La Turquie a la carte blanche pour détruire la révolution féministe du Rojava

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ROJAVA – Le mardi 23 juin, trois activistes femmes ont été tuées lors d’une attaque menée par un drone turc contre une maison dans le canton de Kobanê. Les victimes Zahra Berkel, Hebûn Mele Xelîl et Amina Weysî étaient des femmes engagées activement pour la défense des droits des femmes au sein du Kongra Star. En la personne de ces trois femmes, la Turquie vise la destruction de la révolution féministe du Rojava initiée par les Kurdes syriens et leurs alliés dans le nord et l’est de la Syrie.

Zehra Berkel était la coordinatrice du mouvement des femmes Kongra Star (mouvement des femmes du Rojava) pour la région de l’Euphrate. Elle avait participé à la résistance contre DAECH durant la bataille de Kobanê. Mizgin Xelil était membre de la coordination locale de Kongra Star à Kobanê. Quand à Amina Waysî, elle était connue pour son dévouement pour la révolution féministe du Rojava.

 
Ces dernières années, de nombreuses militantes kurdes ont été tuées par les forces armées turques, qu’il s’agisse de l’assassinat de Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez, trois militantes kurdes, à Paris en janvier 2013, ou Sêvê Demir, Pakize Nayır et Fatma Uyar, 3 militantes kurdes tuées par la police turque lors de couvre-feu, à Sirnak/Silopi, en 2016, ou Barin Kobanê à Afrin en 2018, Hevrîn Xalef [Havrin Khalaf] près de Tall Tamr en octobre 2019…
 
La facilité avec laquelle la Turquie tue les hommes et les femmes kurdes à l’intérieur des frontières de la Syrie, de l’Irak et même en Europe ne peut s’expliquer que par la complicité des puissances internationales présentes en Syrie et des pays où ces crimes ont lieu. En effet, aucun de ces Etats et puissances internationales n’ont jamais empêché la Turquie de tuer des civils ou politiciens et activistes kurdes tout au long de la guerre syrienne, ni au Kurdistan du Sud, dans le nord de l’Irak.
 
L’Etat turc, qui ne supporte même pas l’existence du peuple kurde, fait tout pour empêcher les Kurdes d’avoir la moindre autonomie et mobilise toute son énergie à les exterminer, à la maison, comme chez ses voisins. Ainsi, nous assistons à un génocide centenaire qui a débuté avec le Traité de Lausanne (1923) qui a refusé aux Kurdes le droit à l’autodétermination en tant que peuple. 
 
*Havrin Khalaf, 35 ans, était la co-présidente du parti Avenir de la Syrie. Capturée sur l’auto-route M4, près du village de Tirwazî, entre Soulouk et Tall Tamer, elle a été violée et lapidée le 12 octobre par les mercenaires de la Turquie devenus « célèbres » grâces aux vidéos de leurs crimes et féminicides qu’ils publient sur les réseaux sociaux.

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