La riche vie artistique d’une famille d’artistes kurdes qui a fui le régime iranien

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Chez le couple d’artistes originaires du Rojhilat, Runak Rasoulpour et Seywan Saedian l’art est devenue une affaire de famille. En effet, étant l’enfant d’un père sculpteur, peintre, photographe, graphiste, cinéaste, poète et d’une mère graphiste, illustratrice, artiste travaillant la céramique, le petit Passari n’a pas dû réfléchir longtemps avant de se lancer à son tour dans le travail artistique en créant notamment des sculptures métalliques ou participant aux créations de films d’animation aux côtés de sa mère.   
 
Runak Rasoulpour et Seywan Saedian ont fondé leur propre maison d’arts
 
Pasari Art Production est une entreprise familiale regroupant trois artistes travaillant chacun différents types d’art qui va de sculpture, animation, cinéma, photographie, illustration, céramique et littérature.
 
Seywan Saedian est sculpteur, peintre, photographe, designer, cinéaste, poète. Il est spécialisé dans la réalisation de sculptures en métal par la ferraille.
 
Runak Rasoulpour est graphiste, illustratrice, artiste travaillant également la céramique.

Runak a conçu des centaines de logos, affiches et livres et a illustré 23 livres imprimés au  Kurdistan du Nord. Elle a également créé des films d’animations pour enfants de nombreuses vieux contes kurdes. Elle a également réalisé quelques animations et courts métrages et des livres pour enfants.

Passari, 9 ans, a fait ses premiers pas dans l’art à travers la sculpture mais travaille surtout autour de l’animation aux côtés de sa mère Runak.
 
Pasari Art Production a été fondée en 2020 en Suède avec l’intention de créer et de produire des œuvres d’art dans les différentes sphères de l’art telles que la sculpture, l’animation, le cinéma, la photographie, l’illustration, la céramique et la littérature.
La famille Saedian – Rasoulpour vit à Gävle, en Suède, depuis 2018 en tant qu’artistes invités de la ville qui fait parti du Réseau international des villes de refuge (International Cities Of Refuges – ICORN). (L’Icorn réunit 55 villes, à majorité européenne, qui s’engagent à soutenir des écrivains menacés et persécutés dans leur pays d’origine durant une période d’une à deux années.)

Runak Resulpur est originaire de Mahabad, au Kurdistan de l’Est (Rojhilat). En plus de ses nombreuses illustrations pour enfants, elle a notamment créé une illustration à partir de la photo d’Halime Aksoy, une mère kurde qui tenait sur ses genou les os de son fils Agit Ipek (alias Kemal Berxwedan) dans un colis envoyé par les autorités turques trois ans après que celui-ci ait été tué par l’armée turque. (Le traitement réservé par les autorités turques aux restes d’Agit Ipek avait provoqué l’horreur et l’indignation en avril dernier quand la mère a reçu par la poste les restes de son fils qu’elle réclamait depuis 3 ans.)
Seywan Saedian est également de Mahabad. Il vit depuis dix-huit ans comme réfugié au Kurdistan du Sud et au Kurdistan du Nord. Il est un artiste professionnel, activement impliqué dans différents domaines de l’art depuis plus de vingt ans.
 
Saedian a commencé sa carrière artistique par la peinture et a jusqu’à présent organisé seize expositions en Iran, en Irak, en Turquie et en Suède.
 
Saedian travaille depuis longtemps comme graphiste et a conçu plus de quatre cents couvertures de livres, pochettes de CD, affiches et logos. Ces dernières années, il a également commencé à travailler dans la photographie et a organisé plusieurs expositions dans différents pays. Seywan travaille depuis plus de quinze ans à la relance et à l’internationalisation du projet « sevi mixakrej (pomme d’amour en kurde) ». Il écrit également des nouvelles et de la poésie. Il a publié un recueil de ses poèmes et ses nouvelles sont publiées dans diverses revues littéraires.
 
Seywan a conçu le décor des films tels que « Mandu/Exhausted », réalisé par Ebrahim Saiedi, et « Kick off », réalisé par Shawkat Amin. Il a également été le concepteur artistique et le directeur de production des films « Mille et une pommes » et « Le mercenaire blanc » de feu Taha Karimi. Seywan a également produit un court métrage, « That Apple », et un documentaire, « Wind Stole My Statutes’ Dreams ».
 
Au cours des cinq dernières années, il s’est principalement concentré sur la sculpture et le cinéma. Les statues qu’il a réalisées à partir de ferraille et de déchets métalliques ont suscité beaucoup d’intérêt lors de nombreuses expositions en Turquie et en Suède.
 
En 2016, en coopération avec le Musée d’art de Mardin, Seywan a organisé dix expositions de statues en métal dans dix villages de la région et il a ensuite réalisé un film sur ce projet.
 
Seywan dit qu’il croit fermement en une relation directe et sans intermédiaire entre l’art et les gens, d’où sa préférence pour la tenue de la plupart de ses expositions dans des espaces ouverts où les gens peuvent interagir entre eux et avec les objets exposés.

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