À l’issue de la Conférence mondiale des femmes tenue à Bogota, en Colombie, les participantes ont annoncé la création d’un réseau international de femmes pour lutter contre la guerre, le génocide, le capitalisme et le patriarcat, dont les activités s’étendront sur plusieurs continents, d’Abya Yala au Kurdistan, dans le but d’unir les mouvements féministes, de renforcer les formes de résistance commune et de coordonner les efforts au niveau mondial.

La conférence internationale des femmes de Bogota, en Colombie, qui a réuni environ 400 participantes, s’est conclue après quatre jours de débats finaux, un programme culturel et un marché des femmes. L’accent a été mis sur les résolutions communes et le renforcement des réseaux en vue de la construction d’une confédération mondiale démocratique des femmes.
La conférence, intitulée « D’Abya Yala au Kurdistan – Nous prospérerons, car la guerre ne peut détruire nos racines », s’est conclue sur un message clair : les participants entendent poursuivre le travail d’organisation qu’ils ont entrepris. Les principaux constats des discussions ont été compilés dans un projet de déclaration finale, qui sera révisé puis publié.
Salutations du Rojava et de Palestine
La dernière journée de la conférence a débuté par un message de jeunes femmes du Rojava. L’importance du 15 février pour le mouvement de libération kurde, date anniversaire du complot international contre Abdullah Öcalan, a également été soulignée. Un message palestinien a dénoncé les crimes de guerre perpétrés à Gaza et les violences faites aux femmes.
Le projet de déclaration finale a ensuite été lu à haute voix, discuté et amendé. Il stipulait notamment : « Lors de notre conférence, nous avons entendu comment le capitalisme brutal a détruit nos corps, nos montagnes, nos rivières et nos forêts. Nous avons exprimé notre détermination à rompre le cycle systématique du colonialisme. »
Le texte poursuit en affirmant que le confédéralisme kurde renforce les processus dans de nombreux pays et ouvre de nouvelles perspectives d’organisation commune : « Nous sommes déterminés à résister, à vivre et à organiser nos forces. »
Accélérer l’organisation conjointe
Dans leurs contributions, les participants ont plaidé pour une meilleure prise en compte de la diversité des réalités à Abya Yala, une reconnaissance claire de la montée actuelle des forces fascistes et une invitation concrète à participer au processus d’organisation et de mise en réseau.
Le projet souligne également « l’urgence d’un échange mondial de femmes pour contrer la guerre patriarcale, extractiviste, colonialiste, capitaliste et génocidaire ». Par conséquent, l’organisation conjointe doit être accélérée.
Dans le même temps, les participantes soulignent l’importance d’une mémoire historique partagée : « Nous reconnaissons que nous sommes des peuples et des processus politiques dotés d’une mémoire collective, et nous savons qu’il est important de continuer à nourrir cette mémoire partagée de la lutte des femmes et de notre résistance. »
Cérémonie de clôture festive dans le parc
Après les débats de clôture, une représentation théâtrale a été donnée, retraçant le parcours douloureux mais inspirant de trois générations de femmes : grand-mère, mère et fille. Après une cérémonie de clôture, les participantes se sont rendues dans un parc voisin où un marché de femmes a été organisé, avec repas et musique. (ANF)