour l’humanité«  publié sur le site entre les lignes. Nous partageons avec vous la partie consacrée à Marie Gilow.
 
« Propagandiste de haine » !
 
Hasard ou non, les services de sécurité de la petite Belgique se sont invités dans ce débat en menaçant une doctorante de l’ULB, Marie Gillow, de nationalité française et allemande. Outre ses activités académiques, elle soutient plusieurs causes féministes, dont celle du mouvement des femmes du Rojava. Elle a écrit des articles et un livre à ce sujet. Le 11 septembre dernier, elle a été interrogée par un inspecteur de la police de Bruxelles qui l’a informée qu’elle était considérée comme « propagandiste de haine » et incluse dans la banque de données commune « Terrorisme, Extrémisme, processus de Radicalisation » ! On lui a signifié qu’elle devait suivre un parcours de déradicalisation (qui peut durer 4 ans) afin que son nom soit radié de cette liste. Tout cela sans qu’il y ait un jugement quelconque: il s’agit d’une procédure administrative à la suite d’une enquête qui se fait à l’insu de la personne concernée et sur base d’une dénonciation d’un « service étranger » dont on suppose qu’il est turc.
 
Pire, l’Office des Étrangers lui a signalé qu’une mesure d’éloignement du territoire était envisagée « pour des raisons de sécurité nationale ».
 
Or, Marie Gilow a simplement exercé son droit à la liberté d’expression, elle n’a jamais appelé à la haine, à la violence, à la discrimination. Son avocat, Me Jan Fermon a adressé une mise en demeure à l’État belge. Il connaît bien le sujet Rojava puisqu’il était un des procureurs lors du TPP.
 
Une lettre ouverte en faveur de Marie Gilow circule, signée par de nombreux professeurs de l’ULB et d’autres citoyens connaissant son combat féministe. (Voir le texte de cette lettre ouverte dans notre rubrique « Les Indignés »).
 
On peut suggérer aux services qui enquêtent sur cette personne de s’en prendre à tous les sympathisants et les juges de la cause des Kurdes du Rojava qui se sont exprimés lors du Tribunal Permanent des Peuples, et dans les salles du Parlement européen.
 
C’est long mais on comprend mieux où se situe réellement la haine et la violence…