AccueilEuropeFranceMassacre de Paris: Appel à soutenir les artistes kurdes

Massacre de Paris: Appel à soutenir les artistes kurdes

PARIS – C’est avec effroi que nous avons appris à la veille de Noël l’attaque terroriste raciste commis au Centre Culturel Kurde Ahmet Kaya où Mîr Perwer, un jeune musicien kurde, fut tué aux côtés deux autres activistes kurdes. Le bilan aurait été plus lourd en pertes humaines, puisqu’une réunion des femmes kurdes d’Europe avait été initialement prévue ce jour, et devait se tenir d’abord à l’heure exacte de l’attentat. Il s’agit donc d’une tuerie de masse, planifiée et commise de sang froid.

 

Le peuple kurde se réunit régulièrement pour de nombreux évènements culturels et politiques dans ce lieu hautement symbolique. 

Sans voix pour les représenter au parlement turc puisque les députés et maires kurdes ont été incarcérés, au front contre Daech, dans les manifestations qui secouent toujours le régime d’Iran, les Kurdes ont été la cible de milliers d’assassinats politiques en Turquie, de génocide en Irak.

Cette tuerie a pour objectif, non pas uniquement de créer les conditions d’une désolidarisation avec les combattants kurdes sur de multiples fronts aux quatre coins du Kurdistan, et du soutien international acquis à la lutte de Libération du peuple kurde, d’où le déplacement du fils Talabani à Rojava, mais également, et surtout de créer des tensions sur le sol européen, et en particulier en France, puisque les Kurdes marginalisés, criminalisés et racisés en Turquie et ailleurs, pendus en Iran, brûlés et gazés dans les Montagnes kurdes, déplacés de leurs terres, se réfugient en Europe pour d’abord survivre et goûter à la liberté, sans être inquiétés par la guerre et la répression violente. 

Il est connu que la France est le berceau non pas de la civilisation, comme l’est la Mésopotamie, mais le berceau de la Lumières. Les forces obscures qui agissent contre la Liberté des Kurdes, agissent également pour déstabiliser la France et l’Europe. A ce titre, nous sommes persuadés que l’assassinat des Militantes Kurdes dont la fondatrice du Mouvement de Libération des Femmes Kurdes, au coeur de Paris, n’est pas sans lien, avec la mort de Charb, qui avait écrit dans son édito, le jour de la tuerie à Charlie Hebdo contre la Liberté d’expression : « Je suis Kurde ».

Être kurde, aujourd’hui, c’est avant tout combattre sans concession contre les fondamentalismes religieux de tous bords, tout comme les racismes. Insister sur le fait d’être kurde ne signifie pas que les Kurdes sont des nationalistes, qui se croient supérieurs aux autres peuples ou nations, ou communautés. Cela signifie avoir l’esprit de combat pour ne pas baisser les bras et pour ne pas concéder, abandonner quelque soit notre combat juste. Être minoritaire dans quatre pays liberticides vous oblige à combattre éternellement, d’abord la peur, la terreur instillées par des régimes génocidaires, qui n’attendent qu’une guerre mondiale pour vous rayer de la carte comme ils nous ont rayé de l’Histoire mondiale par la thèse de notre existence (en tant que peuple et en tant que langue), nous ont condamné à l’Apatridie et à l’Exil, nous ont massacrés ou employés à nous entre déchirer partout dans le monde, et nous tuent quand on combat, politiquement, physiquement, littérairement, artistiquement. 

Les dernières investigations ont montré que l’Ambassadeur turc à Paris a été remplacé par un ami du Président Macron, quand le lien entre l’assassinat des femmes politiques kurdes le 7 janvier 2013, le MIT et l’Ambassade turc allait être révélé. 

Le proverbe kurde indique: « Les Kurdes n’ont que la Montagne comme amis ». C’est faux, nous avons des amis partout dans le monde, qui ne comprennent pas pourquoi nous sommes si divisés entre nous alors qu’ensemble, nous pourrions agir plus efficacement contre les obscurantistes, y compris “nos ennemis intérieurs” supposés ou réels.

On dit de nous que nous sommes divisés, mais le cœur des Kurdes du monde entier tend vers cette union depuis des décennies. Si le Kurdistan et la géographie kurdes sont divisés, l’ensemble des opinions publiques mondiales nous soutiennent, tandis qu’un racisme systémique existe dans les pays où nous sommes tenus au silence, maintenus dans la terreur, ces pays où nous pleurons tous les jours nos morts, et où au lieu de nous emmurer dans une position de victime, nous luttons corps et âmes mais avec classe, pour notre dignité d’abord et pour notre langue, notre culture, nos terres et notre Liberté. 

Aujourd’hui nous nous méfions des conclusions hâtives sur la tuerie de masse organisée rue d’Enghien. Mais nous sommes convaincus que la montée de l’extrême-droite en France n’est pas sans lien avec les tueries précédentes perpétrées sur le sol occidental. Les Kurdes sont une des dernières poches de résistances pour la Liberté. 

Nous ne céderons ni à la Haine ni à la Terreur, d’où qu’elle viennent ! 

 

Tribune des Artistes Kurdes en France et leurs amis (premiers Signataires):

Dora Djann, écrivaine

Aram Tastekin, comédien

Ali Gul Donmez, cinéaste

Ali Meral, activiste alévi pour la Paix et la Démocratie

 

 

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