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Organisations alévies : Ce qui s’est passé à Dersim en 1937/38 n’était pas un soulèvement, mais un génocide

TURQUIE / KURDISTAN – À l’approche du 88e anniversaire du massacre des Kurdes-alévis de Dersim (1937-1938), les organisations alévies rappellent qu’il s’agissait d’un génocide et réclament justice ainsi que la fin des politiques de négationnisme de l’État turc.

Dans un communiqué conjoint publié mercredi 29 avril 2026, la Fédération démocratique alévie (FEDA) et l’Union des femmes démocratiques alévies (DAKB) ont affirmé que, contrairement à la version officielle turque, les massacres de Dersim ne constituaient pas un « soulèvement », mais un « processus d’extermination ciblé » contre la population kurde alévie.

Les deux organisations ont particulièrement pointé du doigt deux mesures étatiques clés : la loi de Tunceli de 1935 et la décision du Conseil des ministres du 4 mai 1937. « Ces textes ont servi de cadre légal à des opérations militaires au cours desquelles des dizaines de milliers de personnes ont été tuées et de nombreuses autres déplacées de force », ont-elles déclaré.

Selon elles, ces massacres s’inscrivaient dans le contexte de la construction de l’État-nation turc et faisaient partie d’une politique systématique visant les populations kurde et alévie. Elles ont également dénoncé la poursuite, jusqu’à aujourd’hui, des politiques de répression et d’assimilation.

Soulignant qu’aucune véritable confrontation avec ce passé n’a eu lieu, le communiqué conclut : « Faire face aux massacres et aux génocides commis contre notre société et tous les autres peuples n’est pas un choix, mais une obligation démocratique. Remplir cette obligation et œuvrer pour la mise en œuvre d’un projet de paix et de société démocratique, afin de ne plus subir de génocide, de massacre ou d’assimilation, constitue notre devoir et notre responsabilité historique urgente. »