SYRIE / ROJAVA – Depuis 15 jours, la ville kurde de Kobanê subit un siège suffocant imposé par Damas, laissant environ 600 000 habitants confrontés à de graves pénuries de médicaments et de produits de première nécessité. La crise humanitaire continue de s’aggraver en raison des coupures d’électricité, de l’épuisement des réserves de carburant et du manque de denrées alimentaires.
Depuis le 20 janvier, Kobani est soumise à un blocus strict imposé par des factions liées au gouvernement intérimaire syrien, ce qui entraîne une détérioration constante de la situation humanitaire. Depuis quinze jours consécutifs, les habitants souffrent de graves pénuries de produits de première nécessité, ainsi que d’une dégradation de leurs conditions de vie et de santé.
La ville connaît une pénurie quasi totale de médicaments, notamment ceux nécessaires au traitement des maladies chroniques comme l’hypertension et le diabète. Les patients atteints de cancer sont privés de la continuité de leurs soins, contraints de se faire soigner hors de la ville.
La pénurie de lait infantile a encore aggravé la crise humanitaire, tandis que les marchés restent largement vides de légumes et de produits alimentaires de base. Les coupures de courant ont paralysé des services essentiels dans les hôpitaux, et l’épuisement des réserves de carburant a accentué les difficultés quotidiennes des quelque 600 000 habitants de la ville.
Malgré ces conditions difficiles, les habitants de Kobani continuent de faire preuve de résilience et de résistance.
Le siège devait être levé en vertu de l’accord conclu le 30 janvier entre les Forces démocratiques syriennes et le gouvernement intérimaire syrien, sa mise en œuvre étant prévue pour le 2 février. Cependant, le blocus reste en place à ce jour, malgré les réunions tenues entre les Forces de sécurité intérieure à Kobani et les forces de sécurité affiliées au gouvernement intérimaire syrien visant à mettre en œuvre les termes de l’accord.
Par ailleurs, depuis trois jours, l’État turc empêche l’entrée à Kobani de l’aide collectée par les habitants du Kurdistan du Nord, aggravant ainsi la crise humanitaire et accentuant les souffrances de la population assiégée. (ANHA)