IRAN / ROJHILAT – Après que le président américain Donald Trump a fait marche arrière concernant l’idée que les groupes d’opposition kurdes iraniens lancent une offensive terrestre transfrontalière en Iran, le journaliste Wladimir van Wilgenburg s’est entretenu avec de nombreux responsables de l’opposition au sujet de l’avenir qui attend les Kurdes d’Iran.
Le président américain Donald Trump a opéré un revirement rapide sur le rôle des forces kurdes iraniennes dans le conflit en cours contre l’Iran. Après avoir déclaré le 5 mars à Reuters qu’une offensive transfrontalière des Kurdes iraniens basés en Irak serait « formidable » et qu’il y serait « tout à fait favorable », Trump a exclu samedi 7 mars toute implication kurde, affirmant : « Nous sommes très amicaux envers les Kurdes, mais nous ne voulons pas compliquer davantage ce conflit. »
Ce changement intervient alors que les États-Unis et Israël mènent des frappes aériennes intenses contre l’Iran depuis fin février 2026, visant à affaiblir le régime. Les Kurdes iraniens, regroupés depuis le 22 février dans la Coalition des forces politiques du Kurdistan iranien (incluant PDKI, PJAK, PAK, Komala et Khabat), espéraient exploiter cette faiblesse pour lancer une insurrection ou une offensive depuis le Kurdistan irakien.
Malgré les encouragements initiaux de Trump, les partis kurdes insistent sur leur prudence. Honia Azarbar (Komala) souligne qu’ils ne se lanceront pas « à l’abattoir » sans soutien américain clair. Mustafa Mawloudi (PDKI) affirme que leur lutte contre la République islamique perdurera indépendamment des États-Unis, sous toutes ses formes. Khalil Nadri (PAK) espère un changement de régime, estimant que les peshmergas kurdes seraient essentiels pour la stabilité post-conflit.
Le gouvernement régional du Kurdistan (GRK) irakien rejette fermement toute utilisation de son territoire pour des attaques transfrontalières, priorisant la paix avec ses voisins. Babasheikh Hosseini (Khabat) confirme que la Coalition se concentre exclusivement sur le Kurdistan iranien (Rojhelat), sans animosité envers la Turquie – possible source de pression sur Trump.
Les attaques iraniennes se poursuivent : drones et missiles ont visé des bases kurdes en Irak, tuant récemment un peshmerga de Komala et blessant d’autres. L’Iran voit ces groupes comme une menace intérieure majeure.
Analystes comme Farzan Sabet évoquent une possible influence turque sur le revirement américain, tandis que l’ex-général Ernie Audino voit toujours des intérêts communs : affaiblir le CGRI et galvaniser l’opposition. Halmat Palani estime que si le régime s’affaiblit, le Kurdistan iranien pourrait être le « premier domino » à tomber.
En attendant des conditions propices – soutien clair, no-fly zone ou effondrement accru du régime –, les Kurdes iraniens restent vigilants, prêts à agir pour leurs droits sans précipitation. L’avenir dépendra de l’évolution du conflit et des calculs stratégiques de Washington. (Via The Region)