SYRIE / ROJAVA – Depuis 20 jours, la ville kurde de Kobanê – qui abrite plus de 600 000 civils, dont de nombreuses familles ayant fui les gangs de Damas – est sous l’embargo de Damas. Les familles entières dorment dans des voitures ou dans des écoles et sont privées de tout : nourriture, chauffage, eau potable, médicaments, lait infantile…
Depuis vingt jours, le gouvernement intérimaire syrien impose un siège suffocant à la ville de Kobanê, affectant gravement la vie d’environ 600 000 civils et personnes déplacées qui y ont trouvé refuge après avoir fui les attaques lancées par les forces armées affiliées à Damas contre leurs régions d’origine.
Les habitants de la ville vivent une situation humanitaire catastrophique, souffrant d’une grave pénurie de médicaments, de fournitures médicales et de produits de première nécessité, en plus d’un manque de combustible de chauffage et d’une coupure totale d’électricité et d’internet, ce qui aggrave les souffrances de la population et paralyse le fonctionnement des services essentiels et de l’aide humanitaire.
Malgré l’accord signé le 29 janvier entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le gouvernement intérimaire, qui stipulait explicitement la levée du siège de Kobani, celui-ci reste en vigueur à ce jour, sans qu’aucune de ses dispositions n’ait été réellement mise en œuvre.
Dans ce contexte, l’administration de Kobani a publié un communiqué le 7 février, expliquant que « suite à une invitation adressée à l’administration autonome de Kobani, une délégation de l’administration et des dignitaires de la ville s’est rendue à Alep le 5 février, où elle a rencontré le vice-gouverneur d’Alep et le commandant des forces de sécurité intérieure du gouvernorat. »
Le communiqué précise que la réunion a abordé plusieurs questions importantes, notamment les mesures concrètes mises en œuvre dans le district d’al-Sheokh et celles à prendre dans le district de Jalabiya pour assurer le retour des personnes déplacées dans leurs villages. Les participants ont également discuté des problèmes liés aux services, en particulier les coupures d’eau, d’électricité et d’internet.
L’administration de Kobanê a souligné dans sa déclaration que « jusqu’à présent, aucune mesure concrète n’a été prise par le gouvernement, notamment en ce qui concerne le retrait des forces militaires du district de Jalabiya et la levée du siège imposé à la ville de Kobani, malgré les promesses faites par les représentants du gouvernement lors de la réunion. »
Les habitants et l’administration de Kobani mettent en garde contre la poursuite du siège et ses graves conséquences humanitaires, exigeant le respect des accords signés, la levée immédiate du siège et la fourniture des biens de première nécessité aux habitants de la ville sans conditions préalables. (ANHA)