Impossible justice pour l’étudiant kurde abattu par un policier turc il y a 3 ans

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TURQUIE / BAKUR – Le 21 mars 2017, Kemal Kurkut a été abattu par un policier turc, devant des dizaines de journalistes et une foule rassemblée pour célébrer le Nouvel-An kurde, à Amed (Diyarbakir).
 
Depuis, la famille de Kemal* remue ciel et terre pour obtenir justice, sans succès. Mais dans un pays où les Kurdes sont considérés comme des « ennemis » de l’Etat, « menaçant l’intégrité du pays » car ils revendiquent leurs droits élémentaires comme parler leur langue, vivre leur culture et s’auto-gouverner, comment peut-on obtenir justice en tant que Kurde ? Jusqu’à présent, d’innombrables meurtres racistes visant les Kurdes ont été commis en Turquie. D’aucun de ces crimes n’a été puni tel-quel par la justice turque.
 
Certaines de ces affaires ont été portées devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) où l’Etat turc a été condamné régulièrement. Mais rien ne change à l’intérieur des frontières turques, surtout au Kurdistan colonisé par la Turquie. Les Kurdes sont victimes du racisme d’Etat institutionnalisé et c’est pourquoi la justice turque ne peut être impartiale quand elle a devant elle un dossier relevant du racisme étatique.
 
L’impunité pour le meurtre raciste de Kemal Kurkut ?
 
Kemal Kurkut était un jeune étudiant kurde de 22 ans qui était venu à Amed en provenance de Malatya pour assister aux célébrations de Newroz le 21 mars 2017. Il a été pris pour cible par les policiers turcs au point de contrôle à l’entrée de la place des célébrations.
 
Les images prises par les journalistes et des véhicules de police sur place, ainsi que des vidéos de surveillance des commerces voisins, montrent le moment où Kurkut a été abattu de sang froid par un policier turc. Tous les instants du meurtre de Kurkut avaient été filmés par le journaliste Abdurrahman Gök qui a caché la carte de sa caméra car les policiers turcs avaient ordonné aux journalistes d’effacer les images de la scène du meurtre policier.
 
Depuis, il y a eu 10 audiences, sans qu’on avance d’un pas dans cette affaire sensible pour l’Etat turc.
 
La 10ème audience du procès pour « meurtre intentionnel possible » de l’étudiant kurde Kemal Kurkut* s’est tenue le 16 juin. Le procureur a demandé une peine de 3 ans à 9 ans de prison pour l’accusé Yakup Şenocak pour avoir « causé la mort par négligence délibérée ».
 
Le policier accusé d’avoir tiré sur Kemal Kurkut, Yakup Şenocak, n’a pas participé à l’audience, affirmant qu’il était en quarantaine à cause du coronavirus. Le frère aîné de Kurkut, Ferhat Kurkut, et les avocats de la famille de Kurkut, Mehmet Emin Aktar, Sidar Avşar et Zeynep Işık ont assisté à l’audience.
 
Le tribunal a reporté l’audience au 22 septembre prochain.(ANF)

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