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KURDISTAN. Un consul d’Iran menace les Kurdes d’Irak

IRAK / KURDISTAN – Le gouvernement autonome du Kurdistan a envoyé une lettre de protestation officielle au consulat général d’Iran à Erbil, dénonçant les récentes propos d’un responsable iranien qu’il qualifie de « menace directe » contre le statut constitutionnel de la Région autonome kurde d’Irak.

Dans un communiqué, le Département des Affaires étrangères du Gouvernement régional du Kurdistan (GRK) indique que cette démarche fait suite aux « déclarations et menaces » proférées par Sayyid Mohammad Mir Hosseini, le nouveau consul général d’Iran à Souleimaniye.

La veille, lors d’une conférence de presse à Souleimaniye, M. Mir Hosseini avait affirmé que Téhéran continuerait de frapper les cibles qu’il considère liées aux États-Unis, à Israël ou aux groupes d’opposition kurdes iraniens présents dans la Région, les qualifiant de « cibles légitimes ».

Depuis la fin février, la Région du Kurdistan se retrouve prise en étau dans l’escalade du conflit irano-israélo-américain.

Le 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé une vaste campagne militaire coordonnée contre l’Iran, baptisée « Operation Epic Fury ». Le Commandement central américain (CENTCOM) a annoncé lundi que ses forces avaient frappé plus de 13 000 cibles sur le territoire iranien et endommagé ou détruit plus de 155 navires iraniens.

Fin mars, le commandant du CENTCOM, l’amiral Brad Cooper, avait déclaré que l’opération visait à neutraliser durablement la capacité de l’Iran à projeter sa puissance au-delà de ses frontières.

En riposte, Téhéran a multiplié les frappes de drones et de missiles à travers le Moyen-Orient, visant notamment des intérêts américains dans les pays du Golfe, ainsi qu’Israël. L’Iran a également mobilisé ses groupes alliés irakiens au sein de l’« Axe de la Résistance ».

Selon le décompte actualisé de Rudaw ce lundi, la Région du Kurdistan a subi 678 attaques de drones et de missiles depuis le début du conflit : 540 sur la province d’Erbil, 111 sur Souleimaniye, 2 sur Halabja, et 25 sur la province de Duhok.

Ces attaques ont visé des sites diplomatiques, des positions des Peshmergas, des installations pétrolières, des infrastructures de communication et même des zones résidentielles, causant des victimes civiles et militaires.

Pourtant, les autorités kurdes n’ont cessé de répéter qu’elles ne sont pas partie prenante à ce conflit et que la Région du Kurdistan ne servira jamais de base arrière pour des opérations contre ses voisins, en particulier l’Iran.

Cette protestation officielle marque une nouvelle escalade diplomatique entre Erbil et Téhéran, alors que la population kurde exprime de plus en plus son exaspération face à des frappes qui touchent régulièrement des zones civiles.