Ayse Celik reçoit le prix Aysenur Zakaoglu de la pensée et de la libre expression

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ISTANBUL – L’enseignante Ayse Celik, condamnée à la prison ferme pour avoir dit « les enfants ne doivent pas mourir », a reçu le prix Aysenur Zakaoglu* dans la catégorie de la pensée et de la libre expression. Il lui a été décerné à Istanbul par l’Association des droits de l’Homme turque (IHD).

Durant la cérémonie des remises des prix, Celik a déclaré avoir subi énormément d’injustice pendant deux ans pour avoir dit « les enfants ne doivent pas mourir » mais qu’elle maintient ses propos jusqu’au bout. Celik a déclaré : « Nulle part au monde, les enfant ne doivent mourir. Je reçois le prix au nom de tous les bébés Deran [le nom de sa fille de 6 mois qui avait été emprisonnée avec elle] et les mères emprisonnées et ceux en liberté. »

Ayşe Çelik, une enseignante de Diyarbakır, avait appelé une émission populaire, « Beyaz Show », par téléphone le 8 janvier 2016, à un moment du conflit armé dans la région kurdes de la Turquie entre les forces turques et des combattants kurdes.

« Êtes-vous au courant de ce qui se passe dans le sud-est de la Turquie ? Des enfants à naître, des mères, des gens sont tués ici … Les choses qui se passent ici ne se reflètent pas sur les écrans de télévision ou sur les médias. Ne vous taisez pas … regardez, écoutez et prêtez-nous la main. C’est dommage, ne laissez pas ces gens, ces enfants mourir; ne laissez plus les mères pleurer », avait dit l’enseignante, en référence aux victimes civiles du conflit en cours.

Çelik a été condamnée à 15 mois de prison en vertu de l’article 7/2 de la loi antiterroriste pour « propagande d’organisation terroriste », le 26 avril 2017; cependant sa peine avait été reportée en raison de la grossesse de Çelik.

Çelik, avec son bébé de six mois, avait commencé à purger sa peine de prison. Elle vient d’être libérée provisoirement et devrait être emprisonné de nouveau, dans six mois, pour purger sa peine.

Ayşenur Zarakolu était une auteure, éditrice et défenseure des droits de l’Homme turque. Elle a été co-fondatrice, avec son mari Ragıp Zarakolu, de la célèbre maison d’édition turque Belge et, dans les années 1980, est devenue la directrice de la société de distribution de livres Cemmay, première femme du pays à occuper ce poste. Les publications de Zarakolu l’amenèrent fréquemment en conflit avec les lois de la presse turque. En 1997, le New York Times l’a qualifiée de «l’une des plus implacables adversaires des lois sur la presse en Turquie ». Les questions que Zarakolu a contribué à faire connaître en Turquie incluent le génocide arménien et les droits de l’homme du peuple kurde en Turquie. Emprisonnée plusieurs fois pour ses publications, elle a été désignée prisonnière d’opinion par Amnesty International et son héritage a continué à faire face à des problèmes juridiques en Turquie après sa mort. L’Association turque des droits de l’homme (İnsan Hakları Derneği – IHD) décerne tous les ans le prix de liberté et d’expression en son honneur.

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