Le régime iranien continue de défier la communauté internationale en envoyant des assassins dans des délégations diplomatiques officielles. La preuve la plus récente : la présence de Mohammad Jafari Sahraroudi au sein de la délégation iranienne arrivée récemment au Pakistan pour des négociations de haut niveau.
Un assassin à la tête d’un commando
Le 13 juillet 1989, à Vienne en Autriche, le Dr Abdul Rahman Ghassemlou, secrétaire général du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDKI), et deux de ses collaborateurs — Abdollah Ghaderi-Azar et et Fadhil Rassoul — ont été assassinés de sang-froid pendant des négociations de paix avec des représentants iraniens.
Ces pourparlers, organisés après la fin de la guerre Iran-Irak, devaient explorer une solution politique au problème kurde en Iran. Ghassemlou, intellectuel respecté et partisan du dialogue, s’y est rendu sans mesures de sécurité particulières, confiant dans la bonne foi de ses interlocuteurs.
Au cours de la réunion, dans un appartement de la Linke Bahngasse, les membres de la délégation iranienne ont soudain sorti leurs armes et ouvert le feu. Le Dr Ghassemlou a reçu trois balles à bout portant (à la tempe, à la gorge et au front). Ses deux compagnons ont été littéralement exécutés : Ghaderi-Azar a été touché par onze balles, Rassoul par cinq. Des tirs de grâce ont été donnés à chacun des trois hommes. Une bande audio secrètement enregistrée par Ghassemlou a capturé les négociations puis les coups de feu étouffés par des silencieux.
Le commandant de ce commando n’était autre que Mohammad Jafari Sahraroudi, alors responsable des affaires kurdes au ministère iranien du Renseignement. Il faisait partie de la délégation officielle iranienne avec Mostafa Ajoudi (gouverneur de la province du Kurdistan) et Amir Mansour Bozorgian (alias Ghafour Darjazi, membre des forces spéciales des Gardiens de la Révolution).
Blessé par une balle perdue pendant la fusillade, Sahraroudi a été arrêté par la police autrichienne, hospitalisé, puis a pu regagner l’Iran grâce à des pressions diplomatiques de Téhéran. Les deux autres suspects ont également quitté l’Autriche sans encombre malgré les preuves accablantes.
Un mandat d’arrêt international toujours en vigueur
Dès le 22 décembre 1989, la police autrichienne a émis un mandat d’arrêt international contre Sahraroudi et ses complices pour triple assassinat. L’Autriche a explicitement accusé le gouvernement iranien d’avoir orchestré l’opération. À ce jour, ce mandat n’a jamais été exécuté, et l’affaire n’a jamais été jugée en bonne et due forme.
Pour masquer son passé, Sahraroudi a adopté depuis de nombreuses années le nom simplifié de « Jafari », supprimant « Sahraroudi » de son identité publique. Il a poursuivi une carrière au sein du régime : conseiller du président du Parlement (notamment auprès d’Ali Larijani), responsable dans les services de sécurité, et figure impliquée dans d’autres activités liées à l’exportation du terrorisme iranien.
Un régime qui glorifie ses criminels
Le fait que l’Iran inclue aujourd’hui un tel individu dans une délégation officielle envoyée au Pakistan (dans le cadre de discussions stratégiques impliquant notamment les États-Unis) n’est pas une erreur ou un oubli. C’est une provocation délibérée et un message clair : le régime des mollahs protège, promeut et réhabilite ses terroristes d’État.
Cette affaire s’inscrit dans une longue série d’assassinats extraterritoriaux commandités par Téhéran contre des opposants kurdes, iraniens ou étrangers : la « chaîne des meurtres » en Europe, les attentats contre les exilés, et l’utilisation systématique de « diplomates » comme couverture pour des opérations spéciales.
L’impunité dont bénéficie Sahraroudi depuis plus de 35 ans illustre tragiquement la faiblesse des réponses internationales face au terrorisme d’État iranien. L’Autriche n’a jamais vraiment poursuivi l’affaire jusqu’au bout. D’autres pays ont parfois fermé les yeux pour des raisons « diplomatiques ».
Envoyer un homme recherché pour assassinat politique dans une délégation officielle n’est pas de la diplomatie. C’est la signature d’un régime qui considère le meurtre comme un outil légitime de politique étrangère et qui méprise les normes internationales.
Tant que l’Iran continuera à placer ses criminels de guerre et ses terroristes aux postes de responsabilité ou dans ses missions à l’étranger, il restera ce qu’il est : un État paria qui finance, organise et exécute le terrorisme tout en prétendant négocier la paix.
Le cas de Mohammad Jafari Sahraroudi n’est pas une anecdote du passé. C’est la preuve vivante que l’Iran reste un régime terroriste fier de son passé terroriste qu’il perpétue au nez et à la barbe du monde entier.