Le fleuve Tigre ne doit pas devenir une arme de guerre entre les mains de la Turquie

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Dans deux jours, la Turquie commencera à engloutir la cité antique d’Hasankeyf sous les eaux du barrage Ilisu.
 
Pourquoi un tel crime ? Ce joyaux de l’Humanité, vieux de plus de 12 000 ans, a la malchance de se retrouver dans la région kurde de Batman, dans le sud-est de la Turquie.
 
Avec son histoire et sa nature, Hasankeyf remplit 9 des 10 critères de l’UNESCO mais elle est détruite en raison des politiques anti-kurdes que les gouvernements en Turquie ont mises en œuvre au Kurdistan. L’État turc n’a pas demandé à l’UNESCO pour l’ajout de Hasankeyf à la Liste du patrimoine mondial, et détruit maintenant la ville en l’inondant. Hasankeyf, la ville où les pierres sentent l’histoire, est maintenant sacrifiée pour le barrage d’Ilısu à la suite des politiques anti-kurdes de la Turquie.
 

Ce barrage aura des impacts environnementaux et socio-économiques colossaux dont l’immersion d’un patrimoine historico-archéologique de l’Humanité, la délocalisation des habitants de la région, la perte de la biodiversité (faune), l’érosion des sols, la déforestation…

Plusieurs raisons pour protéger Hasankeyf :

Premièrement, Hasankeyf est le patrimoine culturel du monde entier avec ses plus de 12 000 ans d’histoire laissée par de nombreuses civilisations successives telles que les Sumériens, les Assyriens, les Babyloniens, les Byzantins, les Omeyyades, les Abbassides, les Artuqides, les Kurdes, etc.

Hasankeyf compte plus de 5000 grottes, 300 monticules et n’a pas encore livré tous ses secrets, fautes de fouilles archéologiques…

Deuxièmement, ce grand barrage d’Ilisu va chasser de leurs terres les populations qui vivent dans cette région depuis des millénaires.

Troisièmement, la réduction du débit des eaux du Tigre asséchera les marais située dans le sud de l’Irak causant une autre catastrophe écologique dans une région déjà dévastée par les changements climatiques et sécheresses répétées, tandis que la nature d’Hasankeyf sera engloutie par l’eau alors que la Turquie l’avait déclarée « zone de conservation naturelle » en 1981.

Quatrièmement, avec ce barrage, l’État turc prendra le contrôle des ressources en eau et sera en mesure de couper l’eau du Tigre à tout moment, affectant ainsi l’Irak. L’eau est très importante non seulement pour les Kurdes, mais aussi pour les Arabes et l’Irak. L’eau du Tigre ne doit pas être une arme de guerre laissée entre les mains du pouvoir turc.

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