« La résistance contre l’isolement & le fascisme n’est pas seulement la responsabilité des grévistes de la faim, mais également de nous tous »

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Le journaliste kurde, Yusuf Alkan est retourné à Strasbourg où 15 Kurdes mènent une grève de la faim illimitée depuis 18 jours. Dans son article daté d’aujourd’hui, il appelle à une solidarité active avec les grévistes.
« La résistance contre l’isolement et le fascisme n’est pas seulement la responsabilité des grévistes de la faim, mais également de nous tous.
 
La grève de la faim à Strasbourg se poursuit au 18ème jour. Oui, le 18ème jour. Maintenant, les visages changent, les militants s’affaiblissent et la situation devient plus critique de jour en jour. Le moral des activistes est comme au premier jour, mais les maux de tête, fatigue, fatigue et des problèmes de santé ont fait leur apparition.
 
J’ai écrit l’atmosphère de la visite précédente et le profil des militants. C’était juste l’air que je respirais. Deux semaines ont passé. L’excitation reste la même, inchangée. Mais les jours passés, l’augmentation des risques vitaux ont amené un air plus lourd.
 
En général, les profils des militants et la responsabilité qui leur incombe sont une force qui affectera la politique du pays [Turqui] dans les prochains jours. Au fil des jours, la gravité et la signification de l’action deviennent plus visibles.
 
Erdogan et son cabinet de guerre n’étaient pas satisfaits des morts et des massacres, voire, des génocides étaient encours de préparation. Le modèle « sri-lankais » l’avait prouvé. Les éventuels massacres imprévus, ou, je dirais, même si on le savait, les avertissements d’Öcalan concernant les éventuels massacres étaient un obstacle à cette préparation. En fait, la liberté d’Öcalan et la liberté du Kurdistan, en termes de lutte pour la liberté, expriment une imbrication. La signification profonde de l’objectif de la grève de la faim est proportionnelle à l’ampleur de la lutte engagée contre les États.
 
Je dis les États; car l’interdiction des affiches d’Öcalan par l’Allemagne, l’imposition par les Etats-Unis d’un Rojava sans Ocalan (la grande affiche d’Ocalan a Raqqa nous montrait ces conflits idéologiques) et les trois ans de silence funèbre créé à Imrali deviennent l’expression de la légitimité idéologique et nationale des Kurdes dans cette action.
 
Par conséquent, cette action n’est pas une attitude juste envers l’État turc ou une attitude autocritique intérieure. C’est une attitude envers le complot international, qui est toujours en cours, et ses conspirateurs. Donc, la traduction politique de l’action ; « Il ne peut y avoir une conception d’un Moyen-Orient et du Kurdistan sans Ocalan. »
 
Par contre, la grève de la faim initiée par Leyla Güven est entrée dans une phase critique et l’action a atteint un certain niveau, alors que le pays joue les trois singes. Pouvons-nous atténuer les ténèbres aveuglantes en écrivant des articles ou en offrant notre soutien lorsque les corps sont mis à mort ? La grève de la faim est peut-être la forme d’action la plus passive mais la plus puissante qui existe depuis que l’humanité s’est mise en quête de la justice. L’isolement qu’on veut passer sur le pays et la dignité humaine comme une couverture noire; Les langues liées, les oreilles sourdes et le fascisme aveuglé, seront-ils brisés par la détermination des révolutionnaires qui ont mis leur corps à mort ? Est-ce une action adéquate ou sauvera-t-elle le pays du fascisme ?
 
Oui ! Peut-être que ce sera la seule réponse valable ; OUI ! Le fascisme sera battu par ces militants.
 
Oui, car ces grévistes sont les personnes les plus difficiles des temps difficiles. La grève de la faim est l’action d’un esprit et d’une volonté forts. Il est de la responsabilité de chaque écrivain, politicien et intellectuel de la rendre publique.
 
Oui, parce que le fascisme a peur du son et que les grévistes émettent un son puissant quand ils marchent. Il y a un peuple qui va les suivre, une idéologie qui les maintiendra en action et un grand cœur pour garder l’action vivante. Ce sont les révolutionnaires qui ont mis, vous, moi, tout le monde et les valeurs du socialisme dans leurs cœurs.
 
Ils sont les enfants d’un peuple, dont l’existence même était ignorée, qui ont créé le feu de la fête de la résurrection nationale avec leurs corps et trois allumettes dans les conditions les plus dures du coup d’Etat, qui ont fait naître l’espoir d’un peuple enterré dans les fosses communes du mont Ağrı et qui ont divisé leur pain en dix.
 
Oui, c’est l’étincelle de cette action qui vaincra le fascisme et Erdogan. Tel le 14 juillet qui a détruit le pire des persécutions, cette action mettra fin au gouvernement de la mort et de la haine.
 
Les activistes ont fait leurs preuves avec leurs histoires et leurs postures. La question qu’on devrait se poser ici est que faisons-nous ? Laisser l’action ou la responsabilité sur les épaules des grévistes est problématique à tous les égards. Par conséquent, écrire, diffuser et passer à l’action, s’approprier les demandes justes, sera décisif pour le succès de l’action et les conséquences que celle-ci peut entraîner.
 
Les sociétés avancent avec leur propre histoire et les individus donnent une direction à l’histoire. Si nous voguons dans cette direction, l’isolement sera rompu, le fascisme sera vaincu. Cette rivière est en train de couler vers la liberté. Celui qui met une pierre devant ce flux sera noyé dans la colère tumultueuse du peuple. »
 
Yusuf Alkan, 4 janvier 2019
 
Traduction Kurdistan au féminin 

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