Incendies dévastateurs : la Turquie aide l’Etat islamique à terroriser le Kurdistan

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Ces dernières semaines, plusieurs incendies suspects ont éclaté au Rojava, le dernier en date ayant eu lieu à Serekaniye. Hier, un violent incendie a fait rage dans la ville de Derik, dans le nord du pays. De nombreux agriculteurs kurdes et arabes ont été dévastés par la destruction de leurs récoltes entières et leurs champs détruits.
 
Pour une région où le lien avec la terre reste profondément sacré et personnel, ces incendies ont ajouté un sentiment permanent de traumatisme, de douleur et de souffrance collective. Plus encore, le lien sacré à la terre est un symbole de la coexistence ethno-religieuse, de l’harmonie communautaire, de l’identité et de la sécurité au cours d’un chapitre troublant et violent en Syrie. Des images déchirantes ont émergé de villages entiers, où des Arabes et Kurdes, travaillaient sans relâche pour arrêter les flammes.
 
Des incendies similaires ont été allumés au Bashur (Kurdistan du Sud, dans le nord de l’Irak) et des acres ont brûlé dans la ville contestée de Kirkouk. Une personne a été tuée dans les incendies et DAECH a revendiqué la responsabilité peu de temps après.
 
Bien que certains des incendies aient été revendiqués par l’Etat islamique, des enregistrements vidéo montrent maintenant que des soldats du côté turc du mur frontalier allument des feux du côté du Rojava. Le dernier incendie à lui seul a brûlé 25 acres.
 
Ces incendies délibérés ont un impact dévastateur alors que la Turquie continue d’imposer un embargo humanitaire de 4 ans, ce qui signifie que rien ne traverse la frontière du Rojava, y compris les médicaments urgents tels que vaccins, antibiotiques, préparations pour nourrissons, etc.
 
Les habitants du Rojava ont survécu à cet embargo en s’appuyant sur les riches terres agricoles pour produire des produits de première nécessité comme le blé, qui nourrit non seulement la région du Nord, mais également le reste de la Syrie. Avant le début de la guerre, le Rojava fournissait jusqu’à 70% de la production agricole de tout le pays.
 
Même pendant la période dévastatrice de la guerre de Syrie, le blé et l’agriculture de base du Nord ont permis aux populations en difficulté de survivre.
 
Avec ces derniers incendies délibérés, selon ANF, des centaines d’hectares de champs de céréales ont déjà été brûlés. Cela signifie qu’une année difficile de lutte alimentaire et économique est à venir pour les populations qui souffrent depuis longtemps dans les régions du nord de la Syrie.
 
Entre-temps, la Turquie continue de bombarder quotidiennement les villages du Kurdistan à Bashur (Kurdistan du Sud, nord de l’Irak). Avec l’occupation illégale continue d’Afrin, des centaines d’acres d’oliviers et de vergers ont été brûlés et détruits dans la seule région d’Afrin.
 
En même temps que l’embargo, ces derniers incendies, la menace de destruction de sites historiques comme Hasankeyf, la Turquie continue de terroriser les régions à dominance kurde. Il est essentiel de noter que la destruction délibérée de l’agriculture, des terres et des infrastructures est une pratique courante utilisée par le régime turc, à l’instar de la politique de DAECH / ISIS, une organisation terroriste avec laquelle la Turquie a des liens avérés. Juste à la frontière, dans le nord du Kurdistan occupé, la construction du barrage sur Hasankeyf, par exemple, réduirait le débit d’eau vers l’Irak de 80% et vers la Syrie de 40%, ce qui aurait des conséquences claires pour les régions kurdes.
 
Il est clair que la Turquie maintient une approche violente du génocide culturel à l’égard du peuple kurde, ne montrant aucun intérêt pour les processus démocratiques ou le dialogue. Son approche à long terme est celle de la dévastation, de la marginalisation et de l’affaiblissement économique et politique des régions kurdes, ainsi que des relations intra-kurdes en favorisant les conflits entre les Kurdes du Basur et ceux du Rojava.
 
Les crimes que la Turquie continue de commettre contre les minorités en Turquie, ainsi que contre les Kurdes au Rojava, Bakur et Basur, constituent un acte de purification ethnique. Pourtant, le silence international persiste face aux souffrances des Kurdes et de leurs compatriotes.
 
 

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