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TURQUIE. Les mères du Samedi cherchent les assassins de Ridvan Karakoç

ISTANBUL – Au cours de leur 986ème semaine d’action sur la place Galatasaray, les Mères du samedi ont exhorté l’État turc à leur livrer les noms des assassins de Ridvan Karakoç, un homme politique kurde tué sous la torture à Istanbul il y a 29 ans.

Rıdvan Karakoç, 34 ans, vivait avec sa famille à İstanbul. Il était actif dans les partis politiques kurdes ainsi que dans les organisations culturelles dans les années 90. Au début de 1994, il a appris qu’il serait arrêté parce que quelqu’un avait donné son nom lors de son interrogatoire en détention.

La police a gardé la maison de sa famille sous surveillance constante. Parfois, des policiers entraient dans la maison et battaient sa famille. Pendant ce temps, ils ont menacé la famille en disant : « Nous tuerons Rıdvan s’il ne se rend pas ! »

Bien que Rıdvan ne puisse pas rendre visite à sa famille, il est resté en contact avec eux et avec son avocat. Il a appelé sa famille pour la dernière fois le 15 février 1995. C’est la dernière fois qu’ils ont eu de ses nouvelles. Le même jour, la surveillance de la maison de la famille Karakoç a été levée.

La famille de Ridvan Karakoç s’est rendue à tous les bureaux pour obtenir des informations sur Rıdvan. Toutefois, leurs efforts sont restés sans réponse. Après une recherche intensive pendant 110 jours, la famille a retrouvé le corps torturé de Rıdvan Karakoç enterré dans la section des inconnus du cimetière Altinşehir, à Istanbul.

Au cours des 29 dernières années, aucune procédure judiciaire n’a été engagée pour le dossier de Ridvan par le procureur de Beykoz. Asiye Karakoç, la mère de Rıdvan décédée il y a huit ans, a cherché les assassins de son fils jusqu’à sa dernière souffle.

 

Depuis 28 ans, les mères du samedi s’arment d’œillets contre la police turque

Il y a 28 ans, les Mères du Samedi (en kurde: Dayikên Şemiyê, en turc: Cumartesi Anneleri) descendaient pour la première fois sur la place Galatasaray, à Istanbul, pour exiger la fin des disparitions forcées et demander qu’on leur rende leurs proches portés disparus.

Les « mères du samedi » reproche l’État turc de ne pas avoir enquêté sérieusement pour établir la vérité sur ceux qui ont disparu après leur mise en détention par les autorités turques.

Selon l’Association des droits de l’Homme (IHD), entre 1992 et 1996, 792 disparitions forcés et meurtres (de journalistes, syndicalistes, médecins, enseignants, enfants ou simples paysans) par l’État ont été signalés dans les régions kurdes de Turquie.

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