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TURQUIE. 1000ème veillée des Mères du Samedi

TURQUIE – Ce samedi 25 mai, les Mères du samedi se rassembleront pour leur 1000ème veillée consécutive sur la place Galatasaray à Istanbul, exigeant justice pour leurs proches disparus en détention dans les années 1990.

Le mouvement, inspiré par les mères argentines de la Plaza Del Mayo, a débuté le 27 mai 1995. Il cherche à découvrir le sort des disparus et à demander des comptes aux auteurs de ces actes. « Galatasaray n’est pas seulement une place ; c’est un cimetière pour lequel nous nous battons », a expliqué Maside Ocak, dont le frère Hasan a été retrouvé mort après avoir été arrêté en 1995.

Cette semaine marque le 1000ème rassemblement des Mères du samedi, une manifestation en cours exigeant des comptes pour les disparitions forcées en Turquie. Initialement déclenché par la disparition d’individus dans les années 1980 et 1990, leur plaidoyer incessant a conduit à une réduction de ces cas. « Vous les avez pris vivants ; nous voulons qu’ils reviennent vivants », tel a été leur cri de ralliement, soulignant leur exigence de vie et de vérité.

Les manifestations ont été confrontées à des défis importants, notamment des interventions policières et des périodes de cessation. Malgré cela, la détermination des Mères du Samedi n’a pas faibli. Elles continuent de demander non seulement où se trouvent leurs proches, mais aussi de demander justice contre les responsables.

Depuis 29 ans, les mères du samedi cherchent leurs enfants tués en détention 

 

Le samedi 27 mai 1995, les « mères du samedi » (en kurde: Dayikên Şemiyê, en turc: Cumartesi Anneleri) descendaient pour la première fois sur la place Galatasaray, à Istanbul, pour exiger la fin des disparitions forcées et demander qu’on leur rende leurs proches portés disparus. Elles reprochent à l’État turc de ne pas avoir enquêté sérieusement pour établir la vérité sur ceux qui ont disparu après leur mise en détention par les autorités turques.

Les veillées, qui ont vu la participation d’un plus grand nombre de personnes à des dates marquantes telles que les 500e et 600e semaines, se sont déroulées dans le calme, sans aucune restriction de la part du gouvernement du Parti de la justice et du développement (AKP), jusqu’à la 700e semaine en 2018, lorsque des dizaines de les manifestants ont été arrêtés après que la police a dispersé la manifestation.

Le procès des 46 personnes arrêtées lors du 700e rassemblement et accusées de « participation à des réunions et à des marches illégales et de refus de se disperser malgré les avertissements et le recours à la force » est en cours.

La Cour constitutionnelle a jugé en novembre 2022 et mars 2023 que le droit de réunion pacifique des manifestants avait été violé et que ces violations ne devaient pas se reproduire.