Sommes-nous en train de perdre un précieux projet féministe au Moyen-Orient ?

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Le Rojava est partiellement envahi par les gangs islamo-turcs. Les autres parties du Rojava sont sous l’embargo total alors qu’elles abritent des centaines de milliers de réfugiés internes (majoritairement des Kurdes) qui ont fui Afrin et Serê Kanîyê occupées par la Turquie et qu’elles font face à la pandémie du coronavirus (COVID19). Dans de telles conditions, le modèle démocratique et féministe du Rojava semble menacé plus que jamais.
 
Lors d’une réunion qui a eu lieu en ligne le 10 novembre, plusieurs intervenants dont Sinam Mohamad, politicienne kurde représentante de la mission du Conseil démocratique syrien (DDC) aux États-Unis, les chercheuses Meghan Bodette, Anne Speckhard, et la journaliste Amy Austin Holmes ainsi que l’ancien diplomate américain Peter Galbraith ont participé à un débat qui a eu en ligne pour attirer l’attention sur les féminicides des femmes dans les régions du Rojava occupées par la Turquie et ses gangs islamistes, dans le but de détruire la révolution féministe du Rojava.

Avant de lancer le débat, les organisateurs ont donné un aperçu de la situation actuelle du Rojava ainsi: 
 
« L’Administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est [AANES] a établi un gouvernement laïque, démocratique et égalitaire au Rojava, où les femmes occupent des rôles clés et sont co-présidentes avec les hommes à tous les postes importants, mais ces avancées largement invisibles pour les femmes au cœur du Moyen-Orient pourraient être en train de s’effacer. L’AANES est le seul groupe d’opposition en Syrie à s’être engagé en faveur de l’égalité des droits, et le gouvernement du régime Assad se caractérise également par une très faible participation des femmes en dehors des rôles traditionnels. Les rebelles soutenus par la Turquie, qui occupent maintenant les terres capturées à l’AANES, se sont livrés à de nombreux actes de violence sexiste, car les libertés et les possibilités des femmes dans ces régions se sont rapidement détériorées. Rien qu’en août 2020, 11 femmes ont été enlevées par des groupes armés dans Afrin occupée, dont quatre auraient été torturées pendant leur détention. Deux femmes à Afrin auraient également été assassinées par leurs maris en août.
 
Que peut-on faire ? L’AANES peut-elle servir de modèle d’État laïque et égalitaire au Moyen-Orient, ou sera-t-elle perdue au profit de l’autoritarisme et de la violence ? Les succès du style de gouvernance féministe de l’AANES ainsi que les violations des droits humains visant les femmes dans les zones occupées par la Turquie au lendemain des opérations d’invasion « Rameau d’olivier » et « Sources de paix » ont été discutés lors de la dixième conférence Zoom de l’ICSVE du 10 novembre. Les panélistes ont débattu de l’écart en matière de droits des femmes, d’égalité et de représentation entre les zones contrôlées par AANES en Syrie et les zones contrôlées par les Turcs en Syrie et discuté de la manière d’alimenter un projet féministe très précieux, inédit au Moyen-Orient, à l’exception peut-être d’Israël.« 
 
Nous attendons le compte-rendu du débat pour le partager avec vous.

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